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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 01:30

Violents combats entre forces libyennes et islamistes à Benghazi



AFP 25 NOVEMBRE 2013 À 10:51 (MIS À JOUR : 25 NOVEMBRE 2013 À 12:04)

On compte lundi au moins neuf morts et une cinquantaine de blessés après les affrontements, qui ont éclaté après qu'une patrouille des forces spéciales a été prise pour cible près du QG d'Ansar al-Charia.

Le bilan des affrontements entre l’armée libyenne et le groupe jihadiste d’Ansar al-Charia lundi matin à Benghazi, dans l’est du pays, est monté à neuf morts et 49 blessés, a annoncé le gouvernement. «Les affrontements ont fait neuf morts et 49 blessés», a déclaré le ministre de l’Intérieur par intérim, Seddik Abdelkarim, en lisant un communiqué du gouvernement.

Il a appelé les habitants de Benghazi au calme et à collaborer avec les forces régulières, soulignant que les autorités ont pris toutes les dispositions pour rétablir l’ordre dans la ville. Le gouvernement a indiqué que l’armée était «une ligne rouge»à ne pas franchir.

Des heurts ont opposé, aux premières heures lundi, le groupe salafiste d’Ansar al-Charia et les forces spéciales de l’armée libyenne. Un calme relatif régnait en début d’après-midi dans la ville qui est régulièrement le théâtre d’assassinats et d’attaques contre les forces de sécurité, attribués aux groupes islamistes.

Les heurts de lundi sont les premiers du genre entre les forces régulières et le groupe islamiste lourdement armé. Jusqu’ici, les autorité ont évité toute confrontation avec les islamistes, dont l’influence est grandissante dans l’est du pays.

L’armée a décrété l’état d’alerte et demandé à tous les soldats de rejoindre leurs unités, a indiqué un responsable de sécurité. Les affrontements ont éclaté après qu’une patrouille des forces spéciales, qui se trouvait à proximité du quartier général d’Ansar al-Charia, a été visée par une attaque, a expliqué le colonel Miloud al-Zwei, porte-parole des forces spéciales libyennes.

«L’armée a riposté, déclenchant des affrontements avec tous les types d’armes», les premiers du genre entre l’armée et ce puissant groupe islamiste, a ajouté cet officier. D’autres heurts ont opposé par la suite les deux camps dans d’autres quartiers de la ville, en particulier près d’une clinique caritative appartenant à Ansar Ashariaa dans le quartier al-Selmani, a-t-il précisé. Des explosions et des coups de feu nourris étaient entendus depuis le petit matin dans plusieurs quartiers de la ville, selon un journaliste de l’AFP.

Ansar al-Charia (Les partisans de la loi islamique, en arabe) a vu le jour après la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Son bras militaire est formé par d’anciens rebelles ayant combattu les forces loyalistes en 2011. Ce groupe salafiste, pointé du doigt dans des assassinats de juges et membres des forces de sécurité, est soupçonné notamment d’être responsable de l’attaque contre le consulat américain à Benghazi en septembre 2012 qui avait provoqué la mort de l’ambassadeur et de trois autres Américains. Ansar al-Charia avait toutefois démenti toute implication.

L’organisation prône la charia comme seule et unique source de législation en Libye et exige que la justice applique la charia immédiatement. Pour mettre en application ses revendications, la mouvance s’appuie sur un mode opératoire qui inclut des actions caritatives, sociales et de prédication. Profitant du vide sécuritaire après la chute de Mouammar Kadhafi, Ansar al-Charia fait la loi en particulier dans l’est du pays où il contrôle des quartiers à Benghazi, Syrte et Derna, selon des sources locales. A Benghazi par exemple, la Katiba (Brigade) d’Ansar al-Charia contrôle toujours l’entrée ouest de la ville.

«TAGHOUT»

Les attaques dans l’Est libyen sont souvent attribuées à des groupes islamistes, dont Ansar al-Charia, par des experts libyens et étrangers. Les autorités n’osent pas toutefois accuser directement ces groupes lourdement armés, par crainte de représailles, selon ces experts. Récemment, Ansar al-Charia a indiqué dans un communiqué qu’il ne reconnaissait pas les institutions de l’Etat ni ses services de sécurité, les qualifiant d’apostat et de «Taghout» (forces maléfiques au service de la tyrannie). Selon le groupe, «la sécurité dans le pays est (tributaire) de l’application de la charia».

Le gouvernement intérimaire libyen peine à mettre sur pied une armée et une police, et fait régulièrement appel aux ex-rebelles qui avaient combattu l’ancien régime pour rétablir l’ordre. Mais le pouvoir central a perdu le contrôle sur ces groupes qui font la loi. Les affrontements de Benghazi interviennent au moment où les autorités tentent de mettre à profit une grogne populaire contre les milices dans la capitale pour faire évacuer ces groupes armés.

Le 15 novembre, quarante-six personnes ont été tuées et plus de 500 blessées dans des violences déclenchées par les tirs d’une milice contre des manifestants pacifiques venus lui demander de quitter la capitale. De la même manière, les habitants de Benghazi avaient réussi en septembre 2012 à déloger Ansar al-Charia de leur QG, mais ces derniers ont repris leurs positions quelques semaines plus tard.

AFP

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Published by Libération.fr - dans Regard régional
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