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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 23:15

Syrie. Trump jette de l’huile sur le feu

 
 
 
Gaël de Santis
Vendredi, 7 Avril, 2017
Humanite.fr
 
 
La décision du président Donald Trump risque fort d’accroître les tensions dans la région.
 
Isolationniste, Donald Trump ? Quatre mois après son entrée en fonction, le président des États-Unis, Donald Trump a, dans la nuit de jeudi à vendredi, ordonné des frappes sur la Syrie. 59 missiles Tomahawk, tirés par deux navires états-uniens, l’USS Porter et l’USS Ross qui se trouvent actuellement en mer Méditerranée orientale, ont frappé une base militaire syrienne, dans la région de Homs.
 
Selon le Pentagone, c’était de cette base que sont partis les avions qui ont bombardé Khan Cheikhoun. Suite à ces bombardements mardi, des émanations chimiques avaient fait au moins 86 morts, dont de nombreux enfants. Les États-Unis, la France et l’opposition syrienne avaient directement mis en cause le régime de Bachar Al-Assad parlant d’utilisation d’armes chimiques. Moscou a contesté cette version. Pour la Russie, s’il y a bien eu bombardement de l’armée syrienne, c’est sur un entrepôt tenu par les « rebelles » où étaient stockées des armes chimiques.
 
Le porte-parole du Pentagone, Jeff Davis a fait valoir ce vendredi que la base attaquée avait abrité une partie de l’arsenal chimique syrien avant son démantèlement en 2013.
 
L’attaque a fait des victimes, selon le gouverneur de Homs, Talal Barazi, contacté par l’AFP. « Il y a des martyrs, mais nous n'avons pas encore de bilan ni pour les martyrs ni pour les blessés », a-t-il déclaré par téléphone à l’agence. L’agence de presse syrienne, Sana a, cette nuit, qualifié les faits « d’agression américaine » qui « vient après la campagne médiatique de dénigrement menée par des pays (...) après ce qui s'est passé à Khan Cheikhoun ».
 
L’opération militaire de cette nuit a reçu l’appui d’Israël qui a fait connaître son soutien « total » au « message fort » du président des États-Unis. La coalition de l’opposition a « salué » l’attaque de cette nuit et dit espérer « la poursuite des frappes ». Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères françaises a dit avoir été « informé par Rex Tillerson », le chef de la diplomatie états-unienne cette nuit, des frappes. Il a estimé que celles-ci étaient une « sorte de condamnation » du « régime criminel » de Bachar Al-Assad.
 
La décision du président Donald Trump risque fort d’accroître les tensions et de jeter de l’huile sur le feu dans la région. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur une résolution sur la manière de répondre aux faits de Khan Cheikhoun. Vladimir Poutine, avait, depuis Moscou, jugé « inacceptable » d’accuser le régime de Damas sans preuves. Les Russes, qui ont été mis au courant de l’attaque par ligne sécurisée afin d’éviter tout heurt, avaient fait savoir aux États-Unis qu’une attaque pourrait avoir « des conséquences négatives », selon les termes de leur ambassadeur à l’ONU. « Regardez l’Irak, regardez la Libye », avait-il averti.
 
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a informé vendredi matin que le président Vladimir Poutine estimait que l’attaque de cette nuit était « une agression contre une nation souveraine », conduite « en violation de la loi internationale, et également sous un prétexte inventé. Dmitri Peskov assure que « l’armée syrienne n’a pas d’armes chimiques », ce qui a été « observé et confirmé par l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques, une unité spéciale de l’ONU ».
 
L’attaque des États-Unis, tout comme celle de Khan Cheikhoun, vont, encore une fois éloigner les belligérants de la table des négociations de Genève et d’Astana. C’est dans ces cadres qu’ont été décidés les cessez-le-feu. Alors qu’un nouveau vote est programmé, ce vendredi à l’ONU, les grandes puissances, au lieu de réagir avec une indignation seraient sages de promouvoir la voie du dialogue, certes la plus difficile et la plus tortueuse, mais la seule à protéger réellement les civils.
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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 23:08
Frappes américaines en Syrie : Israël salue le « message résolu » de Washington
 

 

 

Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a été le premier à se féliciter des frappes

Levé aux aurores, Benyamin Nétanyahou a été le premier dirigeant à se féliciter des frappes américaines. Cette promptitude indique que les autorités israéliennes étaient certainement informées des intentions de Washington. Dans un communiqué, le premier ministre a précisé qu'" Israël soutenait pleinement la décision du président Trump et espérait que ce message résolu, face aux actions horribles du régime Assad, résonnera non seulement à Damas, mais à Téhéran, à Pyongyang et ailleurs ".

 

Yaakov Amidror, ancien conseiller pour la sécurité auprès de M. Nétanyahou (2011-2013), considère que l'administration Trump sonne le " retour " américain dans le monde, forte de l'option militaire si nécessaire, en rupture avec l'ère Obama. " C'est aussi un message aux Russes : vous n'êtes plus seuls, ni en Syrie ni au Moyen-Orient, poursuit-il. Et c'est un message à Assad lui-même, qui se pensait sous la protection russe et iranienne, pouvant agir à sa guise. "

 

Cet épisode s'accompagne d'une tension inhabituelle entre Israël et la Russie. Benyamin Nétanyahou et Vladimir Poutine se sont entretenus par téléphone, jeudi. La Russie a peu apprécié la diligence israélienne pour accuser le régime syrien. Dans un entretien au Yediot Aharonot publié le même jour, le ministre de la défense, Avigdor Lieberman, a estimé que l'attaque d'Idlib, mardi, avait été conduite sur " ordre prémédité et direct du président syrien ". " Je le dis avec une certitude de 100 % ",ajoutait-il, sans s'appesantir sur la nature des renseignements dont disposent les Israéliens.

 

Zones tampons

Jusqu'à présent, les Israéliens ne tenaient pas à participer aux discussions sur l'avenir de la Syrie, mais rappelaient sans relâche leurs " lignes rouges " : aucun débordement ou tir frontalier, sur le plateau du Golan, annexé, sans réponse immédiate ; empêcher tout transfert d'équipements militaires lourds au Hezbollah libanais. Israël et la Russie ont mis en place un comité de coordination pour éviter tout incident majeur entre leurs forces. Mais en revendiquant publiquement ses raids aériens, en mettant en accusation le régime de Damas pour le massacre à l'arme chimique, Israël a rompu avec sa réserve formelle, irritant Moscou.

 

Selon le quotidien Haaretz de vendredi, M. Nétanyahou souhaiterait l'établissement de zones tampons, à la frontière syrienne avec Israël ainsi qu'à celle avec la Jordanie. Il se serait entretenu de cette idée, aux contours flous, avec l'administration américaine. Il s'agit notamment d'éviter toute présence permanente, très dangereuse pour Israël, de forces iraniennes ou du Hezbollah libanais.

Piotr Smolar

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/04/07/frappes-americaines-en-syrie-israel-salue-le-message-resolu-de-washington_5107419_3218.html

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 23:04

Pourquoi y a-t-il la guerre en Syrie ?

 
 
 

Orient XXI > Va comprendre ! > Isabelle Avran > 14 novembre 2016
 

En 2011, les peuples tunisien et égyptien parviennent, grâce à des manifestations massives et pacifiques, à faire tomber des régimes dictatoriaux et prédateurs dans des pays où règnent la corruption, les inégalités et la pauvreté, l’arbitraire et l’impunité. Partout dans le monde arabe, les peuples se soulèvent alors, pour la liberté, la démocratie, la justice, la justice sociale. Ce sont les « printemps arabes ». Mais les répressions sont souvent féroces et meurtrières.

En Syrie, de jeunes collégiens écrivent en mars 2011 sur un mur de la ville de Deraa, dans le sud du pays, le mot d’ordre repris en chœur dans les rues ou sur les places de nombre de villes arabes : « le peuple veut la chute du régime ». Arrêtés par les services de sécurité, ils seront torturés. Dès lors, la Syrie elle aussi connaît un vaste soulèvement populaire, rassemblant des centaines de milliers de personnes de toutes confessions. La réponse est massive et immédiate : en quelques mois, les Nations unies déplorent déjà plus de 5 000 morts, mais aussi des centaines d’arrestations et de « disparitions ». Il s’agit de faire peur pour stopper au plus vite la protestation, et aussi de pousser la rébellion à la résistance armée, pour tenter de la délégitimer. Nombre de militaires désertent alors en effet pour participer à la révolution et forment « l’Armée syrienne libre » (ASL), rejoints par des civils. L’ASL parvient à prendre Alep en 2012 et des régions du nord du pays. Mais les forces démocratiques sont peu à peu marginalisées par diverses brigades islamistes sunnites.

Le conflit est syrien, mais il s’inscrit aussi dans un contexte de luttes d’influences des pays ou organisations para-étatiques de la région. Le régime comme les forces rebelles bénéficient d’alliances stratégiques et d’aides financières ou militaires de l’extérieur, ce qui contribue de fait à ancrer dans la durée une guerre dévastatrice qui a déjà fait entre 200 000 et 400 000 morts et des millions de réfugiés sur une population de quelque 20 millions d’habitants. La présence sur le terrain de l’organisation de l’État islamique (OEI, couramment désignée par l’acronyme « Daesh ») permet au président syrien Bachar Al-Assad de se présenter comme un rempart contre le terrorisme islamiste, et de trouver de nouvelles alliances internationales. Le conflit est internationalisé avec, outre les interventions de plusieurs États de la région (Iran, Turquie, Arabie saoudite, Qatar), celles de la Russie, des États-Unis et de la France.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 22:59

« Let it shine » : des solutions solaires pour les soins de santé à Gaza

 

 

#SiègeGaza

Les panneaux solaires installés sur les hôpitaux et les stéthoscopes imprimés en 3D ne sont que quelques-unes des nouvelles idées apportées au secteur de la santé de Gaza

 
Un Palestinien se tient à côté de panneaux solaires installés sur le toit de l'hôpital pour enfants de la ville de Gaza, le 24 février 2014
- Jillian D’Amours's picture
7 avril 2017
Last update:
Friday 7 April 2017 12:42 UTC
 

« Une chose qui ne peut jamais être arrachée à un peuple, c’est le soleil. » Voici l'idée qui sous-tend un effort international visant à apporter l'électricité de manière ininterrompue aux hôpitaux de la bande de Gaza à l’aide de panneaux solaires.

Suite à une campagne de collecte de fonds réussie qui s’est conclue en 2015, les organisateurs soutiennent que le premier centre de santé de Gaza – l'hôpital al-Aqsa à Deir al-Balah – devrait fonctionner 24 heures sur 24 avec de l’énergie renouvelable d'ici la fin du mois d’avril.

« C'est un projet d’environnement durable, a déclaré Ben Thomson, un médecin canadien qui a aidé à lancer le projet. « Cette énergie sera toujours là. C'est une source d'énergie durable qui est exploitée de manière à sauver la vie des gens... c'est une victoire pour tout le monde. »

« Une chose qui ne peut jamais être arrachée à un peuple, c’est le soleil »

Au prix de 200 000 dollars par système, des panneaux solaires seront d'abord installés à l'hôpital al-Aqsa, puis à l'hôpital Kamal Adwan de Beit Lahia et à l'hôpital pédiatrique Rantisi de la ville de Gaza. Un système plus vaste sera également mis en place dans l'hôpital européen de Khan Younès.

Une campagne Indiegogo pour financer le projet de ces hôpitaux a recueilli plus de 215 000 dollars de dons de la part de plus de 1 150 mécènes en 2015.

Les organisateurs se sont associés à Islamic Relief Canada et au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui coordonne le transport de l'équipement –panneaux solaires, batteries et alternateurs – à Gaza.

« La question est de savoir si vous soutenez ou non l’idée de sauver des vies d'enfants. Pensez-vous que les gens devraient avoir accès à l'électricité dans leurs hôpitaux ? Je pense que la réponse est tout à fait claire », a déclaré Thomson à Middle East Eye.

Les coupures de courant mettent des vies en danger

Israël et l'Égypte maintiennent un blocus strict sur Gaza, limitant la circulation des personnes et des marchandises à l'intérieur et à l'extérieur de l’enclave côtière, y compris les matériaux de construction et les fournitures médicales.

Un raid aérien israélien sur la centrale électrique de Gaza en juin 2006 a également marqué le début d'une crise ininterrompue de l'électricité.

En juillet 2015, seulement 45 % des besoins en électricité du territoire étaient satisfaits, a estimé le bureau humanitaire de l'ONU (OCHA). Les pannes d'électricité durent jusqu'à seize heures par jour à travers la bande de Gaza, et les zones fortement peuplées sont particulièrement touchées par les coupures.

Les Palestiniens sont par conséquent obligés de dépendre du fuel pour alimenter des générateurs de secours, mais cette source d’électricité s'est également avérée limitée en raison du prix élevé du carburant et d'un approvisionnement aléatoire qui peut être interrompu à tout moment en raison de la situation politique.

Cela a des conséquences négatives sur les services médicaux et l'accès aux soins.

« Les fluctuations constantes de l’approvisionnement en électricité ont entraîné le dysfonctionnement d’équipements médicaux sensibles, y compris des systèmes à ultrasons et à rayons X, des machines de laboratoire, des moniteurs cardiaques, des stérilisateurs et des incubateurs de nourrissons », a constaté OCHA.

« Les enfants les ramassent et ça leur explose dans les mains. Beaucoup d'enfants ont perdu leurs doigts ou leurs mains après la guerre, alors nous voulons les aider »

Les médecins peuvent également avoir à reporter des actes chirurgicaux facultatifs pour donner la priorité aux procédures d'urgence.

« Je ne pense pas qu'il y ait un mot pour expliquer à quel point cela est important », a déclaré Thomson au sujet des panneaux solaires.

« Lorsque vous êtes dans une salle d'urgence et que vous avez la possibilité d'examiner un patient mais que vous ne pouvez pas le faire parce que vous ne le voyez pas, ou que vous devez introduire un tube thoracique mais ne pouvez pas le faire parce que vous n’y voyez rien, c'est une expérience incroyablement frustrante. »

Alors que l'initiative EmpowerGaza vise à alimenter d'abord les unités de soins intensifs, les salles d'urgence et les salles d'opération des hôpitaux, les services non essentiels devraient également connaître une amélioration, d’après Thomson.

« Cela permettra un meilleur fonctionnement de tous les autres services de l'hôpital », a-t-il estimé.

Des innovations bourgeonnantes en matière de soins de santé

Les panneaux solaires ne sont pas la seule façon dont les Gazaouis cherchent à répondre aux besoins locaux en matière de soins de santé.

Mohammed Abu Matar dirige un projet qui utilise des imprimantes 3D pour fabriquer des équipements médicaux, y compris des stéthoscopes et des membres artificiels.

 

 


Jusqu'à présent, dix stéthoscopes ont été réalisés à l'aide d'une imprimante 3D et ont été distribués aux médecins gazaouis à titre expérimental (avec l’aimable autorisation de Mohammed Abu Matar)

 

« Nous vivons sous blocus et importer des instruments médicaux n'est pas toujours facile », a déclaré Abu Matar à Middle East Eye. Ce Palestinien de 29 ans originaire du camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de Gaza, a expliqué qu'il fallait environ une heure pour fabriquer un stéthoscope à l’aide de l'une des trois imprimantes 3D qu'il a construites pour un coût d'environ 250 à 300 dollars chacune.

Il raconte que l'idée lui est venue en collaboration avec le médecin palestino-canadien Tarek Loubani, un urgentiste qui fait également partie du projet EmpowerGaza.

L'équipe d'Abu Matar a réalisé dix stéthoscopes jusqu'à présent, pour un coût d'environ 5 dollars chacun, une fraction de ce que coûtent les stéthoscopes traditionnels. Le défi aujourd'hui, a-t-il observé, est d’embarquer dans l’aventure les médecins et patients palestiniens.

« Jusqu'à présent, ils ne se sont pas montrés très convaincus par cette idée parce que c'est quelque chose de nouveau et que ce n’est pas la solution traditionnelle », a-t-il dit au sujet des premières réactions des médecins aux stéthoscopes. La réponse des patients aux prothèses a elle aussi été plutôt tiède « parce que c'est quelque chose de nouveau qu'ils ne sont pas habitués à voir, et parce que ça ressemble à une main de robot ».

 

 


Selon Abu Matar, les patients de Gaza ne sont pas encore convaincus par les mains prothétiques fabriquées à l’aide d’imprimantes 3D car elles ont l'air trop robotique (avec l’aimable autorisation de Mohammed Abu Matar)

 

Mais la fabrication rapide et peu onéreuse de prothèses a le potentiel d’aider les nombreux patients de Gaza, en particulier les enfants, qui ont perdu des membres à la suite des guerres précédentes, ou après avoir ramassé les grenades non explosées qui jonchent le sol, a ajouté Abu Matar.

« Les enfants les ramassent et ça leur explose dans les mains. Beaucoup d'enfants ont perdu leurs doigts ou leurs mains après la guerre, alors nous voulons les aider, sans parler de ceux qui ont perdu leurs jambes ou ont d'autres membres endommagés. »

Un investissement nécessaire

Saïd Hassan est gestionnaire de projets à Gaza Sky Geeks, un accélérateur de start-ups basé à Gaza qui a été lancé avec l'aide de l'ONG internationale Mercy Corps.

 

 


Des Palestiniens participent à un week-end consacré aux start-ups dans un hôtel de la ville de Gaza en octobre 2015 (avec l’aimable autorisation de Mercy Corps)

 

« Nous voulons exposer les Palestiniens à l'expertise et aux connaissances internationales et nous essayons de construire un système qui aide les start-ups de Gaza », a déclaré Hassan à Middle East Eye.

Il a ajouté que si Gaza est le foyer d'une population hautement qualifiée et dotée de solides compétences techniques, le principal défi a été d’assurer le financement nécessaire pour soutenir les projets innovateurs.

« La communauté est accueillante vis-à-vis des start-ups, mais en ce qui concerne le système lui-même, nous n'avons pas d'investisseurs locaux capables d’investir dans des start-ups », a-t-il déploré, ajoutant que les ONG et les gouvernements étrangers devraient soutenir davantage les projets développés à Gaza.

« Les jeunes de Gaza sont désireux de faire leurs preuves, de créer quelque chose de nouveau, de changer la réalité dans laquelle ils vivent », a-t-il déclaré. « La première chose est le désir de changer. »

Traduit de l’anglais (original paru le 23 mars 2016).

 

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/let-it-shine-des-solutions-solaires-pour-les-soins-de-sant-gaza-1577691137

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 08:02

Le Monde des Livres

 
 

Israël : polémiques pour un roman

" Sous la même étoile ", de Dorit Rabinyan, histoire d'amour entre un Palestinien et une Israélienne, a fait scandale une fois instrumentalisé par un homme politique

Le regretté Antonio Tabucchi (1943-2012) avait l'habitude de dire à ceux qui voulaient à tout prix accoler l'adjectif " engagé " à son statut d'écrivain et d'intellectuel : " Les étiquettes, c'est bon pour les valises. " Elles sont pourtant difficiles à décoller, et c'est accompagné du sticker " livre à scandale " que le troisième roman de l'Israélienne Dorit Rabinyan arrive sur les tables des librairies françaises, auréolé d'un tapage mondial qui lui valut la " une " du New York Times,après avoir été accusé de menacer " le maintien de l'identité " juive.

 

Rien de moins. Le très beau "Sous la même étoile" a pourtant été écrit comme un texte intimiste, aux accents autobiographiques.

 

Dans les années 1990, Dorit Rabinyan, née en 1972, avait publié un recueil de poésie et deux romans (dont seul Larmes de miel a été traduit en France, Denoël, 2002), très bien reçus. Ce qui aurait dû être le troisième, l'écrivaine, de passage à Paris, raconte l'avoir jeté aux oubliettes, avant de vivre deux années de dépression et une longue période de silence. Et puis, enfin, la lumière. Nom de code : " Le sauvetage ".Un titre de travail choisi autant pour surmonter ce que l'écrivaine nomme sa précédente " défaite "que pour sauver un amour passé, l'artiste Hassan Hourani, auquel le livre est dédié. Rencontré lors d'un long séjour à New York, il s'est noyé dans le port de Jaffa en 2003. " Je voulais, par les mots, le ramener dans le monde des -vivants, et, pendant quasiment toute la durée d'écriture, c'est comme si je lui avais fait du bouche-à-bouche. "

 

Pendant six ans, Dorit Rabinyan peaufine son texte, consciente de ce qu'une histoire d'amour entre une Israélienne et un Palestinien est un sujet plus que miné : " Il fallait à tout prix éviter de romantiser le conflit car, il faut le dire et le -redire, il n'est en aucune façon romantique. Il me fallait protéger la relation entre mes personnages pour qu'elle demeure de l'ordre de l'intime, et ne devienne pas la métaphore de quoi que ce soit. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour éviter ce cliché, en me concentrant au maximum sur mes personnages. " Pour elle, Sous la même étoile est ainsi, avant tout, l'histoire d'un amour " compliqué, parfois aussi décevant ",et dont la fin est " à mille lieues d'être heureuse ".

Néanmoins, Dorit Rabinyan n'écarte pas toute dimension symbolique de son livre. Pesant chacun de ses mots et multipliant les conditionnels, elle avance : "

 

Les juifs sont sortis du ghetto, mais le ghetto ne peut sortir d'eux. Serait-il possible que notre échec à faire la paix vienne de notre besoin de craindre cette paix ? De craindre ce qu'elle engendrerait, une possible assimilation, menaçant dès lors notre identité juive ? Ainsi, Liat, mon héroïne, a peur que son amour pour Hilmi ne la dévore entièrement. " Pour s'en protéger, elle dresse une barrière (gader,en hébreu, raison pour laquelle il est dommage que le titre original, Gader haya, " mur végétal ", n'ait pas été conservé, tant la thématique de la frontière est fondamentale dans ce livre). Liat croit en un amour que Dorit Rabinyan qualifie de " binational " : " Pour vivre en paix, elle veut vivre en voisin avec Hilmi, lequel aurait envie d'une relation plus fusionnelle. Elle veut garder une chambre, un lieu, à soi. "

 

A sa parution, en 2014, le roman est bien reçu et même couronné d'un prix important, le prix Bernstein. L'année suivante, un comité de professeurs recommande qu'il soit étudié au lycée dans les cours d'hébreu. Mais le ministre de l'éducation, Naftali Bennett, chef du parti nationaliste religieux Le Foyer juif, décide, le 30 décembre 2015, de retirer le -roman des programmes scolaires, justifiant sa décision par le fait que les soldats israéliens y -seraient décrits comme des " sadiques ",et que le livre pourrait être lu comme " un encouragement aux unions entre juifs et non-juifs ".

 

Dorit Rabinyan se souvient des insultes, calomnies et menaces, qui l'obligèrent à clore son compte Facebook. De ce crachat lancé à la figure en pleine rue.

 

Mais elle se souvient aussi des messages de lecteurs et du soutien de nombreux écrivains. Ainsi de Svetlana Alexievitch, Prix -Nobel de littérature 2015. Ainsi de ses plus célèbres compatriotes : A. B. Yehoshua, David Grossman, Meir Shalev ou encore Amoz Oz, lequel, avec beaucoup d'humour, écrivit dans le quotidien israélien Yediot Aharonot qu'il était " plus urgent " de retirer du programme " l'étude de la Bible, - laquelle - , en matière de relations sexuelles entre juifs et gentils (...), est mille fois plus dangereuse que le livre de -Dorit Rabinyan ".

 

Une levée de boucliers qui obligea le ministre de l'éducation a tempérer son interdiction : Sous la même étoile ne ferait pas partie du programme obligatoire, mais les enseignants pourraient, s'ils le souhaitaient, le proposer à leurs élèves.

 

Ces derniers, regrette -Dorit Rabinyan, ont pourtant majo-ritairement refusé d'ouvrir ce -livre " de gauche ". Pour autant, le -scandale aura propulsé le roman en tête des ventes : 60 000 exemplaires vendus (ce qui est énorme dans un pays comptant 8 millions d'habitants), dont 5 000 dans la semaine suivant sa mise à l'index. Traduit dans quinze pays, Sous la même étoile est également devenu un best-seller en Alle-magne, en Italie et en Pologne. C'est tout le mal qu'on lui souhaite en France.

Emilie Grangeray

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:54
Val-de-Marne : la maire de Valenton est officiellement palestinienne
 
 
 
 
>Île-de-France & Oise>Val-de-Marne>Valenton|F.D.|02 avril 2017, 10h50 | MAJ : 02 avril 2017, 12h14|16
 
Valenton, samedi. Francoise Baud, maire PCF, a reçu la citoyenneté palestinienne des mains de Noha Rashmawi, représentante de l’ambassadeur de Palestine en France. . LP/F.D
 
 
 
 
F.D.
 
ValentoncitoyennetéPalestinepasseport
 

« Vous ne savez pas combien c’est important ce genre de manifestation », a lancé samedi Noha Rashmawi, aux dizaines de valentonnais réunis samedi sous un barnum près de l’espace Mandela. Une cérémonie était organisée avec les habitants au cours de laquelle la représentante de l’ambassadeur de Palestine en France a remis à la maire (PCF) de Valenton (Val-de-Marne) Françoise Baud la citoyenneté palestinienne, en présence de représentants de l’APJF (association de jumelage entre les camps de réfugiés et les villes françaises).

« C’est un combat qu’elle mène avec sincérité, on est venus la soutenir », glisse une habitante. Le passeport de Françoise Baud lui avait été « délivré » dès mercredi à la Mission de Palestine en France. « Cette citoyenneté, je tiens à la partager pleine d’émotion avec tous les citoyens de Valenton », a expliqué l’élue, qui a cité Nelson Mandela : « Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».

Depuis des années, la ville se bat en effet pour « la reconnaissance de l’Etat de Palestine », et pour la libération de Marwan Barghouti, citoyen d’honneur de la ville. L’événement de samedi a également servi à lancer la campagne de solidarité pour la libération de Jamal Abu-Leil. Le principal artisan du jumelage entre Valenton et Balata (un camp situé à proximité de Naplouse en Cisjordanie), à travers lequel par exemple, depuis septembre 2016, 14 jeunes Palestiniens du camp de Balata apprennent le français, est en rétention administrative depuis un an.

 

http://www.leparisien.fr/valenton-94460/la-maire-de-valenton-est-officiellement-palestinienne-02-04-2017-6817368.php

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:44
Les prisonniers palestiniens se préparent à une grève de la faim de masse
 
 
 
 
 
 
mercredi 5 avril 2017 / 4h:14
Photo : ActiveStills/Oren Ziv
 
Dima al-Wawi, 12 ans, dans les bras de son père son père après avoir été libérée d'une prison israélienne après 75 jours de détention, le 24 avril 2016 - Photo : ActiveStills/Oren Ziv
 
 
 
 
 
 
 
Ma’an News Après que les Palestiniens affiliés au Fatah et détenus dans les prisons israéliennes aient décidé d’organiser une grève massive de la faim qui démarrera le Jour des Prisonniers ce mois-ci, des dizaines de prisonniers palestiniens de tout le spectre politique se sont engagés à y participer.

 

La grève, dirigée par le membre du comité central du parti, Marwan Barghouti, devrait débuter le 17 avril. Elle vise à obtenir une liste de revendications, dont la fin des interdictions et des interruptions dans les visites familiales, des soins médicaux appropriés, la fin de la négligence médicale délibérée et la fin de l’isolement et de la détention administrative.

Un accord de 2012 qui avait mis fin à un mouvement identique de grève de la faim et impliquant environ 2 000 prisonniers palestiniens, était censé en finir avec la politique d’internement israélienne sans procès ou accusation et largement condamnée, mais quelque 536 Palestiniens restent détenus en détention administrative, selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer.

Dans un communiqué publié samedi, le Comité palestinien des prisonniers a déclaré que, outre les 430 prisonniers affiliés au Fatah détenus à la prison de Gilboa qui se sont déjà engagés à entreprendre une grève de la faim, quelque 70 prisonniers du Front populaire pour la libération de la guerre La Palestine (PFLP) et du Front démocratique pour la libération de la Palestine (DFLP) à Gilboa se joindraient également à la grève le 17 avril.

Barghouti, le dirigeant du Fatah dans la prison de Waddah al-Bizreh, qui est emprisonné depuis 15 ans sous le coup de multiples peines d’emprisonnement à perpétuité, a fait savoir que des comités ont été formés à Gilboa pour que la grève réussisse.

Muhammad Abbad, un autre dirigeant du Fatah à Gilboa, a déclaré qu’il estimait que les prisonniers palestiniens de toutes les factions ont une « occasion historique » de se réunir et de placer la question des prisonniers à l’avant-garde sous la direction de Barghouthi.

Plus tard ce samedi, le Comité palestinien des prisonniers a déclaré que tous les prisonniers palestiniens de la prison d’Hadarim, quelle que soit leur affiliation politique, avaient également décidé de se joindre à la grève générale de la faim.

Selon la déclaration, 120 prisonniers palestiniens sont détenus dans la prison d’Hadarim, dont la majorité endurent de longues peines.

Sur les 120 prisonniers, 65 sont affiliés au Fatah, 27 au Hamas, 16 au Jihad islamique, cinq au FPLP et trois au DFLP.

Jeudi, le Fatah a demandé au peuple palestinien et aux militants du monde entier de les soutenir dans leur prochaine grève de la faim.

 

Traitement « brutal et inhumain » des prisonniers par Israël

 

La déclaration dit que la décision de se lancer dans une grève de masse était en réponse au traitement « brutal et inhumain » des prisonniers palestiniens par les autorités israéliennes et au refus de visites familiales régulières.

Parmi les principales revendications portées par la grève figurent le retour de la deuxième visite mensuelle qui a été suspendue par le Comité international de la Croix-Rouge l’année dernière; la fin des interdictions des visites familiales et des refus de visites pour les relations de premier et deuxième degré, la prolongation de la durée des visites de 45 minutes à une heure et demie, et enfin la permission de photographier les prisonniers avec leurs familles tous les trois mois.

L’utilisation israélienne de l’isolement cellulaire pour les prisonniers palestiniens, les méthodes de fouille « provocantes et humiliantes », la mauvaise qualité de la nourriture carcérale, les amendes infligées par Israël, les sanctions collectives, le manque d’éducation accessible, l’interdiction de recevoir des vêtements de l’extérieur de la prison, les restrictions sur les rituels religieux , la négligence médicale « délibérée » et d’autres violations israéliennes [des droits des prisonniers] ont été citées dans la déclaration comme les raisons pde la décision d’organiser la grève de la faim en masse.

Addameer a également appelé « les militants et personnes de conscience » à à participer à des actions de solidarité pour la Journée des prisonniers palestiniens et de faire de tout le mois d’avril un « Mois des prisonniers palestiniens ».

Selon Addameer, 6 500 Palestiniens étaient détenus dans les prisons israéliennes à la date du mois de janvier, dont 53 femmes et 300 enfants.

 

Une oppression séculaire

 

Le groupe a noté que 2017 marque le 100e anniversaire de la déclaration de Balfour, des 70 ans de Nakba et de 50 ans d’occupation militaire – « 50 ans de tribunaux militaires et d’ordres militaires, contrôlant tous les aspects de la vie civile et politique palestinienne ».

« C’est aussi l’année de tenir l’occupation israélienne responsable de ses actes et d’exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques palestiniens », a déclaré le groupe de défense des droits des prisonniers.

« Chaque année, l’armée israélienne arrête des milliers de Palestiniens avec la volonté de supprimer toute résistance à la poursuite des politiques d’occupation et d’apartheid. Parmi ceux-ci, il y a des centaines d’enfants », a déclaré le communiqué, ajoutant que « dans de nombreux cas, les enfants palestiniens sont torturés, maltraités, placés en isolement cellulaire et contraints de signer une confession en hébreu, une langue que la plupart des enfants palestiniens ne comprennent pas. »

« Tous les jours, les prisonniers palestiniens sont sur le front de la lutte, font l’objet d’interrogatoires avec tortures, de raids nocturnes, d’isolement cellulaire et d’attaques implacables contre leurs droits aux mains des forces d’occupation israéliennes. Ces attaques bénéficient de la complicité et du soutien d’entreprises internationales. La ‘Journée des prisonniers palestiniens’ est un moment critique pour se défendre contre la complicité de l’État et de certaines entreprises avec l’enfermement par Israël des prisonniers politiques palestiniens ».

2 mars 2017 – Ma’an News – Traduction : Chronique de Palestine

 

http://chroniquepalestine.com/prisonniers-palestiniens-greve-de-faim-de-masse

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:36

Vidéo de la rencontre avec Orly Noy du 4 avril 2017, à Paris

mercredi 5 avril 2017

Live stream
avec Orly Noy, journaliste, traductrice farsi-hébreu, militante politique israélienne décoloniale membre de Balad/Tajamo (Front national démocratique, parti membre de la Liste Unifiée). Sionisme, colonialisme, ordre raciste de la société israélienne, processus de construction politique de l’identité Mizrahit, relations avec les Palestiniens d’Israël, etc...

Orly Noy était au CICP hier soir pour une rencontre à l’initiative de l’UJFP sur le thème : « Dans la villa dans la jungle, nous n’avons même pas une étagère »,
En voici
le "live stream", à regarder et partager !

Rencontre avec Orly Noy, journaliste, traductrice farsi-hébreu, militante politique israélienne décoloniale membre de Balad/Tajamo (Front national démocratique, parti membre de la Liste Unifiée). Sionisme, colonialisme, ordre raciste de la société israélienne, processus de construction politique de l’identité Mizrahit, relations avec les Palestiniens d’Israël, etc...

 
 
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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:31

Le rôle singulier des combattants d’Asie centrale et du Caucase dans le « djihad mondial »

 
 

Orient XXI > Magazine > Bayram Balci > 13 février 2017

Le 28 juin 2016, des djihadistes originaires d’Asie centrale attaquent l’aéroport d’Istanbul, faisant quarante-quatre morts. Parmi les dizaines d’arrestations liées à l’attentat on retrouve des Ouzbeks, des Kirghizes, des Tchétchènes, des Daghestanais, des Russes. Le 1er janvier 2017, un certain Abdulkadir Masharipov, lui aussi originaire d’Asie centrale, commet la tuerie de la discothèque Reina à Istanbul. Quelles sont les sources et les ressources de ce phénomène djihadiste en ex-URSS et pourquoi vise-t-il la Turquie ?

 

Le djihad a fait une entrée fracassante dans l’histoire contemporaine et le vocabulaire occidental après les attentats du 11 septembre 2001. Pour ceux qui s’enrôlaient alors sur le terrain d’expérimentation qu’était l’Afghanistan, le djihad était cette impulsion pro-occidentale de résistance aux côtés des Afghans contre les envahisseurs soviétiques. Le djihad était un combat reconnu et soutenu en Occident. À l’époque, les moudjahidines afghans étaient reçus sous les ors de la République française autant qu’à la Maison Blanche1. Mais après l’effondrement de l’Union soviétique, il change de cible et de camp, s’en prenant désormais aux valeurs occidentales. D’allié, il devient l’ennemi ; de résistant, il devient terroriste.

En Asie centrale, ce nouveau djihadisme apparaît au début de la décennie 1990, dans la vallée de Ferghana. Cette région densément peuplée et à cheval sur l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan s’est toujours distinguée des grands espaces steppiques par une forte tradition religieuse et identitaire ancrée dans la sédentarité. C’est dans la vallée Ferghana, après la dislocation de l’Union soviétique à la fin de 1991, qu’émergent les premières cellules islamistes fondamentalistes. Dans un souci de renouveau identitaire, elles aspirent à renouer avec la religion et à redéfinir l’ethnicité traditionnelle d’une société enfin libérée de l’athéisme soviétique.

Le phénomène est surtout prégnant chez les Ouzbeks, où cet islam fondamentaliste entre rapidement en confrontation avec le nouveau pouvoir — qui n’a de nouveau que le nom puisque l’appareil bureaucratique, la direction, les méthodes et les valeurs de contrôle autocratiques restent inchangés. À l’indépendance, l’ancien secrétaire général du Parti communiste de la république soviétique d’Ouzbékistan, Islam Karimov, s’installe à la tête de l’État indépendant jusqu’à sa mort en 2016. Conservant le cadre strict de l’ancien régime, il troque l’idéologie communiste contre un discours nationaliste fondé sur une identité ethnique et musulmane, mais fortement opposée à toute forme d’islam politique.

Conscient de sa propre vulnérabilité, Karimov adopte une attitude prudente et conciliante envers les cellules islamistes dont il constate la relative popularité dans la vallée. Toutefois, au fur et à mesure qu’il s’impose à la tête du pouvoir, il passe comme ses homologues des autres ex-républiques soviétiques d’Asie centrale à une logique plus répressive, si bien que les militants radicaux doivent fuir l’Ouzbékistan.

L’étape du Tadjikistan

Ils vont d’abord trouver refuge dans le pays voisin, le Tadjikistan, où la guerre civile qui fait rage sert de terreau fertile à un phénomène djihadiste. Parmi ces forces foncièrement hostiles à tous les régimes post-soviétiques, une mouvance s’impose rapidement, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO), O’zbekiston Islomiy Harakati, animé par deux chefs charismatiques, Juma Namangani et Tahir Yuldashev2.

En 1997, la fin de la guerre civile au Tadjikistan les pousse à nouveau à l’exil. On les retrouve naturellement accueillis par les talibans, en Afghanistan, qui n’est pas pour eux une terra incognita. Curieux destin que celui de certains de ces combattants passés des rangs de l’Armée rouge en guerre contre les moudjahidines à ceux des talibans combattant les occupants américains et occidentaux. Juma Namangani lui-même était parachutiste au sein de l’Armée rouge. Chef militaire du MIO, exilé, déraciné, il rejoint, comme beaucoup, le djihad sans frontières.

Quand le MIO se met en place au Tadjikistan et en Afghanistan, son maître mot est de combattre tous les régimes impies d’Asie centrale, à commencer par celui de Tachkent. Depuis l’Afghanistan et les zones tribales du Pakistan, et après l’intervention militaire américaine consécutive au 11 septembre 2001, le mouvement organise plusieurs attaques armées en Asie centrale, notamment sur les territoires ouzbek et kirghize. Ces actions restent toutefois d’une faible ampleur et n’ont que peu d’impact, car jamais les djihadistes ne parviennent à mobiliser de vrais soutiens au sein de la population.

Cet échec l’amène progressivement à changer d’agenda pour embrasser le djihad mondial aux côtés des talibans et des groupes liés à Al-Qaida. L’élimination des deux leaders Namangani en 2001 et Yoldashev en 2009 par l’armée américaine confirme et accélère l’intégration dans les structures d’Al-Qaida.

Le phénomène djihadiste que connait l’ex-URSS se développe également dans le Caucase du Nord, au sein de la Fédération de Russie, mais sur des bases et des aspirations idéologiques différentes. La guerre d’émancipation en Tchétchénie voit émerger un premier élan djihadiste, qui ne semble être alors que le moteur d’un combat national, voire nationaliste. En effet, le mouvement sécessionniste tchétchène n’a au départ rien d’islamiste. Mais au fur et à mesure que la répression russe s’intensifie, l’élimination de Djokhar Doudaev et Aslan Maskhadov (deux présidents pourtant élus dans le cadre légal de la Fédération de Russie) affaiblit la résistance nationale. Elle renaît de ses ruines, portée par le phénomène djihadiste fortement alimenté par l’extérieur, notamment par des combattants et des financements originaires de pays arabes. La guérilla tchétchène mute et devient un terreau djihadiste regroupé sous la bannière d’un émirat virtuel3.

Éparpillés entre le Caucase et l’Asie centrale, ces branches et groupuscules djihadistes caucasiens et centrasiatiques coopèrent peu entre eux sur le terrain post-soviétique. Les théâtres d’opérations syrien et irakien seront leur point de convergence et d’action commune, notamment à partir de l’émergence de la guerre en Syrie et de l’organisation de l’État islamique (OEI).

Routes tortueuses vers la Syrie

Alors que les combattants originaires du Caucase et de la Fédération de Russie vont directement en Syrie, ceux d’Asie centrale, estimés entre 2 000 et 3 000, empruntent des parcours et des cheminements plus tortueux. La grande majorité d’entre eux ont quitté leur pays d’origine depuis de nombreuses années. Ils ont longtemps combattu en Afghanistan et au Pakistan, où ils s’enlisent dans une guerre sans fin et sans visée internationale. « Démodé », ce djihad ne séduit plus les candidats extérieurs, alors que celui qui agit au Proche-Orient, en Occident et en Syrie capte leur attention.

Un autre groupe est composé de citoyens installés en Russie depuis plusieurs années, poussés à partir par la détérioration de leurs conditions de vie dans les grandes métropoles russes, conséquence de la crise économique de 2008-2010. Leur recrutement ne se fait pas dans des mosquées ni dans des madrasas clandestines et radicalisées, mais le plus souvent sur Internet et les réseaux sociaux4. Les motivations de ces combattants vont du fondamentalisme le plus scriptural au nihilisme le plus barbare et dépourvu de tout fondement religieux. Une première variable dans leur engagement est économique. Pour ceux qui quittent l’Afghanistan et le Pakistan, ils rejettent la logique de djihad pour le djihad, avec comme seul horizon une lutte armée circonscrite.

Un troisième groupe est celui des émigrés « mouhajiroun »5, ces émigrés fuyant avec femmes et enfants « l’impiété » des régimes et sociétés d’Asie centrale, inspirés par l’exemple du Prophète quand il quitta la Mecque pour Médine. Le fait que l’OEI ait proclamé le « califat » — notion fantasmagorique de tous temps mobilisatrice dans les milieux fondamentalistes — exerce un fort pouvoir d’attraction et de migration en terre d’islam6.

La plaque tournante turque

Qu’ils soient originaires d’Asie centrale ou du Caucase, les candidats passent par la Turquie pour des raisons faciles à expliquer. Historiquement, depuis l’avancée de la conquête russe dans le Caucase ou en Asie centrale, la Turquie a toujours été un pays d’exil et de refuge privilégié pour les populations musulmanes persécutées. Longtemps les sultans de l’empire ottoman se sont posés en protecteur des musulmans de l’empire russe, tandis que ce dernier se réclamait lui-même du rôle de protecteur des chrétiens de l’empire ottoman. Cette tradition s’est poursuivie quand la Russie est devenue soviétique et l’empire ottoman la Turquie moderne.

Aussi, Istanbul a été et demeure une importante métropole pour une multitude de communautés caucasiennes qui, bien qu’assimilées, gardent de fortes relations avec leur pays d’origine. Durant la première et deuxième guerre de Tchétchènie, de très importants réseaux de solidarité s’étaient mis en place grâce à des descendants de Nord-Caucasiens en Turquie dont certains sont même allés combattre. De même, l’empire ottoman, la Turquie et Istanbul ont toujours attiré beaucoup de ces émigrés centre-asiatiques fuyant la domination d’un pouvoir « infidèle », qu’il fût russe ou soviétique.

Dans les années 1930, quand des groupes de réfugiés originaires du vaste Turkestan qu’est aujourd’hui l’Asie centrale sont partis en exil, ils ont pour certains trouvé refuge en Turquie. De la même manière, quand le Turkestan chinois est devenu Xinjiang le 1er octobre 1955 au sein de la Chine communiste, c’est en Turquie que certains Ouïghours contraints à l’exil ont trouvé refuge. Certains quartiers d’Istanbul, comme celui de Zeytinburnu, gardent une coloration et une ambiance fortement centrasiatiques. Or, depuis la fin de l’Union soviétique, les liens entre ces descendants de l’émigration originaire d’Asie centrale et du Caucase n’ont fait que se développer.

Par ailleurs, située sur la route du djihad très attractif de Syrie, la Turquie qui partage une frontière de 900 kilomètres avec son voisin, se trouve très fragilisée et perméable au djihad. Embarquée et impliquée dans la guerre civile syrienne, elle est devenue inévitablement une plaque tournante pour les djihadistes de tous bords. Pour des raisons de proximité historique, ethnique et linguistique, les originaires du Caucase et d’Asie centrale y ont trouvé un accueil particulier.

Les djihadistes se retournent contre Ankara

Pour l’OEI, qui développe des cellules en Turquie, ces Caucasiens et Centrasiatiques sont des cibles de choix : ils participent activement au recrutement, font venir des combattants de pays lointains, parlent turc et connaissent la Turquie, et ils ont une motivation aguerrie forgée dans l’exil et le ressentiment. Sur le front irako-syrien, la plupart de ces originaires de l’ex-URSS combattent dans divers groupes djihadistes, mais souvent au sein de l’OEI ou de l’ancien Jabhat al-Nosra devenu Jabhat al-Cham après avoir rompu ses liens avec Al-Qaida. La provenance de l’ancienne Union soviétique et la langue russe sont des facteurs de cohésion dans les groupes ainsi constitués et ajoutent à leur visibilité.

Combattre les cellules djihadistes en Turquie n’est pas une tâche aisée pour Ankara. Tout d’abord, la Turquie ne veut pas et ne peut pas appliquer un régime de visa à tous les pays de l’ex-URSS, car cela coûterait trop cher en gestion et aurait un impact négatif pour son économie fortement dépendante du commerce et du tourisme avec cette région. Ensuite, malgré les bonnes relations entre Ankara et ces pays, leurs services de renseignement et de sécurité ont du mal à travailler ensemble avec efficacité. Ils ne partagent pas la même culture, les mêmes valeurs et les mêmes objectifs dans ce domaine, si bien que la méfiance — voire la défiance — règne et paralyse l’action gouvernementale contre les djihadistes. Pourtant, le fait que l’armée turque soit en guerre contre l’OEI à Al-Bab amplifie l’opposition et la soif de vengeance de ces militants contre la Turquie.

Alors que l’étau se resserre sur l’OEI, en Turquie comme en Asie centrale, on s’inquiète du retour de ces combattants. À priori, le retour en Asie centrale et dans le Caucase est peu probable ; d’ailleurs, cela a rarement été envisagée par ces combattants dont la plupart sont partis pour faire le djihad et mourir en terre de djihad. Mais tous les régimes post-soviétiques disent vivre dans la hantise de ce retour. En revanche, la proximité de la Turquie et le fait qu’Ankara soit désormais officiellement en guerre contre l’OEI rendent le territoire turc encore plus vulnérable. Et les combattants de l’espace post-soviétique, au lieu de rentrer au pays, risquent de chercher à agir en Turquie pour se venger d’Ankara qui, selon leurs propres termes, a rejoint le camp des « infidèles ».

1Nushin Arbabzadah, « The 1980s mujahideen, the Taliban and the shifting idea of jihad », The Guardian, 28 avril 2011.

2Vitali Naumkin, « Militant Islam in Central Asia : The Case of the Islamic Movement of Uzbekistan », Berkeley Program in Soviet and Post-Soviet Studies Working Paper Series, University of California, Berkeley, 2003.

3Gordon Hahn, « Getting the North Caucasus Emirate Right », CSIS, 2012 ; Deirdre Tynan, « Thousands from Central Asia joining ‘Islamic State’ », International Crisis Group, 21 janvier 2015.

6Deirdre Tynan, op. cit.

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 09:27
Val-de-Marne : la maire de Valenton est officiellement palestinienne
 
 
 
 
>Île-de-France & Oise>Val-de-Marne>Valenton|F.D.|02 avril 2017, 10h50 | MAJ : 02 avril 2017, 12h14|16
Valenton, samedi. Francoise Baud, maire PCF, a reçu la citoyenneté palestinienne des mains de Noha Rashmawi, représentante de l’ambassadeur de Palestine en France. . LP/F.D
 
 
 
 
F.D.
 
ValentoncitoyennetéPalestinepasseport
 

« Vous ne savez pas combien c’est important ce genre de manifestation », a lancé samedi Noha Rashmawi, aux dizaines de valentonnais réunis samedi sous un barnum près de l’espace Mandela. Une cérémonie était organisée avec les habitants au cours de laquelle la représentante de l’ambassadeur de Palestine en France a remis à la maire (PCF) de Valenton (Val-de-Marne) Françoise Baud la citoyenneté palestinienne, en présence de représentants de l’APJF (association de jumelage entre les camps de réfugiés et les villes françaises).

« C’est un combat qu’elle mène avec sincérité, on est venus la soutenir », glisse une habitante. Le passeport de Françoise Baud lui avait été « délivré » dès mercredi à la Mission de Palestine en France. « Cette citoyenneté, je tiens à la partager pleine d’émotion avec tous les citoyens de Valenton », a expliqué l’élue, qui a cité Nelson Mandela : « Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».

Depuis des années, la ville se bat en effet pour « la reconnaissance de l’Etat de Palestine », et pour la libération de Marwan Barghouti, citoyen d’honneur de la ville. L’événement de samedi a également servi à lancer la campagne de solidarité pour la libération de Jamal Abu-Leil. Le principal artisan du jumelage entre Valenton et Balata (un camp situé à proximité de Naplouse en Cisjordanie), à travers lequel par exemple, depuis septembre 2016, 14 jeunes Palestiniens du camp de Balata apprennent le français, est en rétention administrative depuis un an.

 

http://www.leparisien.fr/valenton-94460/la-maire-de-valenton-est-officiellement-palestinienne-02-04-2017-6817368.php

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