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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 01:30

Un enfant de 14 ans tué par un sniper israélien


Wajih Erramahi a été chassé comme un oiseau…


Lorsqu’un soldat israélien est posté dans une tour de contrôle exiguë pendant des heures, à un certain moment, il commence à s’ennuyer…
le 10.12.13 | 10h00

Ghaza
De notre correspondant


Pour vaincre son irritation, il s’amuse à jouer le sniper en visant à longue portée… des cibles palestiniennes. Quoi de mieux que de vider son chargeur sur un Palestinien qui a le malheur de passer par là.
Après quelques va-et-vient de gauche à droite dans sa guérite, apparaît dans sa ligne de mire un jeune Palestinien. La cible idéale pour un soldat israélien. Il le voit si près qu’il a l’impression d’entendre les battements de son cœur, synonyme de la vie…

Comme on lui a toujours fait comprendre que le meilleur des Palestiniens est un Palestinien mort, il décide tout simplement de presser le doigt sur la gâchette. Un geste si simple, qu’il avait répété des centaines de fois à l’entraînement. Mais cette fois, la récompense est d’avoir brisé l’ennui dans lequel il se noyait. Il venait d’ôter la vie à un Palestinien. C’est le scénario le plus probable concernant la mort du jeune Wajih Erramahi, âgé de 14 ans, qui a eu la malchance, samedi passé, de se trouver dans la ligne de mire d’un soldat israélien, posté dans l’une des tours de contrôle de la colonie israélienne de Beit Il, surplombant le camp des réfugiés d’El Jalazoune, au nord de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Atteint d’une seule balle dans le dos, Wajih qui passait devant l’école du camp, comme il le faisait quotidiennement, s’est écroulé sans même avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Tir mortel d’un soldat (sauvage) d’une colonie

Pourtant la zone était calme en cet après-midi. Pas de heurts entre les jeunes du camp et les soldats israéliens. Pas de jets de pierres ni même de présence de colons agressant les conducteurs de véhicules palestiniens empruntant la route proche du camp. Rien, absolument rien n’explique ce tir venu de la colonie proche, sauf une haine aveugle et raciste d’un soldat convaincu que le système le protégera. Il l’a déjà fait avec tous ceux qui ont tué des citoyens palestiniens désarmés. Les autorités israéliennes ne mènent jamais d’enquête sérieuse sur ce genre d’incidents et finissent toujours par donner raison à l’assassin. «Mon fils a été chassé ‘‘comme un oiseau’’», s’est plaint son père.

La présidence palestinienne engagée avec le gouvernement israélien dans un processus de négociations, jusque-là stérile, a dénoncé cet acte criminel gratuit. Elle a fait porter la responsabilité du «terrorisme organisé contre des enfants sans défense au gouvernement israélien» et considère que «cette politique détruit le processus de paix». Selon des statistiques de l’Organisation des Nations unies, 26 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne en 2013, dont la majorité en Cisjordanie occupée. Le dernier Palestinien mort était un jeune homme de 20 ans, il a été tué froidement par un garde-frontière israélien le 30 novembre dernier.  Wajih a été tué la veille de l’anniversaire de la première Intifadha (8 décembre 1987).

La révolte palestinienne de 1987 a introduit le mot intifadha dans le jargon international. Le peuple palestinien, seul à l’époque, avait décidé de mener une rébellion générale contre l’occupant israélien. Les mains nues, il a affronté la redoutable machine de guerre israélienne qui en a tués environ 1162, dont 241 enfants et blessés près de 90 000. Plus de 60 000 Palestiniens avaient été incarcérés dans les prisons israéliennes, dont certaines avaient été utilisées pour la première fois. L’Intifadha de 1987 avait duré 7 ans environ et a abouti à la naissance de l’Autorité palestinienne en 1994, suite à la signature en 1993 des Accords d’Oslo par l’OLP et Israël.

Le peuple palestinien attend aujourd’hui de ses dirigeants engagés dans un processus de négociations avec l’Etat hébreu d’emprunter une autre voie, au bout de laquelle ils pourront faire payer tous ses crimes à un Etat qui s’est toujours considéré au-dessus des lois internationales. 

Fares Chahine

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Published by El Watan.com (Algérie) - dans Regard régional
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