Hier, 15h34
Dans un document de 34 pages publié vendredi, elle s'élève aussi contre « l'impunité quasi totale » qui recouvre ces atteintes et souligne que la situation des droits de l'homme, déjà critique dans les territoires palestiniens occupés, s'est dégradée pendant l'opération « Plomb durci » menée par Tsahal pour faire taire les tirs de roquettes palestiniens sur l'État hébreu.
Ce rapport ainsi que celui que va bientôt sortir le juriste sud-africain Richard Goldstone, après une série d'auditions menées à Gaza, seront soumis en septembre au Conseil de sécurité de l'ONU.
[...] « D'importants éléments de preuve indiquent de prime abord que de graves atteintes au droit humanitaire international ainsi que des violations flagrantes des droits de l'homme ont eu lieu lors des opérations militaires conduites entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009, qui ont été aggravées par le blocus enduré par la population de Gaza lors des mois qui ont précédé l'opération « Plomb durci », et qui se perpétue encore », écrit Navi Pillay.
Cette dernière énumère ainsi des cas de détention arbitraire, de torture et de mauvais traitements, d'exécutions extrajudiciaires, d'évictions forcées et de démolitions de maisons, d'extension de colonies et de violences concomitantes et de restrictions à la liberté de mouvement et d'expression.
« Tandis que ces violations sont en soi très préoccupantes, l'impunité presque totale qui persiste aujourd'hui à propos de semblables atteintes (et ce quel que soit le responsable) est très inquiétante et constitue une cause profonde des violations persistantes », ajoute cette ancienne juge à la Haute Cour d'Afrique du Sud.
RECOMMANDATIONS
Cette dernière fait à cet égard un certain nombre de recommandations :
• qu'Israël lève son blocus ainsi que ses restrictions sur les mouvements à destination et en provenance de l'enclave côtière palestinienne qui équivalent à un châtiment collectif illégal ;
• que les allégations de violations du droit humanitaire et des droits de l'homme pendant le conflit à Gaza fassent l'objet d'une enquête par des institutions indépendantes, et que les victimes aient droit à des indemnités ;
• que l'État hébreu s'attaque à l'immunité dont jouissent les violations et réduise son recours à la justice militaire, qui ne remplit pas les critères internationaux ;
• qu'Israël cesse d'étendre illégalement ses implantations dans les territoires occupés, suspende les évictions et démolitions de maisons palestiniennes et mette un terme aux violences des colons.
Contrairement aux décisions du Conseil de sécurité, les conclusions et recommandations du Conseil des droits de l'homme de l'ONU (CDH) n'ont pas d'effet contraignant.
Cette dernière instance, qui a succédé il y a trois ans à la très controversée Commission des droits de l'homme, compte aujourd'hui 47 membres.
Le CDH, dont la majorité est composée de pays africains et musulmans, a, avec le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba et du Nicaragua, consacré plus de temps à la question israélo-palestinienne qu'à tout autre dossier international depuis sa création.
Pour consulter le rapport intégral de Navi Pillay, voir www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/12session/A%20HRC%2012%2037_AEV.pdf )
Version française Jean-Loup Fiévet et Philippe Bas-Rabérin
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