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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 03:56
Israël–Iran: que veut Trump?
 
 
 
 
Par René Backmann

Au cours de leur rencontre à Washington, Benjamin Netanyahou et Donald Trump ont décidé que la coexistence de deux États – Israël et la Palestine – n’était pas la seule voie vers la paix au Proche-Orient et que, malgré l’accord sur le nucléaire iranien, le risque de voir Téhéran disposer de la bombe atomique persistait. Le tout sans éclaircir les intentions réelles de l’administration américaine.

Quelle sera la politique de Donald Trump au Moyen-Orient ? Mystère. Et ce n’est pas la visite à Washington, le 15 janvier, du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui a dissipé la confusion. Sur le règlement du conflit israélo-palestinien, comme sur les relations entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la première rencontre entre les deux dirigeants a surtout permis de confirmer l’amateurisme ignorant et bonimenteur de l’un et la jubilation suffisante de l’autre. Pour le reste, même en écoutant la conférence de presse de Trump et Netanyahou ou en consultant les comptes rendus écrits de leurs discussions, il est impossible d’y trouver matière à lever les incertitudes sur les positions ou les projets de Trump au Moyen-Orient.

La seule information importante livrée lors de cette rencontre a été la déclaration de Donald Trump selon laquelle « la solution à deux États n’est pas la seule possible pour le conflit israélo-palestinien ». « Je regarde deux États et un État et si Israël et les Palestiniens sont contents, je suis content de la solution qu’ils préfèrent. Les deux me conviennent », a déclaré le président américain, déclenchant un très large sourire de Benjamin Netanyahou et l’enthousiasme, en Israël, des colons et de la droite nationaliste.

Sans indiquer où allait sa préférence, Netanyahou, approuvé par Trump, s’est contenté de faire observer qu’Israël avait été traité jusque-là de manière « déloyale » par les Nations unies, et que pour lui, « les deux conditions de la paix – reconnaissance d’Israël comme État juif et reconnaissance des impératifs de sécurité israéliens à l’ouest du Jourdain – demeuraient pertinentes ». Ce qui signifie, en clair, qu’Israël entend conserver le contrôle de la vallée du Jourdain et de la Cisjordanie, option qui exclut ipso facto la création d’un État palestinien.

 

Alors que depuis la reconnaissance de l’État d’Israël par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1993, toute l’architecture des négociations de paix, endossée par les Nations unies et la majeure partie de la communauté internationale, États-Unis en tête, repose sur le principe de la solution à deux États, ce virage américain a de quoi surprendre. Certes, après vingt-cinq ans de négociations avortées et d’échecs, des voix désespérées se prononcent, parmi les Palestiniens et au sein de ce qu’il reste du camp de la paix israélien, pour une solution à un seul État, binational, laïque et démocratique. Mais leur solution « à un seul État » n’est pas la même que celle à laquelle aspirent Netanyahou et sa majorité parlementaire. Pas la même non plus que celle que l’entourage de Trump, où abondent les défenseurs de la colonisation et de l’annexion des territoires occupés, a visiblement soufflée au nouveau président.

« Si on fait le choix d’un seul État, Israël pourra être soit juif, soit démocratique. Il ne pourra pas être les deux », avait prévenu, avant de quitter le département d’État, John Kerry, répétant l’avertissement de nombre d’intellectuels israéliens. Manifestement grisé par l’accueil chaleureux reçu à la Maison Blanche, après huit ans de rapports tendus avec Barack Obama, Netanyahou ne s’est pas arrêté à ces détails. Le même enthousiasme s’est emparé, en Israël, de ses alliés de la coalition gouvernementale.

C’est « la fin d’une idée dangereuse et erronée : celle de la création d’un État terroriste palestinien au cœur de la terre d’Israël », s’est réjoui le ministre des sciences, Ofir Akunis, membre du Likoud. C’est la « fin du gel » de la colonisation, a prophétisé une autre figure du Likoud, la ministre de la culture Miri Regev. Alors que le gouvernement israélien vient d’annoncer, en deux semaines, la construction de 6 000 logements dans des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, même le conseil de « faire preuve de retenue pendant un moment » en matière de nouvelles constructions, donné par Donald Trump à son ami « Bibi », n’a fâché personne.

Chez les Palestiniens, en revanche, ce revirement de Washington a été vécu comme une sorte de trahison. D’autant plus alarmante que les demandes d’échanges de vues adressées à l’administration Trump par la direction palestinienne sont restées sans réponse. Les seuls contacts acceptés par Washington sont des rencontres entre dirigeants palestiniens et responsables américains du renseignement.

La première a eu lieu à Washington, peu avant la démission contrainte du conseiller à la sécurité de Trump, Michael Flynn. La seconde à Ramallah où le directeur de la CIA, Mike Pompeo, a rencontré, à la veille de l’entretien Trump-Netanyahou, le président Mahmoud Abbas et son chef des renseignements, Majid Faraj. Comme si le destin de la Palestine ne relevait plus de la diplomatie mais se limitait à une question de sécurité. Parallèlement, Washington s’est opposé à la nomination de l’ancien premier ministre palestinien Salam Fayyad, personnalité respectée au sein de l’ONU, comme envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies en Libye.

Soucieuse cependant de ne pas brûler ses vaisseaux, la direction palestinienne s’est bornée à rappeler « son attachement à la solution à deux États » et à se déclarer « prête à interagir de manière positive avec l’administration Trump pour construire la paix ». Libre de toute retenue diplomatique, l’éditorialiste du quotidien Al Quds a été plus franc : « La fin de la solution à deux États signifie un seul État, même raciste. Après plus de vingt années passées à négocier et après avoir accepté de ne conserver que 22 % de la Palestine historique, la grande question est : que devons-nous faire ? »

La réponse à cette question est d’autant plus aléatoire que Trump n’a donné aucune précision sur le processus conduisant à l’État unique, sur la nature de cet État ou sur les raisons qui l’ont amené à rompre avec une solution endossée par George W. Bush et considérée par Barack Obama comme un intérêt américain vital. Plus curieux encore – ou plus révélateur de son inexpérience en diplomatie moyen-orientale : il a suggéré que soient associés au processus de négociation les pays arabes voisins, ignorant l’initiative de paix avancée lors du sommet arabe de Beyrouth, en mars 2002, qui proposait une normalisation des relations de l’ensemble du monde arabe avec Israël, en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967. Offre à laquelle Israël n’a jamais donné de suite.

Trois conseillers peu diplomatiques

Autres sources de trouble : le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem, promis par Trump pendant sa campagne, puis écarté, au moins provisoirement, ou le jugement du président américain selon lequel les colonies « n’aident pas » le processus de paix, en contradiction avec les positions de son « ami Bibi ». La confusion a atteint son comble lorsque la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a déclaré, le lendemain de la conférence de presse de la Maison Blanche : « Nous soutenons absolument une solution à deux États, mais songeons aussi à des alternatives. »

Confusion que certains ont mise sur le compte de l’inexpérience diplomatique abyssale de cette experte-comptable de formation, fille d’émigrés indiens sikh convertie au méthodisme, devenue gouverneure de Caroline du Sud, puis figure de la droite républicaine et de la galaxie Trump via le Tea party. Confusion qui peut aussi être imputée à l’état de délabrement dans lequel se trouve aujourd’hui le département d’État.

Au sein d’une administration Trump où la majorité des mille postes les plus importants n’ont toujours pas été pourvus, la diplomatie semble être l’un des départements les plus affectés. Au point que, selon un diplomate étranger, certains responsables, désorientés et privés de collaborateurs à la hauteur, demandent discrètement des notes informelles à des diplomates britanniques, allemands ou français sur les affaires brûlantes du moment : Irak, Syrie, Turquie, Iran…

De ce désordre bureaucratique et logistique qui ajoute encore à la confusion conceptuelle, le dossier des relations entre les États-Unis et Israël offre un exemple frappant. On le sait, Donald Trump a offert à son gendre, Jared Kuschner, le poste de conseiller spécial, chargé de définir la politique moyen-orientale et de suivre d’éventuelles négociations israélo-palestiniennes. Mais Jared Kuschner, jeune et brillant magnat de l’immobilier, n’a aucune connaissance ou compétence en matière de politique étrangère et de diplomatie. Juif orthodoxe rigoureux, il anime une fondation qui finance une yeshiva ultraorthodoxe de la colonie de Beit El, près de Ramallah, connue pour son opposition radicale au processus de paix. En outre, il a été pendant des années l’un des dirigeants aux États-Unis des Amis des forces de défense d’Israël, association qui collecte des dons au bénéfice de l’armée israélienne ; son nom n’a été retiré qu’en janvier du site internet de cette organisation.

 

La même yeshiva a aussi bénéficié de l’aide des Amis américains de la yeshiva de Beit El, que préside depuis 2011 un autre proche de Donald Trump, l’avocat spécialiste des faillites David Friedman, que le nouveau président entend nommer ambassadeur en Israël. Propriétaire d’un appartement à Jérusalem où il a l’habitude de venir passer les fêtes juives, Friedman, qui appartient au conseil d’administration d’une association israélienne de secours d’urgence et possède des intérêts dans plusieurs entreprises locales – une société viticole, deux firmes de haute technologie –, compte en outre au nombre de ses clients le patron d’un des plus puissants groupes israéliens, actif dans les secteurs de l’énergie, de la pétrochimie, de l’agro-industrie, de l’eau, des médias et des télécommunications.

Le quotidien Haaretz a révélé la semaine dernière que le bâtiment scolaire financé par David Friedman dans l’extension Ulpana de la colonie de Beit El a été construit illégalement sur des terres privées appartenant à un village palestinien voisin. Sur ordre de la Haute Cour de justice d’Israël, la majeure partie d’Ulpana (construite dans les mêmes conditions) a été détruite il y a cinq ans. La démolition du « bâtiment Friedman » a également été demandée par les villageois palestiniens mais le dossier traîne.

Comme Jared Kuschner, David Friedman n’a pas d’autre formation ou compétence à invoquer pour devenir ambassadeur en Israël que la protection et le bon vouloir de Trump. Ses convictions sont connues : favorable à l’annexion d’une grande partie de la Cisjordanie, il tient la solution à deux États pour une « solution illusoire », encourage vigoureusement la colonisation et considère les militants de J street, organisation sioniste favorable à la paix, comme « bien pires que des kapos ». Pour toutes ces raisons, cinq anciens ambassadeurs américains en Israël, qui ont servi sous des administrations républicaines et démocrates, viennent d’adresser à la Commission des relations internationales du Sénat une lettre dans laquelle ils demandent le rejet de la candidature de Friedman comme ambassadeur « en raison de ses positions extrémistes » et de son « absence de qualification pour occuper un tel poste ». Friedman doit obtenir 11 voix sur 21 pour que sa nomination soit validée. La commission compte 11 républicains et 10 démocrates et les auditions sont en cours.

Le troisième inspirateur majeur des choix de Trump n’a pas davantage de compétences géopolitiques ou diplomatiques que les deux précédents, mais il a les mêmes relations personnelles spéciales avec Israël et avec Trump. Jason Greenblatt, qui a été nommé conseiller spécial du président américain pour les négociations, notamment entre Israël et les Palestiniens, était jusqu’à présent vice-président de l’Organisation Trump, responsable du secteur juridique.

Formé, à New York, dans un lycée talmudique, puis en Israël, dans la yeshiva Har Hetzion de la colonie d’Alon Shvut, en Cisjordanie, où il a suivi une formation religieuse et une préparation militaire, Jason Greenblatt, qui porte la kippa noire des orthodoxes, estime, comme Friedman, que Jérusalem doit être la capitale d’Israël, que les colonies ne sont pas un obstacle à la paix, qu’Israël n’est pas un « occupant ». En revanche, il ne rejette pas, par principe, la création d’un État palestinien indépendant, ne juge pas que la solution à deux États est révolue, ne récuse pas le mot « colonie » pour les implantations israéliennes en Cisjordanie et n’écarte pas l’hypothèse d’un « compromis territorial ». Souplesse relative qui demande confirmation et contribue à entretenir la confusion sur les intentions et la stratégie – si elle existe – de Trump.

Test iranien

Avec la mise à jour de la politique israélienne de Washington, la définition de la nouvelle attitude des États-Unis par rapport à l’Iran était l’autre dossier majeur sur lequel le nouveau président américain était attendu. D’autant que la République islamique, bête noire de l’entourage politique de Trump, est aussi impliquée, directement ou non, dans trois conflits qui intéressent les États-Unis : Syrie, Irak, Yémen. Tout au long de sa campagne électorale, le candidat n’avait cessé de répéter que l’une de ses priorités serait de déchirer l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2005 par les « 5 + 1 » (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine et Allemagne), dénoncé comme « le plus mauvais accord [qu’il ait] vu ».

Et Benjamin Netanyahou, résolu à remettre en scène le spectre du péril iranien, qu’il a longtemps mobilisé pour éclipser le blocage du dossier palestinien, ne s’est pas fait prier, notamment lors de la conférence de presse commune à Washington, pour encourager Donald Trump à la fermeté.

Après avoir salué son engagement à lutter contre la « force malveillante » de la « terreur de l’islam radical », il a loué son courage et la clarté de son jugement face « au régime terroriste iranien » et sa résolution à « empêcher l’Iran de disposer d’un arsenal nucléaire ». Qu’importe si les principaux responsables de l’état-major israélien, des services de renseignement militaires et du Mossad se félicitent de l’accord nucléaire de Vienne qui rallonge de plus de dix ans le délai nécessaire à l’Iran pour produire une arme nucléaire. Qu’importe si, après six inspections en un an, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a constaté que l’Iran respectait l’accord. Lorsqu’il s’agit d’approuver Trump et de diaboliser l’Iran, Netanyahou ne lésine pas sur les « post-vérités » et les « faits alternatifs ».

 

 

En fait, même si Donald Trump tient, comme le premier ministre israélien, l’Iran pour un État terroriste, ennemi des États-Unis, au point de le faire figurer dans la liste des sept pays musulmans(*) dont les ressortissants sont interdits d’entrée sur le territoire américain, ses intentions à l’égard de la République islamique sont aujourd’hui aussi floues que ses propos sont menaçants. Ce qui ne semble pas avoir échappé aux dirigeants iraniens.

Le tir expérimental, le 29 janvier, d’un missile balistique de moyenne portée par les militaires iraniens ressemblait fort à un test de la détermination américaine, mais aussi des aptitudes diplomatiques de la nouvelle administration. Si l’accord de Vienne ne concerne pas les tirs de missiles, la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui endosse l’accord, « appelle l’Iran à ne pas entreprendre d’activités liées aux missiles balistiques, conçus pour être capables de lancer des armes nucléaires », pendant une durée de huit ans.

Mais, contrairement à une précédente résolution de l’ONU, adoptée avant l’accord de Vienne, elle n’interdit pas explicitement à l’Iran de procéder à des essais. C’est ce qu’a invoqué le gouvernement iranien en affirmant que ce tir relevait de son « programme défensif » et que le missile n’était pas destiné à être équipé d’une ogive nucléaire. Face à ce casse-tête diplomatico-stratégique, l’ambassadrice américaine à l’ONU a dénoncé un tir « absolument inacceptable », sans préciser si Washington le considérait, ou non, comme une violation réelle de la résolution 2231. La Russie ayant estimé que le test ne violait pas la résolution 2231, une condamnation du tir par le Conseil était de toute manière peu probable.

« L’Iran joue avec le feu – ils ne se rendent pas compte à quel point le président Obama était gentil avec eux, pas moi », a tweeté Donald Trump avant d’affirmer devant la presse que « rien n’est exclu », puis d’ordonner de nouvelles sanctions à 25 personnes et entités iraniennes soupçonnées d’avoir contribué au programme balistique de Téhéran. Refusant de commenter cette mise en garde, le porte-parole du Pentagone s’est limité à constater que l’Iran exerce une « influence néfaste » dans la région et à rappeler que ce pays « fait et a fait beaucoup de choses qui nous inquiètent ».

Les militaires américains, il est vrai, sont bien placés pour évaluer l’efficacité des Gardiens de la révolution iraniens, qui, en Syrie, ont largement contribué au rétablissement militaire de Bachar al-Assad et, en Irak, participent à l’entraînement et à l’encadrement des milices chiites irakiennes engagées contre Daech, aux côtés de la coalition dirigée par les États-Unis. Alors que l’armée américaine est engagée au Moyen-Orient, à travers son aviation et près de 6 000 soldats, conseillers, formateurs ou combattants des forces spéciales, il est peu probable que ses responsables soient partisans d’un affrontement ouvert avec l’Iran, aussi longtemps qu’il n’est pas indispensable à la défense des intérêts américains et à la sécurité de leurs troupes sur le terrain.

Il n’est plus question à la Maison Blanche de déchirer l’accord de Vienne. Les garanties qu’il offre sur la démilitarisation du programme militaire iranien sont jugées crédibles, même par certains experts du Pentagone. Et surtout, les États-Unis et l’Iran n’étaient pas les seuls pays impliqués. À la négociation ont participé aussi cinq autres pays. Et les Nations unies l’avaient endossé par une résolution spécifique. Quel bénéfice diplomatique et stratégique obtiendrait Washington en s’en retirant seul ? Mystère. Apparemment Steve Bannon, le gourou stratégique et idéologique de Trump, avait négligé ces détails. Comme il avait négligé les perspectives commerciales du marché iranien et, notamment, la commande massive d’avions civils déjà enregistrée par Boeing.

Tout en provoquant des proclamations martiales du Guide suprême Ali Khamenei ou du clan conservateur, les mesures de Washington ont été accueillies avec une certaine retenue par les principaux dirigeants. « Les États-Unis veulent nous mettre en colère, a estimé le président du parlement, Ali Larijani. Notre réponse doit être sage et calme. » « Nous avons l’habitude de ces menaces, a confié au Monde le conseiller du Guide suprême, Ali Akbar Velayati. La seule différence entre M. Trump et ses prédécesseurs est qu’ils agissaient en coulisse tandis que lui, il dit tout ce qu’il pense et tout ce que pensent les Américains. » « Trump est un politicien amateur », a constaté le président iranien Hassan Rohani.

Les dirigeants iraniens le savent : comme Israël, les États-Unis entendent exploiter la rivalité entre Riyad et Téhéran pour dresser face à l’Iran une coalition de monarchies du Golfe, pour l’instant difficiles à enrôler. Selon la presse iranienne, Hassan Rohani aurait été informé par l’émir du Koweït que six pays du Golfe souhaitent la fin des « malentendus » avec Téhéran. Pour le président iranien, qui tarde à récolter les fruits de l’accord de Vienne et de la levée des sanctions internationales, une stabilisation des relations avec les pays voisins serait précieuse, surtout en cas de dégradation des rapports avec Washington.

Candidat à la réélection, en mai, à la présidence de la République islamique, Hassan Rohani affronte un clan conservateur qui lui reproche d’avoir fait trop de concessions lors de la négociation de l’accord sur le nucléaire et de n’avoir pas tenu ses promesses de redressement économique. Il lui faut donc naviguer entre le risque de confrontation avec Washington et les accusations de faiblesse face à la menace américaine. Entreprise risquée compte tenu de la confusion qui règne, pour l’instant, autour de la Maison Blanche.

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* Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Comme on le constate, aucun des pays du Golfe d’où provient le financement du djihadisme ne figure dans cette liste, à commencer par l’Arabie saoudite, dont 15 des 19 terroristes du 11-Septembre avaient la nationalité.

 

 

 

https://www.mediapart.fr/journal/international/280217/israel-iran-que-veut-trump

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Published by Mediapart.fr - dans Revue de presse
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