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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 09:49

Algérie. Menaces terroristes persistantes

 
 
Hassane Zerrouky
Jeudi, 2 Mars, 2017
Humanite.fr
 
Un policier a déjoué une tentative d'attaque suicide contre le commissariat de police du quartier de Bab el Katanra le 26 février à Constantine.

Tentative d’attentat suicide à Constantine, djihadistes abattus en Kabylie, l’Aqmi et Daech tentent de se réimplanter, et ce alors que les Algériens s’interrogent sur la santé de leur président.

Les autorités algériennes pensaient en avoir fini avec la filiale algérienne de Daech, Djund al-Khilafa, après que les forces de sécurité avaient décimé en avril 2015 ce groupe djihadiste ayant exécuté le français Hervé Gourdel le 21 septembre 2014 dans les montagnes kabyles. Il semble que non.

Par deux fois Daech s’est rappelé à leur bon souvenir. Une première fois en revendiquant le meurtre d’un agent de police tué le 28 octobre dernier à Constantine. Et en revendiquant lundi dernier, toujours dans la même ville, la tentative d’attentat suicide perpétré la veille contre le commissariat de police du quartier de Bab el Katanra, acte qui a fait un mort (le kamikaze) et deux blessés.

N’eût été la vigilance d’un policier en faction qui, après sommation, a ouvert le feu sur l’assaillant, provoquant l’explosion de la ceinture d’explosifs qu’il portait et donc la mort du kamikaze, les conséquences auraient été tragiquement plus lourdes. En effet, le pire a été évité : le commissariat en question, cible de Daech, se situe au rez-de chaussée d’un immeuble d’habitation. Mais ce qui a retenu le plus l’attention, ç’aura été l’élan de solidarité spontanée manifesté envers les policiers par les riverains et des centaines de personnes accourues sur les lieux juste après la déflagration.

Cet acte terroriste dans une ville moins touchée qu’Alger par le terrorisme dans les années 90, survient une dizaine de jours après que l’armée algérienne a abattu le 15 février dernier 14 djihadistes dans les montagnes surplombant la ville de Bouira en Kabylie. Mardi dernier, sur la partie littorale Est de cette même région, neuf autres islamistes armés ont été neutralisés à Azzefoun, dont quatre faits prisonniers. Ce qui porte à une trentaine le nombre de djihadistes tués depuis le début de l’année, un chiffre qui s’ajoute aux 125 islamistes armés tués en 2016 et à l’arrestation de 222 autres, dont une partie aux frontières est (Libye) et sud (Mali) de l’Algérie.

Un cinquième mandat pour Bouteflika ?

Une chose est sûre, ces faits montrent qu’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) dont on pensait qu’elle avait abandonné le nord de l’Algérie pour le Sahel, et Jund al-Khilafa (filiale de Daech), issu d’une dissidence de l’Aqmi, moins important par le nombre mais tout aussi dangereux, essaient depuis quelques temps de se réimplanter dans le nord du pays. Et ce, bien qu’ils aient du mal à recruter, comme l’atteste l’âge des djihadistes abattus (entre 35 et 55 ans), alors que dans les années 90, au plus fort des violences islamistes (près de 200 000 morts), la moyenne d’âge des combattants islamistes se situait autour de 25 ans. Cette persistance terroriste a lieu alors que les Algériens s’interrogent sur l’état de santé du président Bouteflika, au pouvoir depuis 17 ans, qui a fêté ce mercredi ses 80 ans et qui ne s’est plus exprimé publiquement depuis 2012, dans un contexte national fragilisé par la crise financière. Malgré cet état de santé dont on sait en fait peu de choses, sinon qu’il a contraint le chef de l’Etat algérien à annuler à la dernière minute la visite prévue le 20 février à Alger de la chancelière allemande Angela Merkel, il se trouve encore des gens parmi la classe politique au pouvoir (dirigeants du FLN, ex-ministres, députés) pour l’appeler à se présenter pour un…cinquième mandat en 2019 !

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 09:47

What will Israeli Apartheid Week look like in 2027?

#Cartoon
Katie Miranda's picture
 
 

On a British university campus, 10 years from now . . .

Last week, MEE revealed how British university staff are being advised to "risk-assess" events on campuses related to "contentious" issues including Palestine and criticism of Western foreign policy in the Middle East in order to demonstrate their compliance with the government's Prevent counter-extremism strategy. How will the strategy evolve into the future?

 

 

 

The views expressed in this article belong to the author and do not necessarily reflect the editorial policy of Middle East Eye.

 

 

http://www.middleeasteye.net/columns/cartoon-travel-my-time-machine-see-future-prevent-765281022

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 10:50

 

Soutien de Ken Loach à la conférence sur « l’exceptionnalisme » d’Israël
 
 
 
 
mercredi 1 mars 2017 / 6h:25
Ken Loach - Photo : Archives
 
Ken Loach - Photo : Archives
 
 
 
Asa WinstanleyUne conférence sur « l’exceptionnalisme » d’Israël se déroulera en Irlande au printemps, ont affirmé mercredi les organisateurs.

 

Parmi les personnalités qui apportent leur soutien à cet événement – organisé par des universitaires de la University College Cork – figurent Ken Loach, réalisateur du film Moi, Daniel Blake, Palme d’Or 2016 et Desmond Tutu, archevêque sud-africain.

Le programme de la conférence a été publié cette semaine. Richard Falk, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les territoires occupés de Cisjordanie et Gaza, fera le discours inaugural.

Intitulée « Droit international et l’état d’Israël : Légitimité, Responsabilité et Exceptionnalisme, » cette conférence devait initialement se tenir à l’Université de Southampton au Royaume Uni en 2015.

Mais elle fut interdite au Royaume Uni pendant deux années d’affiler, suite aux intenses pressions exercées sur l’université par des ministres du gouvernement et des groupes de pression israéliens.

James Bowen, professeur à la University College Cork et l’un des organisateurs de la conférence, a dit à The Electronic Intifada qu’ils avaient obtenu un lieu pour sa tenue.

Il a rapporté que des annonces dans The Irish Times le mois dernier selon lesquelles la conférence avait été annulée ou reportée étaient fausses. Un article sur la conférence fut ensuite modifié, et le mot « annulée » retiré du titre.

Parmi les autres intervenants programmés figurent l’historien israélien Ilan Pappe, l’auteure palestinienne Ghada Karmi, Hatem Bazian de l’Université de Californie, (Berkeley), le cartographe palestinien renommé Salman Abu-Sitta et l’avocat des droits de l’homme israélien Leah Tsemel.

Beaucoup d’orateurs, y compris Mme Karmi et M. Pappe sont des partisans connus d’un état démocratique unitaire pour les Palestiniens et les Israéliens.

 

Liberté universitaire

 

Mais sur la liste des orateurs de cette conférence figureront aussi des intervenants pro-Israël, Geoffrey Alderman et Alan Johnson. M. Alderman est un historien sioniste de la droite dure, tandis que M. Johnson est chargé de recherche principal pour un lobby pro-israélien, le Britain Israel Communications and Research Centre (le Centre de recherche et de Communications de Grande Bretagne/Israël).

Des déclarations de soutien ont été mises en ligne sur le site web des organisateurs par Noam Chomsky, Desmond Tutu, la philosophe Judith Butler, l’ancienne ministre du gouvernement britannique Clare Short, le journaliste John Pilger, l’avocat militant Michael Mansfield et le réalisateur Ken Loach.

« Il est d’autant plus urgent que se tienne cette conférence, qu’Israël enfreint continuellement le droit international en toute impunité » a écrit M. Loach. « Les attaques lancées contre les universités qui souhaitaient accueillir cette conférence rend sa tenue impérative. C’est le rôle des universités de défendre la liberté universitaire. »

Le Board of Deputies of British Jews (le Conseil représentatif des juifs britanniques) a lancé l’offensive en 2015 pour faire interdire la conférence à Southampton, déclarant que c’était « un rassemblement international d’antisionistes qui utilisaient comme couverture une université renommée pour promouvoir leurs vues.

Le directeur de recherche de la faculté de droit de l’université écrivit à l’époque que l’annulation était due aux « menaces et intimidations du lobby israélien » et que la capitulation de l’université était « scandaleuse. »

Des lobbyistes pro-Israël ont revendiqué la responsabilité de l’annulation de la conférence de Southampton, et l’un d’entre eux a même déclaré au Jewish Chronicle que la justification pour raison « sanitaire et de sécurité » n’était qu’un prétexte.

L’université de Southampton a refusé d’accéder à la demande de The Electronic Intifada qui lui demandait en vertu du « Freedom of Information Act » de communiquer sa correspondance concernant la conférence avec des groupes pro-Israël ainsi qu’avec d’autres.

L’université a avancé que communiquer ces documents, même censurés, à une publication dont le siège est aux États-Unis violerait les clauses de la protection des données du droit britannique.

Asa Winstanley * Asa Winstanley est un journaliste indépendant basé à Londres qui séjourne régulièrement dans les TPO. Son premier livre “Corporate Complicity in Israel’s Occupation” est publié chez Pluto Press. Voir son site web.

23 février 2017 – The Electronic Intifada – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 10:45

Rencontre avec le nouveau tsar de Trump de la lutte contre le terrorisme, un extrémiste antimusulman

 
 
 
28 février 2017

 

Le cabinet de Trump serait drôle si les conséquences n’étaient pas si troublantes. Son nouvel assistant adjoint en est un parfait exemple

Donald Trump a monté le cabinet et le cercle restreint les plus grotesques de l’histoire présidentielle américaine. Ce serait drôle si les conséquences de méfaits aussi extraordinaires n’étaient pas aussi mortelles et ne menaçaient pas l’existence même de l’univers tout entier tel que nous le connaissons.

« Ce genre d’écrivain est généralement relégué aux marges des milieux académiques. Malheureusement, ce type est à la Maison Blanche »

– Amarnath Amarasingam, chercheur principal à l’Institute for Strategic Dialogue

Le choix de Trump à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement est un grand détracteur du changement climatique financé par le pétrole. Sa secrétaire à l’Éducation pense que les enseignants ont besoin d’armes à feu pour repousser les attaques d’ours. Oui, d’ours. Son secrétaire au logement est un célèbre chirurgien du cerveau qui n’a jamais occupé de poste dans une organisation bureaucratique et qui en a encore moins été à la tête. Le secrétaire d’État de Trump n’a aucune expérience en diplomatie internationale, et la liste est longue.

La seule façon de faire de la Maison Blanche du 45e président des États-Unis une plus vaste plaisanterie serait que Chris Christie, un gouverneur américain connu pour son surpoids, soit nommé secrétaire à la Santé et à la Forme physique, comme l’a ironiquement observé un humoriste.

Malheureusement, la plaisanterie ne s’arrête pas là. Faites entrer le clown.

Sebastian Gorka a été nommé assistant adjoint du président Trump et rend des comptes à Stephen Bannon, stratège en chef de la Maison Blanche et propriétaire du magazine en ligne islamophobe, antisémite et xénophobe Breitbart News.

L’effet Trump : la CIA perd ses meilleurs espions

Une meilleure façon de définir les contours de Gorka serait cependant de décrire l’expatrié britannique en fin de quarantaine comme le tsar de Trump de la lutte contre le terrorisme, qui devient à son tour la chute de cette comédie vraiment pas drôle.

Une plaisanterie récurrente

Gorka est une plaisanterie récurrente auprès des universitaires spécialistes du terrorisme et des responsables de la lutte contre le terrorisme. Il s’est moqué de contribuer à des recherches à comité de lecture sur ce domaine et semble refuser d’accepter les conclusions empiriques des centaines de chercheurs et de professionnels de la lutte contre le terrorisme qui ont contribué à ce qui est devenu un vaste corpus de documents universitaires sur le terrorisme et l’extrémisme violent.

Pourquoi ce déni ? Gorka est un extrémiste antimusulman. Pour Gorka, comme pour d’innombrables islamophobes opportunistes venant de partout, les attentats du 11 septembre sont devenus la ruse idéale pour mener une guerre contre l’islam. La guerre contre le terrorisme a offert à Gorka l’occasion d’exprimer librement sa bizarrerie – et par bizarrerie, je veux dire islamophobie.

Gorka croit que le terrorisme est enraciné dans l’islam et stipule que le Coran, le livre sacré de l’islam, est la source de la radicalisation violente. Soyons clairs désormais : aucun chercheur accrédité en terrorisme ni aucun professionnel de la lutte contre le terrorisme ne mise sur cette vision démente. Littéralement, des centaines d’analyses quantitatives et qualitatives de la radicalisation violente – auxquelles s’ajoutent une foule d’études commandées par des organismes chargés de l’application de la loi, des académies militaires, des universités et ainsi de suite – ont rejeté en bloc l’idée selon laquelle l’Écriture islamique serait un moteur dominant de la radicalisation.

Steven Bannon is preparing Trump for a holy war. No, really

« Bien que cela puisse en surprendre certains, il existe des preuves solides selon lesquelles la religion n’est pas la principale motivation pour rejoindre les extrémistes violents tels que l’État islamique. En réalité, les recherches sur les caractéristiques des extrémistes violents tendent à indiquer que beaucoup sont des novices religieux ou des convertis », note une étude de 2015 dans la revue Behavioral Science & Policy.

Il n’existe pas de voie unique pour la radicalisation violente, ni de gène terroriste ; des études montrent qu’un éventail de facteurs d’attraction et de répulsion socio-psychologiques convergent souvent pour rendre la propagande attrayante auprès des communautés socio-économiques vulnérables. Dans tous les cas, ce sont ce que montrent les recherches – des recherches qui ont été continuelles et exhaustives depuis le 11 septembre.

Le type que Trump écoute pour la politique de lutte contre le terrorisme esquive les preuves irréfutables en faveur d’une version dérangée de l’islam, ce qui représente un danger. Sans oublier également le fait que le patron de Gorka, Bannon, prône officiellement une guerre civilisationnelle contre l’islam. Voilà donc.

« Gorka est un apologiste flagorneur, anti-intellectuel qui crache des clichés et dont l’"expertise" en terrorisme est une islamophobie à peine voilée », a tweeté le docteur John Horgan, professeur à l’université d’État de Géorgie et psychologue de formation, qui a publié des dizaines de livres et de revues à comité de lecture au sujet du comportement terroriste.

Une grande partie de la réputation académique d’un chercheur au sein du domaine de son choix est le nombre de fois que ses travaux sont cités par des pairs dans des livres et des revues. À titre de comparaison, Mia Bloom, chercheuse estimée spécialiste de la lutte contre le terrorisme, a 1 100 résultats sur Google Scholar. Gorka ? Seulement 133.

Terrorisme : les prévisions pour 2017

« Le fait qu’il travaille à la Maison Blanche est stupéfiant », m’a confié Michael S. Smith II, un conseiller du Congrès en lutte contre le terrorisme, avant l’accrochage que lui-même a eu avec Gorka cette semaine, après avoir critiqué le conseiller de la Maison Blanche sur Twitter. Suite à ces tweets, Gorka a appelé Smith et menacé d’intenter une action en justice contre lui, d’après un enregistrement de 22 minutes obtenu par Newsweek.

« Quelqu’un doit demander à Steve Bannon pourquoi il pense qu’il est sage d’amener un membre de l’équipe réserve pour combattre les groupes djihadistes salafistes qui constituent les principales sources de menaces terroristes pour les Américains et nos alliés », m’a indiqué Smith.

« Si Bannon et Gorka étaient des adultes responsables, ils reconnaîtraient qu’ils mettent les Américains en danger. Plus le président consacre de temps à examiner leurs contributions, moins il disposera de temps pour examiner les contributions de véritables experts et professionnels qui ont de l’expérience dans la formulation de la sécurité nationale et qui savent réellement ce qu’ils font. »

« Gorka est un apologiste flagorneur, anti-intellectuel qui crache des clichés et dont l’"expertise" en terrorisme est une islamophobie à peine voilée »

– John Horgan, professeur à l’université d’État de Géorgie

Amarnath Amarasingam, chercheur principal à l’Institute for Strategic Dialogue qui s’est entretenu avec des dizaines de combattants étrangers en Irak et en Syrie, m’a expliqué que Gorka « sembl[ait] penser que le fait d’être musulman est une sorte de drogue de passage pour lancer éventuellement une attaque de quelque sorte ».

« Ainsi, chaque musulman devient suspect et mérite d’être surveillé et gardé hors de votre pays. Il n’y a évidemment aucune preuve que cela est vrai, même de loin. Ce genre d’écrivain est généralement relégué aux marges des milieux académiques. Malheureusement, ce type est à la Maison Blanche », a-t-il déclaré.

Le danger aux commandes

Pire encore, les politiques qui font une fixation sur les musulmans en tant qu’objets référents devant être sécurisés ne servent qu’à amplifier la chose même que l’on essaie de combattre : la radicalisation violente.

« Nous avons constaté que les immigrés qui ne s’identifient ni à leur culture patrimoniale, ni à la culture dans laquelle ils vivent, se sentent marginalisés et insignifiants. Les expériences de discrimination aggravent la situation et entraînent un plus grand soutien en faveur du radicalisme, qui leur promet l’impression d’avoir un sens et un but dans leur vie », notent les auteurs de l’étude publiée en 2015 dans Behavioral Science & Policy.

Les catastrophes sociales surviennent lorsque des hypothèses erronées entraînent des décisions erronées. Dans l’Allemagne nazie, note Harald Welzer, auteur de Climate Wars, « des hypothèses pseudo-scientifiques sur l’inégalité entre les hommes ont été adoptées dans des lois et directives ». En fin de compte, ces hypothèses pseudo-scientifiques ont donné lieu au génocide de 6 millions de Juifs.

Nous avons beaucoup appris au sujet de la radicalisation vers l’extrémisme violent au cours des quinze dernières années. Ce furent des leçons durement apprises. Beaucoup ont risqué leur vie ; quelques-uns ont même sacrifié la leur dans cette quête de compréhension de cette menace du XXIe siècle.

Pourtant, tout ce travail et toutes ces vies sont sur le point d’être jetés à la poubelle par trois dangereux extrémistes antimusulmans aux commandes de la politique antiterroriste des États-Unis : Trump, Bannon et Gorka.

 

- CJ Werleman est l’auteur de Crucifying America, God Hates You. Hate Him Back et Koran Curious. Il est également l’animateur du podcast « Foreign Object ». Vous pouvez le suivre sur Twitter : @cjwerleman.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Sebastian Gorka présente son témoignage, Ten Years On: The Evolution of the Terrorist Threat, au sous-comité sur les menaces et capacités émergentes de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants, en juin 2011 (Wikicommons)

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

 

http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/rencontre-avec-le-nouveau-tsar-de-trump-de-la-lutte-contre-le-terrorisme-un-extr-miste

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:57

Donald Trump's abandonment of the two-state solution descended into dark comedy very quickly

 
 

There was laughter. Not because this was an intended joke by Donald Trump, but because his words were so flippant, so careless, so ignorant, so utterly deplorable, that laughter was the only psychological human release available to sane men and women after such tragic frivolity

 

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:54

Six ans après le renversement de Hosni Moubarak : l’Egypte dans le creux de la vague révolutionnaire

Interview
1 mars 2017
 
 
Le point de vue de Didier Billion
 
 
Six ans après le renversement de Hosni Moubarak, quel est le bilan global à tirer de la vague de contestation de 2011 en Egypte ?
 
 

Il faut tout d’abord rappeler que le mouvement de contestation qui se cristallise en Egypte en 2011 s’inscrit totalement dans l’onde de choc politique qui traverse alors de multiples pays du monde arabe. En Egypte, cela prend une forme très singulière puisqu’Hosni Moubarak, qui dirigeait le pays depuis 1981, est chassé du pouvoir en quelques courtes semaines seulement.
 
Nous avons là l’expression d’une vague révolutionnaire puissante, puisqu’un régime qui semblait très bien établi a finalement rapidement « dégagé », pour reprendre l’expression scandée par les manifestants de la place Tahrir.
 
Les mois qui ont suivi ont vu se succéder, à vitesse accélérée, une série d’événements d’une grande portée politique. Ainsi, en 2012 les Frères musulmans accèdent démocratiquement au pouvoir, notamment à la présidence du pays en la personne de Mohamed Morsi.
 
Bien qu’existant depuis 1928, la confrérie des Frères avait toujours été écartée des sphères du pouvoir, voire réduite à la clandestinité.
 
En 2013, un coup d’Etat est organisé par l’institution militaire qui chasse les Frères musulmans, avec l’actif soutien de Abdel Fattah Al-Sissi, alors ministre de la Défense nommé par M. Morsi.
 
En 2014, une sorte de normalisation autoritaire est actée par l’organisation des élections présidentielles, grâce auxquelles A. F. Al-Sissi, devenu entretemps maréchal, recueille 96% des suffrages.
 
Toutefois, un taux de participation de 50% réduit quelque peu la portée de ce score.

Depuis lors, il y a une incontestable régression des libertés démocratiques individuelles et collectives. Le formidable espoir qui s’était exprimé lors du mouvement révolutionnaire de 2011 a été trahi. Aujourd’hui, les Frères musulmans sont persécutés : environ 40 000 d’entre eux se trouvent en prison et 2 000 condamnations à mort ont été prononcées, même si elles n’ont pas été exécutées. De même, ceux qui appartiennent plutôt au camp « laïc », et qui avaient soutenu le coup d’Etat de 2013, se retrouvent aussi en butte à la répression.

Au niveau économique, la situation n’est guère meilleure. L’Egypte est confrontée à des défis structurels qu’à ce jour elle n’a pas su résoudre.
 
De plus, quatre apports financiers traditionnels de l’économie égyptienne posent problème.
 
Le premier est celui constitué par les travailleurs émigrés égyptiens qui envoyaient régulièrement des devises, principalement depuis l’Arabie saoudite et la Libye. Ces apports en devises étrangères sont de plus en plus faibles puisque l’Arabie saoudite connaît elle-même des difficultés économiques, tandis que la Libye est dans une situation de chaos.
 
Deuxièmement, le pétrole : l’Egypte fut à un moment auto-suffisante mais ce n’est plus le cas désormais avec de trop faibles réserves ; Le Caire est donc obligé de recourir aux importations.
 
Troisièmement, le canal de Suez dont les revenus ont fléchi en raison de la crise économique mondiale et de la baisse du trafic international.
 
Enfin, les revenus tirés du tourisme ont eux aussi considérablement diminué.

Cette situation économique a nécessité de recourir à des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).
 
Celui-ci a accepté en août 2016 de faire un prêt sur 3 ans de 12 milliards de dollars. Mais les exigences en contrepartie sont drastiques : imposition de la TVA, baisse des subventions sur des produits importants (carburant, électricité), dévaluation de la livre égyptienne de près de 50%…
 
Le pouvoir actuel est pris entre deux feux : d’un côté, il a besoin de négocier avec le FMI mais de l’autre, l’application d’un tel accord risque de générer un fort mécontentement, voire des conflits sociaux d’envergure.

Sur le plan régional et international, le rayonnement du nassérisme semble maintenant très lointain. Quelles sont les orientations actuelles de la politique extérieure du Caire ?

Effectivement nous sommes bien loin de la période glorieuse du nassérisme, moment où l’Egypte avait réellement une forte influence dans tout le Moyen-Orient arabe. Nasser avait alors une extraordinaire aura et incarnait la volonté de réaliser l’unité arabe, même s’il n’est pas parvenu à ses fins.
 
À son époque, l’Egypte jouait aussi un important rôle international, notamment au sein du Mouvement des non-alignés, dont il était l’un des piliers majeurs avec l’Inde et la Chine. Depuis lors, on peut constater une baisse d’influence de l’Egypte au niveau régional et international, visible d’ailleurs dès l’époque de Moubarak. Quels sont donc les grands dossiers de politique étrangère de l’Egypte ?

Tout d’abord, le rapport avec les Etats-Unis. A l’époque de Moubarak, l’Egypte était le deuxième récipiendaire d’aides américaines, notamment dans le domaine militaire, après Israël. L’Egypte a donc toujours été l’un des points d’appui régional essentiel des Etats-Unis. Or, beaucoup d’Egyptiens sont persuadés qu’ils ont été trahis par ces derniers. En effet, assez rapidement en 2011, les Américains ont soutenu le mouvement de contestation et n’ont sûrement pas été pour rien dans le départ de Moubarak. Restent prégnantes, comme dans les autres pays du Moyen-Orient, des théories complotistes latentes à l’égard des Etats-Unis. D’autant que l’administration Obama a aussi manifesté une certaine empathie à l’égard des Frères musulmans, puisqu’ils avaient été élus démocratiquement dans le cadre des premières élections libres et pluralistes du pays. Le coup d’Etat de A. F. Al-Sissi, bien qu’Obama n’ait jamais utilisé ce terme, a marqué une période de refroidissement avec Washington. Obama considérait en effet qu’il y avait eu usurpation du pouvoir par le maréchal et par l’armée. A la suite de ce coup, les Etats-Unis ont temporairement cessé la livraison d’aides militaires, ce qui a renforcé une méfiance latente qui n’a jamais été réellement résorbée. Toutefois, A. F. Sissi essaye désormais de normaliser les relations bilatérales depuis l’élection de Donald Trump.
La Russie marque aussi un véritable retour en Egypte et les deux pays convergent sur plusieurs dossiers centraux : la lutte anti-terroriste, la situation en Syrie, la Libye… La Chine quant à elle effectue une véritable percée, symbolisée par la visite de Xi Jinping en janvier 2016, la signature de contrats commerciaux et une augmentation des flux commerciaux d’environ 5% par an. La Chine est désormais le deuxième partenaire commercial de l’Egypte et elle entend faire du Caire un partenaire important du projet One Belt One Road, dénomination officielle des nouvelles Routes de la Soie.
Enfin, les relations avec l’Arabie saoudite sont complexes. D’un côté, le royaume a été un sauveteur du Caire dans les années suivant le mouvement révolutionnaire et le coup d’Etat : les Saoudiens ont en effet versé 25 milliards de dollars à l’Egypte depuis 2013 et l’ont certainement sauvé de la banqueroute. Pour autant, les deux pays ne convergent pas sur tous les dossiers (Syrie et Yémen par exemple). L’Egypte essaye en outre de se replacer dans le jeu régional et entre donc en concurrence avec l’Arabie saoudite, qui souhaite pour sa part devenir le leader du monde arabe. On est loin d’un affrontement mais l’Egypte essaye quand même de s’autonomiser, afin de ne pas être trop dépendante de l’Arabie saoudite.


Quels sont aujourd’hui les grands défis à relever pour le pays ? Existe-t-il une menace terroriste ?

Bien sûr, le terrorisme est un défi régional. Mais paradoxalement en Egypte, le terrorisme n’est pas si prégnant. Il y a certes eu l’épisode de l’avion russe qui a explosé en vol mais pour autant, les grandes villes égyptiennes ne sont pas des victimes récurrentes d’attaques. En réalité, la situation au Sinaï est beaucoup plus préoccupante. Cette région est dans une situation de non-droit où le gouvernement n’a pas les moyens de se faire respecter. Ainsi, les militaires n’osent pas sortir de leur caserne une fois la nuit tombée.
Les autres défis du pays sont de deux ordres. Tout d’abord, le défi démographique : le taux de fécondité est de près de 3,5% par an et la population égyptienne a doublé en moins de quarante ans. Aujourd’hui, on dénombre 92 millions d’Egyptiens et, d’après les projections, la population devrait atteindre 165 millions d’habitants en 2050.
 
Cet accroissement considérable de la population est très inquiétant compte tenu de la situation économique précaire, puisqu’un chômage de masse affecte la jeunesse.
L’autre grand défi est d’ordre géographique.
 
Seulement 5 à 6% de la totalité de la superficie du sol égyptien est « utile », à savoir la vallée du Nil, au long de la laquelle s’est concentré l’essentiel de la population, de l’agriculture et des industries.
 
L’enjeu est donc de savoir comment mettre en valeur le reste du territoire, ce qui nécessite des investissements considérables. Ce défi complexe représente l’un des grands chantiers que le gouvernement doit mettre en œuvre.
 
 
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 08:11
En Israël, Ikea efface les femmes pour séduire les familles ultraorthodoxes

 

 

LETTRE DE JÉRUSALEM. Le géant suédois a présenté ses excuses après avoir distribué une brochure sans photo de femmes, destinée à la communauté haredi.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

 
LETTRE DE JÉRUSALEM

Deux garçons jouent, assis sur le tapis du salon. A leurs côtés, debout devant la bibliothèque, leur père lit un grand livre. L’image semble parfaitement neutre et banale : celle d’un foyer paisible. Sauf qu’en la choisissant pour illustrer une brochure, la marque suédoise Ikea a provoqué un scandale en Israël. L’homme, comme ses enfants, porte une kippa. Sa chemise blanche, son tsitsit – franges blanches religieuses accrochées à son pantalon – et le grand chandelier sur l’une des étagères ne laissent aucun doute : il s’agit d’un haredim, un ultraorthodoxe.

 

L’idée de diffuser une brochure à l’attention de ce public religieux a provoqué la colère de nombreuses voix laïques, choquées par l’effacement de la femme, consenti par le géant du meuble en kit. Il ne s’agit pas d’une initiative isolée. La société israélienne devient de plus en religieuse. Le poids des haredim n’a jamais été aussi grand. Ils représentent 11 % de la population, soit près d’un million de personnes, avec un taux de croissance annuel de 4 %, contre 1 % pour les juifs non haredim. A Jérusalem, un tiers de la population se définit comme ultraorthodoxe, selon des chiffres du Bureau central des statistiques, publiés en juin 2016. La population laïque sent une pression monter en matière de mœurs, d’habillement, à laquelle Ikea se serait soumise à des fins mercantiles.

Initiative malheureuse

Ikea dispose de trois magasins en Israël. Même si les prix de ses meubles sont bien plus élevés qu’en Europe, ils restent plutôt bon marché par rapport aux productions locales. Les familles nombreuses ultraorthodoxes représentent un groupe de consommateurs essentiel. Face à la polémique, Ikea a présenté ses excuses, par l’intermédiaire de son porte-parole local. L’intention était de coller au mode de vie ultraorthodoxe. Par exemple, la table proposée dans la brochure était prête pour le dîner de shabbat. Mais les réactions les plus vives sur les réseaux sociaux portaient non pas sur l’aspect religieux, omniprésent, mais sur la disparition de la femme. La maison mère, en Suède, a assuré qu’elle n’avait pas été mise au courant de cette initiative malheureuse. La société a expliqué qu’elle ne pouvait rappeler toutes les brochures déjà distribuées, mais qu’en revanche, elle s’engageait à ne pas en imprimer de nouvelles.

L’idée de diffuser une brochure à l’attention de ce public religieux a provoqué la colère de nombreuses voix laïques

Naama Idan, directrice d’une agence de publicité à Tel-Aviv spécialisée dans ce segment de la population, a signé une tribune empreinte d’inquiétude dans le quotidien (centre gauche) Haaretz, le 20 février. Elle-même membre de la communauté, elle appelle Ikea à continuer la distribution du catalogue incriminé, mais en diffusant aussi des publicités mixtes, avec des femmes, dans les groupes créés par les Haredim sur Facebook ou WhatsApp.

Naama Idan souligne que, depuis cinquante ans, de nouvelles règles et coutumes ont été imposées aux familles par les rabbins, qui ne figuraient nullement dans la Torah. Parmi elles, l’ordre de dissimuler les images de femmes et de filles.

 
L’auteur de l’article se souvient que les livres de son enfance comportaient de nombreuses représentations féminines. « Malheureusement, au fil des ans, la communauté haredi a effacé les images de femmes dans la sphère publique, écrit-elle. Je l’ai remarqué pour la première fois lorsqu’on a demandé à retirer tous les mannequins [pudiquement vêtus] dans les vitrines de magasins, dans les villes haredi. Puis vinrent les publicités de rue sans femmes, les graffitis de peinture sur les affiches avec des femmes et, enfin, la pratique insultante consistant à raccourcir ou à changer les noms des femmes dans les journaux haredi. »
 
Les femmes ultraorthodoxes ne sont pas les seules concernées par cet accès féroce de pudeur. Début décembre 2016, une polémique a éclaté à l’entrée de la Knesset (le Parlement israélien), lorsque plusieurs assistantes parlementaires se virent refuser l’entrée du bâtiment en raison de jupes trop courtes. L’administration du Parlement expliqua qu’un rappel au code vestimentaire approprié avait été fait quelques semaines plus tôt. Mais elle nia l’emploi de l’expression « vêtement modeste », emprunté au vocabulaire haredi.
 
 
 
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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 08:06

Vers un réaménagement du système confessionnel en Irak

 
 

À l’ombre de la bataille de Mossoul

Orient XXI > Magazine > Tarek Douleymi > 28 février 2017
 

Malgré tous les projets de partition, l’État irakien résiste. Il garde notamment le contrôle des frontières et des richesses naturelles. Ce qui amène les États-Unis à réfléchir, non à un démantèlement du système confessionnel, mais à son réaménagement.

 

Dès 2006, lorsque l’ex-secrétaire d’État américain James Baker expose au Groupe d’études sur l’Irak (Iraq Study Group)1 son projet politique pour une stratégie de retrait, Michael J. Mazarr, de la Rand Corporation2 observe que l’Irak est une victime collatérale des conflits redoutables que se livrent les bureaucraties concurrentes du secrétariat d’État et du Pentagone. L’analyste militaire retraité Andrew Bacevich affirme pour sa part que les mensonges de l’administration Obama sur le renoncement américain à déployer des troupes terrestres en grand nombre sur le terrain ne peuvent dissimuler l’échec politique évident des États-Unis en Irak et au Proche-Orient.

Le réveil tardif des Américains dans la campagne de Mossoul confirme de manière éclatante les pronostics de Judith Yaphe, de l’université de Washington, quant à la capacité de l’Irak à résister dans la durée et à maintenir son unité, et ce en dépit de deux assertions : « l’Irak ne peut pas être un pays » et « l’Irak ne peut perdurer et devenir un pays ». Qu’il s’agisse de partition déguisée ou de fédération, celles-ci s’avèrent bien plus difficiles à mettre en œuvre que le rassemblement au sein d’un État unique, particulièrement pour ce qui concerne le pouvoir politique, le monopole des armes, les frontières internes et les ressources naturelles, notamment pétrolières.

« Une frontière énergétique »

La campagne de Mossoul a jeté une lumière crue sur deux réalités : d’une part il n’y a pas de possibilité de réconciliation sérieuse actuellement entre les belligérants pour un horizon véritablement dégagé dans le proche avenir ; de l’autre, il n’y a pas de véritable implication de la société dans la construction de solides fondations pour une renaissance de l’État.

L’expérience d’un pouvoir basé sur des quotas confessionnels a mis à nu l’incapacité du gouvernement à survivre sans milices armées. Rebâtir l’État exigerait leur démantèlement. À cet égard, et selon des informations sérieuses, le Royaume-Uni serait en train de prendre de plus en plus d’importance dans la politique de l’Irak — avec l’assentiment des Américains — pour l’accomplissement de deux missions :

lutter contre l’organisation de l’État islamique (OEI), notamment à Mossoul ;
s’impliquer dans une tentative de changement de régime avec maintien du même mode d’occupation.

Il faut dire que le Royaume-Uni, qui a restitué à l’Irak en 1925 la ville de Mossoul, connaît mieux que quiconque ses détours. Il sait pertinemment que la ville représente une « frontière énergétique » entre l’Irak et la Turquie, selon les termes du président turc Turgut Özal (1992). Elle constitue aussi, dans la vision stratégique britannique traditionnelle, une plaque tournante brassant des éléments politiques divers, à la fois internes et démographiques, renvoyant à la biopolitique, mais également externes, régionaux et internationaux, d’ordre géopolitique.

La religiosité s’affaiblit

Le Royaume-Uni ne s’écarte guère de l’idée selon laquelle il est nécessaire de maintenir l’islam politique au pouvoir, seul « cheval » sur lequel on puisse miser actuellement à ses yeux, notamment parce qu’il maintient ensemble les deux pôles confessionnels du chiisme et du sunnisme en Irak et dans la région. Autrement dit, l’époque que nous vivons n’aurait pas encore épuisé l’utilité de cette formule politique. La transition que certains ont pu évoquer récemment vers une prétendue laïcité demeure encore hors de portée. La situation semble même prendre un tour curieux : la religiosité s’affaiblit tandis que le confessionnalisme gagne du terrain jusqu’à devenir le moteur principal de toute action.

Pour autant, les calculs de l’occupation ne correspondent pas toujours à ceux du système confessionnel. Les États-Unis, qui veillent sur le condominium de l’occupation, estiment nécessaire de rendre public le nouveau processus politique et d’annoncer par la suite seulement les procédures de mise en œuvre tandis que le Royaume-Uni verrait plutôt une application du processus en premier lieu, suivie après coup de l’annonce publique — appliquant ainsi une devise de Winston Churchill sur les risques qu’il y a à sacrifier un atout éprouvé pour un hypothétique avantage aujourd’hui ou un profit demain. Ainsi, il s’agirait de s’assurer d’abord du changement du régime politique dans le but de garantir la paix civile, puis de transformer le condominium en une sorte d’agence foncière dotée de la puissance économique que lui procure ses ressources pétrolières stratégiques, et investie du pouvoir de veiller à l’unité de l’Irak. C’est ce que confirme le journal The Independent dans un article de Paul Bignell en date du 18 avril 2016 en révélant le lien entre la motivation des Britanniques à participer à l’occupation de l’Irak et les contrats pétroliers secrets signés avec des sociétés pétrolières mondiales comme Shell et BP. Le processus impliquera l’exploitation de toutes les forces vives du sunnisme politique sur le plan social et militaire avec une habile instrumentalisation de la pathologie narcissique des « causes perdues » qui touche la communauté.

Approche militaire ou politique ?

Dès le début et jusqu’à ce jour, les batailles de Mossoul ont été menées sans règles écrites ni plans arrêtés. Elles ont plutôt obéi à la doctrine du théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz selon laquelle toute théorie militaire est bonne jusqu’à l’épreuve de l’affrontement avec l’ennemi !

L’erreur autorisée par cette théorie — et répétée dans le cas américain — est toutefois d’avoir confondu la « guerre contre le terrorisme » avec la « guerre de quatrième génération » théorisée par le stratège américain William Lind3 et qui aura été la pierre angulaire de la stratégie dite du (surge) – envoi de troupes supplémentaires américaines – mise en œuvre en Irak dans les années 2007-2008. Si l’expérience a pu être une réussite en matière d’élimination de la résistance armée nationaliste contre l’occupation, elle a été un échec patent quant à l’éradication des forces islamistes armées, sous le double visage d’Al-Qaida (et assimilés) et ses formes dérivées du type OEI, qui ont même été dopées par le combat.

D’où l’importance de l’analyse de Michael J. Mazarr du fiasco américain en Irak et dans la région, mettant l’accent sur les « zones grises » telles qu’Alep et Mossoul. Ce phénomène semble avoir été accru par l’impuissance des États-Unis à stopper leur déclin stratégique, dans un monde qui n’est plus unipolaire et qui voit même un retour de la guerre froide. L’avantage de ces « zones grises » est qu’elles forment une zone tampon entre les grandes puissances en compétition, de nature à prévenir toute friction militaire, offrant même l’opportunité de transactions et d’échanges de bons procédés. Mossoul en est, au quotidien, un exemple vivant. Ce n’est pas par égard pour son statut historique de ville arabe et irakienne stratégique qu’elle est au centre de l’attention, mais plutôt pour le rituel des butins partagés, du sang versé et de l’énergie convoitée, entre l’Iran et la Turquie d’un côté, et les diverses composantes de la population irakienne de l’autre.

Le Pentagone a dès lors essayé de présenter les batailles dans le cadre d’une campagne de propagande massive mettant l’accent sur l’efficacité technique, sur le bien-fondé des calculs quotidiens et enfin sur une tentative de préfigurer les formules à venir par la perception des complexités présentes sur le terrain. La persistance de combats féroces depuis plus de trois mois ne peut cependant pas dissimuler l’inanité des efforts politiques américains. La faute stratégique majeure à long terme est cette séparation voulue et persistante entre l’approche politique et l’approche militaire. Le hiatus entre les deux fournit toutefois un gain tactique, avec la possibilité de manœuvrer sur le plan médiatique, de satisfaire les instincts des parties antagonistes tout en les endiguant, voire de les domestiquer politiquement à son profit.

L’objectif de Washington est à l’évidence de faire en sorte que la situation après l’OEI à Mossoul soit pire qu’avant afin qu’en reproduisant la même tragédie, ils puissent en tirer profit pour opérer le « recyclage » confessionnel d’un enfermement devenu étouffant. Le résultat sur le terrain est une course contre la montre entre d’une part les démarches politiques du condominium et de ses affidés, et d’autre part l’activité militaire. L’explication est à trouver dans une interaction entre le déclin géopolitique de la région entraîné par l’affaiblissement continu de l’hégémonie américaine et l’effritement démographique de la scène intérieure, l’un des fruits amers de la décadence géopolitique.

Les revers subis par l’OEI à Mossoul ne s’expliquent pas uniquement par les pressions militaires subies. Ils sont pour partie dus à la structure interne de l’organisation, qui sacralise l’action collective plutôt que le charisme personnel du leader et n’a qu’un commandement militaire et politique sans une autorité de référence en matière de religion et de jurisprudence. Avec l’escalade récente d’opérations militaires réussies s’accroît cependant l’adhésion de certaines catégories de la population à sa structure socio-politique.

Le changement visé ne consiste pas à mettre un terme au « processus politique » mais à en changer la configuration et les éléments constitutifs, en vue de le pérenniser. Autrement dit, abandonner le confessionnalisme, qui appelle les ingérences des pays voisins, qu’ils soient arabes ou non, pour une approche simplement confessionnelle qui mette fin au condominium au profit d’une relation directe avec les États-Unis comme tête de pont de la stratégie occidentale. Ce qui suppose un schéma inverse à celui qui a eu cours sous la monarchie, et requiert que le « chiisme politique » rattaché à l’autorité religieuse de l’ayatollah Ali Al-Sistani gouverne conjointement avec un bloc de « sunnisme politique » unifié et solide. Ce qui permettrait en fin de compte de désamorcer le pouvoir de contrainte de l’autorité religieuse — à savoir les milices chiites Hashd Al-Chaabi —, tout en laissant à cette autorité le pouvoir de convaincre, dans une relation apaisée avec les sunnites d’Irak. Cela permettrait en outre de mieux faire face au velayat-e faqih – textuellement, le « gouvernement du docte »4 dans la stratégie de l’Iran et de ses affidés.

1NDLR. Également appelée Commission Baker-Hamilton ou Commission Baker, le Groupe d’étude sur l’Irak était une commission composée de dix personnes désignées par le Congrès des États-Unis, chargée de fournir une appréciation indépendante sur la situation en Irak.

2NDLR. Institution américaine à but non lucratif qui a pour objectif d’améliorer la politique et le processus décisionnel par la recherche et l’analyse.

3NDLR. La guerre de quatrième génération (après la guerre sur champs de bataille, la puissance de feu et la capacité de manœuvre stratégique) correspond à la révolution de l’information et cherche à mobiliser des populations entières en un antagonisme gagnant tous les domaines, du politique à l’économique, le social et le culturel. L’objectif est la destruction du système mental et organisationnel de l’adversaire.Totalement asymétrique, elle oppose des puissances high tech à des acteurs éparpillés : groupes religieux, ethniques ou d’intérêt.

4Cette doctrine du « gouvernement du docte » élaborée par l’ayatollah Khomeiny accorde aux mollahs d’énormes pouvoirs et oriente le pouvoir iranien ; elle est contestée par de nombreux autres ayatollahs.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 08:00

Comment Booking.com apporte son soutien aux crimes de guerre d’Israël

 
 
 

26 02 2017 • 22 h 12 min

 

Mieke Zagt – 22 février 2017

 

Une annonce de Booking.com pour un hôtel israélien au bord de la Mer Morte ne mentionne pas qu’il est en Cisjordanie occupée.

Il y a deux ans j’avais écrit un article expliquant que Booking.com proposait des chambres d’hôtel dans des colonies qu’Israël avait construites en violation du droit international. Je mettais aussi en avant comment ce site de voyages trompait la clientèle en donnant « Israël » comme adresse d’hôtels de Cisjordanie et du Golan occupés.

Depuis, des corrections ont été apportées aux choix. Lorsque je suis allé sur le site Booking.com au début du mois, j’ai appris qu’il indique désormais « colonie israélienne » comme adresse de certains logements de ses listes.

Il est plus que probable que ce changement ait été fait en réponse aux directives de l’Union Européenne.

Pour autant, cela n’altère pas le fait que Booking.com continue à encourager l’existence des colonies, qui constituent un crime de guerre.

Prenez par exemple le Kibboutz Hôtel Kalia. En 2015, Booking.com prétendait qu’il était en Israël. Aujourd’hui, le site indique qu’il est « situé dans une colonie israélienne ».

Pour qui n’est pas familier avec la géographie ou la politique du Moyen Orient, il ne saurait être clair que l’hôtel est situé sur une terre palestinienne occupée.

Booking.com n’approfondit pas ce que « situé dans une colonie israélienne » veut véritablement dire. Il ne précise pas que la colonie a été construite en violation du droit international.

Des touristes peu circonspects peuvent simplement penser que l’hôtel est situé dans un endroit attractif, non loin de la Mer Morte.

Les photos de gazons bien taillés et d’une piscine spacieuse ne sont pas de nature à alerter de futurs visiteurs sur le fait qu’en réservant là une chambre, ils entreraient sur la scène d’un crime de guerre.

Tromperie
Un rapport de l’ONU de 2013 a défini les colonies comme englobant « tous processus et structures physiques et non physiques » construits ou en cours d’installation, qui étendent ou maintiennent « des communautés résidentielles israéliennes » au-delà de la Ligne Verte, la frontière entre Israël et la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza.

Des hôtels situés dans des colonies israéliennes relèveraient de cette définition, étant donné qu’ils contribuent à l’économie touristique des colonies.

D’autres listes de Booking.com sont sans doute encore plus trompeuses.

Le site internet donne «Israël » comme adresse pour des logements de Jérusalem Est. Et ce, en dépit du fait que le Conseil de Sécurité de l’ONU voit l’annexion de Jérusalem Est par Israël comme une violation du droit international.

Par exemple, Booking.com offre à ses clients la possibilité de louer des chalets à Ramot, une colonie israélienne de Jérusalem Est. Le site internet prétend que les chalets sont en Israël, sans faire savoir qu’ils sont dans une colonie illégale.

 

Booking.com identifie un hôtel de la colonie de Ramot comme situé en Israël quand il est en Cisjordanie occupée.

Le siège de Booking.com est aux Pays Bas. Il devrait donc se plier aux lois néerlandaises et à celles de l’Union Européenne.

En novembre 2015, l’UE a publié des lignes directrices à l’intention des sociétés ayant des activités économiques au Moyen Orient. Elles établissent que l’Union « ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires » qu’il occupe depuis 1967 : la Cisjordanie (dont Jérusalem Est), Gaza et le Golan, et « ne les considère pas comme une partie du territoire israélien ».

Les lignes directrices ajoutent que l’information publiée par les sociétés sur l’origine de produits qu’elles vendent « doivent être correctes et ne pas tromper le consommateur ». Étiqueter « produit d’Israël » un produit issu d’une colonie israélienne de Cisjordanie, Jérusalem Est comprise, serait trompeur, selon les lignes directrices.

Si les lignes directrices se concentrent sur des marchandises plutôt que sur des services, rien n’indique que des hôtels devraient être exempts de leurs dispositions.

Donner « Israël » comme adresse pour Jérusalem Est va clairement contre ce que stipulent les lignes directrices.

Outre sa proposition d’hôtels de colonies de Cisjordanie occupée, Booking.com continue à prétendre que le village de vacances de Rimonim Hermon est en Israël. En fait, ce complexe est sur le Golan, une partie de la Syrie occupée par Israël.

Inadéquat
Booking.com n’est pas allé assez loin, il a obéi partiellement à ces lignes directrices.
Toutes les colonies de Cisjordanie, dont Jérusalem Est et le Golan contreviennent à la Quatrième Convention de Genève qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans les territoires qu’elle occupe.
La construction et l’expansion des colonies israéliennes ressortent à des crimes de guerre, l’UE devrait non seulement dire aux entreprises d’avoir une terminologie appropriée, mais plutôt interdire la vente de biens et de services de et vers ces colonies illégales. L’UE devrait faire cela, ayant à l’esprit la façon dont l’ONU a de fait défini les activités économiques dans ces colonies comme des activités de ces colonies.

 

 

Booking.com situe le village de vacances de Rimonim en Israël alors qu’il est sur le Golan syrien occupé

 

Il y a deux ans, Booking.com a essayé de se soustraire à ses responsabilités. Un porte-parole de l’entreprise m’a dit « ce n’est pas à nous » de déterminer si les colonies israéliennes sont illégales, contestées (ou) non reconnues.

La corporation n’a pas répondu à des demandes plus récentes de commentaires. Danwatch, un centre de recherches de Copenhague, a récemment critiqué le Groupe Priceline, la maison mère de Booking.com, pour avoir refusé de prendre en compte les « effets potentiellement négatifs sur les droits humains » du fait de présenter des hôtels dans les colonies israéliennes.

Jeff Handmaker, un professeur de droit à l’Université Érasme de La Haye, a insisté sur le fait que « les entreprises ne peuvent pas se déconnecter de leurs obligations en droit international ».

Handmaker a avancé l’argument selon lequel en vertu de la loi néerlandaise sur les crimes internationaux, Booking.com pourrait être poursuivi pour agir en faveur de violations du droit international.

En continuant à proposer des services dans les colonies illégales, « Booking.com facilite, délibérément ou non, mais de façon active, la commission de crimes de guerre » a-t-il ajouté.

La seule ligne d’action acceptable pour Booking.com est de refuser de mettre sur ses listes quoi que ce soit existant dans des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie, y compris de Jérusalem Est et du Golan.

Personne ne devrait être invité, le sachant ou non, à passer des vacances dans une destination illégale.

Mieke Zagt est co-fondateur et président de Article 1 Collective, une organisation de défense des droits humains

Traduction SF l’Agence Media Palestine.
Source : Electronic Intifada

 

 

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/02/26/comment-booking-com-apporte-son-soutien-aux-crimes-de-guerre-disrael

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 07:56

Donald Trump's abandonment of the two-state solution descended into dark comedy very quickly

 
 

There was laughter. Not because this was an intended joke by Donald Trump, but because his words were so flippant, so careless, so ignorant, so utterly deplorable, that laughter was the only psychological human release available to sane men and women after such tragic frivolity

 

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