Hébron, la plus grande ville Palestinienne de Cisjordanie (environ 200 000 habitants), est toujours sous pression. Tristement célèbre depuis que la ville a été divisée en deux en 1997 (suite à l’adaptation des accords d’Oslo pour permettre aux 500 colons du centre ville historique de s’installer et de transformer la mosquée d’Abraham en synagogue), les choses n’ont pas beaucoup changé. Si les années de l’Intifada Al Aqsa ont été particulièrement sévères à Hébron (entre 2002 et 2005 il y a eu plus de 325 jours de couvre-feu dont chacun dure 24 heures), un calme relatif était revenu depuis 2007. Mais, quotidiennement, dans les 20% de la ville sous contrôle israélien (on y compte environ 1500 soldats, soit plus qu’au sud-Liban), la vie pour les Palestiniens est sous une pression permanente.
Plus d’une centaine de rues bloquées par des murs ou des grillages, plus d’une vingtaine de checkpoints, des rues où les Palestiniens ne peuvent pas circuler en voiture mais en longeant les murs à pied, des quartiers vidés de ses habitants et de ses commerces pour les réserver aux colons : on a difficilement fait mieux en matière d’aménagement du territoire. A part à Jérusalem bien sûr.
Il faut se rendre compte que les colons ne sont pas là en tant qu’Israéliens, mais en tant que juifs : ils ne respectent ni les Palestiniens, ni les soldats, ni les lois israéliennes. Pour eux, Hébron est une ville juive, la tombe d’Abraham leur appartient, et les Palestiniens ne sont qu’un mythe. C’est pourquoi le président du Front National Juif, Baruch Marzel, habite ici avec sa famille, et participe personnellement aux expulsions, brimades et autres violences avec quelques colons de tous âges, armés tantôt de pierres, tantôt de M16.
Mais que fait la police ?
Samedi 1er août. Comme souvent pendant Shabbat, les soldats escortent une poignée de colons vers la vieille ville arabe, hors des frontières des colonies, pour se promener et regarder les maisons Palestiniennes qu’ils considèrent comme leurs propriétés légitimes. Plusieurs colons grimpent sur le toit de la famille Al-E’wewi sous les yeux des soldats et poussent un réservoir d’eau jusqu’à ce qu’il dégringole et s’écrase quelques étages plus bas. Pendant cette période très sèche, alors que la vieille ville est difficile d’accès pour recharger les réservoirs, ça prendra du temps pour la famille Al-E’wewi, peu aisée, d’en acheter un nouveau.
Plus tard dans l’après-midi, des enfants colons montent sur les toits des maisons censées être des « zones militaires fermées » et insultent les passants en hébreu, pendant que les soldats discutent entre eux. Puis un jeune colon décide de quitter le groupe et de s’engouffrer dans une ruelle. Un soldat le voit et lui demande de revenir. En colère, le colon revient pour crier au soldat qu’il est un traître, et lui met des coups de poing et des coups de pieds. Au lieu de l’arrêter, le soldat lui dit de se calmer, puis le laisse repartir où bon lui semble. Le chef du groupe de colons précise au soldat qu’il ne devrait pas imposer ses règles au jeune homme.
Le gang fait sa loi
Un autre groupe de colons rejoint le premier. En passant, il brise le carreau d’une voiture, et insulte un commerçant qui avait osé ouvrir son magasin. Les soldats ont perdu le contrôle, et tentent de ramener les colons en dehors de la vieille ville, vers les colonies. Enervés de ne pas pouvoir agir comme ils veulent, une dizaine d’entre eux se lâchent. Nedal Al-A’zazmah, un jeune Palestinien de 32 ans, qui se trouvait là au mauvais endroit au mauvais moment, est prit pour cible : avec un couteau ils lui tailladent le front, le bras, et le battent. Il ira porter plainte au commissariat, mais aucun effort ne sera fait pour retrouver les agresseurs, bien que chacun sait où ils habitent et comment ils se nomment.
C’est un samedi de passé à Hébron, mais comme chaque semaine on appréhende le suivant en serrant les dents.
http://www.france-palestine.org/article12388.html
Les articles publiés ne reflètent pas obligatoirement les opinions du CJPP5, qui dénie toute responsabilité dans leurs contenus, lesquels n'engagent que leurs auteurs ou leurs traducteurs. Nous sommes attentifs à toute proposition d'ajouts ou de corrections.
Le contenu de ce site peut être librement diffusé aux seules conditions suivantes, impératives : mentionner clairement l'origine des articles, le nom du site, ainsi que celui des traducteurs.