| Liban. Les multiples maux du pays trouvent leur origine dans la multiplicité des communautés confessionnelles et dans le rapport qu’elles entretiennent avec la politique. L’unicité libanaise La révision de la Constitution libanaise, opérée par la loi constitutionnelle du 21 septembre 1990, annonçait un processus de suppression par étapes du système de partage du pouvoir politique par les communautés. Mais neuf ans plus tard, ce processus marque le pas et le dernier mot n’a pas encore été dit, car si l’abolition de ce que les Libanais appellent le confessionnalisme a ses raisons et ses défenseurs, son maintien a également les siens. Selon la Constitution libanaise, promulguée le 23 mai 1926, « les communautés seront équitablement représentées dans les emplois publics et dans la composition du ministère, sans que cela puisse cependant nuire au bien de l’Etat ». A cet article 95 de la Constitution s’ajoute une coutume constitutionnelle, en vertu de laquelle le président de la République, élu pour six ans par la Chambre des députés, doit être de confession chrétienne maronite, que le président de la Chambre des députés est élu par ces derniers parmi les musulmans chiites, que le premier ministre doit être un musulman sunnite. Les portefeuilles ministériels sont également répartis suivant des quotas spécifiques réservés à chaque communauté. A son tour, la loi électorale dispose que les sièges parlementaires dans chaque circonscription soient répartis suivant des quotas spécifiques aux différentes communautés se trouvant dans la circonscription, en proportion de leur importance numérique respective. Un système compliqué qui handicape souvent la vie politique du pays et qui peine à être modifié. |