La Syrie redevient un acteur régional incontournable
LE MONDE | 27.07.09 | 14h20 • Mis à jour le 27.07.09 | 14h20
BEYROUTH CORRESPONDANTE
Dans les luttes d'influence qui agitent le Moyen-Orient, Bachar Al-Assad peut se targuer d'avoir remporté une belle victoire en récupérant, au moins provisoirement, la place qu'avait jadis occupée son père, Hafez Al-Assad, celle de leader incontournable dans la région. En atteste la visite, dimanche 26 juillet à Damas, de George Mitchell, l'envoyé spécial de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient. Le 14 juin, George Mitchell rencontrait déjà Bachar Al-Assad à Damas pour ce qui constituait alors la première visite officielle d'un diplomate américain de ce rang en Syrie depuis 2005.
En quatre ans, Bachar Al-Assad est parvenu à hisser la Syrie de statut d'Etat infréquentable au rang de puissance incontournable, courtisée par presque l'ensemble de la communauté internationale, sans pour autant avoir répondu concrètement aux exigences des uns et des autres.
Entre 2005 et 2008, le régime syrien apparaissait fragile, menacé par l'administration américaine de George Bush, boycotté par la France, l'Arabie saoudite et l'Egypte qui le suspectaient d'avoir partie liée à l'assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005.
Aujourd'hui, la situation du leader syrien est à ce point confortable qu'il peut appuyer verbalement l'aile dure de Téhéran, incarnée par l'ayatollah Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad, en pleine crise iranienne, tout en se voyant offrir par les Etats-Unis un signe tangible de normalisation avec le retour, annoncé le 24 juin et après quatre ans d'absence, d'un ambassadeur américain à Damas.
Le 3 juillet, M. Assad, décontracté, invitait, sur la chaîne britannique Sky News, son homologue américain Barack Obama à venir à Damas. "Le président Obama est jeune. Le président Assad est aussi très jeune. Peut-être est-il temps pour ces jeunes dirigeants de faire une différence dans le monde", avait déclaré son épouse Asma.
L'Arabie saoudite, à l'instar des Etats-Unis, très préoccupée des ambitions nucléaires iraniennes, a elle aussi décidé de dépêcher un ambassadeur en Syrie, à un poste vacant depuis un an. Sans avoir renoncé à soutenir ni le Hezbollah libanais ni le Hamas palestinien, deux menaces armées aux portes d'Israël, Damas a également repris langue, indirectement, avec Tel-Aviv, grâce à la médiation de la Turquie. "Les Syriens possèdent la clé de la région", souligne le président turc, M. Abdullah Gül.
Le même constat avait été fait, en 2008, par la France qui, pour sauver le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) cher au président Sarkozy, avait initié le retour tangible de la Syrie dans les bonnes grâces internationales. M. Assad figurait ainsi parmi les invités d'honneur au défilé du 14 juillet, en 2008.
L'élection d'un président libanais après des mois de blocage, l'échange de représentations diplomatiques entre le Liban et la Syrie et le bon déroulement des législatives libanaises du 7 juin ont été autant de démonstrations, selon la France, de la fiabilité de la Syrie. Elle se voit récompensée pour sa "non-nuisance" dans le dossier libanais.
ANCIEN RÔLE D'ARBITRE
Les rapports entre Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, et le maître de Damas sont officiellement "constructifs", voire amicaux, en tout cas réguliers. Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a aussi présidé dans la capitale syrienne une conférence régionale des ambassadeurs français le 11 juillet. A cette occasion, il a rencontré les autorités syriennes, auxquelles..........................
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