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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 09:42
Pierre Barbancey

 
Le Franco-Palestinien est emprisonné depuis quatre ans. Il a été jugé par un tribunal d’occupation donc illégal. Les autorités françaises ne font rien pour lui.


Il y aura quatre ans demain, jour pour jour, que Salah Hamouri croupit dans les geôles israéliennes. Jeune franco-palestinien qui aura vingt-quatre ans en avril, il a été condamné l’année dernière par la justice d’occupation israélienne, c’est-à-dire un tribunal militaire réuni dans la colonie d’Ofer, en Cisjordanie, à sept ans de prison. En fait, il s’agit surtout d’un délit d’intention puisque le Franco-Palestinien est accusé d’être passé devant le domicile du rabin Yossef Ovadia, chef spirituel du parti religieux Shass, ce qui suffirait à prouver sa participation à une tentative d’assassinat ! De même, l’appartenance au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) n’a jamais été prouvée malgré la convocation d’une vingtaine d’audiences, toutes annulées par faute de témoins ! Faut-il également rappeler qu’un tribunal militaire d’occupation n’a aucune validité légale ?

la presse française est bien silencieuse


Selon une procédure habituelle en Israël, le procureur et le juge se mettent d’accord sur une peine et proposent à la défense de plaider coupable dans le cadre d’une telle peine, sinon la sentence pourrait être beaucoup plus grave ! « Cela faisait trois ans que nous étions là-dedans, nous n’avions pas le choix », expliquait Denise Hamouri, la mère française de Salah, à l’Humanité. Léa Tsemel, l’avocate de Salah, qui a défendu des centaines de prisonniers comme lui, précise que les Palestiniens possédant une carte d’identité de Jérusalem sont punis beaucoup plus sévèrement. Par expérience, Tsemel a encouragé son client à plaider coupable, sinon le tribunal militaire aurait pu aggraver la peine, même si les preuves sont absentes du dossier.


L’Humanité s’enorgueillit d’avoir été le premier média à alerter l’opinion publique sur l’emprisonnement de notre compatriote. Malheureusement, hormis un article dans le Monde, un autre dans Libération et une interview de la mère de Salah sur Radio France Internationale (RFI), la presse française est bien silencieuse. Un silence d’autant plus assourdissant que journaux et chaînes de télévision ne manquent jamais l’occasion de reparler du soldat franco-israélien Gilad Shalit, capturé en 2006 par la résistance palestinienne. Silence encore plus assourdissant lorsqu’on pense à la façon dont ces mêmes médias viennent de s’emparer de l’affaire Florence Cassez du nom de cette Française, condamnée au Mexique, accusée de complicité d’enlèvements.


Les autorités françaises, Nicolas Sarkozy en tête, ont le même comportement, malgré l’intervention de plusieurs députés, dont Jean-Jacques Candelier et Patrick Braouezec.


Le chef de l’État a reçu la famille Shalit. Avant de s’envoler pour le Mexique, il a également rencontré le père de Florence Cassez. En revanche, il est resté sourd à toute demande d’entrevue formulée par Denise Hamouri, mère française de Salah. Celle-ci était venue à la Fête de l’Humanité, au mois de septembre dernier, et avait ainsi pu s’adresser à plus de 50 000 personnes venues témoigner de leur solidarité. Ce « deux poids deux mesures » du gouvernement français est particulièrement insupportable. D’autant plus lorsque les autorités parlent de « strict respect de l’indépendance de la justice israélienne » (sic), ainsi que l’a écrit le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy suite à une interpellation écrite de Jean-Claude Lefort, député honoraire. Rama Yade, secrétaire d’État aux Droits de l’homme, si prolixe en d’autres cas, est tout aussi muette. Quant à Bernard Kouchner, il fait savoir qu’il vaut mieux une diplomatie silencieuse ! Du côté de la Mairie de Paris, Bertrand Delanoë est lui aussi à géométrie variable. Pour Gilad Shalit, mobilisation tous azimuts avec accrochage de portrait. Pour Salah Hamouri, refus de le faire citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Déplaire à Israël leur fait donc si peur ?


Un comité de soutien pour la libération de Salah a été créé (www.salah-hamouri.fr), que vous pouvez rejoindre. La bataille continue pour que notre compatriote, ce combattant de la liberté, retrouve la sienne. Qu’il puisse reprendre ses études et vienne nous voir dès la prochaine Fête de l’Humanité [1].

 

[1] J.-C. Lefort : « deux poids deux mesures »

Deux éléments majeurs apparaissent au bout de ces quatre ans d’emprisonnement, fait d’un tribunal militaire, bras de la force d’occupation. D’abord, une réelle mobilisation s’est opérée autour du cas de ce jeune Franco-Palestinien qui, en réalité, n’a de fait que la nationalité française. Il y a donc une mobilisation importante comprenant des gens de sensibilités politiques les plus diverses. Le comité national de soutien regroupe des membres de tous les partis. Des comités locaux se sont créés un peu partout en France. À la tête de celui de Bourg-en-Bresse, lieu de naissance de la mère de Salah, il y a près de 500 personnes. Cette mobilisation se heurte à un mur du silence. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait déclaré pendant la campagne électorale qu’il se porterait au secours des Français en danger à l’étranger « quoi qu’ils aient fait ». De facto, il l’a fait pour tous nos compatriotes, sauf pour Salah Hamouri.

Nous avons affaire à une modification très sensible de la politique française traditionnelle au Proche-Orient, certainement en lien avec son virage atlantiste. Comme s’il voulait prendre la place de Bush dans cette région. Cette situation doit alerter les Français de façon générale. Plus directement, s’agissant de Salah Hamouri, il faut se mobiliser davantage encore. Les droits de l’homme, soit on les défend de manière universelle, soit on ne les défend pas. La politique du deux poids deux mesures a fait suffisamment de dégâts et doit s’arrêter, notamment au Proche-Orient. C’est cette politique dont est victime Salah Hamouri.

 

Propos recueillis par P. B.

Publié par l’Humanité, le samedi 14 mars 2009

Lien vers l'article : ici

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 22:49
Publié le 13-03-2009

 


La famille Samouni, qui habite Zeitoun, un faubourg au sud de Gaza, et dont l’armée israélienne a massacré 29 membres, a entamé des poursuites contre le premier ministre israélien, Ehoud Barak, et contre le Chef d’Etat Major Gabi Ashkenazi, rapporte le quotidien israélien Ha’aretz.

Les poursuites engagées auprès du tribunal de la ville de Nazareth dans le Nord, accusent l’armée israélienne de “négligence criminelle” pour avoir tué des civils innocents qui cherchaient refuge et abri chez cette famille.

Aux premières heures du 4 janvier, le bâtiment de trois étages des Samouni a été visé par un tir d’obus israélien qui a tué immédiatement sept civils. Leur appartement a été incendié et détruit, obligeant les survivants à trouver refuge dans un abri voisin, ce qui ne les a pas empêchés d’être une seconde fois la cible de tirs qui ont causé la mort de 22 civils supplémentaires.

 

Des enquêtes ont révélé qu’Israël s’est livré à différents crimes de guerre à Gaza, en utilisant en particulier du phosphore blanc mortel dans des régions civiles surpeuplées. L’Organisation Internationale de Police Criminelle (ICPO ou Interpol) a déclaré mardi qu’il examine une requête pour publier au niveau international les noms de 25 Israéliens suspectés d’avoir commis des crimes de guerre au cours de l’opération "Plomb durci"dans la bande de Gaza.

 

Cette publication, si elle a lieu ("Notices rouges") obligerait les forces de police nationales à identifier ou localiser des suspects en vue de l’arrestation et de l’extradition des criminels."

Les Samouni réclament en outre 200 millions de dollars à Israël. Quelque 45 membres de cette famille ont aussi été blessés au cours des massacres israéliens.

 

Liens :

Presstv

Article CAJPO

 

(Traduit par Carole Sandrel pour CAPJPO-EuroPalestine)

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 12:13
Gaza : Quelques données significatives
le 12.03.2009

Le Centre Al Mezan for Human Rights a publié le 7 mars 2009 une liste exhaustive des victimes des événements de Gaza Déc.2008-Janvier 2009.

Voici quelques remarques avancées par ce centre basé à Gaza :

-Du nombre total des victimes (1342) il y a 109 femmes, soit 8,12% ;

-Les enfants sont au nombre de 318, un pourcentage de 23,69 % ;

-Le nombre des victimes de plus de 50 ans est de127 personnes, soit un pourcentage de 9,46 % ;

-235 victimes de la résistance palestinienne, toutes fractions politiques comprises. 27 d’entre elles furent liquidées suite à une attaque aérienne de leur lieu d’habitation ou de travail. Ainsi, le pourcentage des tuées dans une situation de combat est de15,50 % de l’ensemble des victimes ;

-210 victimes de la police et de la protection civile mortes hors combat, soit un pourcentage de 15,06 % ;

-Le nombre des victimes tuées le premier jour des combats s’élève à 299 personnes, soit 22,28 %. Ce sont en majorité des civils comme le montre la liste ci-après :


- Mireille Fanon-Mendes-France

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 14:03
« N’ont-ils pas une ombre de décence ? »
publié le mercredi 11 mars 2009

Stephen Walt
 
Faire un scandale autour de Freeman [1] permet de rappeler à d’autres qu’il est payant de soutenir Israël à fond, ou au moins de rester silencieux,

La tristement célèbre campagne menée par le sénateur Joseph McCarthy contre de présumés communistes au sein du gouvernement américain s’appuyait principalement sur le mensonge, l’insinuation et l’intimidation. Lors d’une audition particulièrement odieuse, après que McCarthy eut accusé faussement un jeune officier de l’armée d’être un agent communiste, l’avocat de l’armée Joseph Welch s’était tourné vers le sénateur et lui avait renvoyé : « Sénateur McCarthy, n’auriez-vous pas enfin une ombre de décence ? »

Ce moment me revient à la mémoire alors que j’observe la campagne, parfaitement prévisible, de calomnie contre la nomination de Charles Freeman à la présidence du National Intelligence Council. Sitôt cette nomination annoncée, une bande de soi-disant experts « pro-Israël » est montée à l’attaque de celle-ci, dans ce que Robert Dreyfuss, de The Nation, a appelé une « agression retentissante et coordonnée ». Les auteurs des critiques visant Freeman étaient les suspects habituels : Jonathan Chait de la New Republic, Michael Goldfarb sur le Weekly Standard, Jeffrey Goldberg de l’Atlantic, Gabriel Schoenfeld (écrivant sur la page éditoriale du Wall Street Journal), Jonah Goldberg of National Review, Marty Peretz sur son blog New Republic, et l’ancien représentant de l’AIPAC, Steve Rosen (oui, celui-là même qui est actuellement jugé pour avoir transmis à Israël des informations classifiées du gouvernement US).

Quelle objection faisaient-ils à Freeman ? Le jugeaient-ils non patriote, pas assez malin, manquant de l’expérience nécessaire ? Bien sûr que non. Voyez simplement son CV :

« Freeman a travaillé avec plus de 100 gouvernements étrangers en Asie de l’Est et du Sud, en Afrique, en Amérique Latine, au Proche-Orient et tant en Europe occidentale qu’orientale. Il a rempli les fonctions d’Assistant Secretary of Defense pour l’International Security Affairs, d’ambassadeur des Etats-Unis au Royaume d’Arabie Saoudite, de Principal Deputy Assistant Secretary of State aux Affaires africaines, de chef de mission adjoint et de chargé d’affaires à Bangkok et Pékin, de directeur aux Affaires chinoises pour le Département d’Etat US, de Membre distingué du United States Institute of Peace et de l’Institute of National Security Studies. »

Ce qui rassemble ce petit groupe de critiques se résume à une seule chose : Freeman a osé émettre publiquement des critiques plutôt anodines à l’encontre de la politique israélienne. C’est là le test décisif que Chait, Goldberg, Goldfarb, Peretz, Schoenfeld et autres souhaitent appliquer à tout fonctionnaire : tu ne critiqueras pas la politique israélienne ni ne remettras en question la « relation spéciale » de l’Amérique avec Israël. Peu importe que cette politique de soutien inconditionnel ait été mauvaise pour les Etats-Unis et involontairement nuisible aussi pour Israël. Si ces pontes et ces lobbyistes arrivaient à leurs fins, toute personne qui relèverait ce fait serait automatiquement exclue du service public.

Il y a trois raisons pour lesquelles la réaction à Freeman a été aussi bruyante. Premièrement, ces critiques espéraient sans nul doute parvenir à soulever un scandale tel qu’Obama et son directeur des renseignements nationaux, Dennis Blair, pourraient reconsidérer cette nomination. Ou peut-être Freeman pourrait-il même décider de retirer son nom, parce qu’il ne supporterait pas la surchauffe. Deuxièmement, même s’il était trop tard pour empêcher Freeman d’obtenir le poste, ils souhaitent faire payer à Obama le prix du choix qu’il a fait, pour qu’il y réfléchisse à deux fois avant de nommer qui que ce soit d’autre qui pourrait avoir envie de critiquer Israël ou la « relation spéciale ». Troisièmement, et c’est peut-être le point le plus important, attaquer Freeman vise à dissuader d’autres personnes, dans l’univers de la politique étrangère, de s’exprimer sur ces questions. Peut-être Freeman était-il trop malin, trop chevronné et trop qualifié pour pouvoir être arrêté, mais il y a un tas de gens plus jeunes, désireux de s’élever dans l’establishment de la politique étrangère et ils ont besoin de s’entendre rappeler que leur carrière pourrait être compromise s’ils marchaient dans les pas de Freeman et disaient ce qu’ils pensent. Faire un scandale autour de Freeman permet de rappeler à d’autres qu’il est payant de soutenir Israël à fond, ou au moins de rester silencieux, même quand Israël mène une politique – comme la construction de colonies en Cisjordanie – qui n’est pas dans l’intérêt national de l’Amérique.

Si la question n’avait pas des conséquences aussi nuisibles pour les Etats-Unis, l’ironie de la situation serait plaisante. Un groupe de stratèges amateurs qui a bruyamment soutenu l’invasion de l’Irak remet maintenant en question le jugement stratégique d’un homme qui savait que la guerre serait une gaffe catastrophique. Un vieux lobbyiste au profit d’Israël, aujourd’hui poursuivi pour espionnage, est en train d’essayer de nous convaincre que Freeman – un vrai patriote – est un mauvais choix pour un poste dans les renseignements. Un journaliste (Jeffrey Goldberg) dont l’idée qu’il se fait du « service public » l’a conduit à s’engager dans l’armée israélienne, conteste le crédit d’un homme qui a consacré des décennies de sa vie au service du gouvernement US. C’est cela la houtzpah, le culot.

Fort heureusement, les hurlements des critiques visant Freeman n’ont pas marché ; Freeman sera à la tête du National Intelligence Council. En fait, ce comportement lourd et gauche, avec ses accents à la McCarthy, pourrait même avoir des effets de retour en montrant à quel point ses critiques sont obsédés par la vision étriquée qu’ils ont de la politique américaine au Proche-Orient, une vision qu’ils espèrent voir partagée par tous les Américains. Je ne serais pas surpris de voir le Président Obama et d’autres personnages clés de son administration, furieux de ces calomnies et décidés à prêter encore moins d’attention à ces individus, à l’avenir. Et soyez certains que la diffamation ne prendra pas fin.

Il est également encourageant que certains membres clés de la communauté pro-Israël, comme M.J. Rosenberg du Israel Policy Forum, sont venus à la défense de Freeman, et que des bloggers influents comme Robert Dreyfuss, Philip Weiss, Richard Silverstein et Matthew Yglesias ont eux aussi défendu Freeman et dénoncé ce qui se passait.

L’aile likoudnik du lobby pro-Israël perd progressivement de l’influence, parce que de plus en plus de gens comprennent que sa politique est désastreuse tant pour Israël que pour les Etats-Unis et parce que ses tentatives répétées de diffamation et d’étouffement du débat sont profondément nuisibles autant que non-américaines.

 

[1] aux Etats-Unis, des membres influents du lobby pro -israélien font une campagne virulente pour empêcher la nomination de Charles Freeman à la présidence du National Intelligence Council. Ce dernier a fait récemment des déclarations critiques à l’encontre de la politique israélienne.

Stephen Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard et l’auteur, avec John Mearsheimer, de : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, La Découverte, 2007.

Foreign Policy, 28 février 2009

http://walt.foreignpolicy.com/posts/2009/02/28/have_they_not_a_shred_of_decency

traduction : Michel Ghys

note : CL, Afps






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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 13:38
Le dialogue interpalestinien reprend au Caire
publié le mercredi 11 mars 2009

Reuters et NouvelObs
 
Cinq commissions doivent traiter des questions déterminantes pour la réconciliation des différentes factions palestiniennes dont la formation d’un gouvernement d’union nationale.

En désaccord sur la politique à mener envers Israël et sur le contrôle de l’aide à la reconstruction de Gaza, les factions palestiniennes rivales doivent résoudre de sérieux problèmes à l’occasion de la reprise de leur "dialogue national" ce mardi 10 mars au Caire. Avant le début des discussions, qui doivent durer dix jours, des responsables affiliés au Fatah du président Mahmoud Abbas et leurs homologues du mouvement islamiste Hamas formulaient un constat identique : les chances d’une percée sont des plus minces.

Isolement du Hamas

Cinq commissions doivent traiter des questions déterminantes pour la réconciliation des différentes factions palestiniennes : la formation d’un gouvernement d’union nationale et l’intégration de l’appareil politico-militaire qu’est le Hamas à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Des politologues palestiniens estiment que le Hamas a décidé de prendre part aux négociations pour essayer de sortir de l’isolement que lui a imposé l’Occident parce qu’il refuse de reconnaître Israël, de renoncer à la violence et d’accepter les accords de paix intérimaires. Soutenu par les Occidentaux, Mahmoud Abbas chercherait à minimiser les tensions entre les deux bords, conscient que le Fatah risque de s’affaiblir en cas d’échec des pourparlers de paix avec un état d’Israël gouverné par la nouvelle droite de Benjamin Netanyahu. "Nous devons parvenir à un accord pour former un gouvernement de réconciliation qui respectera les obligations de l’OLP", a expliqué le leader du Fatah dimanche.

Reconstruction de Gaza

Il se référait ainsi aux accords intérimaires conclus par l’organisation, qui envisagent la création d’un Etat palestinien aux côtés d’un Etat juif aux frontières sûres - projet auquel Benjamin Netanyahu n’a jamais souscrit publiquement. Le Hamas, opposé au processus de paix appuyé par les Etats-Unis, propose de le remplacer par une trêve à long terme avec Israël. A court terme, un gouvernement d’union serait crucial pour l’efficacité d’un programme de reconstruction efficace dans la bande de Gaza, qui a subit une offensive israélienne de 22 jours en décembre-janvier, la dévastant. Israël ripostait à des tirs de roquettes sur son territoire.

Contrôle des fonds

Dans le cadre d’une conférence qui s’est tenue le mois dernier en Egypte, les donateurs internationaux ont promis une aide de 4,48 milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. Cependant les donateurs ne sont pas d’accord quant aux modalités de distribution de l’aide tant que le Hamas gouverne seul la bande de Gaza dont il a arraché le contrôle au Fatah après de violents combats en juin 2007. Le Hamas et l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas veulent tous deux contrôler ces fonds. "Plus tôt un gouvernement (d’union) sera formé, plus vite la reconstruction s’accomplira", a-t-il déclaré en évoquant une administration de technocrates que le Fatah juge propre à contourner le boycott du Hamas par les Occidentaux.

Une alliance difficile

Selon Ayman Tayha, responsable du Hamas, "la reconstruction de Gaza est importante, mais nous ne sommes pas tenus en retour de renoncer à nos principes ni de reconnaître Israël, car cela n’aura jamais lieu". Bassem Ezbeidi, professeur de sciences politiques à l’université de Bir Zeit, en Cisjordanie occupée, estime de son côté que le Hamas et le Fatah sont dans l’obligation de lâcher du lest pour que les pourparlers aboutissent à une solution. Cependant, il "ne pense pas que les deux parties soient prêtes à faire ces compromis pour parvenir à un accord." L’intégration du Djihad islamique et du Hamas à l’OLP est un autre point épineux. Une telle alliance vise à concilier des idéologies contraires, l’une préconisant la destruction d’Israël et l’autre - celle du Fatah - la coexistence. "Il y a un écart immense entre les deux parties. Il serait très difficile de conclure un accord d’ici à la fin du mois", souligne un représentant de l’OLP appelé à négocier au Caire. (Avec Reuters)

 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 18:33
Une tournée ridicule de plus au Proche-Orient par un Secrétaire d’Etat américain
publié le dimanche 8 mars 2009

James G. Abourezk
 
Cette fois-ci, c’est le tour de Mme Clinton



C’était presque irréel de voir la Secrétaire d’Etat Clinton rendre sa première visite à Israël, une visite qui sera probablement la première parmi de nombreux voyages prétendant encourager les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens. J’ai déjà fait ce rêve plusieurs fois : il suffit de se contenter de remplir la liste des divers Secrétaires d’Etats américains, de dire qu’ils ont rencontré les dirigeants israéliens et Mahmoud Abbas (qui est à peu près aussi populaire auprès des Palestiniens que ne l’est Rush Limbaugh auprès des Démocrates) et qu’aucun progrès n’a été fait.

A part dire qu’Abbas dirige le seul gouvernement légitime de la Palestine, Mme Clinton a bien dit que la construction de nouvelles colonies n’apportait « rien d’utile » ou, peut-être, que c’était la démolition de plusieurs immeubles d’habitation palestiniens à Jérusalem qui n’apportait rien d’utile. Il est difficile de se rappeler qui n’a été d’aucune aide. Elle a opportunément oublié que le mandat d’Abbas en tant que président de l’Autorité Palestinienne avait expiré et elle a également oublié que le Hamas avait remporté haut la main les élections législatives. Ce n’est pas que le parlement [palestinien] se soit réuni régulièrement, essentiellement parce que Israël a arrêté la plupart des députés du Hamas, tous encore derrière les barreaux ; c’était cette sorte d’élection dans laquelle les Etats-Unis ne croyaient pas. Elle était légale et montrait les préférences du public palestinien, une chose que les Etats-Unis avaient choisi d’ignorer.

Mme Clinton a bien envoyé deux diplomates pour parler aux Syriens, ce qui est aussi prometteur qu’intéressant. La Syrie a été sur la liste des vrais méchants depuis que George W. Bush a décidé d’agir conformément à l’aversion d’Israël vis-à-vis de la Syrie et de rappeler l’ambassadrice étasunienne, Margaret Scobey. C’était le soutien de la Syrie aux « terroristes » désignés par les Etats-Unis et Israël qui a provoqué cette rupture diplomatique.

Il y a quelques années, j’ai déjeuné avec Mme Scobey à Damas, laquelle m’a dit que le problème que « nous » avions avec la Syrie était que ce pays n’empêchait pas les insurgés de traverser sa frontière vers l’Irak pour combattre l’armée américaine. « Pourquoi ne postez-vous pas tout simplement des soldats sur la frontière pour les en empêcher ? » Je lui ai demandé : « Pourquoi reprochez-vous à la Syrie de ne pas faire la police sur cette longue frontière ? »

« Eh bien ! Nous n’avons pas assez de soldats pour faire ce travail », fut sa réponse honnête.

En dénonçant publiquement la Syrie, George W. a non seulement accompli son objectif consistant à contenter Israël, mais il a également descendu en flammes un allié de valeur dans sa « guerre contre le terrorisme ».

Il y a quelques années, au début du premier mandat de Bush, je me trouvais dans une réunion avec le président syrien, Bashir al-Assad. Il a mentionné qu’il avait donné aux Etats-Unis une information qu’il avait découverte au sujet d’une attaque programmée par al-Qaïda contre les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient. En nous alertant suffisamment tôt, il a permis à nos hommes de contrecarrer les plans des terroristes pour nous faire du mal. (J’ai supposé que cette attaque était planifiée contre la base navale US à Bahreïn, mais on ne m’a jamais dit exactement où elle était prévue). Peu de temps après, j’ai vu l’ambassadeur américain, Ted Kattouf, et je lui ai demandé si c’était vrai. Sa réponse fut que non seulement c’était vrai, mais que le personnel des services de renseignements syriens avaient découvert et empêché plus d’une attaque planifiée contre les Américains au Moyen-Orient.

Ce que le Président al-Assad, visiblement irrité, m’a dit ce jour-là était que si George Bush continuait de traiter la Syrie de pays « terroriste », il ne nous préviendrait plus jamais des attaques en préparation.

Des sources au sein de la presse nous disent à présent que la Syrie caresse l’idée de développer des armes nucléaires. Si cela est vrai, ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais là encore, nous sommes nous-mêmes notre pire ennemi en ce qui concerne la prolifération nucléaire. Tandis que nos politiciens dénoncent les ambitions nucléaires de l’Iran, absolument rien n’est dit sur la possession par Israël d’environ 200 têtes nucléaires. La raison pour laquelle l’arsenal nucléaire d’Israël devrait être discuté ouvertement est qu’il est la cause – et ce n’est pas surprenant – de la volonté de ses voisins de développer leurs propres armes atomiques. L’autodéfense est une motivation puissante.

Lorsque nous nous penchons en arrière sur l’histoire, en dehors de l’Irak de Saddam Hussein, Israël est le seul pays dans cette région qui ait attaqué ses voisins. L’Iran n’a attaqué personne au cours des deux ou trois cents dernières années. Pas plus que la Syrie. Même la mésaventure de la Syrie au Liban fut la conséquence d’y avoir été invitée pour aider à régler la Guerre Civile dans les années 70, mais ce n’était pas une véritable invasion, pas comme celles dans lesquelles Israël s’est spécialisé. Le péché de la Syrie fut de prolonger maladroitement son séjour au Liban.

Ce qui n’est pas très connu (et on se demande bien pourquoi !) est que la Syrie et l’Iran ont tous deux proposé un « Moyen-Orient sans armes nucléaires » - des propositions qui ont été immédiatement raillées par Israël et par les Etats-Unis.

Ce double langage s’applique également aux milices arabes – le Hezbollah et le Hamas – qui s’arment pour se défendre contre les attaques israéliennes perpétrées contre eux et leur liberté. Dire que le Hamas et le Hezbollah sont des groupes terroristes n’est, ainsi que le dirait Mme Clinton dans un autre contexte, « d’aucune aide ». Ils sont, selon toutes les définitions, à l’exception des définitions offertes par les Etats-Unis et Israël, des « groupes de libération ». Ils essayent de libérer leurs terres des occupants étrangers – à savoir, Israël -, une action que les Etats-Unis applaudissent normalement. Mais Israël a demandé à notre gouvernement de les identifier comme groupes terroristes, ce que notre gouvernement a fait volontiers. Rendre ce service à Israël ressemblait beaucoup au service rendu par l’invasion de Bush en Irak, qui fut grandement encouragée par la peur d’Israël de la politique irakienne menée contre eux. Bien sûr, l’influence des néocons dans l’administration Bush a beaucoup facilité la décision d’entrer en guerre.

Ce double langage est tellement flagrant qu’il serait embarrassant si le public américain en prenait jamais conscience. Le Président Obama a maintenant déclaré officiellement qu’il soutenait un don d’armes à Israël, de plusieurs milliards de dollars, pour les dix prochaines années. Israël et les Etats-Unis [NdT : ainsi que la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, etc.] décrient – de la voix la plus forte – les armes qui sont introduites à Gaza, afin que les gens de là-bas puissent se défendre. La même chose est vraie pour le Hezbollah. On fait grand cas de la « contrebande » d’armes vers le Hezbollah, lequel, à l’instar du Hamas, fait tout ce qu’il peut pour défendre son peuple de la puissance militaire israélienne. Mais les politiciens et les journalistes américains lisent consciencieusement les arguments israéliens lorsque le moment arrive d’expliquer leurs sentiments. Les armes rudimentaires du Hamas sont difficilement à la hauteur des avions de combat, des chars modernes, des drones, des bombes à fragmentation, des obus au phosphore et autres bombes qu’Israël a infligés aux civils dans le Ghetto de Gaza. La nouvelle arme « DIME », qui brûle sévèrement tout ce qu’elle touche, a été particulièrement efficace lorsqu’elle a été utilisée contre les civils de Gaza. L’argument qui a le plus été mis en avant par la machine de propagande israélienne durant l’assaut de Gaza était le suivant : « Nous ne resterons pas les bras croisés en permettant que nos familles soient la cible de quelqu’un qui tire des roquettes sur nos villes. »

Soumise à aucun examen, cette tranche de propagande, expliquant le massacre de quelques 1.500 personnes à Gaza – pour la plupart des femmes et des enfants – fut brillante. Comme les Nazis essayant d’éradiquer le Ghetto de Varsovie, Israël a volontairement et délibérément massacré des civils qui étaient incapables de fuir à cause des clôtures les encerclant. Lorsque les Israéliens ont été pris la main dans le sac, l’armée israélienne a simplement dit qu’elle enquêterait. Rien n’est jamais sorti d’une telle enquête, si, en fait, il y a jamais eu d’enquête.

Il est embarrassant de voir que le Lobby au travail pour un si petit pays amène nos politiciens à trembler dans leurs bottes. Malgré toutes les démolitions d’habitations palestiniennes, malgré l’expansion des colonies dans les territoires occupés, malgré les invasions dévastatrices du Liban en 1982 et en 2006, l’invasion brutale du ghetto de Gaza l’année dernière et malgré la détention de milliers de Palestiniens dans les prisons israéliennes, la plupart détenus sans mise en accusation et sans procès, nous n’entendons pas le moindre mot de critique de la part de notre Congrès ou de notre président. Etonnant, non ?

Je l’ai déjà dit auparavant, mais il est nécessaire de la répéter – il n’y aura pas d’accord de paix entre Israël et les Palestiniens tant que le Président des Etats-Unis ne dira pas à Israël de chasser les colons de Cisjordanie, permettant ainsi la formation d’un Etat palestinien. S’il ne le fait pas, Mme Clinton et George Mitchell finiront par se lasser de voyager au Moyen-Orient au prétexte de soutenir des pourparlers de paix.

 

James G. Abourezk est un avocat en exercice dans le Dakota du Sud. Il est également un ancien sénateur des Etats-Unis.

CounterPunch, le 23 janvier 2009 article original : "One More Farcical Tour of the Middle East by a Secretary of State"

http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Israel_Hillary_Clinton_Gaza_Syrie_Palestine_050309.htm Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]







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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 09:51
Palestine : Il faut ouvrir les frontières de Gaza
publié le vendredi 6 mars 2009
Nations Unies

Lors de sa première visite dans les Territoires palestiniens occupés, Abdul Aziz Arrukban, envoyé spécial humanitaire du secrétaire général des Nations Unies, a rencontré les responsables des organisations humanitaires pour passer en revue les meilleurs moyens d’acheminer l’aide d’urgence dans Gaza, de même que les habitants de Gaza pour évaluer l’aide qu’ils recevaient réellement.


« Les frontières sont toujours fermées, et les biens et les matériaux de construction ne peuvent toujours pas être acheminés [dans Gaza] », a expliqué M. Arrukban, Saoudien de nationalité, qui agit sous la supervision directe de Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, et de John Holmes, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires.

Depuis la fin, le 18 janvier, d’une campagne militaire menée par les forces israéliennes pendant 23 jours dans la bande de Gaza, M. Arrukban a négocié auprès de deux pays du Golfe l’octroi au territoire côtier dévasté de plus de 50 millions de dollars d’aide humanitaire, versés par l’intermédiaire des agences des Nations Unies.

Le Qatar a accordé 40 millions de dollars, dont 30 millions ont été directement versés aux agences onusiennes de Gaza et 10 millions, au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), un fonds de réserve créé par les Nations Unies pour permettre la prestation d’une aide humanitaire aux populations touchées par les catastrophes naturelles et les conflits armés. Gaza a reçu du CERF huit millions de dollars d’aide immédiatement après la fin du conflit.

L’Arabie saoudite a également versé 10,5 millions de dollars ; sur cette somme, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a reçu six millions de dollars pour financer l’aide alimentaire d’urgence, et 500 000 dollars pour l’achat de carburant. Quatre millions de dollars ont également été alloués au Programme alimentaire mondial (PAM).

M. Arrukban, qui fait la liaison entre les agences humanitaires des Nations Unies, les bailleurs, les gouvernements et le secteur privé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, s’est rendu à Gaza pour constater de lui-même l’étendue des dégâts dans l’enclave, et s’assurer que les habitants les plus vulnérables de la bande recevaient bel et bien du matériel de secours.

La question la plus urgente, lui ont expliqué les responsables humanitaires, concerne la fermeture régulière, par Israël, des points de passage frontaliers qui permettent de se rendre dans Gaza.

« L’aide ne peut être acheminée que si les points de passage sont ouverts », a indiqué Christina Blunt, directrice du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Gaza, au cours d’une séance d’information organisée pour M. Arrukban par les directeurs des agences onusiennes de l’enclave.

Ces dernières semaines, environ 120 camions ont été autorisés à entrer dans Gaza chaque jour par les autorités israéliennes, selon les estimations d’OCHA ; environ la moitié d’entre eux étaient des véhicules du secteur privé. En mai 2007, avant la victoire électorale du Hamas à Gaza et l’embargo qui s’est ensuivi, environ 475 camions y entraient chaque jour.

L’envoyé des Nations Unies a rencontré les responsables du Croissant-Rouge égyptien pour tenter de mettre en place un système permettant de faciliter l’importation d’environ 9 000 tonnes de « dons bilatéraux non-sollicités » en faveur des populations de Gaza, selon les termes employés dans un rapport publié récemment par le groupement logistique. Israël n’a pas autorisé l’entrée de cette aide – dont une bonne partie n’a fait l’objet d’aucune déclaration écrite et n’est pas destinée à des organismes désignés - sur son territoire ; elle est conservée à al-Arish, en Egypte.

Le gouvernement égyptien a chargé le Croissant-Rouge égyptien de conserver ces donations, qui proviennent d’un certain nombre de pays du Moyen-Orient, notamment d’Egypte, d’Arabie Saoudite, du Qatar, du Koweït, de Jordanie, du Yémen et de Libye.

Si une partie de l’aide a pu être acheminée dans Gaza, 1 700 palettes de produits humanitaires restent bloquées en Israël, selon le rapport du groupement logistique.

Le désespoir des populations

Certains des 1,5 million d’habitants de la Bande, territoire de 365 kilomètres carrés et douzième zone la plus densément peuplée de la planète, ont désespérément besoin d’aide. Sous une pluie torrentielle, M. Arrukban s’est rendu auprès d’habitants déplacés dans la région d’Abed Rabbo, à Jabaliya.

« J’ai peur de reconstruire une nouvelle fois ma maison », a confié Henan Salah, une mère de 40 ans. Ses six enfants et elle-même vivent aujourd’hui dans la seule pièce qui reste de leur domicile depuis qu’un missile israélien s’y est abattu. Mme Salah a expliqué qu’il y a huit mois à peine, elle avait reconstruit sa maison, détruite à la suite d’une incursion des forces israéliennes. N’ayant pas les moyens d’acheter du gaz domestique, elle a dû démolir ce qui lui restait de meubles pour faire du feu.

Dans certaines régions, les communautés des zones densément peuplées où les chars israéliens ont infligé de lourds dommages vivent désormais dans des tentes.

« Le froid nous tue », a déclaré Khalil al-Gharabli en montrant du doigt sa femme et ses six enfants, assis sur une charrette à âne, près des ruines de leur maison. M. Al-Gharabli, aujourd’hui sans emploi, travaillait auparavant comme ouvrier agricole en Israël.

Les préoccupations des bailleurs

M. Arrukban a expliqué qu’il devait apaiser les craintes des bailleurs, inquiets à l’idée que leurs fonds puissent être gaspillés si les terres agricoles et les logements reconstruits sont systématiquement détruits au cours des invasions israéliennes.

Tout aussi important, peut-être, M. Arrukban a dit espérer qu’il parviendrait à accroître la confiance des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) dans le fonctionnement du système humanitaire multilatéral.

Selon les estimations des responsables des Nations Unies, pas moins de 90 pour cent des donations saoudiennes en faveur de Gaza sont bilatérales – au gouvernement, aux organisations non-gouvernementales et aux associations caritatives. Les bailleurs sont encouragés à verser des fonds et, s’ils choisissent malgré tout de donner des biens, à veiller à les destiner à une organisation bénéficiaire de Gaza, pour s’assurer qu’ils pourront être acheminés dans la bande.

M. Arrukban se rendra ensuite à Doha et Riyad pour solliciter la contribution des bailleurs, afin de faciliter la reconstruction et le redressement économique de Gaza.

 

Irin

http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx ?ReportId=83248





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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 09:49
publié le samedi 7 mars 2009

Younes Salameh
 

Lundi dernier (2 février), le président français Nicolas Sarkozy, toujours avide de beaux discours, a réaffirmé à Charm el-Cheikh que la libération de Gilad Shalit en échange de prisonniers palestiniens est une priorité des Français, qui « n’accepteront jamais que la vie du soldat détenu par le Hamas soit en danger ».


Ce franco-israélien était caporal dans l’armée israélienne lorsqu’il fut capturé par le Hamas le 25 juin 2006.

Depuis son accession a la présidence, Nicolas Sarkozy ne cesse de réclamer sa libération. La famille du prisonnier a été reçue à trois reprises à l’Elysée et Gilad Shalit a été fait citoyen d’honneur de la ville de Paris en décembre 2008.

Ce déploiement diplomatique contraste largement avec le cas de Salah Hammouri. Fils d’un Palestinien de Jérusalem-est et d’une Française, en clair pas moins français que Gilad Shalit, il est détenu depuis mars 2005 par les Forces de Défense israélienne dans l’indifférence la plus totale des autorités françaises.

Les motifs d’inculpation dont il fait l’objet sont faibles pour ne pas dire inexistants. On reproche au jeune franco-palestinien d’être passé avec des amis devant le domicile du rabbin Ovadia Yossef, personnalité importante de l’extrême droite religieuse israélienne et du parti le Shass. Virulent à de multiples reprises à l’encontre des arabes, le rabbin est sous surveillance permanente ce qui a permis de retrouver Salah et ses amis. On accuse alors Salah d’appartenir au FLDP, Front de Libération de la Palestine, ce qui est démenti par les deux parties.

Salah Hamouri va alors connaitre trois ans de détention administrative, comme la majorité des prisonniers palestiniens.

Le procureur propose un marché à Salah. S’il avoue les faits qui lui sont reproché, sa peine sera de 7 ans, le double s’il campe sur ses positions. Suivant les conseils de son avocate, Salah se résigne à accepter. L’affaire ne peut que susciter l’indignation :

-  Tout d’abord, la parodie de justice dont a été victime le franco palestinien et le motif d’inculpation. Salah est uniquement suspecté d’une intention, non d’un acte. De même, la détention administrative de trois ans, c’est-à-dire le fait d’être retenu par Israël sans pouvoir avoir recours a la justice, interpelle même si elle est devenue classique pour les prisonniers palestiniens.

-  L’affaire souligne aussi, par le silence de la diplomatie française, le traitement deux poids deux mesures entre les prisonniers israéliens et palestiniens. S’il ne s’agit pas de remettre en cause la tentative de libérer Guilad Shalit, on ne peut qu’être scandalisé par l’ignorance la plus totale dont Salah Hammouri fait l’objet. S’autoproclamant « président des droits de l’homme », Nicolas Sarkozy est loin de faire de ce dossier une priorité. Les appels de la mère française du prisonnier sont restés sans réponse. En ce sens, un comité national de soutien, sous coordination du député communiste Jean-Claude Lefort a vu le jour (plus d’informations sur le site http://www.france-palestine.org/article10310.html).

La détention scandaleuse de Salah Hammouri n’est malheureusement pas une exception. Selon le Comité international de la croix rouge, ils sont aujourd’hui 11500, dont près de 400 enfants et 120 femmes à être actuellement détenu par les autorités israéliennes. La quasi totalité est emprisonné à l’intérieur d’Israël. Cela rend ainsi très complique les visites des familles, la plupart des Palestiniens ne pouvant obtenir une permission pour se rendre en Israël. Preuve une nouvelle fois encore du non respect du droit international par l’occupant israélien et de l’inexistence des sanctions de la communauté internationale contre de telles pratiques.

 

http://french.pnn.ps/index.php ?option=com_content&task=view&id=3525&Itemid=1






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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 17:30
Proche-Orient ; Le message de Robert Fisk
publié le vendredi 6 mars 2009

Lorraine Guay
 
Ses jugements sur la situation actuelle au Moyen-Orient sont tranchants, implacables sur un ensemble d’enjeux très sensibles

De passage à Montréal les 19 et 20 février derniers, Robert Fisk, correspondant du journal The Independent de Londres, vivant au Liban depuis plus de 30 ans, ayant couvert toutes les guerres de la région, ne fait ni dans la dentelle, ni dans la complaisance, ni dans le vitalisme ! Ses jugements sur la situation actuelle au Moyen-Orient sont tranchants, implacables sur un ensemble d’enjeux très sensibles.

Obama fera-t-il la différence ?

Non ! Rappelez-vous, dit-il à l’auditoire, « qu’Obama a passé 20 minutes avec les Palestiniens et 24 heures avec les Israéliens lors de sa campagne électorale… ça dit tout ! » Citant les quelques lignes d’une longue entrevue accordée par Obama au Times et où celui-ci affirme « vouloir bâtir sur les progrès réalisés dans la région », Fisk réplique, en colère : « Mais de quels progrès parle-t-il ? Le Moyen-Orient est un désastre et la Palestine, un drame sanglant » ! Ne vous attendez pas à grand’chose du côté d’Obama, prévient-il. Les relations USA-Israël sont « bétonnées » depuis toujours et rien n’indique qu’il y aura changement d’autant plus que la chef de la diplomatie est Hillary Clinton, une fervente alliée d’Israël dont les ambitions de devenir la première femme présidente des Etats-Unis demeurent vives. »

Les relations fusionnelles entre Israël et les Etats-Unis - ce que Chomsky avait nommé le « triangle fatal » - seraient donc là pour contredire le « yes, we can…change » du nouveau président américain.

Verra-ton naître un État palestinien ?

Non ! Robert Fisk ne croit pas non plus que l’État palestinien verra le jour… un jour. Tout a été mis en place par Israël sur le terrain pour faire que la viabilité même d’un État palestinien soit rendue impossible. L’occupation permanente, et le développement des colonies - particulièrement agressif d’ailleurs durant les pourparlers de « paix » d’Oslo - sont la négation même de la résolution 181 de l’ONU le 29 novembre 1947 sur la partition de la Palestine créant deux États. « Devrait-il naître qu’il ne serait ni viable ni juste. Oubliez aussi la résolution 194 sur le droit de retour des réfugiés, nous dit-il, jamais Israël ne permettra ce retour car ce serait la fin de l’État juif. »

Et les élections israéliennes ?

L’improbabilité de la solution des deux États est d’autant plus certaine que la droite qui arrive au pouvoir n’en veut pas et ne s’en cache pas. Il est ironique, selon Fisk, de voir le travailliste et prix Nobel de la paix, Peres, inviter Nétanyahou à former un gouvernement : ce faucon était déçu que « la job n’ait pas été terminée à Gaza » !

L’alliance avec des partis d’extrême-droite ultranationalistes comme celui de Lieberman risque de replonger les palestiniens dans de nouveaux massacres. Ce petit Monsieur en effet refuse de reconnaître le droit du peuple palestinien à posséder son État et propose de faire passer un « serment de loyauté » aux Arabes israéliens sous peine de déportation, une sorte de nouveau nettoyage ethnique comme la nakba vécue en 1948 où près d’un million de Palestiniens ont été chassés de leurs terres. « Obama va-t-il féliciter M. Netanyahou », se demande Fisk ?

Et les forces islamistes ?

Fisk n’est pas tendre non plus envers le Hamas ni le Hezbollah dont il dénonce l’irresponsabilité dans les événements de Gaza et du Liban.

Il note qu’au Liban, de nombreux jeunes quittent le pays « parce qu’ils ne veulent plus vivre dans le dogmatisme, le sectarisme et le confessionnalisme. Mais le Liban est construit sur le confessionnalisme : comment faire alors pour ces jeunes générations ? »

La critique du journalisme dominant.

Robert Fisk ne craint pas de fustiger sa propre profession, accusant une majorité de journalistes de se faire les relais des politiques militaristes de leurs gouvernements.

« Le journalisme doit mettre au défi l’autorité, toute autorité, particulièrement quand des gouvernements et des politiciens nous conduisent à la guerre affirme-t-il. En Amérique, vous ne voyez pas le vrai visage de la guerre. La guerre est une horreur. »

Mais les chefs d’information censurent, élaguent, adoucissent les reportages, ne craignent pas de carrément changer les titres des articles de leurs reporters, de couper des phrases, pour rendre le tout « acceptable » aux lecteurs.

Les TV refusent de montrer des scènes trop crues de carnage… par respect pour les morts !!! « Pauvres Palestiniens qui n’ont droit à notre respect que… morts… ! » Pour Fisk la guerre contre les Palestiniens est « la dernière grande guerre coloniale » comme il l’explique de manière remarquable dans son dernier livre.

« Ce n’est pas une partie de football où on couvre le match 50-50 i.e. en donnant autant de temps aux deux côtés. Il n’y a pas de symétrie dans la guerre israélo-palestinienne et oui les chiffres comptent ! » Plus de 1500 morts du côté palestinien et une dizaine du côté israélien, ce n’est pas égal comme situation !

« Les journalistes doivent être « neutres et non biaisés… du côté de ceux qui souffrent », a-t-il martelé tout au long de son séjour à Montréal et particulièrement lors de ses rencontres avec des étudiants en journalisme à qui d’ailleurs il a gentiment conseillé de passer moins de temps sur Internet et davantage à lire des livres, à étudier l’histoire pour comprendre le présent.

M Fisk déplore aussi que les Canadiens comme les États-Uniens ne puissent avoir accès à Al Jazeera, la chaîne d’information arabe, laquelle selon lui assure la meilleure couverture de ce qui se passe au Moyen-Orient.

Dehors les nouveaux croisés !

Mais le message le plus fort demeure le suivant : tous les soldats occidentaux devraient être retirés du Moyen-Orient. « J’ai calculé qu’il y a présentement plus de soldats occidentaux dans cette région du monde qu’il n’y en avait à l’époque des Croisés », constate-t-il.

Et de faire la liste interminable de tous les pays de la région où il y a présence militaire occidentale. Ces pays ne nous appartiennent pas. Il leur appartient de prendre en main leur avenir. Qu’y faisons-nous ?

Jamais les journalistes ne posent la question du « pourquoi » sommes-nous au Moyen-Orient. « Nous y serions semble-t-il pour apporter la ‘‘démocratie’’ et les ‘‘droits humains’’…, mais le monde arabe demande la justice et ça, nous ne sommes pas prêts à la respecter ».

Enfin selon Robert Fisk, le gouvernement canadien a cessé de jouer un rôle de maintien de la paix, un rôle respecté au Moyen-Orient jusqu’à l’arrivée de M. Harper au pouvoir avec sa politique d’appui inconditionnel à Israël et sa participation à la guerre en Afghanistan. Et malheureusement M. Ignatieff agit de la même façon…

Le passage de Robert Fisk à Montréal a été un véritable appel à la lucidité. Il nous appartient de transformer la lucidité en solidarité avec le peuple palestinien.

 

publié par Mondialisation

http://www.mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=12482




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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 13:24

Le gouvernement sortant israélien a préparé des plans de colonisation intensive visant à quasiment doubler le nombre de colons en Cisjordanie occupée, selon un rapport publié, lundi 2 mars, par le mouvement anti-colonisation "La Paix maintenant."

Ces plans de colonisation, élaborés par le ministère de l'habitat et qui doivent encore être soumis par le prochain gouvernement de droite, prévoient la construction de 73 000 logements dans les prochaines années, dont 5 700 dans des quartiers de Jérusalem-Est annexée. Au total, les constructions dans les implantations de la Cisjordanie occupée pourraient accueillir au moins 280 000 habitants, indique le mouvement, qui a révélé ces plans.

Le porte-parole du ministère de l'habitat,
Eran Sidis, indique qu'il ne s'agissait que de "projets préliminaires" de planification urbaine, qui ne deviendraient opérationnels qu'après avoir reçu l'aval d'au "moins cinq instances officielles". Il accuse "La Paix maintenant" d'avoir "mélangé des données qui n'ont rien à voir", sans pour autant démentir l'existence de ces projets.

Selon "La Paix maintenant", la construction de 15 000 logements a déjà été approuvée, dont 9 000 sont en cours d'édification. Les plans prévoient en particulier, selon le mouvement, la construction d'une nouvelle implantation urbaine dans la région de Bethléem et celle de 3 000 logements reliant l'implantation de
Maalé Adoumim, à l'est de Jérusalem, à la Ville sainte.




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