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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 06:46

Fallait-il intervenir militairement contre Kadhafi en Libye ?

Orient XXI > Va comprendre ! > Patrick Haimzadeh > 26 juin 2017

 

Le 17 février 2011 éclate dans l’est de la Libye l’insurrection contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi. Au terme d’une guerre civile de huit mois et d’une intervention militaire directe d’une coalition internationale dirigée par l’OTAN, le régime du colonel Kadhafi s’écroule.

Les images du lynchage de cet homme qui avait pensé incarner son pays et son peuple pendant 42 ans font le tour du monde. L

es dirigeants et les grands médias occidentaux se félicitent de ce qui est présenté comme une guerre juste et une victoire de la démocratie contre la dictature. Six ans après, la Libye n’intéresse plus guère ces mêmes médias qui n’y voient le plus souvent qu’un chaos indescriptible. Et pourtant si cette affaire est complexe elle n’en est pas moins explicable, pour peu que l’on se donne la peine d’y appliquer les grilles de lecture et d’analyse appropriées.

 

L’ère Kadhafi

Après avoir été une province ottomane puis une colonie italienne, la Libye voit le jour en tant qu’État indépendant en 1951 sous la forme d’une monarchie étroitement contrôlée par les puissances occidentales. En ces années 1960, l’heure est à la lutte contre le colonialisme et à l’anti-impérialisme et les projets d’émancipation au Proche-Orient épousent les idéaux du nationalisme et du socialisme arabe. Le 1er septembre 1969, profitant d’un voyage à l’étranger du vieux roi, le lieutenant Kadhafi et ses camarades officiers s’emparent du pouvoir sans effusion de sang. Ce coup d’État restera connu sous le nom de « révolution du 1er septembre ». Il est au départ bien accueilli par la population qui apprécie les projets modernisateurs et les discours nationalistes de ces jeunes officiers. Au fil des années, le pouvoir se personnalise jusqu’à la caricature. Kadhafi s’appuie sur les allégeances personnelles achetées grâce aux immenses revenus de la rente pétrolière qu’il utilise pour rétribuer les tribus et les villes qui lui sont acquises.

Dans ce pays vaste comme deux fois et demie la France et peu peuplé (moins de 6 millions d’habitants en 2011), les structures tribales et les spécificités locales et régionales demeurent en effet très fortes. Hormis les entreprises nationales que sont la Compagnie nationale du pétrole, la Banque centrale, les fonds d’investissement ou les compagnies de l’électricité et de l’eau, le colonel Kadhafi ne construit pas de structures étatiques fortes. La sécurité est assurée par des gardes prétoriennes dont les cadres sont recrutés en fonction de leurs appartenances tribales dans des régions traditionnellement fidèles au régime.

Malgré les apparences d’omnipotence du « Guide de la révolution » et de solidité du régime, ce système est en permanence dans un état d’équilibre que Kadhafi maintient par sa parfaite connaissance des identités tribales.

Instrumentalisé par elles autant qu’il les instrumentalise, il délègue aux structures tribales des fonctions sociales et sécuritaires, voire judiciaires.

Quelques années avant l’insurrection de 2011, il affichait des projets ambitieux de développement et d’ouverture économique et politique. Son fils Seif Al-Islam, souvent présenté comme son héritier potentiel, est chargé de préparer cette transition.

Des centaines de prisonniers politiques sont libérés quelques mois avant l’insurrection. Mais cette volonté de tout changer pour que rien ne change arrive bien tard et elle doit affronter la résistance des fidèles du régime qui craignent de perdre leurs acquis.

 

Six ans de guerres civiles

En février 2011, les moments révolutionnaires tunisien et égyptien — relayés par les chaînes de télévision satellitaires et les réseaux sociaux — se propagent rapidement à la Libye. L’insurrection commence alors dans la région est (Cyrénaïque), traditionnellement frondeuse à l’égard du pouvoir.

Initialement pacifique, elle se militarise très rapidement et en quelques jours les troupes loyalistes se replient de Cyrénaïque. Kadhafi est enfermé dans sa tour d’ivoire et entouré de conseillers courtisans qui lui cachent l’ampleur de l’insurrection. Il met du temps à réagir et brandit tantôt la carotte tantôt le bâton à l’égard des jeunes insurgés, rejoints dès le départ par les anciens cadres islamistes libérés quelques mois plus tôt. Ces derniers structurent l’insurrection à laquelle se joignent également d’anciens militaires. La Tunisie et l’Égypte disposaient de structures étatiques fortes et les populations n’étaient pas prêtes à se battre pour le soutien du régime. L’insurrection libyenne, elle, bascule très rapidement dans la guerre civile.

Les puissances occidentales, avec la France en première ligne, reconnaissent dès les premiers jours l’entité politique mise en place par les insurgés comme « seule représentante légitime du peuple libyen ». La logique de guerre est engagée au détriment de toute tentative de négociation. L’objectif, sous couvert de protection des populations, est la chute du régime Kadhafi. Mais malgré l’importance des moyens engagés par l’OTAN — la plus puissante alliance militaire au monde —, la guerre durera huit mois. Cette résistance s’explique par les divisions politiques, idéologiques et régionales dans les rangs de l’insurrection, ainsi que par les ralliements nombreux de combattants qui ont rejoint les kadhafistes dès les premiers bombardements occidentaux, par réflexe nationaliste contre ce qu’ils percevaient comme une agression étrangère. On ne peut donc pas parler d’une guerre civile libyenne, mais d’une multitude de guerres civiles, répondant chacune à des logiques et des enjeux locaux propres. De vieilles querelles sont ainsi ravivées avec cette guerre et des villes soutiennent le régime simplement parce que des communautés voisines rivales de longue date ont choisi les rangs de l’insurrection.

 

Ancien diplomate français à Tripoli (2001-2004), auteur de l’ouvrage Au cœur de la Libye de Kadhafi, Jean-Claude Lattès, 2011.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 06:44

A major war in the Middle East is now more likely than ever

 

 

#SyriaWar

The growing confrontation between the US and Russia in eastern Syria, combined with escalating tensions between Saudi and Iran, could spill over into conflict

 
 
 

In response, the Russian Defense Ministry released a statement warning that it would track as targets international coalition aircraft and drones found operating west of the Euphrates River. The Russians also abruptly suspended a hotline with Washington intended to avoid collisions between Russian and US forces in Syria, although US officials have since claimed the hotline is still in use.

In the absence of collaboration between the US and Russia and under a hostile environment between the two powers, the Middle East could erupt into a raging inferno

On 19 June, an American reconnaissance plane was intercepted by a Russian fighter over the Baltic Sea. According to US officials at the United States European Command, the two aircraft were only a few feet apart at times.

In another potentially dangerous incident, on 21 June, a Nato warplane approached the Russian aircraft over the Baltic Sea which carried Defence Minister Sergey Shoigu. A Russian Su-27 escort fighter showed up and tilted its wings to show its weapons, whereupon the intruding Nato plane flew away.

A day before, on 20 June, a US fighter jet shot down an Iranian-made drone over Syria. In the aftermath of the recent developments in US-Iran relations, the shooting down of the Syrian warplane and the Iranian drone have sharply increased the tension between the US and Iran - tension which has the potential to escalate into a broader conflict.

War of words

The rhetoric from US leaders has also ratcheted up. First, on 14 June, US Secretary of State Rex Tillerson called for regime change in Iran. He told the House Foreign Relations Committee that Iran was destabilising the region and promised that the United States would support “those elements inside the Islamic Republic which would bring about peaceful government transition”.

In response, Iran’s leader, Ayatollah Ali Khamenei, slammed the US government in a fiery speech stating, “The American rulers do not know the Iranian nation,” adding that “the new White House leaders are like nascent hooligans who scare people by brandishing their knives until somebody punches them in the mouth and puts them in their place.”

Referring to Tillerson’s statement, Khamenei noted, “They say they want to change the Islamic Republic establishment. Well, when have you not wanted to do this? You always wanted and you always failed and your nose has been rubbed in the dirt; and it will be like that from now on.”

'Anytime we have multiple armed forces working in the same battle space without de-confliction, there is a dangerous risk of things spinning out of control'

- Douglas E Lute, retired US general

There is also a new battlefront between Russia and Iranian proxies in Syria on one side and the US and its allied forces on the other over control of southeastern Syria, an area close to the Iraqi borders where the main highway between Damascus and Baghdad crosses. The route is strategically important to Iran because it links Syria to Iraq and further east to Iran. Control of this road would enable Tehran to connect to its main ally in the region, Lebanon’s Hezbollah, through Syria.

The Americans intend to gain control over eastern Syria because, as explained in the New York Times, after the defeat of IS “what is really at stake are even larger issues. Will the Syrian government re-establish control of the country all the way to its eastern borders? Will the desert straddling the Syrian-Iraqi border remain a no man’s land ripe for militant control? If not, who will dominate there - forces aligned with Iran, Russia or the United States? Which Syrian factions will wield the most influence?”

The Times notes, “With all these forces on a collision course, several recent escalations have raised fears of a direct confrontation between the United States and Iran, or even Russia.”

This situation is a recipe for war. According to Douglas E Lute, a retired three-star Army general who was the US representative to Nato until January, “anytime we have multiple armed forces working in the same battle space without de-confliction, there is a dangerous risk of things spinning out of control. … Tactical incidents on the ground or in the air over Syria can be misunderstood and lead to miscalculation.” As one international relations expert maintains: “War can occur without misperception, but rarely.”

Crown prince's war talk

What makes the situation worse is the ever-increasing hostility between Iran and Saudi Arabia. On 7 June, IS terrorists launched attacks on Iran’s parliament and on the tomb of the country’s former supreme leader, Ayatollah Ruhollah Khomeini, following explicit threats by Saudi prince Mohammad bin Salman in early May.

 

 


On 9 June 2017, a funeral is held for victims of the 7 June attacks in Tehran (AFP)

“We won’t wait for the battle to be in Saudi Arabia. Instead, we’ll work so that the battle is for them in Iran,” bin Salman remarked. Iranian government officials, from the leader down, have expressed no doubt that the Saudis were behind the terrorist attacks.  

Mohammad bin Salman is the architect of the new, openly aggressive Saudi foreign policy toward Tehran. On 21 June, he was appointed as the new crown prince of Saudi Arabia, making him next in line for the throne. The novice politician, who will mark his 32nd birthday in August, calls the shots on the kingdom’s foreign policy, will maintain his post as defence minister, and will supervise the Saudi economic reforms including in the oil sector.

While Israelis lauded the appointment as “good news for Israel and the US,” former US ambassador to Israel, Daniel B Shapiro, called it “dangerous” with respect to Iran. Mohammad bin Salman’s appointment as crown prince makes the possibility of an Iran-Saudi conflict even more likely.

Mohammad bin Salman is the architect of the new, openly aggressive Saudi foreign policy toward Tehran

A glaring example which presents the outside world with a first glimpse of the dangerous foreign policy of the newly-elected, de facto ruler of Saudi Arabia, is a list of the conditions presented to Qatar on 23 June for lifting the sanctions imposed by Saudi-led bloc.

According to the Associated Press, the list stipulates 13 conditions including the closure of the Qatar-funded broadcaster Al-Jazeera, a Turkish military base, and cutting back all diplomatic ties with Iran.

Many observers contend that curbing ties with Iran is central to the list. The demands completely violate international norms, first and foremost the sovereignty of states. Demands of such nature were not imposed even on the Iraqi dictator, Saddam Hussein, after Iraq’s defeat in the Persian Gulf War in 1991.

Trump's forgotten promise

Against this perilous backdrop, no party shows any intention of de-escalation, especially the two nuclear superpowers. During Donald Trump’s election campaign, the Republican candidate offered hope that the United States would seek Moscow’s cooperation on global issues.

►READ MORE:

The US risks war with Iran in eastern Syria. It should focus on fighting IS elsewhere

Many hoped for the formation of an alliance between the two powers to uproot IS in Syria and to bring an end to the ongoing humanitarian catastrophe in the country. It was hoped that as a result of US-Russian cooperation, the Hobbesian state of “war of all against all” in Syria would be stopped and the two major regional rivals, Iran and Saudi Arabia, would reconcile. 

In his first press conference after his election, Trump repeatedly said that it would be “positive,” “good,” and even “great” if “we could get along with Russia”.

In the absence of collaboration between the US and Russia and under a hostile environment between the two powers, the Middle East could erupt into a raging inferno as a result of a far-reaching war.

- Shahir Shahidsaless is an Iranian-Canadian political analyst and freelance journalist writing about Iranian domestic and foreign affairs, the Middle East and US foreign policy in the region. He is the co-author of Iran and the United States: An Insider’s View on the Failed Past and the Road to Peace. He is a contributor to several websites with focus on the Middle East as well as the Huffington Post. He also regularly writes for BBC Persian. You can reach him at shahir.shahidsaless@gmail.com or follow him on Twitter @SShahisaless.

The views expressed in this article belong to the author and do not necessarily reflect the editorial policy of Middle East Eye.

Photo: A pair of US Air Force F-15 Strike Eagles flying over northern Iraq after conducting air strikes in Syria on 23 September 2014 (AFP)

 

 

http://www.middleeasteye.net/columns/major-war-middle-east-now-more-likely-ever-893905523

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 06:39

Erdogan: l'ultimatum des pays du Golfe au Qatar est "contraire au droit international"

 
 
AFP
Modifié le - Publié le | AFP
 
 
 
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que l'ultimatum présenté par l'Arabie saoudite et ses alliés au Qatar, qu'ils accusent de "soutenir le terrorisme", était "contraire au droit international".

"Nous soutenons (la position du Qatar) parce que nous considérons que la liste de 13 demandes est contraire au droit international", a déclaré le chef de l'Etat turc, cité par l'agence gouvernementale Anadolu.

Doha a affirmé samedi que ces demandes, parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de des relations avec l'Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar, n'étaient "pas raisonnables".

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont accordé au Qatar un délai de dix jours pour satisfaire à ces demandes, une requête jugée irréaliste par Doha.

Dans des déclarations aux journalistes après avoir participé à la prière de l'Aid al-Fitr, M. Erdogan a estimé que ces demandes allaient "trop loin".

Il s'agit "d'une attaque contre les droits souverains d'un pays", a-t-il dit.

M. Erdogan a affirmé en outre que l'exigence d'un retrait des troupes turques du Qatar était une forme "d'irrespect pour la Turquie".

La Turquie entretient des rapports privilégiés avec Doha. Le parlement turc a approuvé le 7 juin la mise en oeuvre d'un accord datant de 2014 permettant le déploiement de plusieurs milliers de soldats sur une base turque au Qatar. Des troupes turques se trouvent déjà dans le pays, où elles participent à des exercices conjoints.

La Turquie a en outre commencé à envoyer par avion et par mer des denrées alimentaires au petit émirat gazier, soumis à un embargo par ses voisins du Golfe.

"Allons-nous demander la permission pour coopérer en matière de défense avec un pays ? Sans vouloir offenser quiconque, la Turquie n'est pas un pays ordinaire", a affirmé M. Erdogan.

Il a par ailleurs réitéré sa proposition d'établir une base turque en Arabie saoudite, déjà rejetée par Ryad.

Depuis le début de la crise, Ankara s'était abstenu de critiquer directement l'Arabie saoudite, se bornant à appeler Ryad à un règlement de la crise.

25/06/2017 10:49:11 -          Istanbul (AFP) -          © 2017 AFP

 
 
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 09:49

 

Politique, culture, société, économie, diplomatie

L’histoire non dite de l’occupation israélienne

« Un royaume d’olives et de cendres »

Ayelet Waldeman et Michael Chabon se sont associés à l’ONG israélienne Breaking the Silence pour demander à 26 écrivains de témoigner à propos du conflit israélo-palestinien. L’ouvrage qui en résulte, Un royaume d’olives et de cendres (Robert Laffont, mai 2017) dresse un état des lieux de la guerre qui déchire deux peuples, des tensions historiques, géopolitiques et économiques et d’une politique israélienne toujours plus invasive.

Nous remercions les éditions Robert Laffont de nous avoir autorisés à publier la nouvelle de Fida Jiryis.

 

Palestinienne d’origine galiléenne, vivant à Ramallah, Fida Jiryis est écrivaine, éditrice, et membre de la SAWA Community Organization pour les droits des femmes. Elle a écrit des nouvelles et des articles, entre autres, dans This Week in Palestine, Al-Ayyam et Al-Quds al-Arabi. Elle est l’auteure de Hayatuna Elsagheera Notre petite vie », publié en 2001 et non traduit en français) ainsi que de Al-Khawaja Le Gentleman », publié en 2011 et également non traduit), deux recueils de nouvelles écrites en arabe sur la vie de villages de Galilée.

— Je vais le prendre, dis-je en parcourant du regard l’appartement vide.

La dame n’a pas souri, ni montré aucun signe d’accord. Je commençais à me sentir mal. Elle avait levé les yeux vers moi d’un air interrogateur au moment où j’avais frappé à la porte ouverte de son bureau, quelques instants plus tôt.

— Oui ? avait-elle répondu prudemment.

Quelque chose en moi avait dû me trahir.

— Bonjour ! ai-je lancé aussi gaiement que possible.

L’ensemble d’immeubles neufs était parfaitement situé, à mi-chemin entre mon village et Nahariya, une petite station balnéaire de Galilée. Je serai près de mes parents, de mon bureau, et en même temps de la plage. J’étais passée devant en voiture plusieurs fois pendant qu’ils étaient en chantier et, dès qu’ils avaient été mis en location, j’avais été impatiente de tenter ma chance. Tous les jours, j’irai courir sur la plage après mon travail...

— Puis-je vous aider ? s’enquit la dame, me jaugeant toujours.
— Oui, j’aimerais visiter un des appartements à louer.

C’est mon accent qui m’avait trahie ; j’étais une Arabe. Elle avait l’air gênée. Mais j’avais l’habitude de ce genre de réticence. Je me bornais à sourire en feignant de n’avoir rien remarqué.

Elle tripota un trousseau de clés, puis m’entraîna hors de son bureau vers un des immeubles.

— Nous en avons un ici..., dit-elle.

«Un ? Madame, ce grand ensemble est encore presque vide », songeais-je.
J’ai été un peu déçue quand elle a ouvert la porte. L’appartement était flambant neuf, mais très petit.

— Vous n’avez pas quelque chose de plus grand ?
— Non, c’est tout ce qui nous reste.
— OK.

On ne pouvait pas discuter avec le système. Enfin, je pouvais toujours, mais il était peu probable que j’arrive à quelque chose. _ Alors je me suis forcée à garder le sourire.

— Je vais le prendre. Quel est le montant du loyer ? ai-je demandé d’un ton léger.
— Euh, je dois d’abord vous poser une question. D’où êtes-vous ?

Comme on était en Israël, je ne m’arrêtais pas pour réfléchir à l’inconvenance de cette question.

— Fassuta, un village à une vingtaine de minutes d’ici, près de Ma’alot, ai-je hasardé, mentionnant une ville juive proche de mon village, puisqu’il aurait été inutile de citer d’autres agglomérations arabes.
— D’accord... Elle inclina la tête, fronçant le..........(.....).......

 

 

Adelet Waldman, Michael Chabon (dir.), Un royaume d’olives et de cendres : 26 écrivains, 50 ans de territoires occupés Robert Laffont, mai 2017.

Traduit de l’anglais par Isabelle Delord-Philippe.

Fida Jiryis
Ecrivaine, éditrice, et membre de la SAWA Community Organization pour les droits des femmes. Auteure notamment de Hayatuna Elsagheera Notre petite vie », publié en 2001 et non traduit en français) ainsi que de Al-Khawaja Le Gentleman », publié en 2011 et également non traduit).

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 09:31
Pourquoi les Israéliens doivent perturber l’occupation
 
 
 
 
jeudi 22 juin 2017 / 10h:36
Photo : Haidi Motola ActiveStills
 
Des soldats des troupes d'occupation prennent ici plaisir à tirer à balles réelles sur des manifestants palestiniens à Nabi Saleh, le 26 mai dernier. Deux semaines auparavant un manifestant, au même endroit, avait été abattu de la même façon - Photo : Haidi Motola ActiveStills
 
 
 
 
 
 
 
Miko PeledL’un des aspects les plus inquiétants de la réalité en Palestine c’est sa normalité.

 

Il est devenu normal de voir des Palestiniens se faire assassiner, même des enfants. Les visages de jeunes Palestiniens apparaissent quotidiennement sur les réseaux sociaux, ceux de garçons et filles, sur lesquelles des soldats ont tiré, faussement accusés d’avoir tenté de poignarder un soldat.

Il est devenu normal de voir des soldats israéliens lancer de l’eau puante et des gaz lacrymogènes, des tireurs d’élite tirer à balles réelles sur des manifestants non armés qui réclament la terre qui fut la leur et la liberté qu’ils n’ont jamais eue.

Et il est devenu normal pour nous de prendre part au débat stérile et sans fin sur la question de savoir si c’est de la violence quand des Palestiniens lancent des pierres sur les soldats israéliens armés qui envahissent leur maison, ou si le sionisme – qui a produit cette violence – est une idéologie raciste. Et pendant tout ce temps la souffrance et l’oppression de millions de Palestiniens se poursuivent quasiment sans répit.

Ce n’est un secret pour personne que les Israéliens et les Palestiniens vivent deux réalités différentes.

Même lorsque nous, Israéliens privilégiés, allons au village de Nabi Saleh le vendredi pour participer à la manifestation hebdomadaire, à la fin de la journée nous sommes libres de quitter le village, de quitter l’occupation et de retourner dans notre sphère propre, sécurisée et bien pavée. Contrairement aux Palestiniens que nous laissons derrière nous notre maison ne sera pas prise d’assaut, nos routes ne seront pas barrées et nos enfants ne devront pas se cacher pendant des jours voire des semaines de peur de se prendre une balle, d’être arrêtés et torturés.

Nous rentrons chez nous en sueur et fatigués, couverts de gaz lacrymogène et d’eau puante, et nous avons le sentiment d’avoir fait notre part. Mais qu’avons-nous fait ? Quel est le rôle des militants israéliens privilégiés dans la résistance et pourquoi accomplissons-nous si peu de choses ?

Premièrement il nous faut reconnaître qu’il est question de résistance et nous demander si nous sommes prêts à y prendre part.

Un vendredi ordinaire il peut y avoir environ une dizaine de manifestants israéliens, que ce soit à Nabi Saleh ou Bilin, actuellement les deux principaux lieux de manifestation du vendredi en Cisjordanie occupée. Certains Israéliens marchent à l’arrière d’autres devant.

 

Rien de plus que des ombres ?

 

Certains aiment dire qu’ils ne font que collecter des infos/preuves. La plupart, tels des ombres, ne semblent pas savoir où est leur place et ne veulent pas intervenir. Peu affrontent les forces israéliennes. Donc la question qui se pose est celle-ci, qu’accomplissons-nous?

Si nous n’utilisons pas notre privilège pour pousser le bouchon et affronter les autorités israéliennes, alors nous ne sommes rien de plus que des ombres.

La dernière fois que je me suis rendu à Nabi Saleh c’était le 26 mai, exactement deux semaines après que Saba Abu Ubaid, 23 ans, y a été tué par les forces israéliennes au cours d’une manifestation.

La manifestation du 26 a démarré, comme toujours, avec des gens qui descendent la colline venant de la mosquée après la prière de midi, portant des drapeaux et scandant des slogans. Il y avait environ 30 à 40 personnes (bien que dans les accusations qui allaient être portées contre moi , la police israélienne prétendit qu’il y avait 200 manifestants), principalement des Palestiniens et quelques habitués israéliens et des étrangers.

Quelques minutes plus tard, nous étions face aux forces israéliennes qui nous ont donné l’ordre de nous disperser.

Par où commencer pour décrire ces actes scandaleux ? Des soldats armés jusqu’aux dents en terre occupée disant aux gens dont ils ont envahi le village qu’ils doivent se disperser. Mais en Palestine, ceci est normal donc il y a peu d’indignation.

 

« Tirez leur dans les jambes »

 

Puis, les brutalités habituelles ont commencé, suivies de tirs de gaz lacrymogène, d’eau puante, et assez rapidement de balles réelles. Etant donné ce qui s’était passé, pas plus tard que deux semaines auparavant, la vue des tireurs d’élite se mettant en position et mettant en joue les gamins sur les collines suscita de graves inquiétudes. J’entendis quelqu’un que son badge identifiait comme Raja Keyes donner l’ordre aux tireurs d’élite de« tirez leur dans les jambes. »

Les habitants de Nabi Saleh se sont alors assis devant les tireurs d’élite pour leur bloquer la vue. Puis ce fut plus de gaz lacrymogènes, plus d’eau puante et plus de tireurs d’élite.

Keyes était à côté de moi quand il se dirigea vers un groupe de femmes et d’enfants qui regardaient les événements du bord de la route et, avec le sourire aux lèvres, leur lança une grenade lacrymogène. L’une des mères remonta un dénivelé en courant pour interférer avec les tireurs d’élite et fut bousculée par les soldats. Je me précipitai dans sa direction, contournai un jeune soldat qui essayait de m’arrêter et lorsque j’arrivai à sa hauteur ils sont venus m’attraper.

Quatre ou cinq agents, dont Keyes m’agrippaient fortement. Les agents appartenaient au Magav – bien que souvent décrit comme « police des frontières, » Magav est une unité de l’armée israélienne.

Dès lors, les agents avaient de bonnes raisons de ne pas apprécier ma présence et voulaient me faire dégager.

Les photos et vidéos de mon arrestation se sont retrouvées sur les réseaux sociaux, il suffit donc de dire qu’ils ne se sont pas montrés tendres et je ne me suis pas laisser faire. (On peut voir mon arrestation à environ 12 :10 de la vidéo des évènements de la journée ci-dessous, réalisée par le militant palestinien Bilal Tamimi.)

 

 

 

Après mon arrestation, Keyes s’est présenté à moi officiellement en tant que « commandant militaire » et m’a demandé ma pièce d’identité, que je n’avais pas sur moi.

Plus tard, lorsque j’ai été emmené dans le véhicule blindé, il était assis à l’avant et je lui ai dit qu’il usurpait le titre de «commandant» et qu’il ne dirigeait pas une « unité militaire » mais plutôt un gang de brutes armées.

Mais il ne s’agit pas de moi, ni de quelque militant individuel. Il s’agit du rôle que nous Israéliens pouvons jouer, qui est unique parce que la loi israélienne nous apporte une protection dont ne jouissent pas les Palestiniens et les militants internationaux.

Notre rôle n’est pas de jouer aux spectateurs objectifs ou de documenter les évènements, ni de faire du suivisme. Nous pouvons nous opposer aux commandants et aux soldats et perturber leur travail. De fait, l’un des commentaires que font les commandants en permanence c’est que nous « perturbons leur travail, et serons arrêtés en conséquence. »

Ma réponse est que c’est précisément l’objectif ! Pourquoi venir manifester si nous les laissons faire ? Quand nous nous faisons arrêter nous sommes toujours accusés d’entrave à agents en service, même lorsque ce n’est pas le cas, mais c’est exactement ce que nous devons faire.

Sur la voie rapide 443 – parfois connue sous de nom de « voie de l’apartheid » – il y a un panneau en hébreu qui dit : « Par ordre du Général en chef, il est interdit aux Israéliens de pénétrer dans les villages se trouvant le long de cette route. » Quand des militants se rendent dans ces villages, ils contreviennent à cet ordre. Néanmoins, la protection que notre identité israélienne nous apporte peut être utilisée pour perturber le cours normal de l’occupation partout.

Les Israéliens, même ceux qui sont dévoués, bien intentionnés, en font bien trop peu et nous n’utilisons que trop peu notre privilège pour dénoncer et combattre l’injustice infligée aux Palestiniens. La plupart des militants Israéliens ne veulent même pas appeler au refus de servir dans l’armée israélienne parce qu’ils considèrent que c’est trop radical.

Personne n’aime être arrêté , surtout lorsque cela veut dire passer une nuit ou deux en prison, partager une pièce enfumée sans ventilation avec pour seule compagnie celle de cafards et de criminels à deux balles qui détestent les militants encore plus qu’ils ne détestent les Arabes.

S’il nous appartient de contribuer à renverser l’injustice, et si nous voulons un jour voir la fin de l’oppression de plus de la moitié de ceux avec qui nous vivons, alors nous devons utiliser notre privilège et agir afin de mettre un terme à la normalité et à l’oppression.

Miko Peled est l’auteur de The General’s Son: Journey of an Israeli in Palestine. (Le fils du général : Voyage d’un Israélien en Palestine)
 

Articles du même auteur.

12 juin 2017 – The electronicintifada – Traduction: Chronique de Palestine – MJB

 

http://chroniquepalestine.com/pourquoi-israeliens-doivent-perturber-occupation/

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:52

Yémen : la barre des 200 000 cas de choléra va être franchie

 

 

 

 

La barre des 200 000 cas devrait être atteinte vendredi et celle des 300 000 durant la première semaine de juillet. Le nombre de morts pourrait alors avoisiner les 2 000.

 

 

Le Monde.fr avec AFP |

 

L’épidémie de choléra au Yémen, où l’on approche des 200 000 cas, est avant tout la faute des belligérants et de leurs alliés, a déclaré, jeudi 22 juin, le coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies, Stephen O’Brien. Le nombre de cas présumés de choléra frisait les 180 000 à la date du 20 juin, et l’on dénombrait alors 1 205 cas mortels, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
 
« Cela est dû au conflit, c’est l’homme qui en est responsable. C’est très grave, les chiffres sont proprement ahurissants, et la situation empire. L’élément choléra s’ajoute aux pénuries de vivres et de matériel médical […] », a dit Stephen O’Brien.

Deux ans de conflit

Si le rythme de propagation de la maladie a ralenti quelque peu par rapport aux premières phases de l’épidémie, qui a commencé il y a deux mois, la barre des 200 000 cas devrait être atteinte vendredi et celle des 300 000 durant la première semaine de juillet. Le nombre de morts pourrait alors avoisiner les 2 000.

Lire aussi : Le Yémen en état d’urgence face au choléra

Nombre d’infrastructures, comme les stations de pompage d’eau, ont été détruites au Yémen en deux ans de conflit. Seules quelques antennes médicales sont encore opérationnelles et les deux tiers de la population n’ont plus accès à l’eau potable, estiment les Nations unies.

Lire aussi : Le Yémen en proie à une épidémie de choléra et menacé de famine

Le conflit entre les milices houthies, proches de l’Iran, et les forces loyalistes, soutenues par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, a fait plus de 10 000 morts.

 

 
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:49

Le Qatar juge déraisonnable la liste des demandes de ses adversaires

 
 
 
 

La liste n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré l'exécutif qatari, samedi.

 

Le Qatar a affirmé, samedi 24 juin, étudier une liste de 13 demandes formulées par ses adversaires mais a jugé qu'elle n'était pas "raisonnable", éloignant la perspective d'un règlement rapide de la crise du Golfe.

Dans cette liste, circulant sur les réseaux sociaux mais qui n'a pas été dévoilée officiellement, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte exigent entre autres du Qatar une réduction de ses relations avec l'Iran et la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera. Le document fixe au Qatar un délai de 10 jours pour satisfaire à ces demandes, une requête jugée irréaliste par Doha.

"Empiéter sur la souveraineté du Qatar"

La liste, transmise jeudi à Doha par le médiateur koweïtien, n'est "pas destinée à combattre le terrorisme mais à empiéter sur la souveraineté du Qatar et à s'ingérer dans sa politique étrangère", a déclaré samedi dans une première réaction le directeur du bureau de communication gouvernemental, cheikh Saif ben Ahmed Al-Thani.

Rappelant que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, en contact avec Doha et Ryad, avait espéré mercredi que la liste de demandes "sera raisonnable et réalisable", cheikh Saif a estimé que la liste présentée "ne répond à de telles normes". Le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères a réclamé samedi des "garanties" européennes et américaines sur un éventuel accord de sortie de crise.

"Si le Qatar suit la voie de la sagesse et réalise que son aventure l'isole de son voisinage", il faudrait, "pour préserver notre sécurité et stabilité, une sorte de mécanisme de contrôle" sur l'application d'un éventuel accord, a dit le ministre, en appelant à "des garanties européennes et américaines".

 

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/le-qatar-juge-deraisonnable-la-liste-des-demandes-de-ses-adversaires_2252879.html

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:40

ANALYSIS: Yemen, a nation destroyed by bin Salman's aggression

 
 
 
 
 
 

Mohammed bin Salman led Saudi Arabia into war in Yemen. Analysts say his elevation to crown prince will mean more devastation

 
 
Arwa Ibrahim's picture
 
 

Mohammed bin Salman's rise to Saudi Arabia's crown prince may have a devastating impact on Yemen, as the war he masterminded drags on, analysts say.

As deputy crown prince, bin Salman was responsible for leading Saudi Arabia's war in Yemen, which has descended into total collapse as Yemenis suffer destruction of basic services, famine and a deadly outbreak of cholera.

Bin Salman put forth an active and aggressive foreign policy which no longer depends on Saudi Arabia leading from behind the curtains

- Baraa Shiban,Yemeni human rights activist

Analysts say his elevation and the demotion of Mohammed bin Nayef will mean a conflict that has already killed tens of thousands of people - through fighting, air strikes, malnutrition and most recently cholera - will continue unabated.

Yemeni human rights activist Baraa Shiban told MEE that the new crown prince, known also as MBS, was instrumental turning a civil conflict into a regional crisis.

"The main difference between bin Salman and his predecessor was that he put forth an active and aggressive foreign policy which no longer depends on Saudi Arabia leading from behind the curtains but instead, it's at the forefront," he said.

"The war would have happened anyway, but if it weren't for bin Salman, Saudi Arabia might have influenced the war through funding and supporting certain groups.

"Bin Salman decided to actively engage in the conflict by launching aerial bombardment which has had a devastating effect on civilians and the level of destruction."

 

 


Mohammed bin Salman, the architect of Yemen's devastation (AFP)

 

More than 8,000 people have been killed since a Saudi-led coalition launched a military campaign in March 2015 against Iran-allied Houthi rebels who control the capital Sanaa.

The conflict has left 17 million people facing dire food shortages - including nearly seven million who are one step away from famine in the country, which is heavily dependent on food imports.

At the same time, since late April, a cholera outbreak has killed more than 1,100 people while 167,000 Yemenis - one-third of them children - are ill, according to UN figures.

Regionalisation of the Yemeni conflict

Shiban said bin Salman's formation of a Saudi-led coalition fighting against the Iran-backed Houthi rebels gave the conflict a regional dimension that dragged in regional powers.

"It was no longer Saudi Arabia working with tribal leaders to protect its borders and allies. It became a situation where Saudi Arabia needed other countries' – mainly the UAE - involvement to wage a larger role and strategy in the conflict," he said.

Yemen analyst Nadwa al-Dawasi agreed: "The main problem with Saudi Arabia's involvement was the regionalisation of the conflict, its transition from a civil war to a regionalised crisis."

Dawasi, a senior non-resident fellow at the Project for Middle East Democracy, said Saud Arabia and the UAE's involvement means that the ongoing Gulf crisis - which has seen Saudi Arabia, the UAE and Egypt cut diplomatic ties with Qatar since 5 June – will likely play out on Yemeni soil.

"Now with Qatar isolated, it is likely that Yemen will become the battleground for this Gulf crisis," said Dawasi.

Islah Party loses support

Shiban said that the appointment of MBS as Saudi Arabi's crown prince would likely antagonise Yemen's Muslim Brotherhood-affiliated Islah Party.

"Some of Saudi's allies such as the Islah party may be in an unfavourable position," he said.

"Some of the tribal leaders affiliated with Islah who would have normally received support from the Saudis, may no longer be in that position anymore.

"Most of the connections between Islah and Saudi Arabia had been through Nayef. So right now, it is not clear how this relationship will be steered under MBS.

"But because of the close links between the UAE's [Mohammed] Bin Zayed and MBS, this relationship is likely to be severed."

According to Shiban, Emirati media has "repeated that it is time to crush the Brotherhood and the Islah Party in Yemen", since the onset of the Gulf crisis and the isolation of Qatar over allegations that it harbours "terrorist" groups such as Hamas and the Muslim Brotherhood.

 

http://www.middleeasteye.net/news/analysis-how-has-saudi-policy-under-new-crown-prince-impacted-yemen-1912105646

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:31

Francois Hollande and the Middle East: The controversial legacy of a 'normal' president

Hollande's legacy includes a dramatic increase in arms supplies to Gulf regimes but questionable results in Syria and on Palestine
 
 
 
 
 
 

When Hollande came to power in 2012, French exports of military equipment were worth $5.3bn. By 2016, the orders amounted to more than $22bn, a remarkable performance by the French military industry under Hollande.

This recipe for success was not limited to the Arab world – the Australians, for example, ordered more French submarines than the Saudis – but the contribution of Arab customers (Kuwait, Egypt, Qatar and, of course, Saudi Arabia) to the French military industry's dynamism was significant.

The performance of the French military industry was remarkable under the Hollande presidency

Hollande reaped the rewards of a political context, the instability and violence that followed the Arab spring, favourable for France to increased arms sales opportunities. At the same time France lacked the inclination to push its allies on human rights, and made the most of the country's image as a “friend of the Arabs” – probably unjustified – since De Gaulle’s presidency.

However, France’s foreign policy over the past five years cannot boast of many diplomatic and strategic victories.

The diplomacy of balance

Relations between France and two of its former colonies, Algeria and Morocco, were largely unproblematic under Hollande. What were thought to be Hollande's warm sentiments towards Algeria were confirmed by the content of his December 2012 and June 2015 visits, and by his decision to participate in the March 2016 commemorations of the ceasefire that followed the Evian Agreements that ended Algeria's war of independence from France.

Hollande succeeded in keeping both Morocco and Algeria satisfied, a considerable feat given how much passion these files usually generate

On the Moroccan side, the controversy that followed the filing in a French court of a complaint against the chief of Moroccan counter-espionage, Abdellatif Hammouchi, in February 2014 was quickly eclipsed by a more promising period including a visit of the French president to Tangier in September 2015.

Indeed, during that visit, a bilateral agreement was signed for the training of Moroccan imams planning to eventually preach in France. France seemed anxious to show that it was aware of Morocco's attempts to encourage moderate Islam, in contrast to Algeria with it's so-called "moderate" imams.

Hollande thus succeeded in keeping both Morocco and Algeria satisfied, a considerable feat given how much passion these files usually generate

The post-Arab Spring relations between France and Tunisia benefited from a clear sky under Hollande’s presidency. His term marked the end of the extravagances of the Sarkozy era, with the controversies around Michèle Alliot-Marie, Boris Boillon, and others, laid to rest.

France, Tunisia’s first economic partner, was somewhat late in translating its support to Tunisia. But in January 2016, Paris released $1.1bn to help Tunisia with socio-economic programmes. In addition, the two countries agreed on their security cooperation, a critical factor for France given concerns over terrorist risks.

Libyan quagmire

In Libya, the track record was more dubious. Nicolas Sarkozy always took responsibility for his actions in the country, but his successor’s criticism did not result in an effective approach.

French diplomacy has been slow and shy on the Libyan issue

Questions over France's presence in Libya were answered in July 2016, when a helicopter carrying three agents of the DGSE (France's overseas intelligence agency) crashed in Benghazi. The suspicions were confirmed three months later, when five DGSE operatives died when a plane about to carry out a missiong over Libya crashed in Malta. These incidents seemed to confirm France’s interest in ensuring the smooth running of the anti-Islamist strategy favoured by general Khalifa Haftar.

For all that, and even though the oil company Total has been trying to develop business opportunities in the country, French diplomacy has been slow and shy on the Libyan issue. The timid French diplomatic positioning is particularly striking when compared with the vigorous diplomacy of Italy and the United Kingdom.

'Hollande of Arabia'

Hollande took great care of his relations with the Gulf countries, notably Qatar, the United Arab Emirates and Kuwait, three countries behind military orders worth billions of euros.

But very likely, it is the relationship between Hollande and Saudi Arabia that we will hear about for a long time to come. The former president, nicknamed “Hollande of Arabia” by some, appears to have been at ease with his pro-Saudi inclination, while his predecessor, Sarkozy, was leaning towards Qatar.

This stance was solidified because the French-Saudi military relationship (despite the vagueness surrounding its details) kept France’s military-industrial complex busy by injecting billions of euros. This explains why François Hollande was invited to the Gulf Cooperation Council (GCC) summit in May 2015, why he awarded the Legion of Honour to the Saudi crown prince Mohammed bin Nayef in March 2016, and his silence about the situation in Yemen.

 

 


Hollande awarded the Legion of Honour to bin Nayef 'for all his efforts in the region and in the world in the fight against terrorism and extremism' during his visit to Paris (AFP)

Yet Hollande managed to balance this relationship with Saudi Arabia while leaving the door open for dealing with Iran.

Hassan Rohani’s accession to the Iranian presidency, combined with the seal of conformity guaranteed by the nuclear agreement, left France unable to oppose the reintegration of the Islamic republic into the international community.

Admittedly, until the end of his term in office, former foreign minister Laurent Fabius cast an extremely suspicious glance on any possibility of granting Iran nuclear capabilities, pursuing Sarkozy’s policy and rallying Hollande behind his point of view. But when the US under President Obama had validated the return of Iran to the concert of nations, any obstruction on the part of France would have proved useless.

Rouhani’s visit to Paris in January 2016 was a strong sign of this French bid to consolidate bilateral relations. Hollande went so far as considering investment opportunities in Iran, a request French manufacturers had made for years.

The Syrian setbacks

Syria cannot be left out when tracking Hollande's record in the Middle East. If, in 2012, the French president seemed to hesitate about which attitude to adopt in the face of events, he quickly opted for a strategy that would facilitate the departure or the fall of Bashar al-Assad.

Recognition of a Syrian ambassador for the Syrian opposition, facilitating of the strategy of the armed groups fighting the regime, joint action with the United Kingdom to lift the European arms embargo imposed on rebels, attempts to promote UN resolutions, in addition to France’s aspiration to highlight the responsibility of the Syrian regime in the use of chemical weapons, both in 2013 and 2017.

Hollande struggled until the end to find the breakthrough which would bring an end to the Syrian regime

Essentially, Hollande remained in search of an international mobilisation – preferably led by the US – which would overthrow the Syrian president; an opportunity that at the end of his term, he would seem to regret never having been able to find. “Understanding” Turkey’s far more assertive intervention on the ground – albeit motivated by the risk of the Islamic State (IS) group – Hollande was even tempted for a while with the idea of assassinating Bashar al-Assad, but struggled until the end to find the breakthrough which would bring an end to the Syrian regime

Things got somewhat complicated when the question of bombing IS's positions in Syria arose. Engaged in the anti-IS coalition in Iraq since 2014, France initially refused to extend its action to Syria. It changed its stance at the end of 2015, deciding to conduct reconnaissance flights over Syria to carry out “strikes” against IS, an evolution of strategy that nevertheless excluded any intervention on the ground.

France’s participation in the anti-IS bombing campaign in Syria did not prevent the attacks on the Bataclan (November 2015) and in Nice (July 2016). Focusing entirely on a security approach while eluding questions of French policies in the region, the French government intensified its resolve in its struggle against IS, opting in return for a lessening of its criticism of Bashar al-Assad. Even in his official reaction to the Khan Sheikhoun gas attack in April 2017, Hollande appeared less confrontational towards Assad.

Palestine postponed

On the issue – always crucial – of Israel and the Palestinian territories, one might think that French diplomacy over the past five years has been somewhat more promising.

This is reflected in France’s support for Palestine’s bid to gain the status of a non-member state at the UN in November 2012; or in the fact that France voted in favour of a Palestinian resolution at the UN, giving three years to Israel to withdraw from the territories that it has been occupying since June 1967 – among other things.

However, important as they may be, these steps....... (.....)......

- Barah Mikaïl is the founder and director of Stractegia, a Madrid-based centre for research and strategic action in North Africa and the Middle East providing analysis of political, economic and social perspectives in Spain. He is also an Associate Professor of Geopolitics at Saint Louis University in Madrid, specialised on Middle East and North Africa issues, and a former senior researcher on Middle East issues at the Fundación para las Relaciones Internacionales y el Diálogo Exterior (FRIDE, Madrid, 2012 -2015) and the Paris-based Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS, 2002-2011). He has written several books and publications, including, most recently, Une nécessaire relecture du “Printemps arabe [A Necessary Re-reading of the “Arab Spring”], Editions du Cygne, 2012

The views expressed in this article belong to the author and do not necessarily reflect the editorial policy of Middle East Eye.

Photo: The former French president François Hollande (AFP).

This piece originally ran on MEE's French website.

 

http://www.middleeasteye.net/columns/fran-ois-hollande-and-middle-east-controversial-legacy-normal-president-1987348979

 
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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 06:11

Le gouvernement britannique battu au tribunal par les militants BDS pour les droits fondamentaux des Palestiniens

- Le gouvernement britannique a agi illégalement en essayant d’empêcher les conseils municipaux de poursuivre le boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre l’État d’Israël via leurs régimes de retraites.
- Les militants pour la Palestine ont accueilli triomphalement le jugement présenté au mouvement BDS, qui déclare : « Ce jour est une victoire pour la Palestine, pour la démocratie locale et pour l’état de droit. »
- Le juge du tribunal administratif Sir Ross Cranston a accordé le 22 juin la révision judiciaire établissant que le gouvernement avait agi dans un but malhonnête.

La Campagne de Solidarité avec la Palestine a remporté aujourd’hui une victoire essentielle pour le mouvement pacifique Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre le gouvernement britannique. Guerre à la Pauvreté, Campagne Contre le Commerce des Armes et les Quakers ont défendu la contestation juridique avec des déclarations de témoins. CSP était représentée dans les débats par Bindmans LLP, Nigel Giffin QC et Zac Sammour.

Le gouvernement conservateur minoritaire en difficulté a subi un nouveau coup puisque certaines parties des investissements de sa Directive par l’Administration Locale des Régimes de Retraites (ALRR)ont été abolies comme illégales.

La Directive a été annoncée en septembre 2016 par le Département des Communautés et Administrations Locales, spécifiquement pour restreindre les campagnes de désinvestissement contre les entreprises israéliennes et internationales impliquées dans les violations du droit international par Israël, ainsi que pour protéger l’industrie de la défense britannique. Ceci s’est passé malgré une consultation publique qui indiquait que 98 % des consultés pensaient que c’était ce qu’il ne fallait pas faire. Les bénéficiaires de retraites auraient été obligés d’investir dans des sociétés complices d’atteintes aux droits de l’Homme, en contradiction avec leur conscience et leurs croyances.

Le tribunal administratif a déclaré aujourd’hui que le gouvernement avait agi dans un but malhonnête en cherchant à utiliser la législation sur les retraites pour poursuivre sa propre politique étrangère et de défense. En conséquence, les parties concernées de la Directive étaient tenues pour illégales et cessaient de restreindre ALRR dans ses décisions sur les pensions.

En 2005, la société civile palestinienne a appelé à une campagne de boycott, de désinvestissement et de mesures de sanctions jusqu’à ce qu’Israël se conforme à ses obligations selon le droit international. Elle a pris modèle sur le boycott anti-apartheid sud-africain réussi dans les années 1980. Divers conseils locaux ont répondu à l’appel palestinien en votant des motions pour boycotter les produits issus des colonies illégales israéliennes. Les militants ont demandé aux conseils d’envisager de se désinvestir des sociétés complices des violations des droits de l’Homme en Cisjordanie occupée, telles que Hewlett Packard (HP).

Hugh Lanning, président de la CSP, a dit :

“Ce jour est une victoire pour la Palestine, pour la démocratie locale et pour l’état de droit. Absolument tout le monde a le droit de protester pacifiquement contre les violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël. Ce jugement maintient le droit des conseils municipaux et de leurs fonds de pension d’investir éthiquement sans que le gouvernement du moment intervienne politiquement”.

Ben Jamal, directeur de la CSP, a dit :

“Notre récent sondage YouGov montre que 43 % du public pense que BDS est raisonnable. Nous ne pouvions pas être plus heureux que ce droit ait été maintenu par le tribunal le mois même où l’occupation illégale de la Palestine atteint ses cinquante ans. CSP poursuivra sa campagne pour la justice pour le peuple palestinien avec une vigueur renouvelée”.

Jamie Potter, partenaire dans l’équipe de Droit Public et des Droits de l’Homme de Bindmans LLP, a dit :

“Ce résultat est un rappel au gouvernement qu’il ne peut interférer malhonnêtement dans l’exercice de la liberté de conscience et protester dans le but de poursuivre son propre calendrier”.

Note aux rédactions :

- Le Département des Communautés et Administrations Locales a émis en septembre 2016 une directive ALRR qui déclarait que ‘le désinvestissement et les sanctions contre les industries de défense britanniques et des nations étrangères sont inappropriées, sauf lorsque des sanctions juridiques officielles, des embargos et des restrictions ont été mises en place par le gouvernement’.

- Cette directive a été décidée malgré une consultation publique sur ce sujet d’où il résultait que 98 % des consultés étaient vigoureusement contre ces projets.

- La Campagne de Solidarité avec la Palestine a demandé en décembre 2016 une révision judiciaire des nouvelles mesures du gouvernement pour ALRR.

- Le nouveau sondage YouGov à propos du regard des Britanniques sur la Palestine montre que 43 % du public considère le mouvement BDS comme raisonnable

 

http://www.aurdip.fr/le-gouvernement-britannique-battu.html

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