Dans les territoires palestiniens, les divisions entre le Fatah et le Hamas restent très profondes
Adnan ne décolère pas. Arrêté début juin par les forces du Hamas, il a été détenu pendant dix-huit jours. Son frère Mohammed est toujours retenu dans la nouvelle prison d'Ansar, créée de toutes pièces après que les autres ont été détruites par l'opération israélienne "Plomb durci". Sa famille est sans nouvelles de lui. Adnan affirme avoir été torturé, interrogé à huit reprises avant d'être finalement relâché sous la menace d'être arrêté de nouveau s'il continue à se comporter en "traître" en soutenant l'Autorité palestinienne de Ramallah.
Avec lui, entre 150 et 200 fidèles du Fatah ont été appréhendés dans la bande de Gaza en représailles à des opérations de police menées en Cisjordanie contre le Hamas par les forces de sécurité de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Deux membres du Hamas sont également morts en prison dans des circonstances non élucidées, mais sans doute victimes de tortures. Près de 800 islamistes seraient détenus par l'Autorité palestinienne. Les deux camps s'accusent mutuellement de vouloir comploter l'un contre l'autre, aussi bien à Gaza qu'en Cisjordanie.
La guerre entre les deux frères ennemis est loin d'être terminée. Commencée après la victoire du Hamas aux élections du 25 janvier 2006, elle a abouti au coup de force des islamistes à Gaza en juin 2007. Elle se poursuit toujours dans les deux territoires et pèse sur les tentatives de réconciliation parrainées par l'Egypte. Après six rencontres infructueuses, un ultimatum avait été fixé au 7 juillet par Le Caire afin de tenter de parvenir à un accord. Sans succès. Une nouvelle rencontre, celle de la dernière chance, a été fixée au 25 juillet dans l'espoir d'un accord a minima permettant au moins la mise sur pied d'un comité de coordination entre les deux principales entités palestiniennes, afin de permettre la reconstruction de Gaza, puis l'ouverture des points de passage et la tenue d'élections législatives et présidentielle prévues au début de 2010.
En cas de nouvel échec, rien ne pourra être possible. Six mois après la fin de la guerre à Gaza, l'enjeu est donc capital. Mais les chances de parvenir à un accord sont extrêmement réduites tant les antagonismes entre les deux principaux partis sont toujours aussi exacerbés. "J'essaie d'être optimiste", explique, dubitatif, Ahmed Youssef, ancien conseiller politique du premier ministre, Ismaël Haniyeh, "J'espère que les Egyptiens vont mettre suffisamment de pression sur les deux parties pour aboutir à une solution. Je croise les doigts. Jusqu'à maintenant, il y a eu de légers progrès mais ce n'est pas suffisant."
Ahmed Youssef reconnaît que la question des prisonniers est un écueil de taille et que la formation d'un gouvernement d'entente nationale de transition est loin d'être acquise. Sans parler d'une forme timide de mise en commun des forces de sécurité qui permettrait au moins de rouvrir le point de passage de Rafah avec l'Egypte en vertu de l'accord de novembre 2005. "Il n'y a rien d'encourageant", admet Ahmed Youssef qui reproche à.............
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