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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 01:20

Netanyahou promet une loi définissant Israël comme un Etat juif



Le Monde.fr avec AFP | 01.05.2014 à 16h57 • Mis à jour le 01.05.2014 à 18h34

 

 


 

« L'une de mes principales missions (...) est de défendre le statut de l'Etat d'Israëlcomme l'Etat national de notre peuple », a déclaré, jeudi 1er mai, le le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lors d'un discours à Tel-Aviv. « A cette fin, j'ai l'intention de soumettre une loi à la Knesset [Parlement], qui constituera un ancrage constitutionnel pour le statut d'Israël comme Etat national pour le peuple juif. »

Cette déclaration a été faite après que l'échéance des négociations entre Israéliens et Palestiniens a expiré, mardi, sans résultat, soldant l'échec des intenses efforts du secrétaire d'Etat américain, John Kerry.

 L'ÉLÉMENT CARDINAL D'UN ACCORD DE PAIX

Le premier ministre israélien a fait de la reconnaissance d'Israël en tant qu'Etat juif un élément cardinal d'un accord de paix, assurant que la « racine du conflit » entre les deux peuples était le rejet arabe d'un tel Etat, et non l'occupation des Territoires palestiniens depuis 1967.

Les Palestiniens rejettent cette exigence, soulignant qu'ils ont reconnu Israël en 1993 et que l'accepter reviendrait à renoncer sans contrepartie au « droit au retour » des réfugiés, ainsi qu'à leur propre histoire.

Le président de la coalition de M. Nétanyahou, Yariv Levin, a félicité le premier ministre pour sa « décision historique, qui ramènera Israël sur une voie sioniste après des années de brèches juridiques infligées aux principes fondamentaux sur lesquels l'Etat a été fondé »« Le premier ministre m'a donné l'ordre de faireavancer une législation sans délai », a déclaré M. Levin, un membre du Likoud (droite) de M. Nétanyahou.


DES TENTATIVES DÉJÀ AVORTÉES

En 2011, Avi Dichter, un membre du parti Kadima (centre), avait tenté de fairepasser une loi similaire, mais le projet avait été torpillé par la chef d'alors de ce parti, Tzipi Livni, aujourd'hui ministre de la justice et chargée des négociations avec les Palestiniens. En 2013, M. Levin avait de nouveau soumis une version amendée d'une loi similaire, qui n'avait pas abouti.

L'annonce de M. Nétanyahou a été très mal accueillie au sein même de son gouvernement de coalition, Mme Livni promettant qu'elle ne laisserait pas passerune telle loi. « Mme Livni s'est opposée par le passé à des initiatives en faveur des “juifs” qui se font aux dépens des valeurs démocratiques, et elle le fera à l'avenirmême si celui qui propose [la loi] est le premier ministre », a indiqué sa porte-parole, Mia Bengel, sur Twitter.

Menachem Hofnung, un professeur de sciences politiques à l'université hébraïque, a estimé qu'une telle proposition n'aurait probablement pas la majorité dans le gouvernement. « Il existe déjà des lois stipulant qu'Israël est juif et démocratique, a-t-il rappelé. Donc, je ne suis pas sûr de l'intérêt d'une autre loi, si ce n'est demettre un nouvel obstacle au processus de paix. »

La semaine dernière, le président américain Barack Obama a jugé nécessaire defaire une « pause » dans les discussions de paix, prenant acte de l'impuissance de l'administration américaine à combler le fossé entre les deux camps sur les questions cruciales : la sécurité, les frontières, la colonisation et Jérusalem.


http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/05/01/netanyahou-veut-ancrer-l-etat-juif-dans-la-loi-israelienne_4410342_3218.html

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 01:30

L’Humanité des débats : Israël-​​Palestine : le « pro­cessus de paix » au pied du mur ?

L’Humanitémardi 29 avril 2014

Les faits : Engagé en juillet dernier, le cycle de négo­cia­tions entre Israël et le nouvel État de Palestine – reconnu le 29 novembre 2012 en tant qu’État non membre par l’Assemblée générale de l’ONU – est en passe de s’achever. Une pre­mière, sous cette forme, pour les parties prenantes. 
Le contexte : Après neuf mois de pour­parlers et plus de vingt ans après les accords d’Oslo, quelles percées espérer pour le « pro­cessus de paix » israélo-​​palestinien ? Quel bilan tirer de son dernier round ?

PDF - 351.9 ko
Débat Palestine 1
PDF - 230.4 ko
Débat Palestine 2

http://www.france-palestine.org/L-Humanite-des-debats-Israel
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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 01:25

‘Israel has no right to divide Palestinians’

Published time: April 30, 2014 12:07

It’s not the Hamas-Fatah reconciliation that is derailing the peace process, but reluctance on the Israeli side to accept the Palestinian people, former Palestinian negotiator and Fatah party member, Nabil Shaath, said on RT’s show ‘In the now’.

RT: What do you make of Kerry's taking back his comments on the apartheid character of Israel and what does it say about the US commitment to the peace process and two-state solution?

Nabil Shaath: I think the US is committed to a two-state solution and it remains committed to some peace process, but they realize that it is very difficult to get anything done with the present Israeli government. The last 9 month were frustrating - the Israeli government today does not believe in any of the international commitments that it made before in the Oslo agreement, in the road map, in Napoli and many other places, starting in Madrid in 1991. Therefore it is very difficult really to reach the two-states solution when Israelis are eating up the occupied territory in the West Bank and they are really treating us [Palestinians] like the [black] South Africans were treated during the apartheid system. It is very difficult really to have a peace process.

RT:What about US diplomacy that can’t be honest with its partner in trying to find a solution?

NS: The US Secretary of State has his commitments and has his diplomatic language. Once in a while I think it becomes very frustrating, so he expresses the truth and then finds it very difficult to swallow. This is not the first time that it’s happened… if you recall in 1991 at the Madrid conference, President Bush, and Foreign Secretary James Baker took a harsh position against Mr. Shamir and in fact withdrew $10 billion of loan guarantees that the US committed to give to Israel in order to get Israel to move on the peace process and to go to the Madrid conference. I think it’s the responsibility of the US to do so… not only to put pressure on the Palestinians.

RT: A deal was struck recently among rival factions, Hamas and Fatah. Israel considers Hamas a terrorist group. How can the peace process go forward with Hamas unwilling to recognize Israel?

NS: It’s very ironic that Mr Netanyahu said this, while he has in his cabinet people like Naftali Bennett and others who totally negate the peace process, totally negate any commitment to the process and who very clearly declare their extreme positions on never accepting a Palestinian state. If you really look at the way the Israeli army has been dealing with our people and the settlers have been dealing with our people, during these negotiations 60 Palestinians were killed by the Israeli army or settlers. If Mr Netanyahu wants peace he has to accept the Palestinian people together, in one package, in one state. He has no the right to divide Palestinians.

RT: But if you struck a deal between Hamas and Fatah, then any sort of peace process will be delayed because of Israel’s reaction. Couldn’t those factions have postponed joining together?

NS: No, we have to unite our people because the Israelis have been telling us we cannot negotiate with you if you do not represent Gaza, if you represent only the West Bank we cannot have peace with all the Palestinians. And now they say the contrary: “If you have Gaza and the West Bank together, we don’t want peace with you.” The unity we are seeking with Hamas is a democratic unity that will be based on elections and the Palestinian people will decide, and there are commitments that we have made that we will keep and there is the constitution of the PNA [Palestinian National Authority] that has made peace with Israelis that will be kept. But it’s the Palestinian people who will decide that in the elections.

The statements, views and opinions expressed in this column are solely those of the author and do not necessarily represent those of RT.

 

http://rt.com/op-edge/155876-israel-palestine-peace-process/

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 01:20

Israël déconcerté par la guerre en Syrie

Voilà plus de trois ans que la Syrie est plongée dans un bain de sang. Un tiers de sa population a pris le chemin de l’exil ; la moitié de ses infrastructures ont été anéanties. Ce chaos renforce les craintes sécuritaires d’Israël, partagé entre son hostilité envers le régime de Damas et sa crainte de voir des groupes djihadistes prendre le pouvoir à ses frontières.

par Nir Boms et Asaf Hazani, mai 2014
APERÇU

Ce ne sont pas les termes qui manquent, dans le répertoire israélien, pour désigner les événements qui agitent le monde arabe depuis quelques années. Ils reflètent la manière dont les divers acteurs perçoivent ces changements. Ainsi, le « printemps arabe » des premiers jours est devenu au fil des mois un dangereux « hiver islamiste radical », puis, devant l’incapacité persistante des dirigeants du pays à définir la nature même des transformations en cours, un « bouleversement proche-oriental ». Pour finir, la propension à osciller entre optimisme et pessimisme s’est muée en profonde perplexité.

Impressionné par l’effet domino qu’a provoqué l’immolation de Mohamed Bouazizi en Tunisie, Israël a d’abord vu dans les protestations « là-bas », loin de ses frontières, une expérience sociologique fascinante. Il est en effet convaincu de constituer une entité distincte, un cas à part au Proche-Orient. L’ancien premier ministre (1999-2001) et ministre de la défense (2007-2013) Ehoud Barak considérait son pays comme une « villa au milieu de la jungle ».Et, pour l’establishment, le « mouvement des tentes » de 2011. aventure d’un été plutôt inspirée des mouvements européens et américains (les « indignés », Occuper Wall Street), traduisait davantage un mécontentement social qu’une contagion des turbulences régionales.

Au départ, Israël, prudent, a préféré rester en retrait. Si le « printemps arabe » faisait régulièrement les gros titres des médias, les changements en Arabie saoudite, au Yémen et à Bahreïn étaient totalement passés sous silence, car ils ne concernaient pas directement la sécurité de l’Etat hébreu.

Mieux vaut un ennemi que l’on connaît déjà

Néanmoins, les effets des bouleversements régionaux ont commencé à se faire sentir, contraignant les dirigeants à admettre que les révoltes arabes pouvaient affecter les intérêts nationaux. Ils se sont inquiétés de voir les armes détenues avant 2011 par Mouammar Kadhafi en Libye passer aux mains d’éléments terroristes opérant sans contrôle près de leurs frontières. Des attentats ont été (...)

Taille de l’article complet : 2 138 mots.

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Nir Boms

Chercheur associé au Moshe Dayan Center, université de Tel-Aviv.

Asaf Hazani

Membre du Forum for Regional Thought.
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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 01:15

US has nothing to show as deadline for Israel-Palestine peace talks passes

John Kerry is only one expressing regret as talks halted, with US predicted to withdraw from mediation efforts

The nine-month deadline for US-sponsored peace talks between Israeland the Palestinian Authority has passed with nothing to show for the period of intense American diplomacy, as the US secretary of state, John Kerryapologised for declaring that Israel risked becoming an "apartheid state".

The two sides were possibly further apart on Tuesday than when talks were launched last July – negotiations which Kerry had hoped initially would lead to a settlement of Israel-Palestine conflict by the middle of this year.

Kerry had faced fierce criticism from some congressmen and pro-Israel groups for his comments, made at a closed door meeting of the Trilateral Commission in Washington on Friday, and revealed by the Daily Beast website on Sunday.

In a statement issued by the state department, Kerry said: "If I could rewind the tape, I would have chosen a different word to describe my firm belief that the only way in the long term to have a Jewish state and two nations and two peoples living side by side in peace and security is through a two-state solution."

Officials predicted that the end of the talks would prompt the US to withdraw from efforts to mediate, as both sides attempted to "minimise damage".

"Kerry has other pressing issues he needs to deal with, including the Ukraine," said one Israeli official. "I would not expect to see any diplomatic movement for months."

The deadline for peace talks passed as some ministers in Netanyahu's rightwing government called for Israel to set its own borders and annex areas of the West Bank under full Israeli control. The economy minister, Naftali Bennett, said: "We will be gradually attempting to apply Israeli law on Israeli-controlled areas."

The chief Palestinian negotiator, Saeb Erekat, accused Israel of "never giving the negotiations a chance to succeed" and "used every possible tool in order to consolidate its apartheid regime".

In a statement issued by the PLO, Erekat said: "Everything Israel did during the past nine months [was] aimed at sabotaging Palestinian and international efforts to achieve the two-state solution. To build settlements in occupied land, kill Palestinians and demolish hundreds of Palestinian homes is certainly not the behaviour of a government that wants to end occupation but of a government that wants to turn occupation into annexation."

It was Kerry's statement, however, which was a metaphor for a US diplomatic effort that has been imploding in slow-motion for weeks. In the midst of a renewed trading of blame, only Kerry appeared to have anything he regretted.

Some critics had accused Kerry and the US of becoming a party to negotiations, rather than guiding them. But in his statement Kerry hit back at what he described against "partisan political" attacks against him, while stating in retrospect that he would have chosen a different word.

Kerry said his remarks were only an expression of his firm belief that a two-state resolution is the only viable way to end the long-running conflict and insisted on his history of support for Israel over the past 30 years.

"I will not allow my commitment to Israel to be questioned by anyone, particularly for partisan, political purposes, so I want to be crystal clear about what I believe and what I don't believe," Kerry said after members of Congress and pro-Israel groups criticised him, with some demanding his resignation or at least an apology."First, Israel is a vibrant democracy and I do not believe, nor have I ever stated, publicly or privately, that Israel is an apartheid state or that it intends to become one," he said.

"Second, I have been around long enough to also know the power of words to create a misimpression, even when unintentional, and if I could rewind the tape, I would have chosen a different word to describe my firm belief that the only way in the long term to have a Jewish state and two nations and two peoples living side by side in peace and security is through a two-state solution," Kerry said.

While few analysts believe that a third Intifada is likely for now, tensions seem set to increase in other ways .

On the Palestinian side, at least, the next moves are mapped out including seeking recognition at a further group of international bodies, and pushing efforts for a national unity government supported by Hamas within a month or so followed by elections.

The composition of that government, and the degree of Hamas's involvement, will define any potential conflict with western governments and their financial support for the Palestinian Authority, not least because Hamas does not recognise the right of Israel to exist.

For its part Israel has already threatened the PA with punitive sanctions that are likely to be widened. One target that has been mooted is the tax and customs revenues that Israel collects on the authority's behalf. Because the PA owes Israel money for electricity supply, that amount may be deducted.

 

http://www.theguardian.com/world/2014/apr/29/israel-palestine-peace-talks-deadline-passes


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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 01:44

Pourquoi le mot « apartheid » ne passe pas en Israël

Le Monde.fr | 29.04.2014 à 15h20 • Mis à jour le 29.04.2014 à 15h23 |Par Gilles Parisfacebook twitter google + linkedin pinterest

 


 

Le conflit israélo-palestinien a aussi ses batailles sémantiques. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry vient de l'apprendre à ses dépens pour avoir évoqué au cours d'une réunion à huis clos à Washington, le 25 avril, le risque qu'Israël se transforme un jour en « Etat d'apartheid » faute d'un accord de paix avec les Palestiniens.

Révélé par le site The Daily Beast, ce commentaire lâché dans l'atmosphère feutrée de la Commission trilatérale (un groupe de discussion non gouvernemental fondé par David Rockefeller) a suscité une vague de critiques en Israël et parmi les responsables politiques américains attachés à la défense de l'Etat juif. Ces critiques ont été d'autant plus virulentes que les relations entre le département d'Etat et les autorités juives se sont dégradées au rythme des efforts de M. Kerry, restés vains, de forger un accord entre les deux parties.

« UN ETAT JUIF SANS TOUTE LA TERRE »

Sur le fond, le secrétaire d'Etat américain n'a fait que rappeler un constat énoncé dès 1949 par le premier ministre israélien David Ben Gourion devant la Knesset, pour justifier alors l'acceptation de l'armistice : « Lorsqu'il a fallu choisir entre toute la terre sans Etat juif et un Etat juif sans toute la terre, c'est cette seconde option que nous avons choisie ». David Ben Gourion précisait alors que la conquête de la totalité de l'ancienne Palestine mandataire aurait impliqué en effet que la population juive devienne minoritaire en cas d'élections.

C'est cette formule qui avait d'ailleurs été rappelée en décembre 2003 par Ehoud Olmert à l'occasion d'un hommage au fondateur de l'Etat juif moderne. Celui qui était alors le bras droit du premier ministre Ariel Sharon (2001-2006) avait prononcé cette phrase quelques semaines avant l'annonce du retrait unilatéral israélien de Gaza.

Si le dilemme entre démocratie et maintien de l'occupation des territoires conquis en 1967 (la Cisjordanie et Gaza) est évident pour une bonne partie de la population israélienne, le terme d'apartheid constitue cependant une ligne rouge officielle parce qu'il s'agit d'une dénomination reprise à son compte par le camp adverse.

L'ancien premier ministre Ehoud Barak, alors ministre de la défense, a été l'un des très rares responsables israéliens à l'utiliser publiquement, en février 2010, à Herzliya, au cours d'une conférence sur la sécurité.


POLITIQUE INTERNATIONALE DE BOYCOTTAGE

Quelques années plus tôt, la publication par le Guardian d'une série d'articles sur ce thème rédigés par un ancien correspondant du quotidien britannique en Afrique du Sud avait ouvert un vif débat, tout comme la parution en 2007 du livre de l'ancien président américain Jimmy CarterPalestine : la paix, pas l'apartheid.

En 2011, un ancien juge sud-africain, Richard Goldstone, éreinté deux ans plus tôt en Israël pour son rapport (rédigé pour les Nations unies) sur l'offensive israélienne contre Gaza, publiait dans le New York Times une analyse écartant toute comparaison entre la politique officiellement raciste conduite par la minorité blanche sud-africaine (alors alliée à Israël) et celle de l'Etat juif dans les territoires sous son contrôle depuis 1967, où cohabitent dans une totale inégalité Palestiniens et Israéliens.

Cette référence sud-africaine est jugée d'autant plus dangereuse par les autorités israéliennes qu'elle renvoie à la politique internationale de boycottage qui contribua à son abandon. Cette politique reste activement soutenue par le camp pro-palestinien, notamment au travers de la campagne « BDS » (boycott, désinvestissement, sanctions).

 

 


http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/04/29/pourquoi-le-mot-apartheid-ne-passe-pas-en-israel_4409141_3218.html
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 01:40

Conflit Israël / Palestine : les négociations au point mort. La France doit intervenir


Publié le 29-04-2014 à 12h10 - Modifié à 14h24

4 réactions | 826 lu

LE PLUS. Alors que les négociations entre Israël et Palestine arrivent à échéance, la situation entre les deux pays est toujours au point mort. La France a-t-elle un rôle à jouer dans ce processus de paix ? Réponse de Michel Ménard, Florence Delaunay et Yves Daniel, députés PS et membres du Groupe d’études à vocation internationale France-Palestine (GEVI).

Édité par Anaïs Chabalier 

 

 

La relance du processus de paix par le Secrétaire d’État américain John Kerry est arrivée à échéance. Malgré l’espoir suscité, il n’y a eu aucune avancée significative dans les négociations entre Israéliens et Palestiniens ces neuf derniers mois.

 

Un accord de paix juste et durable, basé sur la solution des deux États dans le respect des frontières de 1967, semble aujourd’hui plus lointain que jamais.

 

La France doit lutter contre la colonisation

 

L’expansion de la colonisation israélienne en Territoire palestinien occupé, illégale au regard du droit international, est une pierre d’achoppement significative du processus de paix.

 

Rien qu’en avril, le gouvernement israélien a annoncé la relance d’un appel d’offre pour la construction de 708 logements à Jérusalem-Est ainsi que l’établissement d’une nouvelle colonie à Hébron en Cisjordanie. Rappelons aussi qu’en 2013 la construction de colonies en Cisjordanie a plus que doublé par rapport à 2012 !  

 

La France pourrait adopter des mesures effectives pour lutter contre la colonisation, afin de rendre celle-ci politiquement et économiquement beaucoup plus coûteuse, et ainsi donner une réelle chance au processus de paix d’aboutir.

 

L'Union européenne est restée spectatrice

 

Sans arrêt définitif de la colonisation, il est clair que le processus de paix et la solution des deux États ne peuvent aboutir. Il est donc temps que la communauté internationale tire les conclusions de l’impasse dans laquelle se trouvent ces négociations.

 

Sous prétexte de soutenir l’initiative diplomatique américaine, l’Union européenne, et la France en particulier, est restée jusqu’à présent largement spectatrice des efforts de relance du processus de paix, alors que les mesures concrètes pour accompagner ce processus ne manquent pas.

 

Pourtant, une enquête récente a montré que 53% des Israéliens pensent que seule une combinaison de mesures incitatives et dissuasives des gouvernements européens peut convaincre leur gouvernement et la Knesset d’accepter un accord de paix basé sur la solution des deux Etats.

 

Au niveau national, nous, parlementaires français, nous sommes fortement mobilisés et avons maintes fois interpellé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius à propos de la politique de la France à l’égard des colonies israéliennes.

 

Nous réclamons des mesures concrètes

 

La France est en retard par rapport à ses voisins européens, y compris certains réputés "proches d’Israël", qui prennent des mesures concrètes pour accompagner le processus de paix.

 

Par exemple, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont publié des directives d’étiquetage pour les produits issus des colonies ainsi que des avis publics décourageant les activités commerciales et les investissements dans les colonies. Et l’Allemagne impose une clause territoriale dans sa politique de coopération scientifique avec Israël qui exclue les colonies.

 

L’étiquetage des produits des colonies à l’attention des consommateurs, l’inclusion d’une clause territoriale dans tous les accords de coopération bilatérale avec Israël et la publication d’un avis public à l’attention des entreprises, qui découragent les activités commerciales et les investissements dans les colonies, sont autant de mesures concrètes et effectives que le gouvernement français peut prendre pour être cohérent avec ses nombreuses déclarations sur l’illégalité des colonies.

 

Aucun accord de paix juste et viable entre Israéliens et Palestiniens ne verra le jour sans une mobilisation accrue et des mesures concrètes qui sont aujourd’hui du ressort de la France afin de rendre la colonisation coûteuse tant politiquement qu’économiquement.

 

 

Sur le web: "Nous ne reconnaîtrons jamais Israël comme État juif" affirme Abbas

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1195100-conflit-israel-palestine-les-negociations-au-point-mort-la-france-doit-intervenir.html
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 01:20

Les Palestiniens ont-ils besoin de Mohammed Dahlan ?

AU LENDEMAIN DE L’ACCORD ENTRE LE FATAH ET LE HAMAS

   > 28 AVRIL

À la veille de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, le retour de Mohammed Dahlan dans les territoires palestiniens était évoqué de plus en plus souvent. L’homme avait même fait savoir qu’il était prêt à briguer la présidence de l’Autorité palestinienne. Mais l’unité retrouvée risque de brider son ambition d’occuper une place centrale au sein de la direction politique, voire à remplacer Mahmoud Abbas.

Mohammed Dahlan.
Crédit Michal Fattal.

Il fut un temps où l’Apollon de Gaza1 n’était pas cette extraordinaire statue en bronze, chef-d’œuvre du génie grec trouvée à Gaza en août 2013, mais Mohammed Dahlan. Longtemps enfant chéri de Yasser Arafat, l’homme a régné sur la bande de Gaza pendant une douzaine d’années à partir de 1994. Mais son parcours a connu un coup d’arrêt lorsque le Fatah2qu’il dirigeait, et le Hamas3, qu’il combattait, se sont engagés dans une lutte fratricide en juin 2007. Ses hommes ont été défaits. Depuis cette époque, le parcours de Dahlan a connu les vicissitudes de la fortune.

Dahlan naît dans un camp de réfugiés de Gaza en 1961, treize ans après le vote de la résolution 194 qui établit le droit au retour dans leurs foyers de toutes les personnes déplacées par la guerre de 1948 qui le souhaitent. Sa vie est tout entière marquée par le conflit israélo-palestinien. Il se fait vite remarquer. À vingt ans il organise les jeunes du Fatah (Shabiba) qui participeront à la première intifada (1987-1994). Il connaît à plusieurs reprises les geôles israéliennes. Comme beaucoup de prisonniers palestiniens, il joint l’utile à la contrainte en y apprenant l’hébreu. En 1988, Israël le déporte vers la Jordanie pour son rôle pendant l’Intifada. À trente-trois ans, après un détour par la Jordanie et la Tunisie, il revient en Palestine dans les bagages d’Arafat (1994). C’est le début du processus d’Oslo. Le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) lui donne les clés de Gaza en le chargeant de l’organisation du Fatah et de la Sécurité préventive – une police qui combattrait autant l’ennemi de l’intérieur que celui de l’extérieur. Dahlan s’y taille une sorte d’empire rémunérateur, notamment en prélevant une taxe sur les importations4. Il combat durement le Hamas qui repousse les accords d’Oslo signés par Arafat (1993). Ses responsabilités sécuritaires5 l’amènent à fréquenter la CIA, les services de sécurité israéliens, russes, arabes et européens. Parce qu’il accompagne ses activités d’un discours habile, il s’impose peu à peu comme un leader politique. Il n’a aucun scrupule à critiquer Arafat, auquel pourtant il doit tout. La notion de tabou lui est étrangère. Il donne le sentiment d’être un homme libre, raisonnable, pragmatique, opportuniste et prêt à prendre ses responsabilités. Il conquiert, séduit, est adoubé.« C’est notre homme », aurait dit de lui Georges Bush Jr., ce qui n’était pas un compliment mais un atout.

En 2004, alors qu’Arafat est encerclé par l’armée israélienne dans son quartier général à Ramallah, Dahlan demande des réformes et appelle à l’émergence d’une nouvelle direction palestinienne. Facile, alors que le vieux dirigeant est encerclé par l’armée israélienne ? Peut-être. Mais nul autre que lui ne se serait risqué à profiter de l’enfermement du chef historique de l’OLP pour appeler au changement. Son audace inquiète mais accroît sa popularité dans certains cercles diplomatiques. Le fait-il parce que le Quartet6 le lui a demandé ? Force est de constater que sa proposition de changement à la tête de la direction palestinienne coïncide très exactement avec les demandes internationales, y compris israéliennes et même arabes. Il appelle à des élections, promet d’en respecter le résultat et ajoute que ce serait bon pour la sécurité d’Israël. À Washington ou Bruxelles, qui contesterait pareil programme ? Dans ces capitales, « démocratie », « État de droit », ou « élection libre » sont des sésames qui vous ouvrent bien des portes et des coffres. Cela tombe bien, l’homme les a inscrits dans son vocabulaire diplomatique. Il en use à bon escient, par calcul souvent, par conviction, parfois. Il est reçu partout. Les portes de la Maison-Blanche lui sont ouvertes. Il obtient d’importants moyens financiers et de sécurité.

LES BEAUX JOURS

Dans le contexte du conflit, il présente cette rare particularité d’être crédible aux yeux de quasiment toutes les parties. Il sait expliquer que leur intérêt est aussi le sien. Il s’attire les sympathies des dirigeants occidentaux prêts à fermer les yeux sur quelques-unes de ses autres caractéristiques, comme la violence de ses hommes et sa complaisance à l’égard de la corruption, pourvu qu’il accepte l’entreprise de démocratisation du monde arabe conçue par Washington (entendre : combattre les islamistes du Hamas et, donc, préserver la sécurité d’Israël).

Dans les territoires, il fait bien grincer des dents lorsqu’il demande que le Fatah et l’Autorité palestinienne se démocratisent. Mais ses contradicteurs font profil bas. Ils sentent qu’il est difficile de contredire son appel à la souveraineté d’un peuple qui n’a pas été consulté depuis une quinzaine d’années et qui aspire à la normalité. L’intelligence politique qu’on lui prête est adossée à un courage réel, à un pouvoir financier qui s’étend et à une ambition féroce que nul ne semble être en mesure de lui contester. Il est craint et respecté, deux qualités nécessaires pour gouverner. Est-il juste ? La notion de justice est floue à Gaza où cohabitent des coutumes et des éléments du droit britannique, israélien, égyptien et palestinien. Qui plus est, les Gazaouis vivent sous l’occupation militaire d’Israël. Le droit qui s’applique est d’abord celui du plus fort, et de ceux qui côtoient le plus fort. Dahlan promet de faire sa part de travail dans l’établissement et le respect de l’État de droit, tout en parant au plus pressé. On ne lui en demande pas beaucoup plus. Nombreux sont ceux qui sont convaincus par son allant. Les sceptiques palestiniens acceptent quand même de croire qu’il a la poigne nécessaire pour réorganiser l’Autorité palestinienne. Beaucoup considèrent qu’il est manipulé par Israël et les pays occidentaux, mais sentent qu’il est capable en retour de les manœuvrer pour la bonne cause, celle de la reconnaissance des droits des Palestiniens. Au début des années 2000, il représente l’avenir : une sorte de Hosni Moubarak palestinien, autoritaire, disposant d’un service de sécurité à sa main, cantonnant la religion à la mosquée, combattant les islamistes, fréquentant la plupart des dirigeants internationaux et astucieux dans ses relations avec les Israéliens avec lesquels il entend développer des relations normalisées. À Washington et en Israël, on considère que c’est l’homme (presque) parfait pour signer un accord de paix.

2006-2007 : LA CHUTE

En janvier 2006 ont lieu les élections législatives. Le Hamas emporte 76 des 132 sièges. Dahlan est élu au parlement, le Conseil législatif, alors que ses adversaires islamistes sont chargés de former le gouvernement7. Leur cohabitation n’est pas imaginable. En juin 2007, au terme d’une lutte sanglante de quelques jours, le Hamas réduit à rien le Fatah de Gaza. Une centaine de personnes sont tuées pendant les affrontements. Dahlan est absent au moment des combats. Sept ans après cette déroute, il se relève difficilement de l’opprobre qui pèse sur lui. Pour les uns, il a opportunément quitté Gaza sachant que ses hommes ne pouvaient l’emporter dans une guerre intestine qu’il avait préparée avec les Américains8 ; c’est un lâche. Pour les autres, c’est son destin qui l’a abandonné, c’est un perdant. Sa tactique a ruiné sa stratégie.

Une poignée lui reste fidèle qu’il va s’attacher à préserver. Il fréquente beaucoup de monde et voyage, en Égypte, en Europe et dans les pays arabes du Golfe où il réside le plus souvent, notamment à Dubaï dans les Émirats arabes unis. Il découvre qu’il est moins maudit qu’on ne le dit à Ramallah ou à Gaza. L’homme est jeune et a conservé sa pugnacité. Il peut encore servir. Il en profite pour reconstituer son capital de sympathie et ses finances mises à mal par le président Abbas qui a confisqué ses biens pour l’éloigner du pouvoir, l’a expulsé de Cisjordanie et exclu du Fatah (2011). Tout récemment9, le président l’a accusé de tous les maux : corruption, espionnage au profit d’Israël,empoisonnement d’Arafat, responsabilité dans l’assassinat de Salah Shehadeh (membre des Brigades Izz ad-Din al-Qassem), d’Asaad Saftaoui, etc. Difficile de faire mieux comme tentative de mise à mort symbolique10.

Les violentes accusations du président Abbas ont une explication. Il sait que Dahlan rôde de plus en plus près autour de la cage palestinienne. Il n’ignore pas que ses réseaux de fidèles, d’ambitieux, ses connaissances, ceux qui lui sont redevables de quelque chose sont toujours disponibles.

Dahlan prépare le terrain11. Dans les camps de réfugiés de Naplouse et d’Hébron, il rassemble les déçus de l’Autorité palestinienne, ceux qui sont convaincus qu’Abbas les a abandonnés parce qu’il aurait soldé la question des réfugiés. Il adopte la politique des islamistes du Hamas : aider les plus démunis des Palestiniens pour se constituer un capital de popularité. Il leur apporte les moyens financiers que le Golfe met à sa disposition. L’an dernier, il a fait distribuer aux réfugiés palestiniens du Liban plusieurs millions de dollars. Il ne crée pas des poches de résistance mais des groupes de personnes qui le soutiendront le moment venu. Sa femme, Jalila Dahlan, concourt à la reconstruction de son image. Celle qui se présente comme la « mère des pauvres » milite au Centre palestinien pour la persévérance humaine (Fata), une association caritative qui s’attache à soulager la condition des plus démunis. Elle est récemment venue à Gaza tester la popularité de son mari. C’est elle qui a annoncé qu’il envisageait de se présenter à la présidence si des élections étaient organisées. Elle a ajouté qu’il ne reviendrait que dans le cadre d’un accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas. On verra si la réconciliation voulue par Abbas va inclure son mari. Elle a désigné l’icône palestinienne emprisonnée en Israël, Marwan Barghouti, comme le seul vrai compétiteur politique de Dahlan, manière de dire qu’Abbas n’est pas l’homme de la situation12. À l’égard du prisonnier, elle a quand même relevé son manque d’expérience et le fait qu’il n’avait pas d’appuis internationaux. En d’autres termes, elle est venue annoncer que les conditions d’un retour réussi de Dahlan étaient désormais réunies.

UNE CONJONCTION D’ÉLÉMENTS FAVORABLES ?

Sur l’autel de ses ambitions politiques, Mohammed Dahlan considère que plusieurs offrandes lui sont offertes : la prise du pouvoir en Égypte par le général Abdel Fattah Al-Sissi avec lequel il entretient d’utiles relations, la réconciliation interpalestinienne, le possible effondrement du processus de paix version Oslo et le départ du président palestinien si celui-ci tirait les conclusions de son échec à conclure avec Israël.

L’accession d’Al-Sissi au pouvoir en Égypte rappelle la tentative, avortée celle-là, de Dahlan. En 2006-2007, à Gaza, il cherchait à évincer le Hamas qui était arrivé au pouvoir par les élections. Aujourd’hui, en Égypte, ce sont les Frères musulmans, eux aussi élus, qui ont été écartés du pouvoir et pourchassés. L’écart qui sépare les deux événements est celui qui va de l’échec du coup de Dahlan (provisoire ?) à la réussite de celui de Sissi (provisoire ?). Les deux hommes sont donc proches par leur volonté de combattre les groupes islamistes et par des destins qui ne sont pas accomplis. En tout état de cause, les médias égyptiens n’ont aucune réticence à offrir une tribune au Palestinien (notamment Dream 2 TV).

La « réconciliation » entre l’Autorité de Ramallah et l’autorité de Gaza – vieux serpent de mer — a été conclue dans la nuit du 22 au 23 avril13. Elle tombe à point pour conforter et élargir la légitimité du président Abbas. En revanche ni Israël ni Dahlan ne peuvent y trouver leur compte. L’un fera valoir qu’il ne peut pas négocier avec des terroristes, l’autre verra s’éloigner la perspective d’une démission d’Abbas. Un Abbas renforcé pourra faire valoir, sans se déjuger auprès des Palestiniens, qu’il est disposé à poursuivre les discussions avec Israël et les Américains au-delà de l’échéance du 29 avril. La question de sa démission ou de l’autodissolution de l’Autorité palestinienne ne se posera plus avant quelque temps. C’est aussi une manière de préparer les élections au congrès général du Fatah qui devrait se tenir en août 2014. Cette consultation pourrait contribuer au renforcement d’Abbas, tant la réconciliation a toujours été populaire au sein de la population. Elle pourrait marginaliser Dahlan. Si d’aventure celui-ci revenait à Gaza dans le cadre de la réconciliation, en tant qu’élu au Conseil législatif, il n’est pas douteux qu’il devrait répondre des accusations de corruption et de crimes prononcées contre lui par l’Autorité palestinienne — sauf si une entente était trouvée entre le président et lui.

LE TEMPS DES AMBITIONS

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou vient de suspendre les négociations en réaction à la réconciliation palestinienne. Dans la mesure où ces négociations se résument à une construction imaginaire pour qui croit encore que son objectif est de préparer la création d’un État viable pour les Palestiniens, sa décision pourrait paraître sans conséquence. Mais dans la réalité ce « processus au nom du processus » a d’autres fonctions. Par son existence, il préserve le rôle diplomatique de Washington, immunise la colonisation israélienne au motif que seules les conclusions d’un plan de paix pourraient interdire sa poursuite, solidifie la coalition gouvernementale israélienne qui rassemble des idéologies divergentes et justifie le maintien au pouvoir du président de l’Autorité palestinienne qui n’a jamais eu les moyens de proposer d’autres rêves à son peuple. C’est dire que la fin des négociations aurait des conséquences profondes sur toutes les parties. Sans négociation, l’Autorité palestinienne subirait les pressions des États-Unis et des Nations unies. Israël se retrouverait dans un environnement régional en déséquilibre. L’intérêt de tous est donc de préserver cette illusion que représentent les négociations. La décision de Nétanyahou de provoquer leur suspension ne devrait pas changer ces données. Deux solutions sont envisageables. Ou bien les rencontres vont reprendre au prix de contorsions diplomatiques israéliennes et américaines, ou bien leur suspension durera avec l’espoir, en Israël et chez Dahlan, que la réconciliation interpalestinienne connaîtra un nouvel échec14.

Le président Abbas ne devrait pas passer la main dans un avenir proche (en dépit du fait qu’il va sur ses 80 ans). Mais il pourrait s’y résoudre s’il était discrédité par le président américain, comme Bill Clinton puis George W. Bush l’avaient fait à l’égard d’Arafat après l’échec des négociations à Camp David de l’été 2000, si la fin du processus de paix était officiellement reconnue par Washington ou s’il y était poussé par des forces extérieures. Mohammed Dahlan se placerait alors comme le prétendant le plus puissant à sa succession, le plus acceptable par tous les « sponsors » du processus de paix et le plus enclin à signer un accord de paix dont tout laisse à penser qu’il serait encore moins ambitieux pour les Palestiniens que celui évoqué par le processus d’Oslo. Est-ce de lui dont les Palestiniens ont besoin ?

1Laurent Zecchini, « Le très convoité Apollon de Gaza »Le Monde,12 avril 2014.

2« Mouvement de libération nationale » fondé en 1959 au Koweit par Arafat, le Fatah réunit plusieurs formations de résistance palestinienne.

3Hamas ou Harakat al-Muqawama al-Islamiya, Mouvement de la résistance islamique, sunnite, relève de la mouvance des Frères musulmans dont il se sépare en 1987.

4Le scandale de Karni – nom d’un des points de passage entre Israël et Gaza — date de 1997. Dahlan était alors accusé d’avoir prélevé une taxe de 40 % sur les importations en provenance d’Israël à destination de Gaza.

5Il sera tour à tour chef de la Sécurité préventive pour Gaza à partir de 1994, ministre et conseiller pour les affaires de sécurité en mars 2007.

6Le Quartet est ce groupe de représentants des États-Unis, de l’Union européenne, de l’ONU et de la Russie qui s’est chargé tour à tour d’imposer « sa » solution aux Israéliens et aux Palestiniens qui ne parvenaient pas à s’accorder, de contraindre les Palestiniens à lutter contre la violence de certaines de leurs formations et de façonner les structures politiques et sécuritaires de l’Autorité palestinienne pour en faire un interlocuteur fréquentable. Très actif, intrusif dans les affaires palestiniennes, le Quartet a aujourd’hui considérablement réduit son activité. Dominé par Washington, il a longtemps servi à aligner les positions européennes, russes et onusiennes sur celles des États-Unis.

7Ismaël Haniyeh, tête de liste du Hamas aux législatives de 2006, est chargé de former le gouvernement. Il comprendra 18 ministres membres du Hamas et 6 ministres indépendants.

8David Rose, « The Gaza bombshell »Vanity Fair, avril 2008.

10Ramzi Baroud, « Mahmoud Abbas vs Mohammed Dahlan : The Showdown Begins »The Palestine Chronicle, 26 mars 2014.

11Shlomi Eldar, « Dahlan works Palestinian street to prepare comeback »Al-Monitor, 17 janvier 2014.

12Marwan Barghouti est né en 1959. C’est probablement le plus célèbre prisonnier politique palestinien en Israël. Il a accompagné les accords d’Oslo de 1993, a été élu au Conseil législatif palestinien en 1996 et il est président du groupe d’amitié France-Palestine. Barghouti a appelé en 2000 à la révolte contre les colons installés dans les territoires palestiniens. Chef des Tanzim, branche armée du Fatah, il a été arrêté le 14 avril 2002 par Israël qui l’a condamné à plusieurs peines de réclusion à perpétuité. Depuis son incarcération, il représente l’avenir de la direction palestinienne. Ses supporters ont fait de lui le « Mandela palestinien ».

13Jean-François Legrain, Hélène Sallon, « Réconciliation palestinienne : une manœuvre d’Abbas ? »Le Monde.fr, 23 avril 2014.

14L’idée d’un échec de la réconciliation est fondée. D’autres réconciliations n’ont mené à rien. On imagine mal par exemple que la sécurité d’Abbas ait la possibilité de s’installer dans Gaza. En outre, le Djihad islamique n’est pas partie prenante dans l’accord de réconciliation.

 


http://orientxxi.info/magazine/les-palestiniens-ont-ils-besoin-de,0579

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 01:30

Pour John Kerry,

Israël risque de

devenir un « Etat 

d'apartheid »

Le Monde.fr avec AFP | 28.04.2014 à 11h21 • Mis à jour le 28.04.2014 à 11h37

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John Kerry avec Tzipi Livni, la négociatrice palestinienne et Saeb Erekat, le négociateur palestinien, le 29 juillet 2013.

 

Les tentatives du secrétaire d'Etat américain John Kerry pour essayer dedécrocher un accord de paix au 29 avril se sont effondrées quand les Israéliens ont annoncé la suspension des négociations de paix en cours avec l'Autorité palestinienne, après l'annonce de sa réconciliation avec le Hamas.

Vendredi, le secrétaire d'Etat a tapé du poing sur la table : « La création de deux Etats sera la seule solution réaliste. Parce qu'un Etat unitaire finirait par être soit un Etat d'apartheid avec des citoyens de seconde classe, soit un Etat qui détruira la capacité d'Israël d'être un Etat juif  », a déclaré M. Kerry, rapporte le Daily Beastqui cite un enregistrement de ses propos tenus lors d'une réunion à huis clos de la Commission trilatérale (un groupe non partisan de discussion non gouvernemental fondé par David Rockefeller).

Des représentants officiels et des experts américains, européens, russes et japonais participaient à cette réunion, précise le site d'information.
 

« Une fois ce scénario à l'esprit (...) vous comprenez combien il est impératif d'arriver à une solution à deux Etats, à laquelle les deux leaders, (jeudi) encore, ont réaffirmé leur attachement », a-t-il dit.

Lire nos explications : Israël-Palestine : les quatre erreurs de John Kerry

 UN TERME DÉJÀ UTILISÉ PAR JIMMY CARTER 

Le terme d'apartheid fait référence au système social ségrégationniste en vigueur en Afrique du Sud de 1948 à 1994. Tandis que John Kerry et le président Barack Obama se sont abstenus d'utiliser ce terme en parlant du conflit israélo-palestinien, l'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter (1977-1981) avait intitulé son livre sur le sujet publié en 2006 Palestine : la paix, pas l'apartheid.

 Parrain des négociations de paix qu'il a relancées en juillet 2013, John Kerry, qui a exhorté jeudi les dirigeants israéliens et palestiniens à faire des compromis, a par ailleurs réaffirmé que le processus de paix israélo-palestinien n'était pas mort.


http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/04/28/pour-john-kerry-israel-risque-de-devenir-un-etat-d-apartheid_4408359_3218.html

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 01:20

ISRAEL. Accord entre le Hamas et l'OLP : Netanyahou doit reconnaître sa responsabilité


Publié le 24-04-2014 à 08h49 - Modifié à 12h53

34 réactions | 3537 lu


Par 
éditorialiste

LE PLUS. Le nouvel accord conclu entre le Fatah et le Hamas fait grincer des dents en Israël, alors que les négociations de paix semblent au point mort. Benjamin Netanyahou soupçonne Mahmoud Abbas de ne pas la vouloir, cette paix. Mais pour l'éditorialiste Jean-Marcel Bouguereau, la stratégie du gouvernement israélien est suicidaire.

Édité par Louise Pothier 

Cette fois, l’impasse est totale. Une impasse annoncée. En concluant à Gaza un accord avec le Hamas sur la formation d'un gouvernement d'union "d'ici à cinq semaines"l’OLP a signé la fin des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne.

 

De toutes façons, elles étaient en carafe depuis longtemps sur l'ensemble des questions au cœur du conflit. Nétanyahou s'était déjà interrogé au sujet de Mahmoud Abbas : 

 

"Veut-il la paix avec le Hamas ou la paix avec Israël ?" 

 

Des scènes de liesse ont éclaté dans la bande de Gaza après l'annonce de l'accord. C’est en effet sous la pression d’une base de plus en plus excédée par le surplace des négociations que les deux organisations ont décidés de s’unir, même si ce n’est pas la première fois que ce type d’accord est signé.

 

L'escalade

 

Le ping-pong diplomatique ne cesse jamais, chacun accusant l’autre d’être à l’origine d’une "nouvelle provocation". Dernièrement, le refus d'Israël de libérer un ultime contingent de prisonniers palestiniens a conduit l’Autorité palestinienne à répliquer en demandant son adhésion à une série de traités internationaux.

 

Puis c’est Israël qui a répliqué en menaçant de sanctions financières Mahmoud Abbas annonçant qu'il pourrait dissoudre l'OLP. Dans ce cas, Israël aurait dû administrer elle-même les territoires palestiniens ! Ensuite, c’est Israël qui décide de suspendre le transfert aux Palestiniens de droits de douane qu’il perçoit en leur nom. Sans cet argent, les fonctionnaires palestiniens ne peuvent plus être payés.

 

Ce ping-pong pseudo-diplomatique ne pouvait évidemment que provoquer la fureur d’une base palestinienne qui, depuis 21 ans et les accords d’Oslo, attend sans jamais rien voir venir, sinon la continuation du processus des implantations dont le but évident est de transformer le territoire palestinien en une peau de léopard ingérable. Un processus avivé par la relance le 1er avril d'un appel d'offres pour la construction de 700 logements à Jérusalem-Est.

 

Tout ceci a conduit le secrétaire d’État américain, John Kerry, très patient jusque-là, à pointer les responsabilités israéliennes dans cette dégradation.

 

L'attitude suicidaire de Netanyahou

 

Même si les responsabilités sont évidemment partagées entre radicaux palestiniens et radicaux israéliens, l’exigence de la reconnaissance d’un État juif – et plus simplement de l’État d’Israël – apparaît comme une façon d’exiger que les Palestiniens admettent leur défaite et reconnaissent le droit exclusif des Juifs à la propriété sur ce pays.

 

Il y a cette spirale quelque chose de suicidaire. Que veut Netanyahou ? Alors que cinq de ses prédécesseurs ont choisi la voie politique, lui semble choisir une voie suicidaire, celle d’un État binational dans lequel les Israéliens seraient bientôt minoritaires, vu la faiblesse de l’immigration des Juifs en Israël.

 

>> Retrouvez cet édito sur le site de "la République des Pyrénées".



http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1193543-israel-accord-entre-le-hamas-et-l-olp-netanyahou-doit-reconnaitre-sa-responsabilite.html

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