Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 10:39

Lebanon’s efficient security services are stepping up their watch over Islamist supporters in Beirut and beyond

 
 

The so-called ‘tourist’ police appear in their uniforms during the day and then the same officers, in civilian clothes, can be spotted at night in the downtown cinema complex in central Beirut. And as far as the Ein el-Helweh camp is concerned, where many Islamist supporters live, Lebanon is keeping a close eye

 

 

 

 

Repost 0
Published by The Independent.co.uk - dans Revue de presse
commenter cet article
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 10:36

Lebanon’s efficient security services are stepping up their watch over Islamist supporters in Beirut and beyond

 
 

The so-called ‘tourist’ police appear in their uniforms during the day and then the same officers, in civilian clothes, can be spotted at night in the downtown cinema complex in central Beirut. And as far as the Ein el-Helweh camp is concerned, where many Islamist supporters live, Lebanon is keeping a close eye

 

 

 

 

Repost 0
Published by The Independent.co.uk - dans Revue de presse
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:55
Les Palestiniens manifestent en soutien aux prisonniers en grève de la faim
 
 
 
media
 
Manifestation de solidarité avec les prisonniers palestiniens à Bethleem le 17 avril 2017.REUTERS/Ammar Awad

C'est l'une des plus importantes grèves de la faim de prisonniers palestiniens que l'on ait vues depuis vingt ans. Ils seraient plus de 1 000 selon l'administration pénitentiaire israélienne, 1 500 selon les associations de défense des prisonniers, à avoir entamé ce mouvement collectif ce lundi 17 avril, répondant ainsi à l'appel de Marwan Barghouti, dirigeant emblématique du Fatah, condamné à la prison à vie. L’objectif de cette grève de la faim illimitée est de dénoncer les conditions de détention des 6 300 palestiniens incarcérés en Israël. De nombreuses manifestations de soutien étaient organisées aujourd'hui en Cisjordanie. A Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne, 300 à 400 personnes étaient rassemblées, dont des familles de détenus, inquiètes mais déterminées.

Avec notre correspondante à Ramallah, Marine Vlahovic

Des portraits de prisonniers sont brandis haut dans le ciel par les familles de détenus rassemblées à Ramallah. Mahmoud Zayeh lui, presse la photo de son fils contre sa poitrine. « Il a été arrêté il y a 15 ans, ici à Ramallah, il s'appelle Majd Zyadeh », détaille-t-il.

D'une voix chevrotante, Fadwa Barghouti prend le micro pour dénoncer les conditions de détention des 6 300 palestiniens incarcérés en Israël. La femme de Marwan Barghouti, le dirigeant emblématique du Fatah condamné à la prison à vie qui a lancé ce mouvement ne cache pourtant pas ses craintes. « Je suis inquiète, très inquiète, pas seulement pour mon mari mais pour tous les prisonniers, explique-t-elle. Mais les familles des détenus se reposent sur moi, il faut que je sois forte. »

« L'ultime recours »

Cette grève de la faim est nécessaire, selon Majed Bamya, diplomate palestinien en charge du dossier des prisonniers politiques

 
 
intervenir auprès de la puissance occupante pour qu’elle arrête ces violations des droits des prisonniers qui sont des personnes protégées en vertu des conventions de Genève », affirme-t-il.

La grève pourrait bien durer. L'administration pénitentiaire israélienne a déjà annoncé qu'elle ne négocierait pas avec les prisonniers.


Entre 6 300 et 6 500 Palestiniens dans les geôles israéliennes

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Les estimations varient quelque peu mais la fourchette reste la même. Ce sont entre 6 300 et 6 500 Palestiniens qui sont actuellement dans les prisons israéliennes. Une hausse de 15% par rapport à l'été 2015, avant le déclenchement de la vague d'attaques au couteau. Quant au nombre de personnes placées en détention administrative, incarcérées sans avoir été jugées, il a lui augmenté de près de 50% sur la même période selon l'organisation Addameer : 500 détenus palestiniens relèvent actuellement de ce statut.

Mais plus encore que ces chiffres, c'est le système judiciaire israélien que dénonce l'instigateur de ce mouvement, Marwan Barghouti. A ses yeux, comme à ceux de l'Organisation de libération de la Palestine, il est biaisé : ces cinq dernières années, le taux de condamnation des Palestiniens a varié entre 90 et 99%, dénoncent-ils. Et eux de considérer les détenus Palestiniens comme des prisonniers politiques.

Des accusations rejetées par le gouvernement israélien. « Il s'agit de terroristes et de meurtriers condamnés, traités dans le respect du droit international », répond l'un de ses porte-paroles.

 

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170417-palestine-israel-manifestation-soutien-greve-faim-centaines-prisonniers-palest

Repost 0
Published by RFI.fr - dans Revue de presse
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:53

« Espionner ou mourir »

 
 
 

14 04 2017 • 13 h 16 min

 


Par Hamza Abu Eltarabesh, The Electronic Intifada 5 avril 2017

 

Ahmad, le fils d’Amal Shubeir, né avec une déficience cardiaque, s’est vu refuser un permis de circuler pour traitement médical après que sa famille ait refusé de collaborer avec les renseignements israéliens. Il est mort en janvier. (photo autorisée par la famille Shubeir)

Quand vous entrez par la porte principale, la première chose que vous voyez, c’est une grande photographie d’un adolescent souriant. C’est simple et chaleureux, le genre de chose que vous trouveriez dans une maison heureuse.

Mais ce n’est pas une maison heureuse.

La maison appartient à l’avocat Hasan Shubeir, 54 ans, et la photographie est celle de son fils Ahmad, qui est mort d’une défaillance cardiaque en janvier à l’âge de 17 ans. Mais ceci, dit son père, ne dit qu’une fraction de l’histoire. Ahmad avait peut-être une affection cardiaque mais, en réalité, il a été victime d’un chantage israélien.

Des histoires comme celle d’Ahmad Shubeir ne sont pas rares à Gaza. Coupés du reste du monde et avec des équipements de santé délabrés, les Palestiniens de Gaza qui ont besoin de soins médicaux importants et spécialisés doivent pouvoir compter sur des soins de santé à l’extérieur.

Ceci signifie essentiellement aller en Israël ou en Cisjordanie, ce qui requiert l’autorisation de l’armée israélienne qui a mis en place un régime de permis hautement restreint depuis 2003. Par conséquent, disent les militants des droits de l’Homme et les familles, les patients et leurs proches sont susceptibles de subir chantage et pressions pour qu’ils espionnent pour Israël.

Ce n’est pas un phénomène nouveau et l’association Médecins pour les Droits de l’Homme-Israël a surveillé ce genre de coercition, surtout en ce qui concerne Gaza. D’après son dernier rapport, les malades palestiniens sont confrontés à une tendance vers des « interrogatoires soutenus », exacerbée par une « croissance déconcertante » du nombre de demandes de permis médicaux rejetées en 2016.


Assez vieux pour collaborer

C’est ce qui est arrivé à Ahmad, a dit son père à The Electronic Intifada.

Ahmad est né avec une déficience cardiaque congénitale qui nécessitait un traitement régulier en Israël. Il y est allé quelque 40 fois durant sa courte vie, selon sa famille.

Décembre 2015, dit la famille, a représenté la première tentative des fonctionnaires de l’Agence de Sécurité israélienne – l’agence nationale de renseignements d’Israël, également connue comme la Shabak ou le Shin Bet – pour faire pression sur l’enfant et sa mère, Amal 40 ans, qui l’accompagnait au checkpoint d’Erez, pour qu’ils espionnent pour Israël. Manifestement, pense la famille, il avait grandi et on voyait en lui un collaborateur potentiel.

Tout au long de 2016, même alors que son état empirait, la pression s’intensifia. Les permis d’entrer en Israël, que l’enfant avait toujours pu obtenir, ont soudain cessé d’être délivrés. Ahmad et sa mère sont allés pour une dernière fois en visite à l’hôpital Tel Hashomer de Tel Aviv en avril 2016 pour le préparer à l’opération à coeur ouvert programmée pour septembre. Mais ce fut la dernière fois qu’il eut le droit de passer.

On lui refusa les autorisations de voyager pour l’opération. Par contre, la famille a reçu une assignation à comparaître pour interrogatoire par l’Agence de Sécurité israélienne au checkpoint d’Erez.

Amal a raconté son histoire à B’Tselem, organisation israélienne de droits de l’Homme. Amal et son mari ont tous deux expliqué que, en novembre 2016, Ahmad et son père étaient allés tôt dans la matinée au checkpoint d’Erez où ils avaient dû subir un « interrogatoire » pendant 12 heures, selon les mots de Hassan, dans l’intention de les transformer, l’un ou tous les deux, en espions pour Israël.

Ils ont tous les deux refusé. « Nous aimons notre pays et notre peuple plus que vous ne le faites », c’est ce que Hasan dit avoir dit au fonctionnaire du renseignement.

Ahmad n’a plus jamais eu de permis, même alors que des rendez-vous successifs lui ont été donnés par l’hôpital Tel Hashomer. Alors, le 14 janvier 2017, Ahmad s’est réveillé de bonne heure et a aidé sa mère dans des tâches ménagères. Fatigué, il est parti se recoucher.

« Il a fermé les yeux et ne les a jamais plus ouverts », a dit sa mère. « Il est mort, juste comme ça. »


Cruel, inhumain, dégradant

Ce système de permis et le contrôle d’Israël sur la circulation des personnes fait du checkpoint d’Erez un « piège » pour les patients vulnérables et leurs parents, selon Issam Younis, directeur du Centre Al Mezan pour les Droits de l’Homme.

En 2016, au checkpoint d’Erez, Al Mezan a décompté 44 arrestations, dont quatre malades, selon Younis, tandis que des centaines se voyaient simplement refuser l’autorisation de passer pour « raison de sécurité ».

En décembre B’Tselem a expliqué que le nombre de patients pressentis convoqués pour interrogatoire au checkpoint d’Erez s’était dramatiquement accru l’année dernière, avec 601 demandeurs de permis retenus pour interrogatoire en 2016, comparés aux 146 en 2015 et aux 179 en 2014.

Au même moment, Médecins pour les Droits de l’Homme a dénoncé une « augmentation troublante » du nombre de demandeurs de permis refoulés, calculant que le taux de délivrance de permis avait chuté d’environ 13 pour cent, comparé à celui de 2015.

Al Mezan a trouvé une baisse encore plus marquée de presque 17 pour cent dans le taux de permis délivrés et définit le traitement des patients à Erez comme « cruel, inhumain et dégradant ».

L’association de droits de l’Homme a demandé une enquête indépendante sur la mort d’Ahmad et d’autres cas similaires.

Deux cas semblables sont ceux de Nirmeen Abu Yousif et de Zein al-Deen Samour.

En 2014, Abu Yousif, mère de deux enfants, a perdu connaissance. Puis cela s’est répété. Quand ces pertes de conscience devinrent récurrentes, elle est allée à l’hôpital. Les médecins diagnostiquèrent une maladie du foie avancée causée par une hépatite C et décidèrent qu’elle avait besoin d’une transplantation d’urgence. Après beaucoup de retard à Erez, elle a d’abord été dirigée sur l’hôpital national universitaire An-Najah de Naplouse, où les médecins n’ont rien pu faire pour elle.

Après quelques atermoiements – son mari est membre du Hamas – le bureau du leader de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a finalement facilité son transfert à l’hôpital Hadassah de Jérusalem. Mais une fois là, elle a dépéri tandis que sa sœur Samira, pressentie pour le don d’organe, n’a pas pu obtenir un permis pour se rendre à Jérusalem.

C’est alors, a dit son mari Luay Qufaisha 35 ans, qu’il a commencé à recevoir des appels téléphoniques venant d’un bureau de renseignements israélien.

Qufaisha avait été l’un des prisonniers libérés dans un accord de 2011 et avait été transféré de force à Gaza. Ses 10 années de prison – il avait été déclaré coupable de l’assassinat d’un prétendu espion israélien dans sa ville natale d’Hébron en Cisjordanie – l’avaient habitué aux échanges avec les enquêteurs, mais il était encore sous le choc d’avoir à subir un chantage impliquant la santé de sa femme.

« Il marchandait avec moi en se servant de la vie de ma femme pour que je devienne un espion », a dit Qufaisha à The Electronic Intifada, tout en feuilletant un album de photos de sa défunte femme.

Le marchandage a échoué. Êt même si le père d’Abu Yousif a pu, en passant par le bureau du Premier ministre Rami Hamdallah à Ramallah, assurer le passage de Nirmeen pour être traitée en Turquie, c’était trop tard. Elle est morte après être arrivée en Turquie en février 2016.

Samira aide maintenant à prendre soin des deux enfants, Nafez 4 ans et Eileen 2 ans.

« Elle me manque. Et mon coeur se brise chaque fois que les enfants la réclament et demandent quand elle va revenir. »


La longue route vers la justice

Zein al-Deen Samour est né avec une malformation cardiaque congénitale qui a amené les médecins de Gaza à l’envoyer immédiatement pour être traité en Israël. En janvier 2013, Hidaya al-Tattar, 28 ans, la mère de Zein al-Deen, a emmené le bébé à l’hôpital Tel Hashomer de Tel Aviv où il a reçu ce qui était supposé être le premier stade d’une série de processus sur son coeur.

On l’a renvoyée chez elle avec instructions de ramener l’enfant dans deux ans. Huit mois après cette visite, a dit Hidaya à The Electronic Intifada, elle a reçu un appel d’une femme qui disait qu’elle travaillait au checkpoint d’Erez.

Hidaya a eu immédiatement des soupçons. La femme était au courant du problème cardiaque de Zein al-Deen et proposait son aide. A une condition : « Aidez nous et nous vous aiderons », c’est la formulation qu’Hidaya a retenue.

Hidaya n’a pas accepté. Mais lorsqu’elle a à nouveau essayé d’obtenir un permis pour Zein al-Deen, on le lui a refusé. Sa seule option était de chercher un traitement ailleurs, mais la seule autre sortie de Gaza, c’est Rafah, passage vers l’Egypte qui n’est ouvert que de façon intermittente.

Mais, avant qu’Hidaya et Zein al-Deen réussissent à passer, du temps s’était écoulé. Le garçon est mort en février 2016 en Turquie, pendant une suite de processus qui arrivait trop tard.

« Ils m’ont demandé de vendre ma patrie et mon peuple contre la vie de mon bébé », a dit Hadaya.

Son mari, Sharif 35 ans, a dit : » Je tiens Israël pour responsable. Je veux que ceux qui sont responsables soient jugés dans un tribunal international. Il s’agit de crimes contre l’humanité. »

Que la famille ait jamais l’occasion de voir ce genre d’enquête est cependant hautement improbable. Israël allègue régulièrement des risques sécuritaires pour justifier l’empêchement pour des patients de recevoir leurs traitements, risques sécuritaires que le droit israélien ne contraint pas l’armée à expliciter.

Mais pour les Palestiniens, les pressions et les exactions infligées aux personnes vulnérables sont clairement une violation des normes concernant les droits de l’Homme, a dit Ramy Abu du Contrôle Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme.

« Israël a exploité le siège étouffant et les besoins des Palestiniens de Gaza de partir pour leur travail, leurs études ou leurs traitements médicaux », a-t-il dit à The Eectronic Intifada.

Et c’est une accusation dont Médecins pour les Droits de l’Homme-Israël se fait l’écho. Dans son dernier rapport sur le contrôle par Israël de la circulation des personnes à Gaza, l’organisation critique le « comportement problématique » dans des endroits comme le checkpoint d’Erez, comportement qui découle de la politique du gouvernement israélien.

« Cette politique comprend le piétinement constant des droits fondamentaux des habitants palestiniens qui vivent sous contrôle israélien, et spécialement leur droit à la santé, à la vie et à la dignité. »

Hamza Abu Eltarabesh est une journaliste de Gaza.


Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine


Source : The Electronic Intifada

 

pour accéder au texte original (anglais) de l'article : https://electronicintifada.net/content/spy-or-die/20091

 

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/04/14/espionner-ou-mourir/

Repost 0
Published by Chronique de Palestine.net / The Electronic Intifada - dans Revue de presse
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:41

mardi 18 avril 2017

Avigdor Lieberman est favorable "à l'approche de Margaret Thatcher" face aux grévistes Palestiniens de la faim.

 
 

Israël a affirmé mardi qu'il ne négocierait pas avec le millier de prisonniers palestiniens ayant entamé la veille une grève de la faim pour réclamer des conditions "dignes" de détention.
 
"L'appel à la grève de la faim est contraire au règlement" des prisons, a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan. "Il s'agit de terroristes et d'assassins enfermés qui reçoivent ce qu'ils méritent et nous n'avons pas de raisons de négocier avec eux", a-t-il ajouté à la radio militaire.
 
1.300 détenus, selon l'Autorité palestinienne, refusent depuis lundi matin de s'alimenter dans différentes prisons israéliennes. Ce mouvement inédit depuis 2013 a été initié par le leader Marwan Barghouti que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié "d'archi-terroriste" dans un communiqué.
M. Barghouthi purge cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers durant la deuxième Intifada (2000-2005).
 
Les grévistes de la faim sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, du Fatah du président Mahmoud Abbas et de son grand rival Marwan Barghouthi, aux partis de la gauche en passant par le Hamas islamiste qui a salué "les valeureux prisonniers" grévistes.
 
"Têtes couronnées et estomacs vides", a titré mardi le quotidien palestinien al-Hayat al-Jadida, en soulignant le "soutien du peuple" après la tenue de manifestations de solidarité à travers les Territoires occupés.
 
Dès lundi, l'administration pénitentiaire israélienne avait procédé à des transferts pour tenter de briser ce mouvement. M. Barghouthi, régulièrement en tête dans les sondages sur une hypothétique présidentielle palestinienne, et d'autres figures du mouvement, ont ainsi été envoyés vers d'autres prisons et placés à l'isolement.
 
Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a pour sa part prévenu dans un communiqué qu'il était favorable "à l'approche de Margaret Thatcher" face aux grévistes de la faim. Il faisait allusion au Premier ministre britannique qui avait refusé en 1981 de céder aux exigences de détenus irlandais de l'IRA grévistes de la faim. Dix d'entre eux étaient décédés à la suite de ce mouvement de protestation.
 
La question des prisonniers est cruciale pour les Palestiniens, alors que 850.000 d'entre eux ont été incarcérés depuis 1967 et l'occupation des Territoires palestiniens, selon leurs dirigeants. Chaque famille, répètent régulièrement responsables et anonymes, a au moins un membre en détention ou passé par la prison. A tel point que chaque année depuis 1974, le 17 avril marque une journée nationale de mobilisation en faveur des prisonniers.
 
Des milliers de Palestiniens ont ainsi défilé lundi "pour dire aux prisonniers qu'ils ne sont pas seuls, alors que c'est ce qu'Israël tente de leur dire", a expliqué à l'AFP Fadwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi, et elle-même un haut cadre du Fatah.
 
Dans le même temps, M. Abbas et sa diplomatie appelaient "la communauté internationale à intervenir immédiatement pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim", multipliant les contacts tous azimuts avec les capitales étrangères.
 
Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation.
 
Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont menés au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.

Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers.
La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.

Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.


"Non au terrorisme d’État d’Israël" : http://www.petitions24.net/non_au_terrorisme_de_letat_disrael
 
https://assawra.blogspot.fr/2017/04/avigdor-lieberman-est-favorable.html
Repost 0
Published by Assawra.blogspot - dans Revue de presse
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:37

Israël-Palestine, imbrication des mémoires opprimées

 
 
 

« Jonction 48 », un film de Udi Aloni

Orient XXI > Lu, vu, entendu > Cinéma > Dominique Vidal > 19 avril 2017

Aujourd’hui 19 avril sort dans plusieurs salles à Paris et en régions Jonction 48, du cinéaste israélo-américain Udi Aloni. C’est la dernière étape d’une déjà longue carrière, jalonnée d’œuvres majeures, dont un chef d’œuvre : Forgiveness. Au cœur de l’univers du maître, l’imbrication des mémoires opprimées.

David, jeune Américano-Israélien, adossé à un arbre, regarde immobile et les yeux hagards la cour de l’hôpital psychiatrique. Pas n’importe lequel : destiné aux survivants de la Shoah, Kfar Shaul se situe sur les ruines du village de Deir Yassine, dont plus de cents habitants furent massacrés le 9 avril 1948 par l’Irgoun1, le groupe Stern et la Hagana2. Hanté par le meurtre dont, comme on le découvrira au cours du film, il s’est rendu coupable en Cisjordanie, le soldat est possédé par des voix : celles des juifs, dont son père, confrontés au génocide nazi durant la seconde guerre mondiale ; et celles des Palestiniens confrontés à l’expulsion de 1948 — Deir Yassine constitua un tournant de la première guerre israélo-arabe, dont il radicalisa la dimension de « nettoyage ethnique ». Ainsi commence Forgiveness (Pardon), le chef d’œuvre d’Udi Aloni, distingué par un Audience Award au Festival du film de Woodstock. Produit en 2006, le film s’enracine donc dans l’imbrication des mémoires caractéristiques de l’art de ce grand cinéaste américano-israélien.

Avant d’opter pour le septième art, Aloni avait été peintre et animateur d’une galerie d’art à Tel-Aviv, puis graphiste aux États-Unis, où il a, selon le New York Times du 2 janvier 2000, « réinventé le design de New York ». Avant Forgiveness, on lui doit aussi Left (1996), Local Angel (2002) et Innocent Criminals (2004). La carrière du cinéaste bifurque en 2010, lorsqu’il part travailler au Théâtre de la liberté de Jénine, aux côtés de son fondateur, Juliano Mer-Khamis. Fils d’une mère juive et d’un père arabe tous deux citoyens israéliens, ce dernier y poursuit avec obstination, parfois même provocation, le travail de sa mère qui avait animé, pendant la première Intifada, un atelier pour les jeunes du camp de réfugiés. On retrouve cette extraordinaire expérience dans Les Enfants d’Arna, réalisé par son fils en 2003. « Cette première année avec Juliano fut l’une des plus belles de ma vie », se souvient avec émotion Udi. Mais, le 4 avril 2011, son ami succombe sous les balles d’un tueur — israélien ou palestinien, on l’ignore encore sept ans après. Deux ans durant, le cinéaste va continuer à épauler les acteurs, traumatisés par la disparition de leur directeur, mais à Ramallah. « Une expérience stimulante — nous avons par exemple monté un superbe Godot palestinien — mais éprouvante », confie Aloni.

Dans la ville pauvre de Lod

Sa mission accomplie, il revient au cinéma avec un nouveau film : Jonction 48, dédié à sa mère Shulamit Aloni, militante de la gauche sioniste et ministre de la culture d’Yitzhak Rabin. Dans la ville judéo-arabe — et donc pauvre — de Lod, à vingt minutes de Tel-Aviv, Kareem (Tamer Nafar), un apprenti rappeur palestinien, mène une vie faite de petits jobs et de soirées entre copains. Lui et son amie Manar (Samar Qupty) se servent du hip-hop pour s’aimer et s’affirmer, dans leur ghetto misérable comme dans les milieux branchés de Tel-Aviv. L’accident de voiture dont ses parents, eux aussi chanteurs, seront victimes au retour d’un récital pour un groupe du Parti communiste — le père meurt, la mère est grièvement blessée — le décide à aller jusqu’au bout.

Mais les amours contrariées du jeune couple se déroulent sur une toile de fond plus large. Contrairement à beaucoup de films israéliens comme palestiniens, Jonction 48 s’attaque à une grille de lecture obsolète selon laquelle il faudrait distinguer presque hermétiquement réalité israélienne et réalité palestinienne. Rien, bien sûr, n’est plus faux : le processus de colonisation et de judaïsation se développe de manière continue dans le temps et l’espace.

« Une Nakba qui n’en finit pas »

La condition des Palestiniens diffère, certes, de part et d’autre de la « ligne verte » tracée par les armistices de 1949 : parmi leurs (rares) acquis, les citoyens arabes d’Israël jouissent notamment du droit de voter et d’être élu. De fait, actuellement, treize députés les représentent au Parlement. Mais pour l’essentiel, ils endurent, sous une forme à peine plus soft, les mêmes discriminations que celles subies par leurs frères de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. « Une Nakba qui n’en finit pas, un désastre permanent pour les Palestiniens », estime Aloni, pour qui la seule alternative réside, à terme, dans un « État binational ».

 
JONCTION 48 - extrait 1 on Vimeo

Le cinéaste illustre avec force cette continuité : il met en scène avec une redoutable efficacité le spectacle insoutenable d’une destruction de maison3, l’omniprésence de la police qui harcèle les jeunes, l’expression du racisme le plus grossier jusque dans les boîtes de nuit. Interviewé à la télévision israélienne, Kareem assure que ses chansons ne sont pas politiques. « Je décris seulement l’endroit où je vis », dit-il. Et d’évoquer « la pauvreté, les écoles négligées, la brutalité des policiers à notre égard, leur corruption »…

Et pourtant, jamais Aloni ne tombe dans le manichéisme. Leur combat, Kareem, Manar et leurs amis le mènent contre le pouvoir israélien, mais aussi vis-à-vis de leur propre société, profondément rétrograde. Dès que le talent de la jeune femme à la voix d’or éclate au point qu’elle s’apprête à se produire sur scène avec le groupe et apparaît sur l’affiche annonçant leur spectacle, le machisme traditionnel lui barre la route : ses frères et cousins menacent Kareem. Si elle continue, il leur en cuira. La pression des hommes du clan s’avèrera plus forte que la volonté d’émancipation de Manar et de ses amis. Résumé d’Aloni : « D’ordinaire, l’Arabe est l’objet et le juif le sujet. Ici, j’ai voulu que les Arabes soient le sujet – et c’est pourquoi même le pire des personnages du film est aussi arabe. »

 
JONCTION 48 - extrait 2 on Vimeo

Du massacre à l’expulsion

Le choix de Lod ne doit rien au hasard, pas plus que l’inclusion de « 48 » dans le titre du film. « Toujours ce background de mémoire, de mémoire opprimée, de retour de la mémoire opprimée », résume Aloni. Avant la première guerre israélo-arabe, la cité portait en effet le nom arabe de Lydda. De là et de la ville voisine de Ramla furent expulsés les 11, 12 et 13 juillet 1948 quelque 70 000 Palestiniens — près de 10 % de l’exode total de la guerre4. Auparavant, les troupes israéliennes avaient massacré plus de deux cents habitants. Un général de l’armée israélienne et son adjoint conduisaient l’opération, ordonnée par le premier ministre David Ben Gourion. Le second s’appelait… Yitzhak Rabin. Dans ses Mémoires, le futur cosignataire des accords d’Oslo avait reconnu les faits. Mais ces pages furent censurées. Le New York Times publia le passage censuré, sans que Rabin le remette en cause.

L’acteur qui interprète Kareem, Tamer Nafar, compte avec son groupe DAM parmi les meilleurs rappeurs de Palestine. Lui et le cinéaste se connaissent depuis une quinzaine d’années. « Le hip-hop n’est pas dans ma nature, avoue Aloni. Mais j’y vois une arme de combat pour les faibles, un moyen de rendre universelle une lutte particulière. » Rien d’étonnant si cette musique irrigue nombre de ses films, de Forgiveness à Jonction 48 en passant par Local Angel. D’autant que le jeune acteur-rappeur n’a pas la langue dans sa poche. Ainsi en septembre 2016, lors des Ophir Awards — l’équivalent israélien des Oscars — il choisit avec l’acteur juif Yossi Tzaberi de lire, poings levés, le plus connu des poèmes de Mahmoud Darwish, « Identité » : « Inscris ! Je suis Arabe » (Poèmes palestiniens, éditions du Cerf, 1989).

C’en était trop pour la ministre de la culture, Miri Regev, qui quitta la cérémonie. Depuis, elle s’est vengée : elle menace de ramener le cinéma israélien à l’heure du maccarthysme en conditionnant le financement des artistes à leur loyauté vis-à-vis de l’État. Et Udi Aloni de conclure : « Des films comme les miens ne seront sans doute plus financés. »

1NDLR. Groupe armé sioniste créé en 1931, avec pour objectif la construction d’un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain. Après la proclamation de l’État d’Israël en 1948, la plupart de ses éléments furent intégrés dans l’armée régulière.

2NDLR. Organisation paramilitaire sioniste créée en 1920 et intégrée dans l’armée israélienne en 1948, aux côtés de l’Irgoun et du groupe Stern.

3Trois cents maisons ont été détruites à Lod, et cinq à six mille autres sont menacées de l’être.

4Après les nouveaux historiens, Arie Shavit, un journaliste du quotidien Haaretz a consacré un livre remarquable à ce drame et à bien d’autres de l’époque : My promise Land. The Triumph and Tragedy of Israel, Spiegel and Grau, New York, 2013.

Repost 0
Published by OrientXXI.info - dans Revue de presse
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:27

Israël-Palestine, imbrication des mémoires opprimées

 
 
 

« Jonction 48 », un film de Udi Aloni

Orient XXI > Lu, vu, entendu > Cinéma > Dominique Vidal > 19 avril 2017

Aujourd’hui 19 avril sort dans plusieurs salles à Paris et en régions Jonction 48, du cinéaste israélo-américain Udi Aloni. C’est la dernière étape d’une déjà longue carrière, jalonnée d’œuvres majeures, dont un chef d’œuvre : Forgiveness. Au cœur de l’univers du maître, l’imbrication des mémoires opprimées.

David, jeune Américano-Israélien, adossé à un arbre, regarde immobile et les yeux hagards la cour de l’hôpital psychiatrique. Pas n’importe lequel : destiné aux survivants de la Shoah, Kfar Shaul se situe sur les ruines du village de Deir Yassine, dont plus de cents habitants furent massacrés le 9 avril 1948 par l’Irgoun1, le groupe Stern et la Hagana2. Hanté par le meurtre dont, comme on le découvrira au cours du film, il s’est rendu coupable en Cisjordanie, le soldat est possédé par des voix : celles des juifs, dont son père, confrontés au génocide nazi durant la seconde guerre mondiale ; et celles des Palestiniens confrontés à l’expulsion de 1948 — Deir Yassine constitua un tournant de la première guerre israélo-arabe, dont il radicalisa la dimension de « nettoyage ethnique ». Ainsi commence Forgiveness (Pardon), le chef d’œuvre d’Udi Aloni, distingué par un Audience Award au Festival du film de Woodstock. Produit en 2006, le film s’enracine donc dans l’imbrication des mémoires caractéristiques de l’art de ce grand cinéaste américano-israélien.

Avant d’opter pour le septième art, Aloni avait été peintre et animateur d’une galerie d’art à Tel-Aviv, puis graphiste aux États-Unis, où il a, selon le New York Times du 2 janvier 2000, « réinventé le design de New York ». Avant Forgiveness, on lui doit aussi Left (1996), Local Angel (2002) et Innocent Criminals (2004). La carrière du cinéaste bifurque en 2010, lorsqu’il part travailler au Théâtre de la liberté de Jénine, aux côtés de son fondateur, Juliano Mer-Khamis. Fils d’une mère juive et d’un père arabe tous deux citoyens israéliens, ce dernier y poursuit avec obstination, parfois même provocation, le travail de sa mère qui avait animé, pendant la première Intifada, un atelier pour les jeunes du camp de réfugiés. On retrouve cette extraordinaire expérience dans Les Enfants d’Arna, réalisé par son fils en 2003. « Cette première année avec Juliano fut l’une des plus belles de ma vie », se souvient avec émotion Udi. Mais, le 4 avril 2011, son ami succombe sous les balles d’un tueur — israélien ou palestinien, on l’ignore encore sept ans après. Deux ans durant, le cinéaste va continuer à épauler les acteurs, traumatisés par la disparition de leur directeur, mais à Ramallah. « Une expérience stimulante — nous avons par exemple monté un superbe Godot palestinien — mais éprouvante », confie Aloni.

Dans la ville pauvre de Lod

Sa mission accomplie, il revient au cinéma avec un nouveau film : Jonction 48, dédié à sa mère Shulamit Aloni, militante de la gauche sioniste et ministre de la culture d’Yitzhak Rabin. Dans la ville judéo-arabe — et donc pauvre — de Lod, à vingt minutes de Tel-Aviv, Kareem (Tamer Nafar), un apprenti rappeur palestinien, mène une vie faite de petits jobs et de soirées entre copains. Lui et son amie Manar (Samar Qupty) se servent du hip-hop pour s’aimer et s’affirmer, dans leur ghetto misérable comme dans les milieux branchés de Tel-Aviv. L’accident de voiture dont ses parents, eux aussi chanteurs, seront victimes au retour d’un récital pour un groupe du Parti communiste — le père meurt, la mère est grièvement blessée — le décide à aller jusqu’au bout.

Mais les amours contrariées du jeune couple se déroulent sur une toile de fond plus large. Contrairement à beaucoup de films israéliens comme palestiniens, Jonction 48 s’attaque à une grille de lecture obsolète selon laquelle il faudrait distinguer presque hermétiquement réalité israélienne et réalité palestinienne. Rien, bien sûr, n’est plus faux : le processus de colonisation et de judaïsation se développe de manière continue dans le temps et l’espace.

« Une Nakba qui n’en finit pas »

La condition des Palestiniens diffère, certes, de part et d’autre de la « ligne verte » tracée par les armistices de 1949 : parmi leurs (rares) acquis, les citoyens arabes d’Israël jouissent notamment du droit de voter et d’être élu. De fait, actuellement, treize députés les représentent au Parlement. Mais pour l’essentiel, ils endurent, sous une forme à peine plus soft, les mêmes discriminations que celles subies par leurs frères de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. « Une Nakba qui n’en finit pas, un désastre permanent pour les Palestiniens », estime Aloni, pour qui la seule alternative réside, à terme, dans un « État binational ».

 
JONCTION 48 - extrait 1 on Vimeo

Le cinéaste illustre avec force cette continuité : il met en scène avec une redoutable efficacité le spectacle insoutenable d’une destruction de maison3, l’omniprésence de la police qui harcèle les jeunes, l’expression du racisme le plus grossier jusque dans les boîtes de nuit. Interviewé à la télévision israélienne, Kareem assure que ses chansons ne sont pas politiques. « Je décris seulement l’endroit où je vis », dit-il. Et d’évoquer « la pauvreté, les écoles négligées, la brutalité des policiers à notre égard, leur corruption »…

Et pourtant, jamais Aloni ne tombe dans le manichéisme. Leur combat, Kareem, Manar et leurs amis le mènent contre le pouvoir israélien, mais aussi vis-à-vis de leur propre société, profondément rétrograde. Dès que le talent de la jeune femme à la voix d’or éclate au point qu’elle s’apprête à se produire sur scène avec le groupe et apparaît sur l’affiche annonçant leur spectacle, le machisme traditionnel lui barre la route : ses frères et cousins menacent Kareem. Si elle continue, il leur en cuira. La pression des hommes du clan s’avèrera plus forte que la volonté d’émancipation de Manar et de ses amis. Résumé d’Aloni : « D’ordinaire, l’Arabe est l’objet et le juif le sujet. Ici, j’ai voulu que les Arabes soient le sujet – et c’est pourquoi même le pire des personnages du film est aussi arabe. »

 
JONCTION 48 - extrait 2 on Vimeo

Du massacre à l’expulsion

Le choix de Lod ne doit rien au hasard, pas plus que l’inclusion de « 48 » dans le titre du film. « Toujours ce background de mémoire, de mémoire opprimée, de retour de la mémoire opprimée », résume Aloni. Avant la première guerre israélo-arabe, la cité portait en effet le nom arabe de Lydda. De là et de la ville voisine de Ramla furent expulsés les 11, 12 et 13 juillet 1948 quelque 70 000 Palestiniens — près de 10 % de l’exode total de la guerre4. Auparavant, les troupes israéliennes avaient massacré plus de deux cents habitants. Un général de l’armée israélienne et son adjoint conduisaient l’opération, ordonnée par le premier ministre David Ben Gourion. Le second s’appelait… Yitzhak Rabin. Dans ses Mémoires, le futur cosignataire des accords d’Oslo avait reconnu les faits. Mais ces pages furent censurées. Le New York Times publia le passage censuré, sans que Rabin le remette en cause.

L’acteur qui interprète Kareem, Tamer Nafar, compte avec son groupe DAM parmi les meilleurs rappeurs de Palestine. Lui et le cinéaste se connaissent depuis une quinzaine d’années. « Le hip-hop n’est pas dans ma nature, avoue Aloni. Mais j’y vois une arme de combat pour les faibles, un moyen de rendre universelle une lutte particulière. » Rien d’étonnant si cette musique irrigue nombre de ses films, de Forgiveness à Jonction 48 en passant par Local Angel. D’autant que le jeune acteur-rappeur n’a pas la langue dans sa poche. Ainsi en septembre 2016, lors des Ophir Awards — l’équivalent israélien des Oscars — il choisit avec l’acteur juif Yossi Tzaberi de lire, poings levés, le plus connu des poèmes de Mahmoud Darwish, « Identité » : « Inscris ! Je suis Arabe » (Poèmes palestiniens, éditions du Cerf, 1989).

C’en était trop pour la ministre de la culture, Miri Regev, qui quitta la cérémonie. Depuis, elle s’est vengée : elle menace de ramener le cinéma israélien à l’heure du maccarthysme en conditionnant le financement des artistes à leur loyauté vis-à-vis de l’État. Et Udi Aloni de conclure : « Des films comme les miens ne seront sans doute plus financés. »

1NDLR. Groupe armé sioniste créé en 1931, avec pour objectif la construction d’un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain. Après la proclamation de l’État d’Israël en 1948, la plupart de ses éléments furent intégrés dans l’armée régulière.

2NDLR. Organisation paramilitaire sioniste créée en 1920 et intégrée dans l’armée israélienne en 1948, aux côtés de l’Irgoun et du groupe Stern.

3Trois cents maisons ont été détruites à Lod, et cinq à six mille autres sont menacées de l’être.

4Après les nouveaux historiens, Arie Shavit, un journaliste du quotidien Haaretz a consacré un livre remarquable à ce drame et à bien d’autres de l’époque : My promise Land. The Triumph and Tragedy of Israel, Spiegel and Grau, New York, 2013.

Repost 0
Published by OrientXXI.info - dans Revue de presse
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:33

Plus de 1.000 Palestiniens détenus par Israël en grève de la faim à l'appel de Marwan Barghouti

 
Lorenzo Clément avec AFP
Lundi, 17 Avril, 2017
Humanite.fr
 
 
 
Plus d'un millier de Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont entamé lundi une grève de la faim collective, un mouvement de protestation inédit depuis des années lancé par Marwan Barghouthi, le député palestinien condamné à la perpétuité.
 
Cette grève de la faim vise à "mettre fin aux abus" de l'administration pénitentiaire, a indiqué Marwan Barghouthi, figure de la résistance palestinienne à l'occupation israélienne, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, dans le nord d'Israël. Ce mouvement de protestation faisait lundi la Une des médias palestiniens, tant la question des prisonniers incarcérés par l'Etat hébreu - au moins actuellement 6.500 - est centrale pour les Palestiniens.
 
Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850.000 d'entre eux ont été emprisonnés par Israël, selon leurs dirigeants. Ces dernières années, plusieurs Palestiniens se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre des abus. Elles les ont mené au bord de la mort et se sont conclues par des accords sur leur libération. Certains ont toutefois été arrêtés de nouveau ensuite.
 
Ces initiatives individuelles ont suscité de vifs débats dans la société palestinienne, de nombreuses voix dénonçant des actes dangereux pour ceux qui les mènent et sans impact sur les conditions de l'ensemble des prisonniers. Cette fois-ci, pour la première fois depuis des années, il a été décidé d'un mouvement collectif, pour porter "des demandes humanitaires prévues dans le droit international et reconnues comme faisant partie des droits de l'Homme", a indiqué à l'AFP Fadwa Barghouthi, l'épouse de Marwan Barghouthi, lors d'une manifestation à Ramallah.
 
Les prisonniers demandent entre autres des téléphones publics dans les prisons, des droits de visite élargis, la fin des "négligences médicales" et des mises à l'isolement, ainsi que l'accès à des chaînes télévisées et de la climatisation. La présidence palestinienne a appelé le gouvernement israélien à répondre à ces demandes pour "la liberté et la dignité des prisonniers". La dernière grève massive dans les prisons israéliennes remonte à février 2013, lorsque 3.000 Palestiniens avaient refusé de se nourrir, durant une journée, pour protester contre la mort en détention d'un des leurs.
 
Marwan Barghouthi, est à l'origine de ce mouvement, une "première" depuis son incarcération il y a 15 ans, selon son épouse Fadwa. "Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention", a dénoncé dans sa tribune au New York Times celui qui avait été un des animateurs les plus emblématiques du soulèvement contre Israël entre 2000 et 2005. Il a dénoncé "un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise (...) la résistance palestinienne".
 
Environ 1.300 prisonniers participent au mouvement "et ce chiffre pourrait augmenter dans les heures à venir", a déclaré à l'AFP Issa Qaraqee, chargé de la question des prisonniers au sein de l'Autorité palestinienne.
 
Le Club des prisonniers, l'ONG qui fait autorité dans les Territoires occupés sur la question des détenus a évoqué le chiffre de "1.500" grévistes. Le porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Assaf Librati a parlé d'"environ 1.100" détenus dans huit prisons israéliennes, évoquant "des mesures disciplinaires déjà prises". "L'administration pénitentiaire israélienne ne négocie pas", a-t-il prévenu.
 
Selon le Club des prisonniers, "l'administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes" et certains auraient été transférés vers d'autres prisons.
 
Cette grève de la faim illimitée est lancée à l'occasion de "la journée des prisonniers", observée chaque année par les Palestiniens depuis plus de 40 ans. A l'appel d'ONG, des différents partis et du gouvernement, des milliers de Palestiniens ont défilé dans différentes villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ont constaté des journalistes de l'AFP.
 
Parmi les 6.500 Palestiniens actuellement détenus par Israël, figurent 62 femmes et 300 mineurs. Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés sont aussi emprisonnés.
 
Repost 0
Published by L'Humanité.fr / AFP - dans Revue de presse
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:31
Pourquoi nous sommes en grève de la faim dans les prisons d’Israël
 

Marwan Barghouti, The New York Times, mardi 18 avril 2017

 

 

Prison de Hadarim, Israël — Ayant passé les 15 dernières années dans une prison israélienne, j’ai été à la fois témoin et victime du système illégal israélien d’arrestations collectives arbitraires et des mauvais traitements des prisonniers palestiniens. Après avoir épuisé toutes les autres options, j’ai décidé que le seul choix pour résister à ces mauvais traitements était de se mettre en grève de la faim.

Quelque 1 000 prisonniers palestiniens ont décidé de participer à cette grève de la faim, qui commence aujourd’hui, la journée que nous célébrons ici comme la Journée des Prisonniers. Faire la grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance qui existe. Elle fait souffrir uniquement ceux qui y participent et ceux qui leur sont chers, dans l’espoir que leur estomac vide et leur sacrifice aideront à ce que le message trouve un écho au-delà des limites de leur sombre cellule.

Des décennies d’expérience ont prouvé que le système israélien inhumain d’occupation coloniale et militaire a pour but de briser le courage des prisonniers et de la nation à laquelle ils appartiennent, en infligeant des souffrances à leur corps, en les séparant de leur famille et de leur société, en faisant usage de mesures humiliantes pour les obliger à se soumettre. Malgré de tels traitements, nous ne nous soumettrons pas.

Israël, la puissance occupante, a violé le droit international de multiples façons depuis près de 70 ans, et a cependant bénéficié de l’impunité pour ses actes. Il a perpétré de graves violations des Conventions de Genève à l’encontre des Palestiniens ; les prisonniers, parmi lesquels des hommes, des femmes et des enfants, ne font pas exception.

Je n’avais que 15 ans quand j’ai été emprisonné pour la première fois. J’avais à peine 18 ans quand un interrogateur israélien m’a forcé à écarter les jambes, alors que j’étais debout et dénudé dans la salle d’interrogatoire, avant de me frapper sur les parties génitales. Je me suis évanoui de douleur et la chute qui en a résulté m’a laissé au front une cicatrice pour le reste de ma vie. L’interrogateur s’est ensuite moqué de moi, en disant que je ne procréerai jamais parce que des gens comme moi ne donnent naissance qu’à des terroristes et des meurtriers.

Quelques années plus tard je me suis trouvé de nouveau dans une prison israélienne, menant une grève de la faim, quand mon premier fils est né. Au lieu des bonbons que nous distribuons habituellement pour célébrer de telles nouvelles, j’ai distribué du sel aux autres prisonniers. Quand il a eu à peine 18 ans, il a à son tour été arrêté et il a passé quatre ans dans les prisons israéliennes.

L’aîné de mes quatre enfants est maintenant un homme de 31 ans. Cependant je suis toujours ici, poursuivant ce combat pour la liberté en même temps que des milliers de prisonniers, des millions de Palestiniens et avec le soutien de tant de personnes dans le monde entier. Quel problème y a-t-il avec l’arrogance de l’occupant, de l’oppresseur et de leurs partisans qui les rende sourds à cette simple vérité : nos chaînes seront brisées avant que nous ne le soyons, parce qu’il est dans la nature humaine de répondre à la demande de liberté quel qu’en soit le prix.

Israël a construit presque toutes ses prisons en Israël plutôt que dans les territoires occupés. En agissant ainsi, il a illégalement et par la force transféré les civils palestiniens en captivité, et a utilisé cette situation pour restreindre les visites des familles et pour infliger des souffrances aux prisonniers par de long transports dans des conditions douloureuses. Il a transformé des droits fondamentaux qui doivent être garantis en application du droit international — y compris certains obtenus à grand peine par les grèves de la faim précédentes — en privilèges que son service pénitentiaire décide de nous accorder ou de nous retirer.

Les prisonniers et les détenus palestiniens ont souffert de la torture, de traitements inhumains et dégradants, et de négligences médicales. Certains ont été tués alors qu’ils étaient détenus. Selon le dernier bilan du Club des prisonniers palestiniens, environ 200 prisonniers palestiniens sont morts depuis 1967 à cause de tels actes. Les prisonniers palestiniens et leurs familles demeurent aussi une cible prioritaire de la politique israélienne d’imposition de châtiments collectifs.

Par notre grève de la faim, nous cherchons à mettre un terme à ces mauvais traitements.

Au cours des cinq décennies passées, selon l’association Addameer de défense des droits de l’homme, plus de 800 000 Palestiniens ont été emprisonnés ou détenus par Israël — soit l’équivalent d’environ 40 % de la population masculine des Territoires palestiniens. Aujourd’hui, environ 6 500 d’entre eux sont toujours emprisonnés, avec parmi eux certains qui ont la lugubre distinction de détenir les records mondiaux des plus longues périodes de détention de prisonniers politiques. Il n’y a guère de famille en Palestine qui n’ait enduré de souffrances provoquées par l’emprisonnement d’un ou de plusieurs de ses membres.

Comment rendre compte de cet incroyable état de choses ?

Israël a créé un double régime juridique, une forme d’apartheid judiciaire, qui assure une quasi-impunité aux Israéliens qui commettent des crimes contre les Palestiniens, tout en criminalisant la présence et la résistance palestiniennes. Les tribunaux d’Israël sont une parodie de justice, et sont clairement des instruments de l’occupation coloniale et militaire. Selon le département d’Etat, le taux de condamnation des Palestiniens devant les tribunaux militaires est de presque 90 %.

Parmi les centaines de milliers de Palestiniens qu’Israël a emmenés en captivité il y a des enfants, des femmes, des parlementaires, des activistes, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des universitaires, des personnalités politiques, des militants, des passants, des membres de la famille des prisonniers. Et tout cela avec un seul but : enterrer les aspirations légitimes d’une nation toute entière.

Au lieu de cela, cependant, les prisons d’Israël sont devenues le berceau d’un mouvement durable pour l’autodétermination palestinienne. Cette nouvelle grève de la faim démontrera une fois encore que le mouvement des prisonniers est la boussole qui guide notre combat, le combat pour la Liberté et la Dignité, nom que nous avons choisi pour cette nouvelle étape dans notre longue marche vers la liberté.

Israël a cherché à tous nous marquer au fer en tant que terroristes pour légitimer ses violations du droit, parmi lesquelles les arrestations collectives arbitraires, les tortures, les mesures punitives et le restrictions rigoureuses. Dans la volonté israélienne de saper la lutte palestinienne pour la liberté, un tribunal israélien m’a condamné à cinq peines de prison à perpétuité et à 40 ans de prison au cours d’un procès transformé en spectacle politique qui a été dénoncé par les observateurs internationaux.

Israël n’est pas la première puissance occupante ou coloniale à recourir à de tels expédients. Tout mouvement de libération nationale dans l’histoire peut rappeler des pratiques analogues. C’est pourquoi tant de personnes qui se sont battues contre l’oppression, le colonialisme et l’apartheid se tiennent à nos côtés. La Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers palestiniens que la figure emblématique de la lutte anti-apartheid, Ahmed Kathrada, et ma femme, Fadwa, ont lancé en 2013 depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela sur l’île de Robben Island a bénéficié du soutien de huit lauréats du Prix Nobel de la Paix, de 120 gouvernements et de centaines de dirigeants, de parlementaires, d’artistes et d’universitaires du monde entier.

Leur solidarité révèle l’échec moral et politique d’Israël. Les droits ne sont pas conférés par un oppresseur. La liberté et la dignité sont des droits universels qui sont inhérents à l’humanité, qui doivent profiter à toutes les nations et à tous les êtres humains. Les Palestiniens ne feront pas exception. Seul le fait de mettre fin à l’occupation mettra fin à cette injustice et marquera la naissance de la paix.

Marwan Barghouti est un dirigeant et parlementaire palestinien.

Traduit pour l’AFPS et pour le site Ballast de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

 

pour accéder au texte original (anglais) de l'article : "https://www.nytimes.com/2017/04/16/opinion/palestinian-hunger-strike-prisoners-call-for-justice.html

http://www.france-palestine.org/Pourquoi-nous-sommes-en-greve-de-la-faim-dans-les-prisons-d-Israel

Repost 0
Published by AFPS.org / The New York Times.com - dans Revue de presse
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:09

Franceprésidentconseil municipalmairecitoyen

Bezons appelle la France à reconnaître l’Etat de Palestine

>Île-de-France & Oise>Val-d'Oise>Bezons|M. Len|17 avril 2017, 12h00
 
 

Bezons appelle la France à reconnaître l’Etat de Palestine.

Le conseil municipal vient d’adopter une motion en faveur de cette reconnaissance proposée par le groupe Alternative citoyenne, groupe des élus communistes, Front de gauche et citoyens.

« À ce jour, 137 pays ont déjà reconnu cet Etat », souligne Raymond Ayivi, conseiller municipal délégué à la solidarité internationale et à la culture de la paix. « Le conseil municipal de Bezons demande au président de ne pas rater ce grand rendez-vous de l’histoire », conclut-il dans la lecture de la motion.

Olivier Régis, conseiller municipal d’opposition (ex-LR) n’a pas souhaité prendre part au vote. « C’est bien de le faire aujourd’hui mais si l’on doit adresser un signal au président autant le faire au futur », remarque-t-il.

« Je suis d’accord et on le fera aussi avec le suivant mais il n’en demeure pas moins que François Hollande pourrait de cette façon sortir par le haut », pointe Dominique Lesparre, maire (PC) qui en 2014 avait déjà écrit au Président pour que la France suive la Suède dans la reconnaissance de cet Etat.

 
http://www.leparisien.fr/bezons-95870/bezons-appelle-la-france-a-reconnaitre-l-etat-de-palestine-17-04-2017-6861015.php
Repost 0
Published by Le Parisien.fr - dans Revue de presse
commenter cet article