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Le Monde.fr : "L'émissaire américain George Mitchell a quitté Jérusalem sans aucun accord sur un "gel" de la colonisation" par Laurent Zecchini



L'émissaire américain George Mitchell a quitté Jérusalem sans aucun accord sur un "gel" de la colonisation


LE MONDE | 19.09.09 | 14h42  •  Mis à jour le 19.09.09 | 14h42

Jérusalem Correspondant

George Mitchell, l'émissaire américain pour le Proche-Orient, est reparti, vendredi 18 septembre, pour Washington sans annoncer une quelconque avancée du processus de paix israélo-palestinien. Celui-ci semble donc dans l'impasse avant même d'avoir été officiellement relancé. Le président Barack Obama devrait cependant rencontrer le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, la semaine prochaine, à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

M. Abbas et M. Nétanyahou sont soumis à de fortes pressions américaines pour accepter une rencontre en commun. Compte tenu de l'échec apparent de la mission de M. Mitchell, il est probable que, s'il a lieu, cet entretien sera de pure courtoisie, même s'il est officialisé par une photo. Celle-ci serait néanmoins importante pour le chef de la Maison Blanche, qui s'est beaucoup avancé sur une reprise des négociations israélo-palestiniennes, interrompues depuis la fin 2008.

Un succès en ce sens, même provisoire, permettrait à M. Obama d'alléger un peu la pression politique et médiatique à laquelle il est soumis s'agissant des vicissitudes de la réforme du système de santé américain et de la situation en Afghanistan.

En Israël, les critiques du président américain se sont multipliées ces dernières semaines devant l'exigence de Washington d'un gel total de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, comme préalable à une reprise des négociations.

M. Mitchell n'a pas eu gain de cause, puisque M. Nétanyahou ne veut entendre parler que d'un "ralentissement des constructions", et ce pour quelques mois. "Si un "gel" signifie aucune construction, pas de maisons, pas d'écoles, pas de jardins d'enfants ou de synagogues, il n'aura pas lieu", a souligné le premier ministre israélien, qui revendique la poursuite de la colonisation pour tenir compte de la " croissance naturelle" (démographique) de la population des colons.

BLOCAGE

Les Américains ont réclamé un an de gel, alors que le gouvernement israélien serait prêt à accepter six mois. Il n'est pas exclu qu'un compromis puisse s'établir sur une période de neuf mois, mais la partie israélienne s'est empressée de souligner que ce moratoire ne s'appliquerait pas pour 3 000 logements déjà lancés ou annoncés, et que les constructions à Jérusalem-Est continueront, puisque Jérusalem "n'est pas une colonie".

A Ramallah, en Cisjordanie, où siège l'Autorité palestinienne, George Mitchell n'a pu que confirmer à Mahmoud Abbas le blocage des discussions avec Benyamin Nétanyahou. Les Palestiniens se retranchent derrière la position sans doute imprudemment affichée par les Américains - "un gel total" de la colonisation - pour camper sur leurs positions.

M. Abbas a souligné que tant qu'Israël ne respectera pas ses obligations au titre de la "feuille de route" (le plan de paix de juin 2003, qui prévoyait "le gel de toutes les activités de colonisation, y compris la croissance naturelle"), il ne reviendra pas à la table des négociations. Si la position israélienne ne changeait pas, a insisté vendredi Saëb Erakat, principal négociateur palestinien, une rencontre à New York avec M. Obama et M. Nétanyahou serait "dénuée de sens".

Ces préalables laissent mal augurer de ce que pourraient être de futures négociations sur les sujets fondamentaux que sont le sort des réfugiés et les frontières d'un futur Etat palestinien, et surtout le statut de Jérusalem. La question est désormais de savoir quelles pressions le président Obama est prêt à exercer.

Dans son livre The Much Too Promised Land ("La Terre trop promise"), Aaron Miller, qui a été conseiller pour le Proche-Orient de six secrétaires d'Etat américains, écrit ceci : "Les colonies sont totalement incompatibles avec la création de la confiance. Israël doit geler ces activités. Et nous (les Américains) devons leur imposer un coût s'ils ne le font pas."

Laurent Zecchini





http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/09/19/l-emissaire-americain-....



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