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L'Orient le Jour (Liban) : "Les voisins arabes d’Israël dénoncent le discours de Netanyahu, les Européens restent sceptiques"

Les voisins arabes d’Israël dénoncent le discours de Netanyahu, les Européens restent sceptiques
   
16/06/2009

Proche-Orient
Critiqué par les Arabes, le Premier ministre israélien justifie ses conditions à la création d'un État palestinien.



Les Européens ont salué hier comme un « premier pas », insuffisant toutefois, vers une relance du processus de paix le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rejeté dans les pays arabes qui l'ont accusé de « torpiller » les efforts de paix.
La Maison-Blanche a qualifié hier de « grand pas en avant » l'acceptation par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la création d'un État palestinien, mais a reconnu qu'il restait beaucoup à faire pour résoudre le conflit. « Le président pense qu'il y a beaucoup de chemin à parcourir, qu'il y aura beaucoup de tours et de détours, mais il est content des progrès qui ont été réalisés jusqu'alors et dont le discours d'hier est certainement une part importante », a indiqué le porte-parole de Barack Obama, Robert Gibbs.

Mais les Européens se sont montrés plus nuancés. Ils ont estimé que Benjamin Netanyahu avait fait, en parlant d'État palestinien, un « premier pas », mais que celui-ci était insuffisant. « C'est un premier pas très important, mais beaucoup d'autres pas devront suivre », a résumé la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, à Luxembourg où étaient réunis les ministres des Affaires étrangères de l'UE. « Vous connaissez la position de l'UE : nous voulons une solution à deux États avec un État palestinien viable », a-t-elle dit. Les Européens attendent clairement davantage de M. Netanyahu.
« Aboutir à la paix impose d'aller bien au-delà, sans poser de préalable à la négociation », a souligné le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, après avoir salué la « perspective tracée » par M. Netanyahu. Berlin a parlé également de « mouvement positif », tout en relevant que « des progrès supplémentaires ne peuvent avoir lieu que si les deux côtés sont prêts à des négociations intensives ».
À Moscou en revanche, une source au ministère des Affaires étrangères a affirmé que le discours de M. Netanyahu « n'ouvrait pas la voie à un règlement du problème israélo-palestinien ».
Le Premier ministre israélien a exclu dimanche un gel de la colonisation israélienne, un retrait de la partie arabe occupée de Jérusalem et un retour des réfugiés palestiniens poussés à l'exode lors de la création d'Israël en 1948. Il a posé comme condition à un futur État palestinien sa démilitarisation ainsi que la reconnaissance par la direction palestinienne d'Israël comme État du peuple juif.
Des conditions immédiatement rejetées par les Palestiniens, tandis que pour le président égyptien Hosni Moubarak, « l'appel à reconnaître Israël en tant qu'État juif complique davantage les choses et ruine les possibilités de paix ».
Excédée par les conditions posées par M. Netanyahu, la direction palestinienne compte sur le soutien de la communauté internationale pour faire plier le Premier ministre israélien. Pour le négociateur palestinien Saëb Erakat, « il devient clair que nous sommes en présence d'un gouvernement israélien qui refuse en réalité une solution à deux États, l'arrêt de la colonisation et la reprise des négociations du point où elles s'étaient arrêtées » fin 2008. À Damas, le quotidien à grand tirage al-Watan a jugé que M. Netanyahu avait « torpillé tous les efforts de paix ».
Hier, Benjamin Netanyahu a justifié les conditions qu'il a posées à la création d'un État palestinien, expliquant que les Israéliens avaient le droit d'attendre de cet État qu'il soit démilitarisé. « De la même manière qu'ils attendent de nous que nous reconnaissions un État palestinien, ils doivent reconnaître un État juif. Et bien évidemment un État palestinien ne peut pas menacer un État juif, c'est pourquoi je dis qu'il devrait être démilitarisé », a expliqué M. Netanyahu sur la chaîne américaine NBC News. Par ailleurs, M. Netanyahu a émis l'espoir de pouvoir réduire les divergences persistantes avec Barack Obama sur la question des colonies juives en Cisjordanie occupée. « Le président Obama et moi-même tentons de parvenir à un terrain d'entente sur ce dossier », a déclaré le Premier ministre israélien. « Je pense que nous y réussirons. »



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