Mitchell devait réaffirmer l’engagement des Etats-Unis en faveur d’une solution à deux Etats. Une position que les Israéliens n’acceptent que du bout des lèvres insistant plutôt sur la nécessité pour les Palestiniens de reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël.
Mais pour l’Autorité palestinienne, cette condition constitue une manœuvre dilatoire créant un « obstacle sur la voie de la paix et de la création de deux Etats ». En effet, pour les Palestiniens, cette reconnaissance d’Israël comme l’Etat des juifs peut être assimilée à renoncer au droit au retour sur leurs terres des réfugiés palestiniens.
Quelque 800 000 Palestiniens ont été poussés à l’exode par des groupuscules terroristes sionistes après la création de l’Etat d’Israël en 1948. La nouvelle échappatoire israélienne ne se heurte également à une Amérique d’Obama qui n’impose pas aux Palestiniens une telle reconnaissance mais insiste sur « une solution à deux Etats, un Etat palestinien et l’Etat juif d’Israël, coexistant en paix », selon les déclarations de Mitchell à l’issue d’une rencontre avec le ministre israélien des Affaires étrangères, l’extrémiste Avigdor Lieberman.
L’Etat hébreu avait accepté en 2003 la feuille de route élaborée par le quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) qui prévoit la création d’un Etat palestinien au côté d’Israël. Ce plan est largement resté lettre morte. Et risque d’être définitivement enterré puisque Netanyahu écarte de fait, aujourd’hui, l’option de deux Etats.
Pour la consommation médiatique, le nouveau premier ministre israélien se dit être prêt à parler de paix avec les Palestiniens sur la base d’un plan privilégiant leur développement économique. Selon les médias israéliens, Washington serait prêt à accorder quelques semaines à Netanyahu pour élaborer une politique « pragmatique » vis-à-vis des Palestiniens. Le Premier ministre israélien a été invité jeudi par Mitchell à rencontrer le mois prochain aux Etats-Unis le président Barack Obama.
La tournée de George Mitchell est la troisième depuis qu’il a été chargé en janvier par Obama de relancer le processus de paix, mais sa première depuis la formation du gouvernement extrémiste de Netanyahu issu des élections anticipées du 10 février.
De son côté, le peuple palestinien commémorait hier le 35ème anniversaire de « la journée du détenu » coïncidant avec la libération du premier détenu palestinien (Mahmoud Bakr Hedjazi) en 1974 dans le cadre de l’échange de détenus palestiniens et israéliens. La question des détenus demeure l’une des plus épineuses pour le peuple palestinien. Depuis 1967, pas moins de 800 000 Palestiniens ont séjourné dans les prisons israéliennes, soit 20% de la population, souligne un récent rapport du Centre palestinien d’études et de recherches sur les détenus. L’arrestation des Palestiniens se fait sans la moindre procédure judiciaire (sans mandat d’arrêt) tandis que le jugement est prononcé en l’absence de témoins ou autres pièces à conviction. A ce jour, plus de 800 Palestiniens sont emprisonnés sans décisions judiciaires.
publié par la Tribune d’Algérie