Neuf soldats sont tombés ce week-end en Afghanistan dans une guerre sans issue. Hier matin trois Américains ont été tués dans l’Est après que leur patrouille eut été prise dans une embuscade, a précisé un communiqué de l’OTAN. Samedi trois autres Américains et deux militaires de l’OTAN dont la nationalité n’a pas été précisée avaient perdu la vie dans des circonstances analogues dans le sud du pays tandis qu’un soldat du 3e régiment d’infanterie de marine, basé à Vannes dans le Morbihan, est mort lors d’une opération de soutien à l’armée afghane dans la vallée de Ghayne au nord-est de Kaboul. Deux de ses camarades ont été blessés. Le président Sarkozy a exprimé « ses condoléances attristées » à la famille de la victime tout en réaffirmant « la détermination de la France à lutter, aux côtés du peuple afghan, contre l’obscurantisme et le terrorisme ».
juillet, le plus sanglant
La guerre est donc toujours là. La violence flambe à l’approche des élections présidentielle et provinciales du 20 août que les talibans ont juré de faire capoter. Pour les troupes de la coalition, le mois de juillet se solde par le bilan le plus sanglant depuis le début de l’intervention militaire. La France a perdu son 29e soldat depuis la fin de 2001. Plus de quarante soldats américains et vingt-deux britanniques ont été tués ces dernières semaines. Les attentats suicides n’ont jamais été aussi nombreux et les Français essuient des attaques dans les provinces de Kapisa, du Wardak et du Logar, proches de la capitale Kaboul, selon le commandement français. Paris n’en poursuit pas moins le renforcement et la réorganisation de son dispositif sur le terrain. Actuellement, quelque 3 700 soldats sont engagés dans les opérations de la zone dite « indienne » (Afghanistan, Tadjikistan, Kirghizistan et une partie de l’océan Indien), dont 2 900 pour le seul théâtre afghan. La France est ainsi le 4e contributeur de la coalition en termes d’effectifs. En attisant le feu d’une guérilla expérimentée, la stratégie occidentale (renfort de troupes et de ressources) paraît contre-productive et relance le débat sur la présence internationale.
En Grande-Bretagne, le premier ministre, Gordon Brown, est de plus en plus embarrassé pour défendre les « succès » de sa politique en Afghanistan. Hier, c’est la commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes qui a durement critiqué une « mission mal définie » et un planning « non réaliste » qui auraient contribué à l’enlisement de la situation. Selon cette commission, composée d’une majorité de députés travaillistes, le soutien des Afghans pour la « mission » britannique a été miné par les
Peter Avis Bernard Duraud
http://www.humanite.fr/2009-08-03_International_La_guerre...
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