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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 00:35

Couvre-feu dans le sud de la Tunisie après des heurts entre jeunes

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 02.09.11 | 17h36


 

Des affrontements ont eu lieu ces dernières heures dans deux villes de Tunisie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces de l'ordre ont ouvert le feu pour mettre fin à des combats de rue dans la ville de Sbeïtla, au centre-ouest du pays. Une jeune fille de 17 ans a été tuée, et quatre autres personnes blessées, a indiqué le ministère de l'intérieur. Dans le sud du pays, à Douz, les autorités tunisiennes ont instauré vendredi un couvre-feu après de violents affrontements entre jeunes qui ont fait "plusieurs blessés", a annoncé le ministère de l'intérieur.


Le gouvernement ne précise pas le nombre de personnes blessées à Douz, mais l'agence officielle TAP fait état d'une trentaine de blessés transportés à l'hôpital local. L'armée et la garde nationale sont intervenues pour tenter de mettre fin à ces violences qui n'ont pas cessé malgré leur intervention. Le couvre-feu sera en vigueur de 19 heures à 5 heures locales. Selon la TAP, trois maisons et deux kiosques à essence ont été incendiés lors de ces troubles.


Les heurts qui se sont produits à Sbeïtla sont imputés par certains habitants à des partisans du président déchu Ben Ali qui tenteraient, selon eux, de déstabiliser le pays avant l'élection de l'Assemblée constituante en octobre. La famille de la victime affirme que leur fille a été touchée par balle à la tête, et des habitants et responsables locaux affirment qu'elle est morte lorsque les forces de l'ordre ont ouvert le feu.


"L'armée a tenté de disperser des combats de rue et a ouvert le feu, tuant une jeune fille de 16 ans, Soussane Souidi, a rapporté Adnan Hlali, un habitant joint au téléphone. De nombreuses personnes ont été blessées, dont deux se trouvent dans un état grave." Protestant contre l'intervention armée de la police, la foule a incendié un commissariat, des bus, une gare ferroviaire et un hôpital de cette ville située à 40 km de Sidi Bouzid, berceau historique de la révolution qui a renversé Ben Ali en janvier.


Les violences se sont poursuivies toute la nuit et des renforts de police sont arrivés vendredi à Sbeïtla, où la situation est désormais maîtrisée, selon un autre habitant.


La Tunisie avait vécu une journée de colère, lundi 15 août, contre le gouvernement provisoire de Béji Caïd Essebsi, avec des marches syndicales autorisées à l'appel de l'Union générale tunisienne de travail (UGTT, unique centrale syndicale sous Ben Ali). Les cortèges avaient été dispersés à coups de gaz lacrymogènes par la police dans le centre de la capitale. Lors du soulèvement du 14 janvier qui devait balayer le régime de Ben Ali, l'UGTT a joué un rôle de premier plan dans les régions. Certains de ses dirigeants se sont joints brièvement au gouvernement de transition. La centrale se pose en gardien contre "toute récupération du mouvement révolutionnaire".



http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/09/02/couvre-feu-dans-le-sud

 

Les articles et autres textes publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient (CJPP5), qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 01:00

 

Palestine : un Etat aux forceps

Publié le 31-08-11 à 16:28    Modifié le 03-09-11 à 10:00     par Le Nouvel Observateur   

Le veto de Washington empêchera sans doute la Palestine de devenir dans trois semaines le 194e Etat membre de l'ONU, même si elle doit accéder à un nouveau statut international. Ce qui suffit à inquiéter Israël. Par René Backmann



Un jeune palestinien avec le drapeau national près du mur de séparation. (Abbas Momani-AFP)

Un jeune palestinien avec le drapeau national près du mur de séparation. (Abbas Momani-AFP)
 
(Article paru dans le Nouvel Observateur du 1er septembre 2011)




 
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL
"Croyez-vous que nous avions un autre choix que le recours à l'ONU ? Depuis près de vingt ans, nous avons tout tenté pour préserver ou relancer le processus de paix. Tout : rencontres secrètes, négociations directes sous patronage américain, pourparlers indirects avec navette américaine, échanges discrets ou publics avec représentants du Quartette. En vain. Des personnalités israéliennes et palestiniennes ont présenté en 2003, à Genève, une initiative équitable et réaliste. Encore en vain. Obama, à peine élu, a tenté de mettre son charisme dans la balance. Toujours en vain. Et pendant ce temps, Israël construisait impunément en Cisjordanie un mur de séparation de 700 kilomètres, et augmentait jour après jour la population de ses colonies. Au point que, depuis Oslo, le nombre de colons israéliens a doublé. Et qu'ils sont aujourd'hui un demi-million.”


"Nous sautons dans l'inconnu"
Sa jovialité naturelle atténue l'indignation de ce confident du président palestinien dont le bureau s'ouvre sur des collines ensoleillées hérissées d'immeubles neufs et de grues, témoignages de la fièvre immobilière qui grise Ramallah. Mais, sans quitter des yeux l'écran de télévision où défilent les images de chars et de fusillades reçues de Syrie par Al-Jazeera, il ne cherche pas à cacher son inquiétude à trois semaines du pari diplomatique à haut risque tenté par Mahmoud Abbas : “Nous sautons dans l'inconnu.”


Le 20 septembre, si tout se passe comme prévu, le représentant du Liban, qui préside actuellement le Conseil de Sécurité de l'ONU, présentera au secrétaire général Ban Ki-moon une demande officielle d'admission de l'Etat de Palestine - dans les frontières de 1967 : Cisjordanie, Jérusalem-Est et bande de Gaza - aux Nations unies.








carte palestine






Au moins 124 pays - sur les 193 membres de l'ONU - ont déjà annoncé qu'ils reconnaissent l'Etat palestinien et qu'ils voteront pour son admission. Une vingtaine d'autres au moins auraient, selon le négociateur palestinien Saeb Erekat, promis de les imiter. Le seuil requis des deux tiers de votes favorables (129 Etats) semble donc largement dépassé. Mais, les dirigeants palestiniens le savent déjà, leur pays ne deviendra pas, après le Soudan du Sud, le 194e Etat membre de l'ONU. Il faudrait pour cela le vote favorable de 9 des 15 membres du Conseil de Sécurité, dont, impérativement, celui des cinq membres permanents (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine). Et Washington a déjà annoncé que les Etats-Unis opposeraient leur veto à la demande des Palestiniens.


L'administration Obama épouse désormais la position israélienne
Pourquoi ? Officiellement parce que cette initiative créerait un “fait accompli diplomatique” qui pourrait compromettre une reprise des négociations. En réalité, parce que l'administration Obama, qui épouse désormais la position israélienne, refuse de voir le conflit israélo-palestinien internationalisé et exposé, dans toute sa rudesse, devant le forum des nations. Au mieux, les Palestiniens obtiendront de l'Assemblée générale le curieux statut d'“Etat non membre”, plus propice à l'action diplomatique que leur actuelle position d'observateur. Ce statut - dont dispose aujourd'hui le Saint-Siège - leur permettra de renforcer leur présence au sein des grandes organisations de l'ONU et confortera l'assise juridique de leur combat contre l'occupation et la colonisation israéliennes.


Envisagé depuis plusieurs années, le recours aux Nations unies est devenu inévitable aux yeux des responsables palestiniens après l'échec de la dernière phase des négociations, en septembre 2010. En refusant le gel des constructions dans les colonies que réclamait le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Nations unies) et qu'exigeaient les Palestiniens pour reprendre le dialogue, Benyamin Netanyahou a satisfait son électorat et affirmé sa fidélité à ses convictions idéologiques, mais il a contraint Mahmoud Abbas à changer de stratégie plus vite que prévu. Les brevets de bonne gestion décernés en 2010 au Premier ministre Salam Fayyad par le FMI, la Banque mondiale et l'ONU, qui jugeaient l'Autorité palestinienne assez performante pour assumer les responsabilités d'un Etat, avaient rassuré les Palestiniens et leurs partenaires sur la perspective de l'indépendance. Mais nombre de conseillers de Mahmoud Abbas estimaient que l'édification et le rodage des institutions de l'Etat pouvaient aller de pair avec la poursuite des négociations.






Ce
Ce sCe sont les initiatives unilatérales de Netanyahou en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la passivité de Barack Obama, révélatrice de son affaiblissement face au Premier ministre israélien et l'impuissance du Quartette qui ont précipité le choix des dirigeants palestiniens. “Au rythme où Israël réquisitionne les terres, constitue des réserves foncières pour l'expansion des colonies et construit en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, il n'y aura bientôt plus rien à négocier, constate Khalil Tafakji, ancien cartographe de la délégation palestinienne. En dehors de quatre cantons autour des villes principales, qui représentent moins de 40% du territoire, Israël contrôle la majorité de la Cisjordanie. Dans l'indifférence générale. Et je ne suis pas sûr que notre offensive aux Nations unies puisse y changer quelque chose.”






Carte de cisjordanie






La négociation bilatérale qui a, depuis vingt ans, la faveur d'Israël et des Etats-Unis nous a conduits dans une impasse, constate Ghassan Khatib, politologue devenu porte-parole de l'Autorité palestinienne. Les Israéliens sont trop forts pour faire des concessions. Nous sommes trop faibles pour faire autre chose que dénoncer leur arrogance. Pourquoi l'approche multilatérale qui caractérise notre recours à l'ONU les indispose-t-elle ? Parce que la stratégie israélienne, que soutient Washington, est fondée sur une politique de puissance et de mépris du droit international qui s'accommode du huis clos diplomatique. Si elle est exposée aux regards de la communauté internationale, les véritables raisons du blocage des négociations vont devenir manifestes. Ce qui ne manquera pas d'accroître l'isolement d'Israël, de souligner l'embarras et l'hypocrisie de Washington, de révéler les divisions de l'Union européenne et la faiblesse des Arabes. Nous nous serions bien passés de ces dommages collatéraux mais les dés sont jetés.”


“Plusieurs millions d'euros” de munitions et de matériel antiémeutes
Pour associer l'opinion publique à son offensive diplomatique, l'Autorité palestinienne a prévu l'organisation en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, de manifestations populaires “puissantes et pacifiques”. Elles devraient, pour éviter tout risque de dérapages violents, rester à distance des colonies, des points de passage de la barrière de séparation et des postes militaires israéliens. Des réunions de préparation entre officiers des services de sécurité israéliens et palestiniens se tiennent depuis plusieurs semaines. Pour plus de précaution, le ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, a cependant admis avoir acheté “plusieurs millions d'euros” de munitions et de matériel antiémeutes et engagé une campagne de collecte de renseignements dans les territoires palestiniens.

Un risque de “tsunami diplomatique”...
Présentée par certains analystes israéliens comme un risque de “tsunami diplomatique”, l'initiative palestinienne est en réalité davantage considérée comme une gêne - un “changement des règles du jeu” - que comme un véritable danger. Au ministère des Affaires étrangères, où l'on n'espère plus convaincre 50 à 70 pays de voter contre l'admission de la Palestine à l'ONU, un diplomate demande, ironique, “ce que les Palestiniens vont bien pouvoir faire de tous les soutiens qu'ils auront reçus, une fois qu'ils seront rentrés à Ramallah”. Le chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, jamais avare d'un excès de langage, annonce “la préparation par l'Autorité palestinienne d'un bain de sang” et propose “d'abolir les accords d'Oslo”. Le vice-Premier ministre Moshe Ya'alon, ancien chef d'étatmajor de l'armée, propose de “donner aux Palestiniens une leçon qu'ils n'oublieront pas”. D'autres responsables menacent de fermer tous les points de passage entre Israël et le territoire palestinien, de couper l'eau et l'électricité, livrées par Israël et de ne plus verser les taxes perçues par les douanes israéliennes au nom de l'Autorité palestinienne.

"Dans tous les cas, le chaos nous guette"
Quelle serait alors la réponse palestinienne ? La démission de Mahmoud Abbas ? Possible. “Il a 76 ans, sa santé est précaire, il rêve de voir grandir ses petits- enfants”, constate l'un de ses conseillers. Un ministre envisage la dissolution pure et simple de l'Autorité palestinienne, le désarmement de ses forces de police, le transfert de l'administration des territoires occupés à la puissance occupante. Un ancien du Fatah plaide pour “une intifada populaire non violente”. “Dans tous les cas, prévient Ghassan Khatib, le chaos nous guette.”

D'autres, comme le philosophe Sari Nusseibeh, estiment qu'il est désormais trop tard pour espérer la coexistence de deux Etats et que les Palestiniens doivent se résigner, au moins pour un temps, à une “vie décente” dans un Etat unique israélo-palestinien. “Ce que je redoute surtout, après septembre, c'est la déception, la frustration, la colère de mes compatriotes s'ils constatent que leur vie quotidienne ne s'améliore pas et que leur aspiration à un Etat indépendant a été trahie, s'inquiète Akram Haniyeh, directeur du quotidien «Al Ayyam» à Ramallah. Avant le vote de l'ONU, il faut que nos dirigeants disent la vérité au peuple.”


René Backmann-Le Nouvel Observateur
(Article paru dans "le Nouvel Observateur" du 1er septembre 2011)




http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...


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Har Homa, au sud de Jérusalem, colonie construite à l'initiative de Benyamin Netanyahou. (Yuval Nadel-AFP)
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 00:53

  le 2 Septembre 2011

Détérioration des relations entre la Turquie et Israël


 

La Turquie a expulsé l'ambassadeur d'Israël vendredi, au lendemain de la sortie d'un rapport de l'Onu condamnant le raid israélien contre un navire à destination de Gaza en 2010 qui avait fait neuf morts.


"Les relations diplomatiques entre la Turquie et Israël ont été abaissées au niveau du deuxième secrétaire d'ambassade. Tout le personnel au-dessus du niveau du second secrétaire rentrera dans le pays mercredi au plus tard", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

 

L'ambassadeur d'Israël en Turquie, Gabby Levy, qui se trouvait en Israël, a renoncé jeudi à regagner son poste.

 

A la suite de l'annonce d'Ankara, Israël a dit vouloir renouer des relations diplomatiques normales avec la Turquie, tout en refusant de présenter des excuses officielles. Les autorités israéliennes se sont contentées de déplorer la mort des personnes à bord.

 

Irritée par le refus d'Israël de présenter des excuses officielles, de verser des dédommagements aux familles des victimes et de cesser le blocus de Gaza, la Turquie a donc décidé de revoir ses relations diplomatiques avec l'Etat hébreu.

 

Des commandos israéliens étaient intervenus le 31 mai 2010 pour arraisonner le Mavi Marmara, un navire faisant partie d'une flottille qui tentait de rallier l'enclave palestinienne pour y apporter de l'aide humanitaire. Lors de l'assaut, neuf militants turcs pro-palestiniens avaient été tués. A la suite du raid meurtrier, la Turquie avait rappelé son ambassadeur en Israël, suspendu les exercices militaires conjoints et interdit l'accès à son espace aérien à l'armée israélienne.

 

 

Suspension des accords militaires

Un rapport de l'Onu, dont certains extraits ont été publiés par le New York Times, juge "excessive et déraisonnable" cette intervention militaire mais considère légal le blocus imposé par Israël contre la bande de Gaza. Ahmet Davutoglu a par ailleurs estimé qu'Israël était responsable de la situation de tension entre les deux pays et a précisé que la Turquie ne reviendrait pas en arrière tant que ses demandes pour résoudre cet incident ne seront pas acceptées.

 

Le ministre turc a ajouté qu'Ankara suspendait en outre ses accords militaires avec Israël et que les autorités turques ne reconnaissaient pas la légalité du blocus israélien sur Gaza. L'Etat hébreu impose un blocus partiel à la bande de Gaza contrôlée depuis juin 2007 par le mouvement islamiste du Hamas.

 

D'après un responsable israélien, Israël devait moderniser des chars et des chasseurs F-16 turcs et vendre des drones à Ankara. "Nous étudions les conséquences de l'annonce turque".

Le chef de la diplomatie turque a promis par ailleurs de demander à la justice internationale de se prononcer sur le bien-fondé du blocus israélien. "La Turquie ne reconnaît pas le blocus de Gaza et va s'assurer de la légitimité du blocus auprès de la Cour internationale de justice. Nous commençons à lancer des initiatives pour que l'assemblée générale de l'Onu se penche sur la question".

 

Le Hamas a salué la décision turque.

"Le mouvement Hamas se réjouit de la décision turque et le renvoi de l'ambassadeur israélien en Turquie et considère cela comme une réponse naturelle au crime israélien commis contre la flottille de la Liberté et la poursuite du blocus de Gaza", a déclaré le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zuhri.

Le rapport doit être formellement remis au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, vendredi. La publication du rapport de la commission  d'enquête, présidée par l'ancien Premier ministre néo-zélandais Jeffrey Palmer, avait été reportée à plusieurs reprises pour permettre un rapprochement entre les deux pays.

 

 

http://www.humanite.fr/monde/deterioration-des-relations...

 

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 00:50
Le Monde diplomatique

 

 

Septembre 2011

 

Ces soldats qui brisent la loi du silence

« Je vais vous dire quand j’ai vraiment flippé. On était en train d’intervenir à Gaza ; on se trouvait dans une tranchée et des enfants se sont approchés et ont commencé à nous lancer des pierres. Les instructions stipulaient que lorsqu’il [un Palestinien] se trouve dans un périmètre où il peut nous toucher avec une pierre, il peut aussi nous atteindre avec une grenade ; alors je lui ai tiré dessus. Il devait avoir entre 12 et 15 ans. Je ne pense pas l’avoir tué, j’essaie de m’en persuader pour avoir l’esprit tranquille, pour mieux dormir la nuit. J’ai flippé lorsque, pris de panique, je suis venu raconter à mes amis et à ma famille que j’avais visé quelqu’un et que je lui avais tiré dans la jambe, dans le derrière. Ils étaient tout contents : je suis devenu un héros, et ils ont tout raconté à la synagogue. Moi, j’étais en état de choc. »

« Que vouliez-vous que les parents de ce soldat disent à leur fils ?, interroge M. Avihai Stoler, un ancien soldat qui a recueilli certains témoignages du livre Occupation of the Territories. « Ne t’inquiète pas, fiston ; tu as tué un gosse, et alors ? » Les parents préfèrent ne pas s’intéresser à son tourment.

Occupation of the Territories est un recueil de témoignages de soldats et de soldates servant ou ayant servi dans diverses unités de l’armée israélienne, en Cisjordanie et à Gaza, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000. C’est de loin l’ouvrage le plus complet sur le modus operandi israélien dans les territoires occupés. On n’y trouve aucune révélation sur les décisions prises au plus haut niveau ou dans les coulisses, mais des éléments sur la réalité brute et quotidienne du contrôle militaire sur les foyers et les champs des Palestiniens, sur leurs ruelles et leurs routes, leurs biens et leur temps, sur la vie et la mort de chaque habitant de Cisjordanie et de Gaza.

« C’est l’histoire d’une génération, de notre génération »

Selon des sources fiables, quarante à soixante mille Israéliens ont rejoint des unités de combat au (...)

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Meron Rapoport.

Armée, Jeunes, Violence, Conflit israélo-palestinien, Israël, Palestine

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Meron Rapoport

Journaliste, Haaretz, Tel-Aviv.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 00:50

 

 

Septembre 2011

Le « mouvement des tentes » dénonce la vie chère

Indignation (sélective) dans les rues d’Israël

Tandis que les relations avec l’Egypte se tendent, les Israéliens manifestent en masse contre la dureté de leurs conditions de vie. Le mouvement témoigne d’un réveil inattendu de la société. Toutefois, se tournant principalement vers les classe moyennes, il n’inclut pas encore les catégories les plus défavorisées.

Par Yaël Lerer

Qu’est-ce qui a poussé la jeune Daphne Leef, 25 ans, à créer un groupe Facebook pour diffuser l’idée d’un campement de protestation à Tel-Aviv ? Une seule réponse : le logement. Dans la capitale israélienne, le loyer d’un appartement de deux ou trois pièces a augmenté de 11 % en un an. Passé de 742 euros en moyenne l’année dernière à 827 euros cette année, il engloutit une part exorbitante des revenus des locataires, bien au-delà de la norme internationale des 30 %. Comme beaucoup de ses proches, Mme Leef a dû quitter son appartement en centre-ville sans disposer de solution de rechange.

Au jour dit, le 14 juillet, une centaine de jeunes, issus pour la plupart des classes moyennes supérieures, ont donc planté leurs tentes sur le boulevard Rothschild. Une semaine plus tard, l’artère centrale de la capitale était couverte de plusieurs centaines de tentes, tandis qu’une manifestation rassemblait vingt mille personnes dans les rues de la ville. Un peu partout dans le pays, d’autres mécontents, issus de catégories moins aisées, se joignaient au mouvement en allant camper sur les places publiques. Le 6 août, trois cent mille personnes défilaient à Tel-Aviv en chantant « Le peuple veut la justice sociale ».

Les Israéliens subissent en effet une forte érosion de leur niveau de vie. Le marché du travail est de plus en plus étroit, tandis que les coupes dans les budgets sociaux se multiplient et que les services publics se dégradent.

L’économie israélienne a été l’une des premières du monde à souscrire aux dogmes monétaristes du « consensus de Washington ». En 1985, le gouvernement d’union nationale élabora un plan de stabilisation économique pour faire face à la crise intérieure du début des années 1980, quand l’inflation culminait à près de 450 %. Le premier ministre Shimon Pérès, alors à la tête du Parti travailliste, avait concocté ce plan avec son ministre des finances Yitzhak Modaï (Likoud) et avec Michael Bruno, gouverneur de la Banque centrale devenu par la suite économiste en chef à la Banque mondiale.

Influencé par (...)

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Yaël Lerer.

Économie, Finance, Inégalités, Jeunes, Judaïsme, Logement, Mouvement de contestation, Racisme, Conflit israélo-palestinien, Israël, Palestine

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Yaël Lerer

Fondatrice de la maison d’édition Andalus, Tel-Aviv.

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 00:55
Le Monde diplomatique

 

 

Septembre 2011

Entre rivalités tribales et intervention occidentale

Libye, les conditions de l’unité nationale

Si la fin du régime de M. Mouammar Kadhafi conforte l’élan des révoltes dans le monde arabe, en particulier en Syrie, beaucoup reste à faire pour construire la paix. Le Conseil national de transition, qui promet des élections, va devoir démonter un à un les piliers du régime et apprendre à travailler avec les tribus — notamment celles de l’Ouest, qui ont joué un rôle décisif dans la bataille.

Par Patrick Haimzadeh

Après les révoltes tunisienne et égyptienne, qui avaient provoqué en quelques semaines le départ de deux autocrates, de nombreux observateurs ont voulu croire qu’il en serait rapidement de même avec l’insurrection libyenne du 17 février 2011. Devant les images des rebelles de Cyrénaïque s’élançant début mars sur leurs pick-up dans le désert, en direction de l’ouest, on ne pouvait qu’être ému, en effet, par l’enthousiasme et le courage de ces jeunes combattants qui affirmaient pouvoir « libérer » Tripoli en deux jours. 

Et pourtant, après plus de six mois de guerre civile et huit mille missions de bombardement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les fronts de Brega et Misrata n’avaient que peu évolué. Les actions décisives au plan militaire qui ont conduit en quelques jours à la chute de Tripoli n’ont pas été conduites par ces populations de l’Est, mais principalement par celles de quelques villes de l’Ouest emmenées par une grande tribu arabe des montagnes de l’Ouest (djebel Nefoussa) : les Zintan. 

Pour comprendre cette guerre civile et les immenses défis de l’ère post-Kadhafi, il faut revenir sur les principales spécificités du régime en place depuis quarante-deux ans. Le système de pouvoir jamahirien — de Jamahiriya, « Etat des masses » — reposait sur trois sources de légitimité : révolutionnaire, militaire et tribale. Ces trois leviers, qui ont permis d’assurer sa longévité, ont continué à fonctionner, quoique sur un mode dégradé, au cours des six derniers mois.

Trois sources de légitimité

Premier de ces leviers : les comités révolutionnaires, qui pourraient s’apparenter aux partis Baas de l’Irak de Saddam Hussein et de la Syrie des Al-Assad. Présents au sein de toutes les structures d’Etat et des grandes entreprises, ils devaient être les garants de la doctrine jamahirienne et de la mobilisation des masses, sur le modèle des gardes rouges chinois ou des gardiens de la révolution iranienne. Au nombre de trente mille, leurs membres, cooptés, bénéficiaient de promotions et de (...)


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http://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/HAIMZADEH

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 00:30

 


Initiative palestinienne à l'ONU: Valérie Hoffenberg ne représente plus la France


PARIS - Valérie Hoffenberg, qui s'est déclarée mardi à Tel-Aviv opposée à titre personnel à la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU, n'exerce plus les fonctions de représentante spéciale de la France et n'a pas qualité pour s'exprimer sur ce sujet, a affirmé le ministère français des Affaires étrangères.

Mme Valérie Hoffenberg n'exerce plus les fonctions de représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient, a déclaré mardi soir à l'AFP Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.

Elle n'a pas qualité pour s'exprimer sur ce sujet. Elle a d'ailleurs précisé qu'elle le faisait à titre personnel, a ajouté M. Valero. Le porte-parole a indiqué que Mme Hoffenberg avait été nommée à ce poste par le président Nicolas Sarkozy en août 2009 mais n'a pas été en mesure de préciser à quelle date ses fonctions avaient pris fin.

Un peu plus tôt dans la journée, Mme Hoffenberg avait déclaré à l'AFP à Tel-Aviv: Je ne connais pas la position officielle de la France (...) Mais à titre personnel, j'appelle les Palestiniens à reconsidérer leur décision de demander l'adhésion d'un Etat de Palestine aux Nations unies.

Seule la coordination avec Israël peut permettre de reprendre le chemin des négociations bilatérales de paix, avait-elle ajouté.

Concernant la prochaine démarche des Palestiniens au cours de la session de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'ouvre le 13 septembre à New York, Paris a affirmé jusqu'ici vouloir éviter une confrontation diplomatique à l'ONU qui serait contre-productive et souhaite la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Il n'est pas trop tard, bien au contraire. C'est justement maintenant qu'il faudrait qu'il y ait cette reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens. Nous passons des messages dans ce sens aux uns et aux autres, a encore affirmé vendredi Bernard Valero.

Cette question sera abordée à la Conférence des ambassadeurs de France qui se réunit à Paris de mercredi à vendredi. Le président Nicolas Sarkozy qui ouvre mercredi soir la Conférence et le chef de la diplomatie Alain Juppé devraient s'exprimer sur ce point.


AFP / 30 août 2011 22h03)


http://www.romandie.com/ news/n_Initiative_palestinienne_a_l_ONU_Valerie_Hoffenberg_ne_represente_plus_la_France_300820112208.asp


Les articles et autres textes publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient (CJPP5), qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.





 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 01:05

 

Israël craint un éventuel État palestinien
publié le mercredi 31 août 2011

AFP
 


La demande d’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU prévue en septembre constitue "une menace plus grave que celle du Hamas" qui contrôle la bande de Gaza, a estimé aujourd’hui le ministre israélien des Finances. "Cette initiative ne restera pas sans réponse d’Israël", a déclaré à la radio publique israélienne Youval Steinitz, membre du parti Likoud (droite) du premier ministre Benjamin Nétanyahou.


"La demande unilatérale des Palestiniens (d’adhésion de leur Etat à l’ONU) constitue une violation des engagements pris par les Palestiniens dans leurs accords signés avec Israël", avait déclaré dimanche Nétanyahou selon un communiqué de son bureau.


Également interrogé aujourd’hui à la radio, le ministre des Infrastructures nationales, Ouzi Landau, a renchéri en déclarant : "dans ce cas de figure, il est clair que nos accords avec les Palestiniens seraient nuls et non avenus". "Nous devrions alors imposer notre souveraineté sur les secteurs des Territoires (palestiniens occupés) à propos desquels il y a un consensus en Israël, c’est-à dire la vallée du Jourdain et les grands blocs d’implantations, voire davantage", a ajouté Landau qui est membre du parti Israël Beiteinou de droite nationaliste du chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.


Les négociations de paix avec Israël étant bloquées, les Palestiniens espèrent obtenir, en principe après le 20 septembre, une adhésion à part entière de leur Etat à l’ONU et la reconnaissance de la Palestine sur les lignes du 4 juin 1967, avant la Guerre des Six jours, soit la totalité de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.

Publié sur le site du Figaro


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/08/31/97001-20110831FILWWW00283-israel-craint-un-eventuel-etat-palestinien.php



http://www.france-palestine.org/article18127

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 00:55

 




Retour du pays des murs
publié le mardi 30 août 2011



Philippe Aghion, professeur d’économie à l’université d’Harvard et Benedicte Berner, vice-présidente du Comité suédois des droits de l’Homme

 
Selon Benedicte Berner et Philippe Aghion, la reconnaissance multilatérale de l’Etat palestinien par l’ONU pourrait faire tomber les murs qui entravent la possibilité de renouer le dialogue israélo-palestinien.

Le débat est engagé sur l’opportunité d’une reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU. D’aucuns soutiennent qu’il faut conditionner cette reconnaissance à la reprise d’un dialogue bilatéral direct entre les deux parties. Lors d’un voyage récent en Israël et dans les territoires occupés pour discuter de la mise place d’un nouveau master d’économie pour les étudiants palestiniens, nous avons pris conscience de la multiplicité des "murs" – physiques ou administratifs – qui entravent la possibilité d’un tel dialogue, des murs qu’une reconnaissance multilatérale par l’ONU peut contribuer à faire tomber.


La logique de l’isolement qui imprègne la vie quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie ne se matérialise pas seulement par le mur de béton érigé à l’origine en réponse à la seconde Intifada et dont la construction se poursuit encore aujourd’hui à un rythme très ralenti. Elle se reflète également dans la multiplicité des clôtures barbelées, qui, à l’intérieur même de l’espace délimité par le mur, séparent les zones palestiniennes des zones israéliennes et dans les nombreux check-points qui ponctuent les trajets d’un point à un autre de la Cisjordanie.


Elle s’incruste au quotidien dans le champ visuel de la jeunesse palestinienne comme, par exemple, à l’université d’Al-Quds à Abus Dis, en bordure de Jérusalem, où le mur s’étend à 150 mètres des salles de classe. Les conséquences de cette politique sont nombreuses, notamment sur la vie des étudiants et des professeurs palestiniens. Elle oblige les étudiants palestiniens à s’inscrire à l’université la plus proche de leur lieu de résidence, même si celle-ci n’offre pas la meilleure formation dans le domaine d’études choisies.


Le rituel est le même à chaque contrôle : le passager doit descendre du bus, emprunter un passage piéton sécurisé par des militaires israéliens et montrer sa carte d’identité avant de pouvoir regagner son siège. Cet exercice peut parfois prendre des heures, en fonction de la circulation et du bon vouloir des soldats israéliens. Les murs en Cisjordanie ont un double effet : tout d’abord d’isoler les étudiants et intellectuels palestiniens d’une ville de Cisjordanie à l’autre, et également de séparer les élites israéliennes des élites palestiniennes.


Les universitaires et intellectuels palestiniens sont également isolés du monde extérieur. En particulier, il est difficile pour une université palestinienne de faire venir des professeurs ou étudiants étrangers. Les visas (touriste) accordés par les autorités israéliennes ne sont en effet valables que pour trois mois. Quant à la participation d’universitaires palestiniens à des colloques étrangers, elle est sérieusement compliquée par la loi qui interdit à tout Palestinien de Cisjordanie l’entrée sur le territoire israélien.


C’est ainsi qu’un universitaire palestinien qui cherche à voyager à l’étranger doit se rendre à Amman (Jordanie). La distance pour rejoindre l’aéroport d’Amman depuis Ramallah n’est que de 112 km, mais la parcourir n’est pas une mince affaire. Le voyage prendra au mieux quatre heures, au pire toute une journée pour un coût d’environ 100 dollars (69 euros), alors que le revenu moyen par tête en Palestine est d’à peine 1 300 dollars par an.

Les Israéliens sont aussi victimes de cette logique de séparation et de division. Il leur est interdit, par les autorités israéliennes, de se rendre dans les territoires de Cisjordanie contrôlés par les Palestiniens.


C’est ainsi qu’à notre grand étonnement, les intellectuels - y compris nos collègues en charge de l’enseignement supérieur en Israël - ignorent ce qui se passe dans les universités palestiniennes. Nombre d’entre eux déplorent cet état de fait et souhaiteraient davantage d’échanges académiques entre les deux peuples. Le monde universitaire israélien subit en réalité une double contrainte. D’un côté, il est coupé de sa contrepartie palestinienne, de l’autre, il ne peut refuser une invitation à donner une conférence dans une colonie israélienne de Cisjordanie sans s’exposer à des pressions, à la stigmatisation ou à des mesures de rétorsion.


Il y a bien sûr le service militaire, qui permet aux jeunes Israéliens de se rendre dans les zones palestiniennes. Cependant, ces jeunes appelés ne retirent de leur expérience militaire qu’une vision tronquée de la société palestinienne, celle de toute armée d’occupation. En particulier, ils ignorent tout de la vie et du développement des universités palestiniennes à l’intérieur des villes dont ils contrôlent les check-points. Les rencontres fructueuses entre étudiants ou intellectuels israéliens et palestiniens ne se font qu’en terrain neutre, c’est-à-dire à l’étranger. C’est ainsi qu’un étudiant palestinien nous racontait comment il s’était lié d’amitié avec un étudiant israélien lors d’un programme d’études en Turquie. Pour la première fois de sa vie, il voyait un Israélien sans uniforme et sans arme et tous les deux de rire en découvrant qu’ils ne connaissaient de la langue de l’autre que la même phrase : "Montrez-moi votre carte d’identité, s’il vous plaît."


Et que faire si un étudiant palestinien de Cisjordanie et une étudiante israélienne tombent amoureux en terre étrangère ? Nous avons croisé un Roméo et une Juliette du Moyen-Orient. Ils se sont connus en Occident, lors d’une université d’été, et ils se sont aimés. Revenus en Israël et Palestine, leur amour persiste. Ali et Rebecca se rencontrent en cachette, camouflés dans une voiture au passage des points de contrôle. Pris en flagrant délit de franchissement de territoire, elle risque une amende ; lui, la prison israélienne.


Le Palestinien de Jérusalem-Est subit la réalité des murs différemment. Il dispose d’une carte d’identité bleue et de plaques d’immatriculation jaunes identiques à celles des Israéliens, lui permettant de circuler en Israël et de se rendre en Cisjordanie. Mais cette liberté a un prix : il doit montrer qu’il habite en permanence à Jérusalem sous peine de perdre son permis. C’est ainsi que le doyen d’une grande université que nous avons visitée en Cisjordanie est contraint de faire quotidiennement l’aller-retour de Jérusalem (au minimum quatre heures de transport) pour y conserver son titre de résidence. Etudier à l’étranger est aussi un problème, car une absence de plus de trois ou quatre ans risque d’entraîner à tout jamais la perte de ce droit. Cela implique en particulier qu’il est impossible pour un Palestinien résidant à Jérusalem-Est d’aller faire un doctorat aux Etats-Unis ou ailleurs sans perdre sa résidence.


Alors que tant d’obstacles sont mis à l’établissement de contacts directs entre étudiants et intellectuels israéliens et palestiniens, comment peut-on sérieusement assujettir la reconnaissance d’un Etat palestinien à des négociations d’abord bilatérales entre les deux parties ? Notre sentiment, partagé par de nombreux intellectuels israéliens et palestiniens, est que c’est la reconnaissance de l’Etat palestinien par le concert des nations qui peut forcer le respect mutuel et l’établissement d’un véritable dialogue entre Israéliens et Palestiniens en infléchissant une dynamique politique qui pousse depuis des années vers un isolement croissant entre les deux peuples.


Une reconnaissance par l’ONU, c’est d’abord montrer que la communauté internationale considère la colonisation et la confiscation des terres palestiniennes comme des actes illégaux. Des considérations politiciennes de très courte vue ont en effet conduit les dirigeants israéliens à donner leur feu vert à une intensification de la colonisation, laquelle compromet toute perspective sérieuse de dialogue entre les deux parties. Pour donner une idée plus concrète du processus de colonisation, il est utile de rappeler que les accords d’Oslo ont conduit à diviser la Cisjordanie en trois zones, A, B et C.


Seule la zone A est sous plein contrôle palestinien, tandis que la zone C, qui représente 60 % du territoire de la Cisjordanie, est entièrement contrôlée par Israël. La colonisation des terres s’y intensifie, comme cela se voit de manière flagrante lorsqu’on se déplace d’une ville à l’autre.


Une reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU, c’est au contraire renforcer le camp des intellectuels modérés en Israël et en Palestine, or c’est sur eux que s’appuiera tout dialogue bilatéral sérieux. Le gouvernement raisonnable et qualifié du premier ministre palestinien, Salam Fayyad, s’est engagé ces dernières années, malgré les contraintes imposées par l’occupation, dans la construction d’institutions économiques et politiques fortes avec des standards élevés de transparence.


Reconnaître l’Etat palestinien, c’est démontrer que cette stratégie de développement économique et institutionnel paie sur le plan diplomatique et c’est consolider un partenaire de confiance dans la région. C’est donc aussi renforcer le poids des leaders palestiniens modérés qui soutiennent la reconnaissance de l’Etat d’Israël et le renoncement définitif à la violence. Et c’est également consolider le camp de la paix en Israël.


Au contraire, un échec du vote à l’ONU pourrait avoir comme effet d’entraîner la démission forcée du gouvernement palestinien actuel, et de renforcer les partis politiques les plus radicaux en Israël. L’Europe ne devrait pas sur ce sujet être à la remorque d’une administration américaine aux intentions souvent nobles mais qui demeure largement contrainte par la campagne électorale à venir.


Reconnaître l’Etat palestinien, c’est enfin débarrasser Israël du poids économique de plus en plus lourd de l’occupation. Israël dépense officiellement 8 % de son produit intérieur brut (PIB) pour la défense, auxquels s’ajoutent 4 % de PIB en coûts indirects. Ces coûts sont pour beaucoup dans le mouvement de contestation sociale auquel est confronté actuellement le gouvernement israélien. Mettre un terme au conflit permettrait de réduire notablement les dépenses de défense comme ce fut le cas suite aux accords de Camp David avec l’Egypte en 1978 (ces accords avaient permis à Israël de réduire ses dépenses de défense de moitié dans les années 1980).


Reconnaître l’Etat palestinien, c’est aussi permettre à Israël de maîtriser les coûts sociaux et moraux de l’occupation, laquelle a engendré au fil du temps une poussée de l’intolérance ainsi qu’une érosion de la démocratie israélienne. Un exemple récent est la nouvelle loi votée à la mi-juillet par le Parlement israélien, interdisant tout appel public au boycott économique, culturel ou académique des colonies en Cisjordanie. Cette loi est sévèrement critiquée par les intellectuels israéliens comme constituant une sérieuse entrave à la liberté d’expression.


Reconnaître l’Etat palestinien, c’est en définitive le moyen le plus sûr de faire bouger ces murs qui empêchent les forces de progrès en Israël et en Palestine d’agir de concert pour jouer un rôle moteur dans le développement d’une région à fort potentiel économique et en plein processus de démocratisation.

 



Philippe Aghion est spécialiste de la croissance et de l’innovation, il a écrit "Les Leviers de la croissance française" (La Documentation française, 2007, avec Elie Cohen, Gilbert Cette et Jean Pisani-Ferry), "L’Economie de la croissance" (Economica, 2010). Son prochain livre, "Repenser l’Etat" (avec Alexandra Roulet), sort aux éditions du Seuil le 15 septembre.


Benedicte Berner donne à l’université Harvard un cours sur "Média, démocratie et économie". Parallèlement, elle coordonne, pour le compte de l’Agence suédoise pour le développement, des projets sur les médias en Russie, dans les Balkans, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Tribune publiée sur le site du Monde.


http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2011/08/29/retour-du-pays-des-murs-par-philippe-aghion-et-benedicte-berner_1564888_3232.html




http://www.france-palestine.org/article18119

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 00:35
Le Monde diplomatique

En kiosquesSeptembre 2011

 

Ces soldats qui brisent la loi du silence

« Je vais vous dire quand j’ai vraiment flippé. On était en train d’intervenir à Gaza ; on se trouvait dans une tranchée et des enfants se sont approchés et ont commencé à nous lancer des pierres. Les instructions stipulaient que lorsqu’il [un Palestinien] se trouve dans un périmètre où il peut nous toucher avec une pierre, il peut aussi nous atteindre avec une grenade ; alors je lui ai tiré dessus. Il devait avoir entre 12 et 15 ans. Je ne pense pas l’avoir tué, j’essaie de m’en persuader pour avoir l’esprit tranquille, pour mieux dormir la nuit. J’ai flippé lorsque, pris de panique, je suis venu raconter à mes amis et à ma famille que j’avais visé quelqu’un et que je lui avais tiré dans la jambe, dans le derrière. Ils étaient tout contents : je suis devenu un héros, et ils ont tout raconté à la synagogue. Moi, j’étais en état de choc. »

« Que vouliez-vous que les parents de ce soldat disent à leur fils ?, interroge M. Avihai Stoler, un ancien soldat qui a recueilli certains témoignages du livre Occupation of the Territories. « Ne t’inquiète pas, fiston ; tu as tué un gosse, et alors ? » Les parents préfèrent ne pas s’intéresser à son tourment.

Occupation of the Territories est un recueil de témoignages de soldats et de soldates servant ou ayant servi dans diverses unités de l’armée israélienne, en Cisjordanie et à Gaza, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000. C’est de loin l’ouvrage le plus complet sur le modus operandi israélien dans les territoires occupés. On n’y trouve aucune révélation sur les décisions prises au plus haut niveau ou dans les coulisses, mais des éléments sur la réalité brute et quotidienne du contrôle militaire sur les foyers et les champs des Palestiniens, sur leurs ruelles et leurs routes, leurs biens et leur temps, sur la vie et la mort de chaque habitant de Cisjordanie et de Gaza.

« C’est l’histoire d’une génération, de notre génération »

Selon des sources fiables, quarante à soixante mille Israéliens ont rejoint des unités de combat au (...)


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique de septembre 2011 actuellement en kiosques.

Meron Rapoport.

Armée, Jeunes, Violence, Conflit israélo-palestinien, Israël, Palestine

Lien  

Meron Rapoport

Journaliste, Haaretz, Tel-Aviv.

http://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/RAPOPORT
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