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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 01:10

L’ASSEMBLÉE PROCLAME 2014 « ANNÉE INTERNATIONALE DE LA SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN »

ET ESPÈRE LE SUCCÈS DES NÉGOCIATIONS ISRAÉLO-PALESTINIENNES

 

L’Assemblée générale a décidé, ce matin, par une écrasante majorité, de proclamer 2014 « Année internationale de la solidarité avec le peuple palestinien ».  Elle a également demandé à Israël et à la Palestine de prendre toutes les mesures possibles pour créer des conditions favorables au succès des négociations qui ont repris le 29 juillet 2013.

 

Ces décisions ont été prises lors de l’adoption par vote des six résolutions annuelles de l’Assemblée générale sur la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient.

 

Hier, l’observateur de la Palestine avait formulé l’espoir que l’observation de cette « Année internationale de la solidarité avec le peuple palestinien » permettra d’impulser l’élan nécessaire et de consolider la volonté politique de faire de la paix entre la Palestine et Israël une réalité.  La délégation israélienne a, en revanche, estimé, aujourd’hui, que cette initiative viole l’engagement des Palestiniens à éviter les provocations à l’ONU.

 

Par la résolution sur le règlement pacifique de la question de Palestine,l’Assemblée générale se félicite de la reprise, le 29 juillet 2013, des négociations israélo-palestiniennes et demandeaux deux parties de donner effet aux accords qu’elles ont conclus et aux obligations qu’elles ont contractées, « indépendamment du principe de réciprocité », afin de créer des conditions propices au progrès des négociations dans le délai de neuf mois convenu au moment de la reprise desdites négociations.

 

L’Assemblée exige l’arrêt complet de toutes les activités israéliennes d’implantation dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et demande qu’il soit mis fin à tous les actes de provocation, notamment de la part de colons israéliens, à Jérusalem-Est, en particulier sur les sites religieux et à proximité.

 

Hier, l’observateur de la Palestine avait averti que les activités que mène Israël sur le terrain menacent de faire échouer les négociations, préoccupations qui ont été réitérées, aujourd’hui, par une très grande majorité de délégations.

 

Dans la résolution sur Jérusalem, l’Assemblée générale se déclare en effet vivement préoccupée par la série de faits récemment survenus à Jérusalem-Est.  Elle souligne que tout règlement global, juste et durable de la question de cette ville doit tenir compte des préoccupations légitimes des deux parties, palestinienne et israélienne, et comporter des dispositions assorties de garanties internationales qui assurent la liberté de culte et de conscience de ses habitants, et garantissent aux personnes de toutes religions et nationalités l’accès permanent, libre et sans entrave aux Lieux saints.

 

Aujourd’hui, le représentant du Japon, expliquant les deux initiatives de développement lancées par son pays avec la Palestine, a souligné que le caractère délicat de la phase actuelle des négociations doit pousser la communauté internationale à travailler à la coexistence et à la prospérité des Palestiniens et de leurs voisins.  Son homologue de la Turquie a conseillé aux parties d’agir de bonne foi, de rétablir la confiance et d’éviter les provocations.  « Le temps des actions sincères et concrètes a sonné. » 

 

L’Assemblée a aussi adopté des textes sur le Golan syrien, la Division des droits des Palestiniens du Secrétariat, et le Programme d’information spécial sur la question de Palestine du Département de l’information du Secrétariat.

 

Le représentant d’Israël a critiqué des textes « obsolètes et scandaleux » qui ne font qu’aggraver les gaspillages en entraînant l’allocation d’importantes ressources, 6 millions de dollars, à des organes de l’ONU « dont on se demande à quoi ils servent ».  Le représentant israélien a aussi exercé son droit de réponse avec ses homologues de la Syrie et de l’Iran.

 

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux mercredi 4 décembre, à partir de 10 heures, avec un débat sur la revitalisation de ses travaux.

 

QUESTION DE PALESTINE

 

Suite des déclarations

 

M. MOTOHIDE YOSHIKAWA (Japon) a appelé les deux parties à saisir la chance qui se présente avec la reprise des négociations directes, en juillet dernier.  Dans ce contexte, il a déploré qu’en octobre et en novembre, le Gouvernement israélien ait annoncé des plans pour approuver des contrats de construction d’unités d’habitation en Cisjordanie.  Il a appelé les deux parties à ne pas prendre de mesure unilatérale qui pourrait affecter négativement le processus de paix mais de continuer à négocier de bonne foi.

 

Le caractère délicat de la phase actuelle des négociations doit pousser la communauté internationale à travailler à la coexistence et à la prospérité des Palestiniens et de leurs voisins, a estimé le représentant.  Il a indiqué que son pays accélérera son assistance au développement de la Palestine et qu’il poursuivra ses deux initiatives concrètes visant à mobiliser les investissements du secteur privé en Palestine.  La première initiative, « Couloir pour la paix et la prospérité », a été lancée en 2006 pour transformer une zone de la vallée du Jourdain en terre fertile et productive, et aider ainsi les Palestiniens à exporter des produits agricoles.  Les bénéfices du parc agro-industriel de Jéricho sont estimés à 40 millions de dollars par an, avec la création de 7 000 nouveaux emplois.  Le projet, a expliqué le représentant, qui offre une chance de rétablir la confiance entre les parties prenantes de la région, implique non seulement la Palestine mais aussi Israël et la Jordanie. 

 

Le Japon appuie aussi ce projet par l’intermédiaire des agences de l’ONU.  Le Gouvernement est ainsi en contact avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour appuyer, avec une somme d’1 million de dollars, la construction d’une sous-station électrique, et pour aider au renforcement des capacités de gestion des infrastructures industrielles et d’une zone de libre-échange dans l’Autorité palestinienne.  Le parc agro-industriel, qui devrait ouvrir l’année prochaine, a déjà signé deux contrats avec deux sociétés palestiniennes.  Une trentaine d’autres sociétés ont aussi manifesté leur intérêt. 

 

La deuxième initiative est la « Conférence sur la coopération entre les pays d’Asie de l’Est pour le développement palestinien » (CEAPAD).  Organisée conjointement par le Japon et la Palestine, cette Conférence a été lancée en février dernier à Tokyo et a connu la participation de sept pays et des organisations internationales pertinentes.  La semaine prochaine, comme mesure de suivi, le Japon organisera une réunion sur la promotion des affaires avec, cette fois-ci, des représentants du secteur privé.  Les conclusions de cette réunion seront présentées à la deuxième réunion ministérielle de la CEAPAD qui se tiendra en Indonésie au début de l’année prochaine. 

 

Le représentant a aussi rappelé que le 11 novembre, son pays a annoncé une contribution de 7,7 millions de dollars pour l’aide alimentaire à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Le 21 novembre, le Japon a pris contact avec le Programme alimentaire mondial (PAM) pour une autre aide alimentaire de 4,1 millions de dollars. 

 

Avant de conclure, le représentant a souligné que les deux parties sont déjà à la moitié du temps imparti pour les négociations directes.  Il les a exhortées à agir pour renforcer la confiance mutuelle et à continuer à faire des efforts constants pour la paix. 

 

M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a rappelé qu’en 1977, avait commencé une longue bataille pour que la Palestine devienne un État Membre des Nations Unies.  La résolution adoptée l’an dernier, qui accorde le statut d’État observateur non membre à la Palestine, a été un pas important, mais l’étape finale reste à atteindre, a-t-il ajouté.  M. Moncada a aussi rappelé que, le 29 novembre 1947, les Nations Unies avaient voté la création de deux États, l’un juif et l’autre arabe, sur le territoire de la Palestine, ce qui n’a pu être réalisé du fait d’une immédiate offensive militaire qui a visé à expulser de leurs terres les Palestiniens et à empêcher leur retour.  Le représentant a dénoncé « l’impunité historique » de la Puissance occupante, qu’il a accusée de pratiquer le terrorisme d’État, l’apartheid et le nettoyage ethnique, confortée en cela par le veto des États-Unis, dont la protection a permis à Israël de multiplier les colonies illégales, de construire le mur et les barrières, et d’ériger des obstacles à l’accès aux services sociaux de base.  Ces faits sont dénoncés quotidiennement dans les rapports des Nations Unies, a rappelé le représentant.  Il a salué la reprise des négociations directes qui, a-t-il souhaité, doivent aboutir à la solution à deux États négociée, condition essentielle pour la paix et la sécurité au Moyen-Orient.

 

M. RAJA REZA RAJA ZAIB SHAH (Malaisie) a évoqué, à son tour, l’adoption, le 29 novembre 2012 de la résolution 67/19 qui a octroyé à la Palestine le statut d’État observateur non membre et a dit espérer que l’État de Palestine se verra prochainement délivrer une « carte d’identité » d’État Membre à part entière.  Il s’est félicité de la reprise des pourparlers, mais a condamné le fait que les partenaires des négociations n’aient pas répondu à ce rendez-vous.  Le représentant a condamné la poursuite des activités de peuplement « illégales » et a exhorté la communauté internationale à exiger d’Israël leur cessation immédiate, et ce, « avant que ne soit complètement érodée la solution à deux États ». 

 

M. Shah s’est dit préoccupé par la grave situation humanitaire à Gaza où la population, a-t-il relevé, fait face à l’insécurité alimentaire depuis des mois ainsi qu’à des pénuries de carburant.  Il a aussi réclamé la levée immédiate du blocus.

 

Le représentant s’est félicité de la « réactivation » du Groupe de travail du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.  Il a indiqué que malgré la distance géographique, la question de Palestine est un des thèmes principaux de la politique étrangère de la région Asie-Pacifique.  Il a salué la tenue, au mois de juin, à Beijing, de la Réunion internationale des Nations Unies à l’appui du processus de paix israélo-palestinien et a dit espérer que davantage de manifestations de ce type pourront être organisées dans sa région.  Il s’est félicité de la nomination de la Bolivie au Comité.

 

M. LEVENT ELER (Turquie) a souligné que la « Question de Palestine » est toujours au cœur des défis fondamentaux au Moyen-Orient qui est en train de vivre une période de transformation et de changement.  Nier le droit des Palestiniens à un État ne saurait être justifié moralement, politiquement et encore moins juridiquement.  En l’absence d’une solution immédiate et globale, les perspectives de paix, de coopération et de bien-être dans la région relèveront du domaine du rêve, a prévenu le représentant. 

 

La Turquie, qui a toujours appuyé la solution à deux États, estime que les progrès dans le processus de paix et l’issue heureuse des négociations directes sont devenus de plus en plus importants face aux derniers développements dans la région du Moyen-Orient.  Pour cette raison, la Turquie s’est sincèrement félicitée de la reprise des négociations directes sans oublier de saluer le leadership palestinien et israélien.  La Turquie a salué les efforts du Secrétaire d’État américain, l’appui de la Ligue des États arabes et la détermination du Quatuor.  Mais elle n’a cessé de souligner que dans ce processus, le temps sera un paramètre précieux et que cette nouvelle chance pour la paix et la stabilité dans la région ne devrait pas être gaspillée. 

 

Malheureusement, a constaté le représentant, quatre mois après le début des négociations, l’absence de progrès et la poursuite de la colonisation ont entraîné frustration et résignation parmi les négociateurs palestiniens.  Les raisons de cette frustration ne devraient pas être ignorées par la communauté internationale.  Alors que le Président Abbas a dit sa détermination de poursuivre les négociations, une autre annonce de construction de colonies a été faite ce week-end.  Les parties, a conseillé M. Eler, doivent agir de bonne foi, rétablir la confiance et éviter les provocations, en gelant la construction de colonies, libérant les prisonniers et concluant des arrangements sur la sécurité.

 

Aujourd’hui comme hier, a insisté le représentant, la Turquie est prête à contribuer à tous les efforts internationaux en faveur d’un règlement juste et durable.  Mais, a-t-il relevé, la situation des prisonniers palestiniens, y compris des femmes et des enfants, reste une source de préoccupation tout comme les restrictions à la liberté de circulation des personnes et des biens, qui relèvent d’une tentative de changer artificiellement l’identité démographique et multiculturelle de Jérusalem. 

 

Condamnant une nouvelle fois le blocus de Gaza, le représentant a fait part des efforts de la Turquie pour parer aux pénuries de courant.  La Turquie vient aussi d’envoyer 10 000 tonnes de farine à l’UNRWA et appelle la communauté internationale à renforcer son soutien à ce dernier.  Une nouvelle fois, le représentant a argué que seule l’ouverture immédiate, permanente et sans condition des points de passage pour l’aide humanitaire, les biens et les personnes permettra d’inverser la situation à Gaza qui a une incidence sur la sécurité et la stabilité. 

 

La Turquie, a promis le représentant, continuera à appuyer la réconciliation palestinienne qui constitue l’un des piliers d’une paix durable au Moyen-Orient.  Elle appuie fermement l’objectif d’établir un gouvernement d’unité qui embrasse le peuple palestinien dans son ensemble.  Au cours de ces cinq prochains mois, a conclu le représentant, nous avons une « occasion historique » de parvenir à un accord et de mettre enfin un terme à des décennies de conflit.  « Le temps des actions sincères et concrètes a sonné. » 

 

M. ABDULMOHSEN F. A. ALYAS (Arabie saoudite) est aussi revenu sur l’adoption, l’an dernier, de la résolution 67/19 qui a octroyé à la Palestine le statut d’État observateur non membre.  Il a dit espérer que les pourparlers entre Israël et la Palestine aboutiront à une paix globale et juste et permettront aux Palestiniens de recouvrer tous leurs droits dans le cadre d’un État indépendant.  Le représentant a fait part du sentiment de frustration que lui inspirent les pratiques israéliennes, notamment les actes de torture et de violation des droits de l’homme, sans oublier la politique de construction de colonies de peuplement, « lesquelles se propagent tel un cancer dans la région ».  Il a dénoncé le fait que les autorités de l’occupation aient donné le feu vert à la construction de 800 unités d’habitation supplémentaires en Cisjordanie le jour même de la commémoration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, et « au plus grand mépris de la volonté de la communauté et des résolutions internationales ».  Le représentant a également condamné la violence des colons israéliens et réclamé la levée du blocus à Gaza.




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