On ne compte plus le nombre d’enquêtes ou de simples témoignages sur l’agression israélienne contre le territoire palestinien de Ghaza en décembre et janvier. Il ne pouvait en être autrement avec toute l’horreur soulevée par cette agression barbare. L’ONU et ses différentes institutions en ont produit l’essentiel, son personnel en ayant été témoin. Et voilà cette fois qu’Amnesty International, avec son propre rapport, corrobore aussi les autres témoignages. Mais un tel témoignage aurait été plus complet s’il prenait en considération un certain nombre d’éléments liés à la situation dans cette partie du monde. Amnesty a traité cette question en faisant abstraction du rapport occupant-occupé, ce qui lui permet de mettre dos à dos Palestiniens et Israéliens. Il est pourtant dans le rôle d’Amnesty de défendre ce qui constitue le droit le plus élémentaire de tout peuple.
La liberté et le droit à l’existence du peuple palestinien, ce qui implique, au regard du droit international ou de ce qui en tient lieu, le recours à tous les moyens pour les obtenir. C’est justement ce que fait le peuple palestinien qui n’a eu d’autre choix que de recourir à la lutte armée. C’est cet élément fondamental qui, s’il avait été pris en considération, aurait modifié l’approche, différente celle-là de ce que les spécialistes appellent une guerre conventionnelle ou encore la symétrie des moyens. Et l’ONU s’est fait fort de mettre en garde contre cette approche qui gomme certaines vérités, et dénature le conflit du Proche-Orient. Il n’y a pas de comparaison entre les roquettes artisanales tirées par le Hamas palestinien et les missiles lancés par des drones israéliens. La différence est incalculable. On ne met pas dos à dos les deux parties sans courir un tel risque. Ou encore le fait d’appeler à un embargo sur les armes qui ne vise, dans un tel cas, que les mouvements de résistance palestiniens, Israël étant un grand marchand de canons.
Parce que le monde a besoin d’organisations comme elle, Amnesty International – ainsi que d’autres activant sur le même registre des droits de l’homme – assure un rôle important, mais pas celui de compter les morts et d’enquêter sur les faits bruts. Elle est dans son rôle de dire qui est qui et pourquoi de tels conflits. En d’autres termes, aider à une plus grande compréhension pour échapper à tout soupçon de parti pris. Elle doit, comme le voulait son fondateur Sean Mac Bride, contribuer à la libération des peuples. Et cela n’est pas incompatible avec les autres libertés. Elle vient, dans son dernier rapport, de montrer de quoi Israël est capable. C’est un pas important pour l’éveil des consciences. Cela aidera à combattre l’injustice. Comme l’occupation que le peuple palestinien subit depuis des décennies dans un silence assourdissant. Il est l’expression des puissantes complicités dont bénéficie l’occupant jusqu’au sein du système des Nations unies. Et justement, Amnesty peut aider à briser ce silence. Une question de justice.
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