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| Cynisme israélien, mansuétude occidentale | |
| Par Soufiane BEN FARHAT La tromperie israélienne n’a pas de limites. Et la mansuétude occidentale à son endroit est révoltante. Rien que sur la question des colonies de peuplement juives en Cisjordanie, Israël en fait à sa guise. | |
| En dépit de la légalité internationale. Et de la ferme conviction des opinions mondiales. Pourtant la volonté unanime est on ne peut plus explicite. Trouver une issue définitive à ce serpent de mer qui hypothèque la paix et la sécurité planétaires depuis plus de soixante ans. Prenons les titres des dépêches des dernières vingt-quatre heures. "Netanyahu espère des arrangements" avec Obama sur les colonies". "Netanyahu et Sarkozy s’accordent sur l’Iran, pas sur les colonies". "La rencontre Netanyahu-Mitchell reportée pour cause de divergences sur les colonies". Avec le gouvernement Netanyahu, cela commence mal. Et cela promet de finir pire. Le maximalisme appelle le maximalisme. Tôt ou tard, les tambours de la guerre et les sinistres bruits des bottes des soldats se feront entendre. De nouveau, tragiquement, désespérément. Et l’on n’en est encore qu’à l’un des volets dits épineux. On n’en est pas encore aux questions du droit au retour des millions de réfugiés palestiniens, du statut d’Al Qods (Jérusalem) ou des frontières de l’Etat palestinien. Chaque fois, Israël invoque des faux-fuyants. Des dirigeants occidentaux n’y croyant guère y adhèrent. Et appellent leurs opinions à gober les balivernes comme des veaux. Les dirigeants israéliens mentent. Et l’on nous invite à avaler les grosses couleuvres. Pourquoi? Parce qu’Israël est l’enfant chéri d’un Occident officiel encore complexé. Croulant sous le poids du sentiment de culpabilité, du péché non absous, savamment maintenu vivace. La diabolisation chrétienne du juif, les pogroms au fil des siècles, l’holocauste. Et parce que, aux yeux de ces mêmes Occidentaux officiels, le sang palestinien et arabe, les droits arabes et musulmans n’ont guère de valeur. On s’emballe ces derniers jours un peu partout, dans les pays occidentaux notamment, sur l’Iran. De légitimes revendications et frictions internes sont captées en bonne et due forme par les dirigeants israéliens. Netanyahu a même promis de "composer autrement" avec un Iran autrement dirigé. Comprendre: il s’abstiendrait d’ordonner de bombarder l’Iran à condition qu’il change de direction politique. N’est-ce pas de l’ingérence musclée de surcroît?Personne n’y trouve rien à redire. On a l’impression par moments que la place publique est devenue le lieu privilégié de l’hypocrisie. Ainsi, le gouvernement israélien agite-t-il l’argument de la "croissance naturelle" pour justifier la poursuite de la construction dans les colonies de peuplement en Cisjordanie. Pourtant, les statistiques israéliennes parlent d’elles-mêmes. Ainsi est-il démontré que les Israéliens qui partent s’installer en Cisjordanie représentent plus du tiers de la croissance démographique des implantations juives dans le territoire palestinien. Le Bureau central des statistiques israélien a rendu publiques des données troublantes: 36% de l’ensemble des nouveaux colons en Cisjordanie viennent d’Israël ou directement de l’étranger. Les migrants en provenance d’Israël et de l’étranger ont représenté 5.300 des 14.500 nouveaux colons recensés en 2007. Les données du bureau central israélien des statistiques sont un véritable réquisitoire. Chaque année entre 1999 et 2007, le flux migratoire a représenté entre un tiers et la moitié de la croissance du nombre de colons. Entre 2006 et 2008, Israël a achevé la construction de 5.503 appartements en Cisjordanie et en a mis en chantier 5.125 autres, selon le Bureau des statistiques israélien. La migration usurpatrice a ainsi des motifs plutôt véreux. Les gens sont attirés par des logements bon marché. Et le gouvernement israélien les encourage par calcul politique. Tout en agitant de faux arguments qui ne trompent plus leur monde. Israël exige du Hamas notamment la reconnaissance de la fameuse Feuille de route pour la paix au Proche-Orient. En y adhérant en 2003, Israël lui-même s’était engagé à geler les activités de construction dans les colonies, y compris celles liées à la croissance naturelle. Il n’en fit rien. Absolument rien. Par le fait accompli, plus de 300.000 colons israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie. Par ailleurs, l’annexion d’Al Qods-Est en 1967 par l’armée d’occupation israélienne n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Cela n’empêche pas 180.000 colons israéliens d’y vivre. Et dire que le gouvernement israélien a pris l’initiative d’annuler la rencontre prévue hier à Paris entre Netanyahu et l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, en raison de divergences sur les colonies. Le comble du cynisme.
S.B.F. |