| Le VIe congrès du Fatah aura lieu début août |
| RAMALLAH (Reuters) – Le VIe congrès du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, se déroulera début août dans un lieu qui reste à définir, a-t-on appris hier de source palestinienne autorisée. Il a fallu trois jours au Comité central du Fatah pour se mettre d'accord sur la date d'ouverture du congrès, le 4 août. |
| Ce congrès, le premier depuis vingt ans, devrait durer plusieurs jours. "Il y a un accord sur la date mais encore des divergences sur le lieu de rendez-vous", a déclaré l’un des responsables du parti, Khaled Mousmar. Le précédent congrès du Fatah avait eu lieu en 1989 en Tunisie et jamais une telle réunion ne s’est tenue en territoire palestinien. Abbas voulait que la rencontre soit organisée dès juillet dans les territoires palestiniens, idée rejetée par le comité central qui s’est réuni durant le week-end à Amman, la capitale jordanienne. |
| Le comité est partagé à peu près à 50-50 sur le lieu de rendez-vous – soit en territoire palestinien, soit dans un pays arabe voisin, plus probablement la Jordanie ou l’Egypte. Selon plusieurs responsables du Fatah, ces deux pays ont déjà refusé d’accueillir la réunion. Pour d’autres, l’idéal serait que les 1.550 délégués se réunissent dans la bande de Gaza, contrôlée depuis la mi-2007 par les islamistes du Hamas. En effet, soulignent-ils, les Israéliens ne pourront ainsi interdire à qui que ce soit de s’y rendre, alors que ce pourrait être le cas si le congrès a lieu en Cisjordanie occupée, où l’armée d’occupation israélienne est très présente. Le Fatah a dominé la politique palestinienne à partir du milieu des années 1960 avant de décliner devant l’émergence de l’activisme islamiste intransigeant incarné par le Hamas, qui a remporté les élections législatives de 2006 avant de prendre de force l’année suivante le contrôle de Gaza.
Rajeunir la direction
Mouvement laïque, contrairement au Hamas et au Djihad islamique, le Fatah est parcouru par des clivages internes concernant la conduite des négociations avec Israël, le degré d’activisme à observer vis-à-vis d’Israël, la démocratie interne et le renouvellement générationnel. Tout-puissant du temps de Yasser Arafat, le Fatah a commencé à se lézarder après sa mort en novembre 2004, faisant le lit de la victoire électorale du Hamas, qui a obtenu en 2006 la majorité absolue au Conseil législatif palestinien, ouvrant une ère d’affrontement entre les deux “frères ennemis”. Sous l’égide de l’Egypte, des pourparlers de réconciliation entre les deux mouvements sont en cours au Caire depuis des mois, mais ils n’ont fait jusqu’à présent que peu de progrès, ce qui grève les efforts diplomatiques de paix, notamment de la part de la nouvelle administration américaine de Barack Obama. Membre de la "vieille garde", Mahmoud Abbas, qui est âgé de 74 ans, veut transformer le Fatah en un mouvement "moderne, uni et discipliné" qui appuie ses efforts en tant que leader de la cause palestinienne pour conclure la paix avec Israël. Il veut faire apparaître de nouveaux visages au sein du comité central et du Conseil de la révolution, que le congrès doit renouveler. Mais pour cela le mouvement nationaliste doit retrouver quelque crédibilité aux yeux des Palestiniens, qui lui reprochent sa corruption et son clientélisme ainsi que les maigres résultats de toutes les concessions faites à Israël dans les négociations passées. Le principal clivage interne au Fatah oppose les réformistes issus de la lutte armée sur le terrain puis de la négociation avec Israël à l’establishment privilégié de la diaspora qui n’est revenu en Palestine qu’à la suite des accords d’Oslo. Où que se tienne le prochain congrès, il devra mettre les pendules à l’heure concernant les objectifs du mouvement. L’Organisation de libération de la Palestine, dont le Fatah forme la colonne vertébrale, a amendé sa charte à l’époque des accords d’Oslo pour en exclure l’appel à la destruction d’Israël. |