Devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset, le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a annoncé que “dans les semaines à venir” un nouveau plan de paix américain “sera formulé et présenté aux parties concernées”.
“Je crois qu’Israël devrait prendre l’initiative en acceptant ce plan”, a-t-il préconisé, selon un porte-parole du Parlement cité par la presse israélienne.
Selon certains médias israéliens, qui ne donnent pas davantage de précisions, il s’agirait d’une série de nouvelles propositions de l’Administration Obama pour débloquer le processus de paix initié en novembre 2007 par la Conférence internationale d’Annapolis. Pour inviter comme il l’a fait les députés de la Knesset et, à travers eux son pays, à accepter le nouveau plan américain, le ministre israélien de la Défense doit être au fait de son contenu.
On se rappelle en effet que le dirigeant travailliste a eu une série d’entretiens avec l’envoyé spécial de la Maison-Blanche au Proche-Orient, George Mitchell. Leurs discussions ont porté essentiellement sur le préalable américain du gel de la colonisation dans les territoires conquis par Israël depuis 1967, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a refusé jusqu’ici de satisfaire. Il semble donc raisonnable de penser que cette question sera au centre du nouveau plan américain, d’autant plus que l’actualité est, malheureusement, marquée par la multiplication des provocations israéliennes à ce sujet : délogement forcé de familles palestiniennes et installation à leur place de familles juives, construction de nouveaux immeubles dans Jérusalem-Est et extension des colonies en Cisjordanie.
Au plan de la politique interne d’Israël, il est tout de même remarquable que ce soit le ministre de la Défense et non celui des Affaires étrangères qui dévoile l’existence du plan américain devant la Knesset.
Cela pourrait être un élément révélateur qui confirmerait le déclin du sulfureux Avigdor Lieberman, détenteur du portefeuille de la diplomatie. Le leader du parti ultranationaliste Israël Beitenou, qui doit son ascension fulgurante à un discours fracassant, xénophobe et résolument anti-arabe, a de sérieux démêlés avec la justice et, s’il venait à être inculpé, risquerait jusqu’à 35 ans de prison. De plus, il n’est le bienvenu ni en Europe, ni aux Etats-Unis, ni encore moins dans les pays arabes. Le président Sarkozy aurait même conseillé à Netanyahu de s’en débarrasser et une partie de la presse israélienne ne cesse de réclamer son départ du gouvernement. En fait tout semble indiquer que ses jours sont comptés au ministère des Affaires étrangères et Ehud Barack avoir été tacitement désigné pour les pourparlers avec les parties américaines et arabes. Même si un tel schéma ne changera pas fondamentalement la donne du problème israélo-palestinien, il est toujours bon à prendre. Par contre, l’inquiétude vient ces jours-ci de Bethléem où se tient, depuis mardi, le congrès du Fatah, en absence de quelque 400 délégués empêchés par le Hamas de quitter la bande de Gaza.
Non seulement cet incident éloigne un peu plus l’hypothétique réconciliation entre les frères ennemis, mais de sérieuses dissensions apparaissent au sein même du Fatah. Si ces divisions se confirment et se radicalisent, l’Autorité palestinienne sera plus affaiblie qu’elle ne l’est déjà aussi bien dans ses pourparlers avec le Hamas que dans ses négociations avec Israël. Dès lors, quelles que soient l’ampleur et la portée du nouveau plan américain, son impact sur le processus de paix s’en trouvera diminué.
M. A. Boumendil
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