| Ce dernier souhaite faire émerger une nouvelle génération issue du terrain à la tête du mouvement nationaliste par le biais du renouvellement de son comité central. Mais la "vieille garde", dont nombre d’éléments ont passé des années en exil, semble faire de la résistance, aussi les réformistes se montraient-ils pessimistes sur l’issue de la réunion, la première à se tenir en territoire occupé. Le dernier congrès du Fatah, le Ve, remonte à l’année 1989 à Tunis, où s’était installée la direction du mouvement après son expulsion de Beyrouth, en 1982, et avant les accords d’autonomie conclus à Oslo en 1993. La direction en place depuis cette époque est de longue date accusée de corruption, d’impéritie, de suffisance et d’absence de transparence par les "jeunes loups" du mouvement. Cette fois, le comité central du mouvement se voit reprocher de tenter de fausser le congrès par l’ajout de 700 délégués non prévus à la liste initiale de 1.550 congressistes. Selon Mansour Al Sadi, un des représentants de la nouvelle génération qui souhaite avoir son mot à dire dans la conduite du mouvement, cette "tentative de détournement" vise à maintenir le statu quo. "Nous réclamions la tenue de ce congrès depuis de nombreuses années mais ceci n’est pas le congrès dont nous avions rêvé", s’est plaint de son côté un autre délégué réformiste, Kaddoura Farès. De source proche du Fatah, on exclut pourtant toute scission au sein du mouvement nationaliste, affaibli depuis le coup de force de son rival islamiste Hamas à Gaza à la mi-juin 2007. Si les délégués débattent du programme politique du Fatah, sa charte fondatrice n’est pas remise en cause. Lors de son discours d’ouverture, mardi, Mahmoud Abbas a déclaré que le mouvement était voué à créer un Etat palestinien et à faire la paix avec Israël mais que la "résistance" demeurait une de ses options. Il n’a pas précisé quelles formes celle-ci pourrait prendre, mais les délégués discutent de nouvelles formes d’action contre la colonisation israélienne, comme la désobéissance civile. Certains délégués ont réclamé des comptes sur la défaite du Fatah face au Hamas lors des législatives de 2006, mais d’autres ont préféré regarder devant eux en faisant valoir que la tenue même de ce VIe congrès était un succès, même si les islamistes de Gaza ont empêché 400 délégués du Fatah de s’y rendre. Les statuts du Fatah prévoient un congrès tous les cinq ans, mais le défunt Yasser Arafat s’était arrangé pour différer le VIe afin d’éviter toute remise en cause de son autorité. Ce VIe congrès, qui pourrait se prolonger jusqu’au week-end prochain, doit élire 18 membres du comité central parmi 80 candidats et 120 membres du Conseil de la révolution parmi des centaines de prétendants. http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=6&news=98761 |