Le spectacle des prévenus avouant leurs crimes ne peut laisser personne indifférent, tant il rappelle des mauvais souvenirs. Depuis les tribunaux de l’Inquisition, nous savons que des aveux n’ont jamais été une preuve. Pas plus que l’on ne peut rester insensible aux informations sur les abus sexuels dont ont été victimes diverses personnes arrêtées durant les manifestations à Téhéran, comme semble l’indiquer ce témoignage fourni sur le site du candidat à l’élection présidentielle Mehdi Karroubi, « Reformer in Iran Publishes Account of a Prison Rape » (Michael Slackman, The New York Times, 24 août 2009). Le seul élément positif est le fait que certains journaux iraniens en parlent et que le débat autour de ces pratiques a lieu en Iran même – de ce point de vue, la comparaison avec les procès de Moscou est absurde. Le journal E’temad affirme, dans son édition du 25 août, que le parlement enquêtera sur les accusations de Karroubi.
Une commission d’enquête parlementaire a aussi été créée sur les accusations de torture, des députés se sont exprimés, parfois de manière contradictoire, sur ce qu’ils avaient vus et entendus. Quant à Ali Larijani, le président du parlement, il a demandé, selon le journal E’temad du 26 août, une enquête sur les rumeurs concernant des tombes collectives dans le cimetière de Behesht-Zahra (Téhéran).
Cela ne signifie pas que toute information donnée ou circulant sur la torture en Iran soit vraie ou même vraisemblable. Un des textes les plus vus sur le Net est celui publié par une journaliste dans le Jerusalem Post du 19 juillet, « ’I wed Iranian girls before execution’ » de Sabina Amidi. Le titre résume bien l’article : c’est le témoignage d’un milicien qui affirme qu’il a épousé une fille arrêtée (c’est-à-dire qu’il l’a violée !) avant que celle-ci soit exécutée, car on n’envoie pas des vierges au paradis !
Ce témoignage aurait été recueilli par téléphone, à la suite d’un contact donné par un ami de la journaliste. Plusieurs questions se posent sur ce témoignage : depuis quand un seul témoignage suffit-il pour accréditer un fait ? D’autant que la journaliste n’a pu évidemment rencontrer son informateur, qu’elle ne sait pas qui il est, etc. Enfin, d’où sort.............................................