«Volontarisme»
Objectivement, du point de vue des Européens, c'est aux Arabes de céder. Comme si Ghaza n'a pas eu lieu et comme s'il n'y a pas un gouvernement d'extrême droite israélien qui exige que les Palestiniens le reconnaissent comme un Etat juif, et donc d'ouvrir la voie à une purification ethnique légale contre des centaines de milliers de Palestiniens.
Il n'y a donc, à moins d'un renversement incompréhensible de la situation, aucune raison pour les Etats arabes d'abandonner leur réserve au projet de l'UPM. La réunion « informelle » de jeudi à Bruxelles entre hauts fonctionnaires ne devrait pas avoir d'incidences importantes sur un projet en état de mort clinique. Il faut surtout y voir une tentative des Européens d'essayer de vaincre les réticences fondées des Etats arabes. C'est ce qu'une source européenne au Caire, citée par l'agence française, appelle un effort de « volontarisme » destiné à permettre une relance officielle du projet UPM. « Sans volontarisme, l'UPM risquait l'enlisement, mais on ne sait pas encore quels pays arabes accepteront de revenir autour de la table ».
La relance « rapide » de l'UPM est donc largement tributaire d'une décision des Etats arabes d'aller à contre-courant de leurs opinions publiques qui ne comprennent pas que l'on puisse s'asseoir à la même table que les responsables d'un carnage odieux contre les Palestiniens. Il paraît difficile d'occulter les aspects politiques pour focaliser sur une Union des « projets » dont le financement n'est d'ailleurs pas évident. A juste titre, l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a relevé que les « Européens veulent lancer un vaste espace de coopération, mais qui reste extrêmement lié au processus de paix au Proche-Orient, avec la résolution du conflit israélo-palestinien ».
La question de l'UPM devait être abordée à la réunion des ministres des Affaires étrangères du groupe 5 5 qui se tient à Cordoue les 20 et 21 avril. La réunion, à laquelle participent le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe, Habib Ben Yahya, et la Commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, devrait faire le « point sur l'Union pour la Méditerranée, à quelques jours d'une réunion des hauts fonctionnaires de l'UPM prévue à Bruxelles le 23 avril », lit-on sur le site du ministère français des Affaires étrangères. On attendra pour voir. Mais on peut déjà constater que le modeste format des 5 5, regroupant les pays de la Méditerranée occidentale, est plus réaliste et peut être plus fécond qu'une UPM trop large et à la finalité politique douteuse.