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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 01:20

SOCIAL-ECO -  le 7 Janvier 2014


désinformation


G. Weill-Raynal. Affaire Al Dura : le livre qui dénonce les vrais imposteurs


 

Guillaume Weill-Raynal revient dans un petit livre très argumenté sur la mort du petit Mohamed, sur les genoux de son père, en juin 2000, pour démonter 
les thèses fantaisistes et scandaleuses 
de Philippe Karsenty.

Le 20 juin 2000, mourait à Gaza un enfant. Un de plus dans le conflit qui oppose Israël et la Palestine. L’image est apparue dans un reportage de Charles Enderlin, sur France 2. La cabale contre le journaliste, lancée par Philippe Karsenty, un homme d’affaires, n’a pas tardé : Charles Enderlin a été accusé de mise en scène et de manipulation. Entretien avec Guillaume Weill-Raynal.

 

Pourquoi avez-vous éprouvé
le besoin de déconstruire l’affaire 
Al Dura, d’enquêter sur ce qui 
s’est vraiment passé ?

Guillaume Weill-Raynal. Dans Une haine imaginaire (2005), j’ai déconstruit le procès d’antisémitisme latent fait aux médias français par certains membres de la communauté juive.

En 2004-2005, quand a ressurgi sur la scène l’affaire Al Dura, Une haine imaginaire était à l’imprimerie. J’ai pris le temps de faire une note, mais surtout d’écrire un article, dans la revue de Pascal Boniface, à l’Iris. Boniface a transmis cet article à Enderlin. Du coup, celui-ci m’a envoyé une cassette, avec les rushes de son reportage. J’ai alors dit à ma famille : « Mais venez voir les rushes. » On m’a rétorqué : « Je ne veux pas, mon opinion est faite. »

Voilà comment j’ai été amené à m’intéresser à l’affaire Al Dura. Pour moi, en 2006, c’est une affaire terminée, puisque Karsenty était condamné par la cour d’appel de Paris. Et puis, l’affaire a rebondi en 2008, quand il a été relaxé. (Philippe Karsenty a au final été définitivement condamné le 26 juin 2013 – NDLR.)

Ce qui est terrible, c’est qu’on est dans le déni de la mort d’un enfant, avec une position hyperdéfensive…

Guillaume Weill-Raynal. Très honnêtement, je ne sais pas si j’étais, le 30 septembre 2000, devant ma télévision. Je ne sais pas si j’ai vu cette image. C’est possible. Mais au journal de 20 heures, on voit des choses horribles, le tsunami, les inondations aux Philippines… C’est très triste, et le lendemain, on passe à autre chose.

Mais dans cette histoire, il ne s’agit pas de déni : il y a une fixation de départ sur ces images.

Dans un premier temps, les Israéliens, et notamment Olivier Rafovitch, à l’époque porte-parole de l’armée israélienne, ont dit : « C’est la guerre. »

En édulcorant ses propos et en ajoutant : « C’est parce que les enfants nous jettent des pierres. » Soit l’argumentation habituelle d’Israël.

Mais d’un point de vue de communication, c’était la position la plus intelligente à avoir.

Prasquier, Karsenty et d’autres vont jusqu’à dire que c’est cette affaire qui a déclenché la seconde Intifada, qu’il y a une place à Bamako et que Daniel Pearl a été égorgé.

Ce n’est pas vrai : l’Intifada n’a pas été déclenchée à cause de cette affaire, ce n’est même pas la peine de le démontrer. Mais oui, il y a une place Mohamed-Al-Dura à Bamako. Et un timbre en Tunisie. Pour Daniel Pearl, la vidéo propagande de son assassinat met en exergue l’image du petit Mohamed, mais il n’y a pas de lien de cause à effet.

Pour la majorité des juifs, de gauche comme de droite, il y a eu une espèce de fixation collective.

Mais il y a derrière des intellectuels qui croient aux « 100 preuves » 
de Philippe Karsenty : Mohamed 
fait semblant d’être mort, 
il jette un chiffon rouge pour faire croire à une mare de sang, les enquêtes balistiques ne correspondent à rien, il fait appel 
à des bouchers pour accréditer 
ses thèses… Autant d’arguments 
très fumeux !

Guillaume Weill-Raynal. Il y a eu un effet boule de neige. Cet agrégat de n’importe quoi est devenu un délire collectif. C’est beaucoup plus fort que du déni.

Dans ma génération, on a été nourri à la communication israélienne, quand on était petit… Il y a aussi la fixette collective : j’ai tenté de l’expliquer dans ce livre, avec la dimension religieuse, mystique, la comparaison avec l’affaire Dreyfus, le patriotisme exacerbé…

L’irrationnel peut s’expliquer rationnellement, mais reste une part d’inexplicable : pourquoi, à ce point, cette image est intolérable ?

 

D’où ce parallèle avec l’affaire Dreyfus, avec la différence que ça sépare juste une communauté…

Guillaume Weill-Raynal. Non, la communauté est soudée à 99 % autour de cette question.

Certains individus ont quand même résisté, comme René Bachmann, au Nouvel Obs, initiateur de la pétition de soutien à Enderlin, signée par 2 500 journalistes. Certains ont signé par réflexe sans trop savoir… On est très peu nombreux.

Je suis allé à pas mal d’audiences du procès Karsenty. Il y avait une électricité !

Ce que j’ai vu aussi, c’est un entre-soi, où les gens arrivent et se sourient, se congratulent…

 

D’où ce besoin d’une contre-enquête ? Quand la voix de France 2 et de Charles Enderlin n’est 
plus audible ?

Guillaume Weill-Raynal. Il n’y a pas besoin de faire de contre-enquête rigoureuse. Les faits bruts suffisent : il s’agit d’une image, dans un reportage sur plusieurs zones de conflits. Des tas de cameramen étaient présents, des témoins…

Le problème de Karsenty, c’est qu’il renverse la charge de la preuve. C’est pour ça que c’est diabolique.

Un type comme Denis Jeambar peut dire en toute tranquillité : « Quand je vois cette image, rien ne me prouve que l’enfant est mort. » Mais c’est pareil pour la petite fille vietnamienne qui court au bord d’une route. Qu’est-ce qui prouve qu’elle a été blessée au napalm, on n’en sait rien ! Elle court toute nue, ça veut peut-être dire qu’elle a été violée… peut-être par les soldats vietnamiens qui courent derrière elle.

Si on voit marcher Hollande sur un tarmac, on peut dire : « Désolé, rien ne me dit qu’on est à l’aéroport de Djakarta. » Il y a une présomption que ce qui est montré est vrai. Je ne dis pas que c’est irréfragable.

Mais c’est à celui qui prétend que l’image est fausse d’apporter les preuves.

Un par un, les arguments de Karsenty feraient rire un enfant de huit ans.

 

Pour en finir avec l’affaire Al Dura, 
de Guillaume Weill-Raynal, 
Éditions du Cygne, 13 euros.

Entretien réalisé par Caroline Constant


http://www.humanite.fr/social-eco/g-w-e-i-l-l-r-aynal-affaire-al-dura-le-livre-qui-d-556431

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 01:10

 

ISRAEL. Pourquoi les migrants ne se taisent plus

Publié le 09-01-2014 à 17h57

Face au durcissement des mesures à leur encontre dans le pays, Erytréens et Soudanais demandent que leur demande d'asile soit au moins étudiée.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140109.OBS1882/israel-pourquoi-les-migrants-ne-se-taisent-plus.html

"C'est le désespoir et la peur qui ont amené 30.000 personnes à la Place Rabin de Tel Aviv dimanche dernier", explique Philmon Razena, un demandeur d'asile érythréen de 25 ans. "54.000 demandeurs d'asile vivent en Israël sans aucune sécurité, avec la peur constante de la prison, de la déportation, toujours pris dans ce cercle vicieux de la peur que nous essayions de fuir en quittant notre pays d'origine", souligne le jeune homme à 972magazine.

Ils étaient en effet 30.000 Place Rabin dimanche, et encore 10.000 mercredi à Jérusalem devant la Knesset pour demander que soient prises en compte leurs demandes d'asile. Principalement Erythréens et Soudanais, ces migrants africains trouvent un accueil de moins en moins cordial en Israël. Entrés illégalement, ils fuient des régimes autoritaires, des situations misérables… mais peinent à trouver asile dans les pays de la région. Et notamment en Israël, où une nouvelle loi très stricte a été adoptée le 10 décembre. Les immigrés clandestins peuvent être désormais placés jusqu'à un an en centre de rétention sans procès. L'un d'eux a d'ailleurs été construit à cet effet dans le sud d'Israël : ses occupants peuvent aller et venir durant la journée, mais doivent pointer à trois reprises et y passer obligatoirement la nuit.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi, les organisateurs des manifestations ont appelé le Premier ministre et son gouvernement à entrer dans "un dialogue direct et ouvert" avec eux.
"Nous ne sommes pas des criminels", mais "une communauté de demandeurs d'asile démocratique, disciplinée et respectueuse de la loi", indique le texte.

De nombreuses vagues d'immigration

La question du droit d'asile revêt en fait une dimension tout à fait particulière en Israël, où chaque individu, pour peu qu'il puisse prouver son ascendance juive, peut demander la citoyenneté israélienne. C'est ainsi qu'année après année depuis la création de ce petit Etat, les vagues d'immigration venant de l'Est européen, du Maghreb, de Russie, d'Ethiopie, d'Amérique du Sud et du reste du monde ont construit une société.

L'immigration non-juive, qui restait marginale, a longtemps été ignorée, en partie tolérée même, dès lors qu'elle s'inscrivait dans un cadre strict, notamment économique pour répondre aux besoins en main d'œuvre par exemple. De fait, les cafés, restaurants et plages israéliennes emploient une bonne part de ces migrants africains qui acceptent des conditions de travail difficiles.

Aujourd'hui, et compte tenu de la crise économique, la question migratoire a pris une tournure bien plus sensible et les migrants Érythréens et Soudanais qui sont arrivés ces dernières années dans le pays en font particulièrement les frais. Une clôture électronique a été construite par Israël le long des 230 km de frontière avec l'Egypte, réduisant pratiquement à néant le nombre d'entrées illégales à partir de la péninsule du Sinaï. Et les autorités israéliennes ont lancé en 2012 une campagne ayant abouti au départ ou à l'expulsion de 3.920 d'entre eux.
Le quotidien "Haaretz" rapporte que sur 1.800 demandes d'asile remplies par des ressortissants de ces deux pays, aucune n'a été approuvée jusqu'alors. Sur ce total, le quotidien indique que seulement 250 ont été examinées, parmi lesquelles 155 ont d'ores et déjà été rejetées.

Un fort racisme anti-Noirs 

A la crise économique s'ajoute une autre difficulté pour les populations migrantes : le racisme anti-Noirs. Les exemples de discriminations retentissantes à l'égard des Noirs dans le pays, qu'ils soient juifs, Israéliens, immigrés voire les trois à la fois, semblent de plus en plus fréquents. Exemple tout récent : celui de la députée du parti centriste Yesh Atid, Pnina Tampano-Shata, d'origine éthiopienne, qui s'est vu refuser la possibilité de donner son sang.

Ces derniers jours le quotidien de droite "Jerusalem Post" est allé jusqu'à accuser les ONG qui défendent les demandeurs d'asile de "faire tout leur possible pour saper le caractère juif de l'Etat d'Israël en gardant le plus possible de migrants africains et en encourageant d'autres à venir". Le quotidien accuse même ces ONG de "cacher leur intention" car "elles savent", dit-il, "qu'elles perdraient le soutien du public en Israël".

Un ressort âprement dénoncé par une partie de la gauche israélienne et, encore, mercredi par l'écrivain mondialement connu David Grossman, qui s'est dit "honteux" du traitement réservé aux migrants. Il observe ainsi que les Israéliens devraient "se souvenir combien les portes étaient fermées" lorsque les juifs souhaitaient échapper aux Nazis.

Un argument qui, pour l'heure, n'a pas atteint le Premier ministre. Qualifiant les migrants "d'infiltrés", il a réitéré mercredi sont intention de les "rapatrier".

Céline Lussato – Le Nouvel Observateur 

  

Sur le web : Israël: plus 10.000 migrants africains encerclent le Parlement
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 01:05

The myth of an undivided Jerusalem is collapsing under its own weight




Binyamin Netanyahu is misguided to believe a two-state Israel-Palestine solution is possible while keeping a deeply divided city intact

  •  

As John Kerry's Israeli-Palestinian peace initiative moves into a decisive stage, two Jerusalem truths are becoming crystal clear. First, either the two-state solution will also take place within Jerusalem, or there will be no two-state solution at all. Second, any attempt to reach a permanent status agreement regarding Jerusalem that ignores the already existing, deeply rooted urban realities of this bi-national and divided city is doomed to failure.

These truths were on display on 22 October 2013, when Jerusalem held mayoral elections. The incumbent mayor, Nir Barkat, an up-and-coming political star in Israel's ideological right, was re-elected. His victory was convincing: Barkat received 51.9% of the vote, in comparison with the 44.6% received by his closest rival.

Barkat, along with the Israeli prime minister, Binyamin Netanyahu, is a vocal champion of "Jerusalem-the-eternal-capital-of-Israel-that-will-never-be-divided". Conceding that there have long been major inequities in the level of services between East and West Jerusalem, Barkat proudly claims to have made progress in narrowing the gaps, asserting that his efforts have met with satisfaction from Palestinian residents. Citing this accomplishment, Barkat claims to represent all residents of his city, both Israeli and Palestinian, and has said: "The vast majority of the Arabs in Jerusalem prefer to be on the Israeli side. They don't want the city divided."

At first glance, the 2013 municipal election results appear to support such claims. The number of votes Barkat received from the Palestinian sector in this election was 90% higher than what he received in 2008, winning him 46.9% of votes cast by Palestinians of East Jerusalem. Receiving a percentage of the vote slightly below that which he received from the Israeli sector, Barkat was well ahead of his closest rival, who received only 19.7% of the Palestinian vote.

A more careful look at the numbers, however, tells a very different story. There are approximately 157,382 eligible voters among the Palestinians of East Jerusalem. Of these, a total of 1,101 voted in the 2013 election – meaning a Palestinian voter turnout of only 0.7%. Barkat received 46.9% of these votes – a total of 516 votes, a mere 0.3% of the total vote of all eligible Palestinian voters. In short, Barkat's assertion that he "represents" all residents of Jerusalem is without basis in fact.

Some will argue that Palestinian residents of Jerusalem were intimidated into boycotting the election. This assertion is baseless. All organs of Palestinian authority and political organising in East Jerusalem have been crushed by the government of Israel. There is simply no Palestinian capacity in East Jerusalem to organise a campaign of intimidation, or of anything else of consequence. The Palestinians didn't vote in this election, just as they have refrained from voting in previous municipal elections, because they were making a statement about their own identities: "we are Palestinian, not Israeli".

The results in Israel's national elections for the Knesset, which took place on 22 January last year, are no less illuminating. In those elections, 28.4% of eligible Palestinian voters in East Jerusalem cast a ballot, a seemingly respectable number. A more careful look, once again, tells a different story – in this case a story of formal disenfranchisement.

Out of the approximate 157,382 Palestinian residents of Jerusalem of voting age, only 10,431 actually have the right to vote in Israel's national elections (a number that is artificially high, since it includes thousands of Israeli Arab citizens who moved to Jerusalem from areas in pre-1967 Israel, rather than native Palestinian East Jerusalemites). This means that the number of East Jerusalemite Palestinians entitled to vote in national elections hovers at around 5% of the voting-age Palestinian population of the city. Only 2,965 of the East Jerusalem Palestinians – 1.9% of the Palestinian population – voted in Israel's 2013 national elections, with another 95% denied the right to vote.

This bizarre situation exists because most Palestinians in "undivided Jerusalem" are legally classified as "permanent residents", rather than citizens of Israel. As such, they do not enjoy the right to vote in national elections. An estimated 13,000 Palestinians of all ages, out of a total Palestinian population of 293,000 (37% of Jerusalem's total population), have received Israeli citizenship.

By disenfranchising Palestinians of East Jerusalem from national elections, Israel has declared unequivocally that these residents of Israel's "undivided capital" are not, in fact, part of Israel's body politic. And by overwhelmingly refraining from voting in municipal elections, even when that right exists, Palestinians of East Jerusalem are emphatically agreeing.

The results of these two recent elections reveal the fundamental political truth of contemporary Jerusalem: the only place where Jerusalem is "the undivided capital of Israel" is in the fertile imaginations of ideologues such as Netanyahu and Barkat. Nowhere else in the world is there a prime minister so utterly detached from the daily realities of a city that he claims to be his nation's "exclusive" capital; and nowhere else is there a mayor so utterly disconnected from – and in denial about – the realities of the flesh-and-blood city over which he purports to preside.

Those engaged in the current negotiations can ignore these facts only at great peril. When Netanyahu says he supports the two-state outcome, but opposes anything less than an undivided Jerusalem under sole Israeli sovereignty, he is really saying: "I reject the two-state solution".

The myth of "undivided Jerusalem" is collapsing under the weight of its own fictions. Should the Kerry initiative – the last, best hope for the two-state solution – end in failure, Jerusalem will degenerate into the epicentre of a festering conflict, the arena of recurrent rounds of convulsive violence. But should, against all odds, these talks end in agreement, a new Jerusalem, rooted in its genuine political and urban realities, will emerge: a politically divided, bi-national city, the respective capitals of Israel and Palestine – which is the sine qua non of any permanent status agreement.

• Comments on this piece will be open for 24 hours from the launch time, and may close overnight

 


http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/jan/08/myth-undivided-jerusalem-israel-palestine-binyamin-netanyahu

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 01:00

  le 8 Janvier 2014

proche-orient

 

 

Syrie, les djihadistes de 

l’EIIL dans la ligne de 

mire

Mots clés : syrieirak bassam abou abdallah,

 

À l’approche de la conférence de Genève, les affrontements entre groupes islamistes syriens s’accentuent. Washington souhaite la présence des plus « fréquentables ».

L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, affilié à al-Qaida) a peut-être un peu trop poussé le bouchon depuis que le groupe djihadiste s’est mis en tête d’imposer sa loi aux autres organisations islamistes syriennes, en l’occurrence le Front islamique (regroupement de six groupes salafistes) et le Front al-Nosra, pourtant également affilié à al-Qaida.

Depuis vendredi, les affrontements opposent ces groupes dans le nord de la 
Syrie, notamment à Raqqa où ils ont fait plusieurs dizaines de morts.

Outre sa volonté affichée d’imposer son hégémonie, c’est la mort sous la torture d’un dirigeant d’Ahrar al-Cham, groupe salafiste majeur au sein du Front islamique, dans une prison de l’EIIL, qui a été le déclencheur de cette guerre fratricide.

Contrairement à certaines idées reçues, l’EIIL n’est pas un mouvement exclusivement composé d’étrangers originaires d’Europe, du Maghreb et d’Asie centrale. La majorité de ses combattants sont syriens. Les djihadistes étrangers sont 
présents dans tous les groupes islamistes syriens, en particulier au Front al-Nosra et à Ahrar al-Cham.

Washington et Londres, qui avaient suspendu le 11 décembre dernier la fourniture d’équipements militaires aux 
rebelles syriens, et qui insis-
tent sur la présence à la conférence de paix prévue en Suisse, le 22 janvier, de représentants de groupes armés « fréquentables », ne sont certainement pas étrangers au fait que les 
islamistes syriens fassent le ménage dans leurs rangs.

Bassam Abou Abdallah, directeur du centre d’études stratégiques de Damas, cité par l’AFP, n’a peut-être pas tout à fait tort quand il estime que « cette bataille (les affrontements interislamistes) vise à justifier l’envoi de lettres d’invitation pour Genève 2 à des groupes islamistes financés par les pays du Golfe, en donnant l’impression qu’ils combattent le terrorisme selon le concept occidental ».

Encore faut-il que cette belle mécanique ne soit pas enrayée par un grain de sable.

Hier, le Front al-Nosra a appelé à un cessez-le-feu, estimant que la priorité doit être donnée « au combat contre le régime ».

Hassane Zerrouky

 

http://www.humanite.fr/monde/syrie-les-djihadistes-de-l-eiil-dans-la-ligne-de-m-556512

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 00:55

Syria, Iraq and al-Qaeda

 

The jihadists may have gone too far

From Baghdad to Beirut, a growing backlash against the most extreme of the jihadists may change the course of civil wars in Syria and Iraq

Jan 11th 2014 | CAIRO From the print edition


 

IN A region of opaque politics and oddly named actors, the Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) lives up to its title. The group that started as an al-Qaeda affiliate in Iraq has prospered there since the Americans left in 2011, subduing much of the rural, Sunni-dominated north and pursuing an aggressive terror campaign against Shias further south. ISIS expanded into Syria in April last year; al-Sham denotes a Greater Syria encompassing—among swathes of what was the fertile crescent—Lebanon, Palestine and even Jordan. Better armed and financed, it has encroached steadily into areas freed from government control by other rebel groups, enforcing harsh, state-like authority along the Euphrates valley and across much of the north. But the group’s rapid rise may now be over.

Today ISIS’s fighters, who include as many as 7,000 would-be jihadists from across the globe, face battles on three fronts. In Syria a wave of disgruntlement with the group turned into a tsunami after December 31st when its men returned the torture-marked corpse of a doctor-cum-commander with Ahrar al-Sham, a Salafist rebel group which had hitherto been an ally. A final provocation came when ISIS abducted five employees of Médecins Sans Frontières, a French-founded charity that is one of the few aid organisations still willing to work inside Syria..........(........)..................

http://www.economist.com/news/middle-east-and-africa/21593462-baghdad-beirut-growing-backlash-against-most-extreme

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 01:20

Un fonds de pension néerlandais stoppe des activités avec Israël à cause des colonies

 


Par RFI

PGGM, l’un des plus grands fonds de pension des Pays-Bas se retire d'Israël. Cette institution financière a arrêté la collaboration avec cinq banques en raison de leurs activités dans les colonies situées dans les Territoires palestiniens.

Concrètement, le fonds de pension néerlandais a décidé, depuis le 1er janvier 2014, de ne plus investir dans cinq banques israéliennes importantes. Une décision qu'il justifie en raison de leur implication dans le financement des colonies israéliennes dans les territoires occupés. PGGM estime que cette activité pose problème car les colonies sont considérées comme illégales au regard du droit international humanitaire.

Impact fatal pour l'image des banques

On ne connaît pas le montant de l’investissement du fonds de pension mais selon les médias israéliens, il s'élèverait à quelques dizaines de millions d'euros. Une telle décision n'aura donc qu'un impact financier limité mais elle pourrait être fatale pour l’image de ces banques. D'autres entreprises européennes pourraient suivre l’exemple du fonds de pension néerlandais.

Discriminations

Il y a un mois, Vitens, une grande société d'eau potable néerlandaise a arrêté sa collaboration avec la société israélienne de distribution d'eau Mekorot qu'elle a accusée de discrimination vis-à-vis des Palestiniens dans l'accès à l'eau. L'Union européenne a aussi décidé d’exclure de sa coopération les institutions et entreprises israéliennes ayant des activités dans les territoires occupés.

 → A (RE)LIRE : L’aide européenne désormais en partie coupée pour Israël


http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140109-fonds-pension-neerlandais-stoppe-activites-israel-cause-colonies
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 01:15

Hamas and Iran rebuild ties three years after falling out over Syria




News that high-level contacts between Palestinian party and Tehran have resumed is likely to dismay Israel and US
BETA 
Khaled Meshaal
Khaled Meshaal, the head of Hamas’s political bureau, may visit Tehran in the coming months. Photograph: Mohammed Saber/EPA

 

 

A rapprochement between Hamas and Tehran is under way almost three years after a breach over the Palestinian party's refusal to back the Syrian government in the civil war, and amid its current political isolation following the demise of the Muslim Brotherhood in Egypt.

The rebuilding of the relationship is likely to dismay Israel and the US, which had welcomed the weakened ties between Gaza's rulers and their powerful political, financial and military sponsors.

"Relations between us are now almost back to how they were before [the crisis over Syria]. We believe we will soon be back at that point," said Taher al-Nounou, an aide to Gaza's prime minister, Ismail Haniyeh. Contacts between high-ranking officials from both sides had resumed, he said.

Khaled Meshaal, the head of Hamas's political bureau, based in Qatar, has met Iranian representatives in Ankara and Doha in recent months, and may visit Tehran in the coming months.

According to Nounou, a delegation of Hamas officials based outside Gaza visited Tehran two months ago. Hamas leaders inside Gaza have been unable to leave the blockaded coastal strip since the military coup in Egypt last July.

Another senior Hamas official, Bassem Naim, confirmed the renewed contacts between his organisation and Tehran. "Ties had never been conclusively severed, but recently there have been a number of meetings that brought new blood back into our relationship with Iran," he said.

"There were several visits and meetings, as there had been previously. But this time the meetings were held at a high level on the part of Hamas and Iran. This led to a marked improvement and progression in the relationship."

The alliance was severely damaged by the stance Hamas took when the uprising against Bashar al-Assad began in Syria almost three years ago. Although the exiled Hamas leadership had been hosted by Assad's regime in Damascus for a decade, it refused to back the government against the rebels, incurring the wrath of Syria's allies, Tehran. Meshaal and other members of the external Hamas leadership left Syria the following year, in 2012.

Iranian leaders cut off funding to Hamas, which had been worth around $23m (£14m) a month, causing a serious financial crisis for Gaza's rulers. This has been severely exacerbated in the past six months by theclosure of the smuggling tunnels between Gaza and Egypt by the new regime in Cairo.

The removal of former the Egyptian president Mohamed Morsi and the bloody crackdown on the Muslim Brotherhood, Hamas's ideological parent organisation, has left the Palestinian Islamist party politically and psychologically isolated. "Hamas's big dream of political Islam coming to power has vanished," said the Gaza analyst Omar Shaban.

According to Nounou, who described Hamas-Iran relations as "a very sensitive issue", the ties between the two were weakened by the war in Syria, but not severed. "We kept some channels open," he said. "Recently Iran realised that Hamas was not against Iran or the Syrian regime. They understood that we wanted to be neutral. It was a misunderstanding."

Asked if Tehran had resumed its financial support, Nounou said: "We don't announce these things because there would be efforts to stop it."

Since the closure of the tunnels, Hamas has faced logistical difficulties in bringing financial aid to Gaza. Suitcases filled with cash were transported through the tunnels before the Egyptian crackdown.

Mahmoud al-Zahar, a hardline Hamas leader in Gaza, declined to comment on whether Tehran had resumed its provision of cash or weapons, saying: "It is difficult to discuss secret things. It will only serve the Israelis".

Zahar, who visited Tehran last year, said he was in constant contact with the Iranians, and that any reconciliation between Tehran and the west over the nuclear issue would not affect its support for Hamas.

The rapprochement was not connected to events in Egypt, he insisted. "Hamas is not politically isolated. Do not exaggerate the difficulties with Egypt. The Muslim Brotherhood is not finished," he said.

Additional reporting by Hazem Balousha


http://www.theguardian.com/world/2014/jan/09/hamas-iran-rebuild-ties-falling-out-syria

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 01:10

 

Le Point.fr - Publié le 10/01/2014 à 08:56

L'opposition armée a lancé une vaste offensive contre les combattants de l'État islamique en Irak et au Levant, qui sèment la terreur en Syrie depuis un an.

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L'heure de la seconde révolution a sonné en Syrie. Près de trois ans après le début de la révolte contre Bachar el-Assad, la rébellion a entamé début janvier une nouvelle bataille. Et l'adversaire est au moins aussi effrayant que le régime de Damas. Décapitations, enlèvements, tortures et attentats-suicides, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) sème depuis un an l'effroi dans tous les territoires qu'il conquiert au régime syrien. Il se battait pourtant jusqu'ici aux côtés de l'opposition.

Créé en 2004, au lendemain de l'intervention américaine en Irak, l'EIIL est né sous les traits d'al-Qaida en Mésopotamie. En 2006, il englobe plusieurs groupes d'insurgés et devient l'État islamique en Irak. En difficulté sur le terrain face à l'action coordonnée de l'armée américaine, irakienne et des milices sunnites sahwas, l'organisation, dirigée depuis 2010 par l'Irakien Abou Bakr al-Bagdadi, trouve un second souffle à la faveur du conflit syrien, qui lui permet d'étendre son influence. Il devient en 2012 l'État islamique en Irak et au Levant. À l'époque, sévit déjà en Syrie le Front al-Nosra (Front de défense du peuple syrien), organisation djihadiste créée en avril 2011  après que Bachar el-Assad a libéré de prison la quasi-totalité des djihadistes syriens. 

Rétablissement du califat

 Contrairement au Front al-Nosra, qui souhaite avant tout la chute du président syrien, l'EIIL a pour but le rétablissement du califat islamique d'Irak jusqu'au Liban. "Ses combattants sont en majorité étrangers, extrêmement déterminés, et ont acquis leurs lettres de noblesse sur les terrains de djihad de l'Afghanistan à la Bosnie", explique Romain Caillet, chercheur et consultant sur les questions islamistes au cabinet NJC Consulting. 

Face à l'irrésistible ascension du Front al-Nosra, l'EIIL, qui considère l'organisation comme son extension en Syrie, tente de l'englober.Abou Bakr al-Bagdadi propose en avril 2013 au chef d'al-Nosra, le Syrien Abou Mohammad al-Joulani, de revêtir l'étendard de l'État islamique en Irak et au Levant pour devenir un seul et même groupe. Si al-Joulani accepte de passer sous la coupe d'al-Qaida, il refuse catégoriquement de rejoindre l'EIIL, étant opposé à un État transnational comme al-Bagdadi. C'est alors au chef d'al-Qaida, l'Égyptien Ayman el-Zawahiri, de trancher.

Charia imposée

La réponse tombe en octobre. En froid avec al-Bagdadi, Ayman el-Zawahiri conforte al-Nosra comme la branche d'al-Qaida en Syrie, et enjoint au chef de l'EIIL de rentrer en Irak, où son organisation continuer à mener son combat originel. Le chef de l'État islamique en Irak et au Levant refuse et sort du giron d'al-Qaida. "Idéologiquement, l'EIIL est proche d'al-Qaida, explique Romain Caillet, mais à la différence de la nébuleuse islamiste, l'EIIL se considère comme un véritable État. Son principal ennemi n'est pas l'Occident, mais les chiites, c'est à dire l'Iran." 

Sur le terrain, les méthodes de l'organisation djihadiste diffèrent radicalement des autres factions islamistes (hormis al-Nosra, NDLR). Tandis que celles-ci se cantonnent à la lutte armée, l'EIIL, qui compterait quelque 5 000 hommes, marque de son empreinte chaque territoire conquis. "À chaque victoire, ils nomment un gouverneur militaire, un juge islamique ainsi qu'un chef de police", souligne Mathieu Guidère (1), professeur d'islamologie à l'université de Toulouse-Le Mirail. "Ils appliquent la charia à la lettre, créent des écoles visant à apprendre le Coran, et n'hésitent pas à exécuter de sang-froid comme au Mali." En première ligne sur le front anti-Assad, leurs combattants n'hésitent pas à sacrifier leur vie dans des attentats-suicides contre les positions du régime. "Ils s'attèlent à toutes les tâches que les autres rebelles ne veulent pas assumer", pointe Mathieu Guidère. Revers de la médaille, ces jusqu'au-boutistes soumettent les autres groupes rebelles à leurs lois une fois les territoires "libérés". 

Méthodes sanglantes

Ainsi, depuis l'été dernier, un nombre croissant d'accrochages oppose l'EIIL à d'autres groupes rebelles plus modérés. À chaque fois, les méthodes sanglantes des djihadistes choquent. "Ils appliquent exactement les mêmes méthodes de torture que les moukhaberat (renseignements) du régime de Bachar el-Assad", souligne Ignace Leverrier (2), ancien diplomate en poste à Damas. Bizarrement, le régime syrien paraît moins enclin à combattre ces djihadistes que leurs collègues moins fondamentalistes. "Les agissements de l'EIIL ont quelque part rendu service à Damas, qui mise sur le ras-le-bol des populations pour mieux reprendre en sauveur les quartiers libérés", pointe Ignace Leverrier.

Les djihadistes ont commis la semaine dernière l'exécution de trop. Le meurtre sous la torture d'un médecin rebelle très populaire dans la région d'Alep a provoqué des manifestations populaires, servant de prétexte à trois coalitions de l'opposition pour lancer une vaste offensive contre l'EIIL. Le Front islamique (composé de groupes salafistes), l'Armée des moudjahidines (des islamistes modérés), et le Front des révolutionnaires de Syrie (nationalistes) - soit un total de 20 000 à 30 000 hommes - se sont engagés à combattre la "terreur" imposée par l'EIIL. 

Lutte contre le terrorisme

Mais au sein même de l'opposition, les motivations diffèrent. "En pointe du combat, le Front islamique, organisation la plus puissante de l'opposition, souhaite forcer les djihadistes à renoncer à leur domination territoriale, sans abandonner les armes dans leur combat contre Bachar el-Assad", note Romain Caillet. "À l'inverse, les nationalistes du Front des révolutionnaires de Syrie sont totalement opposés à leur présence sur le sol syrien", ajoute Ignace Leverrier. 

Quels que soient leurs objectifs, les rebelles, en quête de crédibilité, se repositionnent inexorablement dans l'optique de la conférence de paix Genève 2 sur la Syrie, prévue le 22 janvier prochain, à laquelle la Coalition nationale syrienne (principal organe de l'opposition) n'a pas encore décidé de sa participation. "Bachar el-Assad ayant bâti son fonds de commerce sur la guerre contre le terrorisme, l'offensive de la rébellion vise à montrer que c'est elle qui lutte contre ce fléau", explique Ignace Leverrier.

Le jeu du régime syrien

À la surprise générale, le terrifiant EIIL se révèle pourtant moins coriace que prévu. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG la plus fiable sur la Syrie, il ne reste "quasiment" plus de combattants de l'EIIL à Alep, alors que l'organisation est en difficulté dans son fief de Raqqa, où sont détenus les nombreux otages occidentaux, dont quatre journalistes français. En réponse à cette "seconde révolution", ainsi que l'a nommée l'opposition, le porte-parole de l'EIIL, cheikh Abou Mohammed al-Adnani, a menacé "d'anéantissement" les rebelles syriens. 

Dans cette lutte intestine au coeur de l'opposition, le Front al-Nosra joue un rôle pour le moins ambigu. Si la filiale officielle d'al-Qaida en Syrie est souvent restée neutre dans les combats, elle s'est parfois directement attaquée à ses frères djihadistes de l'EIIL, notamment à Raqqa. "Clairement, al-Nosra profite de la situation pour enrôler beaucoup de combattants de l'EIIL qui profitent de cette couverture pour ne pas être attaqués."

Reste que ces luttes fratricides servent avant tout le régime syrien, qui se voit ainsi débarrassé de son plus redoutable adversaire sur le terrain. "Ces combats forcent les brigades rebelles à combattre sur deux fronts", souligne le chercheur Romain Caillet. "Et il leur sera désormais très difficile de résister à une offensive de l'armée syrienne sur Alep."

 

(1) Mathieu Guidère, auteur de Les cocus de la révolution (éditions Autrement). 

(2) Ignace Leverrier, auteur du blog "Un oeil sur la Syrie" du Monde.fr.

 

http://www.lepoint.fr/monde/en-syrie-les-djihadistes-ne-sont-plus-les-bienvenus-10-01-2014-1778793_24.php

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 01:00
Chili : les "Palestino" 

enlèveront-ils le maillot ?
 
 
Au Chili, les "Palestino” sèment le trouble. Ce club de football de première division vient de publier une photo de ses nouveaux maillots, déclenchant un gros émoi dans la communauté juive. Et pour cause : les maillots comportent le chiffre "1” qui représente la carte imprimée d'un État palestinien incluant les territoires palestiniens et... Israël ! Demande du retrait de ces maillots-polémiques. Refus du Club. Scandale. La guerre est déclarée.  Heureusement, il ne s'agit pour l'instant que d'une guerre de mots. Éclairage de notre éditorialiste Slimane Zeghidour.
Les maillots de la discorde
07.01.2014Par Frantz VaillantLe Club Deportivo Palestino n'est pas un club quelconque. Évoluant en ligue 1, basé à Santiago du Chili, il a été fondé en 1920 et est passé professionnel en 1951. Vainqueur du Championnat du Chili en 1955 et 1978, le club a également remporté la Coupe du Chili en  1975 et 1977. 

Le Club Deportivo Palestino est né de l'initiative d'un groupe d'immigrants palestiniens établis dans le pays où vit l'une des plus grandes communauté palestinienne au monde (en dehors du monde arabe) forte de 350 000 individus. La polémique sur les maillots a commencé le 4 janvier dernier. 

Grosse émotion dans le stade quand les spectateurs ont prêté une attention plus grande aux nouveaux maillots de leur équipe favorite et quand l'image est parue dans la presse. En lieu et place du chiffre 1, la carte de la Palestine datant d'avant 1948, incluant donc Israël !  Aussitôt, la communauté juive a protesté sur la nature politique des uniformes auprès de la Fifa, l’instance dirigeante internationale du football. Et Gerardo Gorodischer, le président de la communauté juive du Chili s’est indigné : "Nous savons que la FIFA interdit de telles actions. On ne peut pas admettre une revendication politique et importer le conflit du Moyen-Orient en utilisant la plate-forme de football, en utilisant le sport pour mentir et provoquer la haine." Gerardo Gorodischer exige des excuses du Club et demande à l'association nationale de football du Chili d'interdire les maillots car ils ne reconnaissent pas l'Etat d'Israël. 
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"On ne peut pas admettre une revendication politique et importer le conflit du Moyen-Orient en utilisant le football"
La Fédération palestinienne du Chili a aussitôt répondu aux protestations juives : "Nous rejetons l'hypocrisie de ceux qui blâment cette carte, mais ils parlent d’un territoire occupé, d’un territoire contesté”. Puis le Département de l'information de la Fédération palestinienne du Chili y est allé aussi de son communiqué dénonçant d'un ton plus dur : "les sionistes Chiliens” qui envoient "de jeunes Chiliens en Israël pour recevoir une formation militaire." 

3 questions à Slimane Zeghidour, éditorialiste à TV5Monde.

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Slimane Zeghidour
TV5MONDE : Les descendants de ces Palestiniens étaient appelés initialement "Turcs" par les Chiliens, cela en raison des passeports émis par l’empire ottoman lors de leur migration au début du XXe siècle. 
Cette communauté palestinienne du Chili, aujourd'hui, est elle très influente ?


Slimane Zeghidour : On les appelle toujours les "Turcos", de façon familière et plutôt amicale. Cependant, des descendants d'immigrants arabes, on en retrouve dans toute l'Amérique latine, d'Acapulco au Mexique jusqu'à Ushuaïa en Argentine, quoique le plus gros d'entre eux se trouvent à Brésil avec environ 10 millions de citoyens, devant l'Argentine avec 3,5 millions, puis le Mexique, la Colombie et, enfin, le Chili où on en dénombre presque un demi millions, pour l'essentiel palestiniens, originaires du triangle Bethléem-Beith-Sahour-Beith-Jala. 

Chrétiens orthodoxes pour la plupart, avec une minorité de catholiques et de musulmans, ils jouent un rôle notable, sinon majeur, dans la vie politique, économique et culturelle du pays. Citons, pour mémoire, Sergio Bitar, ministre sous Salvador Allende puis secrétaire général du Parti pour la démocratie ; l'ex-maire de Santiago (2006-2012), Pablo Zalequett SaId, le cinéaste Miguel Littin, dont le parcours d'artiste et d'opposant au régime de Pinochet donna lieu à une biographie romancée racontée par le Prix Nobel colombien Gabriel Garcia Marquez lui-même, sous le titre "L'aventure de Miguel Littin, clandestin au Chili" (1986)... Enfin, précisons que le Salvador a eu un président palestinien d'origine Antonio Saca Elias de 2004 à 2009. 

Le Chili a également accueilli, début 2008, des dizaines de familles palestiniennes réfugiées en Irak. "Dans le monde arabe l'hospitalité est l'une des plus importantes valeurs. Et c'est précisément la valeur que nous réclamons aujourd'hui : nous voulons être votre second pays natal. Bienvenus, à partir de maintenant c'est votre maison", a indiqué  la présidente Michèle Bachelet aux réfugiés. 

Pourquoi cette histoire du maillot se réveille-t-elle maintenant ?
 


Cette histoire de maillot du club Palestino orné d'une carte de la Palestine historique (celle du Mandat britannique 1920-1948) a d'autant plus défrayé la chronique qu'elle touche un sport qui est une véritable religion nationale et où le club concerné jouit d'un prestige plus qu'enviable, ayant déjà souvent gagné le championnat du Chili. 
Les Leaders juifs y ont vu une façon de ne pas reconnaître l'Etat d'Israël, dès lors que cette carte ne fait pas mention de la frontière séparant l’État juif des Territoires palestiniens. Il ne leur a pas fallu plus pour demander soit la rectification soit carrément la suppression de la carte du T-Shirt de l'équipe. Ce à quoi leurs vis à vis et concitoyens arabes ont répondu en rappelant que le club Palestino existe depuis 1920, soit 28 ans avant la création de l’État d'Israël. D'autres, plus militants, ont surenchéri en dénonçant le silence de ces mêmes leaders face à l'occupation par Israël de la Palestine. 

Est-ce qu'elle peut conduire à une crispation plus prononcée (refus de jouer, grève etc.) ? 

Je ne le crois pas. Il y a une culture du vivre ensemble entre Arabes et Juifs (dont beaucoup viennent eux-mêmes d’Égypte ou de Syrie, parfois du Maroc) en Amérique latine. Une frange des communautés juives a du mal à admettre le soutien unanime des États latino-américains (à l'exception de la Colombie et de Panama) à l’État de Palestine et le fait entendre. Mais, au quotidien, et cela je l'ai constaté de visu, notamment dans la rue Alfandega de Rio de Janeiro, où depuis le début du XXème siècle Juifs et Arabes vivent en paix. 
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 00:50

 



Syriens réfugiés en Irak, la politique du flou

Vingt-six mille Syriens venus se réfugier au Kurdistan irakien ont décidé de faire marche arrière et de rentrer en Syrie. Le gouvernement kurde irakien, dépassé par l’afflux des réfugiés, se cherche une stratégie d’accueil.

par Marine Courtade et Sophia Marchesin, janvier 2014

Le sourire aux lèvres, Maha emballe ses affaires et celles de ses trois enfants. Elle empile vêtements d’été, couvertures et quelques produits de beauté dans cinq gros sacs en plastique. « Nous repartons avec les mêmes habits que nous avions pris en quittant la maison. Rien de plus », souffle-t-elle.

Sa tente de dix mètres carrés est maintenant vide. Plusieurs matelas légers et souples sont entassés dans un coin. « Ce sera pour les prochains réfugiés ». Sa voix rauque est calme, posée.

Elle se dit sereine car elle va enfin rentrer chez elle, là-bas, à Al Malkia, une ville pauvre au nord-est de la Syrie. Pour regagner sa maison, elle devra parcourir 260 km à partir de Kawergosk. C’est dans ce camp, l’un des huit du Kurdistan irakien, que Maha s’est réfugiée il y a quatre mois.« Nous sommes partis en vitesse, à cause des menaces d’attaques djihadistes. Mon mari est resté, il nous a dit qu’il nous rejoindrait plus tard, le temps de trouver quelqu’un pour garder la maison. Mais il n’a pas pu passer la frontière. Alors maintenant nous allons le retrouver, chez nous. »

Impossible finalement pour le mari de traverser la frontière et de rejoindre Maha et les siens. Et pour cause. La frontière serait close depuis fin septembre, une information que réfute Tariq Rasheed, le directeur général du ministère de l’intérieur kurde. « Entre 500 et 1 000 personnes rentrent chaque jour au Kurdistan, affirme t-il. Pour des raisons de sécurité, nous faisons plus de contrôles. Un homme seul en provenance de Syrie, par exemple, peut difficilement venir en Irak. Mais pour les familles il n’y a pas de problème. »

Pourtant, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), cela ne fait aucun doute. « Les réfugiés syriens ne traversent plus. Seule une poignée de personnes, peut-être très malades ou âgées, des personnes dites “vulnérables” passeraient la frontière tous les jours », assure Liene Veide, la responsable de la communication du HCR au Kurdistan. « Mais nous sommes loin de l’afflux massif de réfugiés de l’été dernier. »

Au mois d’août 2013, en l’espace d’une semaine, près de 40 000 Syriens sont arrivés en Irak, et depuis trois ans, le HCR dénombre près de 203 000 personnes, en majorité kurde. Une situation devenue ingérable pour le gouvernement.

Si dès 2011 et le début de la guerre en Syrie, les premiers Syriens fuyaient les zones bombardées de Damas et Alep, la plupart des nouveaux réfugiés viennent de territoires kurdes du nord et du nord-est de la Syrie. Des territoires situés le long des frontières turque et irakienne, qui ne sont pas directement touchés par la guerre entre la rébellion et le régime de Bachar Al Assad. Depuis l’été 2012, le gouvernement syrien s’est retiré, laissant le contrôle au Parti de l’Union démocratique (PYD), créé en 2003 — le frère jumeau armé du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie.

Les Kurdes en Syrie pris en étau

L’arrivée des combattants djihadistes dans le nord de la Syrie déstabilise aujourd’hui la région. Des groupes comme Al Nosra ou l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), tous deux affiliés à Al-Qaida, essaient de s’y s’implanter pour créer un « Etat islamique », et prendre possession des quelques gisements de pétrole. Et c’est cette vague de violences qui a poussé des milliers de Syriens à fuir, à l’image de Maha.

« Entre les rumeurs de massacres et les pressions réelles qu’exercent Al-Qaida dans la région, les Kurdes syriens sont partis en panique », précise Arthur Quesnay, doctorant à l’Institut français du Proche-Orient (Ifpo), basé à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. « D’autant que dans ces zones du nord du pays, ils so nt pris en étau entre Al-Qaida et le PYD, qui a une véritable mainmise sur la région. »

Beaucoup reprochent au PYD d’être soutenu par le régime de Bachar Al Assad, et, comme le Baas, de vouloir imposer un système de parti unique. Pourtant, le PYD se targue de faire face à la fois aux attaques djihadistes et aux forces du régime. « Le PYD entretient des relations ambiguës. Il s’est servi du gouvernement syrien pour appuyer son pouvoir dans les zones kurdes. Il est en parti financé par le régime syrien, et aujourd’hui, il y a une vraie passation de pouvoir, affirme le chercheur. Derrière le discours autonomiste affiché par le PYD, la situation des Kurdes a empiré. » D’ailleurs, le 12 novembre dernier, le PYD a annoncé la création d’une administration autonome, appelée le « Kurdistan occidental » à l’instar du Kurdistan irakien.

La crainte du débordement

Pour Arthur Quesnay, ces différents facteurs ont créé une crise humanitaire et économique en Syrie qui poussent les Kurdes à s‘exiler. Mais de l’autre côté de la frontière, en plus de l’afflux des réfugiés, s’ajoute la crainte d’un débordement du conflit syrien.

Le 29 septembre dernier, l’EIIL a revendiqué un attentat à Erbil, la capitale de la région kurde en Irak. L’attentat suicide visait le siège des services de sécurité, faisant six morts et soixante-cinq blessés. Un vrai choc pour les Kurdes, d’autant que les attentats dans cette région sont rares : le dernier remontait à 2007. Cette attaque a réveillé des peurs anciennes, et si les réfugiés ne sont pas associés au terrorisme, le gouvernement préfère maintenant filtrer leurs allées et venues entre la Syrie et la région.

Pour autant, cette limitation des entrées sur le territoire irakien n’étonne pas Maha, assise en tailleur dans sa tente. « Évidemment, je préférerais que mon mari soit parmi nous, pour vivre ici, en sécurité. Mais je n’ai plus assez d’argent pour rester là. » Elle réajuste son voile et prend l’une de ses filles sur ses genoux. « Je ne critique par le gouvernement kurde. C’est normal qu’il ferme la frontière. Nous sommes déjà trop nombreux dans les camps. » Dans le camp où Maha habite — le camp de Kawergosk —, il y a aujourd’hui 13 000 réfugiés. Sa capacité maximale est de 10 000.

Un camp « cinq étoiles »

Le gouvernement kurde a mis la main à la poche. Huit camps ont été montés et près de 25 millions de dollars ont été dépensés pour l’accueil des réfugiés. Prenons l’exemple du premier camp mis en place, celui de Domiz, proche de la frontière syrienne. Ouvert en avril 2012, certains le surnomment le « camp cinq étoiles ». Près de 45 000 personnes y vivent. La plupart sous tentes, certains dans des « maisons » en dur, des pièces de vingt mètres carrés, de briques et de tôles. Cinq écoles primaires, un collège, un hôpital dans des préfabriqués, des épiceries, des coiffeurs ou encore une mosquée ont petit à petit fait surface.

Les populations autour du camp sont solidaires avec les Kurdes syriens. Aujourd’hui encore, des gérants de supermarchés font des dons de nourriture à Domiz. « Les locaux sont présents et généreux, constate Erdogan Kalkan, le représentant du HCR dans le camp. Ici, ils accueillent les Syriens comme des frères. Chaque Kurde en Irak a déjà vécu un exil. Alors pour eux, c’est normal d’être là. »

Tous les réfugiés ne sont pas confinés dans les camps. Près de 60 % des Syriens en Irak vivent dans des villes, et jusqu’à présent, ils ont tous eu accès au travail facilement. Pour cela, ils doivent obtenir une carte de résidence. Un précieux document pour circuler librement dans la région. Mais aujourd’hui, cette liberté de mouvement semble remise en cause.

Suspendre l’accès au travail ?

A l’entrée du camp de Domiz, devant le grillage du bureau des enregistrements, des dizaines de familles s’entassent, des jours entiers parfois, pour obtenir un papier. « Aujourd’hui c’est très compliqué d’obtenir une carte de résidence, remarque Olivier Delbauve, le coordinateur de Médecins sans frontières. Nous avons cent cinquante Syriens dans le camp qui travaillent pour notre ONG. Et aujourd’hui, beaucoup d’entre eux se plaignent de ne pas pouvoir renouveler leur titre de résidence. Alors ils travaillent sans papiers. On sent une volonté de limiter les déplacements des réfugiés ».

Et cela se vérifie surtout dans les nouveaux camps, situés autour de la capitale kurde. C’est le cas pour des milliers de réfugiés : ils n’ont pas de carte de résidence et donc pas le droit de se déplacer en dehors du camp. A Kawergosk, Maha n’a jamais passé ces grilles en l’espace de quatre mois. « C’est paradoxal, ce que je ressens, je suis confuse. Le seul moment où nous sommes autorisés à sortir, c’est pour rentrer chez nous ! » Elle parcourt du regard sa tente blanche en tissu. « Ce n’est pas possible de vivre comme ça », lâche t-elle sans animosité.

Le camp, situé à une quinzaine de kilomètres d’Erbil, est fermé par des grillages, enclavé dans un creux et entouré de six postes militaires nichés sur les collines.

La délivrance des titres de séjour devrait commencer « dans une, deux semaines, voire un mois, on ne sait pas encore », précise Tariq Rasheed. A Kawergosk, les réfugiés entendent ce discours depuis l’ouverture du camp. Pour le bras droit du ministre de l’intérieur kurde, c’est à nouveau une question de sécurité. « Aujourd’hui, c’est plus compliqué pour les Syriens de sortir, nous voulons les garder dans les camps pour les protéger des attaques terroristes. Il faut assurer leur sécurité ».

Le HCR veut rester confiant. « Nous aussi, nous voudrions que ça aille plus vite, mais nous respectons les directives du gouvernement. Tous les réfugiés seront régularisés, ce n’est qu’une question de temps », assure Liene Veide.

Retour à la case départ

Las d’attendre, des dizaines de Syriens quittent chaque jour ces nouveaux camps quasi fermés, pour revenir en Syrie. Plus de vingt-six mille depuis le mois de janvier, selon le HCR. Une stratégie politique ? C’est ce que pense Adrian Melendez, le seul humanitaire de l’ONG italienne Un Ponte Per à vivre à l’intérieur du camp de Kawergosk. « L’idée, c’est de fatiguer les réfugiés, comme ça ils partent d’eux même. Car ici, il y en a beaucoup qui sont venus chercher du travail. Et si ça ne marche pas, c’est le départ. »

C’est le cas de Diar, 19 ans, venu seul il y a trois mois. Un baccalauréat en poche, ce jeune homme élancé est arrivé de Qamichli, une ville du nord-est de la Syrie épargnée par la guerre. Mais là-bas, depuis quasiment trois ans de conflit, les prix ont été multipliés par dix. A part jouer au football entre les tentes, Diar n’a rien à faire. « Là, je n’ai plus de patience. C’est comme une prison ici », confesse-t-il en colère, les yeux au sol. « Je vais devoir rentrer chez moi, avec zéro centime en poche, comme je suis parti. J’ai une famille très pauvre, et c’est une honte pour moi de revenir les mains vides. Mais je n’ai pas le choix. En plus, je n’ai même pas d’habits chauds pour affronter l’hiver. »

D’ailleurs, le gouvernement kurde se félicite d’aider les Syriens à faire marche arrière. « S’ils en ont besoin, explique Tariq Rasheed, nous mettons en en place des bus pour les raccompagner jusqu’aux points de passages avec la Syrie. C’est gratuit. » Quant à savoir si ce n’est pas trop dangereux pour eux de les laisser partir… « Je ne sais pas », souffle le fonctionnaire après un long silence.

« Le gouvernement a été pris par surprise avec cette immigration massive, note Maria Fantappie, chercheuse en sciences politiques à l’université américaine de Souleymanieh. Maintenant, il cherche de plus en plus à limiter l’installation des Syriens ici ». Dans un discours datant du 19 août dernier, Massoud Barzani, le président du gouvernement régional du Kurdistan, appelle à « sauver le Kurdistan syrien », et demande aux Kurdes syriens « de rester et de défendre leur terre ».

Encore un moyen de décourager les réfugiés à venir ou à rester dans la région ? Pour Arthur Quesnay, c’est avant tout une question politique. Le parti de Massoud Barzani, le Parti démocrate du Kurdistan (PDK), est un fervent opposant au PKK et à sa succursale syrienne, le PYD. « Il y a une compétition politique entre les deux partis pour savoir qui aura le plus d’influence sur les Kurdes en Syrie, avec en toile de fond un discours de propagande, l’idée de créer un jour un “Grand Kurdistan”. Alors si la crise humanitaire empire chez les Kurdes dans le nord de la Syrie, le PYD va se retrouver discrédité aux yeux de la population syrienne. Et ça arrange le PDK. »

Maha salue une dernière fois ses voisins de tente. Auprès d’eux, elle a récolté l’équivalent de 170 euros pour le voyage. Elle ne craint pas le retour, au contraire. « Je préfère prendre le risque de rentrer, quitte à mourir avec mon mari, plutôt que de vivre séparée de lui. Le principal c’est que nous soyons tous réunis. »

Marine Courtade et Sophia Marchesin

Journalistes.

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