À Gaza, Carter estime que les Palestiniens sont traités comme des « animaux »
17/06/2009
Jimmy Carter a rencontré hier Ismaïl Haniyeh (au centre). Ce dernier lui a présenté une jeune fille blessée lors de l’offensive israélienne de décembre et janvier derniers. Photo AFP
L'ancien président américain Jimmy Carter s'est entretenu hier avec le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh. Il a dénoncé le blocus israélien, estimant que les Palestiniens était traités comme des « animaux ». Après ses discussions avec M. Haniyeh, il a appelé à la fin de « toutes les violences » dont sont victimes les Palestiniens et les Israéliens. M. Carter a également annoncé avoir remis au Hamas une lettre du père du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé par un commando palestinien en 2006 près de la bande de Gaza. De son côté, M. Haniyeh a affirmé soutenir la création d'un État palestinien dans les territoires occupés par Israël en 1967, sans évoquer le droit à l'existence de l'État hébreu que son mouvement refuse de reconnaître. Il s'est dit favorable à une intervention de M. Carter en vue de faciliter un échange entre Gilad Shalit et des centaines de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
L'ex-président s'est rendu sur des sites détruits par l'offensive israélienne de décembre et janvier qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens, visitant une école américaine détruite dans un raid aérien israélien. « Je suis très affecté. Je dois retenir mes larmes en voyant la destruction infligée à votre peuple », a-t-il déclaré. « Je suis venu à l'école américaine. Elle éduquait vos enfants, elle était financée par mon pays et je constate qu'elle a été délibérément détruite par des bombes larguées par des F-16 fabriqués dans mon pays. Je me sens en partie responsable pour ce qui s'est passé, et tous les Américains et les Israéliens doivent avoir le même sentiment », a-t-il ajouté. « Ce n'est pas bien de voir cette destruction, mais ce n'est pas bien non plus de voir des roquettes tomber sur Sderot (en Israël). Toute cette violence doit cesser », selon lui. M. Carter s'est ensuite entretenu à Gaza avec des responsables de l'Unrwa, l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens. Il a déploré le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis juin 2007, où la situation humanitaire est décrite comme alarmante par des ONG internationales.