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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 02:42

Territoires Palestiniens Israël Droits de l’homme

A Ramallah, une manifestation de soutien à Bilal Kayed en grève de la faim

Par RFI Publié le 07-08-2016 Modifié le 07-08-2016 à 00:08

Une centaine de prisonniers palestiniens poursuivent leur grève de la faim dans les prisons israéliennes entamée vendredi 5 août. Ils soutiennent l'un des leurs, Bilal Kayed, qui a entamé une grève de la faim, il y a 54 jours. Après près de 15 ans derrière les barreaux, ce membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) devait sortir mi-juin, mais Israël a refusé de le laisser sortir. Dans un état de santé très fragile, Bilal Kayed ne boit plus que de l'eau salée. Plusieurs Palestiniens se sont regroupés en Cisjordanie et à Gaza pour exiger sa libération. Reportage.

Avec notre correspondant à Ramallah, Nicolas Ropert

Des proches de Bilal Kayed, des membres du Front populaire de libération de la Palestine et des responsables d'associations sont réunis sous une grande tente dans le centre de Ramallah. Ils brandissent des portraits du gréviste de la faim et des banderoles du parti d'extrême gauche palestinien auquel il appartient.

« Nous sommes réunis pour soutenir, nous aussi, Bilal Kayed et pour exiger que le gouvernement israélien le libère. Nous allons continuer à nous mobiliser partout en Palestine. Bilal Kayed mérite la liberté après avoir passé 15 ans dans les prisons israéliennes », explique Ameen Shouma, membre d'une association de soutien aux prisonniers palestiniens.

Bilal Kayed avait été condamné pour ses activités pendant la deuxième Intifada. Il devait être libéré mi-juin, mais les autorités israéliennes ont décidé de le placer en détention administrative. Un système arbitraire et inhumain dénonce Hitam Saafin, une militante proche du FPLP. « La détention administrative est contraire à toutes les lois internationales, dit-elle. Et le seul pays qui l'utilise, c'est Israël. C'est une méthode illégale que ce gouvernement utilise. Le monde entier devrait se battre pour faire interdire ces détentions administratives. »

Selon l'ONG israélienne B’Tselem, 6 295 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. Un record depuis 2009.

A (re) lire → Proche-Orient: grève de la faim de 400 détenus palestiniens en Israël

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160806-ramallah-une-manifestation-soutien-bilal-kayed-greve-faim

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 02:40

Le sort de la Syrie se joue à Alep

Pierre Barbancey

Jeudi, 4 Août, 2016

L'Humanité

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REUTERS

Encerclés dans les quartiers qu’ils contrôlent encore, les djihadistes essaient de desserrer l’étau. L’Armée syrienne libre est absente.

Alep, véritable capitale économique de la Syrie, est aujourd’hui le lieu de toutes les batailles. La moitié de la cité est aux mains des « rebelles », qualificatif qui masque la réalité de ce qu’ils représentent réellement. Ces rebelles sont quasi exclusivement des islamistes, regroupés au sein de différentes factions dont la plus importante est l’ancien Front al-Nosra (Jabhat al-Nosra) qui vient de se démarquer de la maison mère al-Qaida avec l’accord du successeur d’Oussama Ben Laden, l’Égyptien Ayman Al Zawahiri, et qui s’appelle désormais le Front Fateh al-Cham. Un changement d’appellation surtout stratégique – le but, l’instauration d’un régime islamique qui n’a rien à envier à Daech, restant le même – qui pourrait avoir pour objectif de présenter une face « plus lisse » et d’être incontournable pour toute solution négociée. L’ensemble de ces groupes islamistes – qui disposent par ailleurs d’armes saisies dans les casernes de l’armée syrienne mais aussi fournies par les pays occidentaux, du Golfe et de la Turquie – sont maintenant encerclés dans les quartiers d’Alep qu’ils tiennent toujours.

Mais depuis la prise de la route de Castello –une voie menant les djihadistes en Turquie et leur permettant des approvisionnements de toutes sortes – par l’armée nationale syrienne, le rapport de forces s’est modifié. Appuyés par l’aviation russe, les soldats syriens ont repris de nouvelles positions près d’Alep. Une contre-offensive qui a réduit presque à néant les gains engrangés par les « rebelles » lors de leur offensive lancée dimanche pour briser le siège. Selon le quotidien pro-gouvernemental Al-Watan, les forces de Damas « avancent de nouveau au sud et sud-ouest d’Alep après les importants revers subis » par les groupes ­djihadistes. L’objectif premier de l’assaut des islamistes était de s’emparer du quartier ­gouvernemental de Ramoussa – situé à la périphérie sud-ouest d’Alep –, dont le contrôle permettrait aux rebelles d’ouvrir un axe de ravitaillement vers leurs quartiers est. C’est aussi à travers Ramoussa que transite le ravitaillement de l’armée et des civils dans la partie ouest d’Alep. Selon le site pro-gouvernemental Al-­Masdar News, « les rebelles ont réussi à entrer à Ramoussa en faisant exploser un tunnel qu’ils avaient foré, mais ils ont ensuite été bloqués et ont dû se retirer après une féroce bataille, et le régime contrôle complètement le quartier ».

États-Unis, Russie, Arabie saoudite, une nouvelle carte politique

La Russie a annoncé l’ouverture de quatre corridors humanitaires pour ravitailler les civils pris au piège, voire leur permettre de quitter les zones d’affrontements. Pourtant, une quarantaine d’ONG, dont certaines dénonçaient il y a peu l’impossibilité d’accès pour aider les habitants, jugent « consternante » et « inadéquate » l’ouverture par Damas de « prétendus couloirs humanitaires ». Évidemment, la carte politique s’est modifiée. Plus personne ne parle de l’Armée syrienne libre, censée représenter sur le terrain militaire une opposition soutenue par la France, les États-Unis et l’Arabie saoudite notamment. Ce qui explique sans doute l’attitude du secrétaire d’État américain, John Kerry, qui a exhorté les protagonistes à Alep à faire preuve de retenue ! Un appel jugé « inacceptable » par Moscou. De son côté, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, espère réunir toutes les parties au conflit, fin août à Genève, pour relancer le processus de négociation.

http://www.humanite.fr/le-sort-de-la-syrie-se-joue-alep-613161

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 02:38

Habiter un bord de monde, un camp de Réfugiés palestiniens

1er août 2016

Le collectif La Forge a mis en œuvre ce questionnement pour présenter, représenter la vie des Réfugiés palestiniens, pour prendre part à leur vie, et produire des œuvres issues des échanges tissés ensemble. Des échanges nourris par des transmissions de savoirs, de moyens d'expression, pour des regards croisés sur la vie quotidienne, ici (en France) et là-bas (en Palestine).

Cette démarche, active, collaborative, itérative, laisse advenir la vie, les choses, dans la durée.

Le lieu qui s'est imposé, ici, est l'Agglomération creilloise où les jumelages entre villes et camps de réfugiés sont nés (en 1989 à Montataire), se sont développés. Toutes les villes de l'Agglomération sont jumelées : Creil avec Qadoura, Montataire avec Dheisheh, Nogent sur Oise avec Aïda (en Cisjordanie) et Villers saint Paul avec Al Maghazi (bande de Gaza).
Actuellement, cette démarche est initié à partir de Creil, avec le Centre social et culturel Georges Brassens, le Lycée Jules Uhry, un collège, une école élémentaire… en liens avec le camp de Qadoura (situé dans Ramallah), son Centre social de la Jeunesse, son Association de Femmes…

Les acteurs sont les habitants du camp de Qadoura avec ceux de Creil, la ville jumelée, et plus particulièrement avec les femmes et les jeunes.
Avec les auteurs du collectif La Forge, Christophe Baticle, sociologue, Valérie Debure et Alex Jordan, graphistes de Nous Travaillons Ensemble, Olivia Gay, photographe, Denis Lachaud, écrivain, Eric Larrayadieu, photographe, Marie Claude Quignon, plasticienne et François Mairey, pratiques sociales et coordination, rejoints par la réalisatrice Valérie Mochi Uttscheid.
Avec leurs correspondants, collaborateurs palestiniens, vivant ici, Lulwa, les Refugees of rap… et en Palestine, Ala'a, Ayad, Jehan, Omar, Najma...
Avec les associations Creil-Palestine-Solidarité, l'AJPF, (Association pour le jumelage des camps de réfugiés palestiniens avec des villes françaises) et La Plateforme Palestine.

Des actions (productives) à venir :
Des résidences à Qadoura, des « regards croisés », avec échanges par Skype, des ateliers cinéma, écriture, arts plastiques, une exposition d'arts graphiques et plastiques...
« La place des Réfugiés Palestiniens » avec l'historienne Sandrine Mansour, l'AJPF, la Plateforme Palestine : un travail sur leurs représentations dans les médias, les manuels scolaires… avec un ensemble, exposition-publication-rencontre pour mettre en avant la place des Réfugiés Palestiniens, généralement mis sous le tapis.
un Groupe de travail des comités de jumelages pour élaborer le « Printemps palestinien » (manifestation culturelle qui aura lieu les 1 et 2 avril 2017 à la Faïencerie de CrelI)

http://plateforme-palestine.org/Habiter-un-bord-de-monde-un-camp-de-Refugies-palestiniens

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 02:36

Galactéros - Turquie : les enjeux d'une purge

La grande purge menée par le président Erdogan après le coup d'État manqué aura des conséquences bien au-delà des frontières turques. Explications.

Modifié le 05/08/2016 à 08:22 - Publié le 05/08/2016 à 08:08 | Le Point.fr

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Le monde est à feu et à sang, le Moyen-Orient est en plein chambardement stratégique, l'Europe est ensanglantée par une vague d'attentats inédite qui vise à provoquer la sidération des populations du continent et de leurs appareils dirigeants... Et, au même moment, des millions de personnes, prises d'une fièvre irrépressible, se lancent à corps perdu, par les villes et les campagnes du monde, à la recherche de petits êtres facétieux et virtuels, purs produits de réalité augmentée, les Pokémon, dissimulés dans les endroits les plus improbables ou choquants. Nulle limite à la vulgarité, à l'indécence ou au ridicule ; tout est jeu, et plus c'est absurde, plus l'on rit, au lieu de pleurer. Un trait caractéristique des grands dépressifs...

Notre monde serait-il au bord du burn-out ? Quoi qu'il en soit, ce grand écart entre le tragique planétaire d'une férocité extrême et l'insoutenable légèreté du non-être manifeste un inquiétant hiatus. Il marque aussi un stade avancé d'abrutissement de masse, de décérébration collective consentie et même jubilatoire. L'homo festivus dans toute sa splendeur et sa vacuité. Un renoncement individuel et collectif à soi-même qui vient donner du grain à moudre à l'ennemi, et peut-être demain, via la géolocalisation de masse permise par le jeu, lui fournira des occasions d'attentats… Un ennemi qui nous observe et trouve probablement ici un autre « argument » pour nous présenter à ses « recrues » comme une espèce dégénérée par sa mécréance, son matérialisme outrancier et son grégarisme festif. Des « recrues » mentalement faibles et dont certaines jouent elles-mêmes peut-être aussi à Pokémon go, mais qui croiront se racheter, échapper à « l'égarement » et à « la souillure » occidentale en libérant leur violence intérieure contre ces masses-cibles sans cervelle et comme offertes au sacrifice.

Ce qui est certain, c'est que pendant que « ce grégarisme festif » fait son œuvre, que les tueurs fourbissent leurs armes et que l'on s'interroge toujours, en France, sur les limites de l'État de droit et le sexe des anges, d'autres ne jouent pas à Pokémon Go, mais à des jeux autrement plus sérieux de pouvoir et d'influence, de puissance et de nuisance, bref, aux vrais et éternels jeux humains, l'amour mis à part. Et sur l'échiquier moyen-oriental, le dernier coup de maître du président Erdogan ne laisse pas d'impressionner et d'inquiéter.

Les kémalistes balayés

L'ampleur de la purge permise par le coup d'État manqué en Turquie a été déjà amplement analysée (cf. la remarquable interview de Jean-François Colosimo sur le FigaroVox et les analyses d'Alexandre del Valle sur Atlantico.fr qui font le point, avec recul et perspective, sur les enjeux véritables de cette reprise en main). Sans doute peut-on insister sur le fait que, quels qu'aient été les véritables commanditaires du putsch et ceux qui ont pu l'encourager depuis l'étranger (un coup de semonce américain ?), le président Erdogan a trouvé là (ou laissé patiemment advenir ?) l'occasion d'un nettoyage en profondeur de l'armée, de l'appareil d'État, des diverses administrations et des médias, se débarrassant ainsi, au prétexte de « rétablir la démocratie turque », d'une double concurrence.

Tout d'abord celle des kémalistes historiques, anti-islamistes laïques virulents, longtemps aux commandes de l'armée et de ce que l'on a appelé « l'État profond » – cette alliance redoutable de membres des services secrets, des mafias et de mouvements de la droite extrême locale. Leur affaiblissement politique et économique avait été engagé par Erdogan dès les années 2000, grâce notamment à l'abolition des pouvoirs politiques de l'ancien Conseil national de sécurité (le puissant MGK gardien vétilleux de la pureté kémaliste) pour satisfaire aux exigences européennes (quelle ironie du sort !) dans le cadre d'une adhésion alors déjà follement envisagée... Cette marginalisation du courant fondateur de la Turquie moderne au prétexte cynique d'une « démocratisation » des structures d'État et de leur adaptation à la modernité avait de facto enclenché une islamisation tous azimuts de l'armée et de la société turques sous la coupe de l'AKP, parti d'Erdogan. Les Européens, fidèles à leur indécrottable angélisme, toujours prompts à prendre des vessies pour des lanternes, ne voulurent pas voir la lame de fond islamiste s'installer alors dans cet immense pays-candidat tellement européen... jusqu'au Bosphore seulement. L'AKP ? Un parti « moderne », d'un « islamisme si modéré » ! Déjà cet oxymore maléfique...

La confrérie Gülen présente dans 160 pays

Le deuxième rival est interne au courant islamiste et plus redoutable. Car, au-delà de ce combat entre deux visions – laïque ou islamiste – de la Turquie moderne, le camp islamiste lui-même est profondément divisé entre la synthèse nationale-islamiste radicale incarnée par Erdogan et celle de son ancien allié Fetullah Gülen, leader d'une puissante organisation religieuse modérée et d'orientation plus conservatrice et pro-occidentale, Hizmet, dont l'emprise sur une partie de l'armée, mais aussi sur la société turque – par sa pénétration notamment de l'éducation, de la justice, de l'administration, des médias et de l'économie –, défiait la volonté de puissance du néo-sultan.

LIRE aussi Fethullah Gülen, la bête noire d'Erdogan

La purge qui pourrait probablement – à son terme – concerner près de 100 000 personnes s'étend d'ailleurs bien au-delà des frontières nationales. Les immédiates et fortes pressions du pouvoir turc sur un grand nombre d'États (parmi lesquels le Nigeria, le Kenya, l'Ouganda, l'Indonésie ou l'Azerbaïdjan) afin qu'ils ferment les écoles et centres tenus par la confrérie Gülen (présente dans 160 pays et contrôlant 2 000 écoles et collèges) témoignent d'une volonté d'extirpation des racines de l'influence du rival honni et bouc émissaire parfait. Le bras du sultan ne tremble pas et chacun est appelé à choisir son camp. Jusqu'à Washington, sommé d'extrader le comploteur et accusé de l'avoir a minima protégé, voire soutenu, dans ses noirs desseins, qui est désormais publiquement tancé par un président turc au faîte de son cynisme pour « soutien au terrorisme ». L'arroseur arrosé, en somme....

Opportunisme

Recep Tayyip Erdogan semble avoir néanmoins bien senti « le vent du boulet » et compris ce qui doit aussi s'envisager, au moins partiellement, comme un coup de semonce américain. Des Américains inquiets de sentir leur allié du « flanc sud » de l'Otan s'émanciper trop ardemment de leurs tutelle et consignes, et risquer d'interférer à contretemps ou contre-emploi dans les agendas subtils de leurs relations avec Moscou, Téhéran, Riyad ou Tel-Aviv notamment. Le président turc semble d'ailleurs être en train de répondre à ce coup de sifflet… à sa façon, donc par la surenchère, tentant de retrouver, au culot ou au bluff, une place et un rôle éminents dans les jeux de puissance régionaux. Et en premier lieu dans le chaos irako-syrien, où il est allé trop loin, a excipé de sa relation avec Washington et n'a pas pris toute la mesure de l'influence et de la capacité de nuisance russes.

Alors, dans un revirement spectaculaire qui signe un cynisme et un opportunisme de haute volée, le voici donc qui déclare soudainement Assad « fréquentable » et important, reprend langue avec Téhéran, Tel-Aviv, Le Caire, et surtout avec Vladimir Poutine (après lui avoir présenté ses excuses pour son Sukhoï abattu) qu'il devrait rencontrer le 9 août à Saint-Pétersbourg. Mais il ne suffit pas de s'essayer aux échecs pour devenir grand maître. La veille, en effet, le 8, Vladimir Poutine sera à Bakou pour y rencontrer le président iranien Rohani avec son homologue azerbaïdjanais Aliyev et parler de multiples sujets d'intérêt commun, de la Syrie à l'Arménie, en passant par le pétrole et toutes les nuances de vert de l'islamisme mondial...

Pendant que ces manœuvres se nouent, les combats font rage désormais pour le contrôle de Syrte en Libye, où, comme ailleurs, la communauté internationale, ne sachant pas vraiment qui elle doit soutenir, met ses œufs dans les divers paniers offerts.

Le calvaire d'Alep

Le drame syrien, lui, n'en finit pas de rebondir, nourrissant le calvaire des simples civils, toutes tendances et confessions confondues, coupables de s'être crus véritablement importants à nos yeux embués de sensiblerie et délavés par le cynisme, alors qu'ils ne sont que les pauvres enjeux d'une lutte d'influence de géants-cyclopes (tant la clairvoyance semble leur faire défaut). Alep, dont les malheureux civils cherchent à fuir les zones encore tenues par les « rebelles » d'al-Nosra et consorts (al-Nosra qui a changé de nom pour la galerie mais reste bien une franchise d'Al-Qaïda) et pilonnées par le régime qui s'exaspère ; Alep qui souffre de notre incapacité à décider enfin ce que nous voulons faire de la Syrie. 5 ans et près de 300 000 morts plus tard, nous n'en savons toujours fichtre rien, mis à part peut-être que nous restons déterminés à empêcher que cette ville repasse sous le contrôle du régime, jusqu'à « permettre » (l'on saura bientôt avec quel armement) que soit abattu un hélicoptère russe de retour d'Alep où il semblait surveiller les « corridors humanitaires » instaurés pour permettre l'évacuation de la population. Le jeu de la coalition occidentale et de ses affidés rebelles est vicieux et surtout dangereux.

Quant à la population de Mossoul en Irak (comme celle de Raqqa, d'ailleurs), elle devra peut-être attendre, pour être sauvée, que l'élection américaine se dénoue – voilà l'important ! – et que de grands coups de barre martiaux soient de nouveau donnés dans un sens ou dans l'autre.

Schizophrénie occidentale

Le monde tel qu'il est, donc. Ni plus ni moins. Le prochain round de négociations sur la Syrie à Genève a de fortes chances de n'aboutir à rien. Il ne sert qu'à masquer nos incohérences, nos inconséquences, nos agendas véritables, notre indifférence profonde à la réalité tragique des peuples livrés à nos ambitions ou à nos allégeances. Pour ne pas dire à nos soumissions. Là aussi, le vrai sujet ne semble pas être de couper les vivres à l'État islamique ou de déloger ses chefs véritables de leurs tanières pour les remettre enfin dans leur boîte, mais de savoir « comment se situer » par rapport aux autres « joueurs » globaux et régionaux, aux affidés régionaux respectifs, aux clients militaires, aux « alliés » sunnites qui pourtant, à force d'exporter la haine et de la mettre en scène, ne sont pas pour rien dans les ferments de notre terreur domestique...

Comment alors persister, à Paris comme à Washington, à soutenir « le Front al-Nosra nouveau » qui, comme le beaujolais éponyme, est imbuvable, même purgé cosmétiquement de ses pires éléments pour pouvoir s'asseoir à la table des négociations avec la bénédiction américaine ? Juste pour gêner Moscou ? Juste pour se réjouir que Bachar el-Assad fasse éventuellement les frais ultimes d'un accord bancal russo-américain sur l'avenir politique du pays ? Une véritable schizophrénie occidentale nous fait baisser pudiquement les yeux – et la garde – sur la contradiction de fond existant entre notre attitude complaisante envers l'islamisme sunnite radical à l'œuvre sur les théâtres de guerre moyen-orientaux, pour complaire aux monarchies pétrolières et à Washington – et nos envolées domestiques martiales « contre la terreur » – elle aussi islamiste, sunnite et radicale – qui ensanglante nos territoires nationaux européens.

Une contradiction qui paraît chaque jour, et surtout après chaque attentat, plus intenable. Ce grand écart nous désarticule. Le lien entre, d'une part, les politiques étrangère et de défense, les actions militaires et même la « diplomatie économique » d'un État et, d'autre part, la sécurité quotidienne de sa population sur le territoire national, comme d'ailleurs partout dans le monde (sans parler de ses intérêts), est premier, essentiel, structurel. Ce que nous disons, faisons et laissons faire (ou penser) là-bas a un impact ici. L'ennemi extérieur et intérieur est bien plus cohérent que nous. Nous donnons en quelque sorte, sans même en avoir conscience, semble-t-il, comme un blanc-seing aux bourreaux de nos enfants. Jusqu'à quand ?

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/caroline-galacteros/galacteros-turquie-les-enjeux-d-une-purge-05-08-2016-2059192_2425.php

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 02:40

Vallée du Jourdain : une guerre sans merci contre les Bédouins

Dans cette région de la Cisjordanie occupée, les destructions dans les campements bédouins ne sont qu’un aspect de la politique israélienne d’expulsion des Palestiniens

Le campement bédouin de Hadidiyeh, en Cisjordanie (MEE/Valérie Féron)

Valérie Féron

Lundi 1er août 2016 Dernière mise à jour : 02 août 2016

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Campement bédouin de Hadidiyeh, CISJORDANIE OCCUPÉE – En contemplant les vastes pâturages de la vallée du Jourdain, nul ne saurait imaginer la violence de la bataille qui se joue ici. Pour en comprendre l’ampleur, il faut se rendre dans des communautés bédouines comme celle de Hadidiyeh, dans le nord de la vallée, où vit Abou Saqer.

Avant même que celui-ci n’explique en détail ce que sa famille endure, l’état du campement nous fait comprendre les difficultés auxquelles font face ces communauté, ne serait-ce que pour accéder à leur lieu de résidence. Lorsque l’on vient de l’intérieur de la Cisjordanie via Tubas, au nord de Naplouse, le dernier kilomètre se fait à travers champs, ce qui rend tout déplacement compliqué, que ce soit pour acheminer du matériel et des vivres ou pour envoyer les enfants, dont certains en bas âge, à l’école.

Vivre la peur au ventre

Si la vingtaine de tentes couleur sable se fondent harmonieusement dans le paysage, les débris de celles détruites ces derniers mois témoignent du bras de fer permanent entre l’armée israélienne et les Palestiniens qui, dans toute cette zone, sont seuls face aux soldats et colons israéliens. 95 % de cette région, qui représente un tiers de la Cisjordanie, fait en effet partie de la « zone C » qui désigne, selon la terminologie des Accords intérimaires de paix d’Oslo, les 60 % de la Cisjordanie restés sous occupation israélienne directe depuis 1967.

À Hadidiyeh, les destructions du mois de janvier dernier sont encore dans tous les esprits. « Ils sont arrivés avec les bulldozers et ont commencé à raser plusieurs tentes », raconte Abou Saqer, calé dans une chaise en plastique au milieu d’une des tentes réservées aux invités.

« Ils ne se sont pas contentés de les mettre à terre. Ils ont ensuite rassemblé les débris pour en faire un tas qu’ils ont écrasé comme pour en faire une sorte de pâte. Je les regardais faire en souriant, ce qui a largement énervé leur chef, que je connaissais bien, car il était déjà là pour de précédentes opérations de destruction. Il m’a demandé pourquoi je riais. Je lui ai répondu que je ne comprenais pas pourquoi ils s’acharnaient autant, et que de toute manière, j’allais reconstruire, et à neuf.

« Pour se venger, il a ordonné aux soldats de nous interdire de reconstruire quoi que ce soit, pas même de quoi protéger mes enfants de la pluie. C’était en hiver, il faisait froid, on est restés quinze jours comme ça. »

À quelque pas de là, dans une autre tente où sa famille termine son déjeuner, les regards sont tous posés sur le benjamin de la bande, 3 ans, présenté comme un héros. L’histoire familiale raconte qu’alors qu’il ne tenait pas encore debout, il avait pris un petit caillou et l’avait lancé en direction des soldats qui opéraient une descente dans le camp.

Si le souvenir de la scène provoque des sourires, les visages des adolescents présents se ferment dès qu’on leur demande de parler de leur vie quotidienne. « Les soldats viennent tout le temps, et souvent ils nous frappent, dit l’un d’entre eux en hachant ses mots. Et on ne peut rien faire, juste se taire et attendre qu’ils repartent. Si je réagis, ils risquent de s’en prendre encore plus à mon père et à ma famille. »


Les débris des tentes détruites par l’armée israélienne dans le campement de Hadidiyeh sont encore visibles (MEE/Valérie Féron)

La guerre de l’eau

À l’autre bout du camp, Rokaya, l’épouse d’Abou Saqer, est affairée près d’un des enclos abritant des moutons et engage aussitôt la conversation sur le « nœud » de cette guerre de l’ombre : l’eau. La vallée du Jourdain en est riche, mais la précieuse ressource est détournée par la puissance occupante au profit de ses colonies. Résultat : une précarité extrême pour les humains comme pour les animaux.

« Ils nous ont totalement coupés des puits et des sources, et vous voyez combien c’est difficile d’accéder ici. Les voitures et même les tracteurs ont du mal à nous amener des réservoirs, surtout en hiver, quand il a plu. »

« Il y a des fois où l’on va dormir en ayant soif, avoue Rokaya. Comment voulez-vous que mes enfants, surtout les petits, supportent ça ? Ils sont tout le temps malades ! ». De graves problèmes que ne connaissent pas les colons des implantations israéliennes proches de Ro’i et de Beka’ot, illégales aux yeux de la loi internationale mais qui sont directement alimentées en eau courante par la compagnie israélienne Mékorot.

Toute tentative de pallier l’absence de services de base dans ces communautés en construisant quatre murs pour servir d’école ou de centre médical est vouée à l’échec, Israël détruisant systématiquement les structures rénovées ou bâties à neuf sous prétexte qu’elles sont « illégales », puisque construites sans permis. Permis qu’il faut demander à la puissance occupante et qui, en conséquence, sont quasiment impossibles à obtenir dans cette région fragmentée en « zones militaire », « zones de tirs » et « réserves naturelles » censées être interdites d’accès aux populations palestiniennes.

Le terme de « réserves naturelles » fait sourire Abou Saqer : « Normalement, ces zones sont supposées servir à préserver la nature et à être bénéfiques à l’être humain. Mais ici, elles servent les objectifs de l’armée et des colons. Tous les ans, ils mettent le feu à certaines terres, et si un berger ou fermier palestinien pénètre dans ces secteurs, il doit payer de lourdes amendes ». Cette politique est inévitablement destructrice pour l’environnement, dans la mesure où elle contribue à la création de zones arides dans cette région fertile.

Les animaux comme les humains

Outre la terre et l’eau, l’armée israélienne s’en prend aussi à l’autre richesse de toute communauté bédouine : le cheptel. Moutons et chèvres sont régulièrement confisqués à leurs propriétaires et emmenés dans ce qui est appelé « la quarantaine », un autre terme qui déclenche ironie et amertume chez Abou Saqer.

« Mettre un animal en quarantaine dans le monde entier veut dire l’isoler du reste d’un troupeau s’il est malade, rappelle-t-il en allumant une énième cigarette. Mais pour les Israéliens, ce mot a un tout autre sens. Ils prennent nos bêtes qui sont en pleine forme et les parquent avec d’autres qui, elles, sont parfois malades, ce qui contamine tout le troupeau !! De plus, ils ne s’en occupent pas bien et elles nous sont rendues en mauvaise santé ».

En outre, pour récupérer les animaux ainsi confisqués, les propriétaires doivent payer des amendes : « Ils nous obligent à payer dès le premier jour l’équivalent de 6 euros par tête et par nuit, précise-t-il, et cela peut monter jusqu'à 14 euros ».

La réalité sur le terrain tranche radicalement avec les discours officiels israéliens que dénonce cet homme d’une soixantaine d’années qui ne quitte jamais en public son keffieh à damier noir et blanc : « Ils clament partout qu’ils sont une démocratie ! Voyons un peu ce que ce système démocratique et sa justice font ici. Les terres sur lesquelles nous nous trouvons nous appartiennent, nous possédons le tabou, le titre de propriété. Celui-ci a été reconnu aussi bien par les Britanniques [durant la Palestine mandataire, 1920-1948] que par les Israéliens ! ».

Mais posséder un acte de propriété n’a jamais signifié pour Israël que cela donnait le droit aux Palestiniens de vivre sur leur bien foncier. Titre de propriété ou pas, ces derniers sont considérés comme des intrus sur leur sol national.

« En 2006, après une longue bataille judiciaire, la Cour suprême israélienne nous a déclarés… illégaux ici ! », poursuit Abou Saqer. « Le citoyen palestinien né sur cette terre, où son père et son grand-père sont nés, et qui possède l'acte de propriété de cette terre reconnu par Israël, est illégal.... c'est ça, la Cour suprême israélienne… la justice israélienne. »

Abou Saqer explique la situation dans le camp à des visiteurs (MEE/Valérie Féron)

Forcer Israël à respecter les droits des Palestiniens

Pour les aider à rester sur leurs terres en attendant des jours meilleurs, la communauté internationale, dont la France, fournit une aide à ces communautés bédouines. Celle-ci consiste entre autres à leur procurer des tentes pour remplacer celles détruites par les autorités israéliennes. Or ces dernières n’hésitent pas non plus à détruire les infrastructures fournies par la communauté internationale, dans un cycle sans fin.

C’est ainsi que depuis le début de l’année 2016, au seul niveau européen, 72 structures en zone C financées par le service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO) ont été détruites, selon un communiqué du bureau de la Commission à Jérusalem reçu par MEE.

L’État d’Israël estime pour sa part avoir le droit de détruire tout projet qu’il définit comme « illégal », c’est-à-dire n’ayant pas fait l’objet d’une autorisation et d’une coordination préalable avec ses services.

Selon ce même communiqué de la Commission européenne, depuis 2009, quelque 600 projets financés par la Commission et les États membres, pour un montant de 2 300 000 euros, ont déjà été démolis, ou sont menacés de l’être. Ce qui prouve, pour Abou Saqer, que cette aide n’est pas la réponse appropriée si elle n’est pas accompagnée de sanctions claires envers Israël.

« Pourquoi les États, organisations internationales et associations qui nous aident ne réagissent pas lorsque le matériel qu’ils nous donnent est confisqué ou détruit ? Quelle est donc cette hypocrisie générale qui consiste d’un côté à nous aider, et de l’autre à continuer à avoir des relations normales avec Israël malgré toutes ses violations du droit international ?

« En fait, nous n’avons pas besoin de cette aide, nous avons juste besoin de nos droits à vivre librement sur notre terre », ajoute-t-il en guise de conclusion.

L’Union européenne assure régulièrement dans ses communiqués être déterminée à poursuivre son action auprès des populations palestiniennes en zone C, conformément à la loi internationale et aux Accords de paix d’Oslo. Le tout pour parvenir à l’objectif final : la construction d’un État palestinien viable aux côtés de l’État d’Israël.

Mais c’est justement dans la vallée du Jourdain que ces déclarations de principe sont les plus mal reçues, cette région étant cruciale à toute viabilité d’un État Palestinien. Pour les Palestiniens, bien au-delà des communautés bédouines, le soutien affiché des Occidentaux à la solution à deux États non accompagné de sanction n’a aucun sens, face à un État d’Israël qui poursuit son expansion territoriale, via notamment sa politique d’expulsion des communautés les plus démunies.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/vall-e-du-jourdain-une-guerre-sans-merci-contre-les-b-douins-1912414558

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 02:39

3 août 2016

Ne vous laissez pas berner par l’annonce d’un divorce entre al-Qaida et al-Nusra (The Independent)

Robert FISK

Voilà que Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani remet ça. Le souverain du Qatar tente une fois de plus de faire retirer Jabhat al-Nusra de la fameuse liste américaine des organisations terroristes – tout en calculant que la mémoire collective des médias est celle d’un poisson rouge. Et il a raison.

L’année dernière, la chaîne satellitaire de Tamim, Al Jazeera, a produit un fastidieux interview en deux parties de Mohamed al-Julani, dirigeant d’al-Nusra, dans lequel le pauvre homme se vantait de n’avoir absolument rien contre les Chrétiens, les Alaouites ou les Américains. Il a déclaré à tous ceux qui voulaient bien l’entendre qu’il voulait juste se débarrasser de ce satané Assad et de ses amis Russkoffs. Les chrétiens syriens au Liban et les alaouites syriens à la tombe ? Pas du tout. Ce n’était que du baratin colporté par l’infecte et horrible Etat Islamique, dont les Saoudiens sont tellement épris.

Puis, en mai de cette année, le bon vieux Ayman al-Zawahiri, le successeur malheureux d’Oussama ben Laden, a déclaré à Mohamed al-Julani qu’il pouvait se séparer de l’Al-Qaïda original. Bingo. Le divorce était dans l’air. Les ennemis de l’Amérique étaient en train de se briser. Al-Nusra serait les nouveaux "modérés", dignes de l’appui de l’Amérique, et certainement de la Grande-Bretagne - dont le Premier ministre à l’époque, David Cameron, avait inventé 70.000 rebelles syriens « modérés » que le monde pouvait soutenir contre Assad.

Et maintenant, pour la nième fois, voilà que l’on nous ressert le même vieux cocktail. En prétendant présenter son premier message jamais enregistré – une idiotie évidente puisque al-Julani nous avait ennuyé toute l’année dernière sur le même thème - la BBC a dit à son auditoire que « al-Nusra en Syrie annonce une scission avec al-Qaïda ». Et encore une fois, on nous a servi un al-Julani prenant ses distances avec al-Qaida et nous racontant qu’al-Nusra changeait de nom pour devenir Jabhat Fateh al-Sham (Front pour la Libération du Levant).

Al-Julani a quand même – bien que cela soit passé inaperçu auprès des « experts » médiatiques – fait une allusion en passant à Ben Laden, en accordant la bénédiction de l’ancien chef assassiné d’Al-Qaïda à ce divorce car ce dernier avait déclaré un jour que les intérêts de la patrie musulmane « primaient sur tout état ». Ainsi, la rupture avec al-Qaïda était d’un commun accord et ce dans l’intérêt du peuple syrien souffrant, etc, etc... Washington a rejeté l’histoire comme un exercice de « marketing » - sans donner la moindre indication que toute cette histoire avait un air de déjà vu. Les Algériens ont une bonne expression pour cela : faire bouillir de vieilles pierres dans une casserole.

Allons donc jeter un coup d’oeil dans la casserole. Il s’agit de la puissance militaire croissante d’al-Nusra - ou « Fateh » ou « Sham » ou toute autre désignation absurde qu’ils nous auront inventée - et du fait que cette organisation est désormais de loin supérieur en matière de techniques de combat, d’hommes et d’armement que la prétendument apocalyptique Etat Islamique. Cette organisation est peut-être en mesure de massacrer des citoyens français, syriens, belges et irakiens à tour de bras, mais sur le terrain - en Syrie, là où ça compte – elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Demandez aux soldats impitoyables de l’armée d’Assad et ils vous diront qu’al-Nusra est devenue beaucoup plus importante que l’EI.

Encore plus à propos, cependant, est la nouvelle politique au Qatar du cheikh Tamim qui comporte une version plus « soft » d’al-Nusra. Son père, l’ancien émir Cheikh Hamad, a versé des armes, de l’argent et des ressources à al-Nusra. Et il s’est retrouvé dans des eaux très dangereuses avec les Saoudiens (qui ont un goût immodéré pour l’EI), les autres pays du Golfe, l’Amérique, l’UE, l’OTAN et à peu près toutes les entités dans le monde qui pensent mener une « guerre contre le terrorisme » .

Alors, lorsque le nouvel émir Sheikh Tamim a succédé à son père avec l’aide de sa mère Sheikha Moza, il a choisi une nouvelle politique. Tout en continuant à fournir des médicaments et de l’aide « soft » à Nusra, ils allaient mettre fin aux livraisons d’armes. Comme disaient les détectives dans les années 1950, c’est plausible. Mais Tamim n’en a pas démordu et sa chaîne Al Jazeera a déroulé l’année dernière de longs entretiens avec l’amoureux des chrétiens, l’adorateur de l’Amérique, al-Julani - puis a ensuite accordé à ce même al-Julani encore plus de temps d’antenne cette semaine pour prétendre qu’il n’était plus associé à al-Qaïda.

C’est devenu un feuilleton qui pourrait s’intituler « Blanchir Al-Nusra ». Transformez-la en une armée respectable de « modérés », donnez-lui un nouveau nom qui claque, et ensuite les Américains et les Russes cesseront de l’écraser sous les bombes et la milice fidèle du Qatar pourra détruire le régime d’Assad et ... eh bien, si cela se produisait, le Qatar contrôlerait l’avenir de la Syrie, un empire territorial beaucoup plus influent que la décrépite Al Jazeera.

Le père de Tamim Hamad était beaucoup plus franc sur ces questions. Il n’a pas hésité à soutenir al-Nusra, avec armes et tout. L’émirat du Qatar est, après tout, une institution sunnite Wahhabite et l’émir à l’époque, Cheikh Hamad, a reçu l’aide de son Premier ministre, Sheikh Hamad (oui, hélas, le même prénom mais un parent éloigné) bin Jassem. Lorsque Tamim a pris le pouvoir dans ce que l’économiste libanais Marwan Iskandar a qualifié de « coup d’état blanc », Hamad bin Jassem a perdu son poste.

Mais tandis que Tamim tentait de laver Nusra de ses péchés et qu’al-Qaïda avait prétendument ouvert la voie à une scission, le magazine Foreign Policy (propriétaire : Graham Holdings Company, The Washington Post) a publié un article tendancieux sur comment al-Qaïda tentait de s’intégrer à Nusra et d’éclipser l’EI pour faire partie de l ’ « opposition mainstream ». Selon l’auteur de l’article de politique étrangère, Charles Lister, al-Qaïda a essayé donc de prendre le contrôle d’al-Nusra - et la meilleure façon de contrecarrer les ambitions d’Al-Qaïda était « d’augmenter de manière spectaculaire l’aide aux éléments militaires et civils aguerris [sic] de l’opposition traditionnelle à l’intérieur de la Syrie ». Ces « éléments », a clairement fait comprendre Lister, étaient des « modérés » - probablement les mêmes anciens garçons de course qu’on appelait avant l’Armée Syrienne Libre et qu’on appelle maintenant le Front Démocratique Syrien ou la Nouvelle Armée Syrienne ou de ce qu’il reste des 70,000 guerriers mythiques de la légion de David Cameron.

En d’autres termes, Lister a démoli l’idée d’un "divorce" entre al-Nusra et al-Qaïda. En fait, il a dit aux lecteurs que quatre hauts dirigeants d’Al-Qaïda étaient récemment entrés en Syrie pour mettre en place un autre « émirat » dans la province d’Idlib. L’opposition syrienne – c’est-à-dire l’opposition pro-américaine « modérée » et présentable - avait besoin d’un « accroissement considérable d’aide militaire, politique et financière », selon un « commandant » de l’Armée Libre Syrienne, cité par et avec l’approbation de Lister. Voilà donc les efforts de Tamim pour nettoyer al-Nusra.

Mais attendez un instant. Parmi les emplois de Lister, il y celui de « consultant senior » dans le « Sheikh Group’s Track II Syria Initiative ». Le Sheikh en question est Salman Sheikh, directeur du Brookings Doha Centre au Qatar et son collègue au Centre for Middle East Policy. Et le Brookings Doha Centre appartient à l’Institut Brookings et son co-président est - vous l’avez deviné - nul autre que le cheikh Hamad bin Jassem, l’ancien premier ministre de l’ex-dirigeant du Qatar Cheikh Hamad, dont le fils - le nouvel émir Sheikh Tamim – tente maintenant de présenter al-Nusra comme une petite armée de guérilla bien propre sur elle pour la rendre acceptable par le reste du monde comme une véritable opposition à Assad.

L’ancien Premier ministre du père de Tamim semble maintenant être du point de vue opposé. En d’autres termes, il y a comme un bras de fer en cours au Qatar. Oserait-on parler d’une lutte de pouvoir ? Car c’est bien à Doha, et pas dans les plaines de la province d’Idlib en Syrie, que l’avenir de la Syrie se décide. Quant au Front de Libération du Levant, je suppose qu’il faudra l’appeler FLL ou le désigner par son acronyme arabe JFS. Mais par pitié, assez des « divorces » au sein d’al-Nusra.

Robert Fisk

Traduction "un p’tit coup de rouge à lèvres, une perruque et hop ! C’est pas du bon boulot, ça ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://www.independent.co.uk/voices/dont-be-fooled-by-the-news-that-

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 02:38

Rami Kashou, le couturier palestinien d'Hollywood, de retour au pays

afp, le 02/08/2016 à 8h43

Le créateur palestinien Rami Kashou à Ramallah le 27 juillet 2016 / AFP

Habituellement, Rami Kashou propose ses robes, combinaisons et autres bustiers à des stars hollywoodiennes ou à des têtes couronnées. Mais, le temps d'une vente éphémère, le créateur palestinien établi aux Etats-Unis a ouvert boutique dans les Territoires occupés.

Comme tous les jours, la place Yasser Arafat de Ramallah est encombrée d'une foule de piétons qui se faufilent entre les taxis jaunes aux klaxons hurlants, les carrioles de fruits, les vendeurs de tongs et quelques militants qui tentent de rameuter sous leur tente des soutiens aux Palestiniens en grève de la faim dans les prisons d'Israël.

Ambiance toute autre dans l'un des immeubles bordant le rond-point animé, dans un bureau réaménagé pour l'occasion à grand renfort de miroirs et de tentures bordeaux.

Des Palestiniennes et leurs filles regardent les robes créées par Rami Kashou, à Ramallah le 27 juillet 2016 / AFP

A pas feutré et avec mille précautions, une poignée de femmes de tous âges papillonnent d'une robe à l'autre, essayent des vêtements, se complimentent sous le regard attentif de Rami Kashou, l'enfant du pays revenu de New York, qui mesure, retouche et prodigue avis et conseils.

Pour l'occasion, il a concocté des répliques exactes de modèles dessinés pour des femmes que les fashionistas du jour, quoique fortunées pour la plupart, ne voient que dans les magazines.

Pour une pièce, il faut compter plusieurs milliers d'euros, une somme impossible à réunir pour la grande majorité de la population dans les Territoires palestiniens où le taux de chômage avoisine les 27% et un travailleur sur cinq touche moins de 340 euros par mois.

Ici, une robe noire au drapé inspiré des robes traditionnelles marocaines ou un long drapé asymétrique vert émeraude imitent des vêtements portés par la reine Rania de Jordanie. Un peu plus loin, une réplique de la robe bustier courte fushia qu'il a dessinée pour la top modèle allemande Heidi Klum. C'est l'une de ses premières créations portées par une star, dit-il fièrement.

Le créateur Rami Kashou aide une femme à ajuster son haut lors d'une séance d'essayages à Ramallah le 27 juillet 2016 / AFP

La star de la téléréalité Kim Kardashian et l'actrice américaine Jessica Alba ont aussi porté ses modèles en soie, lamé ou crêpe. Pour Rami Kashou, il était temps d'en faire profiter ses compatriotes.

"C'est très important pour moi parce que ça fait longtemps que je ne suis pas revenu", dit à l'AFP l'homme de 40 ans, le crâne rasé et vêtu de noir. Né à Jérusalem en 1976, Rami Kashou dessinait des vêtements pour des connaissances en Cisjordanie quand il a décidé d'aller tenter sa chance aux Etats-Unis à 20 ans.

- Fierté locale -

Depuis, il n'est revenu dans les Territoires palestiniens que pour des visites familiales. A chaque fois, dit-il, on lui demandait où ses créations pouvaient être achetées. Rami Kashou est un peu une fierté locale, c'est l'enfant du pays qui a percé dans la mode et à la télévision aux Etats-Unis.

Le créateur palestinien Rami Kashou à Ramallah le 27 juillet 2016 / AFP

En 2008, il a été finaliste de l'émission de téléréalité "Project Runway". "Cela m'a fait une pub énorme, surtout en tant que Palestinien. Les Arabes ont entendu parler de moi et m'ont soutenu. La reine Rania par exemple n’aurait peut-être jamais entendu parler de moi sans cette émission", se félicite-t-il.

C'est cette notoriété qui a attiré Souha Hussein, 32 ans, à la vente du jour. "Je suis fière qu'on ait un créateur palestinien de cette stature. Et en plus, il revient en Palestine et nous organise cet évènement", se réjouit la jeune femme aux cheveux bouclés.

En s'admirant dans le miroir dans une longue robe noire, elle glisse en riant, peu optimiste: "j'espère qu'elle n'est pas trop chère, comme ça je pourrai l'acheter".

Le créateur Rami Kashou aide une femme à ajuster sa robe lors d'une séance d'essayages à Ramallah le 27 juillet 2016 / AFP

Car au-delà des célébrités, y a-t-il un marché palestinien pour les vêtements de Rami Kashou? "Bien sûr! C'est la saison des mariages, il y a beaucoup de fêtes, et pour ces occasions, les gens veulent porter des vêtements glamour. Les clientes ici cherchent quelque chose de spécial", veut croire Rami Kashou.

"Ce n'est que le début, peut-être que je vais pouvoir revenir régulièrement, deux ou trois fois par an... pour étudier le marché et rencontrer plus de gens encore!"

Des Palestiniennes et leurs filles regardent les robes créées par Rami Kashou, à Ramallah le 27 juillet 2016

AFP

Le créateur Rami Kashou aide une femme à ajuster son haut lors d'une séance d'essayages à Ramallah le 27 juillet 2016

AFP

Le créateur palestinien Rami Kashou à Ramallah le 27 juillet 2016

AFP

Le créateur Rami Kashou aide une femme à ajuster sa robe lors d'une séance d'essayages à Ramallah le 27 juillet 2016

AFP

Le créateur palestinien Rami Kashou à Ramallah le 27 juillet 2016

AFP

http://www.la-croix.com/Monde/Rami-Kashou-couturier-palestinien-Hollywood-retour-pays-2016-08-02-1300779619#

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 02:42

Cisjordanie: record de destruction de maisons par Israël en 2016

Par RFI Publié le 03-08-2016 Modifié le 03-08-2016 à 19:36

Israël a détruit davantage de maisons de Palestiniens en Cisjordanie depuis le début de l'année que sur l'ensemble de l'année 2015, selon l'ONG israélienne B'Tselem. Sur les six premiers mois de l'année, 168 maisons palestiniennes ont été détruites en Cisjordanie, contre 125 l'année dernière. L'Etat hébreu assure que ces édifices étaient bâtis sans permis de construire. Les habitants, dont certains ont saisi la justice israélienne, dénoncent une injustice.
Avec notre envoyé spécial à Qalandiya,

Nicolas Ropert

Sur chaque tas de graviers se dresse un drapeau palestinien. Les habitants du village de Qalandiya, situé entre Jérusalem et Rammalah, au pied du mur de séparation, ont marqué leurs maisons détruites de cette façon. Fin juillet, les bulldozers ont rasé 11 habitations de ce village de 1 100 habitants.
La maison que Mohammad Hamdan faisait construire pour son fils est du lot. Il assure avoir perdu plus de 120 000 dollars (105 000 euros). « Cette histoire m'a donné des cheveux blancs, raconte-t-il. On avait tant donné pour cette maison. Du temps et de l'argent. J'ai emprunté à la banque. Maintenant, il va me falloir plusieurs années rien que pour ramener le terrain comme avant. Mais peu importe, je reconstruirai cette maison ».

Rares permis de construire

Les villageois se sont regroupés et ont fait appel à un avocat qui tente de prouver que les destructions n'ont pas été faites en accord avec la procédure. « Cette terre m'appartient légalement, déclare Sharaif Awadallah, dont la maison a aussi été démolie, et qui estime qu'il aurait dû être averti. Cela fait plus de trois ans que j'ai commencé les travaux et personne ne m'avait jamais rien dit. J'espère que mon avocat arrivera à faire entendre notre point de vue, mais avec Israël, on sait que c'est difficile de leur prouver qu'ils ont tort ».
Il est en effet compliqué, voire impossible, d'obtenir un permis de construire délivré par Israël pour la zone C, sous administration de l'Etat hébreu, soit 60 % de la Cisjordanie. Selon l'Agence des Nations unies pour l'aide humanitaire, moins de 2 % des autorisations sont accordées aux Palestiniens.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160803-cisjordanie-record-destruction-maisons-israel-2016

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 02:40

International

Offensive idéologique de la droite religieuse en Israël

Ministre de l'éducation, Naftali Bennett veut combattre la domination culturelle et académique de la gauche

Ancien commandant dans les forces spéciales israéliennes, devenu entrepreneur avant d'entrer en politique, Naftali Bennett ne rêve que d'un poste : celui de premier ministre. Le portefeuille de l'éducation, dont il a hérité après les élections de mars 2015, n'était pas ce qu'espérait ce faucon. Mais le leader du parti national religieux Foyer juif a vite compris quels bénéfices il pouvait en tirer. C'est là que s'organise la bataille idéologique pour former les nouvelles générations ; là que se mène la lutte contre les élites traditionnelles, de gauche, encore dominantes dans les cercles culturels et académiques.
Naftali Bennett évoque, pour Le Monde, sa conception de l'éducation nationale, conciliant Dieu et la Toile, dessinant l'objectif de " produire de bons citoyens israéliens patriotes, qui ont les outils pour réussir au XXIe siècle et peuvent obtenir un emploi significatif ". Pour cela, il compte mettre l'accent sur l'apprentissage des mathématiques et des sciences, afin de former plus d'ingénieurs pour les nouvelles technologies. M. Bennett veut aussi réduire les handicaps dont souffrent les Arabes israéliens (20 % de la population) et les ultraorthodoxes.

" Reflet hideux "

Les avis sur son action sont partagés. Certains doutent de son investissement dans les dossiers, d'autres s'alarment de l'envergure de son offensive idéologique, même si elle se manifeste surtout dans des affaires symboliques - comme le retrait du programme littéraire au lycée d'une histoire d'amour entre une Israélienne et un Palestinien. Les ventes du roman de Dorit Rabinyan ont immédiatement explosé. " Je n'ai pas été consulté, je l'ai appris après ", assure M. Bennett.
" Bennett essaie d'appliquer les méthodes du secteur du high-tech à l'éducation, mais il voit en cela une façon de promouvoir son point de vue politique, explique une figure importante du monde universitaire. En particulier, toutes ses nominations ont bénéficié à des gens de son bord. "
L'une des décisions très commentées a été le départ du ministère, en février, du directeur scientifique Ami Wilensky. Il avait élaboré, avec l'armée, un indicateur inédit pour mesurer le racisme chez les jeunes. Il en avait eu l'idée après l'assassinat d'un adolescent palestinien brûlé vif par des extrémistes juifs en juillet 2014. " Le système éducatif ne parlait pas ouvertement du racisme, déclare le professeur. Se regarder dans le miroir et voir un reflet hideux de la société est difficile. Personne ne m'a dit que j'étais renvoyé pour cette raison, mais je laisse l'interprétation aux gens intelligents. " M. Bennett rejette cette lecture et vante le lancement d'un nouvel indicateur sur l'école de vingt-cinq mesures, dont le niveau de tolérance.
Le ministre de l'éducation et de la diaspora insiste sur son engagement en faveur d'une meilleure intégration des populations défavorisées. Mais derrière ce pragmatisme revendiqué se dessine aussi une approche plus clivante, visant à promouvoir le sionisme et le judaïsme.
" Il y a eu une élite ashkénaze masculine, plutôt laïque, penchant à gauche, qui a été centrale dans la fondation de notre pays, souligne-t-il. Mais Israël est aujourd'hui bien plus divers. La première génération de cette élite, celle de Ben Gourion, était profondément marquée par la Bible et nos racines. Mais en cinquante ans, la deuxième et la troisième génération se sont éloignées de cet héritage juif. Il est devenu le monopole des ultraorthodoxes. Je veux casser ce monopole. " Son credo : Dieu pour tous.
La fin des monopoles est une démarche qui s'inscrit aussi dans les tensions entre ashkénazes (les juifs d'Europe) et séfarades (ceux de la péninsule Ibérique, du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient). Voilà pourquoi M. Bennett a applaudi la publication, début juillet, d'un rapport rédigé par le poète Erez Biton visant à promouvoir, dans tous les domaines, la culture séfarade longtemps méprisée. " Au lieu de raconter la moitié de l'histoire, on veut ajouter l'autre, déclare M. Bennett. On veut enseigner ce qui est arrivé aux juifs au Yémen, en Perse, au Maroc ou en Espagne. "
Nahum Barnea, l'éditorialiste du quotidien Yedioth Ahronoth, a mis en doute cette approche, motivée, selon lui, par un désir de " vengeance ". A l'école, écrivait-il le 11 juillet, " l'histoire n'est pas enseignée, et le peu qui est enseigné cultive la victimologie, le provincialisme, une mentalité de diaspora et la xénophobie ".
La publication d'un manuel civique pour les lycéens, dont l'élaboration a duré quatre ans et mobilisé de nombreux experts, a constitué l'une des controverses les plus intenses depuis l'arrivée de M. Bennett. Beaucoup de corrections ont été apportées en catastrophe. " Je n'ai pas été impliqué dans les changements. Le manuel est si équilibré qu'il en est parfois ennuyeux ", plaide le ministre.
Malgré ces corrections, le résultat final a été perçu comme une volonté de la droite de promouvoir une vision excluante et ethnique d'Israël, ainsi qu'une interprétation étroitement religieuse du judaïsme. " Je veux que chaque enfant juif connaisse notre héritage et aime la Bible, dit M. Bennett, qu'il connaisse le premier et le second Temple, la diaspora et l'Holocauste. Bien sûr, on adapte le programme d'histoire et de littérature dans le secteur arabe. "

Le tabou de la " Nakba "

Chroniqueuse au quotidien de gauche Maariv, Revital Amiran est l'un des trois auteurs qui ont refusé de signer les chapitres dont elle avait eu la charge. " Beaucoup de passages sont consacrés à raconter l'histoire du peuple juif depuis la nuit des temps, afin de justifier les droits des juifs sur la Terre, déplore-t-elle. Il y a une volonté de nier les droits des Palestiniens, de sous-entendre qu'ils n'ont pas d'identité nationale. " Preuve en est, selon Mme Amiran, l'absence totale du mot même de " nakba ", la " grande catastrophe ", soit l'expulsion de centaines de milliers d'Arabes au moment de la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Le prédécesseur de M. Bennett, Shai Piron, avait défendu l'idée d'un enseignement généralisé de la Nakba à tous les élèves. Il n'en est plus question. " Injecter du contenu anti-israélien dans le cursus serait autodestructeur et immoral, estime M. Bennett. Ce terme relève d'un récit erroné selon lequel les juifs sont arrivés dans un pays qui n'était pas le leur et en ont prétendument expulsé de force les habitants. En réalité, l'Etat juif est ici depuis environ 3 800 ans. "

Piotr Smolar

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 02:39

SodaStream boss blames Netanyahu for Palestinian job losses

Daniel Birnbaum accuses Israeli PM of perpetuating conflict with Palestinians for his own benefit

Peter Beaumont in Jerusalem

Wednesday 3 August 2016 12.36 BST Last modified on Wednesday 3 August 2016 22.00 BST

The chief of the Israeli company SodaStream has launched a scathing attack on the country’s prime minister, Benjamin Netanyahu, blaming him for putting 500 of his former Palestinian employees out of work.

Daniel Birnbaum, who has been at the centre of a series of rows that saw SodaStream’s factory moved from the occupied territories to a new site in Israel’s Negev desert, insisted it was untrue that his company had been forced to relocate by pressure from the pro-Palestinian Boycott, Divestment and Sanctions movement.

SodaStream lays off last Palestinian workers after leaving West Bank

Employees denied work permits after boycott, divestment and sanctions movement drove company out of West Bank and back inside Israel

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Instead, said Birnbaum in a hard-hitting interview in the Times of Israel that drew the immediate ire of Netanyahu’s office, it was Israel not BDS that was responsible for the 500 Palestinian job losses. Birnbaum, who was a key speaker at an anti-BDS initiative in the US earlier this year, accused Netanyahu and his government of perpetuating the conflict with Palestinians for its own benefit, describing Netanyahu as “the prime minister of conflict”.

He said: “It pains me to say that I believe this administration is nurturing the conflict in all its evil manifestations. They nurture the hate and the boycott and they nurture separatism.”

The claims by Birnbaum are doubly damaging because he had been held up by the Israeli government as an example of the harm they said had been done by the BDS movement. Indeed, the claim that BDS pressure had led to the loss of 500 Palestinian jobs has been a high-profile talking point of the Israeli government, embassies and its supporters.

Saying that the plan to move the factory had been hatched when BDS was in its infancy, Birnbaum – who describes himself as a “pragmatic rightwinger” – insisted that the company had wanted to retain its Palestinian workforce when it moved to a larger site to accommodate the company’s growth.

“Our plan was to retain everyone who wanted to continue working … But we were hot on retaining our employees, including the 500 Palestinians,” he said. “I started talking with government officials to secure the permits [for the Palestinian employees] ... It’s actually very simple because all these employees had already been screened by the Israeli security and they fell within a quota that existed.”

After asking the Israeli government for 350 permits, however, Birnbaum was surprised to be offered only 120 despite the fact, he said, that all of his staff had passed Israeli security clearance to work in the old factory inside a settlement. The figure has since dwindled to zero.

Describing a 2014 meeting with Netanyahu’s staff, Birnbaum claimed it was Netanyahu’s intervention that led to his Palestinian staff losing their permits and their jobs. “The PM saw the opportunity here,” he said, “and he created his manipulative spin at the expense of my loyal employees. The prime minister’s office actually intervened to stop the employment of our Palestinians so that Bibi [as Netanyahu is known] can then point a finger at the BDS.”

Birnbaum’s account was rejected by Netanyahu’s office, which accused him of “caving” in to BDS even as it challenged his version of events, saying the prime minister had intervened to help Birnbaum. “The lack of gratitude is appalling,” the official said. “The PM could have said, ‘we’re not helping him at all’. Maybe we shouldn’t have helped him. To say it’s personal animus is despicable.”

https://www.theguardian.com/world/2016/aug/03/daniel-birnbaum-sodastream-boss-netanyahu-palestinian-job-losses

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