Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 02:42

Un réacteur nucléaire israélien rebaptisé «Shimon Peres»

9 oct. 2016, 22:42

Share to FacebookShare to TwitterShare to TelegramShare to WhatsAppShare to Google+Share to Plus d'options...Share to ImprimerShare to Email

Il s'agit pour le premier ministre Benjamin Netanyahu de rendre hommage à l'ancien président décédé et considéré comme le père du programme nucléaire israélien. La question du nucléaire est pourtant un grand tabou en Israël.
Lire aussi
«Le centre nucléaire de Dimona sera rebaptisé du nom de Shimon Peres qui a tant œuvré pour que ce centre important pour la sécurité d'Israël voie le jour», explique un communiqué émis par le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le 9 octobre.
Ce communiqué précise par ailleurs que les différents ministres du gouvernement ont été informés de cette décision.
Décédé le 28 septembre à l'âge de 93 ans, Shimon Peres est considéré comme le père du programme nucléaire israélien. Dans les années 1950, il a en effet joué un rôle clé dans le développement des capacités nucléaires israéliennes, en concluant un accord secret avec la France qui a abouti à la construction du réacteur nucléaire de Dimona dans le désert du Néguev, devenu opérationnel aux alentours de 1962.
Considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, l'Etat hébreu a toujours entretenu l'ambiguïté sur cette question, refusant de confirmer détenir un arsenal atomique.

https://francais.rt.com/international/27382-reacteur-nucleaire-israelien-baptise-shimon

Repost 0
Published by RT.com (Russie) - dans Revue de presse
commenter cet article
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 02:40

Plus de 140 personnes tuées dans un raid aérien au Yémen

Nouveau bain de sang à Sanaa, au Yémen, où des frappes ont visé une cérémonie funéraire et tué plus de 140 personnes. Les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient réexaminer leur soutien à la coalition menée par l'Arabie Saoudite.

MEE et agences

Sunday, 9th October 2016

9 octobre 2016

Last update:

Sunday 9 October 2016 8:49 UTC

Dernière mise à jour :

09 octobre 2016

Yemen, Sanaa, victimes civiles, coalition conduite par l’Arabie saoudite

Show commentaire(s)

Plus de 140 personnes ont été tuées et au moins 525 blessées samedi lors de raids aériens qui ont ciblé une cérémonie funéraire à Sanaa, la capitale du Yémen, selon un représentant des Nations unies.

Les rebelles houthis ont accusé la coalition menée par l’Arabie saoudite d’être à l’origine de l’attaque. Les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient prendre plus de distance avec Riyad.

Les humanitaires sont « choqués et scandalisés » par les attaques qui ont frappé une salle communautaire où plusieurs personnes étaient rassemblées pour un deuil, a déclaré Jamie McGoldrick, le coordinateur humanitaire pour l'ONU au Yémen. Cette attaque a été dénoncée par Washington, Téhéran et la Croix-Rouge. L'Iran, qui soutient les Houthis, a également vivement réagi. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, « a condamné fermement les frappes » saoudiennes, les qualifiant de « crime épouvantable contre l'humanité ».

Le représentant des Nations unies a appelé à une enquête immédiate et a promis que la communauté internationale allait exercer des pressions pour garantir la protection des civils. « La violence contre les civils au Yémen doit immédiatement cesser », a déclaré McGoldrick.

La coalition, de plus en plus surveillée par la communauté internationale après que des morts civiles ont été rapportées, dément toute responsabilité dans l’attaque. Dans un communiqué, elle a affirmé qu’il n’y avait aucune opération en cours dans la zone et que « d’autres causes » à l’origine du drame doivent être envisagées. La coalition a également précisé que « dans le passé, de tels rassemblements avaient été évités et qu’ils n’avaient été ciblés ». Dans la nuit, elle a toutefois publié un communiqué annonçant « une enquête immédiate ».

Traduction : « L’actualisation par @Reuters du bilan des victimes des frappes aériennes saoudiennes au Yémen s’élève à 82. C’était il y a dix heures. Maintenant, on est au moins à 140 tués… »

« La coopération sécuritaire n’est pas un chèque en blanc »

Parmi les morts et les blessés se trouvent des vétérans militaires et des représentants de la sécurité issus des rangs des rebelles houthis, chiites, qui combattent le gouvernement du président Abd Rabo Mansour Hadi, soutenu par la communauté internationale, et leurs alliés, des loyalistes de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, selon Associated Press.

Les États-Unis ont déclaré avoir lancé « une révision immédiate » de leur participation à la coalition.

« Nous sommes profondément dérangés par les rapports sur le raid contre la veillée funèbre au Yémen, qui, s’il est confirmé, s’ajouterait à une troublante série d’attaques sur des civils yéménites », a souligné Ned Price, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

« La coopération sécuritaire des États-Unis avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc… A la lumière de ce qui s’est passé et des autres incidents précédents, nous avons immédiatement revu à la baisse notre soutien, déjà considérablement réduit, à la coalition menée par les Saoudiens, et nous sommes préparés à ajuster cet appui de sorte à ce qu’il soit conforme aux principes américains, à nos valeurs et à nos intérêts, ce qui comprend la fin immédiate et durable du conflit tragique au Yémen ».

Ambulances et sacs mortuaires

Après le raid, des centaines de corps ont été retrouvés éparpillés à l’intérieur et à l’extérieur de la salle, a relevé The Guardian. Les secouristes les ont ramassés dans des sacs mortuaires. Robert Mardini, le directeur de la Croix-Rouge pour le Moyen-Orient, a indiqué faire son possible pour apporter des secours, précisant par ailleurs avoir « fourni 300 sacs mortuaires jusqu'ici » pour évacuer les cadavres.

« L’endroit ressemblait à un lac de sang », a rapporté un des secouristes, Murad Tawfiq.

« Les secours d’urgence ont retiré au moins vingt corps carbonisés et des corps démembrés de l’immeuble ravagé, d’autres ont ratissé les décombres à la recherche de survivants », a témoigné un photographe de l’AFP présent sur les lieux. « Certains blessés, dont les jambes ont été arrachées, ont été traités sur les lieux par des volontaires. »

La télévision Almasirah, proche des Houthis, a annoncé que le maire de Sanaa, Abdel Qader Hilal, faisait partie des victimes.

« Les gens étaient venus de tout Sanaa pour assister aux funérailles » du père du « ministre de l'Intérieur » des rebelles, Jalal al-Rouichène, a raconté Mulatif al-Mojani, qui a été témoin des frappes. « Un avion a tiré un missile et quelques minutes plus tard, un autre avion a pilonné l’immeuble. »

Un autre témoin qui a souhaité rester anonyme, a décrit l’attaque comme « un crime de guerre ».

« C’était des funérailles pour un seul homme à Sanaa, c’est devenu des funérailles pour de nombreux Yéménites », a-t-il décrit.

Une source sécuritaire, citée par un site rebelle, a décrit un feu important dévorant l’immeuble. Les ambulances, sirènes hurlantes, ont évacué les blessés et les habitants ont rapporté que les hôpitaux avaient lancé un appel aux dons de sang.

Une trêve avait été envisagée

Les Houthis sont arrivés aux portes de Sanaa en septembre 2014 et ont avancé sur une grande partie du Yémen, forçant le gouvernement internationalement reconnu de Hadi à s’enfuir. Ce dernier tente actuellement de regagner le terrain perdu, avec l'appui de la coalition arabe. Il a renforcé ses positions dans le sud, mais peine à reconquérir les régions du nord. Des tentatives de favoriser un règlement politique ont échoué en août dernier lors de pourparlers de paix inter-yéménites sous l'égide de l'ONU au Koweït. Vendredi, le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed avait évoqué la possibilité d'instaurer une trêve de 72 heures.

Ces derniers mois, la coalition menée par l’Arabie saoudite, qui supervise les bombardements sur les rebelles houthis au Yémen depuis mars 2015, était sur la sellette en raison du nombre de victimes civiles dans ses campagnes aériennes.

Selon un rapport des Nations unies publié en août, les frappes de la coalition sont suspectées d’être à l’origine de la moitié des civils tués au Yémen. Il a appelé un organe international indépendant à enquêter sur une série de violations dans tous les camps.

Famine et crise sanitaire

La coalition a déclaré à l’AFP qu’elle utilisait des lasers haute-technologie et des armes dirigées par système GPS, et qu’elle vérifiait à plusieurs reprises ses cibles pour éviter les victimes civiles.

En plus du nombre élevé de victimes, les Yéménites sont aussi confrontés à la famine et à une crise sanitaire.

L’agence des Nations unies pour l’enfance, l’UNICEF, estime que trois millions de personnes ont un besoin urgent de nourriture et qu’1,5 million d’enfants souffrent de malnutrition.

L'attaque « ne restera pas impunie », a prévenu le conseil politique suprême, mis en place récemment par les Houthis et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Il a appelé ses partisans à « user de tous les moyens pour répondre à ce crime ». Le conseil a également appelé les Yéménites à participer dimanche à une manifestation devant le bureau de l'ONU à Sanaa pour protester contre « les crimes de guerre » de la coalition. Le rassemblement a été baptisé « Volcan de la colère ».

Traduit de l’anglais (original).

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/plus-de-140-personnes-tu-es-dans-un-raid-rien-au-y-men-724125997

Repost 0
Published by The Middle East Eye.net - dans Revue de presse
commenter cet article
11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 02:41

More than 140 people killed in air raid on Yemen funeral hall, UN says

US begins 'immediate review' of Saudi-led coalition in Yemen, prepared to adjust support
Yemeni rescue workers search for victims on Saturday amid rubble of destroyed building after airstrikes on capital Sanaa (AFP)

MEE and agencies

Saturday 8 October 2016 18:08 UTC
Last update:
Sunday 9 October 2016 4:09 UTC
More than 140 people were killed and at least 525 wounded on Saturday when air strikes hit a funeral ceremony in Sanaa, Yemen, a United Nations official said. Houthi rebels blamed the attack on the Saudi-led coalition and the US said it would begin a review of the alliance.
The UN humanitarian coordinator in Yemen, Jamie McGoldrick, said aid workers were "shocked and outraged" by the attacks that hit a community hall where mourners had gathered.
The UN aid official called for an immediate investigation and said the international community must exert pressure to ensure civilians are protected. "This violence against civilians in Yemen must stop immediately," McGoldrick said in a statement.
The coalition, which has come under increasing international scrutiny over alleged civilian deaths, denied responsibility for the attack, saying in a statement that it had no operations at the location and "other causes" for the incident must be considered. It said the alliance "has in the past avoided such gatherings and they have never been a subject of targeting".
The dead and wounded included senior military and security officials from the ranks of the Shia Houthi rebels fighting against the internationally recognised government of President Abd Rabbuh Mansour Hadi, as well as their allies, loyalists of former president Ali Abdullah Saleh, according to the Associated Press.
The US said it had launched an "immediate review" of the Saudi-led coalition in Yemen.
"We are deeply disturbed by reports of today's air strike on a funeral hall in Yemen, which, if confirmed, would continue the troubling series of attacks striking Yemeni civilians," White House National Security Council spokesman Ned Price said in a statement.
"US security cooperation with Saudi Arabia is not a blank check... In light of this and other recent incidents, we have initiated an immediate review of our already significantly reduced support to the Saudi-led coalition and are prepared to adjust our support so as to better align with US principles, values and interests, including achieving an immediate and durable end to Yemen's tragic conflict."
In the aftermath of the strike, hundreds of body parts were found strewn in and outside the hall, the Guardian said. Rescuers collected them in sacks. “The place has been turned into a lake of blood,” said one rescuer, Murad Tawfiq.
Emergency workers pulled at least 20 charred remains and body parts from the gutted building, while others scoured the wreckage in search for survivors, an AFP photographer at the scene said.
Some wounded had their legs torn off and were being treated on the spot by volunteers, he said.
Houthi-allied Almasirah television said Sanaa mayor Abdel Qader Hilal was among those killed.
People had come from all over Sanaa to attend the funeral, said Mulatif al-Mojani, who witnessed the air strikes. "A plane fired a missile and minutes later another plane pounded" the building, he told AFP.
Another witness, who declined to give his name, described the attack as a "war crime".
"This was a funeral for one man in Sanaa, and now it has turned into a funeral for scores of Yemenis," he said.
The strikes came as Saudi Arabia, which has overseen the bombing of Houthi rebels in Yemen since March 2015, is under increasing international scrutiny over civilian deaths from its air raids.
A security source, cited by the rebel website, said a fire subsequently ripped through the building.
Ambulance sirens blared as they transported the wounded away and residents said local hospitals had issued an appeal for blood donations.
The Houthis swept into Sanaa in September 2014 and advanced across much of Yemen, forcing the internationally recognised government of Hadi to flee the capital.
More than 6,700 people - most of them civilians - have been killed in Yemen since the coalition intervened in support Hadi, according to the UN.
The Saudi-led alliance has come under mounting international criticism in recent months over the civilian death toll in its aerial campaign.
A UN report in August said coalition air strikes are suspected of causing about half of all civilian deaths in Yemen.
It called for an independent international body to investigate an array of serious violations by all sides.
The coalition has told AFP it uses highly accurate laser- and GPS-guided weapons and verifies targets many times to avoid civilian casualties.
In addition to the mounting death toll, Yemenis are facing twin health and hunger crises.
The UN's children agency UNICEF estimates that three million people are in need of immediate food supplies, while 1.5 million children suffer malnutrition.

http://www.middleeasteye.net/news/yemen-rebels-say-least-82-people-killed-sanaa-air-raid-funeral-632296408

Repost 0
Published by The Middle East Eye.net - dans Revue de presse
commenter cet article
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 02:42

Moscou défendra ses intérêts en Syrie si les USA bombardent

9 octobre 2016 | Par Agence Reuters

La Russie a les moyens de protéger ses intérêts en Syrie si les Etats-Unis décident de bombarder les bases aériennes des forces gouvernementales, a averti dimanche le ministre des Affaires étrangères, selon lequel cette option est envisagée à Washington.
MOSCOU (Reuters) - La Russie a les moyens de protéger ses intérêts en Syrie si les Etats-Unis décident de bombarder les bases aériennes des forces gouvernementales, a averti dimanche le ministre des Affaires étrangères, selon lequel cette option est envisagée à Washington.
"C'est très dangereux dans la mesure où la Russie, qui est présente en Syrie à l'invitation du gouvernement légitime de ce pays et y dispose de deux bases, possède des systèmes de défense aériens qui protègent ses intérêts", a déclaré Sergueï Lavrov.
Le chef de la diplomatie, qui s'exprimait dans le cadre d'un entretien accordé à la première chaîne de télévision russe dont la transcription est reprise sur le site de son ministère, se dit toutefois convaincu que Barack Obama n'acceptera pas un tel scénario.
Sergueï Lavrov ajoute ressentir une hostilité croissante de la part de Washington et parle même de mesures agressives.
"Nous avons assisté à un changement complet d'attitude avec la russophobie agressive qui se trouve désormais au coeur de l'attitude américaine vis-à-vis de la Russie. Il ne s'agit pas que d'une russophobie rhétorique, mais de mesures agressives qui affectent réellement nos intérêts nationaux et menacent notre sécurité", ajoute-t-il.
L'armée syrienne et ses alliés, appuyés par l'aviation russe, ont lancé une vaste offensive pour reprendre la partie orientale d'Alep, tenue par l'opposition armée, après l'expiration, le 19 septembre, du bref cessez-le-feu négocié par Moscou et Washington. Plus de 250.000 civils vivent dans ce secteur assiégé pratiquement sans discontinuer depuis juillet.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a réclamé vendredi l'ouverture d'une enquête pour crimes de guerre sur les bombardements selon lui délibérés des hôpitaux de la ville.

https://www.mediapart.fr/journal/international/091016/moscou-defendra-ses-interets-en-syrie-si-les-usa-bombardent

Repost 0
Published by Reuters / Mediapart.fr - dans Revue de presse
commenter cet article
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 02:40

Expulsés : la guerre d’Israël contre les militants pro-palestiniens

Depuis janvier, Israël contraint de plus en plus de sympathisants de la Palestine à de longues heures derrière les barreaux ou à d’humiliants départs forcés

Pam Bailey, directrice du projet « We Are Not Numbers© », a rencontré certains des jeunes auteurs palestiniens qu’elle accompagne en avril 2016. Suite à son expulsion d’Israël, elle pourrait ne plus jamais les revoir (Photo gracieusement offerte par Pam Bailey)

Pam Bailey

Friday, 7th October 2016

7 octobre 2016

Last update:

Friday 7 October 2016 10:15 UTC

Dernière mise à jour :

07 octobre 2016

19 60googleplus0 79

Topics

OccupationPalestine

Tags

Palestine, solidarité, expulsions, Israel

Show commentaire(s)

NGO Monitor est une organisation d’extrême-droite étroitement liée au gouvernement israélien qui a publié de violentes attaques contre des groupes tels que Jewish Voice for Peace, Amnesty International, B’Tselem et Breaking The Silence. Elle a récemment publié ce qu’elle présente comme une fiche d’information sur l’« abus de visas touristiques par des militants radicaux d’ONG qui militent pour le mouvement BDS et la guerre politique ».

Le document commence par l’affirmation suivante : « les militants d’ONG ont systématiquement obtenu des visas touristiques pour entrer en Israël sous de faux prétextes et se sont ensuite employés à attaquer et à faire obstacle à l’Armée de défense d’Israël et au personnel chargé de la sécurité, à organiser et à prendre part à de violentes manifestations, à contacter des organisations terroristes, à promouvoir le mouvement BDS et la diabolisation, et à s’engager dans d’autres activités incohérentes avec le statut de touriste ».

Lorsque je suis arrivée à l’aéroport Ben Gourion avec ma lettre d’invitation et mon numéro de permis en main, on a pris mes empreintes digitales et on m’a photographiée

Le document donne ensuite une liste de plusieurs individus à qui l’entrée en Israël a été refusée suite à l’annonce faite courant août par le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, de la création d’un groupe de travail gouvernemental destiné à « empêcher les militants du mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) de continuer à exploiter les visas touristiques et à expulser les militants entrés illégalement dans le pays ».

Je figurais sur cette liste.

Cependant, je ne suis pas arrivée en Israël à la recherche d’un visa touristique à exploiter. (Et, d’ailleurs, bien que je soutienne ouvertement le mouvement BDS, je n’ai jamais attaqué le personnel de l’Armée de défense d’Israël, organisé ou pris part à de violentes manifestations, ni contacté des « terroristes »).

Au contraire, j’avais reçu – de la part de l’agence israélienne compétente – une autorisation d’entrer dans la bande de Gaza où une ONG suédoise m’envoyait pour participer à la mise en œuvre d’un programme en faveur des femmes. Je suis par ailleurs la secrétaire internationale de l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme et la directrice de « We Are Not Numbers » qui se concentrent tous deux sur Gaza, comme l’a fait remarquer NGO Monitor.

Pourtant, lorsque je suis arrivée à l’aéroport Ben Gourion avec ma lettre d’invitation et mon numéro de permis en main, on a pris mes empreintes digitales, on m’a photographiée, emprisonnée pendant douze heures, renvoyée aux États-Unis et informée que je ne pourrai pas revenir pendant dix ans.

Cela semble dramatique – mais c’est plus ou moins le même scénario qui s’est joué de nombreuses fois depuis janvier de cette année.



De plus en plus de militants sont mis en détention et expulsés dès leur arrivée et sont condamnés à une interdiction de séjour de dix ans sur les territoires palestiniens par les autorités israéliennes (Photo gracieusement offerte par Pam Bailey)

Je ne suis pas la seule à avoir été expulsée

En 2015, seul 1 % des 384 « incidents » rencontrés par l’ONU et les employés et consultants d’ONG internationales ont abouti à des expulsions, selon des rapports soumis à l’Unité de coordination d’accès (ACU) du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Au contraire, la grande majorité des problèmes (76 %) étaient des retards. La même tendance a été observée au cours des trois années précédentes.

Toutefois, en 2016, 8 % des 233 incidents signalés ont donné lieu à une expulsion, tandis que 18 autres ont conduit à l’« annulation de la mission ». Ces chiffres sont un minimum : ils ne prennent pas en compte les travailleurs indépendants, les universitaires et les militants qui représentent la majeure partie des personnes expulsées. Personne ne collecte de chiffres les concernant, à part, très probablement, le gouvernement israélien.

Des interviews menées auprès de plusieurs personnes expulsées en 2016 montrent qu’elles sont bien plus variées et bien intentionnées que NGO Monitor ne le laisse entendre. En voici quelques exemples :

Joe Weston, de Washington D.C., est animateur de séminaires internationaux et l’auteur d’un livre intitulé Mastering Respectful Confrontation

(maîtriser la confrontation respectueuse). Il s’agit d’une spécialité plutôt ironique étant donné qu’il a été expulsé par Israël et frappé d’une interdiction de séjour de dix ans. Joe Weston disposait également d’un permis de séjour à Gaza où il se rendait afin d’animer plusieurs séances de formation pour l’ONG suédoise qui me parrainait. Toutefois, lorsque les gardes-frontières israéliens lui ont demandé qui étaient ses contacts à Gaza et qu’il a répondu qu’il n’en avait aucun, ils ont répliqué qu’ils ne le croyaient pas – et voilà tout.

Max (qui a préféré que son nom ne soit pas publié) est originaire du Royaume-Uni. Il se rendait en Cisjordanie pour travailler en tant qu’auteur pour un service de presse palestinien. Il a été interrogé à plusieurs reprises, tout d’abord sur ce qu’il devait y faire. On a ensuite fouillé son téléphone à la recherche de contacts ayant un numéro local. La conclusion ? Il représentait un risque pour la sécurité. « Lorsque j’ai entendu que j’allais être interdit de séjour pendant dix ans, c’était fini », a indiqué Max, qui avait démissionné de son précédent emploi pour s’installer en Cisjordanie. « Cela m’a anéanti. J’ai principalement dormi pendant les douze heures que j’ai passées en prison. »

« Lorsque j’ai entendu que j’allais être interdit de séjour pendant dix ans, c’était fini. Cela m’a anéanti. J’ai principalement dormi pendant les douze heures que j’ai passées en prison »

Max et moi avons été particulièrement frappés par le fait qu’au moment de prendre l’avion du retour, les gardes ont attendu le dernier moment avant de nous conduire directement à l’avion, sur le tarmac. Nous n’avons même pas été autorisés à entrer dans l’aéroport. Max se souvient : « J’ai demandé si nous arriverions à temps pour le décollage et les gardes ont répondu : "c’est notre aéroport. Les compagnies aériennes font ce qu’on leur dit" ».

Dans mon cas, la compagnie aérienne était United Airlines et l’équipage a appliqué les instructions du service israélien de contrôle des frontières, c’est-à-dire conserver mon passeport jusqu’à ce que nous soyons près d’atterrir. J’ai demandé pourquoi. On m’a répondu que si l’avion devait atterrir en urgence, je risquais d’essayer de « m’échapper ».

Lauren Jappe, originaire de Boston, se rendait à Bethléem pour le compte de sa branche locale de Jewish Voice for Peace afin de participer à une conférence sur les réfugiés. Elle avait endossé le rôle d’une « sœur » pour l’un des camps de réfugiés locaux. Toutefois, lorsque les gardes-frontières ont découvert qu’elle avait précédemment visité Ramallah – ce qu’ils ont, selon elle, probablement appris grâce à une recherche en ligne –, ils lui ont demandé l’autorisation de fouiller son téléphone et son compte de messagerie, tandis que l’un d’entre eux se vantait d’être expérimenté dans l’interrogatoire de « terroristes ».

Elle refusa, se fit crier dessus en raison de sa « mauvaise attitude » et fut expulsée. « J’avais entendu dire que ce genre de choses arrivait et un ami à qui j’avais réussi à envoyer un message depuis l’aéroport m’a dit ce qui arriverait ensuite », se souvient-elle. « Mais le moment où j’ai attendu le fourgon qui devait m’emmener en prison [pour y être détenue pendant onze heures] avec plusieurs femmes d’Europe de l’Est qui ne parlaient pas anglais a tout de même été le pire. Le fait de ne pas savoir combien de temps ça durerait. » Fait curieux observé par toutes les personnes interrogées, le centre de détention semblait abriter de nombreux Russes, Ukrainiens et Géorgiens qui ne semblaient pas être des militants.

Selon un ministre israélien, le mouvement BDS est une autre branche du terrorisme

La vague d’expulsions actuelle est alimentée par la participation du public et encouragée par les responsables gouvernementaux. « Si vous avez des informations sur une personne qui se fait passer pour un touriste mais est en réalité un militant du boycott qui séjourne en Israël, merci de nous le faire savoir et nous ferons le nécessaire pour l’expulser hors du pays », a déclaré Gilad Erdan, qui occupe également le poste de ministre des Affaires stratégiques, sur Facebook.

Certains indicateurs suggèrent que le début de l’année 2016 a marqué le lancement d’une vaste campagne visant à cibler et à expulser ou neutraliser les militants

Outre la chasse aux sorcières menée ostensiblement par Israël contre les partisans du BDS, les ONG qui travaillent avec les Palestiniens, notamment à Gaza, subissent également des attaques. Le gouvernement israélien a accusé les représentants de Vision du Monde et du Programme des Nations unies pour le développement de verser de l’argent au Hamas. Par ailleurs, le magazine Foreign Policy s’est entretenu avec une dizaine de cadres d’ONG et d’agences des Nations unies qui étaient pour la plupart réticents à témoigner officiellement (un problème fréquent). Les trois quarts ont indiqué qu’il était récemment devenu plus difficile de travailler à Gaza.

Selon le magazine, en 2015 et au début de l’année 2016, seuls 3 % environ des employés se sont vu refuser leur permis de séjour. Mais au cours des derniers mois, ce nombre est passé à presque 30 %.

Pendant ce temps, le cabinet de Gilad Erdan a annoncé qu’Israël avait conclu un accord avec les représentants de Facebook afin de créer des équipes chargées de déterminer comment contrôler et éliminer les « contenus incendiaires » du réseau social. Un projet de loi cherche à forcer d’autres réseaux sociaux à supprimer les contenus qu’Israël considère comme des incitations.

« Le mouvement BDS est une autre branche du terrorisme de l’ère moderne », a affirmé la ministre israélienne de la Justice, Ayelet Shaked, lors d’une conférence du Fonds national juif organisée à New York le mois dernier.

Tous les indicateurs suggèrent que le début de l’année 2016 a marqué le lancement d’une vaste campagne visant à cibler et à expulser ou neutraliser les militants et autres sympathisants qui sont toujours prêts à défendre les Palestiniens sur le territoire proclamé d’Israël.

On pourrait parler d’une guerre de volonté – et d’un usage brutal du pouvoir.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/expuls-s-la-guerre-d-isra-l-contre-les-militants-pro-palestiniens-1480266494

Repost 0
Published by The Middle East Eye.net - dans Revue de presse
commenter cet article
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 02:40

Afrique FRANCE 24

Maroc : les islamistes du PJD remportent les législatives avec 125 sièges

Vidéo par Sara DOUBLIER

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/10/2016

Le Parti justice et développement (PJD), à la tête du gouvernement marocain, a obtenu 125 sièges, sur un total de 395, lors des législatives, selon les résultats annoncés samedi. Les libéraux du Parti authenticité et modernité s'en adjugent 102.

Les islamistes du Parti justice et développement (PJD), à la tête du gouvernement de coalition depuis cinq ans au Maroc, ont remporté les élections législatives, a annoncé le ministère de l'Intérieur, samedi 8 octobre, au lendemain du vote.

Après dépouillement complet des bulletins, le PJD du Premier ministre, Abdelilah Benkirane, a obtenu 125 sièges, sur un total de 395. Son principal rival, le Parti authenticité et modernité (PAM, libéraux), en comptabilise 102. Tandis que Istiqlal, le parti de la lutte pour l'indépendance, en récupère 46.

Le "parti de la lampe", comme l'appellent ses partisans, a donc réussi son pari d'un deuxième mandat à la tête du gouvernement de coalition pour "continuer la réforme", comme il le promettait au cours de sa campagne efficace et bien organisée.

Opposition "vivace"

"Par cette victoire, le PJD confirme qu'il est devenu la première force politique du pays, observe Sara Doublier, correspondante de France 24 à Rabat. Le parti aura toutefois la difficile tâche, dans les prochains jours, de former une coalition gouvernementale. Première option : se réconcilier avec les conservateurs de Istiqlal qui avaient claqué la porte du gouvernement en 2013. Autre possibilité : s’allier avec les sociaux-libéraux du Rassemblement national des indépendants, parti membre de l’actuel gouvernement."

Pour sa part, le PAM a déjà exclu de faire alliance avec le PJD qu’il a accusé, durant la campagne, d’être responsable de la situation économique et de la montée de l’islamisme dans le pays. "Les dirigeants du PAM ont fait un bon score mais ils sont déçus. On sait qu’ils entendent mener une opposition très vivace au gouvernement du PJD", rapporte Sara Doublier.

Les élections pour la Chambre des représentants étaient un test de la monarchie constitutionnelle marocaine, cinq ans après que le roi a accordé des pouvoirs limités à un Parlement élu dans la foulée du "printemps arabe".

Selon le système électoral marocain, aucun parti ne peut obtenir la majorité absolue des suffrages d'une chambre qui compte 395 sièges. Cela suppose que le vainqueur du scrutin doit former un gouvernement de coalition. Le roi, qui détient encore les rênes du pouvoir, choisit un Premier ministre issu des rangs du parti vainqueur des élections.

Avec AFP et Reuters

http://www.france24.com/fr/20161008-maroc-legislatives-victoire-pjd-islamistes-gouvernement-pam

Repost 0
Published by France24.com / AFP / Reuters - dans Revue de presse
commenter cet article
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 02:45

Gaza. Les militantes du « bateau des femmes » expulsées d'Israël

avec afp

Vendredi, 7 Octobre, 2016

Humanite.fr

bateau-des-femmes-gaza.jpg

La dernière des militantes du bateau intercepté par la marine israélienne alors qu'il projetait de rallier la bande de Gaza devait être expulsée ce vendredi après-midi.

"Toutes les occupantes du bateau ont quitté Israël sauf une femme, qui prendra l'avion pour Oslo cet après-midi", ont déclaré les autorités israéliennes. Il s'agit d'une étudiante norvégienne, Synnie Sofie Reksten, qui était la plus jeune des 13 femmes à bord du Zaytouna-Oliva, arraisonné mercredi soir à 35 milles nautiques des côtes de Gaza.
Les militantes, dont la Nord-Irlandaise Mairead Maguire, prix Nobel de la paix, et la parlementaire algérienne Samira Douaifia, avaient embarqué en Europe pour tenter de rallier l'enclave palestinienne, soumise depuis dix ans à un sévère blocus terrestre, aérien et maritime par Israël.
Après l'interception de leur embarcation, les militantes avaient été escortées jusqu'au port israélien d'Ashdod.
Elles ont été placées en détention avant d'être expulsées.
L'armés israélienne n'a pas dit ce qu'il allait advenir du bateau qui se trouve toujours à Ashdod.
Depuis 2008, plusieurs expéditions civiles ont tenté, sans succès, de forcer le blocus maritime de la bande de Gaza, territoire palestinien coincée entre l'Egypte, la Méditerranée et Israël et où le mouvement islamiste Hamas -ennemi d'Israël- est au pouvoir.
En 2010, un assaut israélien sur une flottille s'était soldé par la mort de dix militants turcs à bord d'un navire, provoquant une grave crise entre Israël et la Turquie.

http://www.humanite.fr/gaza-les-militantes-du-bateau-des-femmes-expulsees-disrael-617396

Repost 0
Published by L'Humanité.fr / AFP - dans Revue de presse
commenter cet article
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 02:44

La marine israélienne intercepte le «bateau des femmes» pour Gaza

Par RFI Publié le 05-10-2016 Modifié le 05-10-2016 à 20:10

Le bateau était parti il y a un peu plus de deux semaines de Barcelone, en Espagne. Deux semaines et demi de trajet pour traverser la Méditerranée, direction Gaza, l'enclave palestinienne contrôlée par le mouvement islamiste Hamas depuis 2007, et soumise depuis lors à un blocus par les forces israéliennes. Le bateau, à bord duquel se trouvaient uniquement des femmes, est arrivé ce mercredi au large de la bande de Gaza. Et comme tous les bateaux qui avaient tenté de rompre ce blocus maritime avant lui, il a été intercepté par la marine israélienne.
Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil
Dès le début de l'après-midi, quelques dizaines de Palestiniens avaient sorti leurs drapeaux et gonflé des ballons aux couleurs de leur emblème : ce devait être le comité d'accueil de l'équipage du Zaitouna dans le port de Gaza. Mais l'armée israélienne avait prévenu qu'elle ne laisserait pas le bateau passer, pas plus que ceux qui ont déjà ces dernières années tenté de rompre le blocus maritime imposé à l'enclave palestinienne. Et le fait que l'équipage du bateau ne soit composé que de femmes - parmi lesquelles des parlementaires, une ancienne colonel et une lauréate du prix Nobel de la paix - n'a rien changé à la position de l'Etat hébreu : le voilier a été dérouté en fin d'après-midi.
L'opération s'est déroulée sans incident, souligne l'armée israélienne. Alors que l'interception d'un bateau turc en 2010 avait causé la mort de dix personnes. Le voilier a été escorté jusqu'à Ashdod, port israélien situé au nord de la bande de Gaza. De leur côté, les membres de la flottille ont fait diffuser sur les réseaux sociaux des vidéos enregistrées avant leur départ dénonçant des arrestations illégales et appelant à une pression internationale pour obtenir leur libération.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20161005-marine-israel-flottille-bateau-femmes-gaza

Repost 0
Published by RFI.fr - dans Revue de presse
commenter cet article
8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 02:42

Londres fait son autocritique sur la Libye, Paris persiste et signe

Le terrible coût de l’intervention militaire de 2011

Orient XXI > Magazine > Patrick Haimzadeh > 6 octobre 2016

La publication par le Parlement britannique d’un rapport accablant sur l’intervention occidentale en Libye en 2011 a suscité bien des critiques... en France. Alors même que ce pays a été incapable de mener un travail d’analyse comparable et que des éléments accablants portés devant l’opinion publique confirment que le choix de la guerre n’était pas inéluctable et que d’autres moyens d’action existaient pour aider le peuple libyen.
Obusier Palmarias de l’armée libyenne détruit par l’aviation française près de Benghazi.
Bernd.Brincken, 19 mars 2011.
« Dans le monde arabe, tout est plus compliqué que ce qu’on souhaiterait ». Cette phrase n’est pas extraite d’un tabloïde britannique, mais de l’audition de Sir Alan Duncan, secrétaire d’État britannique au développement international en 2011 figurant dans le rapport de la commission des affaires étrangères de la chambre des communes sur l’intervention militaire de 2011 en Libye, Libya : Examination of intervention and collapse and the UK’s future policy options, publié le 16 septembre 2016. Cette petite phrase pourrait d’ailleurs résumer à elle seule la tonalité de ce rapport — dont nombre de conclusions rappellent celles du rapport de la commission d’enquête John Chilcot, paru deux mois plus tôt et qui apportait un éclairage accablant sur l’intervention britannique contre l’Irak en 2003. Il est le résultat d’un travail de recherche et d’auditions réalisées depuis octobre 2015 par les onze membres de la commission des affaires étrangères de la chambre des communes (six députés conservateurs, quatre travaillistes et un membre du parti national écossais). Les principaux responsables politiques, militaires et diplomatiques en poste en 2011, l’ancien premier ministre Tony Blair, trois universitaires reconnus et un journaliste spécialiste de la Libye ont été auditionnés. Le premier ministre en exercice en 2011 David Cameron a pour sa part décliné l’invitation. Des entretiens ont été également réalisés avec des personnalités tunisiennes et libyennes. Les minutes des auditions sont jointes dans leur intégralité au texte.
Ce rapport permet d’obtenir, à partir des témoignages des principaux acteurs de l’époque, des détails précieux sur les processus de décision qui ont conduit à la guerre, les buts de cette guerre et la préparation de l’après-guerre. La totalité des responsables interrogés reconnaissent qu’ils ne disposaient en 2011 que d’une connaissance superficielle des acteurs libyens et des structures sociales et politiques réelles du pays. Plus grave encore, les analyses du ministère de la défense s’appuyaient exclusivement sur les informations diffusées par l’insurrection sur les réseaux sociaux, celles transmises par les opposants libyens de l’étranger et celles des grands médias qui reprenaient souvent la couverture des évènements des chaînes Al-Jazira et Al-Arabiya du Qatar et de l’Arabie saoudite. Tous reconnaissent le manque de renseignements fiables sur la situation et la méconnaissance de ce qui se passait réellement sur le terrain. Interrogés de façon récurrente par les députés sur leur perception du poids des militants islamistes dans l’insurrection, tous les responsables ont affirmé ne pas l’avoir estimé à sa juste valeur, de même que le soutien que leur apportait le Qatar. Malgré tout, le choix d’écarter les options diplomatiques au profit de l’option militaire a été fait très rapidement. Le chef d’état-major des armées affirme avoir été l’un des seuls à attirer l’attention sur l’absence de fiabilité des renseignements disponibles lors des premières réunions du Conseil national de sécurité.
Le « sauvetage » de Benghazi
Sur la question cruciale du sauvetage de Benghazi qui a été mise en avant pour justifier l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant la mise en œuvre de « tous les moyens nécessaires » pour protéger les populations civiles, les avis divergent entre les responsables étatiques et les universitaires auditionnés. Les premiers reprennent bien naturellement la rhétorique officielle de l’époque sur l’imminence d’un massacre de grande ampleur de populations civiles à Benghazi (plusieurs centaines de milliers de morts annoncés), voire d’un « génocide » et n’hésitent pas à rappeler les précédents de Srebrenica ou du Rwanda. Les universitaires George Joffé et Alison Pargeter se démarquent de cette hypothèse en rappelant qu’aucune des villes reprises par le régime aux insurgés (notamment Zawiya et Ajdabiya) n’avait subi de mesure de représailles contre la population civile. Ils mettent également en perspective le fameux discours de Mouammar Kadhafi du 22 février appelant à poursuivre les rebelles « maison par maison », avec ses discours postérieurs qui promettaient la clémence envers ceux qui déposeraient leurs armes. En outre, si Kadhafi a violemment réprimé ses opposants, il n’a jamais procédé à des massacres de populations civiles comme ont pu les perpétrer Saddam Hussein et Hafez Al-Assad. Enfin, la colonne en route vers Benghazi ne comprenait pas plus de 2 000 hommes, majoritairement de jeunes volontaires non aguerris soutenus par une dizaine de chars. Difficile dans ces conditions d’imaginer que cette colonne ait été en mesure de massacrer des dizaines de milliers d’hommes dans une ville de 800 000 habitants disposant déjà de milices bien armées et combattant sur leur terrain. C’est pourtant cette imminence du massacre annoncé à Benghazi qui demeure dans les esprits, justifiant le bien-fondé de l’intervention franco-britannique de 2011 en Libye.
Les quatre bombes lancées par les avions français le 19 mars ayant mis en déroute les forces pro-Kadhafi en route pour Benghazi, le mandat initial aurait pu être considéré comme rempli. L’état-major britannique avait d’ailleurs planifié une pause dans les bombardements pour permettre à l’option politico-diplomatique de se déployer. Le chef d’état-major des armées britanniques fait référence à une perspective clausewitzienne où « la guerre n’est que la poursuite de la diplomatie par d’autres moyens »1. Cette pause n’a cependant pas été acceptée par l’allié français qui, selon les responsables britanniques, avait déjà pour but de guerre la chute du régime. Le but de guerre britannique serait donc passé en quelques jours de la protection des populations au changement de régime. Ce but est atteint au terme de huit mois de guerre. Selon les termes du chef d’état-major de l’époque : « Cette intervention est un succès tactique qui se révèlera très vite un échec stratégique ».
Des plans irréalistes pour la transition
À la chute du régime et malgré une présence réelle sur le terrain en soutien de l’insurrection, les responsables britanniques n’ont toujours pas une vision claire de la situation en Libye. Les rapports de force au sein de l’insurrection ne sont pas connus et les analyses s’appuient exclusivement sur les contacts avec les responsables du Conseil national de transition (CNT), majoritairement d’anciens hommes d’affaires, juristes, universitaires et opposants de l’étranger non représentatifs des multiples factions de l’insurrection, en particulier des islamistes. La cellule de planification de la transition mise en place au printemps 2011 par les Britanniques, à laquelle participent des experts australiens, italiens, danois et américains travaille avec celle créée par le CNT. Les deux cellules n’ont cependant qu’un ancrage limité en Tripolitaine où les responsables locaux du courant islamiste de l’insurrection préparent déjà l’après-Kadhafi avec le soutien direct du Qatar. Rien ne se passe donc comme prévu à la chute de Tripoli.
La chute du régime entraîne l’implosion des institutions libyennes et la fragmentation des composantes de l’insurrection et les précipite dans une lutte pour le contrôle du pouvoir et des ressources. De l’avis des responsables auditionnés, les jolis plans ébauchés pour la transition étaient des exercices purement théoriques qui se sont révélés totalement irréalistes en l’absence de toute ébauche de consensus politique et de structure institutionnelle. La pensée dominante au sein des services britanniques était basée sur la croyance qu’après la chute du dictateur, la transition démocratique se passerait bien. Interrogés sur ce qu’il aurait fallu faire de plus ou de mieux, les responsables britanniques avouent ne pas avoir de réponse. Certains d’entre eux attribuent l’échec de la stabilisation au soutien qatarien des islamistes libyens.
Quant à savoir si le déploiement d’une force internationale sur le terrain pour désarmer les milices aurait pu contribuer à une stabilisation du pays, aucun des responsables et universitaires auditionnés ne considère cette option comme réaliste. Pour avoir un minimum de chance de s’imposer, une telle force aurait dû compter au minimum 15 000 hommes (hypothèse basse). Il n’existait en outre aucun mandat onusien pour une force sur le terrain dont les Libyens ne voulaient pas et à laquelle aucun pays n’aurait accepté de contribuer. Une même méconnaissance des réalités a conduit quelques mois plus tard à placer tous les espoirs pour la Libye dans le processus électoral de juillet 2012. Là aussi, les choses ne se sont pas déroulées comme convenu et les élections, en l’absence d’institutions, n’ont fait qu’accentuer les lignes de clivage existantes, voire en créer de nouvelles. L’idée selon laquelle la démocratie ne se limite pas à un processus électoral réussi n’est décidément pas encore acceptée par les élites européennes.
Absence d’expertise ?
Tous les responsables auditionnés font également état de la méconnaissance des réalités sociales libyennes et de la situation sur le terrain avant et après le début de l’intervention comme justification du fait que rien ne s’est passé comme prévu. S’il est relativement facile aujourd’hui de déterminer les coordonnées des objectifs militaires et stratégiques d’un pays et d’accumuler les connaissances factuelles sur ses dirigeants, il est plus ardu d’appréhender la complexité des sociétés et des tensions qui les parcourent. Évoquer l’absence ou l’insuffisance d’expertise libyenne disponible pour justifier de mauvais choix permet donc de transférer les responsabilités politiques sur des insuffisances présumées des administrations en termes de personnel et d’organisation.
Il est faux cependant de dire qu’il n’existait pas d’expertise sur la Libye. Des centres de recherche comme l’International Crisis Group — qui ne peut être accusé de sympathie à l’égard de Kadhafi — ont attiré l’attention tout au long de la crise sur les risques d’une intervention militaire dans une guerre civile et sur la nécessité de négocier. Aux États-Unis, les grandes agences de renseignement et le Pentagone étaient initialement contre l’idée d’une intervention militaire en Libye. C’est finalement l’avis de la secrétaire d’État Hillary Clinton qui l’a emporté. Le chef d’état-major des armées britanniques évoque dans ses auditions ses réticences initiales sur l’intervention. Il affirme les avoir exprimées lors de la première réunion du Conseil national de sécurité présidé par David Cameron. Son expertise, comme celle qui aurait pu être apportée par un spécialiste de la Libye lors de cette réunion, s’est heurtée à la volonté politique forte d’entrée en guerre dans un contexte de matraquage médiatique en faveur d’une intervention. Les experts qui faisaient valoir la complexité de la situation libyenne à l’époque étaient en outre souvent tournés en dérision par de nouveaux spécialistes es-révolutions quant au fait qu’ils n’avaient rien vu venir ou que la question des tribus relevait du vieil imaginaire colonial.
Selon ces nouveaux experts, la jeune génération Internet adepte des réseaux sociaux rompait avec cette vision d’une Libye révolue en affichant son désir d’une démocratie « moderne », « à l’occidentale ». Un séjour de quelques jours parmi les jeunes blogueurs de Benghazi se révélait ainsi nettement plus valorisant que des années de recherches obscures. Les responsables britanniques ou leurs services ont fait le choix d’informations et d’analyses qui allaient dans le sens de décisions déjà prises, au détriment des expertises qui pouvaient les remettre en question. En ce sens, l’apparence de collégialité des prises de décision au sein du Conseil national de défense — instauré au Royaume-Uni après la guerre d’Irak de 2003 pour éviter que ne se reproduise le mode de décision opaque adopté alors par Tony Blair — n’a pas permis l’émergence d’un réel débat contradictoire sur les risques et les buts réels de cette intervention.
Le silence de la France
Tout imparfait qu’il soit, ce rapport n’en constitue pas moins un exercice notable d’analyse critique sur les conditions d’entrée en guerre et d’intervention du Royaume-Uni en Libye en 2011. À ce jour, aucun travail similaire n’a été réalisé par les parlementaires français sur l’intervention française, alors même que la France a été beaucoup plus active que le Royaume-Uni. Aucun retour critique n’a été fait non plus par les grands médias français qui, en reprenant sans recoupement les propagandes des insurgés et des médias du Golfe (qataris et saoudiens) ont contribué à la fabrication du consensus pro-intervention dans l’opinion publique.
Ce rapport vient donc confirmer les constantes des interventions militaires et de la guerre d’une manière générale. Celles-ci sont avant tout le règne de l’incertitude couramment dénommée « brouillard de la guerre ». Et pourtant, comme dans l’affaire irakienne quelques années plus tôt, les voies de la diplomatie n’ont jamais été explorées, voire volontairement écartées, justement pour cause d’incertitude sur leur issue. Le ministre des affaires étrangères Lord Hague reconnaît d’ailleurs que Seif Al-Islam Khadafi l’a appelé au début des évènements en se proposant d’inciter son père à quitter le pouvoir et de travailler à une solution négociée ; et qu’il a rejeté cette proposition en expliquant que Saif pouvait ne pas être meilleur que son père. Saif a de même appelé la secrétaire d’État Hillary Clinton, laquelle a simplement refusé de lui parler. Côté français, des tentatives de négociation ont également été tentées avec l’envoi en France de Bachir Saleh — que Nicolas Sarkozy a refusé de rencontrer. Les justifications à ces refus de négocier sont toutes les mêmes : il ne s’agissait que de manœuvres de diversion pour gagner du temps et nous n’avons aucune garantie de succès. L’histoire prouve pourtant que rien n’est moins incertain que l’issue d’une guerre.
Malgré les différences notables entre les personnalités de David Cameron et Nicolas Sarkozy, et de cultures entre les institutions des deux pays, les mêmes décisions ont été prises en l’absence de débats réels. Le 21 février, jour des prétendus bombardements aériens de civils libyens, paraît dans Le Monde une tribune de diplomates qui rejettent sur Nicolas Sarkozy la responsabilité des « déboires » de la politique de la France en Tunisie et en Égypte. Lui et ses conseillers sont accusés d’« amateurisme » et d’« impulsivité ». Devant ses conseillers, le président français ne cesse de répéter que « Kadhafi est un cinglé ». Il est vrai que la personnalité caricaturale de Kadhafi, son lourd passif avec les Occidentaux, la haine que lui vouent les dirigeants arabes du Golfe et son isolement international font de lui une cible idéale. Pour Nicolas Sarkozy comme pour David Cameron, la Libye représente l’occasion idéale de redorer leur image en prenant résolument le parti des valeurs et des peuples et de faire oublier leur incapacité à prendre la mesure de ce qui se joue dans le monde arabe depuis quelques semaines.
Quand BHL devient le chantre de l’intervention
C’est aussi une façon de détourner l’attention de ce qui se passe au Bahreïn où le grand allié saoudien réprime violemment une insurrection populaire sans que la communauté internationale s’en émeuve outre mesure. Après concertation avec son chef d’état-major particulier et le chef d’état-major des armées, Nicolas Sarkozy ordonne ce même jour de déployer des moyens de renseignement sur zone. La logique de guerre est enclenchée et ce ne sont pas dans les conseils de défense, où nul d’ailleurs ne s’avise de le contredire, que les vraies décisions sont prises. Les analyses de l’état-major affirment que l’affaire est jouable. Leur chef est acquis au président et un petit groupe d’officiers y voit l’occasion de se positionner dans des rapports de pouvoir internes.
La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a beau disposer d’une équipe à Benghazi avant même l’arrivée de Bernard-Henry Lévy, c’est ce dernier qui l’appelle directement pour lui proposer de le présenter aux représentants du CNT libyen. C’est enfin, dès le 22 février, le contact direct avec l’allié qatarien qui achève de convaincre Nicolas Sarkozy qu’il est temps d’y aller. Si la personnalisation du pouvoir et la marginalisation des administrations sous Sarkozy sont indissociables de ce processus de décision, on aurait tort de croire qu’une issue différente aurait été possible avec un autre président, tant était fort le consensus en faveur d’une intervention au sein des classes politiques et médiatiques dominantes. La culture de l’intervention militaire en lieu et place de la diplomatie a en effet pénétré les champs diplomatiques, politiques, médiatiques et académiques ces dernières années sur le modèle du mouvement néoconservateur américain. Un processus plus collégial, plus respectueux des logiques institutionnelles sur le modèle de celui qui s’est déroulé au Royaume-Uni aurait donc très certainement abouti à la même décision.
« Service après-vente » défectueux ?
Et si finalement cette affaire ne faisait que mettre en évidence des phénomènes universels de complaisance et de courtisanerie envers l’autorité ? Et l’on pourrait même se hasarder à la comparaison avec ce qui se passait à 2 000 kilomètres de là dans le camp adverse. Dans la tente du guide libyen, les mêmes facteurs humains étaient en effet à l’œuvre : peur de déplaire au chef, d’aller à l’encontre d’une décision déjà prise, d’émettre un avis différent des autres membres du groupe, conditionnement social…
Quant à ceux qui continuent de croire que la situation libyenne actuelle est le fruit d’un « service après-vente » défectueux, ce rapport remet en question l’idée qu’on aurait pu faire mieux ou même différemment une fois la guerre déclenchée. Dans la conception clausewitzienne, la guerre est un acte de violence qui ne peut qu’entraîner une « montée aux extrêmes ». Les conséquences de celle de 2011 sont évidentes et étaient pourtant prévisibles : implosion de l’embryon d’État libyen, fragmentation et militarisation de la société. Et comment imaginer que l’envoi de quelques fonctionnaires onusiens et experts ès élections de plus ou de moins puisse régler ces questions fondamentales ?
N’en déplaise donc à sir Alan Duncan, les choses ne se passent plus comme au temps où l’Empire britannique était en mesure de façonner les constructions étatiques dans le Golfe, cette belle époque où tout n’était pas plus compliqué qu’on le souhaitait chez les Arabes.
Patrick Haimzadeh

1NDLR. Carl von Clausewitz est l’auteur d’un célèbre traité de stratégie militaire intitulé De la guerre.

http://orientxxi.info/magazine/londres-fait-son-autocritique-sur-la-libye-paris-persiste-et-signe,1506

..

Repost 0
Published by OrientXXI.info - dans Revue de presse
commenter cet article
7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 02:48

Le Zaytouna-Oliva fait route pacifiquement vers la Palestine | le Bateau des Femmes pour Gaza

4 octobre 2016

Le 3 octobre 2016

Mer Méditerranée, Eaux internationales, nord-ouest de la Palestine.
Le Zaytouna-Oliva poursuit comme prévu sa route vers Gaza, Palestine, où nos frères et sœurs se préparent pour son arrivée.
Les participantes à bord s’emploient à mener des interviews avec les médias pour accroître la sensibilisation à leur voyage et au blocus illégal.
Selon Mairead Maguire, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 1976, « Nous faisons route vers Gaza, au 7ème jour d’un voyage de 1.000 miles, parce que notre amour pour tous les enfants qui souffrent est aussi profond que la Mer Méditerranée sur laquelle nous naviguons… Comme à Gaza, partout dans le monde des enfants souffrent à cause de la politique militariste de leurs gouvernements et de la guerre et de la violence des luttes armées, etc.
Et il faut briser ce cycle d’escalade de la violence, de peur qu’il n’échappe à tout contrôle et provoque un désastre définitif pour la famille humaine… Il n’est pas trop tard, nous pouvons nous retourner de la guerre vers la paix, des adversaires vers l‘amitié, de la haine vers le pardon et l’amour, c’est un choix. Nous sommes puissants, chacun à notre façon. Nous pouvons, lorsque nous croyons passionnément à l’amour, nous tourner vers un monde sans tueries, sans violence.
Pourquoi est-ce que je crois qu’un tel monde est possible ? P
arce que, sur ce petit bateau qui se balance doucement sous ses voiles, je me sens aimée et je ne peux être que dans l’émerveillement devant la beauté de la nature et la magnificence et la beauté des qualités humaines de ces femmes chez lesquelles je peux dire qu’on trouve de l’amour dans leurs yeux et dans leurs actes… »

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2016/10/04/le-zaytouna-oliva-fait-route-pacifiquement-vers-la-palestine-le-bateau-des-femmes-pour-gaza/

Repost 0
Published by Agence Media Palestine.fr - dans Revue de presse
commenter cet article