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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 10:29

Unesco makes Hebron old city Palestinian world heritage site

 

 

Israeli minister denounces decision on city, home to site known to Muslims as Ibrahimi mosque and Jews as Tomb of the Patriarchs

 

in Jerusalem

 

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 10:24

Pourquoi la Libye est-elle toujours en crise depuis la mort de Kadhafi ?

 
 
 
 

Orient XXI > Va comprendre ! > Patrick Haimzadeh > 3 juillet 2017

 

Avec la mort du colonel Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de guerre, l’embryon d’État libyen s’écroule et la société libyenne est profondément divisée. Les lignes de fracture sont diverses et multiples : régionales, locales, tribales, anciens kadhafistes ou considérés comme tels contre anciens opposants ou révolutionnaires de la dernière heure. Les ingérences étrangères au profit de telle ou telle faction compliquent encore la situation. Les Nations unies mettent en place une mission en charge d’aider à la reconstruction d’un État dans un pays où la légitimité réelle appartient aux groupes armés apparus pendant ou après la guerre de 2011.

Quel gouvernement d’accord national ?

En 2014, Khalifa Haftar, un ancien général de Mouammar Kadhafi vivant depuis trente ans aux États-Unis, revient en Libye avec des ambitions politiques. Il lance à partir de l’est du pays une grande offensive visant à éliminer ses opposants issus de l’islam politique et disposant d’une forte légitimité « révolutionnaire » et militaire. Ses relais à l’ouest — notamment dans la capitale Tripoli — sont vaincus. Le pays est depuis lors divisé entre une région est ralliée majoritairement à Khalifa Haftar et une région ouest très fragmentée mais qui lui est majoritairement opposée. Les deux régions disposent chacune de leur Parlement et de leur gouvernement propre.

C’est dans ce contexte de divisions et de militarisation de la société que les Nations unies, sous la pression des grandes puissances occidentales, engagent des négociations marathons en vue de constituer un gouvernement d’accord national. Celui-ci s’installe à Tripoli en mars 2016 et, en dépit de la légitimité conférée par sa reconnaissance internationale, peine à s’imposer ne serait-ce que dans la capitale. Il paie le prix d’une solution imposée trop vite de l’extérieur et non inclusive de toutes les parties au conflit. Depuis, les divisions se sont amplifiées entre les deux régions et à l’intérieur de chacune d’elles, de nouvelles lignes de clivage se sont creusées entre partisans et opposants au gouvernement d’accord national internationalement reconnu.

Ingérences étrangères

Les ingérences étrangères directes ou indirectes, bien que d’une ampleur inférieure à celles à l’œuvre en Syrie et au Yémen, sont la raison essentielle des blocages actuels. Khalifa Haftar peut se prévaloir du soutien de l’Égypte, des Émirats arabes unis et dans une moindre mesure de l’Arabie saoudite. Les deux premiers interviennent directement dans le conflit par des bombardements ou des livraisons d’armes à son profit. La guerre à l’islam politique déclarée par le maréchal Haftar rejoint en effet les objectifs des trois pays d’éliminer ce courant politique de la scène régionale. La France, sous couvert de lutte contre le « terrorisme », a également longtemps soutenu le maréchal. Ces soutiens de poids, en le confortant dans sa volonté de poursuivre la guerre pour atteindre ses objectifs politiques, n’aident pas à la recherche des compromis indispensables à un règlement politique de la crise.

Certaines des factions de l’ouest du pays ont quant à elles longtemps été soutenues par le Qatar et la Turquie, bien qu’à une échelle nettement moins importante.

Les acteurs locaux face à la crise

Nul ne peut aujourd’hui prévoir l’issue de cette crise ni même une échéance pour une stabilisation du pays. Dans un contexte où le pragmatisme des acteurs locaux prévaut sur l’idéologie, les retournements d’alliance et d’allégeance sont monnaie courante. Le niveau de violence est néanmoins relativement contrôlé du fait d’un tissu social qui a survécu tant aux années Kadhafi qu’à la chute du régime et aux six ans qui ont suivi. Au nombre des facteurs d’espoir, on note également la préservation des institutions souveraines qui ont permis de maintenir des services publics minimaux, bien que de plus en plus réduits, aux populations. Les responsables locaux pallient au mieux l’absence de structures étatiques en s’appuyant sur les organisations traditionnelles comme les conseils d’anciens… ou en en inventant de nouvelles conformes à la culture politique libyenne. Nombre de ces acteurs ont enfin appris en peu de temps l’art de la négociation et du compromis, ce qui a permis à certaines régions de retrouver un niveau de stabilité et de sécurité satisfaisants.

Il n’est donc pas totalement hasardeux d’avancer que les Libyens sont en train d’inventer par eux-mêmes un système politique qui leur sera propre. Encore faut-il que les ingérences étrangères ne viennent pas compliquer les difficiles recompositions internes qui passeront encore inévitablement par des pics de violence.

 
 
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 09:04

Les législateurs en Espagne donnent leur aval au droit de boycotter Israël 

 

| Ali Abunimah pour The Electronic Intifada |Traduction JPP pour l’AURDIP |Actualités

Images intégrées 1

Les militants saluent cette décision des législateurs d’Espagne où ils reconnaissent que le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions en faveur des droits des Palestiniens est protégé par les lois qui garantissent la liberté d’expression.

Le 27 juin, la Commission de coopération internationale du Congrès des députés, la Chambre basse d’Espagne, a adopté à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement « de reconnaître et défendre le droit des militants des droits de l’homme, de Palestine, d’Israël et des autres pays, de prendre part à des activités légales et pacifiques protégées par le droit à la liberté d’expression et à la liberté de réunion, telle que promouvoir les campagnes de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) ».

Podemos, parti de gauche dont les législateurs ont proposé la motion, a déclaré que cette approbation signifie que le gouvernement « doit faire respecter ces droits et agir contre le harcèlement des militants, en Espagne et dans beaucoup d’autres pays, engagés dans des campagnes pacifiques, légales et légitimes contre la violation des droits humains en Palestine ».

Lutter contre la répression

Podemos relevait des incidents inquiétants de répression apparente de personnes impliquées dans la défense et l’information des droits des Palestiniens, tels que l’annulation d’une initiative en janvier, à l’Institut du monde arabe à Madrid, sur la résistance non violente palestinienne contre l’occupation et l’apartheid israéliens.

Les lobbys israéliens en Espagne ont porté plainte en pénal contre les militants individuels qui avaient appelé au boycott.

Ils ont aussi intenté des procès en justice pour s’opposer au nombre de plus en plus grand de municipalités espagnoles – la plus importante étant la ville de Barcelone – qui se sont déclarées libérées de l’apartheid israélien.

« C’est une victoire pour toutes celles et ceux qui agissent selon leur conscience en participant au mouvement BDS pour les droits de l’homme des Palestiniens », a déclaré Ana Sanchez, responsable des campagnes internationales avec le Comité national palestinien du BDS (BNC), en parlant de l’action des législateurs.

Sanchez ajoute que les campagnes BDS « continuent de se développer dans le monde » et que « les institutions des États en Europe, aux États-Unis et au-delà, confirment de plus en plus le droit de leurs citoyens à participer au mouvement BDS pour faire avancer l’accès des Palestiniens aux droits de l’homme ».

Le BNC a souligné que cette motion parlementaire « est la deuxième sur une courte période où les institutions de l’État espagnol affirment le droit au boycott ».

Fin avril, le ministre des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, a écrit au sénateur Podemos, Pablo Bustinduy, que « le gouvernement respecte totalement les activités et les campagnes menées par la société civile dans le cadre de la liberté d’expression garantie dans notre système politique ».

En octobre dernier, l’Union européenne a déclaré que le plaidoyer BDS constitue une liberté d’expression et une liberté de réunion, qui sont protégées, dans l’ensemble des 28 États membres, conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Précédemment, des États membres de l’UE, à savoir l’Irlande, les Pays-Bas et la Suède, avaient rejeté la pression d’Israël et de ses substituts et affirmé le droit de leurs citoyens à défendre le BDS, comme outil pour faire progresser les droits du peuple palestinien.

Défendre la liberté d’expression

Le mois dernier, le BNC a salué la récente décision du parlement suisse de bloquer une mesure qui voulait interdire au gouvernement de financer les groupes qui soutiennent le BDS.

Lors des débats à la Chambre haute de la Suisse, le ministre des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, a fait valoir que la mesure anti-BDS serait antidémocratique car elle annihilerait la capacité de la société civile à critiquer les gouvernements.

Cette mesure était défendue par le Parti du Peuple, parti de droite, qui oeuvrait de concert avec l’ONG Monitor, une organisation israélienne spécialisée dans la diffamation de celles et ceux, Israéliens, Palestiniens et internationaux, qui défendent les droits des êtres humains.

Au cours des dernières années, Israël et ses substituts ont redoublé d’efforts pour diaboliser et mettre hors la loi le militantisme de solidarité avec la Palestine, particulièrement en tentant de brouiller la distinction entre la critique d’Israël et de l’idéologie de son État sioniste d’une part, et l’antisémitisme – sectarisme contre les juifs -, d’autre part.

Sur d’autres fronts, des responsables de l’UE agissant de concert avec le gouvernement israélien, déploient des efforts pour censurer la critique d’Israël sous la bannière de la lutte contre l’antisémitisme.

Les militants pour les droits des Palestiniens ripostent avec des campagnes d’envergure pour défendre la liberté d’expression.

Il perdure cependant une séparation nette avec certains gouvernements, en particulier ceux de la France et du Royaume-Uni, qui sont toujours engagés dans la suppression de la liberté d’expression quand il s’agit de la Palestine.

Mais, même au Royaume-Uni, des tribunaux ont contribué à faire reculer la censure : en juin, la Haute Cour de Londres a rejeté la réglementation du gouvernement qui visait à empêcher les municipalités de prendre des mesures en soutien aux droits des Palestiniens.

Une victoire BDS au Chili

Le mois dernier, le BNC a salué la décision prise par des universités du Chili d’annuler deux initiatives coparrainées par l’ambassade israélienne.

Un responsable de l’Autorité des antiquités d’Israël devait prendre la parole à l’Université Alberto Hurtado et à l’Université du Chili, mais les militants étudiants ont objecté le rôle de son organisme dans la destruction et le vol du patrimoine culturel palestinien qui se poursuivent.

BDS Chili a décrit ces annulations comme une preuve de la détermination des étudiants chiliens à « travailler pour que cessent les liens de nos universités avec les institutions complices de l’apartheid israélien ».

 

Lien pour accéder au texte original (anglais) de l'article : https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/lawmakers-spain-endorse-right-boycott-israel

 

http://www.aurdip.fr/les-legislateurs-en-espagne.html

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 08:38

Et si la crise du Qatar profitait à l’Iran ?

 
 

Orient XXI > Magazine > Amélie-Myriam Chelly > 5 juillet 2017

La crise du Qatar s’inscrit aussi dans le conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Les décisions prises par Riyad et ses alliés risquent de favoriser un rapprochement entre la République islamique et le petit émirat.

 

Le 20 mai 2017, la République islamique d’Iran a conforté son choix de la modération et de l’ouverture dans le concert des nations par la réélection de Hassan Rohani à la présidence. Cette réaffirmation a eu lieu au moment où l’administration américaine se positionnait clairement du côté de l’Arabie saoudite, le grand rival de l’Iran dans la région.

Non seulement Donald Trump a choisi Riyad pour son premier déplacement officiel à l’étranger, au lieu du Canada ou du Mexique comme le veut la tradition, mais il a effectué ce voyage le jour même du tour unique de l’élection présidentielle iranienne. Et il a saisi l’occasion pour appeler devant 54 représentants de pays musulmans — dont 37 chefs d’État ou de gouvernement — à un isolement de l’Iran, que Trump considère comme un foyer du terrorisme.

Il aura fallu les attentats de Téhéran du 7 juin dernier pour qu’apparaissent des dissonances dans les discours officiels, tant à Washington qu’à Téhéran. Aux États-Unis, le département d’État a joué l’apaisement en condamnant sans réserve les attentats, pourtant si le président Trump a blâmé les attaques, il y voit aussi un juste retour des choses. En Iran, les Gardiens de la révolution ont émis des déclarations radicales et sans appel là où les modérés, et à leur tête Hassan Rohani, ont cherché à peser leurs mots. Le jour même des attaques, les pasdarans ont menacé de représailles une Arabie saoudite qu’ils soupçonnent d’abriter les commanditaires des attentats, revendiqués par l’organisation de l’État islamique (OEI). Le président iranien et le ministre des renseignements et de la sécurité nationale ont rappelé pour leur part qu’on ne pouvait incriminer un État sans preuve. Ces dissonances illustrent la complexité du système politique iranien mariant le pragmatisme à l’œuvre depuis des décennies avec un pôle idéologique qui est le fondement même du régime. C’est dans ce cadre qu’on doit comprendre le rôle et la position de l’Iran dans la crise qatarie.

À l’origine, les « printemps arabes » remettaient en cause la légitimité de pouvoirs considérés comme corrompus et incompétents. L’Iran et le Qatar les ont tous deux bien accueillis. Téhéran a salué avec enthousiasme le « réveil islamique », et Doha s’est affirmé comme un acteur diplomatique et financier majeur dans l’appui aux manifestants. Cependant, les revendications politiques n’ayant pas abouti sur le plan institutionnel, les mouvements ont souvent dégénéré en guerres civiles avec des protagonistes animés par des aspirations confessionnelles, voire ethniques, soutenus par des puissances extérieures.

Sur les théâtres syrien et irakien, l’Iran et le Qatar soutiennent des factions rivales, mais conservent de bons rapports de voisinage. À l’issue des résultats de l’élection présidentielle iranienne, parmi les chefs d’État qui ont présenté leurs félicitations à Hassan Rohani, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani a appelé à plus de coopération entre les deux pays, ce qui ne pouvait pas plaire à l’Arabie saoudite. Les tensions entre les deux monarchies wahhabites se sont accentuées, sur fond de fermetures des bureaux de la chaîne d’information Al-Jazira basée à Doha et d’expulsion des ressortissants qataris des territoires saoudien, émirati et bahreïni.

Qui soutient l’OEI ?

Pour justifier la mise au ban du Qatar le 5 juin dernier, la coalition arabe avance des arguments qui s’inscrivent dans la continuité rhétorique des néoconservateurs américains du début des années 2000 et de la famille royale saoudienne. Les raisons de la crise, beaucoup plus concrètes, transparaissent peu dans ces discours. Le Qatar est accusé de soutenir des organisations terroristes comme Al-Qaida et l’OEI, mais aussi les Frères musulmans, les Hachd Al-Chaabi en Irak et les groupes chiites séditieux en Arabie saoudite dans la province de Qatif.

Au début du mois de juin, le ministre des affaires étrangères du Bahreïn, le cheikh Khaled Ben Ahmed Al-Khalifa, a expressément demandé au Qatar de rompre avec sa politique de « financement du terrorisme ». Il a enjoint le Qatar à « comprendre que son intérêt est de rester avec [eux], pas avec un autre pays qui conspire contre [eux] », et d’ainsi « cesser de soutenir les organisations terroristes sunnites ou chiites »1.

L’imputation d’un soutien du Qatar à l’OEI apparaît comme la raison principale de cette rupture diplomatique brutale et concertée. Ce groupe est pourtant considéré par nombre de sources comme une prolongation idéologique du wahhabisme professé en Arabie saoudite. Par ailleurs, une proportion importante du financement de l’OEI proviendrait de donateurs privés saoudiens et koweïtiens, par l’entremise de montages financiers à des fins en apparence caritatives dans le cadre de l’acquittement de l’aumône légale islamique (zakat). Certains discours de dignitaires saoudiens semblent vouloir faire planer le doute sur les origines de la formation de l’OEI. À titre d’exemple, après la prise de Mossoul en 2014 par les troupes d’Abou Bakr Al-Baghdadi, le ministre des affaires étrangères Saoud Al-Fayçal aurait déclaré au secrétaire d’État américain John Kerry : « Daech est notre réponse à votre soutien au Dawa » (parti politique chiite dont sont issus les trois derniers premiers ministres irakiens). Ces propos rapportés dans un article du Financial Times du 20 avril 2016 insinuent l’idée d’un rôle saoudien dans les manœuvres de l’OEI. Elles se réfèrent aussi à un mobile anti-chiite à la fois présent dans la rhétorique saoudienne et dans celle de l’OEI.

Quelle que soit la véracité de cette remarque, non confirmée, elle rencontre un écho chez les Iraniens. Si le Qatar a effectivement soutenu le groupe Jabhat Al-Nosra dans la crise syrienne, ce groupe djihadiste affilié à Al-Qaida a aussi bénéficié de la complaisance du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de plusieurs États membres de l’OTAN. Ainsi, le Qatar pourrait faire figure de bouc émissaire de chancelleries qui ont elles-mêmes souvent apporté un soutien logistique, financier, voire idéologique aux groupes combattant l’appareil étatique syrien, plutôt que l’incarnation exclusive et effective des maux de la région.

Un rapprochement entre Téhéran et Dohai dérangeant

L’argumentaire à l’encontre du Qatar vise clairement son rapprochement avec l’Iran. La coalition saoudienne a intimé l’ordre à l’émirat des Al-Thani de prendre ses distances avec leur « ennemi numéro un ». Dans cette logique d’isolement de l’Iran, l’exemplarité du comportement diplomatique du Qatar vis-à-vis de son voisin effraie la cour saoudienne. Dès la conclusion des accords de Vienne de 2015 sur le programme nucléaire iranien, le ministre des affaires étrangères du Qatar a félicité son homologue iranien. Récemment, à la suite des attentats qui ont visé le Parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeini, le Qatar a immédiatement présenté ses condoléances à la République islamique.

Au-delà du plan diplomatique, les échanges économiques et industriels notables entre le Qatar et l’Iran, ainsi que des alliances en matière de sécurité maritime entre les deux pays, dérangent la monarchie saoudienne. Le Qatar et l’Iran partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde (North Dome, North Field ou encore South Pars) ce qui les oblige de fait à une étroite coopération énergétique. Et depuis 2010, un pacte de sécurité frontalière et maritime lie les deux États.

En réponse au blocus imposé au Qatar par la fermeture des frontières maritimes, aériennes et terrestres de l’Arabie saoudite, des Émirats et du Bahreïn, l’Iran ouvre son espace aérien à Qatar Airways pour lui permettre d’assurer la continuité de son trafic aérien et lui fournit un approvisionnement permanent en produits alimentaires.

Toutes les manœuvres diplomatiques iraniennes semblent autant d’avertissements aux Saoudiens et aux Américains. La conclusion de contrats d’investissements et d’armement (380 milliards de dollars sur dix ans) entre Riyad et Washington a été perçue à Téhéran comme un blanc-seing de la Maison Blanche à la poursuite d’une politique saoudienne offensive à l’égard de l’Iran. Par ailleurs, l’équation a été vite faite dans l’esprit d’une large partie de la population iranienne entre les menaces proférées par les dignitaires saoudiens de « punir l’Iran » et d’importer la guerre à l’intérieur de ses frontières, et la vidéo de 36 minutes de l’OEI adressée en persan à l’ayatollah Ali Khamenei en mars 2017. Cette vidéo expliquait vouloir lever des armées d’Iraniens dans les rangs de l’OEI pour « détruire la maison » khomeiniste et rendre l’Iran à un sunnisme originel. Les attentats de Téhéran ont donc été interprétés par nombre d’Iraniens comme des actes commandités par la maison des Saoud, avec la bénédiction d’une Amérique qui s’anti-iranise.

Dans le cadre des postures post-attentats, on peut envisager que le tir de six missiles balistiques sur des bases de la région de Deir Ez-Zor ait pu avoir deux visées : d’une part, rassurer la population sur la capacité des forces de sécurité à resanctuariser le territoire, et d’autre part, envoyer un signal fort aux États-Unis et à leurs alliés dans la région. Trois jours avant cette salve de missiles, le Sénat américain décidait de nouvelles sanctions contre le programme balistique iranien. C’est bel et bien pour frapper un groupe terroriste condamné et combattu par la coalition internationale menée par Washington que les six missiles, appelés Zolfeqar — « épée d’Ali » en perse — ont été lancés depuis des bases situées dans les régions de Kermanshah et du Kordestan. Aucune loi de la guerre n’a été cependant transgressée lors des tirs : proportionnalité de la réaction iranienne dans une logique défensive, espaces aériens traversés avec l’assentiment et la coordination des États concernés, destruction d’entrepôts de matériel destiné à la préparation d’attentats. Par conséquent, une condamnation américaine de la manœuvre iranienne ainsi que de futures sanctions du Sénat à l’égard du programme iranien de missiles seraient difficiles à justifier.

Entre rivalités régionales et diplomatie américaine

Les postures post-attentats ressemblent à des avertissements. L’aide apportée par l’Iran pour briser le blocus imposé à un Qatar qui a su condamner immédiatement les attentats visant le Parlement iranien et son pôle identitaire idéologique — le mausolée de l’imam Khomeiny — constitue aussi un signal envoyé à la coalition saoudienne. Dès la création du CCG en 1981, l’Arabie saoudite a vu en cette organisation un outil de projection de ses ambitions régionales et d’isolement de l’Iran khomeiniste. Dans la pensée politique des dirigeants saoudiens, le Qatar doit donc rentrer dans le rang et retrouver la place mineure qu’ils daignent lui assigner.

Doha fait les frais des rivalités entre l’Iran et l’Arabie saoudite, mais aussi des errements de la politique étrangère américaine dès le début de cette crise. Dans la logique de dissonance précédemment évoquée, le président Donald Trump ordonne formellement au Qatar de rompre son soutien au terrorisme, alors que le département d’État invite la coalition saoudienne à un règlement pacifique de leur différend et à la levée du blocus. De surcroît, deux semaines après la mise au ban du Qatar, le département d’État s’est dit déconcerté par le fait que les États du Golfe n’avaient pas encore publiquement formulé leurs griefs à l’égard du Qatar. Ce à quoi Riyad, Abou Dhabi, Manama et Le Caire ont répondu le vendredi 23 juin en présentant une liste de doléances en tre)-ize points pour pouvoir mettre un terme au litige. La première exigence imposée au Qatar consiste à rompre la coopération militaire et de renseignements avec l’Iran, et à fermer les missions diplomatiques iraniennes à Doha afin de réduire les relations entre les deux pays au strict minimum. Sans vaciller, l’émir du Qatar s’est dit ipso facto prêt à renforcer ses liens avec Téhéran dans un entretien téléphonique avec le président Hassan Rohani. Pour autant, les deux pays semblent envoyer des signes d’apaisement en direction de leur voisin saoudien en condamnant fermement la tentative récente d’attentat à La Mecque et en proposant leur aide dans la lutte contre le terrorisme.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 08:30
Qatar's neigbours dismiss emirate's response to list of demands
 
 
 

Egyptian foreign minister says Qatar’s response ‘lacked any content’ as Doha rejects of Gulf nations’ demands

 

 

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:43
Netanyahou invité à la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv ?
 
 
                  
              
Selon des informations concordantes, le président Emmanuel Macron aurait invité le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la commémoration du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. Une confusion des genres choquante et dangereuse.
           
 
Selon des informations concordantes, le président Emmanuel Macron aurait invité le Premier ministre Benyamin Netanyahou à la commémoration du 75ème anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.

Cette première, si elle était maintenue, serait extrêmement grave dans le contexte actuel.

En premier lieu, parce qu’elle alimenterait une étrange confusion entre la communauté juive de France et Israël.

La rafle du Vel d'Hiv, les 16 et 17 juillet 1942, marque le début du génocide des Juifs de France. Les 13 000 hommes, femmes et enfants arrêtés ces jours-là se retrouveront à Drancy, d'où ils seront déportés à Auschwitz.

Ce n'est pas l'armée nazie, mais la police française qui a procédé à ces arrestations criminelles, comme aux suivantes. Le président Jacques Chirac a eu le courage de le reconnaître en 1995 : "Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français."
Cette commémoration indispensable rappelle donc une double tragédie : celle de la déportation et du massacre d’un grand nombre de Juifs français ou vivant en France, et celle de la complicité de Vichy.

En quoi cet événement concernerait-il Israël ? Cet État n'existait pas à l'époque. La communauté juive de Palestine, le Yichouv, qui l'a précédé, n'a rien pu faire pour sauver les Juifs menacés, en France comme ailleurs. Et Israël ne peut se présenter comme le seul héritier des victimes de la Shoah, qu'il ne saurait transformer de manière posthume en partisans de la création de l’Etat d’Israël, encore moins de la politique anti-palestinienne que symbolise le leader de la droite et de l'extrême droite israéliennes. D'autant que ses gouvernements successifs ont laissé un grand nombre de survivants du génocide connaître la pauvreté. Dans ce contexte, cette invitation serait une insulte à la mémoire des victimes de la déportation.

Le maintien de cette invitation serait aussi une grave erreur, sur le plan intérieur, comme sur le plan de la politique internationale.
Sur le plan intérieur, M. Emmanuel Macron a souvent évoqué la nécessité que la France se réconcilie avec elle-même. Cela ne peut pas se faire en laissant un Etat étranger, qui mène une politique criminelle contre un autre peuple, s’immiscer dans notre indispensable travail de mémoire. Les dirigeants communautaires qui poussent dans ce sens mènent notre pays à l’affrontement et à l’impasse. Il est du devoir du président de la République de le leur rappeler.

Sur le plan de la politique internationale, Israël est en train d’accélérer la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem, de resserrer le blocus de Gaza, de bafouer le droit international en toute impunité. L’urgence est aux signaux clairs pour marquer que cette impunité doit cesser, pas à de nouvelles cautions données au pouvoir israélien.

Ce geste choquant pose, en outre, une grave question : le nouveau président va-t-il mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur ? Va-t-il, lui aussi, entonner "un chant d'amour pour Israël et pour ses dirigeants" ? Cautionnera-t-il la colonisation, voire l'annexion des territoires palestiniens ? Laissera-t-il Israël déclencher une nouvelle guerre contre la bande de Gaza, le Liban ou l'Iran ?

Il est évidemment trop tôt pour répondre à ces questions. Mais cette invitation, si elle était maintenue, constituerait une indication inquiétante. Le chef du gouvernement israélien, qui est aussi celui de la droite et de l'extrême droite israéliennes, n'a pas sa place à la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv.

Dominique Vidal, journaliste et historien
Bertrand Heilbronn, président de l'Assocation France Palestine Solidarité (AFPS)

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https://blogs.mediapart.fr/afps-association-france-palestine-solidarite/blog/030717/netanyahou-invite-la-commemoration-de-la-rafle-du-vel-dhiv

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:42
Réconciliation en vue pour les mouvements du Hamas et du Hezbollah
 
 
 
mardi 4 juillet 2017 / 11h:54
Photo : al-Akhbar
 
Novembre 2012 - Rassemblement à Beyrouth en soldarité avec Gaza, bombardée par l'aviation israélienne - Photo : al-Akhbar
 
 
 
 
 
 
 
Adnan Abu AmerLes dirigeants du Hamas et du Hezbollah ont récemment tenu des réunions à Beyrouth, ce qui suppose une volonté de mettre un terme à leur éloignement à propos de la guerre syrienne, alors que la crise entre les pays du Golfe et du Qatar se poursuit.

 

Après un éloignement de cinq ans dû à leurs divergences sur la crise syrienne, le Hamas et le Hezbollah ont tenu des réunions à Beyrouth au cours des derniers mois pour discuter des derniers développements de la région.

Leur réunion la plus récente date du 14 juin – à laquelle ont assisté Mousa Abu Marzouk, adjoint au bureau politique du Hamas et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah – et a eu des implications importantes, car elle a réchauffé les relations problématiques depuis 2012 entre les deux parties. La réunion survient après que les pays du Golfe aient imposé un blocus au Qatar et que des responsables du Hamas aient quitté ce pays, ce qui affecte la cause palestinienne dans son ensemble.

Al-Monitor a contacté un certain nombre de responsables du Hamas et du Hezbollah pour avoir une idée de la nature de leurs récentes discussions, mais ils ont refusé de s’exprimer publiquement sur le contenu de leurs réunions, car ils souhaitent réaliser ce rapprochement bilatéral loin de toute couverture médiatique. Cependant, ils ont confirmé que des mesures sérieuses étaient prises pour rapprocher le Hamas et le Hezbollah, sans donner d’autres détails.

Un diplomate arabe qui a participé à ce rapprochement a déclaré à Al-Monitor, sous couvert de l’anonymat : « Depuis le début de l’année 2017, le Hamas et le Hezbollah ont tenu trois rencontres à Beyrouth – en janvier, en mars et en juin – sous la présidence d’Abou Marzouk et de certains membres du bureau politique du mouvement dont Nasrallah et d’autres dirigeants du Hezbollah. La principale raison à leurs rencontres a été le fait que Donald Trump soit devenu président des États-Unis et ait classé le Hamas et le Hezbollah comme organisations terroristes ».

Le diplomate a déclaré dans un appel téléphonique depuis Beyrouth que « le Hamas et le Hezbollah ont discuté du soutien à une solution politique en Syrie et ont parlé de la façon dont la crise du Golfe a contribué à rapprocher les deux parties, du fait que les partis anti-Qatar considèrent le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes. Les deux parties sont également préoccupées par le fait que Israël puisse mener une guerre contre eux, d’où leur intention d’unir leurs fronts militaires et de ne pas donner à Israël la possibilité de cibler l’un ou l’autre ».

Ce n’est pas un secret que le Hamas, en dépit d’avoir des positions différentes concernant la crise syrienne, a besoin du Hezbollah en matière de financement, de formation, d’approvisionnement en armes et d’accueil de ses cadres au Liban. Pour sa part, le Hezbollah a besoin d’un mouvement palestinien, comme le Hamas, pour restaurer parmi l’opinion publique arabe la popularité qu’il a perdu après avoir été impliqué dans les guerres en Syrie, en Irak et au Yémen contre les musulmans sunnites.

Le Hamas, en tant que mouvement islamique sunnite se rapprochant du Hezbollah chiite, peut aider à dissiper l’image sectaire du Hezbollah. Le nouveau rapprochement entre le Hamas et le Hezbollah peut contribuer au retour des programmes de coopération en matière d’armement et de formation, avec le soutien de l’Iran.

Le porte-parole du Hamas à Gaza, Hazem Qassem, a déclaré à Al-Monitor: « Le rapprochement du Hamas avec le Hezbollah survient à la lumière de l’action du mouvement à tous les niveaux pour mobiliser le soutien de la cause palestinienne. Le Hamas se rapproche de certains partis qui ont toujours eu des liens étroits avec la Palestine et qui soutiennent la résistance, sans accorder trop d’attention aux réalignements qui se produisent dans la région ».

À la suite de la récente crise du Golfe, les axes qui existaient avant le déclenchement des révolutions arabes en 2011 ont commencé à se former à nouveau, à savoir l’axe dit de la « modération » composé de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Arabie Saoudite et de l’Autorité palestinienne (AP) et l’axe de la Résistance formé par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas.

Le Hamas avait été mis à l’écart à la suite d’un conflit avec ses alliés à propos de la Syrie, et après qu’il ait appelé le régime syrien à répondre aux demandes du peuple syrien pour la justice et la liberté et ait condamné l’utilisation de la force armée pour réprimer les manifestations populaires. Dans le même temps, l’Iran et le Hezbollah ont soutenu le régime syrien et ont ignoré les demandes populaires, considérant ces manifestations comme un complot global pour renverser le régime.

Cependant, la crise actuelle du Golfe semble avoir relancé les deux axes, et le Hamas, quel que soit le prix politique qu’il peut avoir à payer, pourrait revenir à l’axe de la Résistance, lequel sympathise avec le Qatar dans sa lutte contre le blocus saoudien.

Hussam al-Dajani, professeur de science politique à l’Université Al-Ummah dans la bande de Gaza, a déclaré à Al-Monitor: «Il est clair que la crise du Golfe a contribué à rapprocher le Hamas et le Hezbollah, bien que le rapprochement ait été amorcé avant même la crise. Mais à présent, les cadres du Hamas qui ont quitté le Qatar – comme Saleh al-Arouri, membre du bureau politique du Hamas, et Moussa Doudine, responsable du dossier des prisonniers, parmi d’autres – pourraient pouvoir s’installer au Liban. De plus, le Hamas préférerait voir ses cadres au Liban, sous la protection du Hezbollah, car ce pays est plus proche de la Palestine [géographiquement] et il abrite des centaines de milliers de réfugiés palestiniens ».

Dajani a ajouté : « Après avoir quitté la Syrie en 2012 et en réduit sa présence au Qatar en 2017, le Hamas est parvenu à la conclusion qu’il doit être présent de façon significative dans plusieurs capitales arabes ».

Le 15 juin, Lebanon Debate a rapporté qu’environ une centaine de dirigeants et militants du Hamas sont arrivés de Doha à Beyrouth sans préciser leur date d’arrivée. Le Hamas n’a ni confirmé ni nié l’information, mais les nouvelles ont coïncidé avec des pourparlers au Qatar au sujet du Hamas, lequel a dû réduire sa présence à la suite des pressions des pays du Golfe.

Le Hamas sait bien que plus il se rapprochera du Hezbollah, plus il s’éloignera des États du Golfe, en particulier de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Il pourrait ne pas avoir beaucoup d’espace de manœuvre et se retrouver dans l’obligation de rétablir ses relations avec le Hezbollah pour survivre – tant sur le plan financier que militaire – alors que l’Égypte, l’Autorité palestinienne et Israël continuent de resserrer le nœud sur son cou.

Ahmed Yousef, un ancien conseiller politique du responsable du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré à Al-Monitor: « Le Hamas a besoin du Hezbollah à tous les niveaux, malgré l’hostilité arabe officielle envers le Hezbollah. Nous partageons avec lui une alliance élargie, malgré les différents au sujet de la crise syrienne. Cependant, le mouvement s’est assuré de ne jamais fermer la porte. Le Hezbollah a récemment montré des signes de sa volonté de répondre aux besoins du Hamas, en termes d’expérience militaire et de sécurité, entre autres choses. Le Hamas et le Hezbollah sont dans le même bateau. »

Le Hamas se rend compte que sa marge de manœuvre politique a été réduite par la polarisation des deux axes rivaux : le Qatar et ses alliés contre l’Arabie saoudite et ses obligés. Cependant, en l’absence d’autres options, le mouvement semble obligé de recourir à l’Iran et ses alliés dans la région, à savoir le Hezbollah, pour survivre. Même si cette initiative est largement critiquée, le Hamas est bien décidé à se tourner vers le Hezbollah.

* Adnan Abu Amer est doyen de la Faculté des Arts et responsable de la Section Presse et Information à Al Oumma Open University Education, ainsi que Professeur spécialisé en Histoire de la question palestinienne, sécurité nationale, sciences politiques et civilisation islamique. Il a publié un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur l’histoire contemporaine de la Palestine.

Articles du même auteur.

2 juillet 2017 – Al-Monitor Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

 

Lien pour accéder au Texte original (anglais) de l'article :

http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2017/06/palestine-hamas-lebanon-hezbollah-rapprochement.html

 

http://chroniquepalestine.com/reconciliation-mouvements-hamas-hezbollah/

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:35

Crise entre Qatar et Arabie saoudite : « Riyad ne veut pas laisser ses vassaux s’émanciper »

 
 
 

Le chercheur Alexandre Kazerouni analyse les racines de la tension entre les deux pays, qui ont coupé toute relation entre eux début juin.

 

 

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

 
Le politologue Alexandre Kazerouni, chercheur à l’Ecole normale supérieure, est un spécialiste des monarchies du golfe Persique. Il a récemment publié Le miroir des cheikhs. Musée et politique dans les principautés du golfe Persique (PUF, 274 p., 29 euros), une étude consacrée à la stratégie de rayonnement culturel de Doha et d’Abou Dhabi. Il analyse pour Le Monde les ressorts de la crise qui oppose le Qatar à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.
 

Début juin, ces deux pays ont coupé toute relation diplomatique et économique avec leur voisin, qu’ils accusent de complaisance à l’égard de l’Iran et des mouvements « terroristes » au Proche-Orient. Pour Alexandre Kazerouni, les origines de cette confrontation sont à rechercher dans le refus de l’Arabie saoudite, après la première guerre du Golfe, en 1991, de laisser les principautés du Golfe sortir de son orbite diplomatique et culturelle.

Quelles sont les racines de la crise ?

Il faut remonter à l’invasion du Koweït par les troupes irakiennes, en 1990. C’est le vrai tournant dans la région. Pour assurer leur sécurité face à l’Iran révolutionnaire, les Etats de la côte – Koweït, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis – avaient accepté en 1981 d’intégrer le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Cela impliquait d’abandonner une part de leur souveraineté. L’administration de cette union régionale allait être dominée par l’Arabie saoudite. Et surtout durant les années 1980, le CCG a facilité la diffusion du salafisme saoudien au sein de la jeunesse des principautés.

Comment ?

Par le biais des étudiants koweïtiens, qataris, bahreïniens et émiriens partis étudier à Riyad. En échange de ces abandons de souveraineté, les petites monarchies du Golfe devaient être protégées par l’Arabie Saoudite, qui est alors le seul pays de la région à entretenir des relations étroites avec les Etats-Unis. Mais tout d’un coup, en 1990, devant l’entrée des forces de Saddam Hussein à Koweït, elles prennent conscience du fait que ce pacte ne fonctionne pas.

Comment réagissent-elles ?

En exil, l’émir Al-Sabah du Koweït dépense beaucoup d’argent en campagne de relations publiques. Il faut se rappeler l’affaire des couveuses. Des prématurés koweïtiens avaient péri, disait-on, après avoir été retirés de leurs couveuses par des soldats irakiens. L’histoire avait été montée par une agence de relations publiques. Mais elle eut un grand retentissement en Occident. Les souverains des principautés côtières comprennent à cette occasion qu’il est urgent de diversifier leur clientèle. Les marchands d’armes et les compagnies pétrolières ne suffisent plus. Il leur faut intéresser à leur survie ceux qui façonnent l’opinion publique occidentale : les artistes, les sportifs, les marchands d’art, le monde de l’université…

C’est l’origine de leur politique de rayonnement culturel ?

Exactement. L’idée d’ouvrir un grand musée à Doha [ce qui a été fait en 2008, avec le Musée des arts islamiques] a germé dans l’esprit d’Hamad Ben Khalifa Al-Thani, le futur émir du Qatar, en 1991, devant les images du musée national du Koweït incendié par l’armée irakienne. Cette politique va aider les petits souverains du  Golfe à « désalafiser » leur société et à recouvrer la part de souveraineté culturelle, qu’ils avaient perdue dans les années 1980. C’est surtout vrai au Qatar. Etant le seul Etat de la côte à majorité hanbalite [l’école de pensée la plus conservatrice de l’islam sunnite], le Qatar est celui qui a le plus souffert de la salafisation impulsée par Riyad.

Evidemment, l’Arabie saoudite n’a pas vu cela d’un bon œil…

Bien sûr, d’autant qu’Hamad a proposé aux Etats-Unis d’installer une base militaire sur son territoire. Il en a eu l’idée en voyant les hélicoptères américains décoller de Doha pendant la guerre du Golfe [baptisée Al-Udeïd, cette base est entrée en activité au début des années 2000].

Les Saoudiens ont donc cherché à empêcher son arrivée puis son maintien au pouvoir. Comme candidat à la succession de l’émir Khalifa, en place depuis 1972, ils ont soutenu le prince Abdelaziz, et non Hamad, son demi-frère, qui était pourtant prince héritier depuis 1976.

En 1992, il y a eu un accrochage à la frontière entre les deux pays, au lieu-dit Al-Khaffous. Deux soldats qataris ont été tués. Hamad s’est emparé du pouvoir en 1995, en renversant son père. Mais en 1996, le camp pro-Khalifa a tenté, sans succès, un contre-coup d’Etat, avec le soutien de l’Arabie Saoudite. C’est au Qatar que l’immixtion des Saoudiens dans les affaires politiques de leurs voisins s’est fait le plus sentir.

Avec quel résultat ?

Cela a renforcé le cheikh Hamad dans sa détermination à se rapprocher des Occidentaux. Mais pas seulement. Les relations relativement bonnes du Qatar avec l’Iran procèdent en partie de cet antagonisme avec Riyad. Pour desserrer l’étau culturel saoudien, le Qatar a de surcroît joué la carte des Frères musulmans, allant jusqu’à tenter de les installer au pouvoir en Egypte de 2011 à 2013.

Autrement dit, la crise du GCC ne date pas d’il y a un mois…

Le GCC est mourant depuis 1991. Il n’a fait que se fissurer depuis cette date. Riyad ne veut pas laisser ses vassaux s’émanciper. Ce que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis tentent de faire, en profitant de l’élection de Trump, c’est de revenir en arrière, de réécrire l’histoire.

 
 
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:33
Qatar accuses Saudi Arabia of forcing it to surrender sovereignty
 
 
 

Emirate prepares for sanctions and signals rejection of Gulf nations’ demands to lift blockade, which include closing al-Jazeera

 

Diplomatic editor

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 10:31
Terrorisme : le Qatar répond aux demandes de ses voisins
 
 
 

Les quatre pays qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar ont soumis à l'émirat une liste d'exigences. Elle contient 13 demandes.

Source AFP
Publié le | Le Point.fr
 
 
 

Lundi 3 juillet, le Qatar a remis à un médiateur koweïtien sa réponse à la liste de 13 exigences dressée par quatre de ses voisins, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte. Ces quatre pays accusent le petit émirat de soutenir le terrorisme et menacent de l'isoler de façon durable dans le Golfe et sur la scène internationale. Alors qu'un premier ultimatum adressé au Qatar s'est terminé dimanche 2 juillet à minuit, ils ont accepté de prolonger de 48 heures la date butoir fixée à leur rival pour se plier à leurs demandes.

Avant de remettre sa réponse au Koweït, Doha avait rejeté implicitement la liste des demandes – fermeture de la télévision Al Jazeera et d'une base militaire turque et réduction des relations avec l'Iran – en la jugeant maximaliste et attentatoire à sa souveraineté. Mercredi 5 juillet, les chefs de la diplomatie de ces quatre pays se réuniront en Égypte pour faire le point et décider de démarches ultérieures, selon le Caire. Le contenu de la réponse du Qatar aux exigences de ses voisins remise à l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, n'a pas été révélé pour l'instant.

Un mois de crise

La crise a éclaté le 5 juin quand Riyad et ses alliés ont rompu avec l'émirat gazier l'accusant de soutenir « le terrorisme » et de se rapprocher de l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien, chef de file de l'islam sunnite. Doha a rejeté ces accusations, en refusant de se faire dicter sa politique étrangère. « La liste des demandes est faite pour être rejetée », avait déclaré samedi 1er juillet le chef de la diplomatie qatarie, ajoutant « l'État du Qatar (...) la rejette par principe ».

Les avocats internationaux engagés par le Qatar pour défendre sa cause ont dénoncé, dans un communiqué publié lundi, des actes de l'Arabie saoudite et de ses alliés qui ont « historiquement abouti à la guerre ». Les demandes de ces pays sont une « violation flagrante » du droit international, affirment les avocats Desmond de Silva et Rodney Dixon. L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte ont indiqué qu'ils allaient étudier et évaluer la réponse de Doha avant d'envoyer à leur tour une réponse.

L'Arabie saoudite espère une réponse favorable

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir a dit lundi soir espérer une réponse « positive » du Qatar aux demandes de ses voisins arabes. « Nous espérons une réponse positive pour pouvoir résoudre la crise », a déclaré le ministre saoudien lors d'une conférence de presse conjointe à Jeddah, sur la côte ouest de l'Arabie saoudite, avec son homologue allemand Sigmar Gabriel. La réponse du Qatar, transmise lundi au médiateur koweïtien, sera « examinée avec précision », a-t-il ajouté. Pour sa part, le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a appelé à un « dialogue sérieux » entre les acteurs de la crise.

Le président américain Donald Trump, qui s'en est pris par le passé au Qatar, a répété dimanche « l'importance de stopper le financement du terrorisme », un objectif qu'il juge « primordial », et « de discréditer l'idéologie extrémiste », selon un communiqué de la Maison-Blanche.

 

http://www.lepoint.fr/monde/terrorisme-le-qatar-repond-aux-demandes-de-ses-voisins-03-07-2017-2140247_24.php

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