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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 00:40

Pourquoi il faut négocier avec l'Iran

 

 

 

LE MONDE | 07.11.2013 à 11h04 • Mis à jour le 07.11.2013 à 14h59

 

 

Dans l'entretien qu'il a accordé cette semaine au Monde (daté 7 novembre), le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dit une vérité : « Il y a une fenêtre d'opportunité » pour arriver à un accord sur le programme nucléaire de la République islamique.

Elle se refermera vite. Elle est liée à l'élection du président Hassan Rohani. Celui-ci, appuyé par le vrai « patron » du pays, le Guide Ali Khamenei, juge que l'avenir du régime est menacé par la dégradation de la situation intérieure. Il veut une levée, au moins partielle, de l'embargo économique et financier auquel l'Iran est soumis.

Il ne l'obtiendra que s'il arrive à un accord sur la question nucléaire avec ses interlocuteurs : les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne. Ceux-ci, qui constituent le groupe dit « des 5+1 », accusent Téhéran de violer ses engagements internationaux, d'avoir un dispositif d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires, enfin de masquer tout une partie de son programme.

Voilà la toile de fond de la négociation qui s'est amorcée à la mi-octobre à Genève et a repris ce jeudi 7 novembre. M. Zarif se dit modérément confiant. Le temps lui est compté.

A Téhéran, un groupe de pression très déterminé les Gardiens de la révolution, puissance militaire et économique défend l'intégralité du programme nucléaire iranien. Ce groupe vit et prospère sur l'état de guerre larvé entretenu avec les Occidentaux. Si le camp Rohani n'obtient pas rapidement des résultats, les « durs » reprendront le dessus.

 

ILLUSIONS

L'aboutissement de la négociation suppose que Téhéran s'aligne sur ce que réclament les « 5+1 » dont la position est fondée sur nombre de résolutions de l'ONU. L'Iran doit cesser d'enrichir l'uranium à des degrés proches de la militarisation, démanteler ses installations souterraines de Fordo, fermer sa deuxième filière pouvant conduire à la bombe, celle de l'usine au plutonium d'Arak.

L'enjeu est énorme. Si le programme iranien est laissé inchangé, il menace le fragile équilibre international sur la non-prolifération des armes nucléaires. Il incitera, un jour ou l'autre, certains des voisins de l'Iran, qu'il s'agisse de l'Arabie saoudite ou de la Turquie, voire de l'Egypte, à aller aussi vers « la » bombe.

Mais il est illusoire d'imaginer que l'Iran renoncera à l'énorme investissement que représentent les concessions qui lui sont demandées s'il n'obtient pas satisfaction sur sa revendication de base : la possibilité d'enrichir l'uranium. Quitte à ce qu'elle soit exercée sous un strict contrôle international.

En ce sens, l'attitude d'Israël et d'une partie du Congrès américain, qui s'opposent à ce « marché », empêche l'amorce même d'une négociation.

Or, là aussi, l'enjeu est énorme. Un accord sur le nucléaire iranien ouvre la porte à une normalisation entre Téhéran et Washington, laquelle serait un incontestable facteur de stabilisation au Proche-Orient. Quoi qu'on en pense à Jérusalem, Riyad ou Ankara.



http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/11/07/pourquoi-il-faut-negocier-avec-l-iran_3509854_3218.html

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Published by Le Monde.fr - dans Revue de presse
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