Près d’un mois après l’élection présidentielle, l’universitaire iranien Omid Sabze Azadi* tente d’évaluer ici les rapports de force au sein de la société iranienne.
Ahmadinejad dispose-t-il encore d’une forte base populaire ? Non. Il n’est pas le champion d’un Iran rural et conservateur. La population rurale est minoritaire en Iran. Entre 65 % et 70 % des Iraniens vivent en ville. D’autre part, les paysans ont de multiples raisons d’en vouloir à leur président. Ainsi, pendant son mandat, les importations de thé, d’ail, de riz ou de coton ont triplé, ce qui a provoqué la colère des producteurs iraniens. Par ailleurs, les classes populaires des villes qui l'avaient élu sur un programme de redistribution de la manne pétrolière, de réduction du chômage et d'éradication de la pauvreté, en 2005, avaient toutes les raisons d'être déçus. La politique de privatisation et l'augmentation du taux de chômage (passé de 7% à 13%) n'ont guère pu les convaincre de voter pour lui. De ce point de vue, Moussavi, qui a remis au goût du jour le mot révolutionnaire de "mostazaaf" (opprimé) , est au moins aussi crédible. C'est sans doute chez les nationalistes conservateurs que se trouve encore son réservoir de voix. Mais dans les bazars de Téhéran ou d'Ispahan, les influents bazaris ( traditionnellement favorables aux conservateurs) contestent l'augmentation des taxes à laquelle ils ont été soumis.
A-t-on des preuves de la fraude massive ? Oui. De multiples irrégularités ont été constatées autour du scrutin (...) ...... .......................