L’islam fait partie de la société américaine, puritaine et religieuse, et c’est une religion de paix et de tolérance que certains extrémistes ont dévoyée.
Barack Obama s’est révélé fin communicateur et grand tribun face à un auditoire composé de plusieurs courants, d’abord curieux d’écouter, mais vite subjugué par le message apporté.
En terre d’islam, le président américain n’a pas brusqué et n’a pas donné de leçons. Il s’est contenté de livrer son sentiment et de dévoiler l’approche que les États-Unis souhaitent désormais entretenir avec le monde musulman. Le choc des civilisations, prôné par son prédécesseur sur une base unique : la confrontation, doit être abandonné pour faire place au dialogue des civilisations, avec comme premier corollaire, le respect mutuel.
L’islam fait partie de la société américaine, puritaine et religieuse, et c’est une religion de paix et de tolérance que certains extrémistes ont dévoyée. Il se propose donc en facilitateur pour apurer les animosités et casser les préjugés existant chez l’un et chez l’autre. Il propose un nouveau départ pour une coexistence sincère au profit des peuples des deux mondes, basée sur une bonne gouvernance et le respect des libertés individuelles. Pour ne pas se montrer donneur de leçons, il s’est surtout adressé aux sociétés plutôt qu’aux États.
Pour la question palestinienne, il a été le premier chef d’État à franchir le mur de la peur dressé par les Israéliens qui jouent dans la victimisation et ne se gênent pas pour violer les accords internationaux, forts du soutien indéfectible des précédentes administrations américaines. Il assume en dénonçant la colonisation de l’État hébreu.
Les réactions à ce “prêche” de la main tendue au monde musulman ont été favorablement accueillies par les pays concernés, y compris par le Hamas qui a pourtant toutes les raisons de ne pas y croire, et par les autres nations qui ont vu, dans ce premier pas vers l’autre, une grande avancée positive.
Bien sûr, il faut se demander si l’opinion américaine formatée dans la distance envers l’Arabe arrivera à suivre. De même pour les extrémistes musulmans qui identifient les USA à Satan.
Une chose est sûre, Barack Obama vient de réussir un exploit politique de haute voltige et s’avère être un stratège en relations publiques.
Ayant déposé sa lettre adressée au monde arabo-musulman, il attend la réponse. Même par poste restante à défaut du canal de la Ligue arabe.