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| Jeudi 8 octobre | |
par K.Selim
Alors que l'épisode du retrait de l'examen du rapport du juge Goldstone est devenu une source supplémentaire de divisions entre les Palestiniens - le Hamas a demandé le report de la réunion de réconciliation prévue au Caire le 26 octobre prochain -, le roi Abdallah d'Arabie Saoudite est arrivé à Damas. C'est la première visite du souverain saoudien depuis son accession au trône en 2005.
A défaut de réconciliation, Ryad et Damas peuvent faire le constat de la stérilité de leurs «dissensions». Celles-ci ont porté sur des appréciations différentes sur le cours des évènements dans une région mise en transe par l'intervention brutale et sanglante des Américains en Irak et la persistance d'une politique d'expansion colonialiste d'Israël avec l'appui de Washington.
En théorie, rien ne justifiait que sur ces thèmes les relations entre les deux pays se distendent. Les Saoudiens, même s'ils ne font pas dans le militantisme révolutionnaire, ne peuvent que constater que la solution américaine en Irak a été destructrice... Sur le dossier palestinien, les dirigeants saoudiens n'hésitent plus à dire aux Américains qu'ils n'ont aucune fleur à donner à leur protégé israélien et qu'ils ne feront aucun «geste» dans le sens de la normalisation. D'une certaine manière, le roi Abdallah ne peut aller en dessous de son plan de paix, devenu officiellement, en 2002, celui de la Ligue arabe.
Il y a, bien entendu, le dossier libanais, où les Saoudiens et les Syriens sont alliés à des forces libanaises en forte compétition. Mais si le conflit interlibanais a paru si extrême, cela est largement dû - pour ne pas dire strictement - à des intrusions externes. Il y a chez les dirigeants arabes au Proche-Orient une tendance fâcheuse, pour ne pas dire davantage, à suivre les Américains sans trop réfléchir. Il est incompréhensible de voir que ceux qui sont désignés par les Etats-Unis - et Tel-Aviv - comme ennemis deviennent aussi les leurs. En vertu de quelle appréciation ?
C'est cet aveuglement progressif qui a conduit aujourd'hui le chef de l'Autorité palestinienne à aller si loin et à demander le retrait de l'examen du rapport Goldstone. Mahmoud Abbas et son Autorité sont dans une situation de faiblesse car ils ont oublié qu'on négocie mieux quand on a derrière soi sa population.
L'Arabie Saoudite, contrairement aux idées reçues, n'est pas sans atouts. Elle a les moyens de peser sérieusement sur l'échiquier et de frapper sur la table. Encore faut-il le vouloir et ne pas se tromper d'analyse. On peut comprendre que les monarchies du Golfe puissent s'inquiéter du poids que prend l'Iran sur l'échiquier régional. Ce qui est incompréhensible est que cette appréhension est mise au service des Américains et des Israéliens dans leur campagne contre l'Iran. Les Etats arabes du Golfe et leurs médias y contribuent depuis quelques années en présentant les différences entre chiisme et sunnisme comme quelque chose de «fondamental».
Il faut espérer que le roi saoudien est venu à Damas avec une appréciation plus saine de l'intérêt arabe et qu'il ne cherche pas à demander aux Syriens de se retourner contre leurs amis iraniens... Cette démarche est stérile. Les Saoudiens peuvent dire à l'ami américain qu'ils ne sont pas tenus d'avoir les mêmes ennemis, ni les mêmes amis.
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5127492
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