Présentation Mouna, divorcée et mère d'un adolescent, est une femme palestinienne enthousiaste et optimiste. Au coeur des territoires occupés, le quotidien est pourtant éprouvant et l'horizon morose. Et puis un jour, quitter cette vie et aller travailler aux Etats-Unis devient possible : étrangère en son pays, Mouna peut bien l'être ailleurs. Elle part alors avec son fils Fadi rejoindre sa soeur installée depuis quinze ans au fin fond de l'Illinois. Après le réconfort des retrouvailles, Mouna et Fadi vont devoir trouver leur place dans cette 'Amerrika' tant rêvée. Mais les Etats-Unis, partis en guerre contre le 'diable' Saddam, ont une bien étrange conception de l'hospitalité.



le 16 Juin 2009 par Mathieu Menossi Née au Nebraska de parents d'origine palestino-jordanienne, Cherien Dabis a longtemps médité son sujet avant de le porter à l'écran. La jeune réalisatrice a choisi de dérouler ses premières pellicules pour évoquer cette sensation troublante de ne se sentir nulle part chez elle. "Ni assez américaine pour les Américains, ni assez arabe pour les Arabes", c'est naturellement qu'elle délivre ce film entre deux pays, deux cultures. Entre la réalité insupportable des territoires occupés palestiniens et celle tout aussi hostile du Midwest américain. 'Amerrika' a le parfum de ces oeuvres instinctives, nourries d'expériences personnelles. La ligne de narration est linéaire, directe. Cherien Dabis ne se laisse jamais déborder par la force émotionnelle de son récit, lui opposant une remarquable sobriété. Les enjeux sont implicites et restent en lame de fond tout au long du récit. Le politique et le mélodrame restent tacites, la cinéaste s'attachant davantage à servir ses comédiens dans cet équilibre subtil d'authenticité et d'humour. Porté par ses personnages, 'Amerrika' est d'abord un film d'acteurs. Il y a Hiam Abbass, bien sûr, mais aussi et surtout ce duo mère-fils, incarné par Nisreen Faour et Melkar Muallem, qui décroche son tout premier rôle au cinéma. L'une est tendre, généreuse et naïve. L'autre, plus impatient, est animé de ce sentiment d'urgence que lui insuffle sa jeunesse. En choisissant de rester dans ce ton doux et fragile qu'est celui de la comédie dramatique, Cherien Dabis emmène son film au-delà de la stricte dénonciation morale et politique. Elle imprime à son film une enveloppe éminemment optimiste. Et, à la fin de l'envoi, elle touche.
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