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Regain de tension dans la Vieille ville d’Al-Qods
La police israélienne se déploie en masse à proximité de l’esplanade des Mosquées
AL-QODS OCCUPEE (AFP) — La police israélienne était déployée en force hier dans la Vieille ville d’Al-Qods à la suite du regain de tension entre musulmans et juifs autour de l'esplanade des Mosquées, haut lieu sacré pour l'une et l'autre religion.
La police israélienne a été placée en état d’alerte, mobilisant des milliers d’hommes dans la Vieille ville, à proximité de l’esplanade, au lendemain de nouveaux heurts entre Palestiniens et forces de l’ordre.
Toutefois, aucun affrontement sérieux n’avait été signalé hier, à l’exception de deux incidents mineurs dans des quartiers arabes d’Al-Qods-Est, à l’extérieur de la Vieille ville.
Selon le porte-parole de la police d’Al-Qods, Shmuel Ben Rubi, dix Palestiniens masqués qui jetaient des pierres contre des policiers dans le quartier de Ras El Amud ont été arrêtés.
Afin de limiter les troubles potentiels, la police a restreint l’accès de l’esplanade aux musulmans âgés de plus de 50 ans, à condition qu’ils soient Arabes israéliens ou résidents de la partie orientale annexée par Israël après sa conquête en juin 1967.
En outre, juifs et chrétiens ont été interdits de visite. "La police autorise en général les visites sur l’esplanade mais interdit à des fidèles juifs d’y prier", a rappelé le porte-parole de la police.
Ce site, qui abrite les mosquées Al-Aqsa et du Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l’Islam après La Mecque et Médine.
Le président de l’Office des biens musulmans (Waqf), cheikh Azam Al-Khatib, chargé des lieux saints, a dénoncé ces restrictions. Il a rendu responsables de la récente tension des "extrémistes juifs qui provoquent les croyants musulmans en venant prier sur l’esplanade et ne cachent pas leur ambition d’en chasser les musulmans pour construire un temple".
Selon la police, ces mesures ont été prises pour éviter de nouveaux heurts sur l’esplanade et dans la Vieille ville et protéger les fidèles juifs venus prier au Mur des lamentations, situé à un jet de pierre.
La police a averti que des "éléments hostiles incitaient à la violence", mettant en cause notamment le "Mouvement islamique" en Israël, une organisation arabe israélienne qui appelle régulièrement à la défense des mosquées d’Al-Aqsa et du Dôme du Rocher.
Des affrontements sporadiques ont opposé dimanche de jeunes Palestiniens à la police dans le quartier musulman de la Vieille ville. Il y a eu sept blessés et trois arrestations.
Des incidents similaires avaient éclaté il y a une semaine au même endroit, faisant une trentaine de blessés. Les Palestiniens protestaient contre l’intrusion selon eux de fidèles juifs — un groupe de touristes, selon la police — venus prier sur l’esplanade.
L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a exhorté la communauté internationale à "porter la question de la mosquée Al-Aqsa devant le Conseil de sécurité des Nations unies".
A Gaza, à l’appel du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle le territoire, des milliers de manifestants ont appelé hier à "relancer l’Intifada pour défendre Al-Aqsa".
"A Amman, l’ambassadeur d’Israël s’est vu remettre une lettre de protestation réclamant l’arrêt immédiat des violations répétées d’Israël d’Al-Qods-Est occupée et sur le site de la mosquée Al-Aqsa", selon un communiqué. Israël reconnaît à la Jordanie la tutelle sur les lieux saints musulmans.
C’est une visite — perçue comme provocatrice — du chef de la droite israélienne, Ariel Sharon, sur la même esplanade qui avait déclenché la seconde Intifadha, le 28 septembre 2000, qui avait embrasé les territoires palestiniens.
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