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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 00:17
Les raisons profondes de la révolte des prisonniers
 
 
 
jeudi 4 mai 2017 / 4h:20
Photo : Oren Ziv/ActiveStills.org
 
Rassemblement de soutien aux prisonniers - Bethlehem, 17 avril 2017 - Photo : Oren Ziv/ActiveStills.org
 
 
 
 
 
 
 
Ramzy BaroudGaza est la plus grande prison à ciel ouvert au monde. La Cisjordanie est également une prison, segmentée en différentes zones, connues sous le nom de zones A, B et C. En fait, tous les Palestiniens sont soumis à des degrés divers de restrictions militaires. À un certain niveau, ils sont tous prisonniers.

 

Jérusalem-est est coupé de la Cisjordanie et les habitants de la Cisjordanie sont coupés les uns des autres.

Les Palestiniens en Israël sont traités un peu moins mal que leurs frères dans les territoires occupés, mais ils vivent dans des conditions dégradantes par rapport au statut de première classe accordé aux juifs israéliens en vertu de leur appartenance ethnique.

Les Palestiniens suffisamment « chanceux » pour échapper aux menottes et aux chaînes sont de différentes manières toujours pris au piège .

Les réfugiés palestiniens du camp Ein el-Hilweh au Liban, comme des millions de réfugiés palestiniens dans la « diaspora », sont prisonniers dans des camps de réfugiés, portent une identité précaire, sans réelle valeur, ne peuvent voyager et se voient refuser l’accès au travail. Ils languissent dans les camps de réfugiés, attendent que leur vie s’améliore, même légèrement, comme leurs pères et leurs grands-pères l’ont fait avant durant près de soixante-dix années.

C’est pourquoi la question des détenus est une question très sensible pour les Palestiniens. C’est une représentation réelle et métaphorique de tout ce que les Palestiniens ont en commun.

Les protestations qui s’organisent dans les territoires occupés pour soutenir les 1500 grévistes de la faim ne sont pas seulement un acte de « solidarité » avec les hommes et les femmes incarcérés et maltraités qui exigent des améliorations dans leurs conditions de détention.

Malheureusement, la prison est le fait le plus évident de la vie palestinienne; C’est le statu quo, la réalité quotidienne.

Les prisonniers retenus en captivité dans les prisons israéliennes représentent la vie de tous les Palestiniens, piégés derrière les murs, les barrages militaires, dans les camps de réfugiés, à Gaza, dans les cantons de Cisjordanie, dans Jérusalem sous le coup de la ségrégation, attendaient de pouvoir entrer, attendant de pouvoir sortir. Tout simplement, toujours dans l’attente.

Il y a 6500 prisonniers dans les prisons israéliennes. Ce nombre comprend des centaines d’enfants, de femmes, d’élus, de journalistes et de détenus administratifs, lesquels sont détenus sans accusations ni procès, indépendamment de toute procédure régulière. Mais ces chiffres ne donnent qu’une idée limitée de la réalité qui s’est imposée sous l’occupation israélienne depuis 1967.

Selon le groupe des droits des prisonniers Addameer, plus de 800 000 Palestiniens ont été emprisonnés sous la domination militaire depuis qu’Israël a commencé son occupation des territoires palestiniens en juin 1967.

Cela représente 40% de l’ensemble de la population masculine des territoires occupés.

Les prisons israéliennes sont des prisons dans des prisons encore plus larges. En période de protestations et de troubles, en particulier lors des soulèvements de 1987-1993 et ​​2000-2005, des centaines de milliers de Palestiniens ont été soumis à des couvre-feux militaires prolongés, parfois des semaines et même des mois.

Sous les couvre-feux militaires, les gens ne sont pas autorisés à quitter leur foyer, avec peu ou pas d’interruptions pour même acheter de la nourriture.

Pas un seul palestinien qui a traversé (ou qui traverse toujours) de telles conditions de vie, n’est étranger à l’expérience de l’emprisonnement.

Mais certains Palestiniens dans cette grande prison ont reçu des cartes de VIP. Ils sont considérés comme des « Palestiniens modérés », ce qui leur a permis d’obtenir des permis spéciaux de l’armée israélienne pour quitter la prison palestinienne et revenir comme ils le souhaitent.

Alors que l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat a été enfermé dans son bâtiment à Ramallah pendant des années, jusqu’à sa mort en novembre 2004, le président actuel de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, est libre d’aller où bon lui semble.

Israël peut, parfois, être critique à l’égard d’Abbas, celui-ci s’écarte rarement des limites acceptables fixées par le gouvernement israélien.

C’est pourquoi Abbas est libre tandis que le dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti est emprisonné (avec des milliers d’autres).

La grève de la faim des prisonniers a débuté le 17 avril, en commémoration de la « Journée des prisonniers » en Palestine.

Le huitième jour de la grève, alors que la santé de Marwan Barghouti se détériorait, Abbas était au Koweït rencontrant un groupe de chanteurs arabes vêtus d’habits chatoyants.

Les rapports, publiés dans « Safa News Agency » et ailleurs, ont soulevé beaucoup d’attention sur les réseaux sociaux. La tragédie de la double réalité palestinienne est un fait incontournable.

Barghouti est beaucoup plus populaire parmi les partisans du Fatah, l’un des deux plus grands mouvements politiques palestiniens. En fait, il est le dirigeant le plus populaire parmi les Palestiniens, indépendamment de leurs positions idéologiques ou politiques.

Si l’AP s’intéressait vraiment aux prisonniers et au bien-être du chef le plus populaire du Fatah, Abbas se serait occupé à forger une stratégie pour décupler l’énergie des prisonniers aux ventres vides et des millions de personnes qui se sont rassemblées pour les soutenir.

Mais la mobilisation de masse a toujours fait peur à Abbas et et à son Autorité. Elle est bien trop dangereuse pour lui, car l’action populaire remet souvent en cause le statu quo et risquerait d’entraver sa domination, validée par Israël, sur les Palestiniens vivant sous occupation.

Alors que les médias palestiniens ignorent la fracture au sein du Fatah, les médias israéliens l’exploitent à fond, la replaçant dans un contexte politique plus large.

Abbas devrait rencontrer le président américain Donald Trump le 3 mai.

Il veut laisser une bonne impression sur le président impulsif, d’autant plus que Trump diminue l’aide étrangère dans le monde entier mais augmente l’aide américaine à l’AP. Cela suffirait à expliquer le point de vue de l’administration américaine sur Abbas et son appréciation du rôle de son Autorité pour assurer la sécurité d’Israël et conserver la même situation sur le terrain.

Mais tous les partisans du Fatah ne sont pas contents de la soumission d’Abbas. Les jeunes du Mouvement veulent réaffirmer une forte position palestinienne en mobilisant le peuple, alors qu’Abbas veut garder les choses en l’état.

Amos Harel soutient dans Haaretz que la grève de la faim, impulsée par Barghouti lui-même, était une tentative de ce dernier de défier Abbas et « contester le plan de paix de Trump».

Cependant, Trump n’a pas de plan. Il donne carte blanche au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour faire ce qu’il veut. Sa solution est: un État, deux États, selon les deux parties. Mais les deux parties sont loin d’être des puissances égales. Israël a des capacités nucléaires et une puissante armée, alors qu’Abbas a besoin d’une permission pour quitter la Cisjordanie occupée.

Dans cette réalité inégale, seul Israël décide du sort des Palestiniens.

Lors de sa récente visite aux États-Unis, Netanyahu a fait connaître sa vision du futur.

« Israël doit conserver un contrôle primordial de la sécurité sur toute la zone située à l’ouest du Jourdain », a-t-il déclaré.

Dans le journal La Nation, le professeur Rashid Khalidi a exposé le véritable sens de la déclaration de Netanyahu.

En prononçant ces mots, « Netanyahu a dévoilé un projet permanent d’occupation et de colonisation, excluant un État palestinien indépendant et souverain, quelle que soit la fiction ‘d’État’ ou ‘d’autonomie’ souhaitée pour dissimuler cette réalité brutale », écrit-il.

« Le silence subséquent de Trump équivaut à la bénédiction du gouvernement américain pour cette vision grotesque de l’assujettissement perpétuel et de la dépossession pour les Palestiniens ».

Pourquoi les Palestiniens devraient-ils rester silencieux ?

Leur silence ne peut que contribuer à cette réalité grossière, aux circonstances pénibles et présentes, où les Palestiniens sont perpétuellement emprisonnés dans le cadre d’une occupation sans limite dans la durée, tandis que leur « leadership » reçoit à la fois un accord d’approbation d’Israël, et des accolades et des fonds à Washington.

C’est sur cette toile de fond que la grève de la faim devient beaucoup plus urgente que la seule nécessité d’améliorer les conditions des Palestiniens incarcérés.

C’est une révolte au sein du Fatah contre leur direction qui a failli, et une tentative énergique de tous les Palestiniens de démontrer leur capacité à déstabiliser le système « israélo-américain-AP » qui s’est imposé depuis de nombreuses années.

« Les droits ne sont pas accordés par un oppresseur », a écrit Marwan Barghouti de sa prison le premier jour de la grève de la faim.

En vérité, son message était dirigé vers Abbas et ses copains, autant qu’il était destiné à Israël.

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest. Visitez son site personnel.

Articles du même auteur.

2 mai 2017 – Transmis par l’auteur – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

 

http://chroniquepalestine.com/raisons-profondes-revolte-prisonniers/

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 00:14

Archbishop of Canterbury makes surprise visit to Gaza

 
 
 
 
Religion correspondent

Justin Welby visits medical facilities and lays wreath at first world war cemetery after being granted Israeli permits at last minute

 

The archbishop of Canterbury has made a surprise visit to Gaza during his 12-day tour of the Holy Land.

Justin Welby spent three and a half hours in the Gaza Strip, which has been the scene of repeated conflicts over the past decade and is governed by the militant group Hamas.

The archbishop, who was accompanied by the Anglican bishop of Jerusalem, Suheil Dawani, and two aides, was granted Israeli permits and given security clearance at the last minute.

Welby described his short visit to the densely populated and impoverished territory as “extraordinary”. About 1.9 million Palestinians live in Gaza, which is surrounded on three sides by walls and fences and blockaded by the Israeli navy along its coastline.

Gaza has a tiny, mostly Orthodox, Christian population of about 3,000. Although they have faced intimidation and threats from some Islamist groups in the past, they are tolerated by Hamas, which has ruled Gaza for the past 10 years.

Archbishop Justin Welby and Archbishop Suheil visit the Commonwealth War Cemetery in Gaza

Archbishop Suheil, far left, and Archbishop
 
 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 00:11

Un État palestinien selon les frontières de 1967 : le Hamas a-t-il un train de retard ?

#PolitiquePalestinienne
 
3 mai 2017
 
 
 

Le Hamas accepte les frontières de 1967 au moment où tous les autres qui souhaitaient un État palestinien à côté d’Israël y renoncent

La révélation de la nouvelle déclaration de principes du Hamas lundi soir s’est avérée aussi complexe que le document lui-même.

La direction de l’hôtel Intercontinental de Doha a annulé la réservation pour la conférence de presse au dernier moment, et la semaine précédente, la délégation du Hamas au Caire n’a pas pu partir car l’Égypte réclamait une partie de l’action.

Le Hamas vise les frontières de 1967 au moment précis où tous ceux qui souhaitaient un État indépendant à côté d’Israël abandonnent ce terrain

La difficulté logistique de tenir une conférence de presse à l’extérieur de Gaza illustre parfaitement l’emprisonnement du Hamas à l’intérieur de l’enclave. Et une bonne raison pour laquelle ses dirigeants politiques veulent aujourd’hui sortir de ce confinement en adoptant une position plus proche des autres factions palestiniennes.

Ce processus est néanmoins très difficile pour le Hamas.

Presque d’une seule voix, les médias occidentaux ont interprété le document comme un assouplissement de la position du Hamas sur Israël et comme un défi pour le monopole du principe d’un État palestinien selon les frontières de 1967 détenu par le Fatah.

Cependant, le document lui-même a fixé trois conditions qui l’ont presque entaîné à la suite du Fatah sur un chemin voué à l’échec. Il a refusé de reconnaître Israël, a refusé de renoncer à sa revendication sur l’ensemble de la terre de la rivière à la mer et a exigé le retour sans entraves de tous les réfugiés palestiniens.

Néanmoins, mardi, la réaction de l’opinion palestinienne et sur les réseaux sociaux a suivi la même logique : s’il n’y a pas de différence entre le Hamas et le Fatah concernant les frontières d’un futur État palestinien, pourquoi toutes ces années de luttes entre les deux factions ? Et pourquoi voter pour le Hamas ? En quoi est-il différent ?

Évolution stratégique

Voilà une bonne question. Il ne fait aucun doute que le Hamas s’est lancé dans ce débat en toute connaissance de cause. Contrairement à la charte originale qui a été écrite par un seul homme en situation de guerre, ce document est le fruit de quatre années de débat interne. Le document lui-même a été largement divulgué. Le message a été soutenu par les dirigeants. Il ne fait aucun doute que cela représente une évolution stratégique délibérée et majeure.

Mais cette stratégie elle-même est-elle juste ?

Le Hamas vise les frontières de 1967 au moment précis où tous ceux qui souhaitaient un État indépendant à côté d’Israël abandonnent ce terrain. Presque 24 ans après Oslo, les lumières éclatantes des colonies illuminent tous les soirs presque toutes les collines de Cisjordanie.

Il y a 200 000 colons dans les zones palestiniennes de Jérusalem et 400 000 en Cisjordanie. En dehors des trois principaux blocs de colonies, qu’Israël refuse d’abandonner, on dénombre 150 000 colons supplémentaires. Deux décennies de processus de paix ont conduit à la fragmentation irréparable d’un putatif État palestinien.

Israël lui-même a pratiquement abandonné l’idée d’un État palestinien distinct. Hormis la petite représentation théâtrale produite par l’évacuation d’Amona (voici un problème mathématique : si 3 000 policiers ont passé 24 heures à évacuer 40 familles, combien en faudrait-il pour évacuer 600 000 colons ?), l’état d’esprit politique en Israël penche maintenant pour l’annexion.

Pour utiliser l’avertissement arabe standard donné aux retardataires, le Hamas va-t-il au hadj quand tout le monde en revient ?

Rester fidèle aux principes

Lors de la conférence de presse à Doha, le responsable politique sortant Khaled Meshaal a été interrogé sur de potentielles négociations entre le Hamas et Israël. C’est également une bonne question.

La nouvelle position stratégique du Hamas le place dans une situation unique. Si le Hamas reste fidèle à ses principes, lesquels ne sont pas de reconnaître Israël, il ne peut s’asseoir à une table de négociation avec des représentants de l’État israélien.

Pour être fidèle à ses principes et pour tirer parti des avantages politiques d’entrer en politique, le Hamas devrait accepter la solution à un seul État

Cela signifie qu’il faut compter sur d’autres factions palestiniennes pour faire les compromis nécessaires sur les frontières, les réfugiés, Jérusalem, tandis que le Hamas ferme les yeux au nom du consensus. Ceci, à son tour, implique que le Hamas ne peut pas mener le processus politique, ni en tirer beaucoup de profit.

Cela place le Hamas dans une position différente de l’IRA, par exemple, sous la direction de Martin McGuinness. Le Hamas et l’IRA ont vu les limites de l’action militaire, bien que l’IRA n’ait pas commencé le processus de démantèlement avant de parvenir à un accord de paix. Les deux ont été attirés par la politique comme moyen de parvenir à une Palestine unie et à une Irlande unie.

À LIRE : Guerre ou paix : ce que réserve l’été 2017 pour le Hamas et Israël

La mort récente de McGuinness a suscité des hommages des quartiers les plus improbables. Des gens qui, lorsque j’étais journaliste à Belfast, auraient rejeté McGuinness comme le diable incarné, ont salué le chemin qu’il a parcouru : de chef de l’IRA à vice-premier ministre d’Irlande du Nord. Lady Paisley, l’épouse de feu Ian Paisley, premier partenaire de McGuinness dans le gouvernement fondé sur le partage du pouvoir, a affirmé que ce républicain avait vécu quelque chose semblable à la conversion de St Paul à Damas.

Gerry Adams l’a nié à juste titre. Il a déclaré que McGuinness restait un républicain engagé, qui n’a jamais abandonné ses camarades de l’IRA à la suite du processus de paix ou du partage du pouvoir avec les unionistes.

En d’autres termes, le mouvement républicain a mis fin à la lutte armée tout en restant fidèle à ses principes d’Irlande unie (qui, si Brexit se concrétise, est probablement plus proche que jamais, ironiquement sur ordre de Bruxelles).

C’est exactement le dilemme auquel est maintenant confronté un Hamas qui reconnaît les frontières de 1967. Comment peut-il entrer dans l’OLP et faire partie de la classe dirigeante du peuple palestinien et rester fidèle à ses principes ? S’il négocie, il abandonne ses principes et efface toute différence avec Fatah. S’il laisse la négociation à d’autres, il ne peut appartenir aux dirigeants.

 

 


Les partisans du Hamas, du Jihad islamique et du mouvement al-Ahrar, manifestent contre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 2 mai (AFP)

 

Sinn Féin est devenu le plus grand parti politique sur l’île irlandaise. Ce n’est pas le destin qui attend le Hamas s’il limite sa vision d’un État palestinien aux frontières de 1967. Cela ne mettrait pas fin à la fragmentation du peuple palestinien et ne résoudrait pas le problème de l’abandon des Palestiniens en 1948 en Israël ni ne résoudrait pas le problème des réfugiés.

Le véritable choix, le véritable ennemi

Israël a depuis longtemps abandonné le droit de retour pour les réfugiés palestiniens, et même les modèles les plus généreux évoquaient le retour de seulement 100 000 personnes, sur une éventuelle diaspora de six millions.

Le véritable choix réside aujourd’hui entre une solution à un seul État imposée par Israël ou une entité politique où les Juifs et les Arabes sont traités comme égaux

Et pourquoi Israël accepterait-il le Hamas en tant que négociateur alors qu’il a rejeté le Fatah, qui depuis plus de 20 ans est son ami le plus flexible ? Quelle incitation Israël aurait-il à négocier un « hudna » avec le Hamas, alors qu’il sait que du point de vue du Hamas, ce ne serait pas une fin de conflit ?

Pour demeurer le Hamas, pour être fidèle à ses principes et pour tirer parti des avantages politiques à entrer en politique, le mouvement devrait accepter la solution à un seul État, lequel se plierait à tout ce à quoi le Hamas a œuvré. Cela permettrait au Hamas de diriger l’OLP. Il réunirait un peuple palestinien fragmenté. Cela représenterait les Palestiniens qui sont citoyens d’Israël et de la diaspora palestinienne.

À LIRE : Le Hamas reconnaît l’OLP comme le « cadre national » des Palestiniens

Cela donnerait aux Palestiniens une vision claire dans un monde où le véritable choix n’est pas entre une solution à un seul et à deux États. Le véritable choix réside aujourd’hui entre une solution à un seul État imposée par Israël ou une entité politique où les Juifs et les Arabes sont traités comme égaux.

La réalisation majeure de ce document est de redéfinir l’ennemi. Dans la charte d’origine, ce sont les juifs et le judaïsme. Dans ce document, l’ennemi du Hamas est le projet sioniste de colonisation et d’occupation. Les deux sont très différents, et l’ont été tout au long de l’histoire juive, après et avant la Déclaration Balfour.

Cette redéfinition pourrait ouvrir la voie à des discussions et à la paix. Cependant, il faudra une vision claire de la voie à suivre. C’est certainement une étape audacieuse. Ce n’est peut-être pas la dernière.

 

- David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. Avant de rejoindre The Guardian, David Hearst était correspondant pour la rubrique Éducation au journal The Scotsman.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Yahya Sinouar (deuxième en partant de la gauche), le nouveau dirigeant du mouvement islamique Hamas dans la bande de Gaza et le leader politique Ismaël Haniyeh (au centre) assistent à un rassemblement pour regarder le discours du chef du Hamas en exil, dans la ville de Gaza le 1er mai 2017 (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

 

http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/un-tat-palestinien-selon-les-fronti-res-de-1967-le-hamas-t-il-un-train-de-retard-1863022598

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 02:52

Révolution dans la révolution au Hamas

 

Fin des liens avec les Frères musulmans

Orient XXI > Magazine > Leïla Seurat > 1er mai 2017

Trente ans après sa naissance, le Hamas connaît des évolutions substantielles, aussi bien programmatiques qu’organisationnelles. À bien des égards, l’année 2017 constitue un tournant dans l’histoire du mouvement islamiste palestinien, avec le départ de Khaled Mechaal, le renouvellement de ses cadres dirigeants et la publication d’un nouveau document politique.

 

Président du bureau politique du Hamas depuis 1995, Khaled Mechaal quitte la direction du mouvement. Si, depuis 2009, les procédures internes limitent la présidence à deux mandats successifs et ne lui permettent pas d’être de nouveau candidat, il affirme à Orient XXI (17 avril) que cette restriction coïncide avec sa décision personnelle de se désengager de la direction de l’organisation. C’était d’ailleurs ce même choix qu’il avait formulé dès 2013, affirmant clairement à l’époque : « Lors des dernières élections je ne souhaitais pas me représenter à la direction du bureau politique (maktab al-siyassi), mais mes frères m’ont encouragé dans le sens inverse et ont fini par me convaincre ».

Son retrait ne l’empêchera pas de continuer à peser sur la ligne politique du mouvement dans le futur, comme il le confirme :

Je suis l’un des membres élus de la nouvelle assemblée consultative (majlis al-choura). Mais ce qui m’importe le plus est de savoir comment servir au mieux la cause palestinienne qui continue de souffrir des divisions politiques internes et de l’occupation. Ma seule responsabilité est de savoir comment améliorer la situation des Palestiniens. Je ne suis pas obligé d’être dans le parti pour cela. Le parti n’est rien d’autre qu’un moyen pour servir la cause.

« À chaque époque ses textes »

Le départ de Khaled Mechaal coïncide avec l’annonce de la publication officielle d’un nouveau « Document de principes et de politique généraux » (en anglais :A Document of General Principles & Policies). Loin du ton antisémite de la charte de 1998, ce nouveau document propose un programme politique conforme aux résolutions onusiennes et à la légalité internationale. Les principes intangibles de la charte sont abrogés : du combat contre les juifs on passe à la lutte contre le sionisme, et la lutte armée est euphémisée en faveur de moyens plus légaux pour combattre l’occupation. À ceux qui y verront des positions irréconciliables, Khaled Mechaal répond :

Il n’y a pas de contradiction. Le Hamas reste attaché à toute la Palestine et refuse de reconnaître l’occupation, mais dans le même temps il reconnaît les frontières de 1967 en tant que programme national partagé par l’ensemble des acteurs politiques palestiniens.

Les prémices de cette évolution datent de 2005, lorsque le Hamas avait fait le choix de participer aux élections législatives qu’il remportera en janvier 2006. À l’occasion de plusieurs accords interpalestiniens, il avait évoqué son attachement à un programme politique commun avec le Fatah reposant sur la validité des frontières de 1967. Les différents points abordés dans ce document sont donc déjà présents dans la plupart des accords officiels signés par le Hamas depuis une décennie, y compris celui de la « résistance populaire et pacifique ». C’est d’ailleurs sur cette continuité qu’insiste Khaled Mechaal :

Ce document reflète l’évolution de notre pensée et de nos pratiques depuis 2005 avec l’accord du Caire, le document d’union nationale en 2006, l’accord de La Mecque en 2007 puis les autres accords de réconciliation de 2011 (accords du Caire) et de 2012 (accords de Doha). Ces réunions avec le Fatah constituaient des tentatives de parvenir à un programme politique commun. La différence c’est qu’aujourd’hui nous présentons ce programme dans un document qui nous est propre. Qu’il s’agisse des États, des organisations ou des partis, toute entité politique est soumise à des évolutions. À travers ce nouveau document, nous avons voulu présenter les évolutions de notre pensée politique, de notre position concernant le combat contre l’occupation, le droit des Palestiniens, nos relations avec nos environnements palestinien, arabe, régional.

D’après Khaled Mechaal, ce document ne devrait pas être compris comme étant « adressé » à quelque partie que ce soit. Son destinataire est autant palestinien qu’étranger. Toutefois, fragilisé par son départ de Damas en 2012 et par une configuration régionale défavorable, le Hamas a plus que jamais besoin de conforter son rapprochement avec de solides partenaires régionaux, aux premiers rangs desquels l’Égypte, seul pays qui dispose d’une frontière avec la bande de Gaza hormis Israël.

L’un des points de ce document qui déroge à la ligne politique adoptée par le mouvement depuis 2005 est celui des relations avec les Frères musulmans égyptiens. Alors que la charte présentait le Hamas comme la « branche palestinienne des Frères musulmans », ce nouveau document ne fait plus mention du lien organisationnel (irtibat tanzimi) qui unirait le Hamas aux Frères musulmans. En 2012 pourtant, lorsque Mohamed Morsi avait été élu président de l’Égypte, le Hamas n’avait pas hésité à se présenter comme un mouvement issu de la confrérie égyptienne. Son rapprochement avec Mohamed Morsi l’avait même conduit à organiser ses dernières élections internes au Caire en 2013. Depuis l’arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi et dans l’espoir de bénéficier d’une tolérance relative de la part des nouvelles autorités égyptiennes très hostiles aux Frères musulmans, le Hamas se présente désormais comme un mouvement « palestinien nationaliste islamiste », gommant tout lien avec la confrérie.

Malgré les évolutions que connaît le Hamas depuis 2005, la grande majorité des journalistes, experts et politiques continuent d’agiter l’épouvantail de la charte comme le seul document qui reflèterait les intentions réelles du Hamas. Résultat d’une stratégie israélienne qui a pris soin de faire traduire ce texte dans toutes les langues et de le diffuser, la cristallisation des analyses atour de ce texte tournerait [à l’obsession, d’après Ahmad Youssef, ancien conseiller du premier ministre Ismaël Haniyeh et directeur du centre de recherche « la maison de la sagesse » à Gaza. Refusant de le considérer comme une nouvelle charte, Khaled Mechaal affirme néanmoins que c’est ce document qui fait désormais office de « référence » politique du Hamas. Pour autant, la charte ne doit pas être considérée comme caduque, explique Meshaal à Orient XXI :

Le Hamas refuse de se soumettre aux désidératas des autres États. Sa pensée politique n’est jamais le résultat de pressions émanant de l’extérieur. Notre principe c’est : pas de changement de document. Le Hamas n’oublie pas son passé. Néanmoins la charte illustre la période des années 1980 et le document illustre notre politique en 2017. À chaque époque ses textes. Cette évolution ne doit pas être entendue comme un éloignement des principes originels, mais plutôt comme une dérivation (ichtiqaq) de la pensée et des outils pour servir au mieux la cause dans son étape actuelle.

Une nouvelle direction politique

Khaled Mechaal s’est particulièrement investi pour faire exister ce texte, aussi bien dans sa phase de réflexion amorcée en 2015 que dans sa phase rédactionnelle. Confirmant l’importance de son rôle dans ce processus, il affirme néanmoins que ce document est loin d’être l’œuvre d’un seul homme. Bien au contraire, l’ensemble des membres des institutions du mouvement aurait œuvré à sa rédaction, aussi bien ceux résidant à l’intérieur des frontières de la Palestine que ceux résidant à l’extérieur. D’après lui, l’annonce d’une nouvelle direction politique ne menacerait en aucun cas la validité de ce document qui incarnerait la ligne officielle du mouvement, inchangée malgré le renouvèlement de ses cadres :

Il ne faut pas comparer notre situation avec vos élections en Occident, aussi bien en Amérique qu’en France ou en Allemagne et en Grande-Bretagne. Chez vous quand il y a des élections il y a parfois changement total de la ligne politique d’un État, aussi bien de sa politique intérieure que de sa diplomatie. Nous non. Il n’y a jamais de changement total. Ce nouveau document représente le Hamas dans son étape actuelle, mais aussi dans son étape future.

Toutefois, le fait que ce document ait été sanctifié par l’ancienne assemblée consultative — et non la nouvelle — invite au contraire à s’interroger sur les risques qui pèsent sur sa mise en œuvre. Afin de le présenter comme la référence principale de la nouvelle direction politique, la date de promulgation de ce nouveau document a été décidée pour la fin du mois d’avril, moment de l’annonce des résultats finaux des élections internes au mouvement. Ces élections étant particulièrement longues du fait de la dispersion géographique de ses membres, le successeur de Khaled Mechaal à la tête du bureau politique n’a pour l’heure pas encore été désigné.

C’est l’élection, le 13 février 2017, de Yahia Al-Sinouar à la tête de la direction du Hamas dans la bande de Gaza qui alimente ces doutes. Ancien détenu ayant passé près d’un quart de siècle incarcéré en Israël et présenté par la presse israélienne comme le plus radical des radicaux du mouvement islamiste, Al-Sinouar est connu pour son intransigeance vis-vis de l’occupation et son refus de toute concession vis-à-vis d’un accord avec le Fatah.

Ces craintes ont notamment été exprimées par Ahmad Youssef. Dans un article publié dans le quotidien Amad, il déclare qu’Al-Sinouar, militaire issu de la branche armée du mouvement n’est pas le choix le plus pertinent pour consolider les acquis du Hamas dans son étape actuelle. D’après lui, son élection aurait stupéfié Gaza. Oussama Hamdan, représentant du Hamas au Liban considère au contraire que l’élection d’Al-Sinouar n’est en rien une surprise puisque ce dernier est, depuis 2013, membre du bureau politique du Hamas1. Tous deux s’accordent néanmoins sur un point : son affiliation aux brigades Al-Qassam n’implique pas nécessairement une politique de confrontation directe avec Israël. Pour corroborer cette thèse, Ahmad Youssef donne l’exemple du révolutionnaire républicain irlandais Michael Collins qui, bien que commandant en chef de l’armée nationale avait pourtant réussi à donner à l’Irlande son indépendance. Oussama Hamdan souligne quant à lui la porosité des statuts des dirigeants israéliens, la plupart des chefs de gouvernement, de Yitzhak Rabin à Shimon Peres en passant par Ehud Barak ayant été par le passé des officiers de haut rang de l’armée israélienne. L’absence de réponse du Hamas à l’assassinat à bout portant d’un de ses commandants militaires le 24 mars dernier, Mazen Fuqhah, semble valider ces lectures.

Le Hamas n’est pas prêt à s’engager dans une nouvelle confrontation armée avec Israël après les trois opérations militaires qui se sont succédé depuis 2009. Libéré en octobre 2011 à l’occasion de l’accord Wafa al-Ahrar (« Fidélité des libres ») en échange du soldat israélien Gilad Shalit, Al-Sinouar pourrait bien être celui qui parviendra à conclure un accord avec Israël pour un nouvel échange de prisonniers.

1Source : entretien avec Oussama Hamdan, 18 mars 2017.

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 02:48

Palestine : le Hamas reconnaît les frontières de 1967

 
En abandonnant sa référence aux Frères musulmans et en reconnaissant les frontières de 1967, le Hamas présente une version plus "modérée" de sa charte. Mais pas de reconnaissance d'Israël pour autant.
 
 
Le Hamas doit dévoiler lundi sa charte amendée, un texte qui était inchangé depuis près de 30 ans et est désormais plus "modéré", assurent ses dirigeants, notamment par la reconnaissance des frontières de 1967 et l'insistance sur le caractère "politique" et non religieux du conflit avec Israël.

La nouvelle version de ce document rédigé à la création du Hamas est discutée "depuis quatre ans", dit à l'AFP Bassem Naïm, haut cadre dans la bande de Gaza du mouvement islamiste qui se présente comme le fer de lance de la "résistance" palestinienne à l'occupation israélienne et qui a combattu Israël à trois reprises à Gaza depuis 2008.

Au terme de ces négociations, un nouveau document a été mis au point et il s'ajoute à la charte originelle datant de 1988 mais qui ne sera pas abandonnée.

Aucune reconnaissance de "l'entité sioniste"

La principale modification est la reconnaissance de l'Etat de Palestine dans les frontières de 1967, explique à l'AFP un haut cadre du Hamas sous le couvert de l'anonymat. La charte énoncera clairement comme objectif l'instauration d'un "Etat de Palestine souverain avec pour capitale Jérusalem dans les frontières de 1967", dit-il.

"Cela ne signifie en aucun cas une reconnaissance de l'entité sioniste", (Israël ndlr), prévient-il.

Certes, le fondateur du Hamas, cheikh Ahmed Yassine, assassiné en 2004 par Israël, avait plusieurs fois repris à son compte les frontières de 1967, mais c'est la première fois qu'elles sont écrites dans le texte qui régit l'ensemble des composantes du Hamas, y compris sa branche armée, souvent présentée comme concurrente de la branche politique.

Ce texte, explique à l'AFP Ahmed Youssef, cadre du Hamas est "plus modéré, plus mesuré et permet de se prémunir contre les accusations de racisme, d'antisémitisme ou de contravention au droit international". Un enjeu majeur pour le mouvement, déclaré "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Dans ce nouveau document, le Hamas dit "faire la différence entre les juifs comme communauté religieuse d'une part et l'occupation et le projet sioniste d'autre part".

Toutefois, a déjà prévenu Mahmoud Zahar, membre du bureau politique du Hamas, ce nouveau texte est "un outil pour le futur mais ne signifie pas que nous modifiions nos principes". "La résistance demeure et combattra de toutes ses forces" Israël, a menacé ce tenant d'une ligne dure, incarnée selon les observateurs par la récente élection d'un militaire, Yahya Sinouar, à la tête du Hamas dans la bande de Gaza, gouvernée sans partage depuis 10 ans par ce mouvement.

Main tendue à l'OLP

La charte amendée sera dévoilée à Doha avant l'annonce du vainqueur des élections internes pour remplacer Khaled Mechaal, chef du mouvement exilé au Qatar. Ismaïl Haniyeh, ancien chef du Hamas à Gaza, est pressenti pour lui succéder.

Le texte insiste sur le fait que le conflit avec Israël est "politique et non religieux" et modifie les références historiques du Hamas.

Avant, le mouvement était "une branche des Frères musulmans", la confrérie égyptienne qui a essaimé à travers le monde mais a subi un violent coup d'arrêt avec la destitution du président Mohamed Morsi par l'armée égyptienne en 2013. Aujourd'hui, il est "un mouvement de libération et de résistance nationale palestinienne d'inspiration religieuse, dont le but est la libération de la Palestine", disent les mêmes responsables.

"Appartenance nationale et non religieuse"

La disparition de cette filiation et l'affirmation par le Hamas de sa volonté d'être un "partenaire" pour "tous les Palestiniens, sur la base de leur appartenance nationale et non religieuse" visent à ouvrir deux portes. Celle du dialogue avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) - l'entité reconnue à l'international comme représentant les Palestiniens, à laquelle seuls le Hamas et le Djihad islamique n'appartiennent pas - et celle du dialogue avec la communauté internationale.

Le Hamas "tente de faire changer le regard de la communauté internationale et du monde arabe sur lui", décrypte Moukhaïmer Abou Saada, politologue gazaoui. "Mais s'il n'accepte pas la solution à deux Etats" et donc la reconnaissance d'un Etat israélien vivant en paix aux côtés d'un Etat palestinien, "la communauté internationale ne le sortira pas de la liste des organisations terroristes", dit-il.

"Mais cela pourrait encourager certains Etats qui interagissaient déjà avec le Hamas à officialiser leurs relations", prédit-il, citant notamment la Russie, la Turquie, la Norvège et le Qatar.

(Avec AFP)

L'Obs

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Journaliste

 
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:45
Lettre Ouverte à l’Ambassadrice à l’ONU Nikki Haley au sujet de Notre Rapport sur l’Apartheid en Israël
 
 

Au lieu de répondre à celui-ci par une critique constructive, vous avez lancé des attaques diffamatoires envers toutes les personnes concernées.

 

The Nation - Richard Falk et Virginia Tilley, lundi 1er mai 2017

 

Madame l’Ambassadrice :

Nous avons été profondément déçus par votre réponse à notre rapport, LesPratiques israéliennes envers les Palestiniens et la Question de l’Apartheid, et particulièrement par le rejet de celui-ci en tant que “propagande anti-israélienne » quelques heures après sa parution. La Commission Economique et Sociale des Nations Unies pour l’Asie Occidentale (CESAO) nous à invités à entreprendre une étude savante complète. Son objectif principal était de vérifier si les politiques et pratiques israéliennes imposées aux Palestiniens relèvent de la définition de l’apartheid établie par le droit international. Nous avons fait de notre mieux pour mener l’étude avec le soin et la rigueur qui incombent moralement dans une telle tâche importante, et bien sûr nous faisons bon accueil à la critique constructive portant sur la méthode ou sur l’analyse utilisées pour le rapport (ce pour quoi nous avons aussi sollicité plusieurs éminents chercheurs avant sa parution). Jusqu’ici nous n’avons reçu aucun renseignement relevant les lacunes que vous avez trouvé dans le rapport ou précisant de quelle manière il pourrait avoir manqué de se conformer aux normes scientifiques de rigueur.

Au lieu de ceci, vous ne vous êtes pas gênée de fustiger l’ONU pour avoir commandé le rapport et nous-mêmes pour en avoir été les auteurs. Vous avez lancé des attaques diffamatoires envers toutes les personnes concernées, destinées à discréditer et à calomnier les messagers au lieu d’expliquer vos critiques du message. Les attaques ad hominem sont habituellement la tactique de ceux qui sont assez envahi par le zèle politique pour avoir en horreur une discussion rationnelle. Nous supposons que vous ne souhaiteriez pas normalement donner cette impression de vous-même et votre équipe, ou présenter au monde la diplomatie des USA sous un tel jour. Pourtant, vos déclarations sur notre étude, telles que rapportées dans les médias, donnent assurément cette impression.

Nous avons particulièrement troublés par l’extraordinaire pression que votre bureau a exercé sur le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, l’amenant apparemment à ordonner d’abord le retrait du rapport du site Internet du CESAO et à accepter ensuite la démission de la distinguée et hautement respectée secrétaire exécutive du CESAO, Rima Khalaf, qu’elle a présentée par principe au lieu de désavouer un rapport dont elle estimait qu’il avait respecté les normes scientifiques, qu’il avait défendu les principes de la Charte des Nations Unies et du droit international, et qu’il avait donné lieu à des constatations et à des recommandations essentielles pour les procédures de l’ONU.

Au lieu d’utiliser cette tribune mondiale pour demander un débat critique sur le rapport, vous avez utilisé le poids de votre bureau pour l’annuler. Ces dénonciations véhémentes véhiculent une apparence sérieuse de maintien d’une position dépourvue de critique envers Israël de la part du gouvernement des USA, protégeant à l’ONU de façon automatique et inconditionnelle le gouvernement d’Israël de toute critique, qu’elle soit méritée ou non, sur le plan du droit international. Une telle position amoindrit la réputation des USA en tant que nation qui défend les valeurs de vérité, de liberté, du droit et de la justice, et qui est au service de la communauté mondiale en tant que dirigeant régional et mondial. Elle détourne aussi le débat de graves préoccupations cruciales.

Il se peut que le seul mot d’ « apartheid » ait été suffisant pour déclencher votre réponse, une réaction indubitablement encouragée par la dénonciation instantanée de notre rapport par Israël. Dans l’initiative publique d’Israël qui a suivi, toutefois, vous manquez de prendre en considération que les dirigeants israéliens ont eux-mêmes pendant des décennies compris et averti des caractéristiques d’apartheid de leurs politiques. Le très admiré Yitzhak Rabin, deux fois premier ministre d’Israël, a une fois confié à un journaliste de télévision, “Je ne pense pas qu’il soit possible à long terme de contenir, si nous ne voulons pas en arriver à l’apartheid, un million et demi (de plus) d’ Arabes dans un état juif.” Les premiers ministres Ehud Olmert et Ehud Barak ont tous deux prévenu qu’Israël risquait de devenir un état d’apartheid et mis en garde leurs électeurs sur ce qui arriverait à Israël si les Palestiniens prenaient conscience de cela et lançaient une lutte contre l’apartheid. L’ancien procureur général d’Israël, Michael Ben-Yair, a carrément déclaré, “nous avons créé un régime d’apartheid dans les territoires occupés.” Ces Israéliens célèbres étaient des observateurs lucides des politiques de leur propre pays aussi bien que des patriotes, et ce sont leurs mises en garde, autant que toute autre source, qui ont incité les états membres de la CESAO à considérer que la possibilité d’un régime d’apartheid existant dans ce contexte devait être prise au sérieux et ont donc commandé le rapport qui fait maintenant l’objet d’attaques.

Il est donc totalement inapproprié et erroné de votre part d’accuser que, simplement en acceptant cette commande, nous, en tant qu’auteurs, étions motivés par l’anti-sémitisme. L’inverse est vrai. Pour expliquer cette affirmation, nous attirons votre attention sur deux aspects du rapport qui, nous l’espérons, vous amèneront à reconsidérez votre réponse.

Premièrement, le rapport s’en tient avec précaution pour sa définition opératoire de l’apartheid à celles offertes dans la Convention de 1973 sur la Suppression et la Punition du Crime International d’Apartheid et le Statut de Rome de 2002 du Tribunal Pénal International. Il ne s’appuie pas sur des définitions élaborées au cours de polémiques sur le conflit ou adoptées en passant à partir de sources sur Internet. Etant donné que la Convention de 1973 et le Statut de Rome font partie du même ensemble de lois qui protège les Juifs, aussi bien que toutes les personnes dans le monde, de la discrimination, cette définition qui fait autorité ne doit pas être mise de côté. Toute critique responsable doit donc être engagée avec ces définitions juridiques, et avec l’ensemble plus important de la jurisprudence internationale sur les droits de l’homme dans lequel elles sont placées, afin d’aborder le rapport pour ce qu’il dit réellement au lieu de concocter un homme de paille qui peut être facilement congédié. Nous espérons que vous réexaminerez le rapport dans cette optique.

Deuxièmement, les états membres de la CESAO ont demandé qu’une étude soit commandée pour examiner si les politiques d’apartheid d’Israël comprenaient les Palestiniens dans leur ensemble. Ceci signifiait que, en tant qu’auteurs, il nous était demandé de prendre en considération les Palestiniens vivant dans quatre régions géographiques dans quatre cadres ou « zones » juridiques : ceux vivant dans les territoires occupés, ceux qui habitent à Jérusalem, ceux vivant en Israël en tant que citoyens, et ceux vivant dans les camps de réfugiés ou dans un exil involontaire. Pour chaque zone, nous avons trouvé que les pratiques et les politiques israéliennes sont, en droit, discriminatoires en elles-mêmes. Mais, chose plus importante, nous avons trouvé que pour toutes les quatre elles fonctionnent comme un système global qui est conçu pour dominer et opprimer les Palestiniens afin de maintenir Israël en tant qu’état juif. C’est tout ce système de domination, trop longtemps mal compris en traitant des Palestiniens comme placés dans des cadres sans rapport entre eux, qui produit le régime de domination qui est conforme à la définition de l’apartheid dans le droit international. De plus, c’est ce système qui a sapé, et qui continuera à saper, la solution à deux états pour laquelle les Etats-Unis ont engagé leur prestige diplomatique au cours de plusieurs présidences antérieures. L’évaluation de la viabilité de cette position diplomatique à la lumière des conclusions de ce rapport pourrait, nous le proposons, être capital pour la crédibilité de la politique étrangère des USA et ne doit pas être bloqué par des considérations politiques.

Enfin, nous trouvons profondément troublant le fait que vos objections à notre rapport se soient étendues à la critique de l’ONU elle-même, en partie sous prétexte que l’ONU consacre une attention excessive à la question de la Palestine. D’une part, ce raisonnement repose sur une "fausse information" : l’ONU, et la CESAO, s’intéressent à une vaste gamme de problèmes, ensemble dont Israël ne constitue qu’une petite partie. D’autre part, nier que l’ONU ait ici un rôle particulier est ignorer la responsabilité exceptionnelle de l’ONU en ce qui concerne ce conflit. Immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, une Grande-Bretagne épuisée par la guerre, alors la puissance Mandataire en Palestine du fait des dispositions qui ont suivi la Première Guerre Mondiale, a remis l’avenir de la Palestine à l’ONU en vue d’une solution. Par conséquent, l’ONU s’est vue, dès le début de son existence, confier la responsabilité de trouver une solution au conflit en Palestine. Cette responsabilité n’était à nulle autre pareille détenue par l’ONU n’importe où ailleurs dans le monde. Sept décennies de souffrances humaines et d’insécurité ont découlé de l’échec de l’ONU à s’acquitter de cette obligation—non parce qu’elle a accordé trop d’attention à Israel mais parce qu’elle n’a pas été capable de faire peser suffisamment son autorité pour donner naissance à une paix juste et durable. Pour des observateurs capables d’examiner le conflit avec impartialité, il est devenu évident que ce qui s’est produit en Palestine ne peut être résolu que lorsque les droits et la sécurité à la fois des Israéliens et des Palestiniens seront pris en compte. L’ONU continue à avoir un rôle essentiel dans cette mission, et il est capital que les états qui en sont membres, y compris les Etats Unis, endossent ce rôle et fassent de leur mieux pour améliorer son efficacité.

Nous espérons que notre rapport puisse provoquer un débat sur tous ces problèmes. Particulièrement, nous espérons que ses conclusions susciteront un examen de cette question par des organismes juridiques ayant autorité tel que la Cour Internationale de Justice. Nous n’avons pas cherché une empoignade. Par conséquent nous demandons maintenant respectueusement, dans ce contexte, que notre rapport soit lu dans l’esprit dans lequel il a été écrit, en ayant pour but la sûreté, la sécurité, et la paix pour toute personne qui vit actuellement dans le territoire sous le contrôle d’Israël. En tant qu’auteurs du rapport, ceci a toujours été notre cadre de valeurs, et nous gardons toujours l’espoir que les questions importantes en jeu ne seront pas enfouies sous une avalanche d’insultes à nos raisons et à notre personne tendant à faire diversion. Les accusations de crimes contre l’humanité ne doivent pas être laissées de côté par respect pour les liens politiques qui attachent étroitement les Etats-Unis et Israël, ou pour des raisons d’opportunité politique. De tels subterfuges ne peuvent que affaiblir le droit international et nous mettre tous en danger.

Salutations distinguées,

Richard Falk, Professeur honoraire de droit international, Université de Princeton

Virginia Tilley, Professeur de sciences politiques, Université du Sud de l’Illinois

Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonniers

 

http://www.france-palestine.org/Lettre-Ouverte-a-l-Ambassadrice-a-l-ONU-Nikki-Haley-au-sujet-de-Notre-Rapport

 

Les seules publications de notre site qui engagent notre association sont notre charte et nos communiqués. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance
 
 
 
 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:42

Révolution dans la révolution au Hamas

 
 

Fin des liens avec les Frères musulmans

Orient XXI > Magazine > Leïla Seurat > 1er mai 2017

Trente ans après sa naissance, le Hamas connaît des évolutions substantielles, aussi bien programmatiques qu’organisationnelles. À bien des égards, l’année 2017 constitue un tournant dans l’histoire du mouvement islamiste palestinien, avec le départ de Khaled Mechaal, le renouvellement de ses cadres dirigeants et la publication d’un nouveau document politique.

 

Président du bureau politique du Hamas depuis 1995, Khaled Mechaal quitte la direction du mouvement. Si, depuis 2009, les procédures internes limitent la présidence à deux mandats successifs et ne lui permettent pas d’être de nouveau candidat, il affirme à Orient XXI (17 avril) que cette restriction coïncide avec sa décision personnelle de se désengager de la direction de l’organisation. C’était d’ailleurs ce même choix qu’il avait formulé dès 2013, affirmant clairement à l’époque : « Lors des dernières élections je ne souhaitais pas me représenter à la direction du bureau politique (maktab al-siyassi), mais mes frères m’ont encouragé dans le sens inverse et ont fini par me convaincre ».

Son retrait ne l’empêchera pas de continuer à peser sur la ligne politique du mouvement dans le futur, comme il le confirme :

Je suis l’un des membres élus de la nouvelle assemblée consultative (majlis al-choura). Mais ce qui m’importe le plus est de savoir comment servir au mieux la cause palestinienne qui continue de souffrir des divisions politiques internes et de l’occupation. Ma seule responsabilité est de savoir comment améliorer la situation des Palestiniens. Je ne suis pas obligé d’être dans le parti pour cela. Le parti n’est rien d’autre qu’un moyen pour servir la cause.

« À chaque époque ses textes »

Le départ de Khaled Mechaal coïncide avec l’annonce de la publication officielle d’un nouveau « Document de principes et de politique généraux » (en anglais :A Document of General Principles & Policies). Loin du ton antisémite de la charte de 1998, ce nouveau document propose un programme politique conforme aux résolutions onusiennes et à la légalité internationale. Les principes intangibles de la charte sont abrogés : du combat contre les juifs on passe à la lutte contre le sionisme ; la lutte armée est euphémisée en faveur de moyens plus légaux pour combattre l’occupation ; l’attachement à une Palestine « de la mer au fleuve » laisse place aux frontières de 1967. À ceux qui y verront des positions irréconciliables, Khaled Mechaal répond :

Il n’y a pas de contradiction. Le Hamas reste attaché à toute la Palestine et refuse de reconnaître l’occupation, mais dans le même temps il reconnaît les frontières de 1967 en tant que programme national partagé par l’ensemble des acteurs politiques palestiniens.

Les prémices de cette évolution datent de 2005, lorsque le Hamas avait fait le choix de participer aux élections législatives qu’il remportera en janvier 2006. À l’occasion de plusieurs accords interpalestiniens, il avait évoqué son attachement à un programme politique commun avec le Fatah reposant sur la validité des frontières de 1967. Les différents points abordés dans ce document sont donc déjà présents dans la plupart des accords officiels signés par le Hamas depuis une décennie, y compris celui de la « résistance populaire et pacifique ». C’est d’ailleurs sur cette continuité qu’insiste Khaled Mechaal :

Ce document reflète l’évolution de notre pensée et de nos pratiques depuis 2005 avec l’accord du Caire, le document d’union nationale en 2006, l’accord de La Mecque en 2007 puis les autres accords de réconciliation de 2011 (accords du Caire) et de 2012 (accords de Doha). Ces réunions avec le Fatah constituaient des tentatives de parvenir à un programme politique commun. La différence c’est qu’aujourd’hui nous présentons ce programme dans un document qui nous est propre. Qu’il s’agisse des États, des organisations ou des partis, toute entité politique est soumise à des évolutions. À travers ce nouveau document, nous avons voulu présenter les évolutions de notre pensée politique, de notre position concernant le combat contre l’occupation, le droit des Palestiniens, nos relations avec nos environnements palestinien, arabe, régional.

D’après Khaled Mechaal, ce document ne devrait pas être compris comme étant « adressé » à quelque partie que ce soit. Son destinataire est autant palestinien qu’étranger. Toutefois, fragilisé par son départ de Damas en 2012 et par une configuration régionale défavorable, le Hamas a plus que jamais besoin de conforter son rapprochement avec de solides partenaires régionaux, aux premiers rangs desquels l’Égypte, seul pays qui dispose d’une frontière avec la bande de Gaza hormis Israël.

L’un des points de ce document qui déroge à la ligne politique adoptée par le mouvement depuis 2005 est celui des relations avec les Frères musulmans égyptiens. Alors que la charte présentait le Hamas comme la « branche palestinienne des Frères musulmans », ce nouveau document ne fait plus mention du lien organisationnel (irtibat tanzimi) qui unirait le Hamas aux Frères musulmans. En 2012 pourtant, lorsque Mohamed Morsi avait été élu président de l’Égypte, le Hamas n’avait pas hésité à se présenter comme un mouvement issu de la confrérie égyptienne. Son rapprochement avec Mohamed Morsi l’avait même conduit à organiser ses dernières élections internes au Caire en 2013. Depuis l’arrivée au pouvoir du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi et dans l’espoir de bénéficier d’une tolérance relative de la part des nouvelles autorités égyptiennes très hostiles aux Frères musulmans, le Hamas se présente désormais comme un mouvement « palestinien nationaliste islamiste », gommant tout lien avec la confrérie.

Malgré les évolutions que connaît le Hamas depuis 2005, la grande majorité des journalistes, experts et politiques continuent d’agiter l’épouvantail de la charte comme le seul document qui reflèterait les intentions réelles du Hamas. Résultat d’une stratégie israélienne qui a pris soin de faire traduire ce texte dans toutes les langues et de le diffuser, la cristallisation des analyses atour de ce texte tournerait [à l’obsession, d’après Ahmad Youssef, ancien conseiller du premier ministre Ismaël Haniyeh et directeur du centre de recherche « la maison de la sagesse » à Gaza. Refusant de le considérer comme une nouvelle charte, Khaled Mechaal affirme néanmoins que c’est ce document qui fait désormais office de « référence » politique du Hamas. Pour autant, la charte ne doit pas être considérée comme caduque, explique Meshaal à Orient XXI :

Le Hamas refuse de se soumettre aux désidératas des autres États. Sa pensée politique n’est jamais le résultat de pressions émanant de l’extérieur. Notre principe c’est : pas de changement de document. Le Hamas n’oublie pas son passé. Néanmoins la charte illustre la période des années 1980 et le document illustre notre politique en 2017. À chaque époque ses textes. Cette évolution ne doit pas être entendue comme un éloignement des principes originels, mais plutôt comme une dérivation (ichtiqaq) de la pensée et des outils pour servir au mieux la cause dans son étape actuelle.

Une nouvelle direction politique

Khaled Mechaal s’est particulièrement investi pour faire exister ce texte, aussi bien dans sa phase de réflexion amorcée en 2015 que dans sa phase rédactionnelle. Confirmant l’importance de son rôle dans ce processus, il affirme néanmoins que ce document est loin d’être l’œuvre d’un seul homme. Bien au contraire, l’ensemble des membres des institutions du mouvement aurait œuvré à sa rédaction, aussi bien ceux résidant à l’intérieur des frontières de la Palestine que ceux résidant à l’extérieur. D’après lui, l’annonce d’une nouvelle direction politique ne menacerait en aucun cas la validité de ce document qui incarnerait la ligne officielle du mouvement, inchangée malgré le renouvèlement de ses cadres :

Il ne faut pas comparer notre situation avec vos élections en Occident, aussi bien en Amérique qu’en France ou en Allemagne et en Grande-Bretagne. Chez vous quand il y a des élections il y a parfois changement total de la ligne politique d’un État, aussi bien de sa politique intérieure que de sa diplomatie. Nous non. Il n’y a jamais de changement total. Ce nouveau document représente le Hamas dans son étape actuelle, mais aussi dans son étape future.

Toutefois, le fait que ce document ait été sanctifié par l’ancienne assemblée consultative — et non la nouvelle — invite au contraire à s’interroger sur les risques qui pèsent sur sa mise en œuvre. Afin de le présenter comme la référence principale de la nouvelle direction politique, la date de promulgation de ce nouveau document a été décidée pour la fin du mois d’avril, moment de l’annonce des résultats finaux des élections internes au mouvement. Ces élections étant particulièrement longues du fait de la dispersion géographique de ses membres, le successeur de Khaled Mechaal à la tête du bureau politique n’a pour l’heure pas encore été désigné.

C’est l’élection, le 13 février 2017, de Yahia Al-Sinouar à la tête de la direction du Hamas dans la bande de Gaza qui alimente ces doutes. Ancien détenu ayant passé près d’un quart de siècle incarcéré en Israël et présenté par la presse israélienne comme le plus radical des radicaux du mouvement islamiste, Al-Sinouar est connu pour son intransigeance vis-vis de l’occupation et son refus de toute concession vis-à-vis d’un accord avec le Fatah.

Ces craintes ont notamment été exprimées par Ahmad Youssef. Dans un article publié dans le quotidien Amad, il déclare qu’Al-Sinouar, militaire issu de la branche armée du mouvement n’est pas le choix le plus pertinent pour consolider les acquis du Hamas dans son étape actuelle. D’après lui, son élection aurait stupéfié Gaza. Oussama Hamdan, représentant du Hamas au Liban considère au contraire que l’élection d’Al-Sinouar n’est en rien une surprise puisque ce dernier est, depuis 2013, membre du bureau politique du Hamas1. Tous deux s’accordent néanmoins sur un point : son affiliation aux brigades Al-Qassam n’implique pas nécessairement une politique de confrontation directe avec Israël. Pour corroborer cette thèse, Ahmad Youssef donne l’exemple du révolutionnaire républicain irlandais Michael Collins qui, bien que commandant en chef de l’armée nationale avait pourtant réussi à donner à l’Irlande son indépendance. Oussama Hamdan souligne quant à lui la porosité des statuts des dirigeants israéliens, la plupart des chefs de gouvernement, de Yitzhak Rabin à Shimon Peres en passant par Ehud Barak ayant été par le passé des officiers de haut rang de l’armée israélienne. L’absence de réponse du Hamas à l’assassinat à bout portant d’un de ses commandants militaires le 24 mars dernier, Mazen Fuqhah, semble valider ces lectures.

Le Hamas n’est pas prêt à s’engager dans une nouvelle confrontation armée avec Israël après les trois opérations militaires qui se sont succédé depuis 2009. Libéré en octobre 2011 à l’occasion de l’accord Wafa al-Ahrar (« Fidélité des libres ») en échange du soldat israélien Gilad Shalit, Al-Sinouar pourrait bien être celui qui parviendra à conclure un accord avec Israël pour un nouvel échange de prisonniers.

 
 

1Source : entretien avec Oussama Hamdan, 18 mars 2017.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:39
Wife of jailed Fatah leader tells of her fears for hunger strikers
 
 

Fadwa said the strikers drew up a list of demands eight months ago, about prison conditions, including visits, access to phones, education and health screening. “They sent letters to the Palestinian leadership saying if Israel did not comply by 16 April the strike would begin, telling the Palestinian Authority that they could help prevent it by putting pressure on the Israelis.”

Even if there have been contacts behind the scenes, it appears there has been no negotiation. Instead Israel has increased pressure on the strikers by cutting them off from the outside world. Supporters say radios have been confiscated and access to lawyers ended. Issa Qaraqe, head of prisoners affairs for the Palestinian Authority, said the leaders have been confined in solitary, and others have been moved to special wings. “They have set up collective confinement sections where hunger strikers have been put with only the clothes they are wearing, mattresses and toothpaste, with personal belongings confiscated.”

Of more concern to Qaraqe and Fadwa has been comments by some Israeli ministers, including the combative intelligence minister Israel Katz, who said Barghouti should have been executed. “When a despicable murderer like Barghouti protests in prison for improved conditions, while the relatives of those he murdered are still in pain, there is only one solution – death penalty for terrorists,” said Katz at the beginning of the protest.

Israeli prime minister Benjamin Netanyahu described Barghouti as an “arch-terrorist” while the defence minister, Avigdor Lieberman, suggested Israel should take the approach of Margaret Thatcher towards the IRA hunger strikers in 1981 and allow them to die.

Describing the Israeli response as “incitement and provocation”, Qaraqe said: “These statements – accompanied by the extreme measures against the hunger strikers – aggravate the situation. This strike did not come out of a vacuum. It came out of the failure to discuss the issues with the Israeli prison authorities … Israel brought the situation to this level.” Beyond the prison walls, the scale of the strike has created problems for all sides. Israeli authorities have previously negotiated with hunger strikers, and their intransigent language has raised tensions. And while senior Palestinian figures, including Abbas, offer vocal support, the timing of the strike – before next week’s meeting between Abbas and Donald Trump in Washington – is clearly troubling them. The result is a complicated balancing act for the Palestinian leadership – lending support while instructing their security services to prevent clashes with Israelis at checkpoints during demonstrations supporting the strike. This underscores the view that Barghouti has limited control of the situation.

That he should be at the forefront, even in prison, is hardly surprising to long-time observers. Speaking to this writer three years ago, former Israeli peace negotiator Yossi Beilin, who knew Barghouti, presciently flagged up the challenge that he posed. Inside or outside jail, Barghouti remains one of the most important Palestinian leaders. “I am not an admirer,” Beilin said then. “He is shrewd. A street cat. He is a proud Palestinian, proud of his movement. I saw him [during the Oslo peace talks] as a partner. Someone committed to a political solution.

“He is a politician and a statesman. Like other politicians who have been involved with violence, we have somehow to find a way of dealing with him in a political framework … because he can lead those who follow him to an agreement.”

That “shrewdness” is evident in the hunger strike, and not only its timing ahead of the 50th anniversary of the Israeli occupation. The demands for better prisoner conditions, low key as they are, seem designed to be – in theory at least – achievable.

The question now is whether Barghouti’s well-attested influence and charisma is such that he can lead, even sequestered in solitary confinement.

For Israel, if the protest continues, the choices do not appear good, with security officials aware that dead hunger strikers would risk an upsurge in violence. Force-feeding too, although permitted in Israel following a supreme court ruling last year, is also deeply contentious, with the Israeli Medical Association opposed.

In her office, Fadwa is suddenly tearful, contemplating where the hunger strike will lead: “An element that makes it harder is that I feel other families want to draw strength from me, so I need to hide my feelings,” she said, adding that the strike had made her realise how much her husband had been absent from his family – in prison, wanted, or deported. “I used to blame Marwan for not being there. He said you have to bear with me. It is the struggle for a better life for our children. Now it has been 30 years.”

It is also clear that the absence of any dialogue does not bode well for the health of the strikers. Asked about the risks, she says only: “God will protect him.”

 

https://www.theguardian.com/world/2017/apr/29/fadwa-barghouti-interview-prison-hunger-strike

 
 
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:37
La « fouille de données » sur Internet est devenu un instrument oppressif aux mains de l’occupant israélien
 
 
dimanche 30 avril 2017 / 2h:50
Photo : Ryan Rodrick Beiler/Activestills.org
 
Des soldats israéliens kidnappent un jeune Palestinien, qui montre des signes évidents qu'il a été violemment battu, lors d'une manifestation contre l'occupation à Hébron, le 1er mars 2013 - Photo : Ryan Rodrick Beiler/Activestills.org
 
 
 
 
 
 
 
 
The New ArabDes centaines de Palestiniens ont été kidnappés par les forces israéliennes d’occupation sur les indications d’un programme informatique qui scrute leurs messages sur les réseaux sociaux pour prédire leur comportement à venir.

Au début du mois d’avril, les nouvelles de la chaîne 10 d’Israël ont rapporté que l’armée israélienne et les services de sécurité de Shit Bet utilisaient un programme cybernétique pour arrêter des suspects avant qu’ils ne commettent des actes de violence, une initiative étrangement semblable à celle décrite dans le thriller « Minority Report. »

Les programmes, développés par plusieurs entreprises israéliennes, recueillent des informations dans le domaine public à partir des messages postés sur les médias sociaux afin d’analyser et de surveiller le comportement individuel, a rapporté Haaretz.

Les informations utilisées par les forces d’occupation pour kidnapper des Palestiniens comprennent des mots clés, tels que shahid (martyr), et analysent des schémas sémantiques et des signalement de termes considérés comme suspects.

Le rapport d’information portait sur la baisse des attaques individuelles suite à une vague de révolte qui a débuté en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est en 2015.

Les programmes qui exploitent les réseaux surveillent et suivent la vie des individus à l’aide des messages sur les réseaux sociaux afin d’évaluer leur niveau de menace pour la « sécurité ».

En effet, cela rend « doublement victimes » les palestiniennes de tragédies, a déclaré l’économiste israélien Shir Hever au Real News Network.

Lorsqu’un parent est assassiné par l’armée israélienne ou lorsqu’une personne perd son travail, ils deviennent des risques pour la sécurité aux yeux des autorités israéliennes d’occupation, et ils sont considérés comme plus susceptibles de se venger ou de commettre des attaques.

Leurs messages sur les réseaux sociaux sont donc surveillés et ils peuvent être enlevés pour prévenir tout acte de résistance violent.

Les entreprises qui fournissent la police israélienne et les forces de sécurité avec ces programmes cherchent également à les exporter vers d’autres gouvernements s’ils peuvent prouver qu’ils ont réussi à prévenir le dit « terrorisme », a ajouté Hever.

 

Facebook « comme cul et chemise » avec l’occupant israélien

 

Israël a longtemps réprimé l’utilisation des médias sociaux palestiniens. En septembre 2016, une réunion aurait eu lieu entre Facebook et des représentants du gouvernement israélien pour prendre des mesures pour lutter contre l’incitation en ligne [à la résistance].

Facebook a ensuite approuvé 95% des 158 demandes présentées par les autorités israéliennes pour supprimer le contenu des comptes, a rapporté le groupe Adalah de défense des droits de l’homme.

Quelque 6500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour diverses infractions et crimes supposés. Environ 500 personnes sont détenues en détention administrative, ce qui autorise l’emprisonnement sans inculpation et sans limite de temps.

28 avril 2017 – The New Arab – Traduction : Chronique de Palestine

 

pour accéder au texte original (anglais) de l'article : https://www.alaraby.co.uk/english/news/2017/4/28/israel-using-computer-algorithm-to-detain-palestinians

 

http://chroniquepalestine.com/fouille-de-donnees-devenu-instrument-oppressif-occupant-israelien/

 
 
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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:29

Un millier de prisonniers palestiniens sont en grève de la faim. Cette femme se bat pour leurs droits

2 05 2017 • 3 h 24 min

 

Rédigé par Ruth Eglash, le 27 avril 2017

 

Portée par des militants palestiniens après sa libération d’une prison israélienne en 2016, la députée palestinienne Khalida Jarrar salue au checkpoint israélien de Jbara, près de Tulkarem en Cisjordanie.
(Abed Omar Qusini / Reuters)

RAMALLAH – Le bureau bien rangé et la tenue élégante de Khalida Jarrar ne donne que peu d’indices sur le fait que, l’année dernière à la même époque, elle accomplissait une peine de 15 mois de prison dans une cellule israélienne.

Elle est une élue au parlement palestinien, une avocate, une épouse et une mère. Elle est aussi, selon Israël, une agitatrice et un danger pour sa sécurité. Ses déplacements sont restreints depuis des années par Israël et elle n’a pas quitté la Cisjordanie occupée depuis 1998.

En avril 2015, un tribunal militaire israélien l’a condamnée, entre autres choses, pour incitation et appartenance à une organisation terroriste illégale – charges qu’elle continue à nier.

Libérée l’été dernier, Jarrar a passé son temps cette semaine à parler au nom d’environ 1.000 internés palestiniens actuellement plongés dans une grève de la faim illimitée. Les conditions de vie dans les prisons israéliennes, disent-ils, sont devenues insupportables.

Les fonctionnaires israéliens ont dit que ces conditions sont en accord avec les normes internationales et ont refusé de négocier avec eux. Cependant, au fur et à mesure que la grève se prolonge, Israël peut en arriver à garder les prisonniers en vie en les nourrissant de force.

Israël appelle les détenus palestiniens des « prisonniers de sécurité ». Beaucoup ont été condamnés pour avoir mené ou orchestré des agressions violentes contre des soldats ou des civils israéliens.

D’après le Club des Prisonniers Palestiniens, association de soutien au détenus palestiniens, il y a aujourd’hui quelque 6.500 prisonniers palestiniens. Dans ce nombre, 56 sont des femmes, dont dix ont moins de 18 ans.

Même avant son incarcération, le nom de Jarrar se confondait avec la question des prisonniers politiques palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. Elle a été pendant 12 ans la directrice d’Addameer, association de soutien aux prisonniers et aux droits de l’Homme à Ramallah. Plus récemment, elle a dirigé le comité pour les droits des prisonniers du Conseil Législatif Palestinien.

Maintenant, après sa peine de prison, elle a acquis un regard exceptionnel sur le vécu des prisonniers palestiniens, spécialement celui des détenues femmes. Et son statut d’ancienne prisonnière a fait très largement grandir sa popularité.

« La question des prisonniers est extrêmement importante pour le peuple palestinien. Ils cherchent des dirigeants qui puissent réellement les représenter et en paient le prix comme n’importe quel autre », a dit Jarrar au Washington Post.

Jarrar a dit que, ces deux dernières années, avec la montée des tensions entre Israéliens et Palestiniens, le nombre de Palestiniennes condamnées par Israël à des peines de prison s’était envolé.

Nous l’avons récemment rencontrée dans son bureau de Ramallah pour en apprendre davantage sur la question.

Cette interview a été rédigée et condensée pour gagner en espace et en clarté :

Q : Vous avez passé 15 mois derrière les barreaux. Dites nous à quoi ressemblaient les conditions de vie des femmes ? Etaient-elles meilleures ou pires que celles des hommes ?

R : L’une des plus grandes difficultés, c’est de voir des mineures emprisonnées. Leur famille leur manque tellement, c’est vraiment dur pour elles, et leur éducation s’arrête.

Une autre chose difficile, ce sont les femmes blessées. Ces femmes sont amenées en prison, même alors que leur traitement à l’hôpital n’est pas terminé. Les autres prisonnières doivent prendre soin d’elles.

Q : L’une des réclamations des grévistes de la faim, c’est qu’ils n’ont pas assez de visites de leurs familles pendant leur temps de prison ou que l’on empêche complètement leurs proches de leur rendre visite. Quelle a été votre expérience ?

R : Vous ne pouvez imaginer combien les visites des familles sont importantes. Nous sommes supposées avoir deux visites par mois, mais certaines femmes avec qui j’étais n’avaient absolument aucune visite.

J’ai eu ma première visite au bout de quatre mois. Quand ma famille a fait sa première demande pour me voir, on le leur a refusé. On leur a dit qu’il n’y avait pas de lien familial, même ma mère a entendu cela.Ils devaient obtenir des documents juridiques du ministère de l’Intérieur prouvant leur lien avec moi.

Et même alors, seules mes filles et mes sœurs ont été autorisées à venir. Mon mari et mes frères n’ont pas obtenu l’autorisation pour raisons de sécurité. Les Israéliens utilisent toujours cette excuse.

Q : Les Israéliens appellent les prisonniers palestiniens des ‘prisonniers de sécurité’, vous vous les appelez ‘prisonniers politiques’. Est-ce que tous les prisonniers palestiniens sont ‘politiques’, même ceux qui ont tué ou agressé des Israéliens ?

R : Pour moi, tous les prisonniers sont des des prisonniers politiques. J’ai parlé avec beaucoup de femmes avec qui j’étais et certaines d’entre elles ont été arrêtées simplement parce que les Israéliens voulaient arrêter quelqu’un. Dans certains cas, les Israéliens posaient un couteau à côté d’elles pour faire croire qu’elles essayaient de poignarder quelqu’un, alors que ce n’était pas le cas.

Nous sommes un peuple qui vit sous occupation et nous devons résister. Même si un Palestinien résiste avec des moyens pacifiques, il est arrêté. J’ai été arrêtée pour m’être exprimée contre l’occupation.

Le problème, ce ne sont pas les actions des gens sous occupation, le problème, c’est l’occupation elle même. Les gens ne font qu’y réagir. Il faudrait faire connaître plus de détails sur la population palestinienne qui souffre quotidiennement – qui souffre dans ses déplacements, qui souffre aux checkpoints, qui souffre des colonies, qui souffre du non accès à l’eau, qui souffre du non accès à sa terre. Que peuvent-ils attendre de ces gens ?

Q : Israël dit que beaucoup de jeunes Palestiniens qui mènent des attaques violentes aujourd’hui contre des Israéliens le font à cause de problèmes personnels ou sociaux. Croyez-vous que ce soit vrai ?

R : En tant que communauté, nous n’avons pas honte d’admettre que nous avons des problèmes sociaux. Il y a des problèmes dans toutes les sociétés. Notre société est discriminante envers les femmes. Cela fait partie de notre combat en tant que Palestiniens.

Mais là n’est pas la raison principale des ces attaques. Selon les chercheurs, il est très facile pour des gens qui ont subi des violations de les faire subir à d’autres. La société palestinienne subit des violations à longueur de temps.

Par ailleurs, si Israël parle de problèmes sociaux, et dans certains cas c’est vrai, la question principale pour les juges militaires israéliens, c’est pourquoi condamner ces gens à des peines aussi lourdes ?

Q : Le président palestinien Mahmoud Abbas va à Washington la semaine prochaine. On a l’impression que le président Trump va pousser et les Palestiniens et les Israéliens à entrer dans des négociations directes pour arriver à un accord de paix. Est-ce que cela donne quelque espoir pour la résolution du conflit ?

R : Non.

C’est une politique, pas une question de personnes. La piste des négociations directes a échoué et n’a procuré aucun espoir au peuple palestinien. En fait, c’est le contraire qui est arrivé. Il y a plus de colons que jamais en Cisjordanie et à Jérusalem Est et c’est un des principaux obstacles pour que nous puissions établir un Etat.

Abbas va être d’accord pour entrer dans des négociations sous Trump, mais moi je suis contre et je pense que la majorité du peuple palestinien est contre elle aussi.
Sufian Taha a contribué à ce rapport.

Ruth Eglash Est reporter pour le Washington Post à Jérusalem. Elle était auparavant reporter et rédactrice en chef au Jerusalem Post et journaliste indépendante pour des médias internationaux. Suivez la @reglash
Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Washington Post

 

http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/05/02/un-millier-de-prisonniers-alestiniens-sont-en-greve-de-la-faim-cette-femme-se-bat-pour-leurs-droits/

 

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