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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:45
Le plan russe pour la «désescalade» en Syrie
 
 
 
 
 
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À Astana se discute, sous le parrainage de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, la définition de « zones de désescalade », des territoires en Syrie où une trêve durable pourrait être instaurée. Un concept qui suscite à la fois espoir et inquiétude chez les humanitaires, toujours confrontés au désespoir de la population après six ans de guerre

 
 
Genève (Suisse), de notre correspondante.-  Que faut-il espérer des négociations intersyriennes qui ont repris ce lundi 10 juillet, à Genève, dans le cadre de l’ONU, et qui se poursuivront toute la semaine ? Pas grand-chose, si ce n’est quelques retombées médiatiques permettant de revenir sur l’une des plus grandes catastrophes de l’époque contemporaine : une guerre qui dure depuis six ans et a fait 320 000 morts, 5 millions de réfugiés et 6 millions de déplacés, et qui, malgré une baisse d’intensité des combats ces deux derniers mois dans certaines régions, tue et terrorise toujours au quotidien des enfants, des femmes et des hommes.

Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, l’a dit et répété à plusieurs reprises : dans sa carrière de diplomate longue de 47 ans, alors qu’il a travaillé sur la résolution de 19 conflits, il n’a jamais été confronté à un tel degré de complexité, à une telle imbrication d’éléments et d’intérêts contradictoires. Avec pour conséquences l’immense souffrance d’un peuple tout entier et un processus de paix qui semble totalement échapper aux Nations unies.

Les délégations qui ont fait le déplacement à Genève – l’une représente le gouvernement syrien, avec à sa tête le négociateur Bachar al-Jaafari, et l’autre est conduite par le Haut Comité des négociations (HCN), regroupant plusieurs des mouvements clés de l’opposition – ne devraient pas, une fois de plus, se rencontrer physiquement. Les discussions ont lieu en petit comité, autour d’un déjeuner ou dans un salon discret du Palais des nations. Depuis l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2254, en décembre 2015, une feuille de route de sortie de crise détaillée a été définie. Quatre points sont à l’ordre du jour : la rédaction d'une nouvelle Constitution, la gouvernance – terme pour désigner une transition politique –, la tenue d’élections et la lutte contre le terrorisme. Le 17 mai dernier, la précédente réunion s’était achevée sans progrès.

 

© La ville d'Idlib touchée par un bombardement aérien attribué à des avions russes le 7 février 2017. L'attaque avait fait au moins trente morts parmi les civils.
 
© La ville d'Idlib touchée par un bombardement aérien attribué à des avions russes le 7 février 2017. L'attaque avait fait au moins trente morts parmi les civils.
« La tâche de Staffan de Mistura est effectivement l’une des plus difficiles au monde car les parties, côté gouvernemental et côté opposition, campent toujours sur des positions diamétralement opposées, comme la question du départ de Bachar el-Assad », explique un observateur humanitaire, ajoutant que « la seule inconnue est de savoir si les succès militaires de l’armée régulière syrienne, appuyée par ses alliés russes et iraniens, pourraient finalement obliger les rebelles à faire certains compromis ».

 

Lundi 10 juillet, lors d’une conférence de presse, le négociateur de l’ONU, qui passe pour un incorrigible optimiste, assurait que le processus de Genève ne se « déroulait pas en vase clos ». « Les astres commencent à être favorables […]. Nous assistons peut-être à une phase de simplification du conflit le plus complexe qui existe aujourd’hui », ajoutait-il. Il faisait référence à l’entrée en vigueur, ce dimanche 9 juillet, d’un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, négocié entre Vladimir Poutine et Donald Trump lors de leur première rencontre au sommet du G20 de Hambourg et déjà en partie violé par le régime syrien, si l’on en croit plusieurs informations. Il évoquait aussi la libération de Mossoul en Irak et les tentatives actuelles de reprendre Raqqa des mains de Daech.

Depuis quelques mois, les négociations à Genève ont été peu à peu éclipsées par les pourparlers d’Astana au Kazakhstan qui, eux, sont chapeautés par la Russie et l’Iran, alliés du régime de Bachar el-Assad, et par la Turquie, soutien de la rébellion syrienne. L’ONU n’y a qu’un statut d’observateur. Pour les travailleurs humanitaires et les agences onusiennes qui continuent à documenter les horreurs de la guerre et se plaignent d’un accès très restreint aux « zones assiégées et difficiles d’accès » dans lesquelles vivent quelque 700 000 Syriens, c’est là que les choses concrètes se déroulent, bien que les deux processus soient liés. Cinq rounds de pourparlers sur le règlement de la situation en Syrie s’y sont tenus depuis janvier dernier, impliquant des militaires et des chefs de groupes rebelles sur des dossiers comme la question des détenus, celle du déminage du pays et le fameux projet de mise en place de « zones de désescalade », le projet phare des Russes, attentivement suivi par le président Poutine lui-même.

 

La première session des pourparlers à Astana les 23 et 24 janvier 2017. Au premier plan, l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura © Reuters
 
La première session des pourparlers à Astana les 23 et 24 janvier 2017. Au premier plan, l'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura © Reuters
À Astana, on ne parle plus de cessez-le-feu, mais d’« accords de désescalade » ou de « zones de désescalade », des barbarismes pour désigner ces régions en Syrie où une trêve pourrait être instaurée de manière durable, alors qu’une pacification à l’échelle de l’ensemble du pays est désormais inimaginable.

 

Le 4 mai dernier, Moscou, Téhéran et Ankara sont parvenus à un accord, sous la forme d’un « mémorandum » pour la création de quatre territoires « sécurisés », création qui aurait lieu « de manière temporaire », pour une durée de six mois renouvelable. La preuve, une fois de plus, que l’avenir immédiat de la Syrie dépend de la capacité des parrains des belligérants syriens à se mettre d’accord sur le terrain.

 

Les "zones de désescalade" prévues par le mémorandum
 
Les "zones de désescalade" prévues par le mémorandum
Selon le général Sergueï Roudskoï, haut responsable de l’état-major russe, 2,67 millions de civils vivent toujours dans ces régions dévastées par la guerre et 41 500 rebelles s’y battent encore. Si les frontières exactes des « zones de désescalade » n’ont pas été arrêtées, le mémorandum dessine leur périmètre à gros traits. Quatre entités ont été identifiées : la province d’Idlib (nord-ouest), contrôlée par une coalition de rebelles islamistes et de djihadistes, qui engloberait aussi certaines parties des provinces voisines de Lattaquié, d’Hama et d’Alep ; le nord de la province de Homs ; l’enclave de la Ghouta orientale (le plus important bastion rebelle dans la grande banlieue de Damas) ; et enfin certaines parties du sud de la Syrie, dans les provinces de Deraa et Al-Quneitra.
..............................(..........)....................
 
à suivre....
 
 
 
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 08:43
Anti-Qatar alliance renews attack on al-Jazeera Arabic
 
 

UAE says TV station gives platforms to terrorists and should be controlled, as US tries to mediate in Saudi Arabia on regional crisis

 

The anti-Qatar alliance launched a fresh attack on the Qatar-funded broadcaster al-Jazeera Arabic, accusing it of having “blood on its hands” and inciting hate, violence and discrimination.

Noura al Kaabi, the UAE minister responsible for media regulation, told the Guardian the station had given a platform to “some of the most dangerous terrorists in the world” and needed to be subject to new and externally-monitored editorial controls.

Her remarks about the need for new editorial controls at Al Jazeera confirm previous UAE ministerial statements that the total closure of the TV station is no longer being sought.

The UAE also issued a hard-hitting five-minute video in which it accused al-Jazeera Arabic of being responsible for radicalising one of the three men who mounted an attack at Borough Market in London last month, killing eight people.

Al-Jazeera Arabic did not respond to requests for comment but the Qatar foreign minister, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman al Thani, speaking at Chatham House in London, defended the station as “an independent news network that helps inform Arabs and the wider world alike about the social, political and economic developments in our region”.

The renewed assault on the station’s output, one of the most difficult arguments for the anti-Qatar alliance to win with western public opinion seeing an attack on press freedom, suggests the anti-Qatar alliance of Gulf States has no desire to reach an early compromise with the leadership in Doha.

The claim that the Borough Market terrorist Youssef Zaghba was radicalised by TV stations such as al-Jazeera Arabic appears to be based on a brief reference in an interview his mother and sister gave to the Times. In other interviews the mother more broadly blamed the internet.

The UAE, Saudi Arabia, Bahrain and Egypt have since 4 June closed their borders to Qatar and banned air flights over their territory.

The US secretary of state, Rex Tillerson, met the four anti-Qatar foreign ministers in Jeddah on Wednesday in an attempt to mediate. Tillerson has hailed a memorandum of understanding signed jointly by the US and Qatar , designed to tighten up any flow of funds from Qatar to extremists groups, and has become increasingly open about his belief that Qatar has behaved reasonably in its power struggle with Saudi Arabia.

Al-Kaabi questioned the value of the memorandum. “We have lost trust with the government of Qatar,” he said. “The difficulty is that it is one thing to sign an agreement, but the true test is whether it is ever enforced. An agreement is not an agreement if it is not honoured.”

The UAE also believes the threat posed by Qatar extends beyond direct funding of extremism to support in which al-Jazeera Arabic plays a critical role.

In an attempt to reframe the argument as one of security, rather than media freedom, the UAE has written to the UN high commissioner for human rights, Zeid bin Ra’ad al Hussein, to claim that al-Jazeera Arabic editorially supports terrorist groups, incites violence and promotes sectarianism and antisemitism.

In the letter to the UN, the UAE claims “freedom of expression cannot be used to justify and shield the promotion of extremist narratives,” adding there was a direct connection between its broadcasts and terrorists acts.

Al Kaabi said agreements signed by Qatar in 2013 and 2014, and leaked earlier this week, had included commitments to end the support for terrorism and the Muslim Brotherhood.

“It was expected then there would be editorial changes, but the agreement has been violated and broken. It was very clear that if the agreement was broken there would be repercussions. Many people do not understand what occurs on al-Jazeera Arabic. It is not a channel that empowers, but destroys and has blood on its hands ... It has provided a platform for some of the most dangerous terrorists in the world,” she said.

"Far from being a channel of editorial freedom, al-Jazeera is very selective. It never highlights opposition to Turkey’s President Erdoğan, such as the recent civilians’ march. They preach freedom of expression and yet al-Jazeera never ever broadcasts anything to do with opposition to the Qatar regime. The freedom of expression only operates outside the borders of Qatar.”

Al Thani said the station was also critical of Qatar. “For the record, al-Jazeera did and continues to look critically at all Arab countries including Qatar, hosting opposing and alternative views daily – something that does not exists anywhere else in the region.

“Our neighbours see change – those advocating for it, and those reporting on it – as a threat ... and they are quick to label anyone who opposes their governments as a ‘terrorist’. In Qatar we embrace change.”

Dr Mohamed Erraji from the thinktank al-Jazeera Centre for Studies said: “The propagandists have portrayed Qatar as a mouthpiece for sedition and discord through al-Jazeera Media Network, which they perceive as an instrument of incitement.”

He added: “Hundreds of studies and dissertations about al-Jazeera have been published by prestigious academic institutions and organisations which underscore the importance of the role played by the channel in the Arab media scene since its inception in 1996.”

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:58
Israël-Palestine: 50 ans de passion française en BD
 
                  
Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique Alain Gresh a eu l’idée inattendue de choisir la bande dessinée pour revenir sur l’histoire du conflit israélo-palestinien et sur le rôle que la France, y a joué depuis un demi-siècle.          

Voici un livre (*) que le président de la République aurait avantage à lire. Surtout à la veille de recevoir Benjamin Netanyahou, invité à Paris à l’occasion du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942. Cette confusion délibérée entre les crimes antisémites commis par l’Etat, les « fautes du passé », justement reconnues et condamnées par Jacques Chirac en 1995, et la présence à Paris du premier ministre qui nie les droits des Palestiniens, occupe et colonise leur terre, et qui s’efforce d’assimiler toute critique de sa politique à une agression antisémite est pire que désastreuse, imprudente dans le pays où coexistent les plus importantes communautés juive et musulmane d’Europe. Elle établit un amalgame malsain, entretenu, jour après jour, par la coalition d’extrême droite qui gouverne aujourd’hui Israël entre la cause des Français juifs et celle que défendent, en violation du droit international, les actuels dirigeants israéliens.
Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, fondateur de l’excellent site d’information « Orient XXI » et auteur de nombreux livres sur l’histoire du Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien, Alain Gresh a eu l’idée inattendue mais judicieuse de choisir la bande dessinée pour revenir sur l’histoire ce conflit, « passion française » qui, depuis 1967, « déchire les partis politiques, divise les milieux diplomatiques, agite le monde intellectuel, ébranle les journalistes, mobilise les artistes et, bien souvent, scandalise l’opinion publique ».
Mais autant la dessinatrice, Hélène Aldeguer a laissé libre cours à son imagination et ses choix graphiques, autant l’auteur des textes Alain Gresh, est resté fidèle à la réalité des faits. Alimenté par de solides recherches dans les archives diplomatiques, les médias français et étrangers et une riche documentation personnelle, le récit relève de « l’histoire immédiate » observée et restituée par un connaisseur intime. Il recèle d’ailleurs, quelques pépites, oubliées ou négligées, qui valent le détour. Comme cette chanson - « Oui, je défendrai le sable d’Israël, la terre d’Israël, les enfants d’Israël. Quitte à mourir pour le sable d’Israël, la terre d’Israël, les enfants d’Israël. Tous les Goliaths venus des pyramides reculeront devant l’étoile de David » - composée par…Serge Gainsbourg en 1967, lors de la guerre de juin. Où cette « une » de France-Soir, du 5 juin 1967, annonçant « Les Egyptiens attaquent Israël », alors que l’inverse venait de se produire, comme le confirmera peu après le général Yitzhak Rabin. Ou encore cette déclaration de Jean-Paul Sartre expliquant en 1972, lors de la prise d’otages et la mort des 9 athlètes israéliens au Jeux Olympiques du Munich que « les Palestiniens n’ont pas d’autre choix, faute d’armes, de défenseurs, que le recours au terrorisme ». Ou ce rappel des premiers contacts secrets, à Paris, en 1976, à l’initiative d’Henri Curiel entre un émissaire de Yasser Arafat, Issam Sartaoui et le général israélien Mattiyahu Peled représentant le « Conseil israélien pour la paix israélo-palestinienne ».

 

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En moins de 200 pages, c’est l’histoire d’un demi-siècle de relations toujours passionnées mais changeantes, que décryptent Alain Gresh et Hélène Aldeguer. Car après les années de solidarité et de soutien diplomatique – et militaire – pour le « petit David » israélien menacé, il y aura, au lendemain de la guerre de 1967, l’embargo gaullien sur les livraisons d’armes – en particulier les Mirage III - à Israël, puis la phrase du général, lors d’une conférence de presse sur les juifs, « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».
Puis la découverte par la France de la cause des palestiniens, le refus du ministre des affaires étrangères Michel Jobert en 1973 de condamner l’attaque égypto-syrienne pour récupérer le Sinaï et le Golan occupés. La reconnaissance de l’OLP par Paris, le discours de François Mitterrand, réputé ami d’Israël rappelant, devant la knesset que les Palestiniens peuvent légitimement aspirer à un Etat, la déclaration en pleine guerre du Liban, du même Mitterrand, selon laquelle il n’acceptera pas un Oradour à Beyrouth. L’aide apportée par l’armée française à l’évacuation des combattants palestiniens à Beyrouth, puis à Tripoli. Le soutien renouvelé par Chirac à la solution à deux Etats, dont les accords d’Oslo en 1993 auraient dû être la première étape.
Puis l’infléchissement discret en faveur d’Israël de Nicolas Sarkozy, premier chef de l’Etat français à se rendre au diner du Crif. Et la poursuite de cet infléchissement par François Hollande, qui se déclare favorable à la poursuite des négociations israélo-palestiniennes sans conditions, c’est à dire sans gel - au moins – d’une colonisation en plein essor. Et le soutien à Netanyahou lors de l’opération militaire contre Gaza qui fera plus de 2000 morts palestiniens et 70 morts israéliens en 2014. Six mois après le voyage du président français dans les territoires palestiniens où il avait affirmé « je serai toujours l’ami d’Israël » et promis, pathétique, qu’il trouverait toujours « un chant d’amour pour Israël ».
Certes, c’est à l’initiative de la diplomatie française, sous la présidence Hollande finissante, que la dernière tentative de résurrection du processus de paix a été lancée en janvier 2017. A ce jour en vain. Mais quelle crédibilité peut avoir une diplomatie qui condamne verbalement le développement permanent et mortifère de la colonisation, sans prendre la moindre mesure concrète pour amener l’occupant à respecter le droit international et les résolutions de l’ONU ? A l’heure où Emmanuel Macron, qui n’ose pas s’engager à reconnaître l’Etat de Palestine, s’apprête à accueillir Benjamin Netanyahou pour un motif contestable, la lecture de ce livre apporte un salutaire rappel de ce que furent, dans le conflit israélo-palestinien les petits courages et les grandes couardises françaises.

 

(*) Alain Gresh et Hélène Aldeguer « Un chant d’amour, Israël-Palestine, une histoire française ». La Découverte, 192 pages, 22 euros.

Extrait:  

 

 

https://blogs.mediapart.fr/rene-backmann/blog/090717/israel-palestine-50-ans-de-passion-francaise-en-bd

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:46

Pour un audit sur l’utilisation des fonds européens par L’Etat d’Israël

 

 

J’ai pris une initiative en direction de la Cour des comptes européens pour lui demander de nous faire savoir comment L’État d’Israël utilise les fonds européens. J’en ai informé les députés européens et un certain nombre d’entre eux se sont joint à moi dans cette requête. De quoi s’agit-il ?

L’État d’Israël bénéficie de plusieurs programmes de coopération avec l’Union européenne. Ils portent notamment sur des moyens pour la recherche. Des fonds publics européens y sont alloués. Des entreprises, des universités, des laboratoires israéliens touchent des crédits européens au titre de ces coopérations. Mais, il serait intéressant de connaitre la nature des travaux entrepris grâce à ces financements européens. On ne peut accepter en effet que ceux-ci ou une partie de ceux-ci soient utilisées dans les espaces colonisés par l’État d’Israël en dehors du droit international.

C’est la raison pour laquelle, je demande à la Cour des comptes européens un audit afin de vérifier qu’aucune entité établie dans les colonies n’ait pu par le passé toucher des aides européennes. Je souhaite également par la même occasion que nous abordions la question des technologies à double usage. Les entreprises israéliennes de sécurité sont devenues spécialistes de l’importation des technologies qu’elles ont testées sur les populations palestiniennes occupées (par exemple, le savoir-faire accumulé sur un checkpoint peut ensuite être utilisé pour vendre un système d’entrée sécurisée dans un aéroport). Ces entreprises ne devraient pas pouvoir bénéficier de fonds européens, sous quelque forme que ce soit.

Je vous tiendrais évidemment informé des suites de cette requête.

Vous pouvez lire la lettre envoyée à la Cour des comptes en cliquant ici

 

http://www.aurdip.fr/pour-un-audit-sur-l-utilisation.html

 

 

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Published by AURDIP.org / Patrick LeHyarick (Tribune) - dans Communiqués - pétitions - appels - lettres ouvertes Revue de presse
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:18

Gaza : un rapport de l'ONU souligne la détérioration des conditions de vie ces dix dernières années

 
 
 

Une fille palestinienne dans la maison partiellement détruite de sa famille, regarde à l’extérieur le quartier détruit de Shejaiya dans la ville de Gaza. Photo: UNICEF

 

 

11 juillet 2017 – Les conditions de vie des deux millions d'habitants de la bande de Gaza se détériorent « davantage et plus vite » que prévu, alerte un nouveau rapport des Nations Unies publié mardi.

Contrôlée par le Hamas depuis 2007 dans un contexte de conflit politique intra-palestinien, la bande de gaza est de fait administrativement séparée de la Cisjordanie. Israël a cherché à isoler le Hamas en limitant les mouvements de biens et de personnes à l'intérieur et hors de l'enclave palestinienne.

Produit par l'équipe-pays des Nations Unies dans le territoire palestinien occupé, le rapport fait le point sur certains indicateurs clés identifiés par une précédente étude de l'ONU de 2012 qui prévoyait que Gaza deviendrait « inhabitable » d'ici 2020 si aucune des tendances sous-jacentes n'étaient inversées.

Intitulé 'Gaza – 10 ans après', le rapport montre que « la bande de Gaza a poursuivi sa trajectoire de « dé-développement », dans certains cas de manière plus rapide que nous ne l'avions prévu à l'origine », a déclaré le Coordinateur humanitaire et pour les activités de développement dans le territoire palestinien occupé, Robert Piper, dans un communiqué de presse.

Le manque d'approvisionnement en énergie – 90 mégawatts disponibles ces derniers jours contre les 450 mégawatts nécessaires - est le signe le plus évident et récent de la détérioration des conditions de vie à Gaza, qui s'est ajouté à toute une série de problèmes chroniques et aigus qui font depuis partie de la vie « normale » quotidienne des Gazaouis.

Selon le nouveau rapport, le produit intérieur brut réel (PIB) par habitant à Gaza a baissé et l'offre de services de santé a également continué de diminuer. L'accès aux matériaux, qui sont nécessaires pour permettre à l'économie, à l'infrastructure et aux services de base de Gaza de se remettre du conflit de 2014, reste très restreint.

Le rapport appelle Israël, l'Autorité palestinienne, le Hamas et la communauté internationale à prendre des mesures permettant des investissements plus durables pour le développement, un renforcement des secteurs productifs à Gaza, une amélioration de la liberté de circulation des personnes et des biens, ainsi que le respect des droits de l'homme et du droit humanitaire international.

« L'alternative sera une Gaza plus isolée et plus désespérée », a averti M. Piper. « La menace d'une escalade renouvelée et plus dévastatrice augmentera et les perspectives de réconciliation intra-palestinienne diminueront - et avec elles, les perspectives de paix entre Israël et la Palestine », a-t-il ajouté.

Grâce notamment à l'ampleur des services fournis par l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Gaza a pu maintenir des normes d'éducation élevées. Mais la durée moyenne quotidienne des cours pour les étudiants ne dure pas plus de quatre heures.

Bien qu'une projection antérieure indiquant que l'aquifère côtier deviendrait inutilisable d'ici 2016 ait été repoussée pour la fin de l'année 2017, le rapport souligne que la seule source d'eau disponible de Gaza devrait être épuisée d'ici 2020, à moins que des mesures correctives immédiates ne soient prises.

Piégés dans cette « triste réalité », les habitants de Gaza tentent bien que mal de vivre dans des conditions qualifiées par le rapport « de plus en plus misérables ».

« L'aide humanitaire actuelle, en particulier via les services de l'UNRWA, aide à ralentir cette chute, mais cette orientation vers le bas reste évidente », a déclaré M. Piper.

Lundi, les Nations Unies et des organisations non gouvernementales -

accompagnées de neuf membres de la communauté diplomatique représentant l'Australie, le Canada, l'Union européenne, l'Allemagne, la Turquie et le Royaume-Uni - ont effectué une visite de terrain à Gaza pour voir de première main l'impact cumulatif de 10 années d'isolation et de divisions internes.

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=39812#.WWZbNIVOKRc

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:12
Ziad Medoukh
      

Le Centre de la paix célèbre la fête avec les enfants de Gaza

 
 
 

Malgré une situation explosive dans la bande de Gaza, le Centre de la paix poursuit ses activités et ses actions pour les enfants de Gaza.

Le jeudi 29 juin 2017, et pour participer avec les enfants à célébrer la fête, et en coopération avec plusieurs associations et structures enfantaines dans la bande de Gaza, le Centre de la paix et son équipe de soutien psychologique ont proposé des activités et des animations aux enfants de Gaza.

L’équipe formée au Centre en septembre 2014, et qui s’occupe de différents centres d’accueil de la bande de Gaza, leur a proposé plusieurs activités.

Ces activités variées qui se sont déroulées dans les rues et quelques structures enfantines de Gaza, avec des jouets, des animations et des jeux, ont retenu l’attention des enfants.

Le Centre de la paix veut rendre le sourire aux enfants de Gaza traumatisés, trois ans après la dernière offensive israélienne en été 2014, et célébrer la fête avec ces enfants en souffrance permenente à cause de la situation très difficile dans cette région sous blocus.

Les enfants présents qui ont suivi avec beaucoup d’intérêt les différentes activités proposées par les jeunes du Centre, ont fortement apprécié cette initiative du Centre de la paix. Ils ont oublié leur timidité et se sont bien intégrés dans le groupe.

Les familles ont beaucoup apprécié l’initiative du Centre, ils ont remercié toute l’équipe et les animateurs pour leurs efforts.

Cette nouvelle activité du Centre de la paix entre dans le cadre de la troisième partie du programme de soutien psychologique commencé en septembre 2014 pour les enfants traumatisés de différentes offensives israéliennes contre la bande de Gaza.

 

 

 

 
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Published by Le Middle East Eye.net - dans Revue de presse
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 08:01

Up to 50,000 civilians trapped in Raqqa — UN

 
 
 

By AFP - Jul 11,2017 - Last updated at Jul 11,2017

GENEVA — Up to 50,000 civilians remain trapped in the Syrian extremist stronghold of Raqqa, the UN said on Tuesday, warning that supplies of water and other essentials were fast running out.

US-backed forces have been closing in on the last redoubt in Syria of the Daesh terror group after penetrating its Old City last week, but an estimated 2,500 jihadists are still defending the centre.

"The UN estimates that between 30,000 and 50,000 people remain trapped in Raqqa city," UN Refugee Agency (UNHCR) spokesman Andrej Mahecic said in Geneva, down from some 100,000 people at the end of June.

Mahecic stressed it was hard to be sure about the numbers given the lack of access to Raqqa for UN agencies.

But he said: "Availability of food, water, medicine, electricity and other essentials has been dwindling, with the situation rapidly deteriorating.

"It is imperative that trapped civilians are able to secure safe passage out — to reach safety, shelter and protection." 

Daesh overran Raqqa in early 2014, turning the northern city into the de facto Syrian capital of their so-called "caliphate". 

With help from a US-led coalition, an alliance of Kurdish and Arab fighters called the Syrian Democratic Forces is waging a fierce assault to oust Daesh from the city. 

Raqqa has been without steady running water for several weeks after damage to pipelines by heavy bombardment, including suspected strikes by the US-led coalition.

Civilians dehydrated by the blistering summer heat have been venturing out to the Euphrates river and makeshift wells around the city, risking their lives as the fighting intensifies.

Activists say they have documented symptoms of water-borne diseases among those who are drinking the river water, including fever and loss of consciousness that it is feared could indicate cholera.

The UNHCR spokesman said the agency had managed to complete a first series of humanitarian convoys by road from the province around Raqqa to Qamishli in Syria's northeast.

The road had been shut by fighting for nearly two years, forcing UN agencies to use costly airlifts to reach some of the 430,000 people displaced by fighting around Raqqa.

Four convoys, totalling 22 trucks, have over the past fortnight transported tents, blankets, jerry cans and other essentials to refugees who have reached Qamishli from Raqqa, Mahecic said. 

 

http://www.jordantimes.com/news/region/50000-civilians-trapped-raqqa-%E2%80%94-un

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Published by The Jordan Times.com (Jordan) / AFP - dans Revue de presse Regards Régional
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:56

Aid agencies in Yemen forced to shift resources from fighting hunger to cholera – UN

 
 
 

11 July 2017 – Unless the international community contributes $200 million to address the cholera outbreak in Yemen, the United Nations humanitarian arm will be forced to “reprogram” more resources tagged for malnutrition in the country already facing famine, a senior official today said.

“This unprecedented cholera epidemic would further weaken the resources, and the resilience that people had had over the last two and a half years of this war,” Jamie McGoldrick, the Humanitarian Coordinator for Yemen, told journalists in Geneva.

There were now 313,538 suspected cases of cholera and 1,732 deaths, according to figures from the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA).

About 40 per cent of the suspected cases and a quarter of the deaths were among children younger than 15 years old, particularly the malnourished. Older adults, pregnant women and people with chronic health conditions were among the greatest risk for death.

“All of this is entirely man-made, as a result of the conflict,” Mr. McGoldrick said by phone from Amman, Jordan.

He noted that two million additional people were added to the humanitarian case load since the start of the year as a result of the cholera outbreak, the looming famine, and the economic collapse.

Humanitarians were not as far ahead as they should be in terms of the cholera response, he noted, mainly due to the fact that they did not have enough resources to expand their operations into areas where health workers were working without pay.

“The actual system is in complete collapse,” he said.

The UN has received only one-third of the $2.1 billion it sought to provide food to the millions people facing famine in Yemen; separately, a $250 million funding appeal on cholera received only $47 million.

“Agencies have had to use resources which they had programmed otherwise, for example for food security or malnutrition,” said Mr. McGoldrick.

 

UN agency considers “shelving” cholera vaccine in Yemen
Meanwhile, the UN World Health Organization (WHO) is considering not shipping vaccines tagged for Yemen.

“A vaccination way ahead of an outbreak would be useful, but that would imply a huge amount of vaccines, taking into account all the countries where cholera was endemic,” Christian Lindmeier, WHO spokesperson, told journalists.

 
 
 
 
 
 
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 09:54

Samidoun

Libérez Khalida Jarrar et Khitam Saafin maintenant ! - Signez la pétition

 
 
 

Signez la pétition

Lettre-pétition :

Nous exigeons la libération immédiate de Khalida Jarrar et Khitam Saafin, dirigeantes féministes palestiniennes et combattantes pour la justice et la liberté internationalement renommées. Khalida Jarrar, membre du Conseil Législatif palestinien, et Khitam Saafin, présidente de l’Union des Comités des Femmes Palestiniennes, ont été arrêtées lors de descentes à leur domicile familial le 2 juillet 2017.

Nous considérons ces arrestations comme une tentative de répression contre le mouvement pour la liberté des femmes palestiniennes et du peuple palestinien. Ce sont des arrestations injustes et illégitimes qui visent à réprimer un mouvement populaire pour la liberté, et nous exigeons la libération immédiate de ces éminentes dirigeantes du mouvement des femmes palestiniennes.

Signez la pétition

Cette pétition sera remise à :

> Forces d’Occupation Israéliennes

> Benjamin Netanyahu

> Ministère de la Justice israélien

Traduction agence média Palestine

Contexte (source L’orient le Jour avec Addameer - 2/07/2017)

La députée palestinienne Khalida Jarrar, accusée d’activités au sein d’une organisation considérée comme "terroriste" par Israël, a de nouveau été arrêtée en Cisjordanie occupée, 13 mois après sa sortie de prison, a annoncé dimanche l’armée israélienne.

Khalida Jarrar (54 ans), une des figures les plus connues du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), avait été libérée en juin 2016 après avoir passé 14 mois dans une prison israélienne pour avoir, selon l’Etat hébreu, encouragé des attaques contre des Israéliens. Elle a été arrêtée dans la région de Ramallah en Cisjordanie.Le FPLP est une formation de la gauche historique palestinienne considérée comme terroriste par Israël. De nombreux responsables de cette organisation d’inspiration marxiste ont été arrêtés à de multiples reprises.

Selon l’armée israélienne, "après sa libération, Khalida Jarrar a repris ses activités au sein de l’organisation terroriste du FPLP" dont elle serait une des dirigeantes en Cisjordanie. "Elle a été appréhendée parce qu’elle a repris ses activités au FPLP et non en raison de son statut de membre" du Conseil législatif palestinien (Parlement), a ajouté l’armée.

Khalida Jarrar est membre du Parlement palestinien élu en 2007.

Plusieurs députés palestiniens sont actuellement détenus par Israël.L’ONG palestinienne Addameer a précisé qu’au cours du même raid, une dizaine d’autres personnes avaient été arrêtées par les forces israéliennes, dont Khitam Saafin, présidente de l’Union des comités pour les femmes palestiniennes.

 

http://www.france-palestine.org/Liberez-Khalida-Jarrar-et-Khitam-Saafin-maintenant-Signez-la-petition

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 09:44
Irak: l'impensé de l'après-Mossoul
 
 
 
 
Par J

La chute de Mossoul, après neuf mois de combats, laisse entrevoir l'absence de plan national et international à l'après-Daech. Et la ville risque d'être un laboratoire de ce que pourrait devenir la région, loin de toute réconciliation nationale.

Il aura fallu 265 jours à l’armée irakienne et aux forces de la coalition internationale pour reprendre Mossoul. Deux cent soixante-cinq jours de combats féroces, qui ont montré que l’État islamique (EI) avait acquis des capacités militaires sans commune mesure avec celles des 1 000 à 2 000 combattants qui s’étaient emparés en moins de 48 heures de la seconde ville irakienne, en juin 2014, profitant de la fuite sans gloire de l’armée régulière. Mais aussi 265 jours de souffrances extrêmes pour une population encore estimée, au commencement de l’offensive, le 17 octobre 2016 au matin, à environ 1,2 million d’habitants. Le premier ministre irakien Haïdar al-Abadi peut certes crier victoire, mais le coût de celle-ci est exorbitant.

La ville, d’ailleurs, n’est pas encore complètement sous contrôle des unités d’élite irakiennes du Counter-Terrorism Service (CTS). Il existe encore quelques réduits, dont l’un, le long du Tigre, tenu par des Tchétchènes et des Caucasiens, qui n’ont toujours pas pu être repris. Anticipant la chute de la ville, une bonne partie des responsables de l’EI avait, semble-t-il, pris la fuite bien avant le début du siège, voire dès mars 2016. Aucune nouvelle du « calife » autoproclamé Abou Baqr al-Baghdadi depuis son dernier appel, en novembre de la même année, dans lequel il demandait à ses hommes de se battre jusqu’au sacrifice : « Tenir ses positions dans l’honneur est mille fois plus aisé que de se replier dans la honte. » Il a été entendu des quelque 5 000 djihadistes qui tenaient la ville et se sont battus jusqu’à la mort.

Jamais à Ramadi, à Tikrit ou à Falloudja, villes déjà reprises, très difficilement, à l’EI dans les mois qui avaient précédé l’offensive sur Mossoul, les combats n’avaient été à ce point acharnés ni les techniques mises au point par les djihadistes aussi diverses, innovantes et même sophistiquées, comme l’utilisation de drones chargés d’explosifs. Faut-il y voir la main des anciens des services de sécurité de Saddam Hussein, dont beaucoup sont d’ailleurs originaires de Mossoul, qui seraient passés du raïs au calife ? Sans doute, même si la direction de l’organisation reste essentiellement le fait de politiques et de religieux, et que jamais les saddamistes n’ont pu prendre la main.

En définitive, la bataille de Mossoul aura été un tournant dans l’appréciation du phénomène djihadiste dans la région, jusqu’alors traité comme les précédentes insurrections. Car, le 17 octobre 2016, quand les forces irakiennes et la coalition internationale, forte d’une quarantaine de pays, dont quatre grandes puissances, partent à l’assaut de Mossoul, elles s’attendent à une résistance forcenée des quelque 5 000 combattants de l’État islamique qui y sont retranchés. Mais nullement à des combats d’une telle ampleur. Le général Joe Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient, estimait alors que l’offensive s’achèverait fin janvier, tandis que le secrétaire américain à la défense de Barack Obama, Ashton Carter, voulait en voir la fin avant l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche.

La chute de Mossoul est néanmoins une victoire militaire, en ce qu’elle met à bas le rêve d’un califat à cheval sur l’Irak et la Syrie, avec une volonté de l’étendre en Jordanie, au Liban et jusqu’aux lieux saints de La Mecque et Médine. Un territoire qui entendait être le havre de tous les musulmans ne voulant pas vivre en « terre impie », comme al-Baghdadi l’avait annoncé lors de son célèbre et unique prêche en juillet 2016 depuis la vieille mosquée Al-Nouri, dont le fameux minaret penché a été détruit récemment.

Mais si Daech a perdu sa base territoriale, s’il ne peut non plus y entraîner des combattants et y disposer de moyens logistiques, il n’est pas pour autant écrasé. Il l’est d’autant moins qu’il a toujours anticipé sa chute, en particulier depuis 2016, quand ordre a été donné à tous les musulmans de mener la guerre sainte partout dans le monde et non plus à partir du califat. L’heure est donc à présent à la dissémination.

De plus, s’il a perdu Mossoul et ne bénéficie plus d’une continuité territoriale entre l’Irak et la Syrie, il conserve encore de larges pans de territoires. En Irak, la ville de Tall Afar, près de la frontière syrienne, la région de Hawija et une grande partie du désert qui s’étend à l’ouest du pays, où il a organisé des bases de repli. En Syrie, il conserve toujours Raqqa, plus les villes de Mayadin, Deir ez-Zor et d’Abou Kamal, sur la frontière avec l’Irak. Et il a essaimé en Égypte, en Libye, au Yémen, au Nigéria, en Afghanistan, dans les zones tribales pakistanaises, dans le Kurdistan iranien, aux Philippines…

Reste que la bataille de Mossoul n’a en rien réglé les problèmes qui lui ont permis de prospérer. Et elle s’est faite au prix de la destruction de la ville, qui n’est plus qu’un champ de ruines encore truffé d’explosifs, ce qui empêche sa population de revenir. Le pourrait-elle, qu’elle ne trouverait ni eau ni électricité, alors que la chaleur frôle les 50 °C. Le souhaiterait-elle, qu’il n’y aurait personne pour la prendre en charge, aucune administration, sans parler de l’immense vide politique au sein de la communauté sunnite. C’est vrai à l’intérieur comme à l’extérieur de la ville, où aucun camp n’a été mis en place pour accueillir les… 900 000 réfugiés.

 

Ce qui frappe aussi tous les observateurs, c’est qu’il n’existe jusqu’à présent aucun plan, ni national ni international, pour l’après-Daech. Certes, les CTS semblent avoir fait preuve dans leur reconquête de la ville d’une certaine retenue, sans laquelle les pertes civiles auraient sans doute été beaucoup plus lourdes, ce qui explique également pourquoi les combats ont duré aussi longtemps. Mais mis à part ce souci de prévenir une hécatombe, qui répond probablement à un calcul politique pour éviter que ne s’approfondisse davantage le ressentiment des habitants de Mossoul à l’égard de Bagdad, ceux-ci n’ont fait l’objet d’aucune attention de la part des autorités irakiennes. Seule a dominé la stratégie de la victoire militaire. La réconciliation nationale n’était pas à l’ordre du jour de la bataille. C’est pourtant l’un des principaux enjeux de l’après-Mossoul.

Avec une ville détruite à environ 80 %, une population sunnite malmenée par Bagdad depuis la chute de Saddam Hussein, prise au piège puis traumatisée par le siège et à présent abandonnée, le risque est grand que le passé ne se reproduise. Dès octobre 2016, la chercheuse Loulouwa al-Rachid prévenait dans une tribune que « même une fois l’État islamique pulvérisé, si les problèmes ne sont pas réglés, un nouvel avatar clandestin peut réapparaître, plus violent et plus vengeur ».

 
Le pire a été néanmoins évité. Le pire aurait été que les milices chiites pro-iraniennes, qui rêvaient de vengeance après les massacres de civils chiites perpétrés par l’EI, participent aux combats. Malgré les pressions, Haïdar al-Abadi a su être suffisamment ferme pour leur interdire d’approcher la ville. « C’est à la demande expresse des Américains qu’elles ne sont pas intervenues directement dans la bataille pour reprendre Mossoul, souligne le chercheur David Rigoulet-Roze, directeur de la revue Orients stratégiques. Washington a fait savoir que si le premier ministre irakien ne les retenait pas, il n’y aurait pas d’appui-feu américain, notamment aérien, lequel était vital pour la réussite de l’offensive sur la ville. De manière suffisamment explicite pour que Haïdar al-Abadi y donne suite. » « Aujourd’hui, ajoute-t-il, les vainqueurs se partagent les dépouilles de la reconquête de la ville sans avoir réglé les questions de fond. C’est là que l’on retrouve sur l’échiquier politique le fantôme de la “question sunnite”. Il faudrait que Bagdad annonce quelque chose de consistant en la matière. Les sunnites réclament une forme d’autonomie, mais Haïdar al-Abadi est aux prises avec celle, déjà établie, du Kurdistan. Il lui faut en plus maintenir un certain équilibre avec ses soutiens : tenir compte de l’avis de Téhéran, qui n’y est guère favorable, maintenir à distance les milices chiites… » 

Avec ou sans autonomie, c’est l’émergence d’un Sunnistan qui se dessine à présent dans cette partie de l’Irak, dont Mossoul serait la capitale. La ville, qui comptait près de 2,5 millions d’habitants en 2014, ne sera sans doute plus la ville mosaïque, à la fois multiethnique et multiconfessionnelle, qu’elle a été.

Les quelque 35 000 chrétiens n’entendent pas non plus revenir – ils étaient encore 60 000 en 2003, lors de l’invasion américaine de l’Irak. Pas davantage les chiites, qui furent souvent dénoncés par leurs voisins sunnites, ni les Kurdes, devenus les ennemis jurés des sunnites comme des milices chiites.

Quant à la petite minorité yézidie, elle a quasiment été exterminée.

Aujourd’hui défait, l’État islamique aura, en seulement trois années d’existence, réussi à profondément remodeler l’Irak. Et il est à craindre que Mossoul et sa province ne soient le laboratoire de ce que pourrait devenir toute la région.

 

https://www.mediapart.fr/journal/international/100717/irak-limpense-de-lapres-Mossoul

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