Le premier congrès du Fatah depuis vingt ans s’ouvre aujourd’hui. Un premier défi s’impose de lui-même : se rajeunir.
Le second enjeu sera celui de se réformer et en finir avec une génération disqualifiée par l’affairisme et la corruption. Sur ce chapitre, les dirigeants palestiniens et israéliens se rejoignent : les premiers dissimulent difficilement les détournements de l’aide internationale ; les seconds défraient régulièrement, et à tour de rôle, la chronique judiciaire locale.
À la veille du congrès, le gouvernement israélien a émis un message significatif à l’intention de la communauté internationale en expulsant une cinquantaine de Palestiniens de leurs logements à El-Qods.
Pendant ce temps-là, le Hamas s’apprête à juger les délégués gazaouis du Fatah à leur retour de congrès. En attendant, il s’emploie à islamiser Gaza en interdisant les tenues de baignade et la musique païenne. Bientôt, l’écart en matière politique et législative entre la bande de Gaza et la Cisjordanie sera tel qu’il deviendra impossible d’en faire un même État.
C’est dans ce contexte de fuite en avant généralisée que Barack Obama est supposé mettre en œuvre son engagement, qu’il disait déterminé, pour une solution des deux États. La communauté internationale en général et l’Europe en particulier lui ont emboîté le pas dans cette initiative, mais, dans la réalité, elles ne peuvent que s’émouvoir de la déliquescence de l’Autorité palestinienne et de la surenchère colonialiste d’Israël.
La nature “stratégique” de la relation des États-Unis à l’État d’Israël désarme la communauté internationale devant l’unique État du monde affranchi de justice internationale et dispensé du respect des résolutions des Nations unies. Les sanctions, qu’elles soient d’initiative américaine ou du Conseil de Sécurité, de nature à affecter la décision de l’administration israélienne sont simplement impensables.
De ce fait, il est même concevable que la volonté de règlement du conflit accélère l’orientation expansionniste de l’actuel gouvernement israélien. D’un autre côté, la voix de la Palestine, étouffée par la faiblesse politique de l’Autorité palestinienne, le nihilisme du Hamas et le faisceau d’intérêts contradictoires de ses soutiens arabes et musulmans, n’est plus d’un poids déterminant dans d’éventuelles négociations. Pas assez légitime comme source de propositions et pas assez puissante comme force de pression, l’Autorité ne peut tout de même pas déléguer à Obama ou à la communauté internationale l’expression de sa revendication nationale. “Une communauté” au demeurant prioritairement acquise à l’intégrité et à la sécurité bien comprises de l’entité israélienne, c’est-à-dire à sa supériorité militaire et stratégique dans la région.
C’est dans cet état de rapport de force, d’une inégalité entretenue par le parti pris pro-israélien en Occident et par les affrontements idéologiques au Moyen-Orient, qu’Obama prétend vouloir en finir avec une question que tout contribue à compliquer.
Il lui faudra beaucoup d’imagination, surtout que cette imagination est limitée par le statut “particulier” d’Israël justement garanti par l’immunité octroyée par les États-Unis à son stratégique allié. Dans son impuissance, il sera aidé par le handicap stratégique de Palestiniens partagés entre les enjeux géopolitiques de leurs faux frères.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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