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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 00:30

03/12/2012

Les travailleurs palestiniens indésirables dans les bus de colons israéliens

 

Des milliers de Palestiniens vont chaque jour travailler en Israël en empruntant les mêmes bus que des colons juifs, des bus pour la plupart conduits par des Israéliens. Une cohabitation forcée de plus en plus tendue comme en témoigne la vidéo de notre Observatrice.

 

Sur ces images, un travailleur palestinien se fait refouler sans raison d’un bus par la conductrice alors qu’il s’apprête à rentrer chez lui en Cisjordanie. Il devra attendre l’arrivée de la police israélienne sur les lieux pour avoir le droit de monter à bord. Il arrive régulièrement que des Palestiniens, qui ont pourtant un permis pour travailler en Israël, obtenu chaque matin après de longs contrôles de sécurité et valable jusqu’au soir même, soient refoulés du bus par le chauffeur, sous la pression de passagers israéliens. 

 

Un travailleur palestinien se fait refouler d'un bus à Tel Aviv. Crédit : eranvered

 

En réponse à ces tensions, le ministère israélien des Transports vient de proposer de créer des lignes de bus séparées. Ainsi, les Israéliens ne se sentiraient plus menacés par la présence, dans le même bus, de Palestiniens que certains assimilent à de potentiels terroristes. Un sentiment d’autant plus fort depuis l’attentat dans un bus de Tel Aviv, le 21 novembre, qui a fait 28 blessés, en réponse à l’opération de "Pilier de Défense" menée par Tsahal à Gaza. En ce qui concerne les Palestiniens, le ministère argue qu’une ligne de transport spéciale leur permettrait de gagner du temps, car ils ne seraient plus contraints de changer de bus à chaque check-point comme c’est aujourd’hui le cas.

 

Mais la proposition du ministère des Transports, suscite l’ire des organisations de défense des droits de l’Homme. "Les arguments sécuritaires et du désengorgement des bus ne doivent pas cacher le racisme latent" de la proposition du gouvernement, a notamment dénoncé Jessica Montell, directrice de l’ONG B’Tselem.

Contributeurs

Hanna Zohar

"Je constate ce type de situation deux à trois fois par semaine"

Hannah Zohar vit à Tel Aviv où elle travaille pour Kav LaOved, une ONG israélienne qui œuvre à la protection du droit des travailleurs. Elle est en charge des travailleurs palestiniens et a tourné la vidéo ci-dessus. 

 

Nous avons tourné cette vidéo le 16 octobre dernier, à la gare centrale de Tel Aviv. J’avais été avertie par le travailleur palestinien que l’on voit à l’image qu’il venait de se faire refouler d’un bus. J’ai donc décidé de me rendre sur place avec un collègue. Nous avons convenu avec le travailleur de prendre place dans le bus avant lui, puis qu’il tente à nouveau de monter pendant que nous le filmerions discrètement. Et ça n’a pas loupé : la conductrice du bus lui a refusé l’entrée dans le véhicule.

 Cet homme travaille près de Tel Aviv et vit en Cisjordanie. Il fait le trajet chaque jour, et comme il le montre dans la vidéo, il détient un permis de travail qui l’autorise à se déplacer entre Israël et les territoires occupés. Le chauffeur n’a donc pas à lui interdire de monter dans le bus.  Il n’a pas été facile de filmer. Comme on le voit, le chauffeur puis les gardes de sécurité nous ont intimé l’ordre d’arrêter de tourner, mais nous avons rétorqué que ce que nous faisions était légal puisque nous étions dans un lieu public.

"Faire deux lignes, c’est aggraver la ségrégation entre les deux peuples"

 Je constate ce type de situation deux à trois fois par semaine. Quand les chauffeurs refusent de transporter des Palestiniens, c’est souvent sous la pression des passagers israéliens, qui disent qu’ils ne se sentiront pas en sécurité sinon. Or, tous les Palestiniens qui montent dans ces bus on forcément passé un check-point de sécurité, soit pour revenir en Israël depuis la Cisjordanie, soit dans l’autre sens.  

Pour moi, créer deux lignes de bus séparées, c’est une idée très dangereuse. Si le gouvernement le fait aujourd’hui pour les Palestiniens venant de Cisjordanie en Israël ; il pourrait aussi le faire demain pour les Palestiniens se déplaçant à l’intérieur d’Israël, et puis pourquoi pas à terme pour les Arabes israéliens... Faire deux lignes, c’est aggraver la ségrégation entre les deux peuples, qui existe déjà dans tant de domaines. Cela me fait penser aux ségrégations entre Noirs et Blancs qui ont eu cours en Afrique du Sud ou aux États-Unis et c’est très inquiétant.


http://observers.france24.com/fr/content/20121203-travailleurs-palestiniens-bus-colons-israeliens-non-grata-israel-palestine


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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 01:20

Colonisation : "Le bras d'honneur d'Israël à la communauté internationale"

Le Point.fr - Publié le 03/12/2012 à 17:29 - Modifié le 04/12/2012 à 18:08

Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestine auprès de l'UE, s'indigne du manque de réactions après l'annonce de nouvelles colonies israéliennes.



À peine admis à l'Assemblée générale de l'ONU, le nouvel État palestinien est-il déjà torpillé ? La décision d'Israël de construire 3 000 logements supplémentaires en territoire palestinien - en Cisjordanie, ainsi qu'à Jérusalem-Est - rend encore plus hypothétique la viabilité sur le terrain d'un futur État palestinien, la Cisjordanie se retrouvant de fait coupée en deux. Représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne, Leïla Shahid explique au Point.fr pourquoi l'indignation de la communauté internationale est purement rhétorique et réclame des sanctions contre l'État hébreu.

 

 

Le Point.fr : Comment avez-vous réagi à l'annonce de nouvelles constructions en territoire palestinien ?

Leïla Shahid : Le but de la construction de la zone E1 (1) est d'encercler Jérusalem-Est, et donc de couper la ville de la Cisjordanie. Tout d'abord, E1 est déjà en partie construite. Les 3 000 nouvelles unités ne vont que couper Jérusalem de la route de Jéricho, qui mène à Amman (Jordanie). Or, cet axe est le poumon de notre État.

Pour la première fois, la communauté internationale a réagi fermement.

Détrompez-vous. Il n'y a rien de nouveau. Ce qu'ont déclaré les États-Unis, la France ou la Grande-Bretagne relève de la position classique de ces pays, chaque fois qu'Israël annonce de nouveaux projets de colonisation. Cela, nous l'entendons depuis maintenant 30 ans. Je remarque au passage que la France n'a même pas pris la peine de convoquer son ambassadeur à Tel-Aviv, ce qui aurait été beaucoup plus fort. Tout cela n'est que rhétorique, et Israël le comprend bien. Avec Benyamin Netanyahou, les paroles ne servent à rien. La preuve, lors de sa dernière visite en Palestine, Hillary Clinton a demandé au Premier ministre israélien de ne pas prendre de mesures de rétorsion.

La presse israélienne parle d'ailleurs de gifle infligée à Barack Obama.

C'est plus qu'une gifle. C'est un bras d'honneur d'Israël à toute la communauté internationale, à tous ceux qui ont voté en faveur d'un État palestinien à l'ONU. Comment pourrait-on expliquer sinon que cette décision a été prise seulement 24 heures après la proclamation de cet État ? Cela ne fait que prouver l'arrogance et le mépris d'Israël à l'encontre de la communauté internationale. Rien ne changera tant que celle-ci ne décidera pas de sanctions.

Quelles seraient-elles ?

Si les États qui ont voté en faveur de l'admission de la Palestine à l'ONU sont réellement sérieux, ils prendraient des mesures de rétorsion économiques et politiques. Une seule personne l'a fait jusqu'ici, c'était Claude Cheysson (ancien ministre des Relations extérieures de François Mitterrand, NDLR). Il y a 30 ans, Israël a décidé de fermer les universités palestiniennes. En conséquence, Claude Cheysson a suspendu les accords de coopération éducative et scientifique entre la France et Israël. On sait aujourd'hui que l'État hébreu profite d'un important programme européen de financement pour sa recherche. L'histoire a montré qu'une suspension de ces accords, ou ne serait-ce que d'une de ses clauses, fait bouger le gouvernement israélien.

Pourquoi la communauté internationale ne bouge-t-elle pas aujourd'hui ?

Claude Cheysson avait la volonté politique. Elle n'existe plus aujourd'hui.

Pourtant, tout le monde s'accorde à dire que rien ne changera tant qu'Obama ne l'aura pas décidé.

Ce n'est pas vrai. Benyamin Netanyahou vient de subir une grande débâcle à l'Assemblée générale de l'ONU, malgré le soutien d'Obama (les États-Unis ont voté contre le changement de statut de la Palestine, NDLR). Le monde est en train de changer. Les États-Unis ne sont plus l'unique hyper-puissance. Les Américains sont obligés de prendre en considération la multipolarité du monde d'aujourd'hui. À l'ONU, en dépit de toutes les pressions exercées sur Mahmoud Abbas, celui-ci est parvenu à décrocher une victoire morale pour la Palestine.

Mais cette victoire, qui ne change rien sur le terrain, n'est-elle pas uniquement symbolique ?

C'est une victoire morale, pas symbolique. Il est important de rappeler au monde que les Palestiniens sont un peuple protégé par des droits inaliénables. Un peuple qui a droit à l'autodétermination, ce qu'Israël semble avoir oublié.

Pourtant, Israël assure qu'aller unilatéralement à l'ONU, c'est violer les accords d'Oslo de 1993.

Ce point n'a pas été évoqué dans ces accords, tout simplement parce que nous n'avons jamais imaginé que nous devrions négocier ce droit à un État. D'autre part, vous me parlez d'initiative unilatérale, mais comment qualifier dans ce cas ce qu'a fait Israël en 1948 (2) ? Le droit à un État ne se négocie jamais bilatéralement.

Israël redoute que vous profitiez de ce nouveau statut pour traduire ses responsables devant la justice internationale.

Mon président (Mahmoud Abbas, NDLR) en décidera à la lumière des événements. Mais nous ne resterons pas les bras croisés pendant qu'Israël continue à confisquer des territoires de notre État. Maintenant, sachez que si la communauté internationale prend des décisions sérieuses et rend Israël responsable de ses actes en prenant des sanctions, nous n'aurons plus besoin d'aller aux tribunaux. Le problème, c'est qu'elle ne met pas en oeuvre les plus de 400 résolutions qu'elle a votées par le biais du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Assemblée générale.

On a le sentiment qu'après la guerre de Gaza, qui a marginalisé Mahmoud Abbas, celui-ci a effectué un dernier baroud d'honneur à l'ONU.

La guerre de Gaza a montré aux yeux de l'opinion publique palestinienne que la lutte pacifique avait échoué. En effet, les longues roquettes du Hamas envoyées pendant huit semaines ont obligé Netanyahou à accepter un compromis, ce qu'il a refusé en 40 ans de négociations avec nous. C'est d'ailleurs pour cela qu'en dernier recours Mahmoud Abbas est allé à l'ONU, lieu le plus multilatéral qui soit. Ce n'est pas un baroud d'honneur, mais un enseignement des leçons tirées.

Accueilli en héros dimanche à Ramallah, Mahmoud Abbas s'est engagé à parvenir à la réconciliation avec le Hamas. N'est-ce pas un voeu pieux ?

La réconciliation est un voeu immense de la population. Alors que mon président prononçait son discours dimanche, tous les Palestiniens scandaient : "Le peuple veut mettre fin à la division". On a également vu que M. Mechaal (responsable du bureau politique du Hamas, NDLR) a soutenu notre initiative, ce qui est une main tendue à la communauté internationale. Hamas ou Fatah, la finalité de notre combat est la même. Il est temps de mettre de côté les ambitions personnelles de part et d'autre. Mahmoud Abbas veut y arriver. Khaled Mechaal aussi.

La guerre de Gaza n'a-t-elle pas enterré la lutte pacifique ?

Vous savez, les Palestiniens ont tellement envie d'une solution politique. Dans la rue, la grande majorité d'entre eux croyaient vraiment que l'admission de la Palestine à l'ONU allait entraîner de rapides conséquences diplomatiques. Mais la vraie question est la suivante : les États qui ont voté pour nous le veulent-ils vraiment ? La guerre de Gaza a rendu le choix d'autant plus clair pour tout le monde. Soit on choisit les missiles et la lutte militaire, soit on préfère la diplomatie. Mais dans ce dernier cas nous devons être soutenus par des décisions sérieuses, comme des sanctions contre les violations israéliennes. Nous, Palestiniens, ne pouvons pas mettre en place les résolutions que la communauté internationale a elle-même votées. La balle est dans son camp.

Click here to find out more!

Propos recueillis par Armin Arefi

 

(1) Les contructions prévues concernent notamment la zone E1, particulièrement controversée car située entre Jérusalem et la colonie de Maalé Adoumim. Ainsi, elle couperait purement et simplement la Cisjordanie en deux.

(2) Le 14 mai 1948, la déclaration d'indépendance d'Israël est prononcée par David Ben Gourion, qui devient le premier Premier ministre de l'État hébreu.


http://www.lepoint.fr/monde/colonisation-le-bras-d-honneur-d-israel-a-la-communaute-internationale-03-12-2012-1538092_24.php

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 01:08

le 5 Décembre 2012

Les Palestiniens mettent en garde Israël contre son projet de colonie

"Si Israël décide de commencer la construction dans le secteur E1 et d'avaliser ces décisions de colonisation, nous considérons qu'il a décidé de mettre fin au processus de paix et à la solution à deux Etats" palestinien et israélien, a affirmé le négociateur palestinien, Saëb Erakat, ce mercredi.

"Ce sera la fin de toute chance de parler de paix à l'avenir", a-t-il ajouté à l'AFP.

Le projet de nouvelles constructions dans le secteur E1 qui relierait Maalé Adoumim à des quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est a franchi une nouvelle étape après avoir reçu l'aval mercredi d'une commission du ministère de la Défense, ont rapporté les radios militaire et publique israéliennes. Le plan a été présenté à la commission de planification du ministère de la Défense, l'"accord final devant venir du niveau politique",s elon une source israélienne citée par l'AFP. Ce projet, s'il était mené à bien, couperait en deux la Cisjordanie et l'isolerait de Jérusalem, compromettant la viabilité d'un futur Etat palestinien.

 

 

 

La direction palestinienne, réunie mardi soir autour du président Mahmoud Abbas, a annoncé qu'elle allait "à titre de première mesure se tourner vers le Conseil de sécurité de l'ONU au nom de l'Etat de Palestine pour demander une résolution contraignante pour qu'Israël arrête ses décisions d'expansion destructrices et toutes les formes de colonisation".

Elle a affirmé qu'elle s'opposerait "fermement aux dernières décisions de colonisation à Jérusalem et dans ses environs, y compris le projet E1, parce que le sort de la solution à deux Etats et l'avenir du processus politique, dépendent de la mise en échec de ce projet, le plus dangereux de l'histoire de la colonisation", a-t-elle ajouté dans un communiqué au terme de la réunion.

  • A lire aussi:

Tel Aviv: rétorsion contre la Palestine

Mahmoud Abbas: "Maintenant, nous avons un Etat"

S.G.


http://www.humanite.fr/monde/les-palestiniens-mettent-en-garde-israel-contre-son-projet-de-colonie-510324

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:55

Thousands of US troops arrive near Syrian shore on USS Eisenhower

Published: 06 December, 2012, 00:04

The USS Dwight D. Eisenhower aircraft carrier steams in Mediterranean waters south of Italy during NATO.(Reuters / Paul Hanna)

The USS Eisenhower, an American aircraft carrier that holds eight fighter bomber squadrons and 8,000 men, arrived at the Syrian coast yesterday in the midst of a heavy storm, indicating US preparation for a potential ground intervention.

While the Obama administration has not announced any sort of American-led military intervention in the war-torn country, the US is now ready to launch such action “within days” if Syrian President Bashar al-Assad decides to use chemical weapons against the opposition, the Times reports.

Some have suggested that the Assad regime may use chemical weapons against the opposition fighters in the coming days or weeks.

The arrival of the USS Dwight D. Eisenhower, one of the 11 US Navy aircraft carriers that has the capacity to hold thousands of men, is now stationed at the coast of Syria, DEBKAfile reports. The aircraft carrier joined the USS Iwo Jima Amphibious Ready Group, which holds about 2,500 Marines.

“We have (US) special operations forces at the right posture, they don’t have to be sent,” an unnamed US official told The Australian, which suggested that US military troops are already near Syria and ready to intervene in the conflict, if necessary.

If the US decides to intervene militarily in Syria, it now has at its disposal 10,000 fighting men, 17 warships, 70 fighter-bombers, 10 destroyers and frigates and a guided military cruises. Some of the vessels are also equipped with Aegis missile interceptors to shoot down any missiles Syria might have at hand, according to DEBKAfile.

“The muscle is already there to be flexed,” a US official told the London Times about the US military’s presence outside of Syria. “It’s premature to say what could happen if a decision is made to intervene. That hasn’t taken shape, we’ve not reached that kind of decision. There are a lot of options, but it [military action] could be launched rapidly, within days.”

The move comes after NATO made a significant strategic decision Tuesday to deploy Patriot Air and Missile Defense Systems in Turkey on the border of Syria where opposition groups have the stronghold. The defense would be able to protect Turkey from potential Syrian missiles that could contain chemical weapons, as well as intimidate Syrian Air Force pilots from bombing the northern Syria border towns, which the armed rebels control. Syria is thought to have about 700 missiles.

“The protection from NATO will be three dimensional; one is the short-range Patriots, the second is the middle-range Terminal High Altitude Air Defense [THAD] system and the last is the AEGIS system, which counters missiles that can reach outside the atmosphere,” Foreign Minister Ahmet Davutoglu said.

DEBKAfile’s anonymous military sources claim the THAD and Aegis arrived at the Syrian coast aboard the USS Eisenhower.

“The United States now stands ready for direct military intervention in the Syrian conflict when the weather permits,” the news source wrote.


http://rt.com/usa/news/us-eisenhower-syria-military-369/

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:50

Les Européens haussent le ton contre Israël

03 décembre 2012 | Par Thomas Cantaloube

En réagissant aussi violemment à l’accession de la Palestine au statut d’État observateur à l’ONU, Israël a choisi l’option de la confrontation. Avec les Palestiniens, bien entendu, mais aussi avec la communauté internationale. L’annonce, samedi 1er décembre, d’un gigantesque projet de construction de colonies dans les territoires occupés suivie, dimanche, de la rétention de 90 millions d’euros de taxes douanières dues à l’Autorité palestinienne sont clairement des représailles de Tel-Aviv.

« Nous avions bien entendu envisagé qu’Israël prenne des mesures de rétorsion suite au vote de l’Assemblée générale des Nations unies, mais nous ne pensions pas qu’elles surviendraient aussi rapidement et de manière aussi confrontationnelle », admet un diplomate français. C’est surtout la première annonce, celle de la construction de 3 000 logements, dans une zone baptisée E1, qui représente un point de passage crucial entre le nord et le sud de la Cisjordanie et vers Jérusalem-Est, qui a le plus irrité. Si de nouvelles colonies venaient à être érigées dans cet endroit, il n’y aurait plus de continuité pour un futur État palestinien et l’accès à Jérusalem-Est deviendrait terriblement compliqué pour les Palestiniens.

Comme l’a confié au New York Times l’ancien ambassadeur américain à Jérusalem Daniel Kutrzer, « il ne s’agit pas juste de quelques maisons supplémentaires à Jérusalem ou sur une colline en Cisjordanie. C’est une des zones les plus sensibles de la région et j’espère que les États-Unis feront respecter la loi. » Ces colonies sont en effet illégales au regard du droit international, ainsi que l’a rappelé, entre autres, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.  

La réaction du gouvernement de Benjamin Netanyahou est à la mesure de la défaite qu’il a subie à New York. Après avoir tenté d’étouffer la résolution, puis après avoir essayé d’obtenir une « minorité morale » (en espérant que tous les « grands » pays voteraient contre l’accession de la Palestine au statut d’observateur), il a dû constater l’ampleur des dégâts. Seules huit voix se sont additionnées à celle d’Israël : celle des États-Unis, du Canada, de la République tchèque et de micros-États du Pacifique habitués à se ranger derrière Washington. Surtout, Netanyahou n’est pas parvenu à convaincre la France, l’Italie ou l’Espagne de ne pas voter pour, et il a dû avaler l’abstention de la Grande-Bretagne et même celle, inattendue, de l’Allemagne.

Les représailles décidées par Netanyahou sont certes celles d’un faucon qui n’a aucune envie de faire avancer la paix et ne veut visiblement pas d’un État palestinien et préfère se contenter du statu quo. Mais elles sont aussi celles d’un dirigeant humilié, qui plus est en campagne électorale pour sa réélection. Son timing est également très malin. Au lieu de « remercier » les États-Unis pour leur appui à l’ONU, il a choisi de les mettre à nouveau dans une position difficile, comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis 2009, à chaque fois sur la question de nouvelles implantations en Cisjordanie. Mais le premier ministre israélien agit au moment où Barack Obama se lance dans un affrontement délicat avec les élus républicains sur les questions budgétaires. Il n’est pas sûr que le président américain souhaite se battre sur deux fronts à la fois contre son opposition. Netanyahou, qui a toujours parfaitement su jouer du Congrès américain, le sait.

« Les Britanniques sont très énervés »

Jusqu’à lundi soir, la condamnation de Washington à l’égard de ces annonces demeurait de pure forme. Mais dans les coulisses du département d’État et de la Maison Blanche, certains ont du mal à digérer les actions de Tel-Aviv. Rahm Emanuel, maire de Chicago, ex-chef de cabinet d’Obama entre 2009 et 2011 (et ancien réserviste de Tsahal), s’exprimant « off » lors d’une conférence à Washington, s’en est pris directement et brutalement à Netanyahou en l’accusant d’avoir trahi, de manière répétée, l’amitié avec les États-Unis et d’avoir embarrassé son allié avec ses mesures punitives contre l’Autorité palestinienne.

Lundi 3 décembre, ce sont les Européens qui sont montés publiquement au créneau. Après qu’une rumeur eut flotté en Israël sur le possible rappel des ambassadeurs français et britanniques, ce qui serait un geste historique, Londres et Paris (mais aussi Madrid, Stockholm et Copenhague) se sont finalement contentées de convoquer les ambassadeurs d’Israël pour leur faire part de leur mécontentement. « Il a été rappelé à l'ambassadeur d'Israël que la France condamne la colonisation israélienne, sous toutes ses formes. La colonisation est illégale au regard du droit international, nuit à la confiance nécessaire à la reprise du dialogue et constitue un obstacle à une paix juste fondée sur la solution des deux États », a déclaré le Quai d'Orsay dans un communiqué. François Hollande a également jugé nécessaire de préciser : « Nous ne voulons pas entrer dans une logique qui serait celle de sanctions, plutôt dans un travail de conviction. Mais le moment est important. Donc, un appel à la responsabilité. »

Plusieurs pays européens ont annoncé qu’ils allaient discuter, dans les jours qui viennent, des suites à donner à cette convocation d’ambassadeurs. « Les Britanniques sont très énervés », confie le diplomate français. « Ils ont le sentiment de ne jamais être entendus par les Israéliens avec qui ils entretiennent pourtant de bonnes relations, meilleures que les nôtres en tout cas. » David Cameron avait notamment écarté un projet du gouvernement travailliste précédent visant à étiqueter de manière spécifique les denrées produites dans les colonies. Aujourd’hui, certaines voix au Foreign Office parlent de le relancer afin de bien faire comprendre aux Israéliens qu’il y aura des conséquences à leur refus de cesser les implantations illégales.

Il y a quelques mois, l’ambassadeur du Royaume-Uni à Tel-Aviv, Matthew Gould, avait prévenu les Israéliens au cours d’une interview : « Le soutien pour Israël s’érode, et il ne s’agit pas des militants qui crient très fort et lancent des appels au boycott, mais plutôt des membres centristes du Parlement (anglais), qui s’inquiètent de l’absence d’avancée vers la paix. Les Israéliens risquent de se réveiller dans dix ans et de découvrir que le niveau de compréhension de la communauté internationale a soudainement changé et que la patience vis-à-vis du statu quo s’est épuisée. » Des paroles certes diplomatiques, mais relativement directes.

Malgré le mécontentement croissant des Européens, le bureau de Benjamin Netanyahou a fait savoir, lundi 3 décembre en fin de journée, que « même sous les pressions internationales, il n'y aura pas de changement à la décision qui a été prise » de bâtir des colonies dans la zone E1.


http://www.mediapart.fr/article/offert/261f84d62286d9a6f5dc3f826c7af384




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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:45

Israeli settlement plans 'threaten two-state solution'

Britain and other EU governments warn Netanyahu he may lose Western support, amid reports that trade deals may be cancelled and ambassadors recalled

Monday 03 December 2012

Britain and other Western states were locked in an escalating diplomatic confrontation with Israel tonight over plans by Benjamin Netanyahu’s government to build thousands of homes in the West Bank and East Jerusalem.

The Israeli envoys to Britain, France, Spain and Sweden were warned that going ahead with the project could jeopardise the peace process and erode Western support for the Jewish state. The UK is also said to be considering cancelling some trade deals and, while reports that the UK and France may withdraw their own ambassadors were played down, officials in London and Paris maintained that the option was on the table.

The settlement plan was presented in Israel as a reaction to Fatah’s successful bid for recognition by the United Nations General Assembly as a “non-member observer state” last week. But the construction of 3,000 homes, particularly in the E1 area, north-east of Jerusalem, would effectively bisect the West Bank and further damage Palestinian aspirations of sharing Jerusalem in a future two-state solution.

There is anger that Israel has ignored the West’s repeated requests not to go ahead with the settlement plans despite being given widespread support during its offensive in Gaza. Furthermore, senior diplomats say, the Israelis were fully aware that the backing for Hamas had risen after its rockets hit Tel Aviv and a district of Jerusalem - at the expense of the Palestinian Authority head Mahmoud Abbas - and going ahead with the construction would further undermine him and the PA. The Israelis were already withholding around £75m needed by the PA to pay civil servants with the Israeli Finance Minister Yuval Steinitz openly stating this was in retaliation for the UN move.

The Foreign Office minister, Alistair Burt, said: “This morning I met the Israeli ambassador to the UK, Daniel Taub, who was formally summoned to the Foreign Office.

“Mr Taub was summoned following the Israeli decisions to build 3,000 new housing units in East Jerusalem and the West Bank, to unfreeze planning in the area known as E1 and to withhold tax revenue from the Palestinian Authority. I set out the depth of the UK’s concern about these decisions and I called on the Israeli government to reverse them. The settlements plan in particular has the potential to alter the situation on the ground on a scale that threatens the viability of a two-state solution.

“I also made clear that the strength of our reaction stems from our disappointment that the Israeli government has not heeded the calls that we and others had made for Israel to avoid reacting to the UN General Assembly resolution in a way that undermines the Palestinian Authority or a return to talks.”

The settlement plan had already been condemned by the US Secretary of State, Hillary Clinton. And the UN Secretary-General Ban Ki-moon has stated the deal would be “an almost fatal blow” to a two-state solution. The EU foreign affairs chief, Catherine Ashton, stressed such expansion “may represent a strategic step undermining the prospects of a contiguous and viable Palestine with Jerusalem as the shared capital of both it and Israel”.

In Paris, France’s Foreign Minister, Laurent Fabius, said Israel’s plans were a “new area of colonisation” and, if confirmed, would “sap the necessary confidence in a resumption of talks”.

Israel, however, remained unrepentant. Mr Steinitz said his government could not have remained indifferent to the Palestinians’ unilateral move at the UN. “I want to tell you that those same Europeans and Americans who are now telling us ‘naughty, naughty’ over our response understand full well that we have to respond, and they themselves warned the Palestinian Authority,” he said.

Yesterday the contentious area, E1, was deserted. There are street lights, electricity cables and water mains, but no houses.

“E1 sits smack in the middle of East Jerusalem, bifurcating the contiguity of land on which the future of a Palestinian state depends, creating two cantons out of the West Bank. This is why E1 is known as the nail in the coffin of the two-state solution,” said Betty Herschman of Ir Amim, a pressure group that advocates co-existence in Jerusalem.

The plans announced this weekend will take at least a year to wind through the Israeli bureaucracy.

Related articles

 


http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/israeli-settlement-plans-threaten-twostate-solution-8375358.html

 

 

   

 

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 01:25

Israeli settlers occupy 5-story house in Palestinian area of East Jerusalem

Published: 03 December, 2012, 17:38

Construction goes on in the Israeli settlement of Pizgat Zeev, in the northern area of east Jerusalem (AFP Photo/Ahmad Gharabli)

Israeli settlers have occupied a five-story house in a Palestinian area of East Jerusalem, allegedly in an effort to establish a new settlement. It comes as the international community condemns Tel Aviv’s plan to build new settlements in the area.

At 2am local time on Monday, the settlers entered the building, switched the locks, and settled inside, Haaretz reports.

The building has remained empty since it was constructed in recent years, except for one Palestinian family living on the top floor.

Peace Now, an organization which calls itself the “leading voice of Israeli public pressure for peace,” has condemned the move in a statement.

"This is a dangerous provocation. Entering homes in the heart of Palestinian East Jerusalem foments friction and heightens tensions in what is already a highly sensitive city,” the statement said.

"Israeli settlements in Palestinian neighborhoods may constitute an obstacle to future negotiation towards an agreement based on two states for two peoples," the statement continued.

Nearby residents say the building was constructed by Palestinians, but was later sold to a settler organization in East Jerusalem. Another building was purchased two years ago by the Elad organization – an association aiming to strengthen the Jewish connection to Jerusalem.

News of the occupation comes just after the international community condemned Israel’s plans to build 3,000 new settlements in Jerusalem and the West Bank, in a move which UN head Ban Ki-moon says “would represent an almost fatal blow to remaining chances of securing a two-state solution.”  

On Monday, a spokesperson for the British Foreign Office told AFP that “the recent Israeli government decision to build 3,000 new housing units threatens the two-state solution and makes progress through negotiations harder to achieve.”

France echoed the same views, writing a letter to the Israeli government which called the decision "a considerable obstacle to the two-state solution."


http://rt.com/news/israel-settlement-jerusalem-occupy-150/

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 01:20

Le Point.fr - Publié le 30/11/2012 à 13:06 - Modifié le 01/12/2012 à 11:3

    

Le coûteux soutien d'Israël aux colonies

La part du budget de l'État israélien dans le développement des colonies ne cesse d'augmenter, même en période de crise...


De notre correspondante à Jérusalem, Danièle Kriegel

 

Quel est le budget exact consacré par le gouvernement israélien au développement des colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ? La question est régulièrement posée et les réponses sont parfois surprenantes. Le 12 novembre, Steinitz, l'actuel ministre israélien des Finances, interviewé par Galei Israël - "les ondes d'Israël" -, une station de radio régionale destinée aux colons de Cisjordanie, a voulu convaincre ses auditeurs que Benyamin Netanyahou, le Premier ministre, avait fait pour eux bien plus qu'on ne le sait. À deux semaines des primaires du Likoud, c'était important

Sans s'embarrasser de précautions oratoires, Youval Steinitz a donc expliqué que, de 2009 à aujourd'hui, le gouvernement avait doublé la part du budget de l'État allouée aux colonies. "Nous l'avons fait en gardant profil bas... En silence, afin que des éléments en Israël et à l'étranger ne viennent pas contrecarrer nos initiatives." Et de donner des exemples : la subvention de trois centres culturels en Judée et Samarie (la Cisjordanie), plus précisément dans les municipalités d'Ariel, Maaleh Adoumim et Kyriat Arba, ainsi que de colonies de la vallée du Jourdain et de la communauté juive de Hébron. Et comme on n'est pas bienfaiteur pour rien, cette même journée, Youval Steinitz recevait une distinction du mouvement des implantations pour sa contribution à leur développement.

"Annexion rampante des territoires palestiniens"

Relayés par le quotidien indépendant Haaretz, ces propos n'ont provoqué aucun scandale. Si ce n'est un éditorial au vitriol du même journal. Intitulé "Comme un voleur dans la nuit", le texte accusait Steinitz d'être le ministre des Finances, non pas de l'État d'Israël, mais de la Judée et de la Samarie : "Steiniz, dans sa tentative de plaire à son électorat, a reconnu que la vraie politique de ce gouvernement est l'annexion rampante des Territoires palestiniens et que la méthode pour parvenir à cet objectif est d'abuser le public israélien. C'est impardonnable. Le fait que bien après, dans le cadre d'une campagne électorale, un des principaux ministres se vante d'avoir agi comme un voleur dans la nuit est une insulte aux citoyens de ce pays et une honte pour le gouvernement..."

Reste que, si les Israéliens souhaitaient connaître les dépenses du cabinet Netanyahou en matière de colonisation, ils n'avaient pas besoin d'attendre les révélations radiophoniques de Youval Steinitz. Le 30 juin dernier, le supplément économique du quotidien populaire Yediot Aharonot a publié un dossier fourni à ce sujet. On y apprend, entre autres, qu'en 2011 ces dépenses ont augmenté de 38 %, alors que l'augmentation du budget de l'État n'a été que de 2,7 %. Sur la période qui va de 1992 à 2011, l'ensemble des sommes versées aux colonies se monte à 27 milliards de shekels (5,5 milliards d'euros). Soit la quasi-totalité du budget de l'État alloué sur dix ans au développement du réseau ferroviaire et routier pour l'ensemble du pays. Même en période de crise, il est des priorités auxquelles Benyamin Netanyahou et Youval Steinitz ne sauraient renoncer.


http://www.lepoint.fr/monde/le-couteux-soutien-d-israel-aux-colonies-30-11-2012-1535710_24.php

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 01:10

L'ONU appelle Israël à ouvrir ses installations nucléaires aux inspections

Créé le 04-12-2012 à 09h10 - Mis à jour à 09h50
 

NATIONS UNIES (Sipa-AP) -- L'Assemblée générale de l'ONU a approuvé à une large majorité une résolution appelant Israël à ouvrir rapidement ses installations nucléaires pour qu'elles soient inspectées.

La résolution, approuvée lundi par 174 voix pour, six contre et six abstentions, appelle l'Etat hébreu à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) "sans délai" et à ouvrir ses installations nucléaires aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Israël, les Etats-Unis, le Canada, les Iles Marshall, la Micronésie et Palau ont voté "non".

Les résolutions adoptées par l'Assemblée générale de l'ONU, qui compte 193 membres, ne sont pas légalement contraignantes, mais elles reflètent l'opinion internationale et ont un poids moral et politique.

Israël a toujours refusé de rejoindre le TNP, tout comme l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, trois Etats possédant des armes nucléaires.

pyr/AP

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121204.FAP7534/l-onu-appelle-israel-a-ouvrir-ses-installations-nucleaires-aux-inspections.html

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 01:00
Témoignage 03/12/2012 à 18h10

Couvrir Gaza, sous les insultes : journaliste, je ne me tairai pas

Caroline Bourgeret | Journaliste

 

(De Gaza) Le cessez-le-feu est effectif depuis plus de trois jours. Les derniers journalistes sont partis ce matin, j’ai tout l’hôtel pour moi. C’est un peu glauque. L’actualité s’est déplacée. Les regards se tournent ailleurs. Gaza retourne à son quotidien et le côté « coupé du monde » se fait soudainement sentir.

La chaise vide, dans une école de Gaza (Caroline Bourgeret)

Je me retrouve seule sur mon lit, avec Twitter et Facebook où pleuvent les messages d’encouragement mais aussi d’insultes. J’entends la mer, les vagues frappent fort ce matin. Il ne fait pas chaud et je reste sous ma couette car ma fenêtre a explosé dans le bombardement de la rue devant l’hôtel mardi dernier. Ils ont mis de la cellophane mais ce n’est pas très efficace contre le froid.

Les critiques sont variées. Ça commence par « manque d’impartialité » parce que j’ai posté la photo d’une salle de classe où une des petites chaises est restée vide hier matin. Et ça va jusqu’aux accusations de gens qui me traitent de « porte-parole du Hamas ».

Il faudrait que ça me fasse rire. Mais je suis épuisée, et ça ne me fait pas rire.

Des ravages dans les murs, sur les corps...

Des enfants jouent dans des ruines (Caroline Bourgeret)

Je suis là depuis une semaine, et je rêve tout simplement d’une douche d’eau douce. Mais je suis à Gaza, et dans cette partie de la ville, l’eau du robinet est très salée. C’est un truc sympa ça. Il n’y a de l’électricité que par intermittence.

Je traîne dans le centre aujourd’hui. La vie a repris. Régulièrement on croise un champ de ruines. Des cratères parfois tellement profonds que tout l’immeuble a disparu dedans. Le point commun entre Gaza et l’Inde, c’est le nombre d’estropiés qui font la manche.

En retirant de l’argent à la banque, je vois un homme assis par terre, amputé des deux jambes. Un vieux. Blessé dans un bombardement israélien il y a longtemps déjà, d’après ce qu’il baragouine. Il y en a des dizaines dans les rues. Les ravages des offensives israéliennes sont visibles partout. Dans les murs, sur les corps, dans les esprits et dans les cœurs.

Je prends un café et une claque

Je prends un café avec un jeune rappeur dont on m’avait donné le contact à Beyrouth (Liban). Il me raconte à quel point ça rend fou de ne pas pouvoir se déplacer :

« Tu conduis au maximum vingt minutes vers le Nord, une demi-heure vers le Sud, et un gros quart d’heure vers l’Est si tu as la chance qu’il y ait des embouteillages. »

Le road trip qui vide la tête, ça n’existe pas à Gaza. Antara a voyagé un peu, en Europe, pour des concerts. Mais ça ne l’intéresse plus vraiment. C’est aux Arabes qu’il veut s’adresser avec sa musique.

« Ce sont eux qui doivent nous soutenir en priorité. »

Comment peuvent-ils vouloir rester ici ? Lui et les autres musiciens font partie de la catégorie des Gazaouis qui n’auraient pas trop de mal à obtenir des visas d’émigration. Mais ce jeune mec, comme la petite cyberactiviste rencontrée une heure après, disent la même chose :

« Ma place est ici, avec les miens. C’est mon devoir d’apporter une pierre à l’édifice de la lutte de notre peuple. »

Je prends une claque. Jamais, nulle part, je n’ai vu autant de courage. Les vieux, les jeunes, les femmes, les hommes, les enfants. Tout le monde est courageux.

C’est un chauffeur de taxi, Mohammed, qui me conduit chez Rana. Il engage la conversation pour savoir ce que je fais encore là. Il me raconte qu’il vient de Bethléem, en Cisjordanie. Toute sa famille est là-bas. Ses parents, ses frères, sa femme et leurs trois enfants. Il ne les a pas vus depuis 2002 :

« Enfin si, deux fois, au passage d’Erez, mais les soldats ne nous ont donné qu’une heure. »

Ces trois petits êtres que je n’oublierai pas

En lisant les textes de Rana sur Internet, j’imaginais quelqu’un de plus âgé. En réalité c’est une petite minette de 21 ans – mais qui à l’air d’en avoir 15 – qui m’ouvre la porte. Sweat à capuche, visage de poupée, 40 kg toute mouillée. Les yeux cernés. Son père est là aussi. Il est chirurgien à l’hôpital al-Shifa. J’en profite pour lui demander des nouvelles du gosse de 11 ans, Mohamad, que j’avais photographié il y a quelques jours aux soins intensifs. Sale blessure à la tête. Pareil pour son cousin et sa cousine.

Je n’oublierai jamais ces trois petits êtres dans le coma, allongés sur des lits les uns à côté des autres. Le docteur dit qu’ils vont aussi bien que possible mais qu’on ne peut savoir s’ils se réveilleront, et dans quel état, pour le moment.

Finalement, je passerai à l’hôpital plus tard dans la journée pour découvrir que Fouad et sa sœur ont été transférés en Egypte. Leurs cas étaient trop graves. Mohamad a repris conscience.

Rana me raconte sa vie pendant deux bonnes heures. Les livres de Noam Chomsky et d’Ilan Pape rapportés avec elle de voyage parce qu’introuvables à Gaza :

« Les livres, ce n’est pas vraiment prioritaire quand on doit déjà utiliser des tunnels souterrains pour faire passer des matériaux de construction et des médicaments. »

Rana ne déteste pas les Israéliens

Elle parle des Israéliens. M’affirme qu’elle ne les déteste pas. Qu’elle fait la différence entre le gouvernement et ceux qui le suivent d’une part, et ceux qui sont conscients des droits bafoués des Palestiniens d’autre part. Elle rêve d’un Etat unique avec Jérusalem pour capitale.

Antara, le rappeur, en rêve aussi.

« Mais ça restera un rêve. Imaginer vivre ensemble n’est plus possible. Il y aurait forcement une vengeance. »

Aucun des deux n’est religieux pratiquant. Ils n’étaient pas vraiment fans du Hamas. Antara s’est même fait arrêter plusieurs fois pour avoir composé des morceaux critiques à leur égard.

Mais après cette guerre, ils n’ont qu’un mot à la bouche : respect. Antara pense que jamais un gouvernement ne les a aussi bien défendus jusqu’à maintenant. Pareil pour Rana. Soutient inconditionnel à la résistance.

Sa version du déroulement du conflit

Elle est furieuse contre les médias « mainstream » comme elle dit. Elle n’aime pas le terme « médias occidentaux », elle trouve ça réducteur. « Plusieurs médias arabes sont sur cette ligne aussi. » Elle insiste sur le vrai déroulement des évènements de ce conflit :

« Tous les médias disent que la guerre a commencé avec l’assassinat d’Ahmed al-Jaabari, un des chefs du Hamas, le 14 novembre.

En réalité, l’armée israélienne a bombardé un terrain de foot le 8 novembre, près de la frontière, à Khan Younès. L’un des jeunes qui jouait avec ses potes est mort, il avait 13 ans.

En représailles, le Front Populaire pour la Palestine (FPLP) a tiré deux roquettes. Le Hamas a négocié un cessez-le-feu via l’Egypte, qu’Israël a brisé en assassinant l’un de leurs responsables une semaine plus tard. »

Rana pense qu’on présente toujours les Palestiniens comme les agresseurs sans jamais se pencher sur le vrai enchaînement des évènements.

Elle a passé la guerre à relayer ce qu’elle voyait sur les réseaux sociaux et à enregistrer le son des bombardements tout autour de chez elle.

Elle me fait visiter sa chambre. Tout est rose bonbon. Elle s’empresse de me dire qu’elle déteste la déco. « Je ne suis plus une gamine. » Ça c’est sûr, ce n’est plus une gamine.

Les gamins de Gaza se marrent comme tous les gamins du monde, mais ils ont par moments dans le regard une gravité qui vous explose le cœur.

Je parcours les photos prises cette semaine.

Je retombe sur ce tract largué par les avions israéliens sur le nord de la bande de Gaza deux jours avant le cessez-le-feu. Un croquis fléché qui ordonne à la population du Nord de fuir vers le centre de Gaza ville, « pour sa sécurité ».

Une fillette : « Laisse-moi venir avec toi »

Des enfants réfugiés auprès de l’UNRWA (Caroline Bourgeret)

Des milliers de personnes ont quitté leur maison en quelques minutes, sans rien pouvoir prendre avec elles. La plupart se sont réfugiées dans des écoles de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

En débarquant dans la cour de l’une d’entre elles, je me souviens avoir découvert un chaos absolu : 2 000 personnes, entassées par groupes de 60 par classe. Une quantité d’enfants impressionnante.

Un tiers de la population a moins de 18 ans à Gaza. Dans l’une des salles, Maram, une fillette de 3 ou 4 ans, m’a sauté dans les bras en me serrant si fort que j’ai failli en perdre l’équilibre. Elle répétait dans mon oreille en arabe : « Laisse-moi venir avec toi. » Il a fallu que sa mère l’arrache littéralement.

Maram, dans une classe d’école (Caroline Bourgeret)

Tous ces gens se sont réfugiés dans le centre-ville, qui a ensuite été bombardé toute la nuit, plus violemment que jamais.

Un des immeuble touchés, où se trouvait notamment la société de production avec laquelle moi et de nombreux autres journalistes français ont travaillé (Caroline Bourgeret)

C’est cette nuit-là que la rue de notre hôtel a été bombardée. Après les multiples missiles ayant touché des bureaux de presse, la quasi-totalité des journalistes présents s’était rassemblée dans deux hôtels qui longent la mer, près du port. L’obus est tombé en face, juste entre les deux, à une quinzaine de mètres.

Toutes les vitres de l’hôtel ont explosé et ce soir encore je m’endors près d’une fenêtre en cellophane. Il est de notoriété publique que la précision des raids israéliens est infaillible.

Cette fois-ci, ils avaient donc décidé de frapper un terrain vague près duquel j’avais fait un direct quelques heures auparavant. Inutile de dire qu’aucun rassemblement de combattants du Hamas n’avait lieu à cet endroit quand la bombe est tombée en nous faisant tous frôler l’arrêt cardiaque.

« Pas des journalistes légitimes »

Le lendemain, au détour d’une rue, je suis tombée sur ce qui restait de la voiture des deux journalistes palestiniens de la télévision Al-Aqsa. Ils sont trois à avoir été visés dans deux différents raids.

Hussam Mohammed Salama, 30 ans. Mahmoud Ali al-Koumi, 29 ans. Deux cameramen qui se rendaient vers l’hôpital de Gaza pour filmer l’arrivée de blessés après un bombardement israélien. Etait-ce cela leur crime ?

Mohammed Mousa Abu Eisha, 24 ans, visé une heure plus tard, mort lui aussi.

Ah ça, ils n’ont pas dû souffrir. En regardant la photo de la carcasse calcinée de la Jeep, je repense aux explications données par l’armée israélienne :

« Ce n’était pas des journalistes légitimes. »

Personne ne s’arrête sur cette déclaration ? Ces deux jeunes hommes travaillaient pour une télévision proche du Hamas, certes. Mais si le monde s’offusque par exemple de l’assassinat de Samir Kassir au Liban, qui était lui aussi un journaliste militant, pourquoi n’assiste-t-on pas aux mêmes cris de protestation à propos de ce qui s’est passé ici ? Quelle est la ligne rouge ? Quelle est la prochaine étape ? Ecrire et parler à haute voix peut-il causer ma mort si j’ai le malheur de déplaire à l’Etat d’Israël ?

La majorité des télévisions étrangères présentes pendant ce conflit ont eu besoin de services techniques et humains sur place. Les sociétés de production à Gaza sont composées d’équipes palestiniennes. Je peux témoigner de leur professionnalisme dans les heures les plus sombres.

Ces producteurs, journalistes reconvertis en « fixeurs » (intermédiaires) pour l’occasion, cameramen, preneurs de son, monteurs, ne méritent-ils pas le même respect que nous autres, journalistes occidentaux ? S’ils travaillent à Gaza, c’est parce qu’ils y vivent, de gré ou de force. Les morts qu’ils filment, ce sont les leurs. Cela leur retire-t-il le droit de faire leur métier ?

Mon travail n’a pas plu à tout le monde

Mon travail n’a pas plu à tout le monde. Mes détracteurs me demandent de donner de « vraies informations » sur Gaza. Mais qu’est-ce que ça veut dire de « vraies informations » ? Je n’ai pas menti, je n’ai pas inventé. Si la description de la vie à Gaza est si accablante pour Israël, qu’y puis-je ? Devrais-je modifier la réalité pour leur faire plaisir ? Pour qu’une partie du monde occidental entende ce qu’elle a envie d’entendre ?

Dire que les conditions de vie à Gaza sont insoutenables et inhumaines ne relève pas du jugement, ni de la prise de partie. C’est un constat. Je n’ai pas rencontré chacun des habitants de Gaza. Mais de tous ceux à qui j’ai parlé, pas un n’a pu me raconter sa vie sans qu’un drame lié au gouvernement israélien n’intervienne. Pas un seul.

Si un journaliste quelconque, venu à Gaza, peut prétendre le contraire, je suis toute disposée à entendre un discours différent du mien. Qu’on vienne me prouver que Gaza, ce n’est pas des familles déchirées par un blocus, des milliers de femmes et d’enfants morts sous les bombes, des paysans dépossédés de leurs terres, des hôpitaux sans moyens, des réfugiés sur trois ou quatre générations.

Je suis payée pour être vos yeux, vos oreilles

Couvrir Gaza, c’est devoir se battre pour faire son métier. Toute information qui sort d’ici est immédiatement remise en cause. Parce qu’elle vient de Gaza. Que Gaza est une honte pour l’humanité mais que les responsables de cette situation sont puissants et que la vérité rendue publique les gêne.

Les gouvernements occidentaux invoquent les droits de l’Homme quand ça les arrange.

A une prétendue objectivité aseptisée et hypocrite, je préfère une honnêteté nue, sans fard et humaine. Je suis payée pour être vos yeux et vos oreilles là où vous ne pouvez être. Est-ce ma faute si la réalité que je rapporte va à l’encontre de certains agendas politiques ?

J’ai été élevée dans une société où la liberté de la presse est sacrée et je n’ai pas choisi de faire ce métier pour abdiquer aujourd’hui devant des intimidations, quelles qu’elles soient.

Si pour rester une journaliste « légitime », il faut falsifier la réalité, alors j’entamerai fièrement une carrière de journaliste illégitime. Je ne me tairai pas.

 

 

http://www.rue89.com/2012/12/03/couvrir-gaza-sous-les-insultes-je-ne-me-tairai-pas-237525#

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