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L'Humanité.fr : "Le dossier iranien de retour sur la table de l’ONU" par Pierre Barbancey


International -
Article paru
le 8 septembre 2009


Monde

Le dossier iranien de retour sur la table de l’ONU

Nucléaire . L’Agence internationale de l’énergie atomique examine à nouveau les intentions de Téhéran : programme militaire ou civil. Ahmadinejad parle de « nucléaire propre ».

Le programme nucléaire iranien est au centre de la réunion d’automne de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui s’est ouverte, hier, à Vienne (Autriche). Les 35 membres du conseil des gouverneurs de l’AIEA ont, dans leur dossier, deux thèses. Celles des capitales occidentales qui soupçonnent l’Iran de cacher un moyen pour se doter de l’arme atomique alors que Téhéran clame que son programme est purement civil. L’examen est d’autant plus complexe qu’en la matière, la bonne foi n’a aucune signification - ni d’un côté ni de l’autre - et que le contentieux entre l’Iran et les pays occidentaux dépasse largement la seule question nucléaire.

L’IRAN réitère ses accusation contre les états-Unis

Ainsi, le directeur général sortant de l’AIEA et prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei - dont le mandat prend fin le 30 novembre prochain - a été accusé par Israël et par la France de ne pas publier tous les documents qui permettraient d’établir la nature militaire des projets iraniens. Ce qu’il récuse avec force. De son côté, l’Iran a réitéré ses accusations contre les services secrets américains d’avoir produit des documents falsifiés pour prouver cette composante militaire présumée de leur programme qui ne viserait qu’à produire de l’électricité.

L’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a accusé « les ambassadeurs des États-Unis, de France et du Royaume-Uni (…) de poursuivre des motivations politiques ». Ces prétendues études réfutées par les Iraniens émanent de plusieurs services de renseignements et suggèrent que l’Iran tente de fabriquer des ogives nucléaires, qu’il enrichit de l’uranium à cette fin et effectue des essais de missiles. « Malheureusement, l’Agence n’a pas été capable d’engager l’Iran dans des discussions sérieuses sur ces questions depuis plus d’un an », regrette le directeur général dans son rapport, déplorant le manque de coopération de Téhéran.

Le problème, régulièrement mis en avant, est que, sur la question du nucléaire, les Occidentaux ont un discours et une attitude à géométrie variable dans la région. « Nous ne voulons pas de sanctions », affirme par exemple le secrétaire d’État allemand aux Affaires européennes, Günter Gloser, en ajoutant immédiatement : « Mais il ne doit pas y avoir de course à l’armement nucléaire au Proche et au Moyen-Orient. » Or, au Proche-Orient, un pays possède l’arme nucléaire : Israël. Ce pays n’ayant jamais signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), aucun inspecteur de l’AIEA ne s’y rend, en tout cas pas dans le cadre d’une mission sur l’arme atomique. Au Moyen-Orient, un autre pays possède cette arme : le Pakistan. Mais Islamabad est dans le bon cas. Il n’y a rien à dire sauf à protéger le gouvernement pour que les têtes nucléaires ne tombent pas dans l’escarcelle des islamistes. Que vaut, dans ces conditions, l’ironie du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui dit : « Depuis trois ans, nous parlons avec l’Iran, ça n’a servi à rien du tout. Et nous continuons à parler… » Dans la bouche d’un homme qui a soutenu l’intervention américaine en Irak, on peut s’inquiéter de telles déclarations.

Plusieurs séries de sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies contre l’Iran n’ont d’ailleurs rien donné et l’AIEA n’a toujours pas apporté, alors qu’elle travaille depuis près de six ans sur le dossier, la preuve irréfutable que Téhéran fabrique sa bombe nucléaire. Quelle porte de sortie les gouverneurs de l’AIEA peuvent-ils ouvrir ?

Le président Obama a donné à la République islamique jusqu’à la fin du mois pour répondre à l’offre présentée par six grandes puissances (Russie, États-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) en échange du gel de ses activités nucléaires suspectes, faute de quoi elle s’exposerait à un durcissement des sanctions internationales. Ce à quoi le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, rétorque : « De notre point de vue, la question nucléaire est réglée. » L’Iran, qui s’apprête à présenter ses propres propositions aux « Six », est prêt à négocier et à coopérer en vue d’une exploitation « pacifique d’une énergie nucléaire propre » disponible pour tous les pays, tout en combattant la prolifération, a insisté Ahmadinejad.


Pierre Barbancey






http://www.humanite.fr/2009-09-08_International_Le-dossier-iranien..




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