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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:09

A victory for free speech on Palestine

 
 
 
 
 

In a hugely significant development for free speech on Palestine, eminent human rights lawyer Hugh Tomlinson QC has issued a legal opinion that finds major faults with the government’s new antisemitism definition’s guidance.

The opinion criticises the guidance that accompanies the definition which conflates criticism of Israel with antisemitism. The guidance cannot be used lawfully to ban events critical of Israel. This includes events describing Israel as a state enacting policies of apartheid or practising settler-colonialism. In a key finding Tomlinson states: “the starting point should be that events which seek to protest against the actions of the state of Israel or the treatment of Palestinians are lawful expressions of political opinion. There is no justification in law for treating such events any differently from any other political protests.”

In December 2016, the Government adopted the IHRA definition of antisemitism and the accompanying guidance. The substance of the definition was criticised by Hugh Tomlinson for a lack of clarity. However, the fundamental problem emerges in the guidance that incorporates criticism of Israel as a form of antisemitism. In doing so it risks rendering illegitimate, and potentially criminal, calls for action to address Israel’s persistent denial of Palestinian rights. We believe this runs counter to everyone’s freedom of expression – a right guaranteed in European law.

In response, Jews for Justice for Palestinians, Free Speech on Israel, Independent Jewish Voices and the PSC obtained a legal opinion from Hugh Tomlinson QC. He examined the concerns of the coalition that the ‘IHRA definition’ conflates antisemitism with criticism of Israel and could be misused to curtail campaigning on behalf of Palestinians. The groups cite recent occasions when university authorities have forced student Palestine societies to cancel or postpone planned meetings and actions.

A brief summary of his findings are below –

  • The definition cannot be used to judge criticism of Israel as antisemitic, unless it expresses hatred towards Jews.
  • Describing Israel as a state enacting a policy of apartheid, as practising settler colonialism or calling for policies of boycott divestment or sanctions against Israel cannot properly be characterized as antisemitic.
  • The definition’s poor drafting means public bodies applying the definition could be at serious risk of “unlawfully restricting legitimate expressions of political opinion”.

 

He states:

“Properly understood in its own terms the IHRA Definition does not mean that activities such as describing Israel as a state enacting a policy of apartheid, as practising settler colonialism or calling for policies of boycott divestment or sanctions against Israel can properly be characterized as antisemitic. A public authority which sought to apply the IHRA Definition to prohibit or sanction such activities would be acting unlawfully.”

The Opinion was launched in the House of Lords on Monday March 27. Speakers included leading solicitor Sir Geoffrey Bindman of Bindman’s LLP, expert on freedom of expression and retired Lord Justice of Appeal, Sir Stephen Sedley.

The full text of the opinion is available here. The PSC and its partners expect that public bodies, including universities, must now take into account the findings of the legal opinion before making any decisions regarding the adoption and interpretation of the IHRA definition.

The message is loud and clear. Freedom of speech and human rights are values we all cherish. The law is on our side, and nothing can stop us from raising our voices to highlight the systematic denial of Palestinian human rights by the Israeli state.

Thank you to our coalition partners, friends, and supporters. Together, we are making sure that Palestinian voices cannot be silenced.

 

https://www.palestinecampaign.org/victory-free-speech-palestine/

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Published by Palestine Solidarity Campaign - dans Revue de presse
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 02:42

Parler de la Palestine : Quel cadre d’analyse ? Quels objectifs et quels messages ?

 
 
 
 

24 04 2017 • 14 h 33 min

par Nadia Hijab, Ingrid Jaradat Gassner 12 avril 2017

 

 

Résumé
Les Palestiniens sont embourbés dans le débat sur un ou deux états qui escamote le besoin d’un processus de décolonisation et de réparations, estiment Nadia Hijab et Ingrid Jaradat Gassner, analystes politiques d’Al-Shabaka. Les auteures comparent différents cadres d’analyse et concluent que le cadre de l’anti-apartheid est le plus stratégique pour avancer les objectifs palestiniens en l’absence d’une solution politique à court terme.

Vue d’ensemble
Dire qu’il n’y a plus de consensus parmi les Palestiniens sur la solution politique définitive, c’est dire l’évidence. D’une côté ceux qui revendiquent la direction politique des Palestiniens visent à obtenir un état souverain à côté de celui d’Israël. De l’autre, les voix appelant pour un unique état démocratique sur l’ensemble du territoire qui constituait la Palestine sous mandat britannique jusqu’en 1948 sont de plus en plus fortes. De fait, des analystes, palestiniens ou non, profitent de la déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle il pourrait vivre avec n’importe laquelle de ces solutions pour pousser les frontières du débat au-delà de la solution à deux états.

Que les Palestiniens ne soient plus capables de s’accorder sur la solution politique qu’ils recherchent est un problème majeur. Il y en a d’autres. Le plus important peut-être est l’absence de consensus sur un cadre d’analyse commun pour exposer la condition palestinienne. Cela empêche d’adopter des messages clairs pour expliquer à la fois ce qui a frappé les Palestiniens et ce à quoi nous aspirons. Cela bloque aussi le développement de stratégies effectives pour atteindre ces aspirations. Ces problèmes sont le sujet de cet article. Nous commençons par les attaquer l’un après l’autre avant de proposer quelques moyens d’aller de l’avant.
Les dangers d’un débat focalisé sur la solution politique.

La réalité est qu’il n’y a pas de solution politique en vue qui réaliserait les droits du peuple palestinien. Israël travaille sur plusieurs scénarios pour parvenir à une solution politique du conflit qui lui apporte la quantité maximale de territoire palestinien avec le minimum de Palestiniens, par annexion ou simplement en maintenant le statu quo jusqu’à pouvoir terminer le conflit à son avantage.

Au-delà de cette réalité, il y a un problème dans le débat lui-même. En se focalisant sur la solution définitive et le fait de savoir si celle-ci doit être à un ou deux états, la discussion escamote trop souvent le besoin d’un processus de décolonisation aussi bien que de réparations pour les dommages infligés aux Palestiniens. La décolonisation et les réparations doivent faire partie de la solution définitive, que ce soit celle d’un état palestinien dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), adoptée par le Conseil national palestinien en 1988 comme une expression du droit palestinien à l’auto-détermination, ou celle d’un seul état dans l’ensemble de l’ancien territoire de la Palestine sous mandat britannique, dans lequel tous les citoyens seraient égaux. Le saut à un seul état inclut un risque particulier s’il efface la Ligne verte de démarcation entre Israël et les TPO — une ligne qu’Israël lui-même est impatient d’effacer. Comme nous l’avons expliqué dans une analyse précédente, effacer la Ligne verte risque d’éroder d’importantes sources de pouvoir que les Palestiniens possèdent — et dont ils auront besoin pour s’assurer que toute solution définitive est fondée sur la décolonisation et des réparations assurées. Ces sources de pouvoir incluent le consensus international sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, l’applicabilité du droit humanitaire international dans les TPO, le fait connexe que la puissance occupante n’y a aucun droit à la souveraineté et la participation palestinienne à un système étatique. Le fait que la Palestine fasse partie d’un système étatique donne le pouvoir, entre autre choses, de contester Israël devant la Cour international de justice et la Cour pénale internationale — même si l’usage de ces voies d’action a eu peu d’effet jusqu’à présent.

Peut-être qu’en fin de compte une solution juste à un état deviendra une réalité et qu’alors il n’y aura plus besoin d’insister sur la maintien de la Ligne verte pour s’assurer que le droit humanitaire international est appliqué dans les TPO. En attendant, cependant, les Palestiniens ne doivent pas abandonner les sources de force et de pouvoir qu’ils possèdent aujourd’hui.

Sinon, nous risquons de perdre les outils offerts par le droit humanitaire international et de légitimer les colonies israéliennes au lien d’avancer notre cause.

Il est clair que le processus de décolonisation et de réparations ne peut être le résultat de négociations avec le régime israélien actuel (ni d’ailleurs avec les régimes passés). Israël a constamment bloqué l’émergence d’un état palestinien souverain envisagé comme une solution à deux états et il n’acceptera certainement pas d’effectuer la transformation politique et juridique nécessaire pour l’objectif d’un seul état. De fait, Israël collabore apparemment avec les États arabes qui ont récemment formé le Quartet arabe (l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis) pour imposer au peuple palestinien un état non souverain dans des parties des TPO, comme solution définitive qui mettrait un terme à toutes les réclamations.

La décolonisation et les réparations sont donc l’objet d’un combat qui vise à changer l’équilibre des pouvoirs en faveur du peuple palestinien—avec des négociations sur la solution politique définitive à suivre une fois qu’Israël aura été contraint d’accepter une solution fondée sur la décolonisation, les réparations et le respect des droits fondamentaux. Un tel combat doit utiliser toutes les sources de pouvoir palestiniennes disponibles, y inclus celles mentionnées plus haut.

Jusqu’à ce qu’une solution définitive soit possible, il y a des objectifs provisoires qui peuvent guider le combat pour la décolonisation et les réparations. Cependant il sera impossible d’atteindre un consensus sur de tels objectifs provisoires—et encore moins sur la solution définitive— sans clarté et consensus sur le cadre d’analyse approprié pour parler de la condition palestinienne.

Une multiplicité de cadres obscurcit la stratégie et les objectifs
De multiples cadres d’analyse en compétition peuvent être appliqués à la dévastation de la patrie et du peuple palestinien provoqué par l’implémentation du projet sioniste depuis son lancement en 1897, la création de l’état d’Israël en 1948 dans 78% of Palestine, et l’occupation israélienne du reste de la Palestine en 1967.
Récemment, un nombre croissant d’universitaires et d’analystes ont suggéré d’appliquer le cadre du colonialisme de peuplement à la Palestine, en établissant des comparaisons entre les politiques d’élimination des populations autochtones des mouvements coloniaux de peuplement en Afrique, dans les Amériques, en Australie et ailleurs, y compris en Palestine.

Le débat autour du colonialisme de peuplement sioniste a mis en avant d’autres cadres d’analyse associés, en particulier le nettoyage ethnique et le transfert forcé de population. On a aussi argumenté en faveur d’une interprétation des Palestiniens comme peuple autochtone, en tant que peuple antérieur à la société coloniale de peuplement d’Israël. Ce cadre a l’avantage additionnel de pouvoir s’appuyer sur les droits autochtones reconnus par les Nations Unies d’un peuple à son pays d’origine, son territoire et ses ressources naturelles.

D’autres universitaires ont choisi le prisme de la discrimination raciale, soulignant le système juridique discriminatoire d’Israël, les politiques racistes et les violations de la Convention contre le racisme des deux côtés de la Ligne verte. Cette ligne argumentative a conduit à l’appel pour interpréter le cas palestinien dans l’optique de l’apartheid, universitaires et analystes s’appuyant sur le droit international et soulignant les analogies avec l’ancien système d’apartheid en Afrique du sud. Il y a aussi ceux qui parlent de « sociocide » ou de « génocide culturel », et ceux qui argumentent que le génocide tel qu’il est défini par la Convention sur le Génocide s’applique au cas du peuple palestinien.

Tous ces cadres d’analyse peuvent certainement être appliqués à la condition palestinienne. De fait, dans certains contextes — en particulier dans les contextes universitaires — il est utile de les explorer ainsi que d’autres cadres analytiques, parce que ceci crée un accord et un savoir sur de nouvelles manières de formuler les droits palestiniens. Cependant ce dont les Palestiniens ont besoin, c’est d’un cadre d’analyse qui fait plus que de créer du savoir : il doit aussi être stratégique.

Choisir le cadre d’analyse le plus stratégique
Un cadre d’analyse est stratégique s’il permet aux Palestiniens de faire un usage efficace des sources de pouvoir disponibles dans un combat pour la décolonisation et les réparations qui vise un ensemble d’objectifs centraux clairs. La question à ce stade est : quels sont les objectifs centraux des Palestiniens ? Jusqu’à maintenant, l’ « objectif » a été largement défini comme celui d’un état souverain dans les frontières de 1967 avec Israël. Pourtant évoquer comme un objectif ce qui est de fait une solution politique brouille les cartes. Le combat palestinien a toujours concerné les droits palestiniens en Palestine et à la Palestine. La solution originelle adoptée par l’Organisation de libération de la Palestine dans les années 1960 était celle d’un état démocratique laïque dans l’ensemble de la Palestine. Cela a été suivi en 1974 par une décision sur une solution provisoire en faveur d’un état dans toute partie de la Palestine libérée, et en 1988 par une décision en faveur d’un état dans les frontières de 1967. Mais le dessein de toutes ces solutions politiques était d’obtenir le respect des droits palestiniens en Palestine et à la Palestine.

Les Palestiniens ont besoin d’un cadre d’analyse qui crée du savoir et qui soit aussi stratégique.
C’est pourquoi, et en l’absence de clarté sur la solution politique définitive, les objectifs centraux doivent être les droits fondamentaux qui sont les éléments essentiels du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien et qui, en tant que tels, doivent faire partie de toute solution politique future. Ce sont : la libération de l’occupation et de la colonisation, le droit des réfugiés à retourner dans leurs foyers et à leurs propriétés, et la non-discrimination et la pleine égalité des citoyens palestiniens d’Israël. Ces trois objectifs, en tant qu’éléments essentiels de l’auto-détermination, sont exposés de manière éloquente dans l’appel de la société civile palestinienne pour le Boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre Israël jusqu’à ce que ces objectifs soient atteints.

Si nous sommes d’accord que ce sont les trois objectifs centraux du peuple palestinien, alors nous pouvons identifier le cadre d’analyse qui serait le plus stratégique pour atteindre la décolonisation et les réparations et assurer qu’elles soient intégrées à la solution politique définitive. Les deux cadres d’analyse qui sont les plus globaux et ont été le plus systématiquement promus sont ceux du colonialisme de peuplement et de l’apartheid. Le cadre du colonialisme est stratégique de bien des façons : il capture l’expérience historique des Palestiniens comme peuple autochtone du territoire et affirme que notre cause est une cause de liberté et d’auto-détermination. Le cadre international de la décolonisation et de l’auto-détermination au 20e siècle s’est focalisé sur la libération du territoire, le retour des personnes déplacées et la souveraineté nationale. En tant que tel, c’est un cadre qui mobilise la solidarité et le soutien, en particulier parmi les anciennes nations colonisées en Afrique, en Amérique latine, et ailleurs, nations dont l’appui politique est une nécessité pressante, par exemple à l’Assemblée générale des Nations Unies ou pour présenter un cas à la Cour pénale internationale.

Le cadre du colonialisme a aussi une valeur ajoutée parce qu’il offre un argument juridique qui peut être utilisé par les Palestiniens comme une source de pouvoir. Le droit international traite du colonialisme, en particulier du colonialisme de peuplement. Contrairement à l’occupation militaire dans le cadre du droit humanitaire international, qui est tolérée internationalement si elle est temporaire et conduite en accord avec la Quatrième Convention de Genève, le colonialisme est absolument interdit de nos jours et traité comme une sérieuse violation des normes universellement contraignantes du droit international coutumier1. Par conséquent, tous les états et les Nations Unies ont une obligation légale de ne donner aucune reconnaissance, aucune aide, aucune assistance à la pratique du colonialisme par un état quel qu’il soit et de coopérer et d’adopter des mesures, y compris des sanctions, de manière à y mettre fin.

Cependant, il y a de sérieux problèmes liés au cadre du colonialisme qui devraient l’exclure en tant que cadre d’analyse dominant des Palestiniens. D’abord, le système étatique considère le colonialisme comme une question du passé et les Nations Unies traitent la décolonisation comme une affaire largement achevée. Ensuite, de manière plus importante, le droit international lui-même limite aussi la valeur stratégique de ce cadre d’analyse. Il n’y a pas de responsabilité criminelle parce que le colonialisme n’a pas été criminalisé.

De plus l’interdiction du colonialisme et les obligations légales de tous les états et des Nations Unies par rapport à lui sont seulement applicables à l’entreprise coloniale d’Israël dans les TPO. Lors d’une conférence de droit international à l’université de Birzeit en 2013, des experts ont clarifié ce point : le colonialisme n’était pas explicitement interdit par le droit international au moment où Israël a été établi. Le changement des normes a commencé seulement dans les années 1950 à cause des mouvements de libération anticoloniaux et le colonialisme a été explicitement interdit en 1960, quand les Nations Unies ont adopté la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux (résolution 1514). Les mouvements antérieurs de colonisation de peuplement, y inclus le mouvement sioniste, qui s’étaient depuis établis comme des états nationaux bénéficiaient donc de facto de l’immunité et étaient normalisés par la décolonisation conduite par les Nations Unies. L’opinion juridique dominante est que l’accusation de colonialisme n’est pas légalement applicable à l’intérieur des frontières des états existants.

Donc, pour les Palestiniens qui continuent de lutter contre le colonialisme de peuplement israélien au 21e siècle, le cadre anti-colonial est problématique : il risque de créer des contradictions entre les droits et les objectifs centraux que nous cherchons à atteindre et de promouvoir des solutions politiques qui n’accordent pas la totalité de ces droits à beaucoup de Palestiniens.

Le consensus international juridique et politique est que le droit des Palestiniens à libérer leur territoire et à y établir un état souverain est restreint aux TPO. Le cadre ne peut incorporer le droit des réfugiés à retourner dans leurs foyers et à leurs propriétés en Israël ou le droit à la nondiscrimination et à l’égalité des citoyens palestiniens en Israël. De plus, pour les Palestiniens et leurs alliés dans le mouvement pour les droits palestiniens, l’approche anti-coloniale s’est révélée en pratique, à cause de sa focalisation sur les deux états et les frontières de 1967, une source de discorde, mettant de côté le droit au retour des réfugiés et le droit à l’égalité des citoyens palestiniens d’Israël. C’est une des leçons apprises en particulier depuis les années 1990 de la diplomatie en faveur de la paix fondée sur les Accords d’Oslo.

Au contraire, aucun des problèmes évoqués plus haut n’apparaît avec le cadre de l’anti-apartheid. On doit noter que l’apartheid n’est pas défini par des similarités avec les précédent régime raciste en Afrique du sud. Il a en fait une définition universelle légale qui remonte à la Convention anti-apartheid de 1973, mise à jour dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (2002) : « Actes inhumains … commis dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination par un groupe racial sur tout groupe (ou groupes) racial, commis avec l’intention de maintenir ce régime ». Les actes inhumains de l’apartheid comprennent le déplacement forcé, la persécution, le meurtre, l’emprisonnement et d’autres privations sévères de liberté physique et des droits humains fondamentaux.

Les affirmations selon lesquelles décrire les actions d’Israël comme un apartheid seraient antisémites n’ont aucun fondement
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Nous pensons que le cadre d’analyse le plus stratégique qui puisse être appliqué à la condition palestinienne est le cadre de l’anti-apartheid. Tout d’abord, il incorpore l’analyse fondée sur le colonialisme de peuplement et l’approfondit : dans le cas de la Palestine, l’apartheid a commencé lorsque la société coloniale sioniste s’est transformée en l’état d’Israël et a incorporé son idéologie de la supériorité juive et sa politique de nettoyage ethnique dans les lois et les institutions de l’état. L’apartheid israélien contemporain est défini parfaitement comme le régime institutionnalisé de discrimination raciale dans lequel Israël, comme état et comme puissance d’occupation, privilégie systématiquement les Juifs et opprime, fragmente et domine le peuple palestinien tout entier, et colonise les TPO, avec l’intention de maintenir et de consolider son régime dans la totalité de la Palestine d’avant 1948. Le transfert de population et le nettoyage ethnique des Palestiniens, y inclus le refus de leur retour, est un acte inhumain d’oppression et un pilier de l’apartheid israélien.

Ensuite, même s’il tire parti de l’analyse en terme de colonialisme, le cadre de l’apartheid va plus loin, en s’appuyant sur le droit international comme un atout stratégique. Forme sévère de discrimination raciale, l’apartheid a été interdit et traité comme une violation sérieuse sous le droit coutumier, au moins depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il est aussi criminalisé par la Convention anti-apartheid et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, constituant ce qui est probablement le deuxième crime le plus sérieux contre l’humanité après le génocide.

Pour ces raisons, le cadre est applicable au moins à partir de 1948 quand l’apartheid israélien a commencé formellement avec l’établissement de l’état, et à l’ensemble de l’ancienne Palestine sous mandat britannique jusqu’en 1967. Dans les TPO, le cadre de l’apartheid s’applique en plus du droit humanitaire international. Comme régime d’apartheid, Israël porte la responsabilité juridique des actes inhumains d’apartheid contre tous les Palestiniens, y inclus les réfugiés, les citoyens d’Israël et ceux sous l’occupation.

L’état d’Israël est responsable pour restaurer leurs droits par des réparations, tandis que la responsabilité criminelle individuelle s’applique à ceux qui ont accompli le crime d’apartheid, l’ont aidé ou en ont été complices. La responsabilité de tous les autres états et des Nations Unies est de s’assurer que les coupables soient traduits en justice. Ni les états, ni les Nations Unies ne doivent reconnaître, aider ou assister l’apartheid israélien et tous ont l’obligation légale de coopérer et d’adopter des mesures, y inclus des sanctions, pour y mettre un terme et garantir des réparations.

Troisièmement l’apartheid est un cadre qui mobilise la solidarité et le soutien des peuples du monde entier. Grâce à l’héritage de la campagne internationale qui a mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud, beaucoup de gens savent aussi que les régimes d’apartheid doivent être boycottés et isolés. C’est aussi un cadre qui a été popularisé comme partie du combat palestinien grâce à des événements comme la Semaine contre l’apartheid israélien, qui depuis 2005 a eu lieu chaque printemps dans un nombre croissant de villes tout autour du globe.

De plus, il y a un soutien international croissant pour l’analyse en terme d’apartheid. Depuis 2006 au moins des universitaires juristes indépendants et des experts des droits humains des Nations Unies ont tenu Israël pour responsable d’un apartheid contre les Palestiniens et ont appelé pour des mesures internationales, y compris des sanctions. Le rapport récent de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid [Pratiques israéliennes envers le peuple palestinien et la question de l’apartheid], continue à faire autorité dans la sphère publique même si le Secrétaire général des Nations Unies en a ordonné le retrait, conduisant à la démission de la Secrétaire exécutive Rima Khalaf, dont la vigoureuse lettre de démission circule aussi largement. De fait, la coalition des organisations des droits humains dans les TPO – Palestinian Human Rights Organizations Councils (PHROC) – a envoyé une lettre au Secrétaire général des Nations Unies condamnant le retrait du rapport de la CESAO et disant qu’elle adopterait l’analyse en terme d’apartheid présentée dans ce rapport.

Finalement, la conférence de droit international de 2013 à Birzeit mentionnée plus haut a rendu clair que l’apartheid ne s’achève pas nécessairement avec une « solution à un état » dans le territoire entier qui est contrôlé par un système d’apartheid. Le système post-apartheid peut avoir une solution à deux états. Cela est illustré par l’exemple de la Namibie, dont le peuple a atteint l’auto-détermination avec l’indépendance grâce à leur combat contre le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud qui contrôlait et colonisait leur pays. Fondée sur le droit international, la solution à l’apartheid est de mettre fin à une discrimination raciale institutionnalisée de manière à permettre au groupe opprimé le plein exercice de l’ensemble de ses droits humains, y compris le droit à l’auto-détermination. Elle n’interdit pas une solution politique particulière.

De manière aussi importante, et comme le rapport de la CESAO le soulignait, il n’y a aucun fondement à l’affirmation selon laquelle décrire les actions de l’état d’Israël comme un apartheid serait antisémite. La préface même du rapport réfute cette affirmation, en remarquant que les conclusions sur l’apartheid israélien sont fondés sur la législation internationale même qui interdit aussi l’antisémitisme.
Un cadre d’analyse commun pour nos objectifs et nos messages.

Nous avons cherché à exposer la manière dont les défis auxquels est confronté le peuple palestinien sont amplifiés par la confusion qui règne sur un cadre commun d’analyse et un ensemble d’objectifs approuvé par tous. Nous avons indiqué comment l’usage courant du mot « objectif » pour décrire la solution politique définitive brouille les cartes. Quelle que soit la solution politique définitive, elle devrait permettre aux Palestiniens de se libérer définitivement de la colonisation, de jouir de droits égaux et d’avoir des droits à l’intérieur de leur patrie et des droits à elle, y compris celui de retourner dans leurs maisons et sur leurs terres et une compensation pour ce qui a été perdu.

Le concept d’apartheid fournit un cadre clair pour le combat en faveur de la décolonisation et l’auto-détermination
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Nous pensons que la multiplicité des cadres d’analyse qui ont été appliqués — et de fait peuvent être appliqués— au cas de la Palestine obscurcit à la fois nos objectifs et nos messages. Il y a un besoin pressant pour l’adoption d’un unique cadre d’analyse qui soit stratégique, qui nous permette de cristalliser nos revendications autour de nos objectifs et de les communiquer par des messages clairs et convaincants. Nous maintenons que le cadre de l’anti-apartheid est le plus stratégique.

Le cadre de l’anti-apartheid permettra aux Palestiniens de produire des messages qui communiquent clairement ce qui est arrivé au peuple palestinien ainsi que les objectifs du combat palestinien. Il aide à clarifier qu’il s’agit d’un combat en faveur de la décolonisation et de réparations et pas seulement un combat pour un état. Le message fort doit être que le combat palestinien est pour la liberté, la justice et l’égalité dans leur patrie, que ce soit un seul état démocratique laïque ou deux états souverains côte à côte, dans lesquels tous les citoyens jouissent de tous les droits humains.

Dès qu’il y a un accord sur ce cadre d’analyse, les stratégies existantes peuvent être affinées et de nouvelles stratégies peuvent être développées. Lorsque les messages sont affinés, il est important d’éviter la tentation d’utiliser d’autres cadres d’analyse au-delà de la sphère universitaire. Le terme « apartheid » doit à nouveau entrer dans la langage courant, comme c’était le cas durant le temps du combat sud-africain pour la liberté. De plus une campagne d’éducation et de sensibilisation est absolument nécessaire pour construire un consensus autour de ce cadre d’analyse, de même qu’un investissement dans les connaissances et les compétences des Palestiniens et des militants solidaires travaillant à le promouvoir.

De plus, ceux qui travaillent à disséminer des messages sur les droits palestiniens dans les médias devraient aller au-delà de rhétoriques telles que « il est temps pour un seul état » ou « la solution à deux états est morte ». S’ils veulent vraiment promouvoir la liberté et les droits palestiniens, ils doivent se focaliser sur le processus de décolonisation et de réparations qui doivent être obtenues quelle que soit la solution politique. Sinon il y a un risque de faire plus de mal que de bien en escamotant ce processus et l’énorme travail qui reste à faire. Cela ne veut pas dire que le message doit se focaliser uniquement sur les horreurs sur le terrain. Au contraire, les messages devraient aussi regarder vers l’avant et se focaliser sur un avenir où tous peuvent vivre librement et jouir de la justice et de l’égalité.

À ce stade de la lutte palestinienne pour l’auto-détermination, alors que la solution politique définitive ne peut être définie, le concept de l’apartheid fournit un cadre analytique clair pour un combat en faveur de la décolonisation et de l’auto-détermination qui peut isoler et affaiblir les pratiques d’oppression de l’état israélien et — en même temps— préserver et renforcer les droits fondamentaux palestiniens qui ne sont pas négociables : le droit à la pleine égalité des citoyens palestiniens d’Israël et le droit des réfugiés à retourner dans leurs maisons et à leurs propriétés.

Note:
1 Voir Draft Articles on Responsibility of States for Internationally Wrongful Acts, Article 40, commentaire 8 et note de bas de page 651 avec référence à la convention de Vienne de 1969 sur les traités, article 53. Voir aussi l’article 41 expliquant les obligations des états tiers : http://legal.un.org/ilc/texts/instruments/english/commentaries/9_6_2001.pdf

Nadia Hijab

Nadia Hijab est directrice exécutive de Al-Shabaka: The Palestinian Policy Network, qu’elle a co-créé en 2009. Elle est une oratrice régulière dans des débats publics, une commentatrice dans les medias et Senior fellow à l’Institute for Palestine Studies. Son premier livre Womanpower: The Arab Debate on Women at Work a été publié par Cambridge University Press, et elle est co-auteure de Citizens Apart: A Portrait of the Palestinian Citizens of Israel (I.B. Tauris).

Ingrid Jaradat Gassner

Ingrid Jaradat Gassner, conseillère politique à Al-Shabaka est membre fondatrice de la Campagne palestinienne de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et co-fondatrice et ancienne directrice du Centre de Documentation de Badil pour les droits de résidence et des réfugiés palestiniens. Elle a beaucoup travaillé dans les domaines du droit international et de la défense des droits, menant en particulier des recherches novatrices sur les réfugiés palestiniens, le droit au retour, le colonialisme israélien et l’apartheid et les responsabilités des états tiers. Elle a aussi coordonné la recherche pour une initiative citoyenne palestinienne visant à enregistrer les Palestiniens exilés comme électeurs et a fait campagne pour des élections directes au Conseil national palestinien. Elle travaille actuellement comme coordinatrice de la promotion des droits à la Coalition civique pour les droits des Palestiniens de Jérusalem.

 

Traduction Catherine G. Pour l’Agence Média Palestine.

Source: Al Shabaka

 
 
http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/04/24/parler-de-la-palestine-quel-cadre-danalyse-quels-objectifs-et-quels-messages/
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:33

MEE : Quand Benyamin Netanyahou déclare qu’il ne négociera pas tant que les Palestiniens ne reconnaîtront pas le caractère juif de l’État d’Israël, qu’est-ce que cette notion signifie ?

HL : C’est une question de légitimité. Les Palestiniens ne pourront pas reconnaître qu’Israël est un État juif, car cela justifierait leur expulsion. Ils peuvent reconnaître qu’il existe un État juif, qu’il existe un peuple juif en Palestine, mais ils ne peuvent pas reconnaître la légitimité du sionisme car ce serait reconnaître comme légitime leur expulsion d’une grande partie de leur pays. De plus, Benyamin Netanyahou joue sur les mots : Israël n’est pas l’État juif, mais l’État du peuple juif, ce qui n’est pas la même chose.

Il faut un retour à l’Histoire pour trouver une formule qui montrerait que le mouvement sioniste a porté tort à la population palestinienne, ce qui ne suppose pas automatiquement un droit au retour. Cela avait été envisagé au Sommet de Taba en janvier 2001. On prenait en compte pour la première fois l’importance des « narratives », ou la théorie du récit.

MEE : Comment jugez-vous la position française ? La France a été critiquée tant par les Israéliens que par les Palestiniens lors de l’initiative de la Conférence de Paris en janvier dernier.

HL : À l’aune de l’Histoire, la position gaullienne souhaitait au final sauver les Israéliens d’eux-mêmes. Pour de Gaulle, puis pour Pompidou, il fallait qu’Israël évacue les territoires occupés pour obtenir la paix. En cela, on ne peut pas dire que la position française ait été pro-arabe. Ce sont les pays arabes qui se sont alignés sur la position gaullienne et non l’inverse, au bout d’un certain nombre d’années. Sous Giscard puis Mitterrand, car il y a eu entre les deux une forme de continuité, la France se pensait comme ayant un rôle pédagogique, consistant à habituer les acteurs à une reconnaissance mutuelle et à une solution à deux États. C’est le sens du discours de Mitterrand à la Knesset en mars 1982.

Les Palestiniens ont pour eux le droit, mais ils n’ont pas la force. Les Israéliens ont pour eux la force, mais ils n’ont pas le droit. Les premiers ne peuvent transformer leur droit en force et les seconds leur force en droit. L’impasse est pour le moment durable

Aujourd’hui, il n’y a plus rien de cela. Nous sommes dans des conjonctures politiques exécrables, déjà dans la région moyen-orientale, mais aussi en Europe. Certains esprits réalistes considèrent que cela ne pourra évoluer qu’en exerçant des pressions sur Israël, et particulièrement sur les colonies. Il est admis que ces colonies sont illégales, mais ces pressions supposent-elles de faire interdire les produits qui en proviennent ou de les marquer de façon distincte ?

Sur les gouvernements français, car il n’y a pas d’opposition droite-gauche sur le dossier, pèsent aussi la question de l’antisémitisme et la relation qui s’est bâtie entre les communautés juives européennes et l’État d’Israël. Il y a aussi les calculs électoraux. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a rompu ses relations avec Lafarge [l’entreprise franco-suisse avait un temps envisagé de participer à la construction du « mur Trump » au Mexique], mais elle serait plus ennuyée d’interdire à la même entreprise de vendre du ciment aux colonies israéliennes.

MEE : Au-delà de la Palestine, la grille de lecture apposée au Moyen-Orient tient à un affrontement chiites-sunnites, que ce soit au Yémen, en Syrie ou en Irak. Cette grille de lecture est-elle totalement valable ?

HL : Elle est réelle. Mais dans le moment historique dans lequel nous nous trouvons actuellement. Au XIXe siècle, la différence chiite-sunnite a eu tendance à s’amoindrir fortement. Une sorte d’œcuménisme musulman a existé, qui posait par exemple que le chiisme duodécimain (rite jafarite) est la cinquième école juridique de l’islam sunnite.

Toutefois, nous observons désormais les conséquences de la formation d’un chiisme politique, lequel, au départ, n’avait pas de relation avec le sunnisme politique. Dans les pays comme l’Irak ou le Liban, les chiites, considérés comme déshérités, formaient la masse des militants des partis communistes. C’est pour cela que les grands dignitaires chiites se sont lancés dans le politique et le social. Ce n’était pas pour contrer le sunnisme politique, mais pour combattre l’influence des partis communistes.

Au XIXe siècle, la différence chiite-sunnite a eu tendance à s’amoindrir fortement. Une sorte d’œcuménisme musulman a existé

Les choses ont changé avec la République islamique d’Iran et son ambition d’une révolution islamique mondiale. Cette ambition n’a pris que dans les milieux chiites. Le djihadisme, tel qu’il s’est développé en Afghanistan, a pris une tournure violemment anti-chiites, ce qui s’est retrouvé dans le djihadisme international des années 1990. Téhéran avait tenté d’atténuer cela, au début des années 2000, en donnant une dimension plus islamique et moins chiite à son système d’alliance. Il avait ainsi établi une alliance avec le pouvoir alaouite syrien, avec le Hamas [sunnite] de Gaza.

Après 2011, avec la guerre syrienne, le clivage est désormais essentiel. Le soulèvement a été celui d’une population à majorité sunnite contre un pouvoir qui n’apparaissait plus comme exprimant un intérêt général. Il est désormais incontestable qu’il y a une opposition chiite-sunnite qui regroupe une opposition arabe-iranienne. Même si cette dernière est totalement fausse. C’est un héritage de la pensée orientaliste du XIXe siècle qui faisait du chiisme un produit proprement iranien et du sunnisme un produit totalement arabe.

MEE : Daech s’inscrit donc parfaitement dans ce clivage ? Et que penser des ingérences extérieures ?

HL : Daech a joué de ce clivage. C’était déjà la stratégie d’al-Zarkaoui [ancien chef d’al-Qaïda en Irak] de provoquer une guerre confessionnelle pour faire exploser la société irakienne, même si, alors, Ben Laden n’était pas d’accord. Daech est l’héritier d’al-Zarkaoui.

Il faut bien comprendre que le Moyen-Orient n’est pas une donnée géographique mais une donnée géopolitique. On y trouve un jeu permanent d’ingérences et d’implications entre les acteurs locaux, régionaux et internationaux. Toutes les puissances qui deviennent importantes pensent pouvoir y jouer un rôle car elles y ont aussi des intérêts. Le jour où on ne parlera plus de Moyen-Orient mais d’Asie occidentale, comme dit l’ONU, cela voudra dire que la région sera pacifiée et ne sera plus l’enjeu d’influences extérieures. L’action principale de ces forces extérieures est d’empêcher que l’un des acteurs locaux devienne dominant. Ces mêmes puissances locales font aussi appel aux puissances étrangères pour empêcher l’émergence d’un acteur local. Cela date de plus de deux siècles.

MEE : Que penser du retour de la Russie, que veut-elle ?

HL : Je n’ai pas l’impression qu’elle le sache elle-même clairement. Il faut se rappeler que la Russie est très proche géographiquement de cette région. Le Moyen-Orient est son environnement proche. Une présence russe par éclipse se fait dans cette région depuis 1770, quand la flotte russe est entrée en Méditerranée. Il y a aussi accessoirement le rôle que la Russie s’est donné, au moins jusqu’à la Première Guerre mondiale, de protectrice des chrétiens orthodoxes de la région.

Aujourd’hui, le retour de la Russie dans cette zone lui permet de se donner l’impression qu’elle veut et peut encore assumer un rôle mondial

Aujourd’hui, le retour de la Russie dans cette zone lui permet de se donner l’impression qu’elle veut et peut encore assumer un rôle mondial. Elle n’y a pas en effet d’intérêt direct, notamment économique. Sauf celui de vendre de l’armement. Cela lui fait une bonne publicité pour son armement moderne, notamment l’armement anti-aérien. Elle a aussi l’impression de participer à la grande politique mondiale, d’avoir un rôle de stratège.

Cependant, la Russie reste une « puissance pauvre », selon l’expression de l’historien Georges Sokoloff. L’économie russe est équivalente à celle de l’Italie. Cette politique de puissance n’a pas de lien avec la réalité de son économie, d’où les sacrifices faits pour maintenir un instrument militaire qui est hors de proportion avec l’économie réelle. Depuis que Poutine s’est lancé dans cette politique de puissance, le niveau de vie des Russes a chuté de 15 %. La Russie est-elle capable de faire de la gestion à longue durée ? Elle semble pousser à une solution à toute vitesse en Syrie pour pouvoir en sortir. Mais il ne me semble pas qu’elle pourra le faire rapidement.

MEE : Pourquoi ?

HL : Car il y a la réalité du terrain et celle des conférences internationales, que ce soit à Astana ou à Genève. Sur le terrain pullulent les milices, qu’elles soient d’un côté ou de l’autre. Le régime de Bachar al-Assad n’est plus qu’un agrégat de milices. Il ne se fait pas respecter par telle milice qui contrôle telle sous-région ou telle autre. Du côté de la révolution syrienne, se trouvent les Kurdes, les islamistes, des milices locales aussi. Il n’y a pas d’autorité centralisée qui pourrait imposer que les armes cessent. C’est ce qui est inquiétant d’ailleurs sur la longue durée.

MEE : Comment interprétez-vous, en tant qu’historien, la montée des populismes, Trump, Brexit, Front national, etc. ?

HL : De nombreux phénomènes se conjuguent, d’autant plus qu’il y a un populisme de droite et un populisme de gauche. Dans la situation française, il y a l’effet de durée d’une longue crise qui date de la fin des années 1970. Le chômage a maltraité de nombreux milieux sociaux. Il faut prendre en compte aussi les héritages coloniaux. La mémoire de l’Algérie résonne encore dans des pans entiers de la société française. Autre phénomène, une classe politique qui ne tient pas forcément ses promesses électorales. Il y a un mouvement de remise en cause des élites, des classes supérieures, du cercle de la Raison.

On a eu l’impression que le patriotisme, nationalisme français, avait fortement décliné. Or, c’était faux

Des questions identitaires restent fortes aussi. On a eu l’impression que le patriotisme, nationalisme français, avait fortement décliné. Or, c’était faux. Il y a aussi toutes les complexités liées à l’intégration ou non-intégration des populations issues de l’immigration. Là se greffe la question de la subordination. Si l’Autre est défini comme différent de soi-même, on le pense dans une relation supérieure ou inférieure. Soit demeure une continuation de la posture coloniale, donc une subordination, soit, comme pour la situation actuelle, on trouve des gens issus de l’immigration qui peuvent être préfets, militaires, dans cette vaste promotion sociale réelle des gens issus de la troisième ou quatrième génération. Une classe moyenne a émergé qui est plus qu’en formation, elle est là.

 

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-henry-laurens-les-palestiniens-ont-pour-eux-le-droit-mais-n-ont-pas-la-force

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:31
 
INTERVIEW – Henry Laurens : « Les Palestiniens ont pour eux le droit mais n’ont pas la force »
 
 
 
 
#Diplomatie

L’historien prolifique, auteur notamment des cinq tomes de La Question de Palestine, éclaire pour MEE une situation moyen-orientale « compliquée », voire inextricable du fait de la multiplicité des acteurs et enjeux qui se greffent

 
Des Palestiniens se tiennent à côté des décombres de leur maison après sa démolition par la municipalité de Jérusalem, dans le quartier à majorité palestinienne d’al-Tur, à Jérusalem-Est, en septembre 2016 (AFP)
Hassina Mechaï's picture
22 avril 2017
 

 

 

Henry Laurens, professeur au Collège de France, pense le Moyen-Orient comme un système géopolitique où se déploie « un jeu permanent d’ingérences et d’implications entre les acteurs locaux, régionaux et internationaux ».

Effondrement des États, impasse israélo-palestinienne, tensions sunnites-chiites, regain d’une opposition Russie–États-Unis, règne des milices qui s’engouffrent dans ces désaccords politiques synonymes de saccages. Y a-t-il même une syntaxe des relations internationales propres au XIXe siècle, avec le retour dans la région de la Russie, une Turquie à la nostalgie toute ottomane, le cycle de conférences de paix hâtives tentant d’apporter leur solution, les rivalités diplomatiques et militaires multiples ?

Penseur du temps long, de la respiration historique profonde, Henry Laurens observe le « grand jeu » moyen-oriental, dont il livre ici quelques clés utiles.

Middle East Eye : En Israël/Palestine, vous parlez de « paix impossible ». À quoi s’attendre dans les prochaines années ?

Henry Laurens : À rien. Autant dans la décennie des années 1990, il y avait une fenêtre d’opportunité pour arriver à un règlement de paix, autant aujourd’hui, il n’y a aucune condition particulière pour cela, même si Donald Trump a donné l’apparence de vouloir lancer de nouvelles initiatives. Mais les faits sont têtus. La progression de la colonisation ne permet pas de constituer un État palestinien homogène. Pour quelles raisons, dès lors, les Palestiniens accepteraient-ils un archipel de lieux complètement isolés ?

MEE : Pour reprendre l’expression de Raymond Aron, qui qualifiait la guerre froide de « paix impossible, guerre improbable », est-ce une situation où la paix est impossible, comme vous le dites, et la guerre toujours probable ?

HL : C’est là un conflit de basse intensité comme il y en eut dans l’Histoire auparavant. En Irlande par exemple. Par définition, ces conflits de basse intensité peuvent durer très longtemps. À moins d’un bouleversement régional, pour l’instant, il ne faut s’attendre à rien. Le processus de paix est devenu au final un processus sur le processus. Sur la paix elle-même, rien n’est rassurant. Les Israéliens n’ont aucun intérêt à faire évoluer la situation car elle leur profite complètement. Ils sont isolés de l’essentiel de la population palestinienne. Ils font payer la charge de l’administration des territoires occupés à l’Autorité palestinienne, c’est-à-dire à l’Union européenne ou l’aide internationale.

Le processus de paix est devenu au final un processus sur le processus. Sur la paix elle-même, rien n’est rassurant. Les Israéliens n’ont aucun intérêt à faire évoluer la situation car elle leur profite complètement

Au-delà de cette situation qui leur profite largement, il y a l’aspect mystique, messianique, au sens politique du terme. Un ministre israélien a encore déclaré récemment que la Bible est la preuve que toute la terre d’Israël leur appartient. Ces affects religieux s’ajoutent donc à la question politique. Or, il est plus facile de céder sur le politique que sur le religieux.

Les Palestiniens ont pour eux le droit, mais ils n’ont pas la force. Les Israéliens ont pour eux la force, mais ils n’ont pas le droit. Les premiers ne peuvent transformer leur droit en force et les seconds leur force en droit. L’impasse est pour le moment durable.

MEE : L’administration Trump donne tous les signes d’un alignement sur la politique nationaliste et religieuse du gouvernement Netanyahou. Que peut-on en attendre ?

HL : Les Israéliens s’attendaient à ce que les États-Unis leur donnent leur bénédiction sur l’extension des colonies, c’est plutôt le message inverse qui leur a été envoyé par Washington ces derniers jours. Mais concrètement, dans les faits, Donald Trump n’y connaît rien. Il annonce qu’il veut faire « un deal », mais si on était dans une logique de deal, on y serait arrivés dans les années 1990, lors du processus dit d’Oslo.

Donald Trump reprend, au final, ce qu’a fait Barack Obama. Il y a des contraintes dont il commence à tenir compte. Au fond, je note plus une continuité qu’une rupture entre l’administration Obama et celle de Trump.

Quant à l’annonce du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, c’est un rituel diplomatique américain. Tous les ans, le Congrès fait une recommandation demandant le transfert. C’est aussi une question régulièrement posée par les candidats à l’élection, qu’ils finissent par oublier une fois élus.

 

 


Pour l'historien Henry Laurens, à moins d’un bouleversement régional, il ne faut s'attendre à aucun progrès sur le front israélo-palestinien dans les années à venir (avec l'aimable autorisation d'Henry Laurens)
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:26

Grève de la faim : la santé du leader palestinien Marouane Barghouti s’est dégradée

Le Club des prisonniers palestiniens assure que la santé de l’homme de 57 ans s’est « dangereusement » détériorée. Plus de 1 000 détenus suivent une grève de la faim depuis huit jours.

Le Monde.fr avec AFP |

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image: http://s2.lemde.fr/image/2017/04/24/534x0/5116577_6_9cdb_le-leader-palestinien-marouane-barghouti-lors_63488c15eb18b8d81eb576f5fe8224ec.jpg

Le leader palestinien Marouane Barghouti lors d’un procès à Jérusalem en 2012.
 

L’état de santé du leader palestinien Marouane Barghouti s’est « dangereusement » détérioré, a annoncé lundi 24 avril l’association Le Club des prisonniers palestiniens au huitième jour d’une grève de la faim suivie par plus d’un millier de détenus palestiniens.

Depuis le début du mouvement, le 17 avril, responsables et observateurs palestiniens mettent en garde contre une « explosion » en cas de détérioration de l’état de santé de M. Barghouti, l’une des personnalités les plus populaires du Fatah, la principale composante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Certains brandissent la menace d’une nouvelle Intifada, du nom des soulèvements palestiniens contre l’occupation israélienne, si l’un des grévistes venait à mourir.

Cette grève de la faim a pour but de dénoncer les conditions de détention en Israël et réclamer la fin de la détention administrative – incarcération sans inculpation ni procès – à laquelle l’Etat israélien a recours.

Lire aussi : Les prisonniers palestiniens en Israël préparent une grève de la faim

Malgré le « développement dangereux » de sa santé, Marouane Barghouti, 57 ans, une figure de la seconde Intifada (2000-2005), condamnée par Israël à cinq peines de prison à vie pour meurtre et soutien au terrorisme, « refuse tout traitement », a précisé Amani Sarahneh, porte-parole du Club des prisonniers. Cette association fait autorité dans les territoires occupés (bande de Gaza et Cisjordanie) sur la question des 6 500 Palestiniens actuellement détenus par Israël.

L’administration pénitentiaire israélienne nie

Un porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne a assuré qu’« aucune dégradation de son état de santé [n’avait] été constatée » jusqu’à présent. « Si Barghouti se sent mal, il n’a qu’à s’alimenter », a-t-il lancé à l’Agence France-Presse (AFP). D’autres détenus palestiniens qui n’ingèrent depuis le 17 avril que de l’eau et du sel pâtissent « des effets dangereux de la grève », a ajouté ce porte-parole.

La direction de la prison israélienne où M. Barghouti a été transféré et placé à l’isolement dès les premières heures de sa grève de la faim, lundi 17 avril, a pressé le leader palestinien d’accepter un traitement et a même chargé d’autres prisonniers de le convaincre, en vain, assure le Club.

Ce grand rival du président Mahmoud Abbas au sein du Fatah a entamé un bras de fer avec les autorités israéliennes, mais il peine à mobiliser au-delà des murs des prisons. Des manifestations ont eu lieu à travers la Cisjordanie et la bande de Gaza, parfois émaillées d’affrontements, toujours limités cependant.


http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/04/24/greve-de-la-faim-la-sante-du-leader-palestinien-marouane-barghouti-s-est-degradee_5116578_3218.html#sLjOSfHDmVu6CJGm.99

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:21
Israël s’acharne sur les grévistes de la faim
 
 
 
 
dimanche 23 avril 2017 / 6h:37
Photo: Ahmad Al-Bazz/Activestills.org
 
1er août 2012 - L'ancien prisonnier palestinien Khader Adnan participe à une manifestation àNaplouqe - Cisjordanie occupée - en solidarité avec des prisonniers palestiniens en grève de la faim: Samer Barq, Hassan Safadi, Ayman Sharawna et Raed Jamal - Photo: Ahmad Al-Bazz/Activestills.org
 
 
 
 
 
 
 
Charlotte SilverIsraël punit les grévistes de la faim qui ne font que réclamer leurs droits.

 

Des centaines de prisonniers palestiniens sont entrés dans leur sixième jour de grève de la faim ce samedi, tandis que les autorités israéliennes ont renforcé leurs mesures punitives dans le but d’affaiblir l’action collective.

Le 17 avril, 1500 Palestiniens ont entamé une grève de la faim de masse avec une longue liste de demandes, y compris des soins et des conditions médicales améliorés et plus de visites familiales.

Alors que plusieurs des grévistes ont déjà été hospitalisés, les dirigeants israéliens refusent toute négociation sur les demandes des prisonniers.

« En ce qui concerne la grève de la faim des terroristes dans les prisons israéliennes, je prends l’approche de Margaret Thatcher », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, sur Facebook, en référence à l’ancien Premier ministre britannique qui a notoirement fait mourir plusieurs grévistes de la faim irlandais en prison en 1981.

Israël détient actuellement plus de 6000 prisonniers politiques palestiniens. Des centaines d’entre eux sont détenus sans aucune accusation ou procès, et des milliers après des procès devant les tribunaux militaires d’Israël qui ont un taux de condamnation de près de 100%.

S’attaquant aux dirigeants de la grève, les autorités israéliennes ont commencé à confisquer des effets personnels et des vêtements, à interdire la télévision, à déplacer de force les grévistes dans différentes sections des prisons et à placer des dizaines d’autres en isolement cellulaire.

« Dans les prisons de Nitzan et de Ramla, des fonctionnaires israéliens ont utilisé des chiens policiers contre les détenus palestiniens en grève de la faim et confisqués les exemplaires du Coran que possédaient les prisonniers », a déclaré l’agence de presse Ma’an ce samedi, faisant référence à la Société des prisonniers palestiniens.

 

Représailles pour l’article du New York Times

 

Parmi ceux qui sont placés en isolement, se trouvent Marwan Barghouti, qui a été à l’initiative de la grève de la faim en masse, et Karim Younes, le Palestinien qui aura purgé la plus longue peine ininterrompue dans une prison israélienne.

Marwan Barghouti, un personnage éminent du mouvement du Fatah, pourrait être encore puni pour son article publié dans The New York Times le 16 avril expliquant les raisons de la grève.

Le Comité palestinien pour les affaires de prisonniers a cité des accusations d’Israël selon lesquelles la femme de Barghouti « a sorti en contrebande » l’article de prison.

Mais le ministre israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan, a déclaré que les autorités essayaient de savoir s’il s’agissait de ses avocats.

Erdan a ajouté que si on découvre que ses avocats ont aidé Barghouti à publier l’article, ils pourraient être interdits de le visiter.

Michael Oren, ancien ambassadeur américain en Israël qui travaille maintenant pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a suggéré que The New York Times a peut-être joué un rôle.

« Si quelqu’un dans le journal l’a aidé [à sortir l’article hors de prison], The New York Times devrait en être tenu responsable », a déclaré Oren, suggérant que le bureau de Jérusalem du journal pourrait être fermé.

Ma’an News Agency a signalé que les avocats ont déjà été empêchés de visiter la prison d’Ashkelon et que l’accès à d’autres prisons a été impossible.

Les avocats représentant des prisonniers en grève boycottent maintenant les tribunaux militaires israéliens.

 

Harceler les grévistes de la faim

 

Le ministre de la sécurité publique Erdan, comme Lieberman, a promis d’ignorer les demandes des grévistes de la faim.

« Il n’y a pas de véritable justification pour cette grève », a déclaré Erdan. « Les terroristes ne sont pas en prison pour obtenir de bonnes conditions de vie. Ils sont là pour être punis. Une grève de la faim ne devrait pas changer notre comportement en tant qu’État envers les prisonniers ».

Erdan a été à l’initiative d’une loi en 2015 visant à légaliser le gavage de force des grévistes palestiniens de la faim, quand il a comparé les grèves de la faim aux attaques-suicides.

Jeudi, des Israéliens ont organisé un barbecue sur le parking de la prison d’Ofer – où les prisonniers palestiniens ont refusé de manger depuis plusieurs jours – pour « célébrer la grève de la faim ».

Les participants au barbecue sont affiliés au parti fasciste du Jewish Home Party, membre du gouvernement de coalition de Netanyahou.

Plusieurs dizaines de détenus auraient décidé de s’alimenter à nouveau après cinq jours de grève, mais ils ont été remplacés par des centaines d’autres qui ont rejoint le mouvement de protestation.

A1 * Charlotte Silver est une journaliste américaine indépendante vivant à San Francisco, et qui a vécu plusieurs années en Cisjordanie.

 

Articles de la même auteure.

24 avril 2017 – The Electronic Intifada – Traduction : Chronique de Palestine

 

 

http://chroniquepalestine.com/israel-acharnement-contre-grevistes-de-faim/

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:11

Une nouvelle colonie implantée en Cisjordanie

 
 
 
 
Une nouvelle colonie implantée en Cisjordanie
 
 
Vue de Turmus Ayya, en Cisjordanie.
 
 

 

C’était une promesse de Benyamin Netanyahu.

Alors que la justice l’obligeait à faire évacuer une colonie considérée comme construite sur des terres privées palestiniennes, le Premier ministre israélien – qui gouverne avec le parti pro-colon – avait promis de construire une nouvelle colonie pour les évacuer.

Il y a trois semaines, le gouvernement a officiellement donné son accord à cette nouvelle communauté juive en Cisjordanie, la première autorisée par l’exécutif en 25 ans.

Cette fois-ci, les terres sont considérées comme publiques.

Mais pour les Palestiniens qui habitent dans le coin, cette construction est lourde de conséquences.

 

Reportage à Turmus Ayya dans le nord de la Cisjordanie

 

http://www.rfi.fr/emission/20170423-une-nouvelle-colonie-implantee-cisjordanie

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 04:59

Une nouvelle colonie implantée en Cisjordanie

 
 
 
 
Une nouvelle colonie implantée en Cisjordanie
 
 
Vue de Turmus Ayya, en Cisjordanie.
 
 

 

C’était une promesse de Benyamin Netanyahu.

Alors que la justice l’obligeait à faire évacuer une colonie considérée comme construite sur des terres privées palestiniennes, le Premier ministre israélien – qui gouverne avec le parti pro-colon – avait promis de construire une nouvelle colonie pour les évacuer.

Il y a trois semaines, le gouvernement a officiellement donné son accord à cette nouvelle communauté juive en Cisjordanie, la première autorisée par l’exécutif en 25 ans.

Cette fois-ci, les terres sont considérées comme publiques.

Mais pour les Palestiniens qui habitent dans le coin, cette construction est lourde de conséquences.

 

Reportage à Turmus Ayya dans le nord de la Cisjordanie

 

http://www.rfi.fr/emission/20170423-une-nouvelle-colonie-implantee-cisjordanie

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 10:00
Palestine : les conversations de

Noam Chomsky et d’Ilan Pappé

rapportées par Frank Barat

 
 
 
mardi 12 avril 2016 par Franck Barat

Dans "Palestine", Noam Chomsky et Ilan Pappé, deux ardents défenseurs de la cause palestinienne, mènent une longue conversation dirigée par Frank Barat, militant des droits de la personne. Nous avons rencontré ce dernier afin de renouveler nos clefs de compréhension sur la question palestinienne. Selon eux, il s’agirait depuis le début d’un cas évident de colonialisme et de dépossession. Entretien coup de poing.

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De gauche à droite : Frank Barat, Ilan Pappé et Noam Chomsky


Comment est né le livre-conversation entre Noam Chomsky et Ilan Pappé que vous dirigez ?

« Palestine » est la suite de notre collaboration sur « Palestine, l’état de siège » née d’un premier entretien que nous avions fait en 2007, « Le champ du possible ». J’avais, à l’époque, sans grand espoir à vrai dire, contacté Noam Chomsky, pour lui demander s’il serait d’accord de participer à un entretien croisé avec l’historien Ilan Pappé. A ma grande surprise, Noam a répondu positivement très rapidement. Les premiers entretiens, y compris ceux pour « Palestine, l’état de siège » furent par email, mais pour « Palestine », je tenais vraiment à ce que cela soit interactif. Nous sommes donc partis à Boston avec Ilan Pappé pour y rencontrer le Professeur Chomsky et avons passé deux jours ensemble. Cela rend le livre meilleur à mon avis, plus intéressant. Cela nous a permis d’aller au fond des choses, de les decortiquer. Je suis vraiment satisfait de la qualité et pertinence des échanges dans « Palestine », les deux auteurs s’étant vraiment ouverts, sans tabou.

La situation en Palestine est analysée sous le prisme du colonialisme et de la dépossession semblable à l’apartheid sud-africain. Pourquoi est-ce selon vous pertinent ?

C’est pertinent car c’est la réalité du terrain. C’est aussi un fait historique qui a trop longtemps été mis de coté. La question palestinienne est une question coloniale. Ce n’est pas une question de religion ou de deux peuples se battant pour la même terre. Les palestiniens et les juifs vivaient relativement paisiblement avant l’avènement du mouvement politique sioniste et l’immigration massive des juifs vers la Palestine. Et cela date de bien avant la deuxième guerre mondiale et le génocide juif, qui n’a fait qu’accélérer un processus déjà en marche depuis la fin du XIX siècle. Ce colonialisme de peuplement, qui s’est passé grâce au nettoyage ethnique de 1947/1948, a commencé avant la guerre de 48, (guerre qui a servi d’excuse à Israël pour le justifier, mais cela ne tient donc pas la route, puisque dès décembre 47, les Palestiniens furent expulsés par des groupes tel que le Irgun, la Haganah et le Stern Gang), s’est ensuite transformé en occupation militaire, et maintenant, après plus de 60 ans, en régime d’apartheid. Il est donc important de le dire, et d’en parler. La création de l’état d’Israël ne tient en aucun cas d’un miracle. C’est une opération politique, militaire et de nettoyage ethnique qui a permis à Israël de « naître ».

Le conflit israélo-palestinien est le théâtre d’une véritable « guerre des mots » où deux récits très structurés s’affrontent. Quel impact cela a-t-il sur le traitement de la question palestinienne ?

Un impact énorme. Pendant longtemps, les sondages ont montré que l’opinion publique dans sa majorité, croyait que la Palestine occupait Israël ! C’est fou. Une réussite incroyable pour la machine de propagande israélienne. Les médias de masse ont grandement et continuent toujours d’ailleurs, d’alimenter ce mythe et de créer cette image complètement fausse de la réalité. Mais cela change, petit à petit, les chiffres le montrent. Les gens ont maintenant conscience que ce qui se passe sur place n’est pas tel que les médias et nos gouvernements nous l’expliquent. En revanche, il est toujours très difficile pour les Palestiniens de se débarrasser de l’image de terroriste qu’on leur a collé dessus depuis le début. Le traitement de la question palestinienne par les médias de masse est grossier, pour parler poliment. Par exemple, a- t-on beaucoup parlé en France de l’exécution d’un Palestinien par un soldat israélien, filmée, alors que celui-ci était au sol, blessé ? Non, imaginez si l’homme par terre avait été Israélien. Tout sur sa vie aurait été connu : son nom, son activité professionnelle, ses goûts, ses parents et sa petite amie auraient été interviewés....

La déshumanisation des palestiniens par les médias de masse est quelque chose qui faut combattre au jour le jour. Quant aux récits, il est vrai que le récit israélien est très structurés, très bien fait, mais il fait souvent penser à une fiction, car très peu réaliste. L’idée du petit pays (alors qu’Israël possède l’une des plus redoutables armées au monde) entourés de sauvages qui veulent lui faire la peau, l’idée du David contre Goliath, du miracle israélien, du « un pays sans peuple pour un peuple sans pays »....oui, c’est très bien fait, comme un bon film hollywoodien. Le récit palestinien lui, est parfois moins bien ficelé, mais c’est parce qu’il est réel. La réalité n’est jamais parfaite.

Territoires occupés vs disputés, terroristes vs résistants, … décrire la situation avec une certaine neutralité est souvent un casse-tête pour les commentateurs. Est-ce selon vous possible ou est-il inévitable de prendre parti dès lors que l’on utilise tel ou tel mot ?

Ne pas prendre parti devant une situation d’injustice est la même chose que prendre parti pour l’oppresseur. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Desmond Tutu, figure mythique du mouvement contre l’apartheid sud-africain. Maintenant les journalistes des médias de masse me font doucement rigoler, avec leur impartialité et leur neutralité. C’est de la foutaise. Quand on est face a une puissance occupante et un peuple occupé, qui lutte pour sa liberté, comment rester neutre ?

Les journalistes, pas tous bien sûr, car certains indépendants font un travail formidable, restent neutre, en général, pour sauver leur gagne pain et leur emploi. Après, certains « grands » journalistes vous diront que l’on ne leur a jamais demandé de changer un mot de leurs articles et qu’ils ne sont donc pas censurés. Mais encore une fois ils se trompent, l’auto censure est tellement ancrée en eux qu’il ne s’en rendent même pas compte, donc leurs patrons n’ont pas besoin de les rappeler à l’ordre. Le choix des mots est crucial, vous avez raison, car c’est un choix idéologique et politique. Cela est vrai pour la question palestinienne mais aussi pour tout autre questions sociales.

Vous invitez donc à renouveler le vocabulaire sur la question palestinienne. Que proposez-vous sur le plan sémantique ?

C’est important, car le vocabulaire utilisé jusqu’à présent est le vocabulaire proposé par Israel. Il faut donc revenir à la réalité du terrain. Parler de colonialisme, d’occupation, d’apartheid, de résistance, de complicités internationales, des pays, des multinationales et des institutions. Il faut arrêter de parler de « conflit » qui renvoi à un combat de boxe. Ce n’est pas le cas sur le terrain. Il y a un occupé et un occupant. Point.

Au-delà des mots, quelle est la réalité de la situation en Palestine sur le plan des droits de la personne ?

Elle est sombre. Très sombre. Les droits humains les plus élémentaires des Palestiniens sont bafoués quotidiennement. L’accès à la santé, à l’éducation, à la système juridique juste, le droit de mouvement, les droits de la famille, les droits de l’enfant, les droits civiques les plus basiques, le droit de construire un logement, d’exercer une profession de son choix (je pense la aux pêcheurs de Gaza par exemple) d’ouvrir une école, une garderie, une plaine de jeux...tout doit passer par l’occupant, qui valide ou ne valide pas, la plupart du temps les demandes des Palestiniens. On assiste donc toujours, par exemple, à une répression terrible des manifestations pacifiques, ou l’on dénombre de nombreux morts parmi les Palestiniens, des blessés graves....L’impunité d’Israël est telle qu’ils font ce qu’ils veulent sur le terrain, sachant très bien qu’aucun pays ne viendra leur dire de changer d’attitude. C’est grave, mais la société civile s’organise de mieux en mieux et arrive doucement à des résultats forts, qui vont petit à petit changer les choses sur place.

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Crédits : Pixabay

Selon vous, la Palestine serait devenue un laboratoire dédié aux méthodes d’oppression. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Israël et son économie vivent grâce a la guerre. Israël se vante d’être en expert en lutte anti-terrorisme, en sécurité, ce qui est, à l’époque dans laquelle on vit, très important. La société d’armes israéliennes Elbit par exemple, met en avant sur ses prospectus, ses prouesses dans les territoires occupés, Gaza compris. Israël importe le « conflit » à l’international. Les experts qui ont construit le mur de l’apartheid, sont impliqués dans la création du mur à la frontière mexicaine. Les commandos israéliens forment les forces spéciales de nombreux pays, et la police israélienne est consultée à chaque attaques terroristes en Europe ou ailleurs. Israël en toute impunité, peut donc se servir des territoires occupés, et de Gaza en particulier, comme « training ground ». Pour ses soldats, ses armes, ses bombes, ses missiles....et ensuite dire au monde entier « regardez comme nous sommes forts, regardez comme nous matons notre ennemi. Vous pouvez faire pareil vous savez, il vous suffit d’acheter nos armes, d’étudier nos techniques... ».

Israël ne parle pas du fait, bien entendu, que les gens et le peuple qu’ils matent, sont loin d’avoir le même arsenal militaire et sont enfermés entre des murs et des barbelés....Cela ne fait pas parti de l’histoire qu’Israël veut vendre au monde entier. Si l’on remet cela dans un contexte plus global, c’est encore plus dangereux. En effet alors que le mouvement de solidarité continue a dire, justement, qu’Israël n’est pas une démocratie, nous assistons à une "israélisation de nos sociétés", comme en France par exemple, avec un état d’urgence prolongé, des mesures répressives dures à l’encontre des mouvements sociaux...petit à petit, Israël va définir ce qu’est vraiment une démocratie.................(......).................

 

 

Palestine

Noam Chomsky, Ilan Pappé

Entretiens dirigés par Frank Barat
Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé
Ouvrage publié aux Editions Ecosociété
« Plomb durci » (2008-2009), « Pilier de défense » (2012), « Bordure protectrice » (2014) : les trois dernières offensives militaires d’envergure menées par Israël contre Gaza ont fait des milliers de morts du côté palestinien et donné lieu à de nouvelles expropriations de terres en Cisjordanie. Ces guerres de conquête israélienne ont ravivé, chez les militant.e.s de la justice sociale, le besoin d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien et l’importance de renouveler le vocabulaire politique lié à cette question.

Noam Chomsky est linguiste, analyste des médias et professeur au Massachusetts Institute of Technology. Il est célèbre dans le monde entier pour ses écrits, notamment les livres suivants aux Éditions Écosociété : L’an 501, Le pouvoir mis à nu, Le nouvel humanisme militaire, Les dessous de la politique de l’Oncle Sam, Propagandes, médias et démocratie, Quel rôle pour l’État ?, Israël, Palestine, États-Unis : le triangle fatidique et La poudrière du Moyen-Orient.

Ilan Pappé est professeur d’histoire à l’Université d’Exeter et directeur du Centre européen d’études sur la Palestine.

Frank Barat est activiste et l’un des coordinateurs du Tribunal Russel sur la Palestine.

http://ecosociete.org/livres/palestine

 
 
 
 
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 09:53

L’ONU accusée de censure par les Palestiniens

 
 
 

Des consignes d’une agence des Nations unies concernant des manuels scolaires font polémique.

LE MONDE | | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

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image: http://s2.lemde.fr/image/2017/04/22/534x0/5115505_6_c202_des-eleves-palestiniens-a-al-bireh-pres-de_0ed97a25f258088c318981802df12785.jpg

 
 

Les manuels scolaires sont un terrain classique du conflit israélo-palestinien. Chaque camp accuse l’autre de propagande nationaliste, de racisme et de déformation historiographique. Mais cette fois, la polémique a pris une telle tournure qu’elle a placé l’UNRWA en difficulté. Fondé en 1949, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient est accusé par certains responsables à Ramallah de tentative de censure. Le 17 avril, soucieux d’atténuer ces tensions, le commissaire général de l’UNRWA, Pierre Krähenbühl, a rencontré le premier ministre Rami Hamdallah. Trois jours plus tôt, le ministre palestinien de l’éducation avait annoncé la suspension de toute coopération avec l’Office, une annonce non confirmée par le seul véritable décideur, le président Mahmoud Abbas.

Le courroux palestinien a pour origine la révélation dans la presse de l’existence de consignes données par l’UNRWA à ses enseignants, chargés de 50 000 élèves dans 96 établissements en Cisjordanie, ainsi que de 240 000 jeunes dans la seule bande de Gaza. Ces consignes, perçues comme une atteinte à la souveraineté nationale, figurent dans un document du département de l’éducation de l’Office, que Le Monde a pu consulter. Destiné aux élèves des premières classes, il est intitulé « Problèmes et scénarios alternatifs ». Son objectif : signaler aux enseignants les passages controversés dans les manuels (sciences, éducation islamique, études sociales, mathématiques et arabe), puis proposer une expression de substitution.

Glorification des « martyrs »

Dans ses écoles en Jordanie et au Liban, l’UNRWA utilise depuis le milieu des années 1950 les manuels publiés par ces pays, afin de préparer les élèves aux examens nationaux. A partir de la fin des années 1990, la mission a fait de même dans les territoires palestiniens occupés. Mais son département de l’éducation continue d’analyser avec attention les nouvelles publications, guettant les exercices ou les commentaires considérés comme inappropriés : non seulement par rapport au conflit israélo-palestinien, mais aussi sur le plan de la parité, de la mixité et de la non-violence. L’UNRWA n’a pas de mandat pour procéder d’autorité à des changements dans les programmes. En revanche, elle peut transmettre des consignes aux enseignants déployés dans ses centaines d’établissements. « C’est la politique de l’UNRWA de s’assurer que les manuels correspondent aux valeurs des Nations unies », se contente de souligner son porte-parole, Christopher Gunness.

Début avril, un rapport d’un organisme privé israélien, l’Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education (IMPACT-SE), avait dénoncé une « détérioration alarmante » dans le contenu des manuels, en soulignant la glorification des « martyrs » palestiniens, victimes de l’occupation.

En une quarantaine de pages, le document de l’UNRWA permet de saisir ce qui pose problème aux yeux de ses spécialistes, soit 3 % des contenus, selon une source interne. Toute référence explicite au conflit, aux colonies, aux soldats israéliens, aux violences qu’ils exercent sur les Palestiniens, est écartée.

Ce souci va même jusqu’à rejeter une allusion au mur de séparation. Un ­passage faisant référence aux ­ambulances palestiniennes, confrontées à des risques et des ­obstacles en raison de l’occupation, est aussi refusé. A la place d’une photo montrant un char et une barrière bloquant des ambulances, ­l’UNRWA propose de discuter avec les élèves de la question suivante : « L’aide humanitaire doit-elle être entravée ? »

« Problème de neutralité »

De la même façon, l’Office relève le « problème de neutralité » causé par l’image d’une maison détruite par les Israéliens. Les cartes géographiques posent aussi un souci, dès lors qu’elles mentionnent par exemple la « Palestine historique », sans les noms des villes israéliennes, ou bien évoquent Jérusalem comme capitale palestinienne, alors que le statut de la cité ne doit être déterminé, selon l’ONU, qu’au terme des négociations de paix.

Dans son bureau à Ramallah, Tharwat Zeid fait face à tous les manuels, dont les plus récents, ceux qui sont débattus, ont été mis en circulation en septembre 2016.

Le responsable des ­programmes scolaires, sous l’autorité du ministre de l’éducation, réfute toute incitation à la violence dans les textes et revendique un enseignement national, qui tient compte de « l’environnement quotidien palestinien ». Il rejette donc les critiques adressées par l’UNRWA. « Ces recommandations représentent les intérêts israéliens et cherchent à satisfaire le donateur américain », dit-il.

Les Etats-Unis sont le premier contributeur de l’UNRWA, à hauteur de 368 milliards de dollars (344 milliards d’euros), soit le tiers de son budget. « Quand le mot “occupation” est mentionné, l’Office change de sujet, note Tharwat Zeid. L’UNRWA prétend être neutre, mais les enseignants n’ont pas accepté cette prétendue neutralité. »

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/04/22/l-onu-accusee-de-censure-par-les-palestiniens_5115506_3218.html#BJbD1Q1ep2Q6BEQI.99

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