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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 11:01

Pour un audit sur l’utilisation des fonds européens par L’Etat d’Israël

  

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J’ai pris une initiative en direction de la Cour des comptes européens pour lui demander de nous faire savoir comment L’État d’Israël utilise les fonds européens. J’en ai informé les députés européens et un certain nombre d’entre eux se sont joint à moi dans cette requête. De quoi s’agit-il ?

L’État d’Israël bénéficie de plusieurs programmes de coopération avec l’Union européenne. Ils portent notamment sur des moyens pour la recherche. Des fonds publics européens y sont alloués. Des entreprises, des universités, des laboratoires israéliens touchent des crédits européens au titre de ces coopérations. Mais, il serait intéressant de connaitre la nature des travaux entrepris grâce à ces financements européens. On ne peut accepter en effet que ceux-ci ou une partie de ceux-ci soient utilisées dans les espaces colonisés par l’État d’Israël en dehors du droit international.

C’est la raison pour laquelle, je demande à la Cour des comptes européens un audit afin de vérifier qu’aucune entité établie dans les colonies n’ait pu par le passé toucher des aides européennes. Je souhaite également par la même occasion que nous abordions la question des technologies à double usage. Les entreprises israéliennes de sécurité sont devenues spécialistes de l’importation des technologies qu’elles ont testées sur les populations palestiniennes occupées (par exemple, le savoir-faire accumulé sur un checkpoint peut ensuite être utilisé pour vendre un système d’entrée sécurisée dans un aéroport). Ces entreprises ne devraient pas pouvoir bénéficier de fonds européens, sous quelque forme que ce soit.

Je vous tiendrai évidemment informé des suites de cette requête.

Vous pouvez lire la lettre envoyée à la Cour des comptes en cliquant ici

 
 
 
Les seules publications de notre blog qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce blog, sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:13

 

 
 
 
Les Français juifs seraient-ils des citoyens à part ?

 

C’est ce que suggère l’invitation du Président de la République en invitant un chef d’Etat étranger pour commémorer une tragédie française, la rafle du Vel d’hiv.
3 octobre 1940. Le premier Statut des Juifs fait d’une partie des français sous Vichy des citoyens « à part ». Le lendemain, la loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » étend cette distinction à l’ensemble des Juifs vivant en France.
Les 16 et 17 juillet 1942, 7000 policiers et gendarmes français, sous les ordres du régime de Vichy, procédaient à une rafle des Juifs parisiens. Les fascistes français avaient poussé le zèle jusqu’à l’arrestation des enfants, devançant ainsi les demandes de l’occupant nazi. Plus de 13000 Juifs dont 4000 enfants étaient parqués au vélodrome d’hiver avant d’être déportés et, pour la quasi-totalité, assassinés.
Ni les auteurs ni les exécutants français de cette rafle ne seront poursuivis, en particulier René Bousquet qui sera assassiné sans jamais avoir été jugé. Il faudra attendre 1995 pour que le président Chirac reconnaisse la responsabilité de l’État français.
En quoi ce crime contre l’humanité « franco-français » concerne-t-il un chef d’Etat étranger ? A quel titre un chef d’Etat étranger pourrait parler au nom des victimes et de leurs proches ?
Sauf à considérer que les Juifs français sont des citoyens un peu différents, qu’ils ne sont pas tout à fait Français et doivent être représentés par l’Etat d’Israël… Curieuse vision de notre République que nous présente-là son nouveau Président.
Nous, Juifs français sommes doublement choqués par cette invitation. Non seulement elle fait de nous des citoyens « à part » mais en plus le Président Macron nous fait représenter par le chef d’un Etat où un citoyen sur cinq n’a pas les mêmes droits que ses quatre compatriotes juifs. Une puissance occupante qui, au mépris des Conventions de Genève et des rappels à l’ordre de l’ONU vole l’eau et la terre des Palestiniens pour y installer des colonies, nie les droits des Palestiniens (enfermement administratif, exécutions extrajudiciaires…) quand il ne les enferme pas dans la cage infernale qu’est devenue Gaza.
Comment, en plus, oser nous faire représenter nous, enfants de la République, par le représentant d’un régime dont le racisme s’affiche ouvertement, assimilant les Palestiniens à des serpents ou appelant au meurtre contre les mères palestiniennes. Un racisme qui s’étend même à ses propres citoyens juifs, orientaux ou venus d’Afrique de l’Est.
L’UJFP dénonce l’invitation de Benyamin Nétanyahou par notre Président. Cette visite est une insulte aux victimes et à leurs proches.
La lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits ne se divise pas.
Le Bureau national de l’UJFP le 9-07-2017


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Published by Union JUive Française pour la Paix (UJFP).org - dans Communiqués - pétitions - appels - lettres ouvertes
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:46

Pour un audit sur l’utilisation des fonds européens par L’Etat d’Israël

 

 

J’ai pris une initiative en direction de la Cour des comptes européens pour lui demander de nous faire savoir comment L’État d’Israël utilise les fonds européens. J’en ai informé les députés européens et un certain nombre d’entre eux se sont joint à moi dans cette requête. De quoi s’agit-il ?

L’État d’Israël bénéficie de plusieurs programmes de coopération avec l’Union européenne. Ils portent notamment sur des moyens pour la recherche. Des fonds publics européens y sont alloués. Des entreprises, des universités, des laboratoires israéliens touchent des crédits européens au titre de ces coopérations. Mais, il serait intéressant de connaitre la nature des travaux entrepris grâce à ces financements européens. On ne peut accepter en effet que ceux-ci ou une partie de ceux-ci soient utilisées dans les espaces colonisés par l’État d’Israël en dehors du droit international.

C’est la raison pour laquelle, je demande à la Cour des comptes européens un audit afin de vérifier qu’aucune entité établie dans les colonies n’ait pu par le passé toucher des aides européennes. Je souhaite également par la même occasion que nous abordions la question des technologies à double usage. Les entreprises israéliennes de sécurité sont devenues spécialistes de l’importation des technologies qu’elles ont testées sur les populations palestiniennes occupées (par exemple, le savoir-faire accumulé sur un checkpoint peut ensuite être utilisé pour vendre un système d’entrée sécurisée dans un aéroport). Ces entreprises ne devraient pas pouvoir bénéficier de fonds européens, sous quelque forme que ce soit.

Je vous tiendrais évidemment informé des suites de cette requête.

Vous pouvez lire la lettre envoyée à la Cour des comptes en cliquant ici

 

http://www.aurdip.fr/pour-un-audit-sur-l-utilisation.html

 

 

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Published by AURDIP.org / Patrick LeHyarick (Tribune) - dans Communiqués - pétitions - appels - lettres ouvertes Revue de presse
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:37

Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (ECCP)

 

 

Une action urgente de l’UE pour la bande de Gaza est nécessaire

 

“Même avant ces épreuves actuelles, Gaza a souffert pendant une décennie d’un blocus et d’un enfermement imposés par Israël, entraînant l’effondrement de l’économie et des taux de pauvreté et de chômage montant en flèche (…). Maintenir la paralysie économique et l’isolement social de Gaza, ce sont la détresse humanitaire et un autre conflit assurés dans un avenir proche.” - Michael Lynk, Rapporteur Spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967

A l’attention de :

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères – Mme Federica Mogherini,

cc : les Ministres des Affaires Etrangères des Etats Membres de l’UE,

Nous vous écrivons avant la date de la réunion à venir du Conseil des Affaires Etrangères du 17 juillet.

Après 10 années de blocus par l’Etat d’Israël soutenu par l’Egypte, les conditions de vie de deux millions de Palestiniens emprisonnés dans la Bande de Gaza sont de l’avis général pires que jamais. La Bande de Gaza est le 3ème endroit le plus densément peuplé dans le monde avec 80 % de sa population dépendant de l’aide humanitaire et 45 % vivant au-dessous du seuil de pauvreté. La crise humanitaire à laquelle fait face aujourd’hui la population de Gaza est le résultat de décisions humaines.

Les coupures faites par Israël dans la fourniture d’électricité à la Bande de Gaza se produisent malgré les avertissements graves ces dernières semaines de la part du Comité International de la Croix-Rouge, de l’Organisation Mondiale de la Santé et des responsables de l’ONU, selon lesquels la pénurie d’électricité qui en découle entraîne une catastrophe humanitaire, étant donné que les installations indispensables de santé, d’eau et d’assainissement ne peuvent pas fonctionner. Le principal hôpital de la ville de Gaza a réduit d’un tiers ses activités chirurgicales, et à la suite du blocus, aggravé par le manque d’électricité, le territoire baigne dans les eaux usées.

Alors que nous condamnons l’attitude actuelle de l’Autorité Palestinienne, l’état d’Israël demeure toujours en fait la puissance occupante à Gaza. Lui seul a le pouvoir de mettre fin immédiatement aux souffrances et il a l’obligation de le faire selon la Quatrième Convention de Genève. Les puissances occupantes ont le devoir d’assurer la sécurité et le bien-être de la population civile dans les zones sous leur contrôle. Le blocus ininterrompu de la Bande de Gaza par Israël, une mesure qui continue à priver la population de celle-ci de nourriture, de carburant, et d’autres produits de première nécessité, constitue une forme de punition collective en violation de l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.

La position de l’UE sur le blocus est sans équivoque : l’UE demande l’ouverture immédiate, durable et inconditionnelle des points de passage pour permettre la circulation de l’aide humanitaire, des biens commerciaux et des personnes vers l’intérieur et vers l’extérieur de Gaza. L’UE estime que les changements sur le terrain qui ont suivi la décision de juin 2010 du gouvernement israélien d’atténuer l’enfermement ont été limités et insuffisants. [1]

Le Parlement Européen, après l’opération militaire israélienne contre la flottille humanitaire en 2010, a adopté une résolution sur le blocus de Gaza. Il exhorte “Israël à mettre fin immédiatement au blocus de Gaza, qui a entraîné un désastre humanitaire et qui augmente la radicalisation, qui devient un facteur d’insécurité pour Israël et pour la région dans son ensemble”. Il appelle aussi les “Haut Représentant/Vice-Présidents et les Etats membres de l’UE à prendre des mesures pour assurer l’ouverture durable de tous les points de passage vers et hors de Gaza, y compris du port de Gaza, avec un contrôle international adéquat de son utilisation, pour permettre la circulation sans entraves des biens commerciaux et à usage humanitaire nécessaires à la reconstruction et à une économie se suffisant à elle-même, ainsi que les flux de devises et le libre déplacement des personnes”.

L’ONU a, à plusieurs reprises, réaffirmé la nature “inacceptable, insupportable et contre-productive” du blocus de la Bande de Gaza. [2]

Les protestations ne suffisent plus, des exigences précises doivent être adressées par les Autorités et le Parlement Européens au gouvernement israélien, suivies de sanctions si elles ne sont pas remplies.

Par conséquent nous appelons le Conseil des Affaires Etrangères et la Haute Représentante pour les Affaires Etrangères à :

  • faire pression sur le gouvernement israélien pour couvrir tous les besoins en électricité du territoir
  • honorer tous les accords conclus antérieurement et à assurer la livraison de tous les matériaux de construction et médicaments nécessaires
  • faire pression sur les gouvernements israélien et égyptien pour mettre fin au blocus illégal de la Bande de Gaza
  • faire pression sur le gouvernement israélien pour mettre fin à la longue occupation illégale du territoire palestinien dans son ensemble.

Le silence actuel de l’Union Européenne n’est pas acceptable. Les déclarations orales ou écrites antérieures se sont révélées inefficaces. L’UE et ses états-membres doivent réellement faire pression sur Israël pour ce que plan soit mis en oeuvre. Si toutes les exigences ne sont pas exécutées par Israël, des sanctions doivent être clairement envisagées, y compris la suspension de l’Accord d’Association entre l’UE et Israël, en se fondant sur l’Article 2 de l’Accord.

Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

[1] Conclusions du Conseil sur le Processus de Paix au Moyen Orient, 3058ème réunion du Conseil des AFFAIRES ETRANGERES, Bruxelles, 13 décembre 2010

[2] http://www.un.org/News/Press/docs/2010/sgsm12805.doc.htm#sthash.WiMGburU.dpuf

 

 

http://www.france-palestine.org/Une-action-urgente-de-l-UE-pour-la-bande-de-Gaza-est-necessaire

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:18

Gaza : un rapport de l'ONU souligne la détérioration des conditions de vie ces dix dernières années

 
 
 

Une fille palestinienne dans la maison partiellement détruite de sa famille, regarde à l’extérieur le quartier détruit de Shejaiya dans la ville de Gaza. Photo: UNICEF

 

 

11 juillet 2017 – Les conditions de vie des deux millions d'habitants de la bande de Gaza se détériorent « davantage et plus vite » que prévu, alerte un nouveau rapport des Nations Unies publié mardi.

Contrôlée par le Hamas depuis 2007 dans un contexte de conflit politique intra-palestinien, la bande de gaza est de fait administrativement séparée de la Cisjordanie. Israël a cherché à isoler le Hamas en limitant les mouvements de biens et de personnes à l'intérieur et hors de l'enclave palestinienne.

Produit par l'équipe-pays des Nations Unies dans le territoire palestinien occupé, le rapport fait le point sur certains indicateurs clés identifiés par une précédente étude de l'ONU de 2012 qui prévoyait que Gaza deviendrait « inhabitable » d'ici 2020 si aucune des tendances sous-jacentes n'étaient inversées.

Intitulé 'Gaza – 10 ans après', le rapport montre que « la bande de Gaza a poursuivi sa trajectoire de « dé-développement », dans certains cas de manière plus rapide que nous ne l'avions prévu à l'origine », a déclaré le Coordinateur humanitaire et pour les activités de développement dans le territoire palestinien occupé, Robert Piper, dans un communiqué de presse.

Le manque d'approvisionnement en énergie – 90 mégawatts disponibles ces derniers jours contre les 450 mégawatts nécessaires - est le signe le plus évident et récent de la détérioration des conditions de vie à Gaza, qui s'est ajouté à toute une série de problèmes chroniques et aigus qui font depuis partie de la vie « normale » quotidienne des Gazaouis.

Selon le nouveau rapport, le produit intérieur brut réel (PIB) par habitant à Gaza a baissé et l'offre de services de santé a également continué de diminuer. L'accès aux matériaux, qui sont nécessaires pour permettre à l'économie, à l'infrastructure et aux services de base de Gaza de se remettre du conflit de 2014, reste très restreint.

Le rapport appelle Israël, l'Autorité palestinienne, le Hamas et la communauté internationale à prendre des mesures permettant des investissements plus durables pour le développement, un renforcement des secteurs productifs à Gaza, une amélioration de la liberté de circulation des personnes et des biens, ainsi que le respect des droits de l'homme et du droit humanitaire international.

« L'alternative sera une Gaza plus isolée et plus désespérée », a averti M. Piper. « La menace d'une escalade renouvelée et plus dévastatrice augmentera et les perspectives de réconciliation intra-palestinienne diminueront - et avec elles, les perspectives de paix entre Israël et la Palestine », a-t-il ajouté.

Grâce notamment à l'ampleur des services fournis par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Gaza a pu maintenir des normes d'éducation élevées. Mais la durée moyenne quotidienne des cours pour les étudiants ne dure pas plus de quatre heures.

Bien qu'une projection antérieure indiquant que l'aquifère côtier deviendrait inutilisable d'ici 2016 ait été repoussée pour la fin de l'année 2017, le rapport souligne que la seule source d'eau disponible de Gaza devrait être épuisée d'ici 2020, à moins que des mesures correctives immédiates ne soient prises.

Piégés dans cette « triste réalité », les habitants de Gaza tentent bien que mal de vivre dans des conditions qualifiées par le rapport « de plus en plus misérables ».

« L'aide humanitaire actuelle, en particulier via les services de l'UNRWA, aide à ralentir cette chute, mais cette orientation vers le bas reste évidente », a déclaré M. Piper.

Lundi, les Nations Unies et des organisations non gouvernementales -

accompagnées de neuf membres de la communauté diplomatique représentant l'Australie, le Canada, l'Union européenne, l'Allemagne, la Turquie et le Royaume-Uni - ont effectué une visite de terrain à Gaza pour voir de première main l'impact cumulatif de 10 années d'isolation et de divisions internes.

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=39812#.WWZbNIVOKRc

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:56

Aid agencies in Yemen forced to shift resources from fighting hunger to cholera – UN

 
 
 

11 July 2017 – Unless the international community contributes $200 million to address the cholera outbreak in Yemen, the United Nations humanitarian arm will be forced to “reprogram” more resources tagged for malnutrition in the country already facing famine, a senior official today said.

“This unprecedented cholera epidemic would further weaken the resources, and the resilience that people had had over the last two and a half years of this war,” Jamie McGoldrick, the Humanitarian Coordinator for Yemen, told journalists in Geneva.

There were now 313,538 suspected cases of cholera and 1,732 deaths, according to figures from the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA).

About 40 per cent of the suspected cases and a quarter of the deaths were among children younger than 15 years old, particularly the malnourished. Older adults, pregnant women and people with chronic health conditions were among the greatest risk for death.

“All of this is entirely man-made, as a result of the conflict,” Mr. McGoldrick said by phone from Amman, Jordan.

He noted that two million additional people were added to the humanitarian case load since the start of the year as a result of the cholera outbreak, the looming famine, and the economic collapse.

Humanitarians were not as far ahead as they should be in terms of the cholera response, he noted, mainly due to the fact that they did not have enough resources to expand their operations into areas where health workers were working without pay.

“The actual system is in complete collapse,” he said.

The UN has received only one-third of the $2.1 billion it sought to provide food to the millions people facing famine in Yemen; separately, a $250 million funding appeal on cholera received only $47 million.

“Agencies have had to use resources which they had programmed otherwise, for example for food security or malnutrition,” said Mr. McGoldrick.

 

UN agency considers “shelving” cholera vaccine in Yemen
Meanwhile, the UN World Health Organization (WHO) is considering not shipping vaccines tagged for Yemen.

“A vaccination way ahead of an outbreak would be useful, but that would imply a huge amount of vaccines, taking into account all the countries where cholera was endemic,” Christian Lindmeier, WHO spokesperson, told journalists.

 
 
 
 
 
 
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 10:12

Inviter Netanyahou à la commémoration du Vel d’Hiv : une faute morale et politique

 

On ne peut que se réjouir de voir le président de la République donner une certaine solennité au 75ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, par laquelle plus de 13 000 Juifs, dont 4 000 enfants, ont été arrêtés chez eux par la police française, avant d’être déportés et exterminés par les Nazis. C’est une des pages les plus sombres de notre histoire, que nous devons, non seulement commémorer, mais continuer à analyser, pour que jamais plus des crimes de cette nature ne puissent se reproduire.

Mais inviter à cette commémoration l’actuel Premier ministre du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou, est une faute morale et politique.

C’est d’abord une faute morale d’inviter à cette commémoration ce fauteur de haine (déjà en première ligne de la campagne haineuse contre Yitzhak Rabin, dans un climat qui a contribué à son assassinat en 1995), à la tête depuis 2009 d’un gouvernement d’extrême-droite, responsable de crimes de guerre tels que l’offensive de 2014 contre Gaza et la colonisation accélérée des terres palestiniennes : la place de ce personnage est sur les bancs de la Cour Pénale Internationale, pas sur le perron de l’Élysée.

Faute morale accentuée par la personnalité de Netanyahou : dans son délire anti-palestinien et anti-arabe, il a osé dire en octobre 2015 qu’Hitler n’avait pas le projet d’exterminer les Juifs, mais seulement de les expulser, provoquant le scandale jusque dans son propre camp. Et en quittant Paris, il ira rendre visite au Premier ministre hongrois Viktor Orban, son comparse d’extrême-droite, qui fait l’éloge du régent Horthy, responsable de la déportation vers les camps de concentration nazis de 500 000 Juifs de Hongrie….

Faute politique aussi, d’inviter officiellement en France le chef d’un gouvernement qui clame ouvertement son mépris du droit international, et qui a même refusé de se rendre à la conférence de Paris le 15 janvier 2017, qualifiée de « nouveau procès Dreyfus » ! À l’heure où Israël accélère la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, resserre le blocus de Gaza, bafoue le droit international en toute impunité, l’urgence est aux signaux clairs pour marquer que cette impunité doit cesser.

Faute morale et politique, enfin, car le travail de mémoire que nous devons poursuivre est celui de notre pays tout entier, au-delà de toute frontière communautaire réelle ou supposée. Les Français qui se reconnaissent comme juifs sont des Français, ils ne sont pas les représentants d’un État étranger. Lorsque Netanyahou se comporte comme le représentant des Français juifs, quand il cherche, avec ses soutiens inconditionnels en France, à les instrumentaliser au service de la politique israélienne, il agit contre la cohésion de notre pays. Et lorsque le président de la République lui donne par cette invitation l’occasion de le faire, il crée la confusion, il dénature la lutte nécessaire contre l’antisémitisme et contre le racisme sous toutes ses formes, il encourage la scandaleuse ingérence de l’État d’Israël dans les affaires de notre pays.

Partout, en France, des voix s’élèvent contre l’invitation de ce criminel, qui bafoue chaque jour le droit international, aux commémorations de la rafle du Vel d’Hiv. Le président de la République saura-t-il les entendre ? L’enjeu est de taille, il n’est pas seulement diplomatique, il concerne au premier chef notre pays dans sa cohésion et dans le regard qu’il porte sur son histoire.

Le Bureau national de l'AFPS

 

 

http://www.france-palestine.org/Inviter-Netanyahou-a-la-commemoration-du-Vel-d-Hiv-une-faute-morale-et

--
Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 09:49

Hébron, patrimoine mondial palestinien en péril : une victoire du droit

 
 

 

 

Le Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco a déclaré, vendredi 7 juillet, la vieille ville d’Hébron et le lieu saint appelé Mosquée d’Ibrahim par les Musulmans et Tombeau de Patriarches par les Juifs « patrimoine mondial palestinien » et l’a inscrit sur la liste des sites « en péril ».

La réaction d’une violence sans retenue des dirigeants israéliens montre à quel point leur lobbying s’était déployé ces derniers jours pour faire échouer cette demande de la Palestine.

Comme à leur habitude, ils ont entretenu une confusion totale entre croyances religieuses et droits nationaux. D’après eux, déclarer ce site religieux « palestinien » en ferait un site « non juif » ! La ville d’Hébron se situe bel et bien en territoire palestinien et l’UNESCO ne fait que rappeler cette évidence : Israël n’a aucune souveraineté sur ce territoire quels que soient les sites religieux qu’il héberge et quelles que soient ses propres ambitions coloniales.

Et c’est cette reconnaissance qui engendre la fureur des dirigeants israéliens : malgré 50 ans d’occupation militaire, malgré une colonisation particulièrement violente à Hébron, que ce soit au cœur de la vieille ville ou en périphérie, la communauté internationale ne leur reconnait aucun droit sur cette terre.

Quant à la notion de patrimoine en péril, aucun témoin de la situation de la vieille ville d’Hébron ne peut nier qu’elle est en danger. La violence et les exactions générées par la présence en son cœur de quelques centaines de colons fanatiques - protégés et secondés par plusieurs milliers de soldats de l’armée d’occupation - en sont la cause. Le vieil Hébron est devenu un enfer pour les Palestiniens. Des centaines de boutiques ont définitivement baissé les rideaux, si bien que le centre historique, autrefois très animé n’est plus que l’ombre de lui-même. Une partie en est même complètement bouclée par l’armée d’occupation et est transformée en ville fantôme où quelques familles palestiniennes totalement isolées persistent à vivre dans un grand dénuement et harcelées en permanence par les colons.

C’est donc avec une très grande satisfaction que nous avons appris cette décision de l’UNESCO. C’est une victoire du peuple palestinien, de la diplomatie palestinienne mais aussi du mouvement de solidarité. Elle vient en particulier couronner les efforts des municipalités de Belfort et d’Arcueil qui animent depuis 2009, avec la municipalité d’Hébron, un Comité International pour la sauvegarde de la ville d’Hébron.

N’oublions pas non plus l’action des ONG palestiniennes pour faire connaître la situation à Hébron et aider les habitants à continuer à y vivre. Ni celle de deux ONG israélienne : B’Tselem qui a fourni la première caméra à une famille vivant encerclée par des colons, pour lui permettre de montrer au monde entier ce que sont les exactions des colons d’Hébron ; et « Rompre le silence », qui a publié les témoignages d’anciens soldats de l’armée d’occupation en poste à Hébron. Ces deux ONG sont – ce n’est pas un hasard - particulièrement visées par les lois liberticides récemment votées à la Knesset.

La décision du Comité du patrimoine de l’UNESCO n’est que justice. Elle n’amènera cependant pas, à elle seule, un changement de la réalité sur le terrain. Nous devons plus que jamais rester mobilisés, et nous appuyer sur cette décision pour exiger, au côté de nos partenaires palestiniens, israéliens et français, la fin de la colonisation et de l’occupation militaire de la ville d’Hébron, désormais classée comme patrimoine palestinien et toujours en péril.

Le Bureau national

 

http://www.france-palestine.org/Hebron-patrimoine-mondial-palestinien-en-peril-une-victoire-du-droit

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 10:27

75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv : "La commémoration doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message "

 
 

 

L'Elysée a confirmé la venue, le 16 juillet prochain, du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv par la police française du régime de Vichy. Ce n'est pas faire honneur aux 13 152 juifs, parmi lesquels plus de 4 000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand dont la « solution finale » était une des pierres angulaires de son idéologie dévastatrice.
 

La commémoration de la Rafle du Vél d'Hiv se doit de porter un message fort de paix, de lutte déterminée contre l'antisémitisme, contre toutes les formes de racisme et de haine dont étaient porteurs le régime nazi et ses collaborateurs français.

Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message. Nul n'a oublié qu'en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu'au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu' « Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs ».

Le premier ministre israélien dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret pour personne est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d'un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens. Il n'est pas le bienvenu à ces cérémonies qui doivent rassembler notre pays tout entier dans l'hommage aux martyrs du Vél d'Hiv, aux 42 000 juifs de notre pays et 6 millions de morts de la Shoah exterminés méthodiquement par les Nazis et les régimes, comme celui de Vichy, qui en furent les complices.

Le Parti communiste français réprouve l'invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron et récuse toute instrumentalisation de ce douloureux 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv.

Le combat contre le révisionnisme historique est un combat quotidien qui appelle à la plus grande vigilance et qui n'autorise aucun petit calcul politicien.

 

http://www.pcf.fr/101203

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 10:49

Dans l’effrayant silence des « démocraties », des milliers de prisonniers politiques

 
 
 
vendredi 7 juillet 2017 par Michèle Sibony

Michèle Sibony - juin 2017

Le 4 juin dernier, quelques jours après la fin de la grève de la faim de 40 jours conduite par 1500 prisonniers, au théâtre arabe-juif de la Saraya Saraya [1] de Jaffa était organisée une soirée sur les prisonniers politiques palestiniens, par des militants de Balad/tajamo le parti du front démocratique national membre de la liste arabe unie. Présentée par Orly Noï la soirée montrait des extraits d’un court-métrage intitulé « les cahiers des prisonniers » une quinzaine d’extraits environ où des lecteurs lisaient des lettres de prisonniers, alternant avec des interventions sur ce qui constitue a rappelé Orly Noï dans son introduction, avec 800 000 palestiniens passés par les prisons israéliennes depuis la création de l’État, et 6500 aujourd’hui, hommes femmes et enfants, non seulement un problème politique, mais aussi un véritable problème social.

Elle a aussi signalé les pressions exercées contre l’événement, et le fait que la pièce de théâtre « prisonniers de l’occupation » de Einat Weitzman qui était sélectionnée au festival de théâtre de Akko venait d’être déprogrammée sur pression du ministère de la culture. Effectivement en arrivant sur les lieux, on pouvait voir plusieurs voitures de police en amont et aval du petit théâtre et des policiers postés en surveillance.

Orly Noï commence donc par rendre hommage au courageux théâtre qui recevait juste avant Ishaï Menuhin de Yesh Gvul pour la sortie de son livre sur les 50 ans de l’occupation. Salle comble, et gens debout. Mais la plupart se connaissent, militants de la première heure et de toutes les manifestations.

Dès la lecture de la première lettre on est pris à la gorge, par ce que le prisonnier décrit à son épouse, son arrivée dans un cube de béton de 2m sur 1 sans fenêtre ni toilettes ni eau. Il est emmené une fois par jour aux wc et faire sa toilette, le reste du temps il dispose de bouteilles en plastique pour uriner. Il raconte son envie de pleurer, les larmes qui montent et qu’il refoule. Parce que dit-il, les larmes sont un acte social qui nécessite quelqu’un pour les recevoir. Mais qu’en faire dans cette solitude.

Noam Rotem [2] intervient ensuite pour évoquer l’histoire, les luttes de prisonniers célèbres, Bobby Sand, Mandela Ghandi il donne les années de prisons pour chacun d’eux : impossible de dissocier les prisonniers des guerres de libération de terroristes emprisonnés ils sont devenus les héros de la libération. Il conclut par la nécessité d’un appel à la libération de tous les prisonniers politiques.

Et puis la lecture des lettres se poursuit, la description des visites où la famille directe uniquement peut être reçue deux fois par mois, réduites à une fois d’où la grève récente, à travers une vitre on se parle au téléphone, un enfant qui pleure et refuse d’entrer. Les familles qui font parfois un très long voyage, se lèvent à 3h du matin quand elles ont l’argent nécessaire pour prendre le bus qui les déposera des heures plus tard devant la prison. Elles attendent des heures parfois toute la journée sans être certaines de pouvoir entrer. Aucun aménagement extérieur, ni abri contre la chaleur dévorante ou la pluie battante, ni banc ni toilettes, pas d’eau, rien. Une fois il faisait si froid qu’elles ont allumé un feu pour se réchauffer.

L’un évoque la sinistre Posta, la voiture qui sert à déplacer les prisonniers, lors des transferts changement de prison, tribunal ou hôpital. À l’intérieur la posta est cloisonnée en cellules métalliques individuelles, où le prisonnier est assis des heures, pieds et poings liés, sans pouvoir bouger par une chaleur extrême, pas d’accès possible aux toilettes. 3 ou 4 h avant que la Posta ne démarre, pareil à l’arrivée. La Posta est vécue comme une torture de plus. Parfois les prisonniers refusent le déplacement à l’hôpital par crainte d’affronter l’épreuve.

Un autre encore, depuis 20 ans en prison évoque le temps parallèle dans lequel sa vie s’écoule : je suis emprisonné depuis avant la chute du mur de Berlin, avant les téléphones portables, avant les guerres du golfe, avant les deux Intifada.

Et puis Sana Salamé l’épouse de Walid Bak’a emprisonné depuis 35 ans prend la parole.
Elle parle de ceux des prisonniers qui ne viennent pas des territoires occupés ou de Gaza, et qui sont considérés comme des israéliens, donc n’ont bénéficié d’aucune des négociations et aucun des acquis des prisonniers ne leur est octroyé. Pas d’échange de prisonniers pour eux, mais aucun des droits accordés aux prisonniers juifs non plus. Il y a des années de cela son mari et elle avaient demandé le droit à l’union pour pouvoir avoir un enfant, on leur avait alors proposé une fécondation in vitro. Ils avaient refusé pensant qu’ils gagneraient la bataille avec le temps. Des années plus tard ils ont accepté mais trop tard, cela a été refusé. (Ygal Amir l’assassin de Itzkhak Rabin a bénéficié, lui, de l’union et fondé une famille en prison) .

Elle lit une lettre de Walid écrite à ses 31 ans de prison, il avait alors 56 ans, « à un enfant qui n’est pas né » qu’est ce qui est plus fou interroge-t-il ? Écrire à un enfant qui n’est pas né ? Mon enfant qui n’est pas né, tu as un dossier à la sécurité..

Basel Ghattas député de Balad -Tajamo, qui a démissionné après son arrestation pour avoir remis des téléphones portables à des prisonniers lors d’une visite à la prison de Kztiot dans le Negev, a négocié selon la règle en usage ici du plea bargain, en échange de sa reconnaissance des faits sa condamnation à 2 ans de prison ferme au lieu des dix qu’ils risquait. Une peine qu’il effectuera dès le 2 juillet prochain.

Très ému il explique que même la gauche antisioniste ne peut vraiment appréhender ou concevoir l’infinie cruauté de ce rapport de l’être humain seul confronté à une administration pénitentiaire toute puissante et qui l’écrase. Il évoque des situations de prisonniers rencontrées pendant son mandat électif. Un prisonnier de 27 ans, à qui le seul droit de visite accordé était pour sa sœur. Il a aussi une sœur adoptive, la visite a été refusée pendant des mois, avant d’être accordée suite aux interventions des députés. Ces derniers rappelle -t-il ne peuvent avoir à faire qu’aux prisonniers citoyens d’Israël.

Il raconte cette femme âgée qui obtient enfin le droit de visite pour son fils, effectue un trajet incroyablement long, et à l’arrivée elle n’est pas sur les listes et doit repartir. Un prisonnier diabétique et qui a subi plusieurs opérations du cœur. Les médecins ont recommandé qu’il porte une certaine marque de chaussures de sport. Mais la « cantina » le magasin (le seul) où les prisonniers peuvent acheter avec la cagnotte que leur verse l’autorité palestinienne (400 shekels par mois = 100 euros) n’a pas ces chaussures, huit ans de lutte pour obtenir qu’il puisse les avoir. C’est une véritable violence de l’appareil d’occupation exercée contre l’individu qui lui est livré martèle Basel.

Il raconte un dialogue récent avec Walid Dak’a au téléphone : « c’est un jour exceptionnel sais-tu pourquoi ? » lui dit-il. C’était le lendemain de l’élection de Trump aux États-Unis, il suggère donc : Trump ? Walid rigole doucement, j’étais sûr que tu allais dire çà, non, c’est un jour exceptionnel parce que pour la première fois, en trente ans j’ai pu voir la lune dans le ciel.

De sa rencontre récente avec Marwan Barghouti il rapporte : la requête centrale, majeure, la principale, la plus importante dans la dernière grève, c’est le téléphone. Le comité de grève a proposé un téléphone public installé dans la prison, un seul numéro possible par prisonnier, et ils peuvent enregistrer la conversation. Une requête a déjà été effectuée il y a trois ans auprès des autorités avec Jamal Zahalka. Les sécuritaires comme les droits communs juifs ont tous accès au téléphone.

Basel remercie Einat pour avoir ramené les familles de prisonniers sous la lumière, toute leur vie tourne autour du prisonnier, 1x par 15 jours, 45 mn c’est le rythme de la visite accordée à la famille du premier degré. On sort à minuit en bus dans le nord, et on atteint la prison de Ramon au cœur du Negev à 6h du matin. Il y a des mères qui ne peuvent même pas se payer le billet et rendre visite à leur fils.

Toutes les visites effectuées par les députés palestiniens d’Israël, rappelle-t-il, ne concernent que les prisonniers de 48. Ils auraient pu tous être libérés par les accords d’Oslo en 96, mais pas eux, cela a été refusé parce qu’ils étaient citoyens d’Israël.

On vous a parlé de la Posta, mais la posta c’est le paradis à côté de ce qui s’appelle en hébreu le maavar, passage, équivalant du dépôt français, où les détenus lors de déplacements doivent parfois passer la nuit voire plusieurs nuits par exemple : un détenu part mercredi de Ramon pour une visite le jeudi à l’hôpital Soroka à Beersheba, donc une nuit au maavar, et après la visite il repasse au dépôt mais c’est l’entrée du week end et, il devra y attendre le dimanche matin pour reprendre la posta. L’état d’insalubrité effroyable des est tel que les prisonniers le craignent comme la pire des torture. Et parfois ils en arrivent aussi à refuser les déplacements pour des soins pour l’éviter.

Pourquoi j’ai fait entrer des téléphones en prison ? Dit-il soudain plus grave, parce que c’est moi, c’est mon caractère. Le poète arabe dit que chacun connaît les chemins du courage et de la générosité du cœur, mais les chemins du caractère... Je ne regrette pas de l’avoir fait.

En sortant de cette rencontre, avec quelques Palestiniens de jaffa et quelques juifs amis, nous traversons l’ancien cœur de la ville. La Saraya se trouve dans la vieille ville de Jaffa littéralement momifiée, coquille de pierres sans vie, quelques boutiques pour touristes, très tôt après la naqba les anciennes maisons arabes ont été cédées à des artistes israéliens... des musées nos amis hésitent et se perdent, une femme interroge en montrant les maisons de pierre aux volets clos, mais il y a des gens qui habitent là ? Étrangers dans leur ville, je demande quelle part de la population de la ville constituent les Palestiniens : 20%.

La plupart des choses obtenues notamment sur le droit de visite étaient le rétablissement de la situation antérieure qui avait été réduite par souci punitif. Les prisonniers et leur traitement ne sont que le reflet de l’attitude globale d’Israël vis à vis des Palestiniens. Le terme prisonnier de sécurité adopté ici dans le langage, adhère totalement à la thèse sécuritaire de l’état, lors que c’est le terme de prisonniers politiques qui devrait s’ imposer.

Dans l’emballement actuel qui considère tout palestinien comme un danger intérieur menaçant la sécurité de l’état, il est nécessaire de qualifier correctement les personnes.
On perçoit aussi le sens dans le contexte global du tout sécuritaire de la désignation systématique d’Israël comme une démocratie. Traduire : si une démocratie peut faire tout cela, alors nous aussi la mère des démocraties pouvons le faire, et d’ailleurs nous le faisons.

Quelques mots dérisoires donc, pour dire le dégoût qu’inspire l’information-désinformation dont bénéficient les masses. Pour dire l’infinie solitude dans laquelle chaque prisonnier-e de 13 à 99 ans doit affronter la machine pénitentiaire à broyer le Palestinien, qu’elle n’a réussi ni à expulser ni à tuer. Pour rappeler que les prisonniers sont les résistants de l’occupation, quelles que soient les charges, de la lutte armée, au simple fait d’aller à l’école, au travail, ou d’être juste un passant, tous sont coupables d’exister et d’être là, sur leur terre - Comment pourraient-ils l’appeler autrement ?- Ceux qui sont en prison constituent de fait la première ligne du front de la résistance à l’occupation et ses violences multiformes. Ils méritent une solidarité internationale active, qui amplifie leur voix étouffées par les barreaux des prisons israéliennes, mais aussi par la plupart de nos médias.

[1signifie château en turc, c’était le premier bâtiment du gouvernorat civil ottoman de Jaffa

[2Noam Rotem est un militant israélien,cadre high tech , et blogueur dans le journal en ligne Local Call, ses articles sont traduits en anglais sur le site 972

 

Michèle Sibony

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