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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:51

Libérer Mossoul, et après ?

 

La longue errance des sunnites d’Irak

 

Orient XXI > Magazine > Myriam Benraad > 20 juin 2017

Au terme de huit mois d’une offensive militaire sans relâche et sanglante, les troupes irakiennes et leurs alliés ont lancé l’assaut final sur la partie occidentale de Mossoul aux mains de l’organisation de l’État islamique. La bataille a profondément fragmenté la société et touche plus particulièrement les Arabes sunnites démunis — même si le conflit ne saurait être réduit à une simple confrontation entre sunnites, chiites et Kurdes.

 

La montée en puissance de l’organisation de l’Etat islamique (OEI) et les violences qui ont suivi illustrent l’étendue des replis communautaires dans le pays, devenus de véritables « murs » intérieurs. Mais les clivages autour de la redéfinition de l’Irak sont bien plus profonds qu’il n’y paraît de prime abord et tout aussi intenses au sein de la communauté sunnite elle-même. Si les observateurs avertis s’accordent sur le fait que toute normalisation du statut des Arabes sunnites est un prérequis au retour de l’Irak à la sécurité et la stabilité et à la reconstruction d’un État et d’une citoyenneté actuellement en lambeaux, cette perspective est incertaine. Les conditions ayant entouré l’ascension de l’OEI courant 2014, sur fond d’une ample contestation dans les villes et provinces arabes sunnites, n’ont en effet pas fondamentalement évolué. La suspicion ou l’hostilité envers les élites au pouvoir demeurent identiques et questionnent au premier plan le sentiment d’appartenance national des populations locales. Leur situation au plan socioéconomique est déplorable et se trouve accentuée par les déplacements massifs suscités par l’onde de choc djihadiste ; la perception de leur marginalisation, voire de leur abandon, est toujours aussi vive, surtout parmi la jeunesse.

Des divisions multiples

Les Arabes sunnites sont divisés quant à la possibilité d’un destin dans cet ensemble irakien en pleine déliquescence. Le primat exercé par l’OEI pendant de long mois a exacerbé leurs dissensions, de même que les logiques revanchardes et autres représailles qui couvent entre eux. Au moment où le groupe djihadiste perd tous ses bastions, ces dynamiques promettent d’être brutales, à la fois entre partis politiques, factions armées, tribus et clans, civils en quête de vengeance et de justice, et parmi les familles elles-mêmes, dont certains membres ont rejoint ses rangs. Il importe de jeter la lumière sur cet état de fragmentation en ce qu’il soulève d’importantes questions.

Les développements critiques de l’année 2014 ont, à ce titre, souvent été appréhendés sur le mode du sensationnalisme, au travers d’une couverture médiatique plus concernée par l’immédiateté que par l’histoire. Or, les circonstances ayant précipité la chute de Mossoul méritent un regard rétrospectif ; elles interrogent autant cette séquence révolue que celle qui s’annonce alors que les combats entre djihadistes, troupes irakiennes et forces de la coalition font rage. On touche ici aux deux récits-clés terriblement réducteurs qui ont structuré cette énième crise : celui tout d’abord, de la « guerre éclair » conduite par l’OEI qui, dans les faits, laisse entrevoir a posteriori un processus bien plus étalé dans le temps ; celui ensuite du soutien indéfectible apporté par les Arabes sunnites aux djihadistes, en particulier à Mossoul. Un regard plus nuancé permet de mettre en exergue que les réalités de terrain ont été et demeurent beaucoup plus complexes.

L’ancien premier ministre chiite Nouri Al-Maliki avait sous-estimé l’attrait de l’OEI et de son entreprise panislamiste auprès de larges segments de la population, et plus encore sa détermination à en découdre avec les forces fédérales. Après lui, la classe politique irakienne, à commencer par son successeur Haïdar Al-Abadi, a quant à elle négligé le fait que ces mêmes Arabes sunnites n’avaient pas tous accueilli à bras ouverts ce projet. À Mossoul, la population s’est au contraire partagée dès l’entrée des djihadistes entre soutiens actifs, habitants passifs ou indifférents, et adversaires déclarés. Ces attitudes contrastées reflètent des divisions qui demeurent d’actualité. Beaucoup de sunnites rejetant l’OEI ont fui en accusant l’armée de les avoir abandonnés, et même d’avoir littéralement « vendu » leur cité. D’autres sont restés par dépit ou incapacité de trouver refuge ailleurs, mais aussi pour subvenir aux besoins de leurs proches en raison de l’incertitude du lendemain et par peur d’une situation intenable.

Ancrage local de l’OEI

Au-delà d’une conjoncture mouvante, l’OEI est un phénomène ancré localement et dont la rémanence ne devrait pas surprendre. Les revers militaires et humains qu’elle a essuyés n’ont ainsi qu’en partie remis en question son implantation et sa prétention à abattre les frontières de la nation irakienne. Cet ancrage a permis aux djihadistes de convaincre une partie des sunnites du bien-fondé de leur « califat », notamment une jeunesse laissée pour compte et séduite par son discours révolutionnaire. Les Irakiens qui aux côtés d’Abou Moussab Al-Zarkaoui1 ont joué un rôle central dans la structuration du groupe restent les premiers combattants. La sociologie du mouvement parle d’elle-même : en 2017, les « locaux » forment 90 % de ses rangs, complices et sympathisants inclus. L’« irakification » de l’OEI, initiée dès 2005, n’a jamais laissé place à la constitution d’un corps militant étranger. Le groupe djihadiste a toujours représenté plus qu’une simple insurrection ; il est une réalité sociopolitique à part entière en Irak.

Plusieurs facteurs rendent compte de cette résilience, à commencer par l’atomisation de la communauté arabe sunnite et la crise de leadership en son sein. Ces faits expliquent en grande partie pourquoi certains ont pu voir dans la sécession djihadiste une alternative au vide. En l’absence d’autres options politiques, l’utopie unificatrice de l’OEI continuera de résonner, plus particulièrement parmi les jeunes Irakiens qui n’ont pas connu l’ère baasiste. Les autorités américaines et irakiennes reconnaissent cette assise générationnelle et le fait que l’OEI s’est bâti sur la pauvreté, le chômage et le manque d’éducation de la jeunesse. Cette génération est aussi le produit du long processus de désocialisation débuté pendant la décennie d’embargo et prolongé sous l’occupation, lequel a achevé de banaliser la violence, de la consacrer comme une quasi-norme.

Beaucoup de ces jeunes sunnites sont d’ailleurs issus des tribus qui ont fait allégeance à l’OEI. Par exemple, en juin 2015, le clan des Joumaïli à Fallouja s’y était publiquement lié en évoquant son rejet de l’intervention américaine et des discriminations continuelles exercées par Bagdad à l’encontre des Arabes sunnites, notamment les réfugiés de Ramadi.

L’implication militaire de milices chiites associées à l’Iran et présentes au sein des Forces de la mobilisation populaire (FMP) a compté dans ce ralliement. D’autres tribus sunnites se sont soumises aux djihadistes par crainte de subir le même sort que celles qui s’y étaient opposées, comme les Albou Nimr, dont plusieurs centaines de membres ont été sommairement exécutés fin 2014.

Cet ancrage, y compris dans les sanctuaires qui lui ont été officiellement repris depuis 2015 (Tikrit, Ramadi, Fallouja…), a permis à l’OEI de poursuivre sa stratégie de guerre civile. Les années d’exercice du pouvoir sur des pans entiers du territoire irakien ont exacerbé les tensions intercommunautaires. À cet égard, la radicalisation accrue des djihadistes a eu pour corollaire celle, réactive, des acteurs militaires et paramilitaires chiites. Les milices, animées d’un puissant sentiment anti-sunnite, se sont rendues responsables d’exactions contre les civils sunnites, le plus souvent dans un climat de totale impunité. Cet engrenage n’est pas nouveau, milices et djihadistes s’étant longuement affrontés au cours de la dernière décennie. La période récente s’est néanmoins traduite par une hausse vertigineuse des faits d’armes et des abominations.

Il est utile de rappeler que ces milices n’étaient pas supposées prendre part aux combats dans les plaines de Ninive et que les oppositions sunnites ont été vives. Comme d’autres acteurs, elles ne suivent pas un agenda proprement irakien mais des intérêts bien compris, en l’espèce un accroissement permanent de leur sphère d’influence. Certaines se sont de facto substituées à l’État dans les territoires repris à l’OEI. Les miliciens les plus radicaux ont par ailleurs infiltré des unités des forces régulières, infusant leur esprit communautaire. Les FMP ont enfin été institutionnalisées aux côtés de l’armée irakienne en novembre 2016 par une loi controversée du Parlement.

Quel État post-djihadiste ?

Pareille intrusion dans les affaires de zones ordinairement éloignées des réalités chiites est vécue par les populations locales comme intolérable et alarmante. Partout où elles ont posé le pied, les milices chiites se sont ainsi mis à dos de nombreux civils. Mossoul constitue de ce point de vue une poudrière qui n’attend que le retrait des derniers djihadistes pour exploser : la présence chiite y était historiquement quasi inexistante et la montée en force du chiisme politique après 2003 y est vécue avec consternation. Plus son influence s’étend, plus des acteurs sunnites pourraient être tentés de faire volte-face, y compris ceux qui coopèrent avec les forces irakiennes et la coalition.

L’Irak n’est pas étranger à ces alliances de circonstance, par nature friables. Dans l’ensemble, les Arabes sunnites n’ont pas confiance dans la énième « libération » qui leur est promise, ni dans la capacité de Bagdad à assurer leur sécurité face à leurs prétendus « libérateurs ».

Le fort ressentiment répandu parmi les sunnites face aux abus de l’armée et des milices combiné aux destructions engendrées par les bombardements dans leurs régions les a poussés dans bien des cas à soutenir l’OEI.

Comme dans toute guerre civile, ces violences accumulées sont autant de ressources pour le groupe djihadiste qui cherche à se reconstituer. Les griefs et revendications que l’organisation avait su exploiter pour s’assurer l’appui d’une partie des populations n’ont guère évolué et sont aujourd’hui exacerbés en raison de la crise humanitaire.

En 2014, c’est autour de la perte de confiance des Arabes sunnites dans le système politique que l’OEI a bâti une ample part de son succès. Il avait promis à ceux qui rejoindraient ses rangs un nouvel État face à la déréliction des institutions, à la corruption, à la carence de services publics et à l’attitude de l’armée. Les habitants de Mossoul se plaignaient de ces dérives et des pénuries organisées par le gouvernement.

À ce titre, les engagements des djihadistes étaient multiples : améliorer les conditions de vie, rétablir l’ordre public, restituer l’autorité à ceux qui s’en sentaient dépossédés, les tribus en particulier. Symboliquement, les bâtiments du conseil provincial de Ninive ont été conquis dès les premières heures de la chute de la ville, alors que le gouverneur Athil Al-Noujaifi s’enfuyait.

La promesse de l’OEI n’était du reste pas nouvelle : dès l’automne 2006, le groupe djihadiste (ou plutôt son "ancêtre", Al-Qaida en Irak) était entièrement tourné vers la création d’un État sunnite dissident. Alors déjà en porte-à-faux avec un centre politique perçu comme aux mains de partis chiites ultra-communautaires, de nombreux Arabes sunnites ont vu dans ce projet l’horizon d’un retour au pouvoir et d’une réparation collective.

Les affrontements à Mossoul et dans d’autres parties du pays sont pour l’heure loin d’être éteints, au-delà du récit victorieux mis en avant par Bagdad et la coalition. Les séquelles du règne de l’OEI sont omniprésentes. Les habitants qui ont vécu de longs mois sous son joug témoignent d’une gestion à la fois étroite et féroce.

L’enthousiasme de ceux qui avaient voulu croire en cet État s’est amplement étiolé, laissant place au désenchantement, à la confusion et à la dévastation.

Au milieu de ce chaos émergent des potentats, véritables « États dans l’État ». Or, les civils livrés à eux-mêmes souhaitent principalement le retour à l’ordre et à la sécurité. Sur quels fondements, selon quel partage du pouvoir, avec quelle administration, par quelles forces ? Aucun aspect relatif à la gouvernance post-djihadiste et aux relations entre les groupes engagés dans la bataille n’a été négocié avant le lancement des opérations à l’automne 2016. Ce sont au contraire des logiques brutales de conquête qui semblent avoir pris le pas, chaque belligérant nourrissant une vision sélective du nouveau modèle national à édifier, avec peu de chances d’emporter l’adhésion des populations.

1NDLR. Leader d’Al-Qaida en Irak, tué le 7 juin 2006 à Bakouba au cours d’un raid aérien mené par l’armée américaine.

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:49

The US seems keener to strike at Syria's Assad than it does to destroy Isis

 
 

It is instructive that the West now expresses more outrage at the use of gas – it blames the Assad regime for this, of course – than at the continued cruelty of Isis

 

 
 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:47

Ghassan Salamé en Libye : objectif stabilité

 
 
#CriseLibyenne

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait approuver mardi la nomination de l’ex-ministre libanais de la Culture comme envoyé spécial en Libye. Avant de parler de paix, il devra renouer le dialogue et réaffirmer la pertinence des Nations unies

 
19 juin 2017
 
 
 
 
BEYROUTH – Il aura fallu quatre mois pour connaître le nom du nouvel envoyé spécial de l’ONU en Libye et, sauf retournement de dernière minute, c’est l’ex-ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé qui va endosser ce costume qui, comme le rappelle Mattia Toaldo, membre politique du Conseil européen des relations internationales spécialiste de la Libye, sera lourd à porter.

« Le travail de l’envoyé spécial de l’ONU en Libye n’est pas particulièrement attractif, et ce n’est pas un mystère, de nombreuses personnalités approchées avant Ghassan Salamé avaient refusé l’offre ».

Plus de vingt personnalités ont en effet été approchées pour prendre la place de Martin Kobler, le diplomate allemand dont le mandat a dû être prolongé en catastrophe pendant quatre mois.

À LIRE : Six ans, six envoyés : le prochain envoyé spécial de l’ONU en Libye peut-il changer la donne ?

Finalement, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a officiellement avancé le nom de Ghassan Salamé le 16 juin, qui, selon Reuters, devrait être approuvé par les membres du Conseil de sécurité mardi 20 juin.

La prorogation du mandat de son prédécesseur va rendre sa tâche, déjà ardue, encore plus complexe selon Claudia Gazzini, chercheuse spécialisée sur la Libye à l’International Crisis Group (ICG).

« L’envoyé précédent, Martin Kobler, laisse un grand vide derrière lui, notamment du fait de sa lente succession au cours de laquelle tout le monde savait déjà qu’il partirait, ce qui a étiolé son autorité. Plusieurs acteurs régionaux ont alors pu lancer des initiatives en-dehors du cadre de l’ONU, de l’Égypte à l’Algérie, en passant par les Émirats arabes unis », explique la chercheuse, qui se félicite de la nomination de Ghassan Salamé, membre du bureau de l’ICG, tout en restant prudente. « Attendons le vote du Conseil de sécurité. Il y a déjà eu tant de retournements que tout est désormais possible », soupire-t-elle.

Des enjeux restés en arrière-plan

À l’origine, Antonio Guterres avait promu la nomination de l’ex-Premier ministre palestinien pour prendre la tête de la mission de support de l’ONU en Libye (UNSMIL). Mais l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley avait objecté, estimant que « pendant trop longtemps, l’ONU a été biaisé de manière injuste en faveur des autorités palestiniennes au détriment de nos alliés en Israël. »

À LIRE : INTERVIEW - Martin Kobler, l’envoyé spécial de l’ONU qui tente de reconstituer la Libye

À son arrivée en novembre 2015, Martin Kobler avait la lourde tâche d’effacer le mauvais souvenir de son prédécesseur Bernardino Léon, accusé de conflits d’intérêts par une enquête du quotidien britannique The Guardian en faveur des Émirats arabes unis et de leur allié local, le parlement élu de Tobrouk.

Un mois après son arrivée, il obtenait à la signature de l’Accord politique libyen de Skhrirat, qui devait aboutir à la création d’institutions nationales, mais qui a été suspendu par le parlement en mars dernier.

Un résultat en demi-teinte qu’il a reconnu lors de son dernier discours le 7 juin devant le Conseil de sécurité : « En Libye, le processus de transition n’a pas été totalement instauré. Des institutions parallèles continuent d’exister. »

Dans ce contexte difficile, Claudia Gazzini précise : « On ne peut pas attendre d’initiative de paix de la part du nouvel envoyé spécial. Ce qu’il peut obtenir est l’instauration d’un climat de dialogue entre les acteurs », dit-elle, avant d’ajouter : « Il devrait aussi mettre l’accent sur des enjeux qui sont restés en arrière-plan sous la férule de Martin Kobler, notamment les problèmes économiques comme le budget, l’exportation de pétrole ou le trafic d’êtres humains. »

Mattia Toaldo appelle à la même prudence : « Le combat de Ghassan Salamé sera avant tout de réaffirmer la pertinence de l’ONU, tandis qu’une percée dans le processus de paix est peu probable à court terme. L’ONU devra se concentrer sur des efforts de stabilisation et de réconciliation. »

 

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/ghassan-salam-en-libye-objectif-stabilit-561537295

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:42

Russia warns US its fighter jets are now potential target in Syria

 

 

US shooting down of Syrian jet seen as ‘act of aggression’ by Russia, which will track coalition warplanes west of the Euphrates

 

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:31

Gazoduc East Med : quel rôle pour la coopération énergétique en Méditerranée orientale ?

Interview
19 juin 2017
 
Le point de vue de Nicolas Mazzucchi
 
 
 
 
Les dirigeants d’Israël, de Chypre et de Grèce se sont réunis à Thessalonique le 15 juin. Ils y ont évoqué le projet de gazoduc sous-marin East Med devant relier la Méditerranée orientale au sud de l’Europe. L’analyse de Nicolas Mazzucchi, chercheur associé à l’IRIS.

Ce projet de gazoduc East Med est-il vraiment « révolutionnaire » dans le secteur énergétique, comme l’annonce le Premier ministre israélien ?

Tout dépend sous quel angle nous entendons le terme « révolutionnaire ». Les grandes nouveautés du gazoduc East Med sont majoritairement d’ordre technique. Il s’agira du gazoduc le plus profond jamais vu et également l’un des plus longs gazoducs sous-marins au monde. Poser un gazoduc à une telle profondeur représente donc une évolution majeure, plutôt qu’une révolution.

En revanche, d’un point de vue purement énergétique, il n’y a aucune révolution compte-tenu de la taille modeste de ce gazoduc. En effet, lorsque sa première phase – pour l’instant la seule annoncée – sera achevée, il présentera un volume de seulement 10 milliards de mètres cube de capacité annuelle. À titre de comparaison, en Europe, le gazoduc Nord Stream en provenance de Russie et qui passe sous la Baltique fait déjà 55 milliards de mètres cube. Et lorsqu’il sera étendu en deuxième phase avec la signature des accords Nord Stream 2, il fera alors 110 milliards de mètres cube, soit une capacité dix fois plus grande que le gazoduc East Med.


S’agit-il pour l’Europe de diminuer sa dépendance au gaz russe ? Le prix de ce dernier n’est-il pourtant pas imbattable ?

Il s’agit plutôt d’une réflexion de long-terme, davantage d’ordre politique que de questions réellement économiques. On observe une volonté très claire de la part de l’Europe de diversifier ses approvisionnements. Depuis 2008 et les différents projets se rattachant au grand plan communautaire du Corridor Sud-européen, l’Europe s’est effectivement lancée dans une diversification des routes depuis l’Est, au sens large (Asie centrale, Caucase, Méditerranée orientale). Il s’agit ainsi de contourner la Russie par le flanc Sud-Est du continent.

Le gazoduc East Med ne fait certes pas directement partie des projets de ce corridor gazier sud-européen - puisqu’il n’appartient pas aux projets financés dans l’Europe dans ce cadre - mais il reste financé par l’UE dans le cadre des Projets d’intérêt commun, tout au moins pour l’étude de faisabilité qui s’est terminée il y a peu. East Med s’intègre donc dans cette stratégie globale de l’Union européenne initiée depuis la deuxième moitié des années 2000 de diversifier ses sources de gaz.

Pour en revenir à la question de la taille, un premier projet appartenant au corridor sud-européen
Trans Adriatic Pipeline (TAP) fera lui aussi 10 milliards de mètres cube. En ajoutant cette capacité à celle du gazoduc East Med, on atteint 20 milliards de mètres cube. En comparaison, le volume global en provenance de Russie - en considérant tous les projets russes en cours de développement (Nord Stream 1 et 2, TurkStream, gazoducs terrestres, etc.) - s’élève à plus de 200 milliards de mètres cube annuels. La diversification gazière de l’Europe au travers des gazoducs reste donc très lente.

Quel rôle joue la coopération énergétique pour la paix et la stabilité dans la région de Méditerranée orientale ?

La coopération énergétique représente le point majeur de coopération pour nombre de ces pays. Sur ces questions, on pourrait réussir à trouver des clefs d’entente entre des pays qui s’évitent beaucoup. Au travers de ce projet East Med, on voit par exemple un partenariat qui se dessine entre Israël et Chypre. La situation des frontières maritimes entre ces deux pays n’a été fixée qu’en 2010, grâce notamment aux questions gazières. Par ailleurs, en octobre 2016 lors du Congrès énergétique mondial à Istanbul, la Turquie voulait pousser à un rapprochement entre la République turque de chypre du Nord (RTCN) et Chypre, sous couvert de questions énergétiques pour donner à Istanbul une place prépondérante dans les projets de Méditerranée orientale.

Néanmoins, énormément de problématiques demeurent ouvertes. Les gisements de gaz impliqués dans le
East Med Gas Pipeline font partie du bassin levantin, qui se trouve au beau milieu d’une problématique de frontières maritimes, notamment avec le Liban. Des problèmes de frontières maritimes existent en effet entre Israël, le Liban, Chypre et éventuellement la Syrie. Et si par exemple, demain, les territoires de Gaza devenaient des États avec des frontières maritimes, la question des droits de tirage dans des champs gaziers offshore se poserait également.

La coopération énergétique est donc à la fois un facteur d’entente pour des pays qui sont relativement peu opposés mais, pour des pays très antagonistes (comme Israël et le Liban), ces questions peuvent au contraire jeter de l’huile sur le feu.
 
 
 
 
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:29
Iran and Saudi Arabia offer clashing accounts of offshore confrontation
 
 

Iran says Saudi navy opened fire on fishing boats as Saudi navy says it captured boat and detained three members of Revolutionary Guards.

 

 

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:26
L'EI encerclé par l'armée irakienne à Mossoul
 
 
 
 
 
Par
 
 
 
L'armée irakienne a annoncé mardi avoir achevé l'encerclement des combattants de l'organisation Etat islamique retranchés dans la ville de Mossoul.
 
ERBIL, Irak (Reuters) - L'armée irakienne a annoncé mardi avoir achevé l'encerclement des combattants de l'organisation Etat islamique retranchés dans la ville de Mossoul.

Cet encerclement a été rendu possible par la capture du quartier d'Al Chifaa, situé le long de la rive occidentale du Tigre, explique l'armée dans un communiqué.

L'armée irakienne estime à 300 au maximum le nombre de combattants de l'EI encore retranchés à Mossoul, sur les quelque 6.000 qui contrôlaient la ville au début de l'opération de reconquête il y a neuf mois.

Mais d'après les Nations unies, quelque 100.000 civils seraient toujours pris au piège dans ce dédale de ruelles étroites très densément peuplé où la progression des forces irakiennes devra sans doute se faire maison par maison.

 

https://www.mediapart.fr/journal/international/200617/lei-encercle-par-larmee-irakienne-Mossoul

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:23

Qatar says it will not negotiate unless neighbours lift blockade

 

 

#GulfTensions

Qatar's foreign minister says lifting sanctions is a condition for finding a diplomatic solution to Gulf crisis

 
 
 

Qatar will not negotiate with its neighbours to resolve the Gulf dispute unless they first lift the trade and travel boycott they imposed two weeks ago, its foreign minister said, but added Doha still believed a solution was possible.

The United Arab Emirates, which along with Saudi Arabia, Egypt and Bahrain imposed the measures to isolate Qatar, said the sanctions could last for years unless Doha accepted demands that the Arab powers plan to reveal in coming days.

Qatar has denied accusations by its neighbours that it funds terrorism, foments regional instability or has cosied up to their enemy Iran.

The dispute has opened a rift among some of the main US allies in the Middle East, with US President Donald Trump backing tough measures against Qatar even as his State Department and Defense Department have sought to remain neutral.

Qatar will realise that this is a new state of affairs and isolation can last years.

- Anwar Gargash, UAE foreign minister

On Monday, Qatar held war games with Turkish troops, showing off one of its few remaining strong alliances after two weeks of unprecedented isolation.

Foreign Minister Sheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani said Doha was ready to "engage and address" the concerns of other Gulf Arab states in what he described as a proper dialogue with pre-determined principles, but reiterated that sanctions must be lifted first.

"Until now we didn't see any progress about lifting the blockade, which is the condition for anything to move forward," Sheikh Mohammed said. The countries that imposed the sanctions have denied that they amount to a blockade.

Sheikh Mohammed said he planned to travel to Washington next week to discuss the economic effect of the "blockade" and its impact on the global fight against terrorism.

"We have a very strong partnership with the US. We are partners together in the global coalition of countering terrorism. We have been talking to them since the crisis started," he said.

UAE Minister of State for Foreign Affairs Anwar Gargash said earlier on Monday said that those seeking to isolate Qatar had no intention of backing down unless their demands were met.

"Qatar will realise that this is a new state of affairs and isolation can last years," Gargash told reporters in Paris.

"If they want to be isolated because of their perverted view of what their political role is, then let them be isolated. They are still in a phase of denial and anger," he said, adding that a list of grievances for Qatar to address would be completed in the coming days.

The chairman of the US Joint Chiefs of Staff said on Monday that military operations against the Islamic State (IS) group from Qatar were continuing while acknowledging some friction.

"But what I said last week remains true, in that we have continued to be able to operate, even through that friction," Marine General Joseph Dunford told reporters in Washington.

Doha has said it is now being punished for straying from its neighbours' backing for authoritarian hereditary and military rulers.

"It is unfortunate that our neighbours have chosen to invest their time and resources in a baseless propaganda campaign," Sheikh Saif Bin Ahmed al-Thani, director of Qatar's Government Communications Office, said in a statement on Monday, calling the terrorism accusations a "publicity stunt."

 
 
 
 
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 07:08

Vivre à Gaza, avec trois heures d'électricité par jour

 

 

Le territoire palestinien de deux millions d'habitants fait face à une crise énergétique sans précédent

Quelque chose détonne dans l'appar-tement de Rewad Obaid. Dehors, les rues sont calmes, Gaza observe le ramadan. Les habitants se reposent à la maison, le ventre creux. On devrait entendre un léger bourdonnement électroménager, celui de tout foyer banal. Là, rien. Le frigo, éteint. La télévision aussi. L'horloge du four, noire. Pas d'électricité. Rewad Obaid, 37 ans, laisse ses enfants brailler dans la cage d'escalier, pendant qu'elle raconte son triste quotidien, avec trois heures d'électricité par jour. Ce régime est imposé aux deux millions d'habitants du territoire palestinien depuis avril. Le secteur de l'électricité connaît des crises récurrentes depuis dix ans et la prise de pouvoir du Hamas en 2007, qui a entraîné le blocus du territoire par l'Egypte et Israël. Mais jamais encore la situation n'avait été aussi critique.

 

Enseignante de physique dans le secondaire, Rewad est mariée à un chef de projet dans le secteur de l'eau. En ce moment, pour toute la famille, la nuit est le jour, le jour est la nuit. " On fait tout la nuit. On utilise Internet, on lave le linge, on passe l'aspirateur, on cuisine. On ne peut plus faire de réserve de nourriture, puisque le frigo ne marche pas. Puis on mange avant l'aube et on va se coucher ", raconte-t-elle. Car l'immeuble est privilégié : il dispose d'un générateur électrique, qui coûte très cher, 350 shekels (90 euros) par mois pour chaque foyer, et fonctionne entre 18 h 30 et 4 heures du matin. Elle prend conscience de sa chance quand elle rend visite à ses proches, dont le seul recours est les batteries rechargeables ou les bougies. Dehors, même les grandes artères sont dans la pénombre.

 

Elle habite au 8e étage. La famille a contribué à l'achat de panneaux solaires pour faire fonctionner l'ascenseur. L'argent manque, d'autant que son salaire, versé par l'Autorité palestinienne (AP), a été amputé de 30 % en avril. C'était l'une des mesures brutales prises par Mahmoud Abbas pour mettre le Hamas sous pression. Tous les employés du secteur public ont vu leur revenu baisser de 30 à 50 %. Puis le président de l'Autorité palestinienne a annoncé qu'il ne verserait plus qu'une partie de l'argent - 60 %, sur une facture mensuelle de 40 millions de shekels - dû aux Israéliens pour fournir l'électricité à la bande de Gaza.

 
" Abbas va tout perdre "

 

Après des tergiversations, le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou a décidé de suivre la logique de M. Abbas et de baisser d'autant les livraisons. " Abbas pense que le Hamas finira par plier et accepter un compromis politique, sous les pressions multiples, explique l'analyste Omar Shaban. Il veut montrer à Washington qu'il s'inscrit dans sa mobilisation contre le terrorisme. Mais Abbas va tout perdre. " Le Hamas, lui, espère un énième plan d'urgence et se dit prêt à réformer le système. " Je ne crois pas qu'Israël coupera le courant, dit Ahmed Youssef, figure modérée du mouvement. Ça lui créerait des problèmes sur le plan international et les eaux usées déjà déversées dans la mer contamineraient ses plages jusqu'à Tel Aviv. "

 

Le système est pernicieux depuis la rupture entre le Hamas et l'Autorité palestinienne. L'AP paie pour toutes les livraisons d'énergie à Gaza ; ou plutôt, Israël fait des retenues sur les taxes qu'elle doit verser à l'AP. Ramallah, de son côté, se heurte aux lacunes dans le paiement des factures à Gaza par les particuliers et les commerces. Malgré des efforts, cette collecte demeure faible, et le Hamas ne transfère pas les recettes à l'AP. Irresponsables, donc, et tous coupables. Une " dispute interne palestinienne ", a déclaré M. Nétanyahou, le 13 juin, en assurant qu'il ne voulait pas d'" escalade ".

 

Les conséquences de cette crise énergétique sont graves. Les hôpitaux, le traitement des eaux usées, les services d'assainissement et d'eau potable ont vu leurs activités dramatiquement réduites depuis la mi-avril. Ces secteurs survivent grâce à une aide d'urgence, en fuel, dégagée en catastrophe par l'ONU. Mais sur le plan économique et social, le coût de la crise est un baril de poudre à mèche courte.

 

Il suffit d'aller à Chajaya, à l'est de la ville de Gaza, près de la zone frontalière avec Israël. Grand calme dans l'entrepôt d'Al-Amir, le plus célèbre fabricant de glaces du territoire. Les machines sont à l'arrêt. Il y avait 60 employés avant 2007. Ils sont 20 à présent, mais seulement 5 à leur poste, pour assurer la maintenance. Djihad Al-Wadil, 50 ans, le manager, est là du matin au soir. On ne sait jamais : si l'électricité revient, il faut se mobiliser. " C'est pourtant la haute saison entre février et août, les gens adorent manger des glaces. Je suis en colère, et les salariés aussi. " Non loin de là se trouve le site d'une société de travaux publics, la Construction Industries Company. Taysir Azam, 39 ans, chef de marketing, explique qu'elle compte 80 employés. " On a besoin de tout le monde dès que l'électricité est branchée, mais on ne sait jamais quand ça se produit. Après, on utilise notre générateur, ce qui accroît nos coûts. On n'a plus de profit. "

 

Quant à la seule centrale électrique de Gaza, qui fournit en temps normal 23 % des besoins, elle est à l'arrêt depuis avril. Son manager général, Rafiq Maliha, est un homme massif, compétent, au rire nerveux. " La situation est catastrophique, dit-il. Je travaille ici depuis 1994. C'est comme une boule de neige qui roule et grossit. Depuis l'aide d'urgence du Qatar et de la Turquie en janvier, assurant du fuel pour trois mois, Ramallah et Gaza se disputent au sujet des taxes payées sur ce fuel. Israël les a fixées à 300 %. "

 

La centrale a été bombardée en 2006, entraînant quatre mois de fermeture, puis six mois en 2014. Aujourd'hui, elle n'a pas de réserve de fuel, faute de capacité de stockage. Sa conversion au gaz naturel permettrait d'énormes économies, mais elle nécessiterait du temps et des investissements. Une ligne à haute tension est aussi en projet avec Israël, mais la volonté politique fait défaut. Quand rien ne presse, le gouvernement israélien gère, plutôt que de prendre des initiatives. La demande énergétique à Gaza pourrait doubler d'ici à 2030, avertit la Banque mondiale.

Piotr Smolar

 

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/06/19/a-gaza-avec-trois-heures-d-electricite-par-jour_5147045_3218.html

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 06:53

Sur un marché yéménite, 24 civils tués par une frappe de la coalition arabe

 
 
 
 

L’Arabie saoudite, qui mène la coalition, a été accusée à plusieurs reprises d’avoir visé par erreur des civils lors d’opérations aériennes.

Le Monde.fr avec AFP |

 
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Au moins 24 civils yéménites ont été tués, dimanche 18 juin à l’aube, par un raid aérien sur un marché de Chadaa, dans la province de Saada, un fief des rebelles chiites, près de la frontière saoudienne, selon une source médicale et des témoins.

Le raid a été attribué par ces sources à l’aviation de la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite. Les corps de certaines victimes ont été carbonisés et n’ont pu être identifiés dans l’immédiat, a précisé une source médicale.

Lire aussi : La guerre du Yémen déborde en Arabie saoudite

Plusieurs bombardements meurtriers

La province de Saada, fief des rebelles houthistes qui ont pris le contrôle de Sanaa et de larges portions du nord du pays en 2014, est lourdement bombardée par la coalition arabe qui intervient au Yémen depuis mars 2015. Celle-ci n’a pas réagi dans l’immédiat à ces pertes civiles.

Riyad a été accusé à plusieurs reprises d’avoir visé par erreur des civils lors d’opérations aériennes au Yémen. Le pays a reconnu certains bombardements meurtriers de civils, notamment un raid contre une cérémonie de deuil à Sanaa en octobre 2016, qui fit plus de 140 morts. Le pays avait alors promis de prendre des mesures pour les éviter.

Lire aussi : « Il est de la responsabilité de la France d’atténuer l’étau qui asphyxie la population yéménite »

La guerre du Yémen oppose des forces progouvernementales aux rebelles houthistes, soutenus par l’Iran et alliés à des unités de l’armée restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh. La guerre a fait plus de 8 000 morts, majoritairement des civils, et plus de 44 500 blessés depuis l’intervention de la coalition arabe. Elle a aussi provoqué une crise humanitaire majeure dans ce pays déjà considéré comme le plus pauvre de la péninsule Arabique.

 
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