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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 01:37
Iraq : A quand la libération de Mossoul ?
 
 
 
 
Les forces iraqiennes ont lancé une offensive sur plusieurs fronts pour reprendre les derniers quartiers de Mossoul tenus par Daech. La libération totale de la ville iraqienne risque toutefois d'attendre encore.
 
 
 
 
Maha Salem avec agences
 
 
 
07-06-2017
 
 
 
Sept mois de combats acharnés, et Mossoul attend toujours d’être libérée.
 
La « capitale » iraqienne de l’Etat Islamique (EI) demeure toujours sous les feux en attendant la dernière phase de l’offensive contre l’EI. En effet, les forces iraqiennes avancent d’un pas lent mais sûr.

 

Et les analystes ont justifié ce retard dans le lancement de la phase finale de l’offensive. « Il existe plusieurs obstacles qui entravent l’avancée rapide des troupes iraqiennes. Tout d’abord, la nature géographique de cette ville, notamment les derniers quartiers encore sous le contrôle de l’EI, et qui sont de vieux quartiers. Autre raison, la présence massive des civils. En outre, les djihadistes de l’EI changent systématiquement de stratégie. Ils ont commencé par utiliser les civils comme boucliers humains, ensuite ils ont implanté des explosifs avant de quitter les régions perdues. Tout cela rend compliquée l’ultime phase de la bataille », explique Dr Ahmad Youssef, politologue et directeur du Centre des recherches et des études arabes et africaines.

Les civils pris en tenailles

En effet, la présence de quelque 200 000 civils dans les secteurs de Mossoul où les forces iraqiennes affrontent l’EI entravent l’avancée des troupes progouvernementales.

Actuellement, les combats se déroulent principalement dans les quartiers d’Al-Shifaa, Al-Saha et Al-Zinjili, juste au nord de la vieille ville, un entrelacs de ruelles étroites et de bâtiments serrés dont la reprise s’annonce particulièrement difficile pour les forces de sécurité. « Nos unités contrôlent (désormais) 60 % du quartier d’Al-Saha et continuent d’avancer », a déclaré à l’AFP le général Haidar Al-Obeidi, des forces d’élite du contre-terrorisme (CTS).

Le général Raed Shakir Jawdat, de la police fédérale, a, lui, indiqué dans un communiqué que ses troupes progressaient avec prudence et contrôlaient désormais plus de 40 % du quartier d’Al-Zinjili. « En raison de l’étroitesse de (la vieille ville), de la présence d’un grand nombre d’habitants et de la peur de blesser les civils et d’endommager les bâtiments, nous évitons pour le moment d’y entrer », a également indiqué Haidar Al-Obeidi, en ajoutant que des centaines de familles sont passées par les corridors sécurisés par les forces iraqiennes.

En fait, les forces iraqiennes bloquent tous les accès à ces régions, resserrant davantage leur étau autour des djihadistes qui y sont retranchés mais exposant par la même occasion les civils à des pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments.

D’après l’Onu, les conditions de vie dans la partie de Mossoul tenue par les djihadistes sont de plus en plus difficiles. « On sait que les médicaments sont très rares, qu’il y a d’importantes pénuries d’eau potable et que les stocks de nourriture sont en quantités très limitées. On sait aussi que les familles qui tentent de fuir sont souvent prises pour cible par des tireurs embusqués », a expliqué la coordinatrice humanitaire de l’Onu pour l’Iraq, Lise Grande. Et d'ajouter : « Vous avez une zone fermée (ndlr : la vieille ville) qui n’a plus été ravitaillée depuis des mois, dans laquelle les civils sont piégés et (où) les combattants sont déterminés à tenir jusqu’au bout. Vous additionnez tout ça, et vous avez une situation vraiment désespérée ».

Selon l’Onu, plus de 750 000 personnes ont quitté leurs foyers depuis le début en octobre de l’offensive sur Mossoul, dernier bastion urbain de l’EI en Iraq, et ce chiffre pourrait augmenter dans l’ultime phase des opérations. Des tireurs embusqués de l’EI seraient chargés de tirer sur les familles qui tentent de fuir.

Pour la deuxième fois en une semaine, l’aviation iraqienne a largué des tracts à l’adresse des habitants, les exhortant de fuir les zones de combats.

Ces appels ont été lancés car les forces iraqiennes utilisent des armes et des munitions, notamment des roquettes non guidées, qui peuvent facilement faire des victimes. Cet appel est en contradiction avec les recommandations adoptées depuis des mois par l’armée pour enjoindre les civils à rester chez eux durant les combats, notamment dans l’objectif de réduire le nombre de déplacés et d’éviter des destructions de grande ampleur. Ce qui prouve l’embarras des autorités iraqiennes dans cette offensive.

Selon Dr Ahmad Youssef, l’ultime offensive est d’autant plus difficile parce que les djihadistes savent que c’est leur dernière bataille, et qu’ils n’ont plus rien à perdre. « Ils sont obligés de lutter jusqu’au bout car pour eux c’est la victoire ou le martyre. Par ailleurs, les djihadistes viennent de recevoir des armes plus modernes. On n’est pas sûr d’où elles viennent, mais des témoins sur place parlent d’armes modernes que les djihadistes savent bien utiliser. Une information importante, car elle nous confirme que les djihadistes sont toujours soutenus par certains pays de la région ».

Reste à savoir comment évolueront les choses. Selon les observateurs, même si elle constituait un revers majeur pour l’EI, la chute de Mossoul ne mettrait pas fin à la guerre contre l’organisation extrémiste.

 

http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/1179/2/8/25172/Iraq--A-quand-la-l

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Published by Al Ahram Weekly.org.eg (Egypt) - dans Regards Régional
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