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La Presse.tn (Tunisie) : "Nouvelles opportunités à saisir" par Noureddine HLAOUI

Nouvelles opportunités à saisir !...

Par Noureddine HLAOUI


Au moment où toutes les parties concernées par le conflit proche-oriental, y compris la communauté internationale et, à sa tête, les Etats-Unis d’Amérique, s’accordent à dire que la reprise du processus de paix entre Palestiniens et Israéliens doit reposer sur deux conditions essentielles, à savoir l’arrêt total des implantations juives et le consensus pour l’émergence de deux Etats, Netanyahu est encore au stade d’espérer des «arrangements» sur les colonies avec Obama.

Or, normalement et logiquement, le «gel» ou plutôt «l’arrêt» de ces implantations en Cisjordanie devrait constituer un prélude à leur démantèlement pur et simple comme cela fut le cas pour celles de Gaza, car il s’agit de faits accomplis sur des terres occupées par la force lors de la guerre des Six jours de 1967.

Mais au lieu de cela, Tel-Aviv évoque un prétendu droit de «croissance naturelle» prévoyant le développement des blocs déjà existants à l’intérieur de leurs périmètres pour faire place à la "croissance naturelle" des familles de colons. Autrement dit, c’est une manière détournée de dire que les implantations déjà en place constituent un «acquis indiscutable» et que d’éventuelles discussions ne pourraient porter que sur le fait de savoir si elles peuvent êtres étendues et élargies ou pas…

Américains et Européens ont beau exiger l’arrêt de ces colonies, mais les Israéliens promettent de ne pas créer de nouvelles enclaves dans le territoire pris par la force des armes en 1967. Le Quartette va plus loin en demandant, lors de sa réunion en Italie en marge du sommet du G-8, non seulement que toutes les activités de colonisation devaient cesser, y compris celles liées à la croissance démographique, mais aussi à ce que les postes militaires érigés depuis 2001 soient démantelés.

Peut-on déduire de toutes ces nouvelles données que la communauté internationale va pouvoir, enfin, convaincre le gouvernement de Netanyahu à retrouver la raison et à faire recouvrer aux Palestiniens leurs droits légitimes? En répondant positivement à cette interrogation, ce serait, alors, faire preuve de naïveté politique et aller vite en besogne.

On assiste, certes, à un changement notable dans l’approche de l’administration démocrate américaine par rapport à celle suivie par le Républicain George W. Bush qui s’est mis le monde arabo-islamique sur le dos après ses interventions militaires en Afghanistan et, plus particulièrement, en Irak suite au mensonge du siècle quant à la prétendue détention d’armes de destruction massive par le régime de Saddam Hussein.

Ainsi, le Président Barack Obama semble plein de bonne volonté pour ouvrir une nouvelle page. Il a clairement affiché des intentions positives dans son discours du 4 juin au Caire et qu’il a commencé à faire traduire sur le terrain.

En effet, les observateurs, notamment occidentaux, relèvent que l’annulation subite de la rencontre, initialement prévue jeudi dernier à Paris, entre le Premier ministre israélien et l’émissaire du Président Obama au Proche-Orient, George Mitchell, met de la manière la plus éclatante les difficultés qu’éprouvent Washington et Tel-Aviv à s’entendre sur plusieurs questions de fond concernant le conflit entre Palestiniens et Israéliens.

La décision de faire retourner l’ambassadeur US à Damas est un autre indice quant à la nouvelle approche fructueuse prônée par la Maison-Blanche vis-à-vis du monde arabe sans oublier que même face à la dernière crise iranienne, les Américains se sont montrés très en retrait par rapport aux Européens, virulents à l’égard de Téhéran.

C’est donc une opportunité qu’il faut saisir, notamment par les Palestiniens qui sont appelés, à leur tour, à faire preuve de plus de solidarité et d’unité en laissant de côté leurs différends, l’objectif étant de démontrer un front uni et fiable dans la perspective de la création d’un futur Etat indépendant, une des clés d’un règlement juste et durable de la question palestinienne.

Face à un Lieberman, plus arrogant que jamais, et un Netanyahu, maître dans l’art de tergiverser et de noyer le poisson dans l’eau — on l’a bien vu donner la priorité au dossier iranien par rapport au processus de paix et faire de détention du petit caporal franco-israélien une affaire nationale —, les Palestiniens doivent réunir le maximum de cartes et d’atouts entre les mains et, plus particulièrement, gagner la sympathie voire le soutien de l’opinion publique et de la communauté internationale.

 

N.H.


http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=6&news=96705


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