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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 09:02
Qatar responds to Gulf neighbours' demands
 
 
 

Foreign minister delivers Doha’s reply to Saudi Arabia, UAE, Egypt and Bahrain after deadline was extended by 48 hours

 

 

 

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Published by The Guardian.com (UK) - dans Revue de presse
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 09:00

Qatar: La demande de fermeture d'Al Jazeera est "une attaque inacceptable" (ONU)

                                                                              

       
       

       

      La demande formulée par l'Arabie saoudite et trois autres pays arabes de fermeture de la chaîne qatarie Al Jazeera constitue une "attaque inacceptable" contre la liberté d'expression et d'opinion, a estimé vendredi le chef des droits de l'homme de l'Onu.


      Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeïd Ra'ad al Hussein, est "extrêmement inquiet de la demande de fermeture d'Al Djazira et d'autres médias affiliés", a déclaré son porte-parole, Rupert Colville, pendant une conférence de presse.


      "Qu'on les regarde ou pas, qu'on les aime ou pas, qu'on soit ou pas d'accord avec leur ligne éditoriale, les chaînes en arabe et en anglais d'Al Djazira sont légitimes et ont des millions de téléspectateurs. La demande de leur fermeture sur le champ est, de notre point de vue, une attaque inacceptable contre le droit à la liberté d'expression et d'opinion", a-t-il ajouté.


      Le rapporteur des Nations unies sur la liberté d'expression et d'opinion, David Kaye, a aussi critiqué mercredi l'ultimatum des pays arabes, disant y voir "une grave menace pour la liberté de la presse" au Proche-Orient.


      L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé le "chantage" et la "volonté de censure" de l'Arabie saoudite et de l'Egypte, pays qui figurent tout au fond de son classement de la liberté de la presse.


      Ces pays accusent Al Jazeera d'ingérence dans leurs affaires intérieures -- notamment en donnant la parole à leurs opposants respectifs -- et d'avoir encouragé les révoltes arabes de 2011. La chaîne satellitaire qatarie, dont la création en 1996 a révolutionné le paysage médiatique proche-oriental jusqu'alors dominé par les médias d'Etat, dit au contraire défendre la pratique d'un journalisme professionnel et indépendant des gouvernements.

      Reuters

       

      http://www.maghrebemergent.com/actualite/internationale/75350-qatar-la-demande-de-fermeture-d-al-djazira-inacceptable-selon-l-onu.html

      Les seules publications de notre blog qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce blog, sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.
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      Published by Maghreb Emergent.com - dans Revue de presse Regard régional
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      4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:58
      Gulf crisis: Qatar rejects ultimatums as Saudi axis extends deadline
       
       
       
       
       
       
      Saudi Arabia, Bahrain, UAE and Egypt push back by 48 hours deadline on 13 demands made to Doha
       
       
      MEE and agencies's picture
      Last update: 
      Monday 3 July 2017 14:56 UTC
       
       

      Qatar on Monday responded to a list of demands from Saudi Arabia and its allies after they agreed to give a defiant Doha another 48 hours to address their grievances.

      Details of the response were not immediately available, but a Gulf official told AFP that Qatari Foreign Minister Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani had delivered it during a short visit to Kuwait, which is acting as a mediator in the crisis.

      Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Bahrain and Egypt had announced in the early hours of Monday they were pushing back a deadline for Qatar to agree to a list of 13 demands they issued on June 22. 

      A joint statement said they were extending the ultimatum, which had been due to expire at the end of the day on Sunday, at the request of Kuwait's emir.

      The demands included Doha ending support for the Muslim Brotherhood, closing broadcaster Al-Jazeera, downgrading diplomatic ties with Iran and shutting down a Turkish military base in the emirate.

      Sheikh Mohammed had earlier said the list of demands was "made to be rejected".

      "Everyone is aware that these demands are meant to infringe the sovereignty of the state of Qatar," he announced on SAturday.

      The Saudi axis announced on 5 June the severing of ties with Qatar, accusing it of backing "terrorism" and being too close to Saudi Arabia's arch-rival Iran.

      Demands against Qatar include ending support for the Muslim Brotherhood, the closure of Al Jazeera television and other media groups, a downgrade of diplomatic ties with Iran and the shutdown of a Turkish military base in the emirate.

      The four countries announced on 5 June they were severing ties with their Gulf neighbour, accusing it of backing "terrorism" and being too close to Saudi Arabia's arch-rival Iran.

      Riyadh and its supporters have already severed air, sea and ground links with Qatar, cutting off vital routes for imports including food.

      Concerns about stability

      The foreign ministers of the axis countries were meanwhile preparing to travel to Cairo for a meeting on Wednesday - one day beyond the extension of the deadline.

      Donald Trump, the US president, meanwhile said he had spoken to the leaders of Saudi Arabia, Abu Dhabi and Qatar in phone calls on Sunday.

      The White House said Trump "reiterated the importance of stopping terrorist financing and discrediting extremist ideology. The president also underscored that unity in the region is critical to ... defeating terrorism and promoting regional stability."

      The crisis has raised concerns of growing instability in the region, home to some of the world's largest energy producers and several key Western allies hosting US military facilities.

      The imposed restrictions have caused turmoil in Qatar, an oil- and gas-rich nation dependent on imports to meet the basic needs of its population of 2.7 million, the BBC said. As a result, Iran and Turkey have been increasingly supplying it with food and other goods.

      Germany's foreign minister, Sigmar Gabriel, who on Monday starts a tour of several Arab states, called for a "serious dialogue" to end the crisis.

      "We are worried that the distrust and the disunity could weaken all the parties concerned as well as the entire peninsula," said Gabriel, who will visit Saudi Arabia, the UAE and Qatar.

      It is unclear what further measures will be taken if Qatar fails to meet the demands, but the UAE ambassador to Russia, Omar Ghobash, warned last week that further sanctions could be imposed.

      Separately, a German government spokesman said on Monday that Saudi Arabia's King Salman bin Abdulaziz will not attend a 7-8 July summit of the Group of 20 leading global economies in Hamburg, Germany, providing no reason for the decision.

      Steffen Seibert said the Saudi government had notified Berlin that the 81-year-old monarch would not participate in the annual meeting of G20 leaders.

       

      http://www.middleeasteye.net/news/gulf-foreign-ministers-discuss-qatar-crisis-cairo-115667366

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      Published by The Middmle East Eye.net - dans Revue de presse
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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:44
      VIDÉO : Une foule d’Israéliens d’extrême-droite attaque des Palestiniens à Jérusalem
       
       

      Selon des témoignages recueillis par Haaretz, la police israélienne présente sur place n’aurait rien fait pour empêcher l’agression

       

       

       
      Capture d’écran de la vidéo montrant un groupe d’Israéliens appartenant au groupe d’extrême-droite Lehava attaquer des Palestiniens à Jérusalem
      MEE et agences's picture
      30 juin 2017
      Last update: 
      Friday 30 June 2017 12:56 UTC
      Dernière mise à jour : 
      30 juin 2017
       

      Le quotidien israélien Haaretz a publié ce jeudi une vidéo montrant une trentaine d’Israéliens appartenant au groupe d’extrême-droite Lehava attaquer trois Palestiniens à Jérusalem sous les yeux de la police israélienne, qui ne fait rien pour empêcher l’agression.

      L’incident a eu lieu au cours d’une marche organisée par Lehava dans le centre-ville de Jérusalem jeudi dernier. Alors que les Palestiniens, résidents de Jérusalem-Est, demandent aux manifestants qui les insultent de partir, ceux-ci refusent et se mettent à les pourchasser et à les frapper.

      Selon des témoins anonymes interviewés par Haaretz, la police israélienne présente sur place aurait laisser les Palestiniens se défendre tout seuls et refusé d’appeler des renforts.

      « L’officier a demandé nos cartes d’identité, mais il ne nous a pas aidés ni fait quoi que ce soit d’autre, ils ont continué à nous battre juste à côté du flic », a déclaré à Haaretz Majdi Abu Taya, 19 ans, du quartier de Silwan à Jérusalem-Est.

      Lorsque les Palestiniens ont tenté de fuir leurs assaillants, ceux-ci les ont suivis à travers les rues. Majdi Abu Taya a été rattrapé puis battu par la foule, selon Haaretz, tandis que les deux autres Palestiniens ont réussi à se cacher dans un chantier de construction.

      Haaretz a également signalé qu’alors que la police israélienne avait déclaré qu’elle ouvrirait une enquête sur l’incident, lorsqu’un lycéen témoin de l’agression a tenté de déposer une plainte, les officiers lui ont répondu qu’ils n’avaient aucune trace d’un tel incident.

      À LIRE : L’impunité accordée par Israël est à l’origine de la violence des colons

      Un autre témoin anonyme a déclaré à Haaretz que ce n’était pas la première fois qu’il voyait des Israéliens d’extrême-droite attaquer physiquement des Palestiniens. « C’est systématique, a-t-il commenté. Ils se livrent à des provocations pour faire réagir les victimes, puis ils disent que c’était de la légitime défense. »

      Haaretz a confirmé que bien que la plupart des membres de Lehava « distribuent simplement du matériel promotionnel » au cours de leurs marches, « d’autres cherchent activement à provoquer les Palestiniens et tentent de les attaquer ».

      « Malgré cela, poursuit le quotidien, on ne recense pratiquement aucune enquête policière, ni encore moins de mises en accusations, pour ce genre d’attaques commises par des foules ces dernières années. »

      Récemment, une autre vidéo montrant un groupe de colons insulter une jeune palestinienne gisant au sol après avoir été touchée par balle suite à ce que l’armée israélienne avait qualifié de tentative d’attaque au couteau contre un soldat avait suscité l’indignation. L’adolescente, Nawaf Infiaat, âgée de 15 ans, était décédée de ses blessures quelques heures plus tard.

      Lors d’attaques commises par des colons contre des Palestiniens, l’armée israélienne est souvent vue en train de protéger les colons plutôt que les Palestiniens, dont elle doit pourtant, en tant qu’armée d’occupation, assurer la protection conformément à la IVe convention de Genève.

       

      http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/vid-o-une-foule-d-isra-liens-d-extr-me-droite-attaque-des-palestiniens-j-rusalem

      Les seules publications de notre blog qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce blog, sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance
       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

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      Published by Le Middle East Eye.net - dans Revue de presse
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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:37

      INTERVIEW – J-P Chagnollaud : « La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël »

       
       

      Pour ce spécialiste de la question palestinienne, les Palestiniens n’accepteront jamais sans résister l’oppression dont ils sont victimes. Une victoire qui n’est pas fondée sur le droit n’est donc qu’une défaite différée qui entraînera Israël dans des catastrophes politiques et humanitaires

       

       
      Des soldats israéliens montent la garde près d'une entrée de Bethléem, en Cisjordanie, lors d'affrontements avec des Palestiniens suite à une manifestation en soutien aux prisonniers en grève de la faim dans les prisons israéliennes en mai (AFP)
      Elodie Farge's picture
      30 juin 2017
      Dernière mise à jour : 
      30 juin 2017

       

       

      Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient et la question palestinienne, vient de publier aux éditions Actes Sud Israël-Palestine : la défaite du vainqueur, un nouvel opus dans lequel il dresse un constat peu optimiste de la situation.

      Oppression, humiliations, vol de terres, violence latente mais omniprésente, discriminations structurelles et apartheid… pour le spécialiste, la situation sur le terrain pour les Palestiniens ne fait qu’empirer malgré une apparente stabilité. Or, si Israël semble remporter l’épreuve de force, c’est sans compter avec le fait que, selon l’universitaire, « il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination ».

      Pour le perpétuer, prévient-il, « il faudra donc encore davantage de moyens de coercition et d’oppression. Ce qui implique évidemment en retour des réactions de violence sans fin avec toutes les formes de radicalisation qu’elles ne manqueront pas de générer. »

      « La victoire du droit est la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées »

      Jean-Paul Chagnollaud revient pour Middle East Eye sur son analyse du conflit israélo-palestinien, et sur ce qui constitue selon lui la seule solution à terme : œuvrer pour la victoire du droit, « la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées. »

      Middle East Eye : Vous citez en ouverture de votre ouvrage le général chinois Sun Tzu, auteur de L’Art de la guerre, qui écrivit : « Jamais guerre prolongée ne profita à un pays ». En quoi le vainqueur du conflit israélo-palestinien est-il, selon vous, condamné à essuyer une défaite ?

      Jean-Paul Chagnollaud : Depuis de nombreuses années, et tout particulièrement depuis 2001, les gouvernements israéliens se sont lancés dans une vaste entreprise de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre.

       

       


      Une adolescente palestinienne blessée par balle après avoir tenté de poignarder un soldat, selon l'armée. Elle périra plusieurs heures plus tard. Une vidéo montrant des colons l'insulter alors qu'elle gît à terre à suscité l'indignation (capture d'écran)

       

      Cela n’est rendu possible qu’en raison de l’occupation militaire israélienne, avec tout ce que cela implique pour les Palestiniens : domination arbitraire, absence totale de toutes les libertés même les plus simples comme celle d’aller et venir... Ils subissent donc une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie.

      « Les Palestiniens subissent une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie. Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid »

      Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid. C’est une victoire de la force qui, à l’échelle de l’histoire, ne peut durer. Elle ne peut que conduire à des catastrophes politiques et humanitaires et donc à la défaite d'Israël...

      MEE : Vous mentionnez le poids grandissant de l’extrême droite dans la politique et la société israélienne et citez deux visions de l’avenir promues par ce courant : l’annexion selon le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et le transfert de populations selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman. Sont-ce là des perspectives réelles à court terme ?

      JPC : Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr.

       

       


      Donald Trump, premier président américain à se rendre au mur des Lamentations à Jérusalem, lors de sa visite en Israël et Palestine en juin (AFP)

       

      MEE : Malgré toutes les politiques de judaïsation de Jérusalem, vous constatez la forte résilience démographique des Palestiniens : alors que depuis 1967, la population juive a été multipliée par 2,5, la population palestinienne a quadruplé. Quelles conséquences politiques pourrait avoir cette croissance continue de la population palestinienne à Jérusalem ?

      À Jérusalem, la balance démographique penche en effet à terme en faveur des Palestiniens. D’ici une vingtaine d’années, sur la base des paramètres actuels, on tend vers les 50/50. Ce qui est déjà le cas sur le territoire de l’ensemble Israël/Palestine, où il y a désormais parité démographique entre la population juive et la population palestinienne (inclus les Palestiniens citoyens d’Israël).

      « Le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire »

      Mais le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire. C’est en ce sens qu’on glisse de plus en plus vers un système d’apartheid. Même [l’ancien Premier ministre israélien] Ehud Barak vient ces jours-ci d’utiliser le terme !

      MEE : Comme vous l’expliquez, l’apparente stabilité en Israël-Palestine, surtout par rapport aux guerres qui sévissent dans la région, n’est qu’une illusion qui masque une constante aggravation de la situation. Peut-on alors s’attendre à une nouvelle intifada ?

      JPC : Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés. Reste la désespérance profonde des jeunes Palestiniens. L’occupation les empêche d’avoir un avenir. Il est évident que certains d’entre eux vont s’exprimer par des actes violents quitte à en perdre la vie, comme on l’a vu récemment avec les attaques au couteau.

       

       


      « Il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination » - Jean-Paul Chagnollaud (AFP)

       

      MEE : Que pensez-vous de cette tendance des autorités israéliennes à dresser un parallèle entre les attaques palestiniennes et le terrorisme de groupes tels que l’État islamique ?

      JPC : Rien à voir avec Daech, qui sont des terroristes sectaires et totalitaires avec lesquels il n’y a rien à négocier. Les Palestiniens se battent pour la reconnaissance de leurs droits et pour obtenir enfin leur État.

      « Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés »

      Leurs revendications sont conformes au droit international tel qu’il résulte notamment des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec la dernière en date : la résolution 2334 du 23 décembre 2016, qui rappelle que l’acquisition de territoires par la force est absolument contraire au droit international.

      MEE : Qu’est-ce qui empêche selon vous le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza d’opérer une véritable réconciliation ?

      JPC : Les organisations politiques palestiniennes sont empêtrées dans des luttes d’appareil qui leur font oublier l’essentiel. Les divergences sont idéologiques et politiques mais il ne faut pas sous-estimer les luttes des dirigeants entre eux pour le pouvoir ou, en tout cas, pour ce qui en tient lieu...

       

       


      Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre

       

      MEE : Vous citez Moshe Levinger, l’un des fondateurs de Goush Emounim, groupe de colons nationalistes-messianiques, qui a un jour déclaré : « La temporalité a toujours été importante pour nous […]. Ils finissaient tout simplement par s’habituer aux faits sur le terrain ». Pensez-vous que ceci pourrait s’appliquer aux Palestiniens ; pourraient-ils capituler ?

      JPC : J’ai cité la formule de Moshe Levinger qui attendait que les gouvernements israéliens se lassent et finissent par accepter les faits accomplis sur le terrain. Cela n’a rien à voir avec les Palestiniens, qui eux n’accepteront jamais une telle situation d’oppression...

       

       


      Israël a entamé la construction d'une toute nouvelle colonie en Cisjordanie le 20 juin 2017, une première en 25 ans, à la veille de la visite du conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner (capture d’écran)

       

      MEE : Vous écrivez qu’une paix juste passe par la négociation et le droit international. Or, vous rappelez que les Israéliens ont instrumentalisé les négociations pour gagner du temps et entériner leur occupation. Peut-on alors garder confiance dans les négociations ? Pourrait-on envisager une autre solution, par exemple un accord imposé par la communauté internationale ?

      JPC : Une négociation s’inscrit toujours dans un rapport de forces. Il y a ici une totale asymétrie entre une puissance occupante (au sens de la IVe Convention de Genève de 1949) et un peuple occupé. Donc sans une intervention de la communauté internationale, rien n’avancera.

      MEE : Comment qualifieriez-vous la diplomatie française sur le conflit israélo-palestinien jusqu’à présent ? Le nouveau président Emmanuel Macron est-il selon vous désireux – et capable – d’œuvrer en faveur d’une solution juste pour les Palestiniens ?

      JPC : La France a un rôle à jouer. Difficile, très difficile, mais très important. J’ignore ce que fera Emmanuel Macron.

       

      http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-j-p-chagnollaud-les-palestiniens-n-accepteront-jamais-une-telle-situation-d

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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:29

      INTERVIEW – J-P Chagnollaud : « La victoire de la force ne peut que conduire à la défaite d’Israël »

       
       

      Pour ce spécialiste de la question palestinienne, les Palestiniens n’accepteront jamais sans résister l’oppression dont ils sont victimes. Une victoire qui n’est pas fondée sur le droit n’est donc qu’une défaite différée qui entraînera Israël dans des catastrophes politiques et humanitaires

       

       
      Des soldats israéliens montent la garde près d'une entrée de Bethléem, en Cisjordanie, lors d'affrontements avec des Palestiniens suite à une manifestation en soutien aux prisonniers en grève de la faim dans les prisons israéliennes en mai (AFP)
      Elodie Farge's picture
      30 juin 2017
      Dernière mise à jour : 
      30 juin 2017
       

      Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités et auteur de nombreux ouvrages sur le Moyen-Orient et la question palestinienne, vient de publier aux éditions Actes Sud Israël-Palestine : la défaite du vainqueur, un nouvel opus dans lequel il dresse un constat peu optimiste de la situation.

      Oppression, humiliations, vol de terres, violence latente mais omniprésente, discriminations structurelles et apartheid… pour le spécialiste, la situation sur le terrain pour les Palestiniens ne fait qu’empirer malgré une apparente stabilité. Or, si Israël semble remporter l’épreuve de force, c’est sans compter avec le fait que, selon l’universitaire, « il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination ».

      Pour le perpétuer, prévient-il, « il faudra donc encore davantage de moyens de coercition et d’oppression. Ce qui implique évidemment en retour des réactions de violence sans fin avec toutes les formes de radicalisation qu’elles ne manqueront pas de générer. »

      « La victoire du droit est la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées »

      Jean-Paul Chagnollaud revient pour Middle East Eye sur son analyse du conflit israélo-palestinien, et sur ce qui constitue selon lui la seule solution à terme : œuvrer pour la victoire du droit, « la seule qui importe parce qu’elle est la seule à fonder une paix juste et équilibrée. Toutes les autres ne sont, à l’échelle de l’histoire, que des défaites différées. »

      Middle East Eye : Vous citez en ouverture de votre ouvrage le général chinois Sun Tzu, auteur de L’Art de la guerre, qui écrivit : « Jamais guerre prolongée ne profita à un pays ». En quoi le vainqueur du conflit israélo-palestinien est-il, selon vous, condamné à essuyer une défaite ?

      Jean-Paul Chagnollaud : Depuis de nombreuses années, et tout particulièrement depuis 2001, les gouvernements israéliens se sont lancés dans une vaste entreprise de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre.

       

       


      Une adolescente palestinienne blessée par balle après avoir tenté de poignarder un soldat, selon l'armée. Elle périra plusieurs heures plus tard. Une vidéo montrant des colons l'insulter alors qu'elle gît à terre à suscité l'indignation (capture d'écran)

       

      Cela n’est rendu possible qu’en raison de l’occupation militaire israélienne, avec tout ce que cela implique pour les Palestiniens : domination arbitraire, absence totale de toutes les libertés même les plus simples comme celle d’aller et venir... Ils subissent donc une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie.

      « Les Palestiniens subissent une oppression de tous les jours, dans tous les domaines de leur vie. Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid »

      Continuer comme cela revient à consolider un système d’apartheid. C’est une victoire de la force qui, à l’échelle de l’histoire, ne peut durer. Elle ne peut que conduire à des catastrophes politiques et humanitaires et donc à la défaite d'Israël...

      MEE : Vous mentionnez le poids grandissant de l’extrême droite dans la politique et la société israélienne et citez deux visions de l’avenir promues par ce courant : l’annexion selon le ministre de l’Éducation Naftali Bennett et le transfert de populations selon le ministre de la Défense Avigdor Liberman. Sont-ce là des perspectives réelles à court terme ?

      JPC : Plusieurs membres de l’actuel gouvernement israélien prônent ouvertement l’annexion de la zone C et tous récusent l’idée d’un État palestinien. Ils se sentent en position de force puisque la communauté internationale ne fait rien. De plus, l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis les encourage dans leurs positions. Ce que va faire Trump risque d’être décisif dans les mois à venir dans un sens ou dans un autre... S’il s’en tient à ses premières déclarations, le pire n’est jamais sûr mais il est probable. Il faut donc espérer qu’il aura compris les enjeux, mais rien n’est moins sûr.

       

       


      Donald Trump, premier président américain à se rendre au mur des Lamentations à Jérusalem, lors de sa visite en Israël et Palestine en juin (AFP)

       

      MEE : Malgré toutes les politiques de judaïsation de Jérusalem, vous constatez la forte résilience démographique des Palestiniens : alors que depuis 1967, la population juive a été multipliée par 2,5, la population palestinienne a quadruplé. Quelles conséquences politiques pourrait avoir cette croissance continue de la population palestinienne à Jérusalem ?

      À Jérusalem, la balance démographique penche en effet à terme en faveur des Palestiniens. D’ici une vingtaine d’années, sur la base des paramètres actuels, on tend vers les 50/50. Ce qui est déjà le cas sur le territoire de l’ensemble Israël/Palestine, où il y a désormais parité démographique entre la population juive et la population palestinienne (inclus les Palestiniens citoyens d’Israël).

      « Le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire »

      Mais le pouvoir n’est pas lié à la démographie, surtout dans une situation d’occupation militaire. C’est en ce sens qu’on glisse de plus en plus vers un système d’apartheid. Même [l’ancien Premier ministre israélien] Ehud Barak vient ces jours-ci d’utiliser le terme !

      MEE : Comme vous l’expliquez, l’apparente stabilité en Israël-Palestine, surtout par rapport aux guerres qui sévissent dans la région, n’est qu’une illusion qui masque une constante aggravation de la situation. Peut-on alors s’attendre à une nouvelle intifada ?

      JPC : Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés. Reste la désespérance profonde des jeunes Palestiniens. L’occupation les empêche d’avoir un avenir. Il est évident que certains d’entre eux vont s’exprimer par des actes violents quitte à en perdre la vie, comme on l’a vu récemment avec les attaques au couteau.

       

       


      « Il est impensable qu’un peuple puisse jamais accepter sans résistance un tel système de domination » - Jean-Paul Chagnollaud (AFP)

       

      MEE : Que pensez-vous de cette tendance des autorités israéliennes à dresser un parallèle entre les attaques palestiniennes et le terrorisme de groupes tels que l’État islamique ?

      JPC : Rien à voir avec Daech, qui sont des terroristes sectaires et totalitaires avec lesquels il n’y a rien à négocier. Les Palestiniens se battent pour la reconnaissance de leurs droits et pour obtenir enfin leur État.

      « Je ne crois pas à une nouvelle intifada prochainement car les organisations politiques palestiniennes sont assez dévitalisées et les jeunes s’en sont éloignés »

      Leurs revendications sont conformes au droit international tel qu’il résulte notamment des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec la dernière en date : la résolution 2334 du 23 décembre 2016, qui rappelle que l’acquisition de territoires par la force est absolument contraire au droit international.

      MEE : Qu’est-ce qui empêche selon vous le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza d’opérer une véritable réconciliation ?

      JPC : Les organisations politiques palestiniennes sont empêtrées dans des luttes d’appareil qui leur font oublier l’essentiel. Les divergences sont idéologiques et politiques mais il ne faut pas sous-estimer les luttes des dirigeants entre eux pour le pouvoir ou, en tout cas, pour ce qui en tient lieu...

       

       


      Aujourd’hui, il y a près de 650 000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, soit près d’un habitant sur quatre

       

      MEE : Vous citez Moshe Levinger, l’un des fondateurs de Goush Emounim, groupe de colons nationalistes-messianiques, qui a un jour déclaré : « La temporalité a toujours été importante pour nous […]. Ils finissaient tout simplement par s’habituer aux faits sur le terrain ». Pensez-vous que ceci pourrait s’appliquer aux Palestiniens ; pourraient-ils capituler ?

      JPC : J’ai cité la formule de Moshe Levinger qui attendait que les gouvernements israéliens se lassent et finissent par accepter les faits accomplis sur le terrain. Cela n’a rien à voir avec les Palestiniens, qui eux n’accepteront jamais une telle situation d’oppression...

       

       


      Israël a entamé la construction d'une toute nouvelle colonie en Cisjordanie le 20 juin 2017, une première en 25 ans, à la veille de la visite du conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner (capture d’écran)

       

      MEE : Vous écrivez qu’une paix juste passe par la négociation et le droit international. Or, vous rappelez que les Israéliens ont instrumentalisé les négociations pour gagner du temps et entériner leur occupation. Peut-on alors garder confiance dans les négociations ? Pourrait-on envisager une autre solution, par exemple un accord imposé par la communauté internationale ?

      JPC : Une négociation s’inscrit toujours dans un rapport de forces. Il y a ici une totale asymétrie entre une puissance occupante (au sens de la IVe Convention de Genève de 1949) et un peuple occupé. Donc sans une intervention de la communauté internationale, rien n’avancera.

      MEE : Comment qualifieriez-vous la diplomatie française sur le conflit israélo-palestinien jusqu’à présent ? Le nouveau président Emmanuel Macron est-il selon vous désireux – et capable – d’œuvrer en faveur d’une solution juste pour les Palestiniens ?

      JPC : La France a un rôle à jouer. Difficile, très difficile, mais très important. J’ignore ce que fera Emmanuel Macron.

       

      http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/interview-j-p-chagnollaud-les-palestiniens-n-accepteront-jamais-une-telle-situation-d

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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:24
      Pousser Gaza au suicide
       
       
       
       
       
      vendredi 30 juin 2017 / 4h:55
      Photo : ActiveStills
       
      Les bombardements israéliens sur Gaza durant l'été 2014 ont provoqué des destructions massives dans les zones d'habitation. Le territoire assiégé n'a jamais pu s'en remettre. Photo : ActiveStills
       
       
       
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      Ramzy BaroudEn 2015, l’ONU avait prévenu que Gaza serait inhabitable d’ici 2020. À ce moment-là, tous les aspects de la vie dans Gaza abondaient dans ce sens, et la situation depuis n’a fait que s’aggraver, écrit Ramzy Baroud.

       

      Mohammed Abed est un chauffeur de taxi de 28 ans du village de Qarara, près de la ville de Khan Younis dans la bande de Gaza. Il est édenté…

      Le manque de soins médicaux et le mauvais travail du dentiste lui ont coûté toutes ses dents, qui se sont gâtés et sont tombés à un très jeune âge. Sa situation financière désastreuse l’a empêché de bénéficier de prothèses dentaires. Sa communauté a finalement lancé une souscription, recueillant les quelques centaines de dollars nécessaires pour que Mohammed puisse enfin manger.

      Mohammed n’est pas au chômage. Il travaille dix heures, parfois plus, tous les jours. Le vieux taxi qu’il conduit entre Khan Younis et la ville de Gaza appartient à quelqu’un d’autre. Le salaire journalier de Mohammed varie de 20 à 25 shekels, soit environ 6 dollars.

      Élever une famille avec quatre enfants avec un revenu si mince rendait impossible à Mohammed de penser à des dépenses apparemment accessoires, comme la réparation de ses dents ou l’acquisition de prothèses dentaires.

      Aussi étrange que cela puisse paraître, Mohammed a malgré tout plutôt de la chance.

      Le chômage à Gaza est parmi les plus élevés au monde, et il est actuellement estimé à 44%. Ceux qui sont « employés », comme Mohammed, ont toujours du mal à survivre. L’aide humanitaire est vitale pour 80% des Gazaouis.

      En 2015, l’ONU avait tiré la sonnette d’alarme, disant que Gaza serait inhabitable à l’horizon 2020. À ce moment-là, tous les aspects de la vie dans Gaza abondaient dans ce sens : le manque d’approvisionnement en électricité, l’eau polluée, la saisie par l’armée israélienne d’une grande partie des terres arables de la bande de Gaza, les fortes restrictions dans la mobilité des pêcheurs, pour ne citer que ces points.

      Le siège militaire israélien sur Gaza dure maintenant depuis plus de 10 ans et la situation continue de se détériorer.

      Un rapport de la Croix-Rouge en mai dernier a mis en garde contre une autre « crise imminente » dans le secteur de la santé publique, en raison du manque d’électricité.

      La crise de l’énergie s’est étendue de l’approvisionnement en électricité jusqu’au gaz utilisé pour la cuisson des aliments.

      En février dernier, Israël a réduit la moitié de la fourniture de gaz de cuisson au territoire assiégé.

      « Les stations-service distributrices de gaz ont cessé d’accepter les bouteilles de gaz vides en retour parce que leurs réservoirs sont vides », a déclaré Mahmoud Shawa, président de l’Association des propriétaires de pétrole et de gaz de la bande de Gaza. Il a qualifié la situation de « très critique ».

      Il y a trois mois, l’Autorité palestinienne contrôlée par Mahmoud Abbas à Ramallah a décidé de réduire les salaires de dizaines de milliers de ses employés dans la bande de Gaza.

      L’argent fourni par l’AP jouait un rôle essentiel dans le maintien à flot de l’économie de Gaza en difficulté. Avec la plupart des employés recevant une moitié ou moins de leurs salaires, l’économie de Gaza qui fonctionnait déjà sous perfusion est tout simplement en train de mourir.

      « H » est un professeur d’université et son épouse, « S », est médecin. Ce couple de classe moyenne qui a cinq enfants a vécu une vie assez confortable dans le territoire assiégé, même pendant les premières années du blocus. Maintenant, ils me disent compter leur argent très attentivement afin d’éviter le sort de la plupart des Gazaouis.

      Le salaire de « S » provient de Ramallah. Elle ne reçoit aujourd’hui que 350 de dollars sur ce qui était autrefois une rémunération beaucoup plus élevée. « H » ne dépend pas pour son salaire de l’autorité de Cisjordanie, mais son salaire a de toute façon été réduit de moitié, puisque la plupart des étudiants sont maintenant trop pauvres pour assurer leurs frais de scolarité.

      Mu’in, qui vit dans le camp de réfugiés de Nuseirat, est dans une situation bien pire. Enseignant à la retraite, avec une pension qui atteint à peine 200 dollars par mois, Mu’in essaie d’assurer la nourriture sur la table. Avec ses quatre fils adultes sans emploi et une femme se remettant d’un accident vasculaire cérébral et pouvant à peine marcher, Mu’in vit principalement de la charité.

      Sans accès à la Cisjordanie en raison du siège israélien, et avec de sévères restrictions sur les déplacements à travers la frontière de Rafah vers l’Égypte, Gaza vit ses jours les plus sombres. Littéralement… À partir du 11 juin, Israël a commencé à réduire l’approvisionnement en électricité de la bande appauvrie, conformément à la demande de l’Autorité palestinienne d’Abbas.

       


      Gaza: la crise de l’énergie s’aggrave alors que l’AP demande à l’occupant israélien de réduire la livraison d’électricité

       

      Les résultats sont dévastateurs. Les ménages de Gaza reçoivent maintenant 2 à 3 heures d’électricité par jour, et même pas à heures fixes.

      « S » m’a dit que sa famille est constamment en alerte. « Lorsque l’électricité arrive à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, nous sommes tous à nous activer », a-t-elle déclaré. « Toutes les batteries doivent être chargées aussi rapidement que possible et le linge doit être lavé, même à 3 heures du matin ».

      Mais les Gazaouis sont des survivants. Ils ont surmonté tant de difficultés depuis des années que, d’une certaine façon, ils ont survécu. Mais les patients atteints de cancer ne peuvent pas rester en vie par leur simple force de caractère.

      Rania, qui vit dans la ville de Gaza, est une mère de trois enfants. Elle se bat contre le cancer du sein depuis un an. Sans chimiothérapie disponible dans les hôpitaux de Gaza qui ne fonctionnent plus guère, elle a entrepris le dur voyage de Gaza jusqu’à Jérusalem chaque fois qu’elle avait besoin de suivre cette procédure vitale.

      Cela était encore possible jusqu’à ce que Israël ait décidé de ne plus délivrer de nouveaux permis aux patients de Gaza en phase terminale. Certains d’entre eux sont morts alors qu’ils étaient en attente d’un permis et d’autres – comme Rania – qui espèrent encore un miracle avant que le cancer ne se propage dans le reste de leur corps.

      Mais Israël et l’Égypte ne sont pas les seuls coupables. L’Autorité palestinienne à Ramallah utilise le siège comme d’un moyen de pression sur ses rivaux du Hamas, qui depuis dix ans gèrent du mieux qu’ils peuvent la bande assiégée.

      D’autre part, le Hamas aurait cherché un partenariat avec son ancien ennemi, Mohammed Dahlan, pour soulager le siège de Gaza par l’intermédiaire de l’Égypte et en échange de sa nomination comme responsable d’un comité chargé des affaires extérieures de Gaza.

      Dahlan est un ennemi juré d’Abbas, les deux se battant depuis des années pour la direction du Fatah.

      Les demandes faites à Israël par Abbas de faire pression sur Gaza par la réduction de l’électricité, ainsi que ses réductions de salaire antérieures, sont destinées à dissuader le Hamas de faire alliance avec Dahlan.

      Les Palestiniens de Gaza souffrent. En réalité, ils sont en train de mourir.

      Il est consternant d’imaginer que les « leaders » palestiniens soient réellement impliqués dans le resserrement ou la manipulation du blocus pour obtenir des concessions politiques les uns des autres.

      Alors qu’Israël a tout intérêt à maintenir la division palestinienne, celle-ci lui permettant de poursuivre sans entraves sa propre politique de colonisation illégale en Cisjordanie et à Jérusalem. Les Palestiniens sont aveuglés par des intérêts personnels pitoyables et un « contrôle » sans signification réelle sur des terres occupées.

      Dans cette lutte politique, les gens comme Mohammed, « H », « S » et Rania malade du cancer, ainsi que leurs deux millions de concitoyens semblent sans importance.

      Magdalena Mughrabi, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, a sonné l’alarme le 14 juin quand elle a prévenu que « le dernier coup de force risque de transformer une situation déjà désastreuse en catastrophe humanitaire ».

      « Depuis 10 ans, le siège a privé illégalement les Palestiniens à Gaza de leurs droits et de leurs nécessités les plus élémentaires. Sous le fardeau du blocus illégal et de trois conflits armés, l’économie a fortement régressé et les conditions humanitaires se sont considérablement détériorées « , a-t-elle déclaré. ***

      Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour la région, a rejeté l’idée que la réduction des approvisionnements en électricité des Israéliens à Gaza est faite conformément à la demande de l’Autorité palestinienne.

      « Israël contrôle les frontières, l’espace aérien, les eaux de Gaza. Donc Israël a une obligation qui va au-delà de la simple réponse aux demandes des autorités palestiniennes », a déclaré Shakir.

      Entre le rejet israélien des appels internationaux pour mettre fin au siège et les jeux de pouvoir pathétiques entre Palestiniens, les Gazaouis sont laissés seuls, incapables de se déplacer librement ou de vivre même selon les normes de vie les plus élémentaires.

      Fatima, une mère de 52 ans de Rafah, m’a assuré qu’elle avait essayé de se tuer il y a quelques jours, et que ce sont ses enfants qui l’ont empêchée de se servir de son couteau.

      Quand j’ai dit à Fatima qu’elle avait encore tant d’années à vivre, elle a eu un rire nerveux et n’a rien répondu.

      Le taux de suicide dans la bande assiégée est à tout moment élevé, et le désespoir est considéré comme la principale raison à l’origine de ce phénomène alarmant.

       
       
       

      Ramzy Baroud * Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest. Visitez son site personnel.

      Articles du même auteur.

      28 juin 2017 – Transmis par l’auteur – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

       

      http://chroniquepalestine.com/pousser-gaza-suicide/

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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:19

      Qatar FM says Saudi blockade demands were 'made to be rejected'

       

      #GulfTensions

      'Everyone is aware that these demands are meant to infringe the sovereignty of the state of Qatar'

       
      MEE and agencies's picture
       
       

      Qatar said on Saturday that a series of demands made by several Gulf states to lift a crippling blockade were designed to be spurned and clearly aimed at infringing its sovereignty.

      "This list of demands is made to be rejected," Qatar's Foreign Minister Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani said, referring to 13 demands placed on Doha by Saudi Arabia and its allies as the price for lifting an almost month-long "blockade" on Qatar.

      Qatar said it had received the demands on 22 June with just 10 days to meet them, which would mean they would have until Sunday to comply. However, the deadline has not been confirmed. He added that Doha was still ready to sit down and discuss the grievances raised by its neighbours.

      "Everyone is aware that these demands are meant to infringe the sovereignty of the state of Qatar," Al-Thani said at a news conference in Rome after meeting his Italian counterpart.

      Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Bahrain and Egypt announced earlier this month the suspension of all ties to Qatar. They accused it of state support for extremist groups and denounced its political proximity to Shia Iran.

      Qatar denies the allegations.

      Saudia Arabia closed the airspace to Qatari carriers and blocked the emirate's only land border, a vital route for its food imports. 

      Qatar has said the effects are more devastating than the Berlin Wall.

      Devastating effects

      Riyadh's demands include ending Doha's support for the Muslim Brotherhood, the closure of Al Jazeera television, a downgrade of diplomatic ties with Iran and the shutdown of a Turkish military base in the emirate.

      The United Arab Emirates has warned Qatar should take the demands seriously or face "divorce" from its Gulf neighbours.

      Turkey and Iran have backed Qatar in the crisis.

      Italian Foreign Minister Angelino Alfano said the government was ready "to contribute to any initiative aimed primarily at restoring dialogue and easing tensions between those involved."

      Rome also pleaded for the five countries "to refrain from any further action that could aggravate the situation".

      Asked if he feared any military moves, Al-Thani said his country was not afraid but believed that wisdom would prevail.

      "International law should not be violated and there is a border which should not be crossed," he said.

      Al-Thani spoke after arriving from the United States. Washington is helping Kuwait, which has retained ties with Qatar, to mediate in the dispute..

      Speaking to Reuters on the sidelines of the news conference, he said that the demand by the Arab states that Qatar close the Turkish air base was "out of the question."

      NATO ally Turkey has backed Qatar in the dispute.

      "We are not going to retreat from any agreement we have already signed. We really appreciate the relationship we have with Turkey," he said.

      He also told the news conference Qatar would not shut down Al Jazeera, saying other Arab countries could start their own competing network if they wanted to.

       

      http://www.middleeasteye.net/news/qatar-says-saudi-blockade-demands-were-made-be-rejected-17372539

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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:16

      Crise du Golfe : l’ultimatum fixé au Qatar a été prolongé de 48 heures

       

       

      L’Arabie saoudite et ses alliés ont décidé d’attendre un jour de plus, car le Qatar a annoncé qu’il va remettre lundi sa réponse officielle à leur liste de demandes.

      Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

       

      Cette liste, exigeant notamment la fermeture de la télévision Al-Jazira et d’une base militaire turque, ainsi que la réduction des relations avec l’Iran, avait été soumise le 22 juin à Doha, qui devait donner sa réponse dans les dix jours, donc en principe avant dimanche soir.

      Selon un communiqué commun publié par l’agence officielle saoudienne Spa, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte rallongent le délai initialement prévu, car les autorités de Doha ont annoncé qu’elles allaient remettre lundi matin leur réponse officielle à cette liste dans « une lettre écrite » de leur émir, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’émir du Koweït, le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah. Cette lettre sera remise par le ministre qatari des affaires étrangères, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani.

      Lire aussi :   Crise du Golfe : l’ultimatum au Qatar arrive à expiration

      Un bras de fer

      L’Arabie saoudite, Bahreïn et les Emirats arabes unis, trois voisins du Qatar dans le Golfe, mais aussi l’Egypte ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec Doha, l’accusant de soutenir « le terrorisme » et de se rapprocher de l’Iran, bête noire de Riyad. Le Qatar rejette ces allégations en contestant la véracité des faits qui lui sont reprochés et en mettant en avant le fait que nul n’a le droit de lui dicter sa politique étrangère.

      Le président américain Donald Trump, qui s’en est pris par le passé au Qatar, a répété dimanche « l’importance de stopper le financement du terrorisme », un objectif qu’il juge « primordial », et « de discréditer l’idéologie extrémiste », lors d’entretiens téléphoniques séparés avec le roi d’Arabie saoudite, le prince héritier d’Abou Dhabi et l’émir du Qatar, selon un communiqué de la Maison Blanche.

      Lire aussi :   « Le Qatar a volontairement soutenu des organisations terroristes »

      Dans leur bras de fer avec le Qatar, ses adversaires ont placé la barre très haut pour ce pays, le sommant de réintégrer le consensus régional sur des questions aussi sensibles que le soutien aux islamistes ou les rapports avec l’Iran. Bien qu’appartenant au Conseil de coopération du Golfe, ce petit pays a toujours fait cavalier seul en politique étrangère.

       

       

      http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/07/03/crise-du-golfe-l-ultimatum-fixe-au-qatar-a-ete-prolonge-de-48-heures_5154572_3218.html#tsiluDw8StKt4x2w.99

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      3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 09:08
      UK's Jeremy Corbyn: Halt arms sales to Saudi Arabia
       
       

      Labour Party leader condemns use of UK weapons by Saudi Arabia in Yemen war, and calls for the suspension of arms sales.

       

      Jeremy Corbyn, the leader of the UK's main opposition Labour Party, has called for a halt in arms sales to Saudi Arabia and a ceasefire in Yemen.

      Since the start of war in Yemen, the UK has approved arms export licences to Saudi Arabia worth $4.1bn, according to London-based Campaign Against the Arms Trade. 

      In an exclusive interview with Al Jazeera, Corbyn said: "We have constantly condemned the use of these weapons by Saudi Arabia in Yemen, and called for the suspension of the arms sales to Saudi Arabia to show that we are wanting a peace process in Yemen, not an invasion by Saudi Arabia.

      "We've made that very clear."

       

      Yemen has been devastated by a war between forces loyal to the internationally recognised government, led by President Abd-Rabbu Mansour Hadi and a Houthi rebel movement. 

      READ MORE: Who benefits from a weak and divided Yemen?

      Concerned by the rise of the Houthi rebels it believes to be backed by regional rival Iran, Saudi Arabia and a coalition of Sunni Arab states launched an intervention in 2015 in the form of a massive air campaign aimed at reinstalling Hadi's government. 

      More than 10,000 people have been killed and at least 40,000 injured in Yemen since March 20, mostly from Saudi-led air strikes, according to the United Nations.

      The Saudi-led air campaign and subsequent blockade has created a humanitarian disaster in the Arab world's poorest country. Cholera is on the rise and nearly 70 precent of the population is dependent on aid. 

      'Totally shocked'

      "I'm totally shocked by the war in Yemen. Totally shocked, by the bombardment that's taken place, by the killings that have happened, by the cholera outbreak that's now rife. And the numbers who are affected, the numbers who have already died," Corbyn said. 

      More than 1,300 people have died of cholera since late April, in the second outbreak of the infection in less than a year.

      In March, the UN's World Food Programme said that nearly half of Yemen's 22 provinces were on the verge of famine. 

      Corbyn said the Labour party had called on the previous British government to suspend its arms sales to Saudi Arabia, and would continue to do so in the next. 

      "We have already put that resolution to parliament in the last parliament. We'll continue to do that when there's a new parliament formed after this general election. Our policy of the Labour Party is unchanged," he said. 

      READ MORE: UK activists demand end to Saudi Arabia, UAE arms sales

      The Labour leader also touched on alleged instances, revealed in two separate investigations last week, of forced disappearances, arbitrary detention, torture and abuse by troops backed by the United Arab Emirates (UAE) in Yemen.

      "All of those allegations have to be investigated, and the evidence has to come forward," said Corbyn.

      "And arms sales policy has to reflect that we do not believe those countries that commit abuses of human rights or kill civilians with the use of those weapons should continue to receive British arms."

      Last week rights groups and activists called on the UK to end arms sales to Saudi Arabia and its allies, warning that continuing to do so may be a violation of international law. 

      A statement issued by the Arab Organisation for Human Rights in the UK (AOHR) said British manufactured weapons sold to Saudi Arabia, the United Arab Emirates and Egypt were being used to carry out abuses in Yemen and Libya.

      "[AOHR] is calling on the UK government to review its role in the sale of arms to a number of Arab governments that are known for gross human rights violation," the statement read.

      "A Saudi-led coalition has killed hundreds of Yemenis, destroyed scores of homes in addition to obliterating most of Yemen's core infrastructure," the AOHR said, adding: "Saudi Arabia has also turned a blind eye to the atrocities committed by UAE in southern parts of the country."

      In Libya, the UAE has transferred British-produced arms to the renegade Libyan general Khalifa Haftar, who is also accused of a raft of abuses, including indiscriminate bombing of civilian areas and summary exécutions.

       
       
       
       
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      Published by Al Jazeera.com (Qatar) - dans Revue de presse
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