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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 02:42

La conférence de Paris sur le processus de paix israélo-palestinien aura lieu au début de juin

LE MONDE | 17.05.2016 à 10h20 • Mis à jour le 17.05.2016 à 14h05

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Le Quai d’Orsay a fait savoir, mardi 17 mai, que la conférence internationale prévue le 30 mai à Paris pour tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien « aura bien lieu à une date rapprochée. Une nouvelle date, début juin, devrait être prochainement fixée ».

Plus tôt dans la journée, François Hollande avait annoncé que cette conférence était reportée à l’été, dénonçant une résolution « fâcheuse » de l’Unesco, qui avait braqué Israël.

Le secrétaire d’Etat américain « John Kerry ne peut pas venir le 30 mai, donc elle est retardée.

Elle aura lieu dans l’été », avait-il dit sur Europe 1, ajoutant :

Cette réunion doit rassembler une vingtaine de pays, plus l’UE et l’ONU, mais ni les Israéliens ni les Palestiniens n’y assisteront. Elle doit permettre de préparer, en cas de succès, un deuxième sommet international, prévu au deuxième semestre 2016, en présence cette fois des dirigeants israélien et palestinien. « Nous allons créer avec l’ensemble des acteurs, les grands pays et les pays voisins, les paramètres qui permettront qu’Israéliens et Palestiniens se retrouvent à la table des négociations », a expliqué François Hollande.

Un vote « fâcheux » sur les lieux saints

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s’est toutefois heurté dimanche à Jérusalem à de vives objections sur cette initiative de la part du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a mis en doute l’« impartialité » française en brandissant un récent vote de la France à l’Unesco.
A l’initiative de plusieurs pays arabes, le conseil exécutif de l’Unesco a adopté à la mi-avril, avec la voix de la France, une décision sur la « Palestine occupée » visant à « sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est ». Benyamin Nétanyahou a condamné un texte « absurde », qui « ignore le lien historique unique entre le judaïsme et le mont du Temple ».
François Hollande a déploré mardi le vote « fâcheux » par la France de cette résolution controversée et a annoncé qu’il veillerait « personnellement » à sa reformulation en octobre. « Il n’est pas possible que les lieux saints puissent être mis en cause ou en doute quant à l’appartenance aux trois religions », a-t-il dit.

Un projet de résolution envisagé par les Palestiniens

Un porte-parole du Hamas dans la bande de Gaza, Sami Abou Zouhri, a réagi sur Twitter, où il écrit que le report de la conférence de Paris est « une preuve supplémentaire de l’inanité du choix du règlement [avec les Israéliens] et de l’échec du projet » du président palestinien, Mahmoud Abbas.
Les Palestiniens envisagent de soumettre au Conseil de sécurité un projet de résolution dénonçant les implantations israéliennes en Cisjordanie. De précédentes tentatives en ce sens s’étaient heurtées à un veto de Washington. Les Etats-Unis ont refusé de dire quelle serait cette fois leur position, mais ils n’ont rien exclu.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/05/17/la-conference-de-paris-sur-le-proche-orient-reportee-a-l-ete_4920637_3218.html#j7iUwSCXk7qyADBZ.99

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 02:40

Faut-il boycotter Israël ?

Face aux obstructions au processus de paix et au mépris du droit, la campagne BDS apparaît comme une alternative à la violence, une arme pacifique.
C’est peu dire que le conflit israélo-palestinien agit comme un poison dans nos sociétés. Par sa durée, par sa portée symbolique dans le monde arabe, par la mauvaise foi des Occidentaux, par le recours systématique à la force de ceux qui en disposent, par le mépris du droit, ce conflit engendre toutes les exaspérations. Quiconque est sincèrement désireux d’apaiser les tensions du monde devrait donc rechercher une solution qui donne droit aux Palestiniens à un État souverain, dans les frontières de 1967.
Depuis le plan « Rogers », en 1969, jusqu’à la timide tentative du secrétaire d’État américain, John Kerry, en avril 2014, en passant par les accords d’Oslo torpillés cyniquement par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, combien de plans ont échoué ? Ils ont échoué parce que la décolonisation des territoires palestiniens n’a jamais été posée – sauf par les Palestiniens eux-mêmes – comme une condition incontournable à la résolution du conflit, et parce que ni les États-Unis ni les Européens n’ont voulu exercer la moindre pression sur Israël. Dernier exemple : le rejet, le 4 mai, par Netanyahou du plan de paix initié par la France.
Torpillé avant même sa première phase, prévue pour le 30 mai.
Que reste-t-il dans ces conditions ? La violence ? Les coups de couteau de jeunes gens désespérés ? La montée, du côté palestinien, d’un extrémisme qui fera bientôt passer le Hamas pour une organisation modérée ?
Face à cette obstruction, la campagne lancée en 2005 par des ONG palestiniennes pour le boycott des produits israéliens, le désinvestissement des firmes internationales et des sanctions économiques (BDS) est sans aucun doute l’arme ultime. Une arme pacifique. Ce qui n’est pas rien dans cette région du monde.
Que ceux qui, en France, tentent de l’interdire, disent ce qu’ils proposent de mieux !

http://www.politis.fr/articles/2016/05/faut-il-boycotter-israel-34701/

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 02:38

A Gaza sans cinéma, un tapis rouge pour de rares projections

Festival du film à Gaza, le 12 mai 2016 ((c) Afp)

Publié le 15 mai 2016 à 11h12

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) - Lorsqu'il était jeune, Abou Raëd, 50 ans, allait "tous les week-ends, en famille, au cinéma Nasr de Gaza". Aujourd'hui, cette salle a disparu, comme les autres cinémas de l'enclave palestinienne, laissés à l'abandon ou partis en fumée.

Les dix salles en fonctionnement dans la bande de Gaza ont été fermées en 1987 quand a éclaté la première Intifada. La moitié a rouvert en 1995 quand l'Autorité palestinienne s'est installée dans l'enclave mais des jets de grenades incendiaires par des islamistes radicaux ont entraîné leur fermeture.

Finies les sorties en famille pour voir la dernière romance égyptienne ou les super-productions musicales de Bollywood qui inondent le monde arabe depuis des décennies. A chaque tentative, les autorités, tenues depuis près de dix ans par le mouvement islamiste Hamas, ont refusé les réouvertures.

Du coup, les enfants d'Abou Raëd, professeur d'histoire dans l'une des nombreuses écoles de l'ONU, n'ont jamais vu un grand écran.

Pour eux comme pour le 1,9 million de Gazaouis, la seule option pour visionner des films est de se rabattre sur YouTube, dernière fenêtre sur le monde dans le petit territoire coincé entre l'Egypte, la Méditerranée et Israël, sous blocus israélien depuis 10 ans et tenu d'une main de fer par le Hamas.

- 'Petite touche gazaouie' -

Télévisions, tablettes ou même téléphones portables, la taille des écrans à Gaza s'est sensiblement réduite. Mais, explique Souhad, la vingtaine, "on n'a pas d'autre choix".

Avec son mari Saher, elle a vu un film sur grand écran, un événement rare à Gaza pour lequel les organisateurs ont déroulé un long tapis rouge dans la ville. Le temps d'un festival - 12 films et documentaires et sept films d'animation sur cinq jours -, les Palestiniens vivent "Cannes avec une petite touche gazaouie", se réjouit Hadaya, étudiante de 19 ans qui se pavane sur le tapis rouge avec ses amies.

Une fois le film lancé, plus d'un millier de paires d'yeux se tournent vers l'écran. Le public réagit et commente - parfois bruyamment - chaque rebondissement du film, un biopic sur l'enfant du pays Mohammed Assaf, jeune chanteur sorti de son camp de réfugiés pour gagner l'émission de télé-crochet Arab Idol au Liban.

Saher se réjouit d'avoir profité de "l'opportunité de voir enfin un film ailleurs qu'à la maison". "Mais le son et l'éclairage, ça n'allait pas, et il y avait beaucoup de bruit dans la salle" aménagée en cinéma pour l'occasion, déplore-t-il.

Pour Khalil al-Mozian, réalisateur et directeur du festival placé sous le slogan "On a besoin de respirer", on est encore loin d'une vraie séance de cinéma et de la sensation d'évasion qu'il voudrait offrir à ses compatriotes.

- Lumière allumée -

Pendant toute la durée du film, la lumière a dû rester allumée "pour éviter tout problème alors qu'hommes et femmes sont mélangés", expliquent des employés, qui préfèrent rester anonymes.

La mixité a également empêché le festival d'organiser des projections en plein air, poursuit M. Mozian. Il y avait l'espace pour accueillir les écrans et les plus de 10.000 festivaliers mais le ministère de la Culture à Gaza a refusé.

Lors de l'ouverture du festival, Khalil al-Mozian a lancé au public: "J'aurais voulu tenir ce festival en plein air ou au cinéma Nasr", aujourd'hui un bâtiment laissé à l'abandon, dont les murs blancs s'encrassent lentement et dont ne subsiste que le nom inscrit en lettres capitales latines bleues.

Et d'ajouter: "Dix ans qu'on est sous blocus, ça suffit, on a besoin de respirer. Hamas, on est fatigués, on veut un peu de liberté" à Gaza, ravagée depuis 2008 par trois guerres et noyée dans le marasme économique et politique.

Dans le centre de Gaza, des vestiges témoignent encore de "la belle époque" qu'a connue Abou Raëd: le cinéma Samer, le plus vieux de la ville ouvert en 1944, finit de s'effondrer doucement. Houria, le grand cinéma du sud de la bande de Gaza, à Khan Younès, a été remplacé par un centre du livre islamique.

N'en déplaise "aux esprits réactionnaires", il faut rouvrir les cinémas, martèle Abou Raëd. Car, au-delà du plaisir des spectateurs, "produire des films, c'est aussi faire connaître la cause palestinienne".

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160515.AFP5265/a-gaza-sans-cinema-un-tapis-rouge-pour-de-rares-projections.html

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 02:40

Quand Israël brise l’enfance des Palestiniens

droits de l'homme

Pierre Barbancey

Vendredi, 13 Mai, 2016

L'Humanité

rapport_enfances_brisees.png

Un rapport publié par plusieurs organisations de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine montre comment l’armée d’occupation viole toutes les lois.
Accolés, les deux mots sont terribles ! « Enfances brisées ». Le titre d’un rapport sous-titré : « Les mineurs palestiniens dans le viseur de la répression israélienne » (1) et cosigné par l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), l’AFPS (Association France Palestine Solidarité), la Ligue des droits de l’homme, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et Yes Theater, avec le soutien d’Addameer, de Defense for children international-Palestine et de la Voix de l’enfant. Celles-ci recensent les multiples violations des droits de l’homme dont sont victimes les mineurs palestiniens aux mains des forces armées et de police israéliennes. Entre torture et mauvais traitements, simulacre de justice et impunité des forces de l’ordre, les associations dressent un bilan désastreux de la détention des enfants palestiniens.
Gifles, coups de pied, insultes, agressions sexuelles...
Les violences et les traumatismes qu’ils subissent ne se limitent pas à la période de l’arrestation. Elles dureront jusqu’à leur sortie de prison. Pendant les heures de transfert vers les centres d’interrogatoire, les enfants sont violentés, menacés, humiliés. Ils peuvent parfois être forcés de rester immobiles pendant des heures, sous la pluie, dans le froid ou sous le soleil, sans eau, sans nourriture, ni accès aux toilettes. Près de 70 % sont soumis à une fouille à nu après leur arrestation. Les mauvais traitements se poursuivent ainsi pendant les interrogatoires. Gifles, coups de pied, insultes, menaces de torture, d’agression sexuelle sont monnaie courante. Plus d’un dixième des mineurs arrêtés sont maintenus à l’isolement pendant une durée moyenne de treize jours. Le plus souvent, ils ne peuvent rencontrer ni leurs parents ni un avocat. Les militaires israéliens ont un double objectif : obtenir des aveux et dissuader leurs familles de toute action.
Les témoignages publiés glacent le sang. Comme celui de Tayeb, du camp de réfugiés d’Al Fawar, arrêté alors qu’il n’avait que 14 ans. Il raconte ainsi l’intrusion de la soldatesque qui tambourine à la porte : « J’ai ouvert la porte. J’ai vu le soldat en face de moi. Il m’a demandé : “Tu es Tayeb ?” Je lui ai dit oui, il m’a attrapé, tordu les mains et tabassé contre la porte. Nous nous sommes dirigés vers la porte qui donne sur la rue, mon voisin a jeté un objet sur le soldat, ce qui l’a mis de mauvaise humeur, et il a commencé à me frapper, il m’a frappé au visage, très fort. »
Tayeb n’est pas une exception. Il fait partie des 500 à 700 mineurs palestiniens qui, chaque année depuis 2000, passent dans les prisons militaires israéliennes. Fin février 2016, plus de 440 mineurs – dont 104 âgés de 12 à 15 ans – étaient ainsi emprisonnés, sans compter les nombreux autres arrêtés et relâchés après un interrogatoire violent. Il faut dire que leurs crimes sont graves. La majorité est accusée d’avoir jeté des pierres, un crime passible de vingt ans d’emprisonnement depuis le vote récent d’une loi.
Les autorités israéliennes ont renoué avec la détention administrative de mineurs palestiniens, après avoir suspendu cette pratique pendant quatre ans. Depuis, au moins 10 mineurs ont été détenus sous ce régime qui peut se renouveler indéfiniment tous les six mois, sans aucune charge. Et les auteurs du rapport de conclure : « La société palestinienne dans son ensemble est déstructurée par le sort que les autorités israéliennes réservent à ses enfants. La recrudescence des arrestations et détentions de mineurs rend chaque jour plus improbable la reprise du processus de paix. »

http://www.humanite.fr/quand-israel-brise-lenfance-des-palestiniens-607068

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 02:39

Israel 'seizes Palestinian family's land by secretly altering documents'

The government has handed the land to Amana, a Zionist organisation that its own fraud squad has just found guilty of forgery and deception
The Israeli government has been accused of seizing land belonging to a Palestinian family and handing it over to be used for the new headquarters of a radical Zionist organisation.
According to an investigation by Israeli news source Haaretz, the land has been given to Amana, an NGO which builds illegal settlements and outposts in the occupied West Bank.
The group was formed as an offshoot of the messianic Zionist movement Gush Emunim, and is run by Ze'ev Hever, a convicted terrorist.
The Israeli government has helped Amana set up new headquarters on the land, Haaretz reported, without informing the Abu Ta'ah family that their land was being expropriated.
Officials have been accused of redrawing existing property maps and hiding vital documents from the property's owners.
Speaking to Haaretz, head of the family Abu Ta'ah said: “We knew all my life that we had this land. When my mother was supposed to receive her National Insurance Institute stipend, they told her she would not receive it because we have land.
“Why is it forbidden for us to build while they are permitted? They are not the owners and I am. There’s no justice.”
In 2005, Amana handed over 913,000 shekels (£168,000) to the Israeli government for the use of a large swathe of East Jerusalem land which the state had first expropriated in 1968.
But in 2009 an additional 3000m² of land, which the Ta'ah family says belonged to them, was reportedly secretly added to the construction plans.
Development of new Amana headquarters has since begun on the site, protected by Israeli police. A petition by the family has been rejected by the Jerusalem District Court
In an investigation earlier this year, the Israeli government's own fraud squad found that 14 out of 15 transactions carried out by a subsidiary of Amana were fraudulent.
Amana-owned company Al-Watan forged documents and staged handovers of cash to stooges posing as Palestinian land-owners, to make it appear that they were legitimately purchasing land rather than forcibly seizing it.
Under a law originally introduced by the British administration in 1943, the Israeli government is entitled to expropriate any private property for governmental or 'public' purposes, often without compensation. In practice, the power is used to seize land belonging to Palestinians and build homes for Israelis.

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/israel-seizes-palestinian-familys-land-by-secretly-altering-documents-a7019871.html

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 02:38

A Gaza sans cinéma, un tapis rouge pour de rares projections

Festival du film à Gaza, le 12 mai 2016 ((c) Afp)

Publié le 15 mai 2016 à 11h12

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) - Lorsqu'il était jeune, Abou Raëd, 50 ans, allait "tous les week-ends, en famille, au cinéma Nasr de Gaza". Aujourd'hui, cette salle a disparu, comme les autres cinémas de l'enclave palestinienne, laissés à l'abandon ou partis en fumée.
Les dix salles en fonctionnement dans la bande de Gaza ont été fermées en 1987 quand a éclaté la première Intifada. La moitié a rouvert en 1995 quand l'Autorité palestinienne s'est installée dans l'enclave mais des jets de grenades incendiaires par des islamistes radicaux ont entraîné leur fermeture.
Finies les sorties en famille pour voir la dernière romance égyptienne ou les super-productions musicales de Bollywood qui inondent le monde arabe depuis des décennies. A chaque tentative, les autorités, tenues depuis près de dix ans par le mouvement islamiste Hamas, ont refusé les réouvertures.
Du coup, les enfants d'Abou Raëd, professeur d'histoire dans l'une des nombreuses écoles de l'ONU, n'ont jamais vu un grand écran.
Pour eux comme pour le 1,9 million de Gazaouis, la seule option pour visionner des films est de se rabattre sur YouTube, dernière fenêtre sur le monde dans le petit territoire coincé entre l'Egypte, la Méditerranée et Israël, sous blocus israélien depuis 10 ans et tenu d'une main de fer par le Hamas.
- 'Petite touche gazaouie' -
Télévisions, tablettes ou même téléphones portables, la taille des écrans à Gaza s'est sensiblement réduite. Mais, explique Souhad, la vingtaine, "on n'a pas d'autre choix".
Avec son mari Saher, elle a vu un film sur grand écran, un événement rare à Gaza pour lequel les organisateurs ont déroulé un long tapis rouge dans la ville. Le temps d'un festival - 12 films et documentaires et sept films d'animation sur cinq jours -, les Palestiniens vivent "Cannes avec une petite touche gazaouie", se réjouit Hadaya, étudiante de 19 ans qui se pavane sur le tapis rouge avec ses amies.
Une fois le film lancé, plus d'un millier de paires d'yeux se tournent vers l'écran. Le public réagit et commente - parfois bruyamment - chaque rebondissement du film, un biopic sur l'enfant du pays Mohammed Assaf, jeune chanteur sorti de son camp de réfugiés pour gagner l'émission de télé-crochet Arab Idol au Liban.
Saher se réjouit d'avoir profité de "l'opportunité de voir enfin un film ailleurs qu'à la maison". "Mais le son et l'éclairage, ça n'allait pas, et il y avait beaucoup de bruit dans la salle" aménagée en cinéma pour l'occasion, déplore-t-il.
Pour Khalil al-Mozian, réalisateur et directeur du festival placé sous le slogan "On a besoin de respirer", on est encore loin d'une vraie séance de cinéma et de la sensation d'évasion qu'il voudrait offrir à ses compatriotes.
- Lumière allumée -
Pendant toute la durée du film, la lumière a dû rester allumée "pour éviter tout problème alors qu'hommes et femmes sont mélangés", expliquent des employés, qui préfèrent rester anonymes.
La mixité a également empêché le festival d'organiser des projections en plein air, poursuit M. Mozian. Il y avait l'espace pour accueillir les écrans et les plus de 10.000 festivaliers mais le ministère de la Culture à Gaza a refusé.
Lors de l'ouverture du festival, Khalil al-Mozian a lancé au public: "J'aurais voulu tenir ce festival en plein air ou au cinéma Nasr", aujourd'hui un bâtiment laissé à l'abandon, dont les murs blancs s'encrassent lentement et dont ne subsiste que le nom inscrit en lettres capitales latines bleues.
Et d'ajouter: "Dix ans qu'on est sous blocus, ça suffit, on a besoin de respirer. Hamas, on est fatigués, on veut un peu de liberté" à Gaza, ravagée depuis 2008 par trois guerres et noyée dans le marasme économique et politique.
Dans le centre de Gaza, des vestiges témoignent encore de "la belle époque" qu'a connue Abou Raëd: le cinéma Samer, le plus vieux de la ville ouvert en 1944, finit de s'effondrer doucement. Houria, le grand cinéma du sud de la bande de Gaza, à Khan Younès, a été remplacé par un centre du livre islamique.
N'en déplaise "aux esprits réactionnaires", il faut rouvrir les cinémas, martèle Abou Raëd. Car, au-delà du plaisir des spectateurs, "produire des films, c'est aussi faire connaître la cause palestinienne".

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160515.AFP5265/a-gaza-sans-cinema-un-tapis-rouge-pour-de-rares-projections.html

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 02:39

Finally, Israel and Palestine is a US election issue. The ‘last taboo’ is not broken, but it’s splintering

An America which can stomach the anger of its Arab allies is in no mood to suffer the humiliations of Israel either
Edward Said, 13 years dead but intellectually un-buriable, used to say that there was only one “last taboo” in the United States. You could talk about blacks, gays – pretty much anything you wanted – the Palestinian scholar, linguist, historian and musician would tell us. But you can’t talk about America and Israel. Not, at least, in any critical sense.
But here we are in an American election year and Bernie Sanders is calling for a more “even-handed” approach to the Palestinians; Vice President Joe Biden has expressed his “overwhelming frustration” with Benjamin Netanyahu; even Hillary Clinton – who, of course, is going to be the next US President – has managed (just) to refer to “damaging actions” by Israel, “including with respect to settlements”.
Not exactly earth-shattering stuff, and they’ve all uttered the usual prayers. America is committed to Israel’s security which is “non-negotiable” (Clinton) and the US is Israel’s “only absolute friend” (Biden). The future President Clinton picked up 56 rounds of applause when she addressed Aipac, Israel’s most powerful lobbyists, in New York last month – that’s 18 more rounds than Netanyahu got when he addressed Congress a year ago, but he also received 23 standing ovations from the would-be Knesset members who represent American voters.
Let’s not get romantic. La Clinton even offered “a new 10-year defence memorandum of understanding” with Israel to Aipac, made the usual references to “Palestinian terrorists” and “Iran’s continued aggression”, and repeated the mantra that “Israel and America are seen as a light unto the nations” – albeit not, perhaps, unto the Palestinian ‘nation’.
“I would vigorously oppose any attempt by outside parties,” she announced, “to impose a solution, including by the UN Security Council”. In other words, goodbye to UN Security Council Resolution 242 – Israeli withdrawal from territories occupied in 1967 – which was supposed to be the foundation stone of the whole wretched peace process.
Yet the shift in emphasis is clearly there. Sanders is Jewish – his father was an immigrant from eastern Europe – and most of his family died in the Nazi Holocaust. You might expect he would try to outgun Hillary in her support for Israel. Yet he accused her of devoting “only one sentence... that even mentioned the Palestinian people” in her Aipac hug-in, only “one line on the Palestinian people”.
This was not strictly accurate, although a close reading of La Clinton’s text shows that her references to Palestinians were more in the form of an appendage to Israeli security than a denunciation of Palestinian “suffering” – a word that Sanders has actually used about the occupied Arabs of Palestine.
Bernie believes “Israel must have the right to exist in peace and security, just as the Palestinians must have the right to a homeland in which they and they alone control their political system and their economy”. To that extent, it’s the usual stuff: no mention of Palestinian security – that will be left to Israel – but they can do what they like inside their pathetic little “homeland”.
Where Bernie has stuck out, however, is in his condemnation of Israel’s “targeted killings” (or, political murders), “further Israeli settlements on Palestinian land” (or, colonies) and “the destruction of Palestinian homes...,” Israel’s attacks on Palestinians have been “reprehensible”, he says.
He may not have called a spade a spade, but he got it right. He was the first US senator to refuse to attend Netanyahu’s speech to the joint session of Congress last year, saying that the Israeli prime minister “inappropriately used the appearance for his own political purposes”.
Joe Biden might not have quite the same heft. He’s been used before as the silly mid-off to defend Obama, deniable and jokey but still his master’s voice. He warned that “the present course Israel’s on is not one that’s likely to secure its existence as a Jewish, democratic state... we have to make sure they understand that we understand... where the ultimate solution lies.”
Translated, this means what the US administration has been telling ‘J-Street’ and other moderate American supporters of Israel: that if Netanyahu and his cabinet members continue to steal Arab land and gobble up the West Bank, they have either got to give occupied Arabs the vote – in which case, goodbye to Israel – or they’ve got to run an apartheid state in which the majority Arabs are denied the vote.
Beneath this verbal concern lies the growing success of the boycott movement (or the ‘de-legitimisation of Israel’ as it is called by Netanyahu – the man who is doing more than anyone else to de-legitimise Israel) and the equally growing disenchantment of Jewish Americans with an Israel which looks less and less like a light unto anyone’s nation.
What is left of the Left in Israel takes a very worrying view of the boycott campaign, but far more serious in the long term is Washington’s growing disenchantment with the Middle East.
The Saudis are being ditched in favour of the Iranians (the Saudis and Israel both loath Tehran) and an America which can stomach the anger of Arab allies of 70 years’ standing is clearly in no mood to suffer the humiliations of Israel forever.
No, the ‘last taboo’ has not been broken. The umbilical cord between Washington and Tel Aviv remains. But in future, it may not be free of charge.

http://www.independent.co.uk/voices/finally-israel-and-palestine-is-a-us-election-issue-the-last-taboo-is-not-broken-but-it-s-a6994156.html

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 02:38

Ne cédons pas maintenant à l’intimidation d’Israël sur l’« antisémitisme »

Ilan Pappe

Wednesday 11 May 2016 15:55 UTC

Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme

Il arrive un moment dans le combat d’un mouvement où le succès est à la fois gratifiant et très dangereux. En Afrique du Sud, le régime d’apartheid poursuivait ses politiques les plus cruelles et meurtrières peu de temps avant sa chute. Si vous ne menacez pas spécifiquement un régime ou un État injuste et ses partisans, ceux-ci vous ignorent et ne ressentent pas le besoin de vous affronter ; si vous mettez le doigt sur le problème, cela entraîne une réaction.

C’est ce qu’il s’est passé avec le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). Ce mouvement est le prolongement logique de l’excellent travail préalablement réalisé par l’ensemble des groupes et comités de solidarité avec la Palestine. Il fait preuve d’un soutien ferme et indéfectible envers le peuple palestinien grâce à des relations directes avec d’authentiques représentants des communautés palestiniennes en Palestine et à l’étranger. Jusqu’à récemment, Israël considérait qu’il s’agissait d’un développement marginal et inefficace ; certains partisans de la Palestine eux-mêmes s’opposaient au BDS pour la même raison : son inefficacité.

Mais il semble toutefois que le mouvement ait dépassé les attentes de ses propres fondateurs en ce qui concerne son efficacité. Cela n’a rien de surprenant : il reflète un renouveau général de la politique, comme en témoignent les jeunes électeurs qui ont voté pour Jeremy Corbyn au Royaume-Uni et pour Bernie Sanders aux États-Unis. Cette recherche d’une politique plus saine et plus éthique qui ose remettre en cause la configuration néolibérale de l’économie et de la politique occidentales a paradoxalement poussé ces jeunes gens à soutenir deux vieux messieurs qui représentent une forme pure de la politique.

Cette politique plus pure entraîne dans son sillage un solide soutien au peuple palestinien. Aujourd’hui, la seule façon d’exprimer son soutien aux Palestiniens en dehors de la Palestine est le BDS. Au Royaume-Uni, cette logique est comprise par ceux qui ont voté pour Jeremy Corbyn et par ceux qui s’engagent par ailleurs pour des causes telles que la justice sociale, les stratégies écologiques et les droits de l’homme et des autochtones.

Certains membres des élites politiques et de la classe dirigeante occupant des fonctions très élevées expriment un soutien clair et décomplexé envers la Palestine. À quel moment le chef de l’opposition britannique et le candidat présidentiel américain ont-ils manifesté un tel soutien ? Même si le soutien du second est plutôt chétif et timide, dans la sphère politique américaine, un candidat qui se permet de ne pas assister à la conférence de l’AIPAC sans provoquer de cataclysme constitue une révolution.

Voici la toile de fond de l’attaque violente que subissent actuellement le Parti travailliste britannique et Jeremy Corbyn. Tout ce que les sionistes britanniques désignent comme une expression d’antisémitisme, c’est-à-dire, la plupart du temps, des critiques légitimes à l’encontre d’Israël, a déjà été dit au cours des cinquante dernières années. Le lobby sioniste britannique, supervisé directement par Israël, y a recours car la position clairement antisioniste du BDS a atteint les échelons supérieurs. Les sionistes sont véritablement terrifiés par ce développement. Félicitations au mouvement BDS !

Il faut admettre que la réaction est forte et brutale. Toutefois, le fait de capituler en suspendant des membres de partis, en congédiant des représentants étudiants et en s’excusant inutilement pour des crimes qui n’ont pas été commis n’est pas la bonne méthode pour y faire face. Nous menons un combat pour que la Palestine et Israël soient libres et démocratiques : la peur de l’intimidation sioniste n’est pas la marche à suivre. Les jours à venir seront très éprouvants et nous devrons non seulement être patients mais aussi retourner à la tribune, sur les sites web, à la radio et à la télévision pour expliquer de nouveau ce qui est évident pour bon nombre d’entre nous : le sionisme n’est pas le judaïsme et l’antisionisme n’est pas synonyme d’antisémitisme.

Le sionisme n’a pas été le remède au pire épisode antisémite qu’a vécu l’Europe : l’Holocauste. Le sionisme n’a pas été la bonne réponse à cette atrocité. En réalité, lorsque les dirigeants européens ont apporté leur soutien au sionisme sans l’ombre d’une hésitation, leurs motivations étaient bien souvent antisémites. Comment expliquer autrement que l’Europe n’ait rien fait alors que le régime nazi exterminait les juifs et qu’elle ait demandé pardon en soutenant un nouveau plan visant à se débarrasser des juifs en les envoyant coloniser la Palestine ? Rien de surprenant à ce que cette logique absurde n’ait pas mis un terme à cet élan antisémite. Elle l’a plutôt entretenu.

Mais cette histoire appartient au passé. Les colons juifs et les Palestiniens indigènes partagent un territoire et continueront de le faire à l’avenir. La meilleure façon de lutter contre l’antisémitisme aujourd’hui consiste à faire de ce territoire un État libre et démocratique reposant autant que possible sur des principes économiques, sociaux et politiques justes et équitables. Il s’agira d’une transformation complexe et douloureuse de la réalité sur le terrain dont la mise en œuvre prendra peut-être des décennies. Mais il est urgent de commencer à l’évoquer clairement, sans peur, sans apologétique inutile ni fausse référence à la realpolitik.

Jeremy Corbin trouvera peut-être difficile de sensibiliser son parti à la nécessité d’adopter un discours honnête et éthique sur la Palestine. Il a déjà tant fait pour cette cause que nous devons être patients, même si certaines de ses réactions et celles de son parti sont décevantes (malgré le fait qu’il soit de toute façon évident que les récentes disputes au sein du Parti travailliste pour des questions d’antisémitisme résultent principalement d’une tentative des blairistes du parti, qui ont toujours été à la botte des sionistes, pour discréditer Jeremy Corbyn au même titre qu’Israël les utilise dans un effort désespéré pour mettre un terme au basculement massif de l’opinion publique britannique en sa défaveur).

Mais là n’est pas le problème. Ce que l’avenir nous réserve est bien plus important que la scène politique nationale britannique. Ce qui importe vraiment, c’est de reconnaître qu’une nouvelle étape a été franchie en Grande-Bretagne comme aux États-Unis dans la lutte pour la paix, la justice et la réconciliation en Palestine. Ce combat ne remplace pas celui qui a lieu sur le terrain, mais il le valorise et lui donne plus de poids.

En réalité, nous nous trouvons face à un ensemble de combats inévitables : contre les législateurs qui sont intimidés ou soudoyés par Israël ; contre les juges et les policiers qui sont contraints de respecter de nouvelles lois injustes et ridicules qui condamneront le BDS pour antisémitisme (et nous savons déjà que bon nombre d’entre eux trouvent ces directives ridicules) ; contre les directions des universités qui s’inclineront face à l’intimidation et à la pression ; et contre les journaux et les sociétés audiovisuelles qui enfreindront leur code d’éthique et trahiront leurs engagements professionnels face à la nouvelle contre-attaque.

La lutte sur le terrain en Palestine est bien plus difficile, bien plus dangereuse et requiert de lourds sacrifices que l’on ne nous demande pas d’endurer en Occident. La moindre des choses est de ne pas être nous-mêmes intimidés par des accusations absurdes et d’être assurés que de nos jours, la lutte contre l’islamophobie, contre les dangers du néolibéralisme, pour les droits des peuples autochtones du monde entier et pour la Palestine constituent un seul et même combat.

Cette campagne ne concerne pas uniquement les musulmans britanniques, les exilés palestiniens en Europe, les vieux gauchistes américains et les antisionistes en Israël. Elle fait partie d’un mouvement bien plus vaste qui a amené de nouveaux partis au pouvoir en Grèce, en Espagne et au Portugal, de nouvelles valeurs au sein du Parti travailliste et des opinions différentes au sein du Parti démocrate aux États-Unis.

Nous ne devons pas nous inquiéter des nouveaux projets de loi, des nouvelles directives de la police ou de l’hystérie médiatique. Même l’attitude lâche du Parti travailliste avec son épuration de conseillers ne doit pas nous détourner des accomplissements dans la lutte pour conquérir l’opinion et le cœur du public en faveur de la Palestine.

La perspective revêt aujourd’hui une importance capitale. Si Israël pense qu’il peut impunément désigner Mark Regev, le visage public de sa politique criminelle à Gaza, comme ambassadeur à Londres et que l’ambassadeur israélien à Washington peut décider de combattre le BDS en envoyant des produits provenant de Cisjordanie occupée à tous les délégués et les sénateurs du Congrès, enfreignant ainsi purement et simplement la législation américaine, cela ne signifie pas qu’Israël est invincible, mais plutôt qu’il constitue un système politique idiot incapable d’appréhender le cours de l’histoire.

Comme toutes les phobies, la palestinophobie peut intimider et paralyser, mais elle peut aussi être mise en échec, particulièrement au cours de la période exceptionnelle dans laquelle nous vivons. Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme des anglo-sionistes, des hommes politiques lâches et des journalistes cyniques. Il est temps de riposter au tribunal, sur les places, au Parlement et dans les médias.

Ilan Pappé est professeur d’histoire, directeur du Centre européen pour les études palestiniennes et co-directeur du Centre d’études ethno-politiques à l’Université d’Exeter.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste et de l’opposition britanniques, passe devant le Parlement à l’arrière d’un taxi dans le centre de Londres le 12 septembre 2015 (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 02:40

roche-Orient : Israël critique l’initiative française, Paris prêt à retarder sa conférence

LE MONDE | 13.05.2016 à 21h09 • Mis à jour le 13.05.2016 à 21h30 | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

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La France se dit prête à déplacer de quelques jours la conférence internationale prévue à Paris pour le 30 mai, qui vise à relancer le processus de paix au Proche-Orient. Ce léger changement de calendrier, qui doit être rapidement décidé et annoncé afin que la vingtaine de pays et puissances invités ait le temps de s’adapter, s’explique par la volonté d’accueillir tous les acteurs-clés, notamment les Etats-Unis. Ceux-ci n’ont pas encore formellement confirmé leur présence ni qui, en vertu du protocole, les représentera. Mais après des mois de flou, leurs intentions se précisent, dans un sens favorable. En attendant la réponse américaine, la Russie et le Royaume-Uni n’ont pas confirmé leur participation, Moscou évoquant aussi un problème de date.

Jean-Marc Ayrault, le ministre des affaires étrangères de la France, doit arriver en Israël samedi. Cette visite ouvre une séquence diplomatique intense au sujet du conflit, jusqu’au 6 juin, date du début du ramadan. Elle précède de quelques jours la publication d’un rapport très attendu du Quartet – Organisation des Nations unies, Union européenne, Russie et Etats-Unis –, qui doit dessiner des pistes pour une reprise des négociations et fournir de la matière à la conférence de Paris. M. Ayrault doit rencontrer dimanche Benyamin Nétanyahou, le premier ministre d’Israël, ainsi que Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah. Cette visite éclair a pour objectif notamment d’informer les deux parties sur les préparatifs de la réunion de Paris, à laquelle ils ne participeront pas. Palestiniens et Israéliens sont censés rejoindre la table du groupe international de soutien dans un deuxième temps, lors d’une conférence prévue pour la fin de l’année, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement.
Lire aussi : Israël-Palestine : la France organisera une conférence internationale le 30 mai
Changement de ton israélien
M. Ayrault a reçu John Kerry, le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, le 9 mai. Un entretien jugé « positif » par une source française, selon laquelle M. Kerry s’est montré « ouvert » à une participation de son pays à la conférence de Paris. Mais la date ne lui convient pas. « On peut faire preuve de souplesse sur quelques jours, ce n’est pas l’essentiel », dit un diplomate français. La participation probable des Américains a provoqué un changement de ton immédiat du côté israélien, où l’initiative française, ces dernières semaines, avait été observée avec un certain détachement. Le gouvernement misait sur le fait que le contexte était trop défavorable, et les bonnes volontés trop rares. « On n’est plus dans cette configuration », reconnait une source israélienne.
Le changement de ton israélien, de la réserve à une franche opposition, s’est manifesté publiquement dans un entretien accordé jeudi par Dore Gold, le directeur général du ministère des affaires étrangères d’Israël, au Jerusalem Post. Selon le diplomate, très proche de M. Nétanyahou, l’initiative française « ne [les] rapproche pas d’une solution négociée, et même au contraire [les en] éloigne ». Il souligne la nécessité d’une référence claire à Israël comme Etat juif pour envisager tout adoucissement de sa position.
Rumeurs à propos d’un gouvernement de coalition
En outre, les Israéliens dénoncent le vote de la France le 14 avril au conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en faveur d’un texte sur la « Palestine occupée » visant à « sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est ». Cela relèverait d’une « incompréhension », a fait savoir le président François Hollande. Le 11 mai, le premier ministre Manuel Valls a confirmé l’embarras français, en regrettant « des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent et qui auraient dû être incontestablement évitées, comme ce vote ». Paris sait que ce vote symbolique parasite ses efforts diplomatiques, donnant un prétexte aux Israéliens pour détourner la conversation.
Mais Israël cherche aussi à envoyer quelques messages plus constructifs. Dans un échange sur Twitter, jeudi, M. Nétanyahou a estimé que le plan de paix arabe, présenté en 2002, auquel Israël n’a jamais formellement répondu, « mériterait une discussion approfondie » s’il était actualisé. Il a aussi répété qu’il était prêt à rencontrer Mahmoud Abbas à tout moment. Enfin, et c’est tout sauf une coïncidence de dates, les rumeurs s’intensifient au sujet de la formation d’un gouvernement de coalition en Israël.
Une telle ouverture politique aurait plusieurs avantages pour M. Nétanyahou : elle élargirait sa majorité à la Knesset, et adoucirait l’image de son gouvernement à l’étranger, aujourd’hui dominé par le camp national religieux. Depuis pratiquement un an, la presse affirme que M. Nétanyahou a fait des avances au leader travailliste Yitzhak Herzog, dont le parti est très divisé à ce sujet. Sur sa page Facebook, jeudi, celui qu’on surnomme « Bouji » a reconnu implicitement la tenue de ces négociations secrètes, en écrivant qu’aucune offre n’avait encore satisfait ses exigences. Outre les portefeuilles qui seraient réservés à son camp, comme les affaires étrangères, le chef de l’opposition veut disposer d’un mandat clair dans les négociations avec les Palestiniens. Il demande aussi l’abandon de législations jugées discriminatoires et la défense de l’indépendance de la Cour suprême.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/05/13/proche-orient-israel-critique-l-initiative-francaise-paris-pret-a-retarder-sa-conference_4919493_3218.html#VGaETiQJmAsv1Yzs.99

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 02:40

Initiative de paix: Netanyahu met en doute l'impartialité de la France

AFP

Modifié le 15/05/2016 à 17:22 - Publié le 15/05/2016 à 14:24 | AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en doute dimanche devant le chef de la diplomatie française l'"impartialité" de l'initiative de Paris pour relancer l'effort de paix avec les Palestiniens, en brandissant un récent vote de la France à l'Unesco.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est rendu dimanche à Jérusalem et Ramallah pour présenter de vive voix à M. Netanyahu et au président palestinien Mahmoud Abbas le projet français de conférence internationale de paix.
La conférence aurait lieu à l'automne. Une réunion ministérielle en jetterait les bases dans deux semaines à Paris, avec une vingtaine de pays, l'Union européenne et l'ONU, mais sans Israéliens ni Palestiniens pour ne pas condamner d'emblée l'effort à l'échec.
M. Ayrault a comme prévu reçu le soutien palestinien et rencontré les objections israéliennes confortées par un récent vote français en faveur d'une décision de l'Unesco sur le patrimoine culturel palestinien et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée et annexée par Israël.
"J'ai dit (à M. Ayrault) que la décision scandaleuse prise à l'Unesco avec le soutien de la France et qui ne reconnaît pas le lien millénaire entre le peuple juif et le mont du Temple jette une ombre sur l'impartialité du forum que la France tente de réunir", a dit M. Netanyahu.
"La seule voie" pour parvenir à la paix, "ce sont des négociations directes sans condition préalable", a redit M. Netanyahu.
Le gouvernement israélien s'est emparé dernièrement du texte de l'Unesco pour attaquer la crédibilité française. Il s'est indigné que le texte ne fasse jamais référence à l'esplanade des Mosquées comme mont du Temple, l'appellation sous laquelle les juifs révèrent le lieu, ou ne cite le mur des Lamentations qu'entre guillemets.
"Des formulations malencontreuses et blessantes, qui auraient pu et dû être évitées, ont créé des malentendus. La France le regrette", a dit M. Ayrault à M. Netanyahu selon son entourage, s'employant au déminage à la suite de plusieurs responsables français.
Avant de partir, il a cependant réfuté tout parti pris. "La France est désintéressée", a-t-il dit aux journalistes, "il ne peut pas y avoir de doute sur la sincérité de la France", et les propos de M. Netanyahu sont des "mots de circonstance".

- "Seuls sur le terrain" -

Il a justifié l'initiative française par "l'urgence à agir" devant un "statu quo intenable" et le danger d'une nouvelle escalade. Il s'est alarmé de l'éloignement de la perspective d'une solution à deux Etats israélien et palestinien coexistant en paix, invoquant l'absence de dialogue, la poursuite de la colonisation israélienne, les violences des deux bords et une frustration palestinienne grandissante. Il a souligné la menace que l'organisation Etat islamique ne remplisse le vide.

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Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki (g) avec son homologue français Jean-Marc Ayrault à Ramallah, le 15 mai 2016 © Fadi Arouri AFP

Alors que les Israéliens viennent de célébrer le 68e anniversaire de leur Etat, les Palestiniens sous occupation attendent toujours le leur et commémoraient dimanche la création d'Israël comme leur "Nakba" ("Catastrophe"). Des heurts ont opposé Palestiniens et forces israéliennes à la frontière avec la bande de Gaza. le Hamas et le Jihad islamique, deux forces ennemies d'Israël, ont appelé à l'intifada. Les Palestiniens ont défilé dans plusieurs villes de Cisjordanie occupée.
Une vague de violences a fait plus de 200 morts israéliens et palestiniens depuis octobre et une nouvelle guerre est redoutée à Gaza.
La France veut remobiliser la communauté internationale et changer de méthode pour aider Israéliens et Palestiniens à reprendre des négociations crédibles.
<img title="John Kerry le 13 mai 2016 à Washington © Brendan Smialowski AFP" itemprop="url" d-src="/images/2016/05/15/3947292lpw-3947587-jpg_3547402.jpg" alt="John Kerry le 13 mai 2016 à Washington © Brendan Smialowski AFP" />
John Kerry le 13 mai 2016 à Washington © Brendan Smialowski AFP
Pour autant, il ne s'agit pas de se substituer au bout du compte aux Israéliens et Palestiniens, "c'est eux seuls qui pourront faire la paix", a dit M. Ayrault. Il a objecté à M. Netanyahu que la voie de la négociation directe qu'il prône est "bloquée".
Le chef de la diplomatie palestinienne Riyad al-Malki, que M. Ayrault a rencontré avec le président Abbas, a dénoncé devant la presse les refus opposés "depuis le début" par M. Netanyahu. Il a souhaité "le succès des efforts français parce qu'ils sont les seuls sur le terrain".
Les Français se montrent prudents quant au succès de leur initiative.
L'adhésion américaine reste une grande inconnue, le secrétaire d'Etat John Kerry n'ayant toujours pas dit s'il participerait à la réunion du 30 mai.
Les Etats-Unis "partagent notre inquiétude", a dit M. Ayrault. La France est prête à décaler la réunion du 30 mai de quelques jours pour permettre à M. Kerry de venir, a-t-il dit.
15/05/2016 17:22:22 - Jérusalem (AFP) - © 2016 AFP

http://www.lepoint.fr/monde/ayrault-refute-les-doutes-de-netanyahu-sur-l-impartialite-de-la-france-15-05-2016-2039462_24.php

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