| Quand Israël fait peur, même aux Américains! |
| Par Noureddine HLAOUI |
| En effet, dans le cadre de sa politique d’implantations de colonies sur les territoires palestiniens occupés, suivie depuis la guerre de 1967, Tel-Aviv, sous la houlette du tandem extrémiste Netanyahu-Lieberman, a annoncé, haut et fort, sa détermination à reprendre la construction des implantations juives en Cisjordanie et à Al Qods occupée malgré l’opposition de son allié stratégique américain. Il s’agit, selon les observateurs, d’un vrai test quant à la fermeté de la volonté de Washington en vue de faire respecter sa vision sur l’approche à suivre par les différents protagonistes dans la région du Proche-Orient. Autrement dit, l’issue de cette question des colonies de peuplement permettra de donner une idée réelle du rapport de force entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Etat d’Israël. Jusqu’à présent, aucune des deux parties ne veut heurter l’autre de front. D’un côté, le Premier ministre de droite, Netanyahu, essaie de tenir un langage conciliant, une sorte de main de fer dans un gant de velours. «Bien entendu, dans le contexte de relations amicales entre alliés, il n’y a pas d’accord sur tous les points, et sur plusieurs questions nous cherchons à atteindre un accord, afin de progresser ensemble vers nos buts communs», a déclaré en substance le Premier ministre israélien hier, juste avant la tenue du Conseil des ministres hebdomadaire du dimanche. Barack Obama, «déterminé à tout faire pour une paix israélo-arabe vraiment globale», selon les propos mêmes de son émissaire spécial, George Mitchell, semble, effectivement, mettre le paquet pour débloquer la situation dans le sens où plusieurs hauts responsables US sont attendus au cours de cette semaine en Israël. En plus de Mitchell, le secrétaire à la Défense Robert Gates, le conseiller à la Sécurité nationale James Jones et le conseiller spécial d’Hillary Clinton, chargé de l’Iran et du Proche-Orient, Dennis Ross – trois grosses «cylindrées» du pouvoir à Washington – se relaieront pour tenter d’arracher aux dirigeants israéliens un compromis sauvant la face au nouveau président démocrate. Cela donne un aperçu sur le degré d’inquiétude de la Maison-Blanche qui craint le maintien de l’intransigeance d’Israël face à laquelle la première puissance mondiale se trouverait impuissante. Pire encore, l’imbroglio entre les deux alliés stratégiques est aggravé par la crainte des USA qu’Israël fasse cavalier seul et entreprenne une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes. Washington, qui redoute les conséquences de pareilles frappes – comme tout le reste du monde d’ailleurs – n’aimerait pas être pris au dépourvu et mis devant le fait accompli. Car de tels gestes unilatéraux ne sont pas nouveaux de la part de Tel-Aviv qui avait détruit, en 1981, le réacteur nucléaire irakien de Tammouz et, plus récemment, un réacteur nucléaire syrien en cours de construction. Mais de l’avis unanime, l’Iran constitue un «morceau» autrement plus sérieux et plus nanti sur le plan militaire. Les capacités de Téhéran sont prouvées et ses missiles sont capables d’atteindre tout endroit en Israël et pourrait, comme l’a déclaré un haut responsable iranien, s’en prendre à son tour à l’arsenal nucléaire d’Israël. Si on ajoute l’influence de l’Iran sur l’évolution de la situation, dans un sens comme dans l’autre, de pays fragilisés par la violence et les rébellions, dont notamment l’Irak, l’Afghanistan et même le Pakistan, on mesure l’ampleur de l’incertitude et de l’inquiétude qui font planer un climat lourd sur les horizons d’une région du globe aussi névralgique. Se comportant selon la loi de la jungle, donc celle du plus fort, l’Etat d’Israël fait tout pour imposer son diktat tout en se mettant dans la peau de la victime menacée de toutes parts, afin d’attirer la sympathie et le soutien de l’opinion publique et de la communauté internationale, notamment celle occidentale encore sous le joug de ce sentiment de culpabilité de l’holocauste, soixante-cinq ans après. Et pour retourner au point de départ, une question s’impose : et si tous les pays se mettaient à faire prévaloir, voire exiger, ce fameux droit de «croissance naturelle» pour expansion démographique ? Où irions-nous ? Et en suivant cette logique israélienne, il est encore plus légitime que le peuple palestinien se mette, à son tour, à réclamer ce drôle de droit inventé par Netanyahu… N.H. |
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