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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:44
La libération de Mossoul : ses conséquences pour l’Irak et pour la lutte contre le djihadisme
 
 
 
Interview
12 juillet 2017
Le point de vue de Karim Pakzad
 
 
 
 
   
Lundi 10 juillet, le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi a annoncé que la ville de Mossoul a été presque totalement libérée par l’armée irakienne, après neuf mois de combats.
Le point de vue de Karim Pakzad, chercheur à l’IRIS.
 

Quelle est la portée stratégique de la libération de Mossoul ?

La libération de Mossoul est importante aussi bien pour l’Irak que pour la communauté internationale. Pour l’Irak, Mossoul a une dimension considérable en tant que deuxième ville du pays. Elle est de plus considérée comme la capitale historique et culturelle de la communauté arabe sunnite ; elle fournissait notamment à l’armée de Saddam Hussein la plupart de ses officiers et cadres. Economiquement également, la ville - au carrefour de plusieurs voies de communication et d’échanges entre l’Irak, la Turquie et la Syrie - a une importance géopolitique considérable.

En juin 2014, Mossoul a été le symbole de la défaillance de l’État irakien dont l’armée n’avait pas pu résister plus de 24 heures à l’avancée de Daech, alors même qu’elle était matériellement supérieure à l’organisation terroriste. Aujourd’hui, la reprise de la ville est donc extrêmement importante sur le plan symbolique car elle marque le retour en puissance de l’armée irakienne.
 
Certes, la libération de Mossoul a été rendue possible grâce à la contribution d’une coalition internationale en termes de renseignements, d’informations et de couverture aérienne ; cependant, c’est bien l’armée irakienne et ses alliés qui ont pu libérer la ville. Plusieurs forces y étaient en guerre contre Daech : l’armée irakienne, des forces d’élite – notamment formées par les soldats français -, ainsi que des forces combattantes armées kurdes, arabes sunnites et chiites.
 
Qasem Soleimani, le chef de l’armée de Qods (branche des opérations extérieures des Pasdaran) a notamment révélé l’aide militaire iranienne importante fournie à l’armée irakienne et surtout aux Forces de mobilisation populaire (des milices) en déclarant à la libération de la ville : « Nos usines d’armement ont travaillé en 3x8 pour livrer plusieurs dizaines de tonnes d’armement à l’Irak ». C’est l’une des curiosités de cette guerre : les Iraniens, les Américains et les Français se trouvaient sur le même front de guerre sans être opposés les uns aux autres.

La libération de Mossoul est également importante pour la coalition internationale engagée contre Daech. Après avoir pris pied en Syrie en occupant Raqqa, la conquête de Mossoul par Daech trois années auparavant avait constitué sa plus grande conquête territoriale. La ville irakienne est ensuite devenue la capitale de l’organisation terroriste, lorsqu’Abou Bakr al-Baghdadi avait donné en juillet 2014 son premier prêche dans la mosquée d’Al-Nuri pour proclamer le califat islamique à travers le monde.
 
Au cours de ces trois dernières années et des neufs mois de guerre, Daech a transformé Mossoul en une place forte. Ses combattants se sont battus jusqu’à la dernière seconde et la dernière poche de résistance n’est tombée que lundi matin.
 

Comment envisager la reconstruction de cette ville ravagée ?

La reconstruction de Mossoul concerne deux aspects. Tout d’abord, la reconstruction matérielle de la ville puisqu’elle a été en majeure partie détruite, notamment sa zone Ouest.
Les estimations de reconstruction de Mossoul - mais aussi d’autres villes libérées auparavant comme Faloudja, Ramādī et même Tekrit - sont de l’ordre de plusieurs milliards de dollars.
 
Même si l’Irak est un pays riche, il ne pourra pas financer cette reconstruction seul, du fait de la baisse du prix du pétrole. Or, si on laisse l’Irak dans cette situation, il est possible que la crise économique et sociale aggrave de nouveau les tensions intercommunautaires et que Daech reprenne pied dans le pays.

Outre l’aspect matériel, il faut aussi penser à la reconstruction politique. Mossoul ayant été la capitale des arabes sunnites en Irak, elle cristallise les tensions communautaires sur lesquelles Daech a prospéré. Par exemple, lorsque l’organisation terroriste est entrée en 2014 à Mossoul, une partie de la population l’a accueillie du fait de son hostilité envers le gouvernement chiite de Bagdad, ainsi que de son ressentiment d’avoir perdu du pouvoir depuis la chute de Saddam Hussein. En effet, le Premier ministre de l’époque, Nourri al-Maliki, avait mené une politique autoritaire qui avait mécontenté la communauté arabe sunnite. Par la suite, la lutte contre Daech a certes pu fédérer l’ensemble des Irakiens – notamment à parti du moment où le califat a menacé l’Arabie saoudite - mais cela ne signifie pas que toutes les divergences ont disparu entre sunnites et chiites, ainsi qu’entre Bagdad et les Kurdes.
 
Le gouvernement irakien se doit donc de bien gérer l’administration de Mossoul et sa population sunnite. Depuis trois ans, Haïder al-Abadi a montré sa capacité à fédérer contre Daech et à satisfaire la communauté arabe sunnite. S’il continue sur cette voie, l’Irak pourra peut-être, avec l’aide de la communauté internationale, surmonter ses tensions communautaires mais le chemin pour y parvenir s’annonce long et difficile.


Que change cette reprise de Mossoul pour Daech ?

Avec la perte de son siège principal à Mossoul, Daech a subi un coup mortel. Si dans les mois qui suivent, l’organisation terroriste perd également Raqqa – actuellement encerclée par les forces kurdes et arabes -, alors on pourra dire que Daech en tant qu’entité étatique aura disparu. En effet, avec la perte de ces deux villes, Daech n’exercera plus autant d’attraction envers les individus radicalisés qui souhaitent le rejoindre pour faire le djihad.

Néanmoins, cela ne signifie pas que Daech ait disparu, loin de là. L’organisation dispose encore de réseaux partout en Irak, notamment à Falloujah et à Bagdad. De plus, depuis trois ans l’organisation est devenue plus menaçante pour les États par son implantation et par l’adhésion de groupes djihadistes à son autorité, ainsi que par ses actions terroristes au Moyen-Orient, au Maghreb, en Afrique du Nord et en Asie. Daech dispose même de combattants parmi les Kurdes iraniens comme l’a montré l’attentat contre le mausolée de Khamenei et le Parlement iranien le mois dernier.

Aujourd’hui, la priorité pour la communauté internationale est donc de mettre en place une politique cohérente de lutte contre l’organisation terroriste sur le plan idéologique et politique. En Irak, il faut porter une attention particulière à la reconstruction des villes et aider le gouvernement irakien à mener à bien la lutte contre Daech, qui se poursuivra notamment sur le plan du renseignement.
 
 
 
 
 
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:41

ANALYSIS: Back with a vengeance? Saleh lining up Yemen return

 

 

Reports say the UAE is trying to convince Saudi allies to dump Yemen's president Abd Rabbuh Hadi and reinstall Ali Abdullah Saleh

 
Former president Saleh has been biding his time in the shadows of Yemen's war (AFP)
Arwa Ibrahim's picture
Last update: 
Thursday 13 July 2017 20:13 UTC
Topics: 

His downfall was the harbinger of a war that has killed 10,000, sparked a cholera epidemic and left millions more facing starvation. But unlike many of his former subjects, the fortunes of Ali Abdullah Saleh, Yemen's hated former president, could be on the up.

According to reports Saudi Arabia, at the behest of the UAE, is considering dumping the current elected head of state, Abd Rabbuh Hadi, and switching to Saleh in an attempt to end the war it entered to ostensibly protect Hadi from the lightning advance of the Iranian-backed Houthi movement.

Saleh did not disappear after his 2011 downfall during Yemen's "Arab Spring". His loyalists in the military sided with the Houthis - a masterstroke of political survival given the bitter wars they had fought against the movement while in power. 

Such a Saudi decision, analysts say, would be as confused as the war itself, where loyalties shift by the day, former allies turn on each other and enemies make up behind the scenes. And, if correct, there would be huge implications for the future of not only the Arab world's poorest country, but also for those seeking to steer its course.

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EXCLUSIVE: Yemen president says UAE acting like occupiers

According to a report on Intelligence Online, a French website, Ahmed al-Assiri, a Saudi spymaster and the right-hand man of Saudi crown prince, Mohammed bin Salman (MbS), travelled to Abu Dhabi late last month to meet Ahmed Saleh, the son of the former president and once Yemen's ambassador to the UAE.

The visit reportedly involved negotiations about the formation of a new Yemeni government with either Saleh himself, his son, or a trusted lieutenant at its head.

According to the report, since the appointment of MbS last month, Riyadh has been more open to the idea of "a return to power of the former Yemeni president".

The French report suggested the Gulf states were considering the former Yemeni prime minister, Khaled Bahah, sacked by Hadi last year, as his replacement. 

Middle East Eye reported in June that MbS was told by the UAE that he should ditch the enfeebled Hadi, who still lives in exile in Riyadh, in preference for Bahah.

 

 


Yemen President Abd Rabbuh Hadi - seen here on posters - is rapidly falling out of favour (AFP)

Yemen expert Nadwa al-Dawsari said reports of the deal could be true, and the prospects of such a settlement would be devastating for Yemen.

"If these reports are true, such a settlement will not solve Yemen's problems nor address the main causes behind the war, which lie in the fact that power is concentrated in the northern elite represented by Saleh, his family and patronage networks," said Dawsari, a senior non-resident fellow at the Project for Middle East Democracy.

"Bringing in his son [Ahmed Saleh], or anyone else from Saleh's camp, as the next key figure will only fuel the grievances that led to the war."

It was unlikely the majority of Yemenis would accept such a move either, she added.

While Yemen expert Baraa Shiban doubted the credibility of the reports, he believed there had been "a clear attempt" by the UAE and some elements within the Saudi government and intelligence "to attract and convince groups within Saleh's party to join their camp".

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Mohammed bin Salman, Saudi Arabia's prince of chaos

Shiban, a human rights activist, said however he believed it was unlikely that Saudi Arabia would be tempted to support such a plan or that the Saudi spymaster Assiri would have met with Ahmed Saleh.

According to Shiban, although there has been increasing tension between Hadi and the UAE, it was unlikely that the Gulf powers would be looking to replace him at the moment.

"There is a feeling in the region and internationally that Hadi may not be fit as a leader for the country, but no one is ready to replace him," Shiban told MEE.

Shiban said the reports were complicated by the fact Saleh's son was sanctioned by the UN in April 2015 as a result of Saudi pressure on the UN Security Council do so.

He said the plan would harm Saudi relations in Yemen and also its wider security interests.

"The relationship between Saudi Arabia and the Yemeni groups are tribal relations that have been developed over a long period of time," he said.

"It is unlikely that Riyadh will suddenly switch alliances and dismiss its relations with the many Yemeni tribes that have opposed Saleh.

"Furthermore, such a plan could lead to the separation of Yemen which could lead to the creation of a very hostile north that can be easily manipulated by Iran."

 

 


Political horse trading has seen Saleh align with Houthi leader Abdul Malik al-Houthi (AFP)

 

Friction at court

Reports of increasing friction between the UAE and Hadi have built a head of steam in recent months, and threaten to explode. 

In May, Middle East Eye revealed that Hadi accused Mohammed bin Zayed, the crown prince of Abu Dhabi who has taken a lead in the Yemen campaign, of behaving like an occupier rather than its liberator.

Hadi responded by sacking two men close to the Emiratis: Aden's governor Aidarus al-Zubaidi, and Hani Ali bin Braik, a minister of state and general commander of the forces of the Security Belt, run by the UAE.

During the same week, Dhahi Khalfan Tamim, Dubai's former head of security, said on Twitter that "replacing Hadi is a Gulf, Arab and international demand".

Their plan was to bomb Houthis to submission and that clearly didn't work

- Nadwa al-Dawsari

The feud between the two sides has threatened to split the Saudi-led alliance of forces that is fighting the Houthis in Yemen.

The Saudi-backed campaign has now lasted two years and the Houthi rebels show no signs of being dislodged from the capital Sanaa.

Dawsari believes that these reports would suggest that Saudi Arabia's strategy in Yemen is in further disarray.

"Their (Saudis') plan was to bomb Houthis to submission and that clearly didn't work. The two-year campaign is a failure. Houthis were not defeated and they are stronger, the country is disintegrating, and Yemen is the world's worst humanitarian crisis." 

Some 10,000 people have died and more than 40,000 been injured in the campaign.

But for Saleh, such a prospect might be his only chance to regain some kind of power in Yemen. 

"This agreement, if it exists, brings Saleh back to power directly or indirectly with blessings from the very people who pressed him to step down," said Dawsari.

 

 


Hadi has described Emirati troops deployed in Aden as 'occupiers' (Reuters)

 

Shifting alliances

The Houthis have been allied with Saleh since 2014 and declared their National Salvation Government, with a parliament known as the Supreme Political Council, at the end of last year.

But disputes were expected, due to the nature of the parties' alliance, which many observers see as "a marriage of inconvenience", according to Dawsari, or enemies united by war and divided over politics, with the Houthis fighting numerous civil wars against Saleh when he was in power. 

Tensions between Saleh and the Houthis broke out when the latter attempted to expand their influence into Saleh’s regions through tribes supporting him or through army camps. 

Although it is unclear from the reports what the implications of this prospective plan would be on the Houthis, analysts believe that it might lead to an end of the Houthi-Saleh alliance.

"What unified them (Saleh and the Houthis) in 2014 was revenge against their common enemies," explained Dawsari, who believes that their alliance will end at some point.

"Beyond that, they are enemies of one another and already the rift between the two is growing by the day."

 

http://www.middleeasteye.net/news/analysis-what-would-it-mean-if-riyadh-and-uae-agree-get-rid-yemens-hadi-1061002189

 
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:37

« Trump first » menace la paix au Moyen-Orient en jouant Arabie saoudite contre Qatar

 
 
 
Presse
11 juillet 2017
 
 
   
La situation très problématique dans laquelle se trouvent aujourd'hui le Qatar et les Qataris illustre, une fois de plus, à quelle vitesse la tension peut monter et même menacer la paix dans la région. Cette situation tient largement au chèque en blanc que Donald Trump a donné à l'Arabie saoudite en mai dernier pour combattre le terrorisme islamiste –émanant selon lui de Iran-, contre la signature de juteux contrats, dont 110 milliards de contrats d'armements. Etant donné les liens anciens entre l'Arabie saoudite et les entreprises Trump, les soupçons de conflits d'intérêts potentiels sont encore une fois exprimés. Rappelons par ailleurs que le pays ne figure sur aucune des deux versions du décret présidentiel surnommé "Muslim Ban", visant à limiter drastiquement l'entrée sur le sol des Etats-Unis des ressortissants de 6 pays arabo-musulmans. Un choix arbitraire ne devant rien au hasard.

Le 5 juin, soit quelques jours après la visite du Président américain à Riyad, l'Arabie saoudite, l'Egypte, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Yémen rompaient leurs relations diplomatiques avec le Qatar, au motif que ce dernier soutiendrait des groupes terroristescomme Al-Qaida, Daech et les Frères musulmans –lequel, rappelons-le, n'est pas un groupe terroriste. S'y ajoute un blocus à l'encontre du Qatar. L'Arabie saoudite a ainsi fermé l'unique frontière terrestre du Qatar, par laquelle arrivaient la majorité des produits importés de Jordanie, de Syrie ou encore du Liban, notamment les denrées alimentaires. La Turquie et l'Iran ont en partie évité la pénurie en approvisionnant le pays par terre et par mer, mais cela ne suffit pas à endiguer une sensible hausse des prix. Les autres conséquences du blocus sont une paralysie et a minima un allongement des vols commerciaux, étant donné que les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Bahreïn ont interdit à Qatar Airways de survoler leur espace aérien et que les compagnies de ces trois pays n'assurent plus de liaison vers Doha, la capitale du Qatar.

"Pratique désuète, le blocus pose des questions de légalité internationale", note Béligh Nabli qui ajoute que c'est "un instrument qui correspond traditionnellement aux pratiques en temps de guerre. Or officiellement les pays concernés ne sont pas entrés dans un conflit armé. Dès lors, le blocus en temps de paix suppose l'autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU d'appliquer ce type de sanction à l'égard d'un Etat qui menacerait la paix et la sécurité internationales... Cette résolution onusienne n'est pas à l'ordre du jour".

La véritable raison de ces sanctions décidées par Riyad est le rapprochement du Qatar et de l'autre grande puissance régionale, adversaire juré de l'Arabie saoudite, l'Iran, avec lequel le Qatar partage notamment l'exploitation d'un gisement gazier sous-marin. Le blocus à l'encontre du Qatar permet ainsi à ses rivaux de régler leurs comptes avec ce petit pays richissime qui n'a pas manqué de s'attirer leurs jalousies depuis plusieurs décennies et qui, contrairement à son voisin saoudien, a soutenu les printemps arabes. Le Qatar partage en outre avec l'Arabie saoudite d'être sunnite et wahhabite, et celle-ci ne supporte pas d'être vue comme une concurrente: "depuis plus de vingt ans, l'émirat multiplie les initiatives pour exister face aux Saoudiens, qui se sentent à leur tour défiés par ce qu'ils considèrent comme une simple extension de leur royaume", écrit Pascal Boniface. Aujourd'hui, le nouveau dirigeant saoudien, le prince héritier Mohamed Ben Salmane, veut asseoir son autorité mais sans les propos de Trump condamnant sans nuances l'Iran à plusieurs reprises, le scénario serait différent.

Il s'agit notamment de pénaliser les Qataris. Même si ceux-ci sont ultra-minoritaires dans leur pays puisque la population est composée à plus de 90% d'étrangers, ils paient au prix fort les sanctions et subissent en particulier des expulsions lorsqu'ils résident dans l'un des 5 pays concernés. Selon plusieurs médias et associations, des familles ont été séparées, des enfants, parfois des nourrissons sont retirés à leurs parents, y compris dans les aéroports au moment d'embarquer. "C'est une violation des droits de l'Homme", estime le Comité national des droits de l'homme du Qatar. Human Rights Watch évoque pour sa part le cas d'un bédouin, bloqué depuis le 17 juin à la frontière avec l'Arabie saoudite, celle-ci le considérant comme un Qatari et le Qatar le considérant comme un Saoudien.

Le 5 juillet dernier, au Caire, les ministres des affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Bahreïn et des Emirats arabes unis ont condamné l'attitude selon eux "négative" du Qatar qui a rejeté leurs exigences, et l'ont du même coup menacé de nouvelles sanctions. L'ultimatum posé au Qatar consistait dans 13 revendications: fermeture de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira –bras non armé de son influence dans le monde, avec le financement du sport occidental-, fermeture de la base militaire turque, réduction des relations avec l'Iran, etc.

Le Qatar a fait savoir qu'il s'agissait d'une "violation de sa souveraineté" et qu'il n'accepterait pas d'être mis "sous tutelle". Le 9 juillet, il a aussi fait savoir qu'il allait demander des indemnisations pour ses ressortissants, et notamment des étudiants, expulsés de pays où ils travaillent ou suivent leur cursus universitaire. Ces demandes pourraient atteindre le milliard de dollars.

Le Qatar appelle néanmoins au dialogue, par la voix du chef de sa diplomatie, Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, de même qu'Oman, le Koweit et... le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson. Car le Qatar est un allié des Etats-Unis qui y disposent d'un commandement militaire régional, le CentCom, et d'une base de 10.000 hommes. Tillerson se soucie également de l'équilibre des forces dans la région et du fait que le blocus gêne la lutte contre Daech sur place. Néanmoins, il est difficile de penser que le blocus ait été acté sans que les Etats-Unis n'en aient été informés au préalable.

De son côté, cependant, Trump a tenu des propos très durs contre le Qatar, qui n'ont fait qu'alimenter la machine. Il a en effet déclaré laconiquement, le 9 juin, entre autres: "La nation du Qatar, malheureusement, a historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau".

Cependant, rien n'est joué. Le Qatar, qui a les moyens de son indépendance économique en raison des revenus qu'il tire de ses exportations de gaz naturel, cherche aujourd'hui des soutiens en Europe. De plus, l'interdépendance économique qui lie les pays de la région pourrait bien pénaliser l'Arabie saoudite et ses alliés. Ajoutons que "l'hypothèse d'une exclusion du Qatar de l'instrument de coopération régionale –le Conseil de coopération du Golfe (CCG)– demeure peu probable. Une telle sanction politique suppose l'unanimité des Etats membres de l'organisation", estime B. Nabli. Plus grave encore, les rapports de force dans l'ensemble du monde arabe pourraient être bouleversés avec un front Iran-Qatar-Turquie qui pourrait se constituer contre l'Arabie saoudite, et dont les répercussions sont, pour l'heure, difficiles à anticiper.

En matière de diplomatie comme en économie, en fiscalité ou dans les politiques sociales –sans parler du climat-, le court-termisme le dispute, chez Trump, à l'obsession de faire le contraire d'Obama. Cependant, lorsqu'il s'agit de ses propres intérêts économiques et de ceux de sa famille, Trump privilégie-t-il une vision de long terme et confond-il géopolitique et business personnel? "America first" pourrait alors en réalité signifier "Trump first". Ce serait logique pour un président qui n'aime rien tant que d'être dans la lumière.
 
 
 
 
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:27

Comment l’occupation a fini d’imposer la mentalité coloniale à la société israélienne

 
 

Juin 1967, une guerre de six jours qui n’en finit pas

Orient XXI > Magazine > Juin 1967, une guerre de six jours qui n’en finit pas > Sylvain Cypel > 13 juillet 2017
 

En 1967, le rêve sioniste d’une « société juive » régnant exclusivement sur une terre qui n’appartient qu’à elle s’est évanoui, avec la conquête de nouveaux territoires qui bouleversent le rapport démographique entre juifs et Palestiniens. En cinquante ans d’occupation, la culpabilité qui fondait autrefois le déni israélien de la Nakba a peu à peu cédé la place à une mentalité coloniale et à une indifférence quasi générale aux souffrances infligées aux Palestiniens, au plus grand bénéfice des partis d’extrême droite.

La réalisatrice israélienne Anat Even vient de terminer un documentaire sur un quartier de la ville de Jaffa nommé Manshiyah. Une scène montre un urbaniste expliquant à un groupe d’étudiants l’histoire du lieu, dont les résidents, pour beaucoup des juifs orientaux, ont été expulsés à la charnière des années 1960-1970 pour faire place à un complexe commercial. Le professeur qui accompagne les étudiants lui demande alors pourquoi il ne rappelle pas qu’auparavant, ce quartier avait été habité par des Palestiniens expulsés de force en 1948. « Ce sont des faits historiques », dit-il. Réponse de l’urbaniste, rigolard : « Fuck history » — j’emmerde l’histoire... (.....).......

Son attitude est emblématique parce qu’elle est contemporaine et s’oppose à celle longtemps entretenue dans le discours public. Après l’établissement d’Israël, en effet, le déni de l’expulsion des Palestiniens était constitutif de l’argumentaire sioniste. Comme l’a martelé David Ben Gourion, le fondateur de l’État : « nous n’avons pas expulsé un seul Arabe ». Le récit national israélien voulait que les Palestiniens soient tous partis volontairement. Mais aujourd’hui, même si le déni reste très vivace, reconnaître leur expulsion est communément beaucoup plus accepté. Pour une raison simple : expulser à nouveau les Palestiniens vivant sous autorité israélienne est une idée devenue plus légitime. Pour une grande part de l’opinion publique, c’est « la solution ». On sait la chose irréaliste actuellement, pourtant le souhait reste ardent. Et depuis maintenant deux décennies, l’opinion est régulièrement interrogée par les sondeurs pour connaître son rapport au « transfert », version politiquement correcte du mot « expulsion ». Être pour le transfert signifie vouloir se débarrasser de la population arabe. Que dirait-on, en France, si un institut décidait de sonder l’opinion quant à son désir de voir expulser les Arabes, les musulmans, les noirs, les juifs ou les bossus du territoire national ? En Israël, très peu jugent illégitime le principe même de poser la question.

Ce qui fondait le déni de l’expulsion des Arabes de Palestine, c’était la conscience que cet acte n’était pas conforme à l’éthique dont le sionisme entendait se parer. Le sujet du « transfert » de la population palestinienne hors du futur État juif avait été longuement débattu au Congrès sioniste de Zurich en 19371, or ces débats furent maintenus secrets (ils le sont restés jusqu’aux années 1990). Et lorsque l’épuration ethnique fut mise en œuvre en 1948-1950, elle apparut suffisamment déshonorante aux yeux des dirigeants sionistes pour qu’ils la nient (en accusant les victimes d’être la cause de leur propre malheur). C’est une culpabilité inavouable qui fondait ce déni ; c’est elle qui a progressivement disparu en Israël avec la légitimation croissante de l’idée du « transfert ». Expulser les Arabes pour s’approprier exclusivement la terre d’Israël parce qu’on ne veut vivre qu’entre soi, on savait depuis toujours que c’était ardemment souhaitable. On avait toutefois aussi conscience que l’acte était moralement indéfendable. D’où son déni. C’est cette barrière-là qui s’est effondrée en cinquante ans d’occupation : ce sens de commettre à l’égard de l’autre un crime impardonnable.

Cela a été rendu possible dès lors que les mentalités moyennes des juifs israéliens, en cinquante ans, ont progressivement dérivé dans un sens où l’esprit colonial et la déshumanisation de l’adversaire sont devenus ultra-dominants. L’évolution du parti sioniste-religieux (appelé Mizrahi puis Mafdal) symbolise ce bouleversement. Historiquement, ses élus faisaient figure de « colombes ». Ce fut encore vrai en juin 1967 et jusqu’en juin 1982, où ses ministres furent les plus réticents à l’invasion du Liban. Aujourd’hui, leurs héritiers regroupés dans le parti Le Foyer juif réunissent la frange la plus mystico-nationaliste du pays, la plus colonialiste aussi.

Ce basculement, avec le discours et la modification des repères qui l’accompagnent, s’est diffusé très au-delà du Foyer juif. S’il ne s’est pas réalisé d’un coup, le processus a été relativement rapide.

Le retour de la « question palestinienne »

Cinq jours avant le déclenchement de la guerre de juin 1967, le chef du Herout (la fraction ultranationaliste du sionisme), Menahem Begin, jusque là paria absolu de la politique israélienne, entre dans un gouvernement travailliste d’union nationale. Après la victoire, il participera amplement à l’atmosphère de poussée mystique due à la réémergence de l’idée du ......(......)........

 

Dès la fin de la guerre de juin 1967, un débat sur le possible « transfert » de ces populations s’engage. Lors de la première réunion du gouvernement, le premier ministre (travailliste) Levi Eshkol déclare : « Si ça ne tenait qu’à nous, on enverrait tous ces Arabes au Brésil »2….....(.....)......

Las ! Malgré 300 000 à 400 000 personnes évacuées de force en juin 1967 durant et dans l’immédiat après-guerre et les multiples débats secrets sur un possible « déplacement des Arabes », les Israéliens comprennent rapidement qu’une nouvelle épuration ethnique de très grande envergure n’est pas réaliste. Comme il n’est pas question de restituer les territoires, il reste à faire comme s’ils étaient vides d’habitants.

Crispation nationaliste et colonisation

Begin, lui, retourne dans l’opposition, où il se fait le chantre de la colonisation. Il est le meilleur ami d’un nouveau groupement politique d’un dynamisme fou, le Gouch Emounim (Bloc de la foi), qui réunit la fine fleur des jeunes du parti sioniste-religieux, emportés par la mystique raciste de leur idole, le rabbin Zvi Yehouda Kook. Ce mouvement se présente .......(.....)........

Dix ans après la victoire de Begin, un pas supplémentaire est franchi. En 1986 un nouveau ......(.....)......

La « villa dans la jungle »

Depuis 1977, la droite nationaliste, emmenée par le Likoud, a détenu le pouvoir en Israël durant plus de 33 ans sur 40. Héritiers des signataires des accords d’Oslo, les travaillistes n’ont plus dirigé le pays depuis l’automne 2001, soit près de seize ans – et ils sont désormais déliquescents. L’extrême droite, en revanche, fleurit au point que Nétanyahou se présente comme un politicien « au centre de l’échiquier ». Son principal concurrent politique ......(.......).........

Smotrich incarne le nouvel Israël. Car sur les 69 années d’existence de l’« État juif », cinquante ont vu l’occupation d’un autre territoire et d’un autre peuple. Si l’on compte ceux qui n’étaient qu’enfants ou pas nés en 1967, environ 90 % de la population israélienne actuelle a vécu dans un État où l’occupation fait partie de la « normalité » quotidienne, où la « ligne verte » (les frontières de 1967) n’apparait plus sur aucune carte, ni scolaire ni routière. De leur côté, reclus derrière un mur ou des barbelés à Gaza comme en Cisjordanie, les Palestiniens sous occupation ne connaissent plus d’autre Israélien que le soldat ou le colon – leurs maîtres, également armés. Le nombre de colons installés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie atteint 650 000, soit 10 % de la population juive du pays. En d’autres termes, statistiquement, il n’existe quasiment pas de .....(....)....

La répression israélienne des Palestiniens n’est pas l’horreur syrienne. Mais, dans une indifférence quasi générale, se poursuit depuis cinquante ans une oppression multiforme, pensée avec méthode, appliquée avec détermination par des administrations « coordonnées » entre elles et qui a pour objectif principal ce que David Shulman, le correspondant israélien de la New York Review of Books nomme « le vol ininterrompu, littéralement heure après heure, de la terre palestinienne », un vol accompagné d’« une cruauté systémique infligée depuis des générations à une population innocente »6. Cette évolution terrifiante d’une société basculant dans la haine de ........(.......).......

Insupportable défense des droits humains

Des organisations comme B’Tselem, Breaking the Silence, le comité israélien contre les démolitions de maisons palestiniennes, Machsom Watch et de nombreuses autres s’emploient à en rendre publics les détails. Des journalistes comme Amira Hass ou Gideon Levy, et d’autres encore, recensent quotidiennement depuis des décennies les crimes des soldats et les brutalités des colons contre les civils palestiniens commis en toute impunité, et plus encore les mille et un petits méfaits constants mis en œuvre pour rendre la vie des Palestiniens occupés insupportable. Le dernier article en date de Hass porte sur la confiscation par l’armée d’unités de production d’énergie solaire à domicile offerte par le gouvernement néerlandais à des bergers palestiniens. Un autre, de Levy, évoquait une vidéo montrant l’assassinat d’une Palestinienne de seize ans par des soldats israéliens, ceux-ci s’approchant du corps inanimé en hurlant « crève, fille de pute », ou « meurs, souffre, espèce de pute ».

Pour avoir témoigné à l’ONU, des députés ont demandé que le directeur actuel de B’Tselem soit déchu de la nationalité israélienne. Cette ONG a d’ailleurs pris en 2016 une décision d’une gravité exceptionnelle. Elle a annoncé qu’après trois décennies d’activité elle cessait de fournir ses informations au département juridique de l’armée israélienne à ........(.......)........

Un échec moral

En 1967, au lendemain de la conquête de Jérusalem, le grand rabbin de l’armée Shlomo Goren avait appelé à faire sauter le Dôme du Rocher, sur l’Esplanade des Mosquées, pour y reconstruire à sa place le troisième temple. La classe politique israélienne l’avait pris pour ce qu’il était : un fou dangereux. Moshe Dayan, le vainqueur de la guerre, avait répliqué : « Mais qu’avons-nous besoin d’un Vatican juif ? » En 2017, les partisans de la « reconstruction du Temple » comptent des députés, des associations grassement financées, des propagandistes écoutés. Une organisation appartenant à cette mouvance, El-Ad, a été officiellement chargée par le gouvernement israélien de fouilles archéologiques près de l’Esplanade des Mosquées. Ces faits, entre mille autres, incarnent la dérive d’une société qui, au fil de la domination militaire sur une autre population, s’est enfoncée profondément dans une mentalité coloniale et dans le déni de l’humanité de l’adversaire.

Lorsqu’éclata la seconde Intifada, en septembre 2001, Ami Ayalon, un........(.......)........

1Cf. Benny Morris, Tikkoun Taout - Yehoudim VeAravim BeEretz Israel 1936-1956, Am Oved, 2000.

2Ofer Aderet, «  Israeli cabinet minutes from Six-Day War : from fear to euphoria to arrogance  », Haaretz, 18 mai 2017.

3Yotam Berger, «  Bribing Palestinians and Censoring Textbooks : An Inside Look at the Israeli occupation’s Early Years  », Haaretz, 29 mai 2017.

4Tom Segev, 1967, Denoël, 2007.

5Cité par Richard Silverstein, «  Israel’s Final Solution to the Palestine problem  », Tikkun Olam, 10 mai 2017.

6David Shulman, «  Israel’s irrational rationality  », New York Review of Books, 22 juin 2017.

8Shulman, op. cit.

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 09:06
Khitam al-Saafin, Présidente de l’Union des femmes palestiniennes, sous le coup de la « détention administrative » 
 
 
 
 
undi 10 juillet 2017 / 10h:23
Photo : MaanImages
 
Khitam al-Saafin, Présidente de l'Union des femmes palestiniennes - Photo : MaanImages
 
 
 
 
 
 
 
Ma’an NewsLes autorités israéliennes d’occupation ont ce dimanche condamné Khitam al-Saafin, la présidente du Comité de l’Union des femmes palestiniennes, à trois mois de détention administrative, la politique d’internement hautement contestée d’Israël d’emprisonnement, sans procès ou accusations et sans limite de temps.

 

Mahmoud Hassan, responsable de l’unité juridique du groupe de défense des droits des prisonniers, Addameer, a déclaré qu’une séance de la Cour se tiendra tenue mercredi dans le centre de détention d’Ofer pour confirmer la peine.

Les forces israéliennes ont enlevé Al-Saafin le 2 juillet dans le village de Beituniya au centre de la Cisjordanie occupée, le même jour où elles ont kidnappé Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif palestinien, un autre militante de défense des Droits de l’homme.

La cour d’Ofer a prolongé lundi les détentions d’al-Saafin et de Jarrar en attendant l’exploitation des données des ordinateurs qui ont été volés à leurs domiciles pendant les raids, et pour donner aux juges israéliens le temps de se prononcer en faveur d’une détention administrative.

L’armée israélienne a prétendu que les deux détentions étaient dues aux rôles importants joué par les feux femmes dans le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) – un parti palestinien de tendance marxiste bien connu, qu’Israël considère comme un groupe « terroriste ».

« Nous protestons contre l’arrestation de députés et militantes palestiniennes, ainsi que la détention continue des dirigeants politiques et de responsables de la société civile palestinienne », a déclaré Hanan Ashrawi, du comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), ajoutant que « clairement, cette arrestation politique est une preuve supplémentaire que le système judiciaire en Israël n’a rien à voir avec la justice ».

En réponse aux raids de détention, le FPLP a déclaré: « ces attaques n’empêcheront pas (le FPLP) de continuer à assumer son rôle dans la résistance à l’occupation et de faire face aux crimes et aux projets qui tentent de liquider la cause palestinienne ».

Selon Addameer, il y avait en mai 6200 Palestiniens dans les prisons israéliennes, dont 56 femmes, et 490 prisonniers en détention administrative.

Israël utilise la détention administrative presque exclusivement contre les Palestiniens. La politique israélienne largement condamnée permet qu’un détenu soit condamné pour des intervalles allant jusqu’à six mois et renouvelables sans limite, sur la base de soit-disant preuves non divulguées.

Bien que les autorités israéliennes prétendent que la retenue d’éléments de « preuve » pendant la détention administrative est essentielle pour les préoccupations sécuritaires de l’État, les groupes de défense des droits de l’homme ont affirmé que cette politique permet aux autorités israéliennes d’emprisonner des Palestiniens pour une durée indéterminée sans aucune preuve pouvant justifier leurs détentions.

Les groupes de défense des droits de l’homme estiment que la politique de détention administrative d’Israël sert à perturber les processus politiques et sociaux palestiniens, notamment en s’attaquant aux responsables politiques, les militants et les journalistes palestiniens.

9 juillet 2017 – Ma’an News – Traduction : Chronique de Palestine

 

 

http://chroniquepalestine.com/khitam-al-saafin-responsable-de-lunion-femmes-palestiniennes-detention-administrative/

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:59

Zeev Sternhell : « Benyamin Nétanyahou ne recule que devant la force »

 
 
 

La visite du premier ministre israélien à Paris le 16 juillet vise à « demander à la France de renoncer à l’indépendance de la Palestine », analyse dans une tribune l’historien israélien Zeev Sternhell. Il estime que Paris ne doit pas céder.

 

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Zeev Sternhell (Historien)

 

Le premier ministre d’Israël, à la tête d’un gouvernement qui se situe bien à droite du Front national (FN), vient à Paris avec la volonté de convaincre Emmanuel Macron d’infléchir, sinon de modifier radicalement, la politique traditionnelle de la France sur la question palestinienne. En d’autres termes, sous le couvert de sa langue de bois habituelle, Nétanyahou souhaite que la France, qui avec l’Allemagne parle au nom de l’Europe, abandonne l’idée de l’indépendance palestinienne et se limite à la préservation indéfinie du statu quo.

Il expliquera au président que ce n’est pas à la colonisation de la Cisjordanie, avec l’implantation de 350 000 juifs dans les territoires occupés en juin 1967, qu’incombe la responsabilité du blocage de la situation actuelle, mais au refus palestinien de reconnaître Israël comme un Etat juif. Selon lui et les siens, la reconnaissance d’Israël par l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP) au temps de son fondateur Yasser Arafat, tout comme les accords d’Oslo de 1993, signifient peu de chose car il leur manque la clé de voûte : la reconnaissance des droits inaliénables des juifs sur la Palestine historique.

En France et en français, le terme « Etat juif » est synonyme de l’Etat d’Israël, ce qui n’est pas du tout la signification que lui prête en hébreu la droite israélienne. C’est pourquoi les nationalistes travaillent actuellement sur un projet de loi qui doit fixer définitivement le statut de tous les Arabes palestiniens sous contrôle israélien.

Non seulement il faut empêcher à tout prix que l’entité nationale palestinienne, en se donnant les structures d’un Etat indépendant, accède à un statut d’égalité avec l’Etat israélien, mais aussi il importe de changer profondément la structure constitutionnelle d’Israël même, où les Arabes constituent 20 % de la population.

Citoyens de seconde zone

Alors que, dans les textes en vigueur, l’Etat d’Israël est défini comme « juif.......... (.....)................

 
 
 
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:55
The Qatar crisis has nothing to do with Al Jazeera and everything to do with the war in Syria
 

It is about taming the one Gulf nation which has the potential to outshine the Saudi kingdom and dictate the outcome of the Syria war

 
 

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:53

La difficile définition d’une « doctrine Macron » au Proche-Orient et au Maghreb

 
 
 

Orient XXI > Magazine > Tribune > Joseph Bahout > 10 juillet 2017

Le 18 juin 2017, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron a remporté une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Au moment où il commence réellement à gouverner, le nouveau président français va devoir définir une politique globale envers le Proche-Orient et le Maghreb. Il ne pourra éviter de se concentrer sur des questions vitales pour le pays, en premier lieu le terrorisme.

 

Dans le système français, la politique étrangère appartient au domaine réservé du président de la République, dont les décisions échappent pratiquement à tout contrôle. Ce pouvoir a été établi par le fondateur de la Ve République, Charles de Gaulle, et exploité par François Mitterrand, même si d’autres présidents ont été moins enclins à exercer complètement une telle autorité.

Pendant sa campagne en vue de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a déclaré qu’il suivrait cette « tradition gaullo-mitterrandienne » dans la forme comme dans le fond, laissant perplexes de nombreux analystes. Jusqu’ici, du moins dans le style, il est devenu évident, vu ses premiers contacts à l’étranger, que le jeune dirigeant cherchera à représenter très activement son pays dans tous les domaines. Toutefois beaucoup de choses restent à définir et à comprendre. C’est particulièrement vrai au Proche-Orient et en Afrique du Nord, où la France, puissance moyenne, conserve une grande influence. Et là, fond et forme vont probablement se rejoindre pour donner un aperçu de ce qui pourrait constituer une « doctrine Macron ». Du Maghrebau Levant et au Golfe, le président a déjà fortement insisté sur une priorité : l’antiterrorisme. Dans ce contexte, il emploie sans hésitation, comme ses collaborateurs, l’expression « extrémisme islamiste », et met l’accent sur les progrès à accomplir ne matière de sécurité. Dans son approche de la région, Macron privilégie la stabilité, fondée toutefois sur des solutions politiques inclusives. Vues sous cet angle, ses positions n’ont rien d’original. Pourtant les détails sont révélateurs.

Une politique syrienne ambiguë

Dans ses récentes déclarations, il a eu tendance à employer des termes durs quand il s’agissait des attaques contre la France, affirmant qu’il fallait « éradiquer les terroristes ». Le président préfère utiliser le mot « Daesh » au lieu d’« État islamique » quand il parle des actions du groupe armé dans « l’espace irako-syrien » où l’aviation et les forces spéciales françaises interviennent, à Mossoul et à Rakka. Quand on lui demande s’il a une feuille de route pour un règlement dans ce territoire vu maintenant comme une scène politique unique, Macron répond fréquemment que la priorité est d’affaiblir les réseaux terroristes qui s’y trouvent, puis de s’occuper des aspects politiques des crises syrienne et irakienne dans une étape suivante, dans le cadre de négociations multilatérales conduisant à un « ordre politique stabilisé et inclusif ».

Si en Irak cette séquence est assez claire, en Syrie elle semble vague. En écho à la formule du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, « Si Assad est l’ennemi du peuple syrien, [l’État islamique] est l’ennemi du monde ». Macron s’est souvent montré ambigu en ce qui concerne le sort de Bachar Al-Assad. Particulièrement dans une interview donnée à plusieurs quotidiens européens, au cours de laquelle il a déclaré : « Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar Al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime. » Les cercles de l’opposition syrienne ont été profondément troublés par ces remarques.

Le président français a toutefois donné quelques directions claires pour la Syrie, affirmant par exemple que la France répliquerait militairement contre toute nouvelle attaque chimique dans le pays, unilatéralement s’il le faut. Pour lui, le destin d’Assad est du ressort de la justice internationale, étant donné les crimes commis par son régime, même si cela semble en contradiction avec ses remarques précédentes sur la « légitimité » d’Assad. En outre, sa déclaration jette un doute sur le message que l’on devrait déduire de sa rencontre très médiatisée avec l’opposant syrien Riad Hijab, le lendemain même de l’accueil du président russe Vladimir Poutine à Versailles.

D’autres composantes de la politique syrienne de Macron demandent des explications. Par exemple sa déclaration sur la « nécessité de rassembler toutes les parties autour d’une table, y compris des représentants du président syrien ». Ou quand il affirme que la France est déterminée à préserver un État syrien, tout en restant ambigu sur la relation entre cet État, le régime et l’entourage d’Assad. Macron, comme beaucoup d’autres dirigeants occidentaux peut paraître obsédé par les « États faillis ». Ce qui n’est pas surprenant, vu le sort de l’Irak après 2003 et de la Libye après 2011. Mais l’usage de ce terme à tout propos pose un problème de nuance : en Irak l’effondrement a été provoqué par l’intervention occidentale, mais en Libye, elle était initialement destinée à empêcher un massacre de civils à Benghazi ; tandis qu’en refusant d’agir en Syrie, l’Occident a seulement accéléré son effondrement. Pourtant Macron suppose que ces trois interventions sont semblables, et qu’elles ont favorisé l’émergence de groupes terroristes. Cette analyse uniforme, qui dénonce « une forme de néoconservatisme importée en France » pourrait peser sur la future politique syrienne du président.

Dans l’entourage de Macron, deux visions de la politique étrangère s’affrontent dans la discrétion, mais avec âpreté. D’un côté le réalisme cynique qui a la faveur de certains anciens premiers ministres et ministres, et de prestigieux vétérans de la diplomatie, en désaccord avec la ligne dure anti-Assad des anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. Ceux qui soutiennent cette approche ne reconnaissent que peu d’importance aux dynamiques socio-économiques qui ont produit les révoltes arabes à partir de 2010. Au lieu de cela, leur vision est centrée sur l’État. Ils considèrent les régimes autoritaires du Proche-Orient et du Maghreb comme une partie naturelle du tissu de ces pays, et comme les seules forces capables de contenir des tendances dangereuses pour l’Europe. Plutôt que de regarder la Russie comme un acteur négatif en Syrie, ils pensent que le futur de l’Europe réside dans une collaboration avec Moscou.

L’autre approche est ancrée dans l’atlantisme et s’appuie sur certaines valeurs comme le soutien aux droits humains, à la démocratie et à la société civile, qui fait partie de la « mission » et du « message » de la France. D’un point de vue générationnel, ses partisans sont plus proches de ceux qui ont planté les graines des révolutions dans les sociétés arabes, plus enclins à suivre la voie tracée jusqu’ici par la France dans la région et défendue — parfois avec beaucoup de courage — par François Hollande.

Antiterrorisme et passé colonial

On ne devrait pas oublier le traumatisme engendré par les attentats sanglants qui ont touché la France depuis 2014. Ils ont amplifié un climat de suspicion, nourri par des forces populistes à l’encontre des populations arrivant de Syrie et d’Irak. Ce n’est donc pas une coïncidence si Macron, pendant sa campagne et peu après son élection a promis de concevoir une nouvelle structure, mais au niveau macropolitique. Il a ainsi créé le 7 juin le Centre national du contre-terrorisme, équivalent du National Counterterrorism Center, un Conseil du renseignement dirigé par un coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, équivalent français du Director of national intelligence américain, ainsi que l’embryon potentiel d’un Conseil national de sécurité à l’image du National Security Council. Dans ce nouveau cadre, tous les pontes du renseignement, les hauts fonctionnaires des ministères de la justice et de l’intérieur, ainsi que d’autres agences vont traquer en continu les mouvements radicaux, les activités djihadistes et les menaces terroristes à long terme.

Certaines personnalités de cette nouvelle hiérarchie du renseignement et de la sécurité donnent des pistes sur les centres d’intérêt de Macron. Par exemple, Bernard Emié a été nommé récemment à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l’agence du renseignement extérieur français. Il a été ambassadeur pendant les jours sombres, mais riches en événements de 2004-2007 au Liban, l’un des quelques pays visités par le candidat Macron. Emié a supervisé le vote et l’application en 2004 de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies qui appelait au retrait de la Syrie du Liban et au désarmement du Hezbollah. Il était à Beyrouth quand l’ex-premier ministre Rafik Hariri a été assassiné en février 2005, entraînant le retrait du Liban de la Syrie. Emié a ensuite servi en Turquie puis en Algérie, deux postes-clés. Dans le dernier, il a gardé un œil sur les anciennes colonies françaises en Afrique du Nord, et en particulier sur le Sahel où des forces françaises ont été déployées contre des groupes djihadistes qui menacent l’Europe.

L’Afrique, en particulier le nord du continent, est une région que Macron est très désireux de traiter rapidement. Une semaine après l’élection, son premier voyage en dehors de l’Europe a été pour le Mali, où il a rendu visite aux troupes françaises déployées dans le cadre de la seule opération antiterroriste dirigée par la France. Le symbole était clair : la France n’hésitera pas à mener, et seule, des campagnes militaires audacieuses quand il le faudra.

Quelques semaines plus tard, Macron s’est rendu au Maroc. Une rupture nette avec la tradition qui veut que les présidents français fassent souvent précéder leur déplacement dans le royaume chérifien d’une visite à son rival régional, l’Algérie. Si le choix entre ces deux poids lourds du Maghreb est une question sensible, la décision de Macron pourrait s’expliquer par l’un des temps forts de sa campagne. En visite à Alger, il a évoqué le passé colonial de la France, déclarant qu’elle avait commis pendant cette période des « crimes contre l’humanité ». L’incident a rouvert des blessures profondes dans la société française, et aurait même pu lui coûter la présidence si l’on en croit les sondages effectués à ce moment-là. Ayant pris un tel risque, il est possible que le candidat devenu président ait ensuite pensé qu’il n’avait plus à respecter un équilibre aussi pointilleux entre le Maroc et l’Algérie.

« Je peux faire A, mais au même moment je ferai B »

L’aspect sans doute le plus étonnant de cette politique étrangère française en devenir, c’est que l’on se demande de quel côté la balance va finalement pencher. Du côté des valeurs et de l’éthique en politique, ou de celui du réalisme politique, au détriment de l’exception démocratique que la France revendique d’incarner depuis sa révolution ? Pour y voir clair, les observateurs devraient se rappeler le mantra utilisé par Macron pendant sa campagne. Il a fréquemment employé l’expression « en même temps, » signifiant : « je peux faire A, mais au même moment je ferai B ». L’idée derrière cette proposition dialectique était que la complexité vous oblige souvent à faire une chose et son opposé — de mettre en œuvre une politique économique conservatrice tout en étant socialement à gauche ; d’être conscient de l’identité historique de la France tout en projetant résolument le pays dans le futur à travers une économie mondialisée basée sur le high-tech.

En politique étrangère en général, et au Proche-Orient en particulier, cet exercice d’équilibre va probablement se répéter. On peut imaginer son emploi dans le Golfe, par exemple, où dans la crise récente entre le Qatar et les États du CCG qui le critiquent la France a rapidement cherché à jouer un rôle de médiateur, et pas seulement par opportunisme. Macron a hérité de deux orientations très différentes : le penchant de Sarkozy pour le Qatar, puis celui de Hollande pour l’Arabie saoudite ; aujourd’hui le président voit là l’occasion de rétablir une politique plus impartiale dans la région.

L’exercice d’équilibre sera visible aussi sur le front israélo-palestinien où le candidat Macron avait choisi de prendre ses distances avec la décision de François Hollande, qu’il n’a finalement jamais mise en application, de reconnaître unilatéralement l’État de Palestine. Il a expliqué qu’une telle position n’était pas favorable aux négociations ni au rôle d’arbitre honnête que la France voulait jouer. Ce qui a déçu les cercles propalestiniens en France.

Le nouveau président devra également se couvrir sur d’autres questions où il devra lier idéalisme et réalisme, valeurs et intérêts. Et là, les contradictions vont sûrement fleurir et prêter le flanc à la critique, et probablement engendrer un certain flou. Il ne sera pas facile, par exemple, de garder le silence face à la dérive autoritaire et au terrible dossier, dans le domaine des droits humains du président égyptien Abdel-Fattah Al-Sissi avec qui Paris vit une sorte de lune de miel, tout en assurant aux opposants démocratiques de Recep Tayyip Erdogan que « la France sera toujours à leurs côtés ».

Macron est un personnage astucieux, brillant et ambitieux qui a répété que son but était de rendre à la France sa stature perdue. C’est apparemment ce qu’il veut dire par « gaullo-miterrandisme. » Dans plusieurs déclarations sur la politique étrangère, il a en effet affirmé que les « valeurs fondamentales de la France » étaient « au cœur de la défense des intérêts de la France ». Il sera intéressant de voir si Macron peut réconcilier valeurs et intérêts, et si oui comment. Pendant toute sa campagne, il a soutenu l’ordre libéral (économie de marché) et argumenté que sa génération avait le devoir sacré d’empêcher un certain monde de mourir.

Mais Macron sait aussi que ce monde a été profondément transformé et qu’une poignée de main virile avec Donald Trump n’empêchera pas le président des États-Unis de se retirer de plusieurs traités internationaux. Et ce n’est pas non plus en décrivant publiquement certains médias russes comme des instruments de propagande en présence de Vladimir Poutine qu’il va faire baisser l’agressivité de Moscou envers l’Occident. Autrement dit, le président français est conscient des limites de son pays, et il se rend compte qu’il aura du mal à faire entendre seul sa voix dans le tumulte du Proche-Orient.

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:51

The battle for Mosul is won. But can Iraq survive?

 

Tensions between Sunnis, Shias and Kurds could now flare up —and prime minister Haider al-Abadi knows it

Jonathan Steele is a former Guardian correspondent

It is widely accepted that Islamic State’s defeat in Mosul, declared this weekend, ends a battle but not a war, and that the group’s thousands of jihadi supporters could turn in revenge to targeted suicide bombings in the west as well as in cities in Iraq and Syria. What has been less often predicted is the risk of mass violence from a different quarter. Iraqis themselves may slip back into fraternal conflict now that their temporary need to unite against Isis is almost over.

Three years of war against the Islamist extremists created a national sense of urgency which overcame regional, ethnic and sectarian disputes. But with Isis now on the back foot, and deprived of most of the territory it once held throughout western Iraq, old tensions could resume.

One of these deep-seated Iraqi problems has clearly worsened since Isis emerged to capture Mosul in 2014. In the early months of the struggle to prevent the group from moving on to seize Erbil, the capital of the Kurdish regional government, Kurdish resistance forces occupied vast areas of the Nineveh plain east of Mosul which had long been disputed between Arabs and Kurds. The same happened in the oil-rich province of Kirkuk.

Under Iraq’s post-Saddam constitution, the fate of these areas was supposed to be decided in a referendum which has been repeatedly postponed. New facts have now been created on the ground. Whereas up to 2014 it was Baghdad that controlled the disputed areas and had an incentive to delay any change, the Kurds are now the occupiers and in the dominant position.

The issue will only exacerbate already existing divisions over how Iraq is to share its oil revenues and the federal budget between the Kurdish region and the rest. Added to that will be the independence referendum the Kurds are holding in September.

The second major issue is the risk of violence between Arab Sunnis and Shias. In 2014 Isis was able to seize Mosul relatively easily because the city’s largely Sunni population felt neglected by Baghdad. Some even felt that the new post-Saddam Iraqi army, largely made up of Shias, was behaving like an occupying power.

The challenge now is to ensure that a new local government is chosen for Mosul which takes Sunnis’ interests into full account and ends their sense of alienation. Baghdad must also quickly find the resources to rebuild the shattered city and help its traumatised civilians. Thousands were killed in the struggle to retake it, in which the US-led coalition – like the Russian and Syrian air forces in Aleppo – enjoyed total air supremacy and used massive bombs to eliminate snipers.

To counter the danger, he has been proposing a series of visits by Shia community leaders to Sunni areas and vice versa to start a dialogue on reconstruction. More cogently, he has publicly warned members of the militia force that he mobilised when Isis emerged that any abuse of Sunni civilians will be ruthlessly punished. He also promised to disband the force once the war ended.

The test of his sincerity comes now. Other militia leaders have been more vague about the future of the private armies, the so-called popular mobilisation units, which they sent into battle against Isis. They too will have to come clean – either by disbanding their militias altogether or sending individual members to enlist in the regular army.

Restoring intercommunal trust is no easy task. It is barely a decade since Baghdad was torn apart by al-Qaida-inspired sectarian murders. The scars have yet to heal. Since then the arrival of hundreds of Iranian military advisers in the fight against Isis has launched a wave of anti-Iran hysteria among Iraqi Sunnis, even to the extent of claiming that Iraq is now run by Iran. Saudi Arabia’s virulent anti-Iranian policies only add fuel to the fire.

Many Sunnis have an unjustified feeling of victimhood now that the Shia majority is in political charge. But some Sunni leaders are willing to accept a new status for their communities and are working with al-Abadi. They should be encouraged. With Isis out of the picture, Iraqi Arabs need to go back to the values of not so long ago when Sunni or Shia identities were politically irrelevant.

 

https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/jul/10/isis-mosul-sectarian-violence-iraq-iraqis-sunnis-shias-kurds

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:49
Querelle entre le Qatar et le CCG : la marche-arrière est enclenchée
 
 
 
 
 
 
11 juillet 2017

De treize exigences à six « principes », il est clair que l’approche agressive de Mohammed ben Salmane et Mohammed ben Zayed contre le Qatar était une bêtise. Mais vont-ils en tirer les leçons ?

En lisant les informations sur la rencontre du 6 juillet au Caire des ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Bahreïn et de l’Égypte et de leurs délibérations sur le Qatar, je me suis rappelé une ravissante comptine que mes enfants, adultes maintenant pour la plupart, aiment encore.

Elle s’appelle « The Grand Old Duke of York » (le grand vieux duc d’York). Voici les paroles :

Oh, the grand old Duke of York,

He had ten thousand men,

He marched them up to the top of

The hill and he marched

Them down again.

And when they were up they were up.

And when they were down they were down.

And when they were only half way up,

They were neither up nor down.

(répétition)

L’histoire indique que le duc, le deuxième fils du roi britannique George III, n’était pas un vieillard, mais plutôt un jeune homme de 30 ans lorsqu’il a reçu son premier haut commandement. Bien que Frederick ne se soit pas particulièrement distingué sur le champ de bataille, pour être juste, on lui doit une importante réorganisation de l’armée britannique.

Pourtant, cette chansonnette qui est née suite à une désastreuse campagne anglo-russe contre les Hollandais au cours de laquelle le duc et ses alliés russes ont dû battre en retraite de façon humiliante, restera son épitaphe à jamais.

 

Et quand ils étaient en bas

La déclaration du Caire avec ses six « principes » était une reculade après les treize exigences du 23 juin. Ces exigences, vous vous en souviendrez, comprenaient la fermeture d’Al Jazeera, la rupture des contacts avec les Frères musulmans, une réduction spectaculaire de la coopération avec l’Iran, le retrait des troupes turques du Qatar et la soumission à des contrôles mensuels externes de conformité. À cela s’ajoutaient des demandes publiques que les Qataris versent des milliards en réparations pour le préjudice qu’ils auraient causé à leurs voisins pendant et après le printemps arabe.

Le problème avec ces treize exigences est qu’elles ne laissaient aux Saoudiens et aux Émiratis que deux possibilités : aller jusqu’au bout ou reculer

Ce fut une capitulation inconditionnelle, une attaque sans précédent contre la souveraineté et l’indépendance d’un autre frère du CCG. Le ministre des Affaires étrangères du Qatar a déclaré à juste titre que cette liste d’exigences était impossible à accepter. Comme l’a formulé le ministre : « Tout le monde est conscient que ces demandes sont censées porter atteinte à la souveraineté de l’État du Qatar, museler la liberté d’expression et imposer un mécanisme de vérification et de probation au Qatar. »

Avant de revenir à l’idée principale, permettez-moi de prendre un bref moment pour savourer l’ironie de ces propos. Le Qatar, bien sûr, a arrêté et expulsé des journalistes étrangers qui ont raconté l’histoire des abus contre les migrants dans la construction des installations de la Coupe du monde 2022. Il a emprisonné un poète qui se moquait de la famille dirigeante. Donc, épargnez-moi les bêtises à propos de la liberté d’expression et je pourrais convenir sans rancune que le ministre était dans le mille avec ce qu’il a dit.

Le problème avec ces treize exigences est qu’elles ne laissaient aux Saoudiens et aux Émiratis que deux possibilités : aller jusqu’au bout ou reculer.

Il ne fait aucun doute qu’ils ont été encouragés par l’approbation de Donald Trump dans son discours du 21 mai à Riyad de leur droit de faire à peu près tout ce qu’ils voulaient. Et ses premiers tweets, profondément ignorants, affirmant que le Qatar était la source du financement du terrorisme, ont renforcé davantage leur confiance.

Le Donald ne savait-il pas qu’il y a 10 000 personnes en service à al-Udeid, la plus grande base aérienne américaine hors du continent américain et que cette base est située au… euh Qatar ?

Le Pentagone et le Département d’État n’ont pas trop tardé à informer leur commandant en chef que ce n’était peut-être pas une si bonne idée d’isoler et de se mettre à dos les Qataris qui, de tous les États du CCG, ont été de loin les plus favorables à l’armée américaine. Et ainsi, à l’énorme soulagement de MM. Mattis et Tillerson, Donald est retourné s’en prendre aux mensonges des médias américains.

Le Donald ne savait-il pas qu’il y a 10 000 personnes en service à al-Udeid ?

Pendant ce temps, sur la colline, Mohammed ben Salmane (MbS), et son partenaire dans la campagne contre le Qatar, le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed (MbZ) ont commencé à réaliser qu’ils perdaient la guerre des relations publiques et ressemblaient aux petites brutes du bloc arabe, battant le petit avorton parvenu. Leur image, comme on dit, n’était pas très reluisante dans ces circonstances.

 

Retour en 2014 ?

Et donc au Caire. Après la prolongation de deux jours d’un délai initial de dix jours pour répondre aux treize exigences et après avoir délibéré pendant un certain temps sur la réponse du Qatar à la demande, la bande des quatre a présenté des phrases tirées directement de « La diplomatie pour les nuls ».

La stratégie semble maintenant être de revenir à la détente précaire organisée par le Koweït en 2014

Fini le champ lexical de l’exigence, remplacé par un appel à des principes partagés tels que : « L’interdiction de tous les actes d’incitation et toutes les formes d’expression qui propagent, incitent, favorisent ou justifient la haine et la violence ». Ce n’est pas difficile d’y adhérer. Bien mieux que la fermeture d’Al Jazeera.

Ou encore : « La responsabilité de tous les États de la communauté internationale (sic) de s’opposer à toutes les formes d’extrémisme et de terrorisme comme une menace pour la paix et la sécurité internationales ». Cela constitue certainement une grande amélioration en ce qui concerne la soumission aux contrôles mensuels de conformité.

La stratégie semble maintenant être de revenir à la détente précaire organisée par le Koweït en 2014, après que les Saoudiens, les Émiratis et les Bahreïnis ont rappelé leurs ambassadeurs pour protester contre ce qu’ils considéraient comme, entre autres, une relation trop intime avec l’Iran. À l’époque, Tamim, nouvellement nommé émir du Qatar après l’abdication de son père, avait apparemment accepté un certain nombre de points, notamment limiter l’exubérance éditoriale d’Al Jazeera pour les Frères musulmans.

Et bien que Tamim ait accepté quelque chose – personne ne sait vraiment exactement quoi – peu de chose ont changé : les Qataris ont continué à soutenir les Frères musulmans, ainsi que le Hamas et d’autres groupes considérés comme terroristes. Al Jazeera a continué à se glisser dans la peau des Saoudiens.

 

Les adultes dans la salle

Il fallait faire quelque chose pour ramener les Qataris dans le droit chemin. Mais plutôt qu’une approche graduée, MbS et MbZ sont intervenus en force, prenant les Qataris complètement au dépourvu et les laissant profondément choqués.

Le grand perdant est… Mohammed ben Salmane. Encore une fois, sa nature éruptive et impulsive lui a causé des ennuis

Mais les Qataris se sont révélés beaucoup plus habiles au jeu de la diplomatie. Ils se sont comportés comme les adultes dans la salle. Ils restent calmes et réfléchis tandis que les médias en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis attisaient une frénésie guerrière. Les Qataris ont déclaré dans les faits : « nous sommes ouverts au dialogue mais, s’il vous plaît, ne pointez plus une arme sur notre tempe. »

Et vous pouvez être sûr que les Américains, les Allemands, les Italiens et même le ministère des Affaires étrangères britannique qui répugne à s’impliquer ont tout simplement dit à peu près la même chose.

Le Qatar cèdera un peu, sans aucun doute. Des relations calmes et diplomatiques seront restaurées mais pas encore tout de suite. Je doute que les Saoudiens fassent vraiment pression pour d’autres sanctions importantes.

Il en va de même pour les Émiratis, conscients du fait que les Qataris continuent de déplacer 185 millions de mètres carrés de gaz à travers Oman via le pipeline Dolphin vers les EAU à des prix inférieurs aux cours. Tout au long de la crise, les Qataris ont constamment et avec raison indiqué qu’ils ne fermeraient pas les vannes. Preuve supplémentaire de la maturité qatarie dans leur gestion de cette querelle.

 

Gagnants et perdants

Cela laisse la question des gagnants et des perdants. Le CCG est le plus faible dans cette querelle et ne guérira pas de sitôt, sinon jamais. L’Iran s’est effacé et a observé cet acte de folie avec une grande satisfaction.

Alors comptez les Iraniens parmi les gagnants. Et le grand perdant est ... Mohammed ben Salmane. Encore une fois, sa nature éruptive et impulsive lui a causé des ennuis. Il s’est précipité dans la guerre avec le Yémen, pensant que ce serait une victoire facile. Plus de deux ans plus tard, la guerre continue avec des conséquences terribles pour le peuple yéménite.

Il a lancé sa reconstitution audacieuse de l’économie saoudienne, Vision 2030, avec une énorme publicité. Un an plus tard, une bonne partie de l’éclat s’est estompé. Le plus dommageable pour lui fut la marche arrière sur la réduction des salaires et pensions excessifs du secteur public. En septembre de l’année dernière, il a annoncé des réductions qui soustrayaient jusqu’à 40 % du salaire net des fonctionnaires. Et puis, en février, il a restauré le revenu perdu, réussissant à avoir l’air indécis alors que Vision 2030 trébuchait sur le premier obstacle.

Aujourd’hui, il a fait une gaffe diplomatique. Il a peut-être écarté son principal rival au trône, Mohammed ben Nayef, qui a perdu ses fonctions de prince héritier et ministre de l’Intérieur le 21 juin, ce qui équivalait à un coup d’État très saoudien. Mais à mesure que les erreurs commencent à s’accumuler, ses ennemis se multiplient au sein de la famille dirigeante.

Et comme Vision 2030 est à l’arrêt, le monde des affaires internationales commence à évaluer l’opportunité d’investir trop lourdement dans une économie saoudienne qui a besoin d’urgence d’argent étranger et d’un secteur privé valorisé si elle veut réaliser les changements fondamentaux que MbS estime nécessaires.

Sur trois fronts alors, militaire, économique et diplomatique, il a failli à la tâche.

Alors, que faire maintenant pour ce jeune prince pressé ? Après avoir marché jusqu’au sommet de la colline, Mohammed ben Salmane ne se retrouve ni en haut ni en bas. Incontestablement, il est un leader de l’énergie et de l’intelligence sans limites et il a frappé l’imagination des jeunes Saoudiens.

Mais est-il capable d’apprendre de ses erreurs passées ou continuera-t-il de se précipiter là où les plus sages ont choisi de ne pas s’aventurer ?

 

- Bill Law est un analyste du Moyen-Orient et un spécialiste des pays du Golfe. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @billlaw49.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

 

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Published by Le Middle East Eye.net - dans Revue de presse
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